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  • [Extrême droite] Le procès de l’attaque du Prolé d’Alès reporté

    [Extrême droite] Le procès de l’attaque du Prolé d’Alès reporté

    C’est une première victoire », s’est félicitée Cécile Alphon-Layre, sur le perron du tribunal d’Alès. La secrétaire de la section alésienne du PCF – partie civile dans ce dossier – regrettait en effet que le caractère politique et la préméditation n’aient pas été retenus (les trois agresseurs seront jugés pour violence aggravée par l’usage et la menace d’une arme et la commission des faits en réunion). C’est l’une des raisons qui a poussé les trois avocats à réclamer le renvoi de l’audience.

    L’annonce de cette demande a été effectuée à plus de 200 personnes rassemblées devant le tribunal dès 8h30 mardi 6 octobre. Avant de rentrer dans la salle, Cécile Alphon-Layre a rappelé le déroulement de cette attaque en pleine feria et a réaffirmé que « ce n’est pas une affaire isolée ». « Notre bassin a été particulièrement marqué par l’assassinat d’Aboubakar Cissé dans une mosquée de La Grand-Combe ou l’agression antisémite d’un septuagénaire à Anduze. La violence de l’extrême droite n’est pas nouvelle. Elle a frappé en 2002 avec l’assassinat de François Chenu puis le meurtre raciste de Mohamed Maghara, de Clément Méric ou encore avec celui de Frederico Martin Aramburu », a-t-elle détaillé.

    En déplacement dans le Gard pour l’occasion (voir page 11), le sénateur (PCF) et patron de L’Humanité Fabien Gay a rappelé la percée de l’extrême droite partout dans le monde, « au Brésil avec le fils Bolsonaro qui est arrivé devant le camarade Lula, au Chili, en Colombie, en Argentine avec Javier Milei qui est un copain de Donald Trump. Trump qui est copain avec Giorgia Meloni, qui est elle-même copine avec des néofascistes ». « Ils mènent une bataille culturelle sans merci pour réduire nos droits. Et comme en 1936, le capital a choisi l’extrême droite plutôt que la gauche. Il y a donc alerte et mobilisation générale. Nous devons faire barrage mais notre responsabilité est aussi d’ouvrir un chemin d’espoir », a-t-il ajouté.

    « Être encore plus nombreux en novembre »

    Après la brève audience où seul un suspect était présent, les avocats sont ressortis du tribunal avec une première victoire en poche. « Cette nouvelle audience du 25 novembre permettra de consacrer le temps nécessaire pour examiner cette affaire parce qu’il y aura des débats techniques mais aussi pour prendre le temps de statuer sereinement sur l’ensemble des éléments de ce dossier. Nous allons vraiment insister pour caractériser la préméditation et le motif politique dans ce dossier. Nous y tenons parce que le retour de la violence politique dans notre pays est dramatique et c’est souvent parce qu’on occulte la violence de l’extrême droite. Il faut qu’on soit lucide sur ce qu’il se passe dans notre société pour pouvoir combattre ce fléau politiquement et dans les juridictions », a expliqué Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier.

    À la sortie de l’audience, Ralph Blindauer s’est aussi amusé de la demande de nullité de la partie adverse. « Deux des prévenus n’étaient pas là. C’est facile de manier la trique et le coup de poing mais c’est un peu plus difficile de venir assumer ses actes devant un tribunal. Ils ont demandé la nullité de la procédure parce que la police aurait outrepassé ses pouvoirs et aurait agi sans les réquisitions adéquates du procureur de la République. Ces gens qui ont comme “programme” politique de donner les pleins pouvoirs à la police, qui disent que la police est entravée par des règles juridiques qui n’ont aucun sens et que les droits de l’Homme sont du pipi de chat… Aujourd’hui, ils tentent de se mettre sous la protection des règles de droit dont ils réclament l’abolition. C’est cocasse », a expliqué l’avocat qui a appelé la population « à être encore plus nombreuse le 25 novembre » et à venir « avec son pique-nique le midi parce qu’on va y passer la journée ».

  • Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les victimes auront dû faire preuve de patience et se mobiliser à de nombreuses reprises pour que le procès ait bien lieu. Près d’un an et demi après l’attaque en pleine nuit du Prolé d’Alès, la justice sera finalement bien rendue dans ce dossier mardi 6 octobre.

    Pour rappel, dans la nuit du 30 au 31 mai 2025, alors que la feria bat son plein à Alès et au Prolé, une dizaine de jeunes hommes, masqués pour certains, débarquent dans le bar pour agresser les fêtards présents. Rapidement après leur arrivée, les coups pleuvent et du gaz lacrymogène est même diffusé avant leur fuite. Si la plupart des clients et des serveurs s’en sortent avec des hématomes et des blessures légères, un cheminot, militant CGT, est hospitalisé pour une fracture du nez et mettra plusieurs semaines avant de retourner au travail.

    Les personnes présentes et les témoins identifient dès le lendemain la responsabilité du Bloc montpelliérain. Au moins deux de ses membres sont en effet venus en repérage quelques jours plus tôt et ont été éconduits par les serveurs. Un sticker du groupuscule d’extrême droite a été retrouvé après leur passage. Les soupçons se confirment après une enquête sur les réseaux sociaux et l’analyse des tatouages des personnes présentes. Douze plaintes sont alors déposées : dix par des victimes physiques et deux par l’association qui gère le Prolé et par la section locale du Parti communiste français.

