Tag: Fabien Gay

  • Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Le sénateur Fabien Gay mène ses combats à Nîmes

    Il était venu avec 211 milliards d’euros sous le bras. Mais, lundi 5 octobre, à Nîmes, Fabien Gay a vite laissé les colonnes de chiffres côtoyer les colères du moment. Le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur de L’Humanité, est venu présenter son livre 211 milliards. Révélations sur les aides publiques aux entreprises, a trouvé dans le Gard un terrain où se croisent ses principaux combats : partage des richesses, jeunesse, union de la gauche et lutte contre l’extrême droite.

    Dans la cour du Prolé nîmois, l’actualité s’est invitée dans la conférence de presse : à moins d’une centaine de mètres, devant le lycée Daudet, des lycéens manifestaient en effet leur colère. L’élu refuse de réduire ce mouvement, qui touche de nombreux établissements en France, aux blocages ou aux dégradations. « La question est de savoir pourquoi, partout en France, des dizaines de milliers de lycéens se mettent en grève et revendiquent. C’est ça, la question qu’il faut se poser », insiste-t-il.

    Classes surchargées, enseignants absents, manque de moyens, Parcoursup qualifié d’« algorithme froid » : le sénateur dénonce « une dégradation générale des conditions d’étude ». Et s’il condamne les dégradations, il fustige aussi la réponse policière : « Ce sont nos gamins, ils ont 15 ou 16 ans. Quand la seule réponse, ce sont des coups de matraque et du gaz lacrymogène, c’est insupportable. »

    Des milliards

    sans contreparties

    Reste le chiffre qui donne son titre à son livre : 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises en 2023, mis en lumière par la commission d’enquête sénatoriale dont Fabien Gay fut le rapporteur. Six mois d’auditions, près de la moitié des patrons du CAC 40 entendus, et une question centrale : que demande réellement la puissance publique en échange ? Le communiste dénonce des aides trop peu conditionnées à l’emploi, aux salaires, aux délocalisations ou aux engagements environnementaux.

    À Nîmes, Fabien Gay a également retrouvé Vincent Bouget, nouveau maire communiste de la ville. Une victoire qu’il regarde comme un possible laboratoire. « Il a réussi à unir les citoyens, cela montre que rien n’est figé. En partant du local, cela peut essaimer partout », estime-t-il. À huit mois de la présidentielle, le sénateur assure que « tout doit être mis en place pour barrer la route à l’extrême droite » et plaide, pour les législatives, pour « une large coalition » des forces de gauche.

    Car c’est bien là que le ton se durcit le plus. « La préférence nationale n’a pas d’autre nom que l’apartheid social », tranche-t-il, dénonçant « une politique de division et de haine généralisée » visant migrants, syndicalistes, femmes ou encore opposants politiques. À ses yeux, le danger dépasse les frontières françaises : Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Meloni en Italie ou la poussée de l’extrême droite allemande témoignent d’« un mouvement mondial ».

    Son déplacement gardois devait d’ailleurs se prolonger mardi 6 à Alès devant le tribunal, en soutien aux victimes de l’attaque du Prolé lors de la Feria 2025. Fabien Gay avait annoncé sa présence aux côtés des militants agressés. « L’extrême droite fait mal. Elle porte des coups. Pas seulement démocratiques : des coups », martelait-il à Nîmes. Des milliards versés sans contrepartie à la violence politique, le sénateur aura finalement déroulé le même fil : rendre visibles les rapports de force que certains préféreraient laisser hors champ.

  • Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les victimes auront dû faire preuve de patience et se mobiliser à de nombreuses reprises pour que le procès ait bien lieu. Près d’un an et demi après l’attaque en pleine nuit du Prolé d’Alès, la justice sera finalement bien rendue dans ce dossier mardi 6 octobre.

    Pour rappel, dans la nuit du 30 au 31 mai 2025, alors que la feria bat son plein à Alès et au Prolé, une dizaine de jeunes hommes, masqués pour certains, débarquent dans le bar pour agresser les fêtards présents. Rapidement après leur arrivée, les coups pleuvent et du gaz lacrymogène est même diffusé avant leur fuite. Si la plupart des clients et des serveurs s’en sortent avec des hématomes et des blessures légères, un cheminot, militant CGT, est hospitalisé pour une fracture du nez et mettra plusieurs semaines avant de retourner au travail.

    Les personnes présentes et les témoins identifient dès le lendemain la responsabilité du Bloc montpelliérain. Au moins deux de ses membres sont en effet venus en repérage quelques jours plus tôt et ont été éconduits par les serveurs. Un sticker du groupuscule d’extrême droite a été retrouvé après leur passage. Les soupçons se confirment après une enquête sur les réseaux sociaux et l’analyse des tatouages des personnes présentes. Douze plaintes sont alors déposées : dix par des victimes physiques et deux par l’association qui gère le Prolé et par la section locale du Parti communiste français.

    Faire reconnaître

    la préméditation

    Malgré la rapide identification d’une partie des assaillants par les victimes, l’enquête piétine. Le 24 février, trois suspects finissent par être placés en garde à vue. Après une confrontation avec les victimes qui les ont pourtant bien identifiés, ils sont remis en liberté en attendant une décision du parquet sur la suite à donner. Parallèlement, le 4 mars 2026, le Conseil des ministres valide la dissolution du Bloc montpelliérain avec pour justification l’organisation de plusieurs actes violents, dont l’attaque du Prolé.

