Tag: violences

  • Delogu dénonce une « campagne de dénigrement »

    Delogu dénonce une « campagne de dénigrement »

    Huit heures de garde à vue plus tard, le député insoumis Sébastien Delogu a tenu à donner sa version des faits. Avant tout, celui-ci dénonce « une campagne médiatique de dénigrement alimentée par des fuites policières mensongères », écrit-il dans un communiqué de presse.

    La garde à vue fait suite à une altercation survenue dans le hall de sa résidence, lundi, alors que des policiers en civil du service interdépartemental de sécurisation des transports en commun intervenaient dans le cadre d’un vol d’une montre de luxe. Le député a tenu à donner sa version des faits : « Je rentrais chez moi lorsqu’un homme (…) parfaitement inconnu a tenté de pénétrer vigoureusement dans mon immeuble (…). » Le député a demandé à la personne qui elle était à plusieurs reprises, puis fini par s’entendre dire « Je suis de la police », puis de « dégager ». Sébastien Delogu explique son insistance par les menaces reçues à son encontre. Devant le refus de laisser entrer l’agent, la tension est montée de plusieurs crans, jusqu’aux insultes, toujours selon lui, qui aurait été poussé violemment. Les trois agents présents ont porté plainte pour outrage, le député pour « outrage violences volontaires ». Celui-ci est convoqué le 13 novembre devant le tribunal correctionnel de Marseille.

  • Sébastien Delogu convoqué devant la justice pour outrage le 13 novembre

    Sébastien Delogu convoqué devant la justice pour outrage le 13 novembre

    Le député (LFI) de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu s’est vu remettre à l’issue de sa garde à vue jeudi soir une convocation par officier de police judiciaire, confirme le parquet de Marseille auprès de La Marseillaise. Celui-ci devra s’expliquer devant le tribunal correctionnel le 13 novembre prochain, après l’altercation qui l’a opposé lundi après-midi à trois policiers qui intervenaient dans l’immeuble où il réside pour interpeller un voleur présumé. «Il est poursuivi du chef d’outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique», précise le parquet.

    Le parquet confirme par ailleurs avoir bien reçu la plainte déposée mercredi soir par l’avocat du parlementaire, Me Yonès Taguelmint, «contre les trois policiers pour outrage et violences par personne dépositaire de l’autorité publique». Dans les enregistrements de vidéosurveillance diffusés en ligne, on entendait l’un des policiers traiter le député de «trou du cul», tandis que les agents en civil assuraient dans leur plainte avoir eux-mêmes été insultés après que le parlementaire leur a demandé de s’identifier.

    Dans une publication sur les réseaux sociaux à l’issue de sa garde à vue, Sébastien Delogu remercier les forces de l’ordre «qui se sont comportées de manière irréprochable» et indiquait qu’il allait s’exprimer «prochainement».

  • [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    Il est vrai que dans les Bouches-du-Rhône, la droite et le centre ne manquent pas de candidats. Il y a la liste soutenue par le président du Sénat Gérard Larcher conduite par le tandem Brigitte Devésa (UDI)-Renaud Muselier (Renaissance). Celle du maire LR de Gardanne, Hervé Granier et celle de la sortante LR Valérie Boyer.

    Officiellement toujours en lice, Stéphane Le Rudulier (ex-LR) s’était déclaré candidat début juillet. Mais alors que le scrutin prévu le 27 septembre approche, il semble avoir quitté les radars des grands électeurs. « On ne le voit pas sur le terrain, il n’a pas de noms pour sa liste, il n’ira pas au bout », glisse un membre d’une équipe de campagne concurrente pour qui « il a du mal à se dépêtrer de ses affaires ».

    Stéphane Le Rudulier est en effet visé, avec Sylvie Miceli-Houdais qui a pris sa relève à la mairie de Rognac, par une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics par le parquet d’Aix ouverte en 2024. Il est aussi l’objet d’une plainte pour « violences volontaires » déposée par sa successeure. Depuis la mairie est tombée aux mains du RN.

    S’il ne poursuit pas seul, Stéphane Le Rudulier peut-il rallier une liste ? Celle de Brigitte Devésa et Renaud Muselier est déjà complète. Chez Valérie Boyer on ne l’imagine pas sur la liste mais on ne serait pas contre un appel à voter.

    Le sénateur sortant dont la campagne est très discrète n’a pas donné suite à nos sollicitations. Un indice ?