    Faire reconnaître

    la préméditation

    Malgré la rapide identification d’une partie des assaillants par les victimes, l’enquête piétine. Le 24 février, trois suspects finissent par être placés en garde à vue. Après une confrontation avec les victimes qui les ont pourtant bien identifiés, ils sont remis en liberté en attendant une décision du parquet sur la suite à donner. Parallèlement, le 4 mars 2026, le Conseil des ministres valide la dissolution du Bloc montpelliérain avec pour justification l’organisation de plusieurs actes violents, dont l’attaque du Prolé.

    Finalement, le 11 mai dernier, le parquet annonce la tenue d’un procès. Les trois jeunes hommes identifiés, originaires du Gard, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel le 6 octobre. « Pour la solidarité avec les victimes et pour que justice soit faite », le PCF organise un rassemblement devant le tribunal (8h30) auquel prendra part Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur du journal L’Humanité.

    « Ce qui nous gêne sur ce procès, c’est que le caractère politique et prémédité de l’attaque n’a pas été retenu alors qu’ils ne sont pas venus par hasard avec des gazeuses de 30 cm. On espère que ces points seront entendus », explique Cécile Alphon-Layre, la nouvelle secrétaire de la section alésienne du PCF.

  • Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Après les propos du procureur d’Alès le mois dernier, ouvrant la porte à un classement sans suite s’il manquait d’éléments, le pessimisme avait gagné les victimes de l’attaque du Prolé. Elles s’étaient d’ailleurs donné un an avant d’envisager de poursuivre directement les suspects identifiés par la justice et reconnus par les victimes lors d’une confrontation qui s’était déroulée fin février. Mais finalement, la nouvelle est intervenue par un message envoyé par le procureur aux trois avocats des victimes : les trois suspects passeront bien devant le tribunal correctionnel au cours d’une audience prévue le 6 octobre.

    « C’est une bonne nouvelle parce qu’on pouvait craindre un classement sans suite au regard de ce qu’annonçait le procureur de la République », explique Sophie Mazas, l’une des trois avocates qui souhaite désormais obtenir des condamnations à la hauteur de la gravité des faits : « Nous sommes sur une procédure à juge unique, ce qui est étonnant lorsqu’on a deux circonstances aggravantes que sont la préméditation et le motif politique. Cela veut dire que la victime a moins de 8 jours d’ITT. Nous, nous demandons une audience collégiale qui est plus solennelle, où il y a un temps d’évaluation des préjudices des victimes qui est plus long. Nous ferons tout pour obtenir une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits. »

    L’annonce du procès a également rassuré les représentants du Parti communiste français. « C’est une excellente nouvelle. Il a fallu du temps mais on se réjouit que le procureur poursuive les suspects car il y a un faisceau d’indices important. Cela aurait été incompréhensible que ce soit classé sans suite, d’autant plus que le Bloc montpelliérain a été interdit et dans l’arrêté ministériel qui le dissout, il y avait aussi comme justification l’attaque du Prolé. Cette dissolution était une première victoire, cette audience en est une seconde mais maintenant on attend la condamnation », explique Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section communiste d’Alès, qui a porté plainte au nom du PCF.

    Sécurité renforcée pendant la feria

    Cette information est tombée quelques jours avant le début des festivités de la feria, qui a débuté le 13 mai. Pour éviter d’éventuelles représailles et surtout pour rassurer la population invitée à venir festoyer au Prolé pendant la feria, le bar alésien a prévu de renforcer sa sécurité. « La feria sera une victoire sur les violences de l’extrême droite. On est en pleine date anniversaire. Nous avons pris des mesures renforcées pour tranquilliser les gens. Ce sera donc un lieu de fête encore plus important que les années précédentes, où la fraternité et la solidarité vont s’exprimer encore plus fort », affirme Giovanni Di Francesco.

    En effet, des membres des sections communistes de tous les départements voisins ont prévu de venir au Prolé marquer leur soutien. « C’est important qu’il y ait une ambiance de fête au Prolé pour montrer que l’extrême droite ne peut pas nous empêcher de faire la fête ou de mener nos autres actions habituelles. Pour cela, nous pouvons compter sur le soutien de militants communistes qui ont l’habitude de sécuriser des événements comme la Fête de l’Huma par exemple », explique Cécile Alphon-Laire.

    Après la feria, le PCF a prévu d’organiser une conférence-débat début juin au Prolé sur l’extrême droite et à la rentrée, en septembre, un forum sur le même sujet devrait aussi se tenir. Un rassemblement est également déjà prévu le matin de l’audience, le 6 octobre, devant le tribunal d’Alès.

  • [Info La Marseillaise] Bar Le Prolé à Alès : procès le 6 octobre pour 3 membres du Bloc Montpellierain

    [Info La Marseillaise] Bar Le Prolé à Alès : procès le 6 octobre pour 3 membres du Bloc Montpellierain

    La nouvelle était attendue avec une certaine impatience. Près d’un an après la violente agression par des membres du groupe néo-nazi le Bloc Montpellierain de militants communistes et du public réunis au Bar du Prolé à Alès, en mai 2025, le procureur de la République a décidé de renvoyer devant la justice trois individus.

    « Après que ces individus aient été gardés à vue, en février, puis relâchés, nous redoutions un classement sans suite qui aurait été non seulement incompréhensible mais révoltant au moment où, de surcroît, la peste brune déballe au grand jour sa haine et sa violence. Depuis un an, les victimes et leurs trois avocats n’ont eu de cesse de donner de la voix pour que ces auteurs de violences ne jouissent pas d’une impunité. Au nom des communistes Alésiens, des victimes et des amis du Prolé, je me réjouis de cette première étape. Je suis soulagé de savoir que des violences ne demeurent pas sans poursuites , a fortiori, ici, des violences politiques» réagit Giovanni Di Francesco secrétaire de la section alésienne du PCF .

    Feria d’Alès du 13 au 16 mai