    Finalement, le 11 mai dernier, le parquet annonce la tenue d’un procès. Les trois jeunes hommes identifiés, originaires du Gard, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel le 6 octobre. « Pour la solidarité avec les victimes et pour que justice soit faite », le PCF organise un rassemblement devant le tribunal (8h30) auquel prendra part Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur du journal L’Humanité.

    « Ce qui nous gêne sur ce procès, c’est que le caractère politique et prémédité de l’attaque n’a pas été retenu alors qu’ils ne sont pas venus par hasard avec des gazeuses de 30 cm. On espère que ces points seront entendus », explique Cécile Alphon-Layre, la nouvelle secrétaire de la section alésienne du PCF.

  • Fabien Gay : « On a 15 mois pour éviter le scénario du pire » à Sète

    Fabien Gay : « On a 15 mois pour éviter le scénario du pire » à Sète

    « On a 15 mois pour éviter le scénario du pire. Ce n’est pas une fatalité si on s’occupe de l’affaire. Si on laisse tout dériver, c’est un scénario probable ». Quelques heures avant de monter sur l’estrade de la salle Brassens, mardi 3 février à Sète, Fabien Gay n’a pas minimisé la gravité du moment pour une France divisée dans un monde en ébullition.

    A l’heure où des grandes puissances jouent les va-t’en-guerre et où la peste brune gagne du terrain, le scénario redouté par le sénateur communiste est celui de l’arrivée de Le Pen ou Bardella à l’Elysée en 2027. « Une grande partie du capital a basculé. Et préfère se retrouver au 2e tour face à Mélenchon qui perdrait », redoute Fabien Gay. Pour autant, pas question pour lui de tirer à boulets rouges sur le leader Insoumis, pas plus que sur les socialistes qui maintiennent sous perfusion le gouvernement Lecornu. « Je ne partage pas la position du PS. Le fil rouge du budget reste l’austérité et il n’y a pas de compromis possible avec des perdants (ndlr : des législatives 2024) qui sont restés au pouvoir. Mais pas d’anathème. Il faut avoir un débat franc et sincère avec nos partenaires », estime-t-il tandis qu’approche le congrès du PCF, qui décidera de la stratégie à la Présidentielle.

    Pour une presse pluraliste

    A 6 semaines des Municipales qui donneront le ton, le temps presse. « Une nouvelle internationale fascisante alliée au grand capital est en train de détricoter les droits des travailleurs, d’alimenter les discours de haine entre les peuples ou de l’intérieur ». Fabien Gay fait référence à Frontex ou à la milice ICE de Trump. « Il ne faut pas croire que parce que nous sommes la France, nous ne passerons pas sous les fourches caudines de l’impérialisme », prévient l’élu communiste. Pour sa première venue à Sète et avant de se rendre à Nîmes aux côtés de Vincent Bouget, F. Gay en a profité pour dire son soutien à Laura Seguin, tête de liste « Nouvelles Pages ». « Les municipales peuvent protéger la vie. On ne gère pas une ville à droite comme à gauche. Il faut faire avec les citoyens de la cité à l’entreprise ».

    Le rapporteur de la commission d’enquête qui a révélé le scandale des 211 milliards d’euros d’argent public octroyés aux grandes entreprises prévient : « Il n’y a pas de victoire électorale sans bataille idéologique. Et la gauche est en panne, elle a peu d’idées », regrette-t-il. Pour favoriser le pluralisme face à la puissance des milliardaires, celui qui est aussi directeur du journal l’Humanité propose de créer un fonds pour la presse indépendante et rêve d’une chaîne d’info en continue progressiste. « Le vote doit être libre et éclairé », dit-il. Or, « l’extrême droite a prévenu qu’elle coupera les aides à la presse »…

  • Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Alors que François Bayrou prévoit 44 milliards d’euros d’économies dans le prochain budget, les premières pistes n’envisagent pas de réduire les aides publiques aux entreprises. Pourtant, celles-ci s’élèveraient à plus de 211 milliards d’euros en 2023, « un des premiers budgets de l’État », soulignait le sénateur communiste Fabien Gay, le 8 juillet dernier, à l’occasion de la publication du rapport de la commission d’enquête parlementaire dédiée.

    Ce constat est mené à l’issue de six mois de travaux et de 87 heures d’audition d’une trentaine de dirigeants de grandes entreprises, mais aussi d’anciens ou d’actuels responsables politiques, d’économistes, de syndicats et de représentants du patronat. Les sénateurs ont ainsi recensé plus de 2 252 dispositifs divers, qui relèvent de l’État, des organismes de sécurité sociale, des collectivités territoriales ou encore de l’Union européenne.

    Dans un communiqué, la CGT dénonçait « la multiplication par 18 de ces aides depuis 1979, sans ciblage en fonction des besoins, ni suivi, ni contrôle, ni sanction vis-à-vis des entreprises qui les perçoivent puis licencient, délocalisent, tout en versant des dividendes record », eux aussi multipliés par cinq en 15 ans. La centrale syndicale demande la « conditionnalité » de ces aides, l’une des 26 recommandations formulées par les parlementaires qui réclament un « choc de la responsabilisation ». Cela signifie entre autres, d’imposer le remboursement total d’une aide de l’État ou des collectivités territoriales si une entreprise procède à une délocalisation d’un site ou d’une activité. Des pistes pour renflouer les caisses de l’État sans imposer l’austérité et viser les plus précaires.