  • Le nombre d’enfants à la rue augmente en France

    Le nombre d’enfants à la rue augmente en France

    « Des enfants naissent, vivent et meurent dans les rues de nos villes et rien ne se passe. Chaque année, nous alertons les pouvoirs publics sur l’aggravation du sans-abrisme des enfants. Chaque année, nous proposons des solutions concrètes pour y mettre fin. Chaque année pourtant, le constat s’aggrave. À quand le réveil ? », tempête Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité à l’occasion de la publication du baromètre sur l’enfance à la rue.

    131 enfants concernés
    en Paca

    Année après année, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et l’Unicef France constatent que le nombre d’enfants sans solution d’hébergement ou de logement ne cesse d’augmenter. À la veille de la rentrée scolaire, au moins 2 355 enfants, dont 514 de moins de 3 ans, sont restés sans solution après un appel au 115. Cela représente une hausse de 9% par rapport à 2025 et de 42% depuis 2022. Parmi eux, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, au moins 131 enfants, dont 21 de moins de 3 ans, sont restés sans solution après un appel au 115. Cela représente une hausse de 42% depuis 2022.

    Autre exemple, en Région Occitanie, au moins 234 enfants, dont 38 de moins de 3 ans, sont restés sans solution après un appel au 115. Cela représente une hausse de 18% par rapport à 2025 et de 93% depuis 2022, détaille le baromètre.

    Ces chiffres ne sont pas exhaustifs : de nombreuses personnes ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à appeler. Les mineurs non accompagnés sans-abri ainsi que les familles en squats ou bidonvilles ne sont pas comptabilisés. « Derrière ce chiffre, conséquence d’un échec collectif, il y a des enfants dont le quotidien est rythmé par l’insécurité et l’instabilité. Des enfants privés de leurs droits et dont on hypothèque l’avenir. Il est urgent que les décideurs publics agissent. Un sursaut politique est vital pour ces enfants. Si garantir un toit à tous les enfants n’est pas notre priorité, qu’est-ce qui l’est ? » interpelle Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.

    Les conséquences du sans-abrisme sur la vie et le bien-être des enfants sont dramatiques : dégradation de leur santé physique et mentale, isolement social, exposition à la violence, difficultés de scolarisation. Certains le paient même de leur vie : en 2025, 14 enfants de moins de 4 ans et 12 adolescents entre 15 et 18 ans sont morts de la rue.

    La promesse de mettre fin au sans-abrisme n’est pas récente. À chaque échéance électorale, elle est renouvelée sans jamais être atteinte. Faut-il y voir des promesses intenables ? La FAS et l’Unicef France ne s’y résolvent pas : « Chaque année, nos organisations rappellent qu’il n’existe aucune fatalité au sans-abrisme des enfants. Ce dernier résulte d’un manque de volonté politique et de choix court-termistes en contradiction avec les objectifs affichés. » Et de recommander « la mise en œuvre d’une programmation pluriannuelle “de la rue au logement “, avec un plan massif de production de logements sociaux et très sociaux, indispensable pour sortir durablement les enfants de la rue ».

    À l’approche de l’élection présidentielle, « le sans-abrisme des enfants ne peut plus être toléré. Il doit devenir une priorité absolue des politiques du logement et de l’hébergement. Les candidates et candidats portent une responsabilité claire dans la visibilité et la prise en compte essentielles de ces enjeux. Nos organisations y seront attentives » préviennent l’Unicef et la FAS.

  • Accusé d’outrage, Delogu porte plainte pour violences

    Accusé d’outrage, Delogu porte plainte pour violences

    Le député LFI de Marseille Sébastien Delogu est convoqué ce jeudi matin en audition libre, après l’ouverture d’une enquête en flagrance par le parquet de Marseille. Celle-ci fait suite à un dépôt de plainte de trois policiers pour outrage, après une intervention lundi après-midi dans l’immeuble du 2e arrondissement où réside le parlementaire. Alors que les agents en civil du service interdépartemental de sécurisation des transports en commun intervenaient pour le vol d’une montre de luxe, ils affirment que le député les a empêchés d’entrer dans l’immeuble et leur aurait lancé, selon les informations de La Provence, que « La République c’est moi, trous du cul ». Des propos contestés par l’avocat de Sébastien Delogu, qui indique que le ton a monté lorsque le député a demandé à un agent de s’identifier alors qu’il s’introduisait dans l’immeuble en bloquant la porte. Dans un courrier à la préfète de police déléguée, il affirme que le policier l’a insulté en disant qu’il était « une merde » et qu’il « puai[t] de la gueule », avant de le pousser avec le poing refermé sur la poitrine. Il annonce déposer plainte auprès du procureur de Marseille pour « violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police ». Il a également demandé la conservation des bandes de vidéosurveillance de l’immeuble, diffusées dans la presse et les réseaux sociaux, pour appuyer ses dires.

    Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé en début d’après-midi ce mercredi qu’il « apporte évidemment [son] soutien aux forces de l’ordre qui doivent pouvoir exercer leur fonction partout et en toutes circonstances, et à tout le moins y être aidées par un élu de la République », rappelant qu’une enquête est ouverte. Le député de son côté dénonce être « harcelé par les chiens de garde de Vincent Bolloré » face à la présence de journalistes devant son domicile.

  • Prison ferme pour avoir agressé trois pompiers

    Prison ferme pour avoir agressé trois pompiers

    Les sapeurs-pompiers et le Service département d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône s’étaient constitués parties civiles. Vendredi 21 août, le tribunal judiciaire de Tarascon a condamné Franck G. à 18 mois de prison ferme et 1 000 euros de dédommagement des victimes.

    Le 29 juin dernier, cet habitant de Raphèle-lès-Arles avait agressé trois soldats du feu du centre d’Arles venus éteindre un départ d’incendie d’espaces naturels qu’il avait provoqué sur son terrain. Ces violences ont entraîné des « interruptions totales de travail de 1 à 8 jours, 7 à 30 jours d’arrêt de travail ainsi que des traumatismes psychologiques », rapporte le Sdis 13. L’individu a été placé en garde à vue puis en détention provisoire jusqu’à la date de l’audience. À la barre, il aurait expliqué avoir allumé ce feu pour « éviter de faire un débroussaillage », rapporte La Provence, présente ce jour-là. En 2025, Franck G. avait déjà été condamné pour des faits similaires.

    Dans un communiqué de presse, le Sdis 13 dit « rester intransigeant face à de tels actes ». « Le président Richard Mallié, le conseil d’administration, le directeur départemental, le colonel Jean-Luc Beccari et la chaîne de commandement ne peuvent tolérer que leurs agents soient ainsi violentés et mettent tout en œuvre pour prévenir ce type de comportement et y répondre avec fermeté. » Le service départemental recense une centaine d’événements par an pour lesquelles les sapeurs-pompiers déposent plainte. « Ce chiffre est constant et ne prend pas en compte les agressions verbales régulières dont font l’objet les sapeurs-pompiers au quotidien », souligne-t-il.

  • Trente ans après, la lutte des sans papiers reste d’actualité

    Trente ans après, la lutte des sans papiers reste d’actualité

    La Camaraderie (3e) fait salle comble ce dimanche soir. Des dizaines de personnes assistent à la projection du film « La Ballade des sans papiers », de Samir Abdallah et Raffaele Ventura qui raconte la lutte de 300 travailleurs sans papiers d’origine africaine et leurs familles, pour leur régularisation. De l’occupation de l’église Saint-Ambroise, en mars 1996, des grèves de la faim, des manifestations de soutien, jusqu’à l’évacuation violente de l’église Saint-Bernard par les CRS le 24 août. Et ce, dans un contexte de politiques discriminatoires et xénophobes. « On ne peut pas faire des lois qui provoquent la clandestinité », déplorait alors la metteuse en scène Ariane Mnouchkine qui soutenait cette lutte. « Nous sommes des êtres humains à part entière », criait Ababacar Diop, porte-parole des sans-papiers de France.

    Trente ans plus tard, dans cette micro-brasserie sociale et solidaire de la Belle de Mai, cette lutte trouve tout son écho, au milieu de collectifs et militants antiracistes. Max explique que, loin d’avoir été un échec, ce mouvement a permis « un énorme changement de paradigme » et est « à l’origine des collectifs de sans-papiers actuels ».

    Les collectifs marseillais ayant mené des luttes passées par l’occupation sont invités à s’exprimer. Ainsi, le collectif 59 St Just, raconte son propre combat débuté en 2018, pour loger dignement plus de 250 personnes, familles et mineurs isolés en exil – compétence du Département. « C’était une action politique », insiste l’un des membres, quand un autre estime avoir « mis les pouvoirs publics face à leurs responsabilités », à travers leurs actions. Résultat : « Cette mobilisation a provoqué l’ouverture de 350 places en 2022 », soulève le groupe sur l’estrade.

    De son côté, le collectif 113, qui avait, lui, occupé le 113 Canebière, se réjouit d’avoir, par son combat, « réussi à transformer des squats en habitations légales » et faire embaucher par la Ville « un travailleur social qui s’occupe des jeunes ». Des victoires revendiquées sous les applaudissements nourris de l’audience.

    La marche des solidarités de Marseille

    Cette soirée a également vu le lancement officiel de la Marche des solidarités de Marseille, composée de collectifs de sans-papiers, de mineurs isolés mais aussi anti-raciste, antifascistes, féministes, LGBT et plus encore, ainsi que d’individus en leur nom propre. Les membres ont distribué leur feuille de route pour les mois à venir. Ces derniers s’alarment de « la progression latente de l’extrême droite », qui fait craindre la victoire du « danger fasciste en 2027 », souligne Gabin au micro. Parce qu’elle « ne veut pas attendre la présidentielle », la plateforme donne rendez-vous dès le 20 septembre prochain, à rejoindre la mobilisation nationale contre la loi « permis de tuer » organisée par le collectif SAVE (Stop aux Violences d’État).

  • [Tribune] Expulsions des familles roms, tsiganes et des gens du voyage : mettre fin à une politique de relégation

    [Tribune] Expulsions des familles roms, tsiganes et des gens du voyage : mettre fin à une politique de relégation

    À Marseille comme partout en France, les expulsions en série qui frappent les familles roms, tsiganes, les gens du voyage, les personnes exilées et les sans-abri participent d’une véritable politique de relégation, où la répression se révèle depuis trop longtemps comme seule modalité d’action, piétinant les droits fondamentaux.

    Le racisme systémique, qui motive ces politiques, est un outil de domination et de division dans l’ordre capitaliste. En désignant les populations les plus précaires comme responsables des difficultés sociales, elles détournent le débat des seules causes de la crise du logement : la spéculation foncière, la financiarisation de l’immobilier, la pénurie de logements accessibles et le désengagement de l’État. Elles opposent les classes populaires entre elles au lieu de s’attaquer aux inégalités qui les frappent.

    À Marseille, plusieurs lieux de vie roms sont aujourd’hui menacés d’expulsion. Le cas le plus emblématique est celui du 156 route de la Valentine, terrain appartenant à M.Frey, dirigeant de Retail Prodev, classé parmi les 500 plus grandes fortunes de France, où vivent près de350 personnes, dont de nombreux enfants. Des millions d’euros d’argent public pourraient être consacrés à une opération policière d’expulsion, qui ne ferait que déplacer la misère, une fois de plus, sans apporter aucune solution durable. L’État se révèle comme gestionnaire de la valeur immobilière et foncière et non comme garant du droit fondamental au logement.

    Depuis plusieurs années, les expulsions de lieux de vie roms se succèdent, programmées, à intervalles réguliers. Saint-Just (2020, expulsion du squat d’un bâtiment de l’évêché),Maison Blanche (2021, évacuation brutale et enfants déscolarisés), La Parette (2022,destruction du lieu de vie sans relogement), Le Mail (expulsion d’un bâtiment sécurisé parles habitant·es), La Madrague / La Cabucelle ((2023-2024, opérations policières répétées)ou encore Saint-Marcel (2024-2025) et Air Bel démolition de 400 logements(2026). À chaque fois, les conséquences sont les mêmes : enfants déscolarisés, emplois perdus, ruptures des suivis sociaux, destruction des parcours d’insertion et aggravation de la précarité. L’État expulse l’été, quand les familles ne peuvent pas se défendre. En Haute-Savoie, cinq familles avec de jeunes enfants ont reçu fin juillet un arrêté préfectoral d’expulsion.

    L’été, les tribunaux fonctionnent au ralenti, les avocats sont moins disponibles, les associations disposent de moins de moyens et les mobilisations sont plus difficiles. Expulser lorsque les familles sont les plus vulnérables limite les possibilités de recours et de défense. L’Etat doit faire des propositions de relogement avant toute expulsion .À Marseille, les familles n’ont pu résister pour l’instant que grâce à la solidarité des associations, des collectifs, des syndicats, des habitantes et habitant·es mobilisés à leurs côtés. Les injonctions du préfet dans l’hébergement d’urgence marquent une nouvelle étape dans la répression des plus vulnérables. En ordonnant au SIAO 13 de sortir des familles de l’hôtel sans solution de relogement, l’État viole le droit à la continuité de la prise en charge et teste sa capacité à imposer des remises à la rue en pleine pénurie de places. Le refus unanime des associations rappelle que ces pratiques ne relèvent pas d’erreurs administratives mais d’une stratégie de gestion répressive de la pauvreté, qui fragilise les familles, alimente les réseaux d’exploitation et participe à la même logique de division et de contrôle que les expulsions de lieux de vie.

    Face à cette politique du chaos et de relégation, les familles roms montrent qu’une autre politique est possible. Dans le 15ᵉ arrondissement de Marseille, des familles roms ont créé la première association rom de la ville et développé un projet d’agriculture urbaine pour entretenir et valoriser leur lieu de vie. Elles démontrent leur capacité à s’organiser collectivement, à produire et à contribuer à la vie du quartier. Au lieu d’accompagner cette dynamique, une procédure d’expulsion a été engagée. Cette contradiction montre combien l’autonomie des classes populaires, en particulier lorsqu’elle émane de populations racisées, vient bousculer les logiques d’exclusion. Les gens du voyage subissent la même stigmatisation.

    Dans le 6ᵉ secteur de Marseille, le maire Rassemblement national a fait de la dénonciation des occupations dites « illégales »un axe central de son action politique et a récemment pris pour cible des familles venues participer à un rassemblement traditionnel. La Métropole Aix-Marseille-Provence n’avait pourtant toujours pas réalisé les aires d’accueil et l’aire de grand passage prévues par la loi, malgré les condamnations prononcées par la justice administrative. On ne peut pas refuser de respecter ses obligations légales puis faire porter aux familles la responsabilité de cette carence.

    Nous appelons les organisations antiracistes, les collectifs de défense du droit au logement, les syndicats, les associations, les habitant·es des quartiers populaires, ainsi que toutes les personnes attachées aux droits humains, à unir leurs forces pour défendre le droit au logement, la dignité et toutes les familles victimes de ces politiques de relégation.

    Aux stratégies de division, opposons une mobilisation unitaire des classes populaires. Un toit est un droit. La dignité n’est pas négociable. Le racisme systémique est un outil de domination et de division dans l’ordre capitaliste. Nous le combattons.

    Signataires. l’inter orga : association ZOR (association de roms.) DAL France, ANC13, POI, VAI, Forces Vives, La France Insoumise 13, Faisons Front Commun, NPA a , Attac Marseille, soutien 59 Saint Just, Collectif 113, un Centre Ville Pour Tous, Comité antifasciste du 4è, Syndicat des associations de proximité, La Penne Insoumise, Insoumis de la Vallée de l’Huveaune, Insoumis.es de Saint Marcel, Arte Chavalo, Riposte Anti Fasciste, Collectif du 5 Novembre, Collectif contre les Violences d’état, Extinction Rébellion, Anti Cra Marseille, Collectif Al Manba, Afroqueer Revolution-R, ASCM, Sai13, UCL Marseille, Syndicat du Logement.

  • Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    « Moi et ma famille on était hébergés à l’hôtel par le 115, ils nous ont appelés pour nous informer qu’ils ont trouvé une chambre [dans] un foyer… On a essayé de refuser, ils ont dit que nous n’avons pas le choix, c’est soit ça, soit ils nous mettent dehors. On a fait confiance et on a accepté. Aujourd’hui, ils nous ont déplacés et c’est la déception totale. » Dans une lettre au Secours catholique, cette maman de deux enfants dont un âgé d’un an, appelle à l’aide. Elle s’est vue mettre la pression pour déménager alors qu’elle a toute sa vie dans une ville où elle essaie de s’en sortir. Son mari ayant même obtenu un travail. Elle poursuit : « Le foyer est au milieu de nulle part. Et la chambre, plus petite que celle de l’hôtel, pleine de cafards. Sans climatisation, mes enfants n’ont pas pu dormir jusqu’à 1h. Mon fils n’a pas du tout accepté ce changement, il était très malheureux. J’aimerais que le 115 me déplace (…) avec des conditions de vies plus adaptées pour mes enfants et moi ».

    Des témoignages comme ça, Alain*, travailleur social du Secours catholique dans un centre d’accueil pour femmes, en a à la pelle. Dire qu’il soutient la lettre de l’association envoyée au préfet, dénonçant comme de nombreuses autres impliquées dans l’hébergement d’urgence, les instructions du représentant de l’État, est un euphémisme.

    Il raconte cette femme venue de Lyon avec ses enfants pour fuir son mari violent qui voulait la tuer et qui a fait de la prison pour cela. On lui demande d’y retourner car les violences n’ont pas eu lieu dans la ville où elle est accueillie. Elle restera dans sa voiture avec ses enfants en attendant une solution. Cette autre, enceinte de neuf mois qui sort de l’hôpital après des contractions, reste sans aucune solution auprès du 115, et est hébergée au centre, le temps d’en trouver une. Ou encore cette femme enceinte, violentée à Montpellier, qui part à Vitrolles, que le 115 refuse d’héberger car elle n’est plus en danger.

    Faveurs sexuelles et viol

    Être femmes à la rue, c’est « 100% de chances de se faire agresser sexuellement ou violer », assène le travailleur social. C’est aussi « être obligée d’échanger des faveurs sexuelles en hébergement chez un tiers, de faire l’esclave moderne en faisant le ménage » assure-t-il, fort des histoires de la vingtaine de personnes que reçoit le centre chaque jour. Un lieu pour prendre sa douche, se poser, respirer en toute intimité. S’il conçoit que les places en hôtel sont coûteuses, il rappelle que « ce n’est pas la panacée ». « On ne peut pas y cuisiner et cela se passe plus ou moins bien suivant l’hôtelier. Le matin, on doit partir, le soir on dort à 20h ou à 19h. Parfois, c’est ouvert le matin, parfois, l’après-midi, parfois, on oblige à faire le ménage pour rester, sous peine d’un signalement où on va dire que la personne s’est mal comportée et elle peut être mise dehors. On a eu des retours où l’on se servait joyeusement en disant que si l’hébergée voulait rester, c’était de la faveur sexuelle » détaille-t-il.

    Il revient aussi sur les conséquences de cette remise à la rue pour des personnes qui vont jusqu’à garder tous leurs tickets RTM pour nourrir leur dossier, montrant à quel point elles sont honnêtes. « Oui, ce sont souvent des personnes en situation irrégulière » admet Alain, « mais qui sont là depuis 3, 4 ou 5 ans, qui ont un emploi, se comportent comme des bons citoyens. Les enfants vont à l’école. Et à qui on dit finalement, désolé, tu repars à la rue, ou alors à Vitrolles, Marignane » indique-t-il. De quoi nourrir « la colère voire la haine, avec des gamins qui trouveront leur intérêt à faire le chouf à la cité du coin, moyennant 150 euros la journée », où « l’argent économisé en hébergement d’urgence, va être dépensé en santé mentale, en frais hospitaliers, en police, en lutte contre le narcotrafic ». Un « terrible retour en arrière » déplore-t-il.

    Le tout alors que les femmes sans-abri étaient une priorité affichée par la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, aujourd’hui sur le départ. Cette dernière insistant dans nos colonnes sur leur prise en compte lors de la présentation en juillet, par l’Observatoire de la pauvreté de la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille ». Un double discours insoutenable pour les associations qui ont entamé un véritable bras de fer avec l’État.

    *Le prénom a été changé

  • Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Violences verbales et physiques entre conducteurs, délits routiers, escroquerie envers la clientèle… » C’est le constat établi par la préfecture du Var après les remontées de terrain des communes de Saint-Tropez et de Ramatuelle et des professionnels locaux aux prises avec une très « importante présence de VTC extérieurs à la région », précise-t-elle.

    Aussi, « ces deux communes en lien avec les services de l’État ont mis en place des mesures de police administrative pour réguler le transport payant de personnes et limiter l’augmentation du trafic automobile dans le centre-ville et sur la route des plages », indique le représentant de l’État. L’afflux de VTC extérieurs, est considéré par les locaux comme « une concurrence déloyale » d’autant qu’un certain nombre ne respectent pas la réglementation. De récentes opérations de contrôle ont donné lieu à des dizaines de constats d’infraction dans le golfe de Saint-Tropez depuis le premier juin : maraude irrégulière, absence de signalétique ou de vignette, non-apparition de la carte professionnelle ou du macaron ou, carrément, exercice illégal de la profession, sans omettre les infractions au code de la route… Face à cette situation, la sous-préfète de Draguignan recevra ce lundi les représentants de l’union des VTC 06-83 pour réfléchir à des pistes d’actions.