Tag: Procès

  • Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un homme de 33 ans a été tué et un autre, âgé de 32 ans, blessé lundi 2 novembre au soir dans une fusillade près de la cité de la Cayolle dans le sud de Marseille (9e), indique le bataillon des marins-pompiers (BMPM).

    Si les détails de ce qui s’est passé n’ont pas encore été communiqués, les marins-pompiers ont été appelés « vers 21h20 », indique le BMPM.

    Un clip qui a mal tourné ?

    « Le corps d’un homme de 33 ans en arrêt cardiorespiratoire a été retrouvé chemin de Sormiou, et un deuxième homme, de 32 ans, a été découvert portant plusieurs impacts de balles », non loin, avenue de Colgate, précise-t-il par ailleurs.

    « Ce soir, à La Cayolle, dans les quartiers sud de Marseille, un homme de 33 ans a été tué. Un autre est grièvement blessé. Une nouvelle fois, notre ville est frappée par la violence », a réagi sur les réseaux sociaux Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire délégué à la jeunesse et figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille. « Du nord au sud de Marseille, nous devons poursuivre sans relâche notre engagement pour que chaque habitant puisse vivre en paix et en sécurité », a-t-il déclaré. Le procès des tueurs présumés de son frère Brahim se tenant actuellement à Aix-en-Provence.

    Selon nos sources, les deux hommes auraient été en train de tourner un clip de rap avant d’être pris pour cibles par des tueurs.

  • [Triple narchomicide] Aux assises, l’amnésie gagne les témoins

    [Triple narchomicide] Aux assises, l’amnésie gagne les témoins

    « Décidément, cette semaine, nous avons une génération perdue au niveau de la mémoire », s’est désolé l’avocat général, jeudi. Pendant près d’une heure, L., ex-compagne d’Amine Oualane, présenté comme un baron présumé de la DZ Mafia, a déposé à la barre par visioconférence. L’aide-soignante d’à peine 30 ans a été en couple, de 2018 à 2020, avec celui qui est présenté dans ce dossier comme le relais sur le terrain de Karim Harrat, supposé commanditaire des exécutions.

    Les deux hommes se tiennent toujours dans leur box sous haute surveillance, aux côtés de trois autres accusés. Tous les cinq sont accusés d’être derrière les assassinats brutaux de trois jeunes hommes, sur fond de règlement de comptes. Parmi eux figurait le grand frère d’Amine Kessaci, aujourd’hui figure de la lutte contre le narcotrafic.

    Dans le cadre de cette affaire, L. avait été placée en garde à vue, puis présentée à un juge d’instruction. L’un des rares faits dont elle dit se souvenir. « J’ai des pertes de mémoire. J’ai eu un choc par rapport à la mort de mon père », prévenait-elle dès son introduction. Silence dans la salle. Depuis plusieurs jours, les témoins appelés à la barre pèsent leurs mots, se murent dans le silence ou invoquent des trous de mémoire. Quelques « ah » – de déception ou d’ironie – remuent à peine l’assistance.

    Engoncée dans une doudoune noire, les cheveux longs et noirs, L. se contente d’écouter, sans ciller, les questions du président de la cour. « On était un couple ordinaire, parfois on se disputait. à part ça, je n’ai rien à dire », résume-t-elle, alors que son ancien compagnon est décrit dans le dossier comme particulièrement violent à son égard. En garde à vue, L. aurait fait part de cette brutalité à son encontre : un nez cassé, des coups lorsqu’elle le confronte sur la liaison qu’il mène avec son actuelle compagne… Une touffe de ses cheveux, vestige d’une énième scène de violence sur sa personne, avait même été découverte dans une Mercedes attribuée aux accusés.

    Le président tente de lui rafraîchir la mémoire. « Je ne me souviens pas », répète inlassablement la jeune femme. L’appel masqué d’un ami la menaçant et l’accusant d’être une « balance », responsable de l’interpellation d’Oualane ? « C’était peut-être des menaces, mais je ne me souviens plus », s’entête à répondre L.. « Vous parlez librement aujourd’hui ? », tente le président. « Oui. »

    Aucune réponse de fond ne viendra donc éclairer les débats, à l’image de ces derniers jours, qui ont vu défiler des témoins privés de mémoire. « Le point commun entre ces témoins pris d’amnésie : ils ont échappé in extremis à leur mise en accusation devant une cour d’assises ! », s’était agacée Me Inès Medioune, l’un des conseils d’Amine Oualane.

    « Plusieurs coups de feu »

    Un peu plus tôt dans la matinée, le visage barbu de Lamine Laribi, encadré de cheveux mi-longs, est apparu sur l’écran de la cour d’assises. Incarcéré à Vendin-le-Vieil dans le cadre d’un dossier de triple homicide survenu en 2011, il avait été cité comme témoin à la demande d’un des avocats de Karim Harrat. « Je suis en prison depuis 2012, ça fait que je suis déconnecté. Je suis étranger à cette histoire. »

    Un seul témoin semble avoir conservé une mémoire intacte : une habitante de Châteauneuf-les-Martigues, témoin d’une scène de guet-apens au cours de laquelle les victimes auraient été attaquées avant que leurs corps ne soient retrouvés, en deux temps, dans des véhicules incendiés. D’une voix claire, cette quinquagénaire raconte la nuit du 28 au 29 décembre. Seule dans son salon devant la télévision, elle est alertée par « plusieurs coups de feu », des « tirs en contrebas de chez moi ». Se rendant « discrètement » au balcon, elle dit apercevoir « deux voitures sombres » qui repartent « en trombe ». Le calme revenu, « dix minutes plus tard », elle descend sur les lieux. « J’ai senti tout de suite l’odeur de poudre », relate la riveraine, qui ajoute qu’en six ans, quelques « trous de mémoires » rendent moins précis son souvenir. Ce n’est que le lendemain matin, en découvrant un article de presse relatant la découverte des véhicules carbonisés, qu’elle fait le lien avec la scène observée la veille. à la lumière du jour, elle dit découvrir au sol des « tâches de sang » , des dents, et s’empresse d’alerter la police.

    Plusieurs questions demeurent pourtant en suspens à l’issue de cette audience. D’abord celle soulevée par l’avocate de l’accusé Zakaria Bensaci. « (Il) aimerait apporter des réponses à la témoin ! », assure Me Naïri Zadourian. Reste également l’interrogation formulée par Me Fabien Perez, conseil de Malik Kariba : pourquoi Nassim Loubani a-t-il été démembré après sa mort ? « Je vais te le dire moi, pourquoi il l’a fait ! Je vais te le dire ! », a alors lancé le père de la victime, qui avait témoigné la veille, brisant ainsi le train-train des débats.

  • Aux assises, Amine Kessaci en quête de « réponses »

    Aux assises, Amine Kessaci en quête de « réponses »

    Sous le regard des tueurs présumés de son frère, Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic, a témoigné à la barre. Il a réclamé « des réponses » sur cet assassinat, se disant insatisfait des « condoléances » exprimées, au début du procès, par un accusé, Amine Oualane, considéré comme un chef de la DZ Mafia. Le témoignage du militant de 23 ans était l’un des plus attendus du procès, qui a débuté à Aix le 19 octobre, pour juger un triple assassinat dans lequel son frère Brahim, impliqué dans le narcotrafic, a été tué en décembre 2020.

    Le jeune homme, qui vit sous haute protection policière, a déposé sous le regard des cinq accusés. Leur profil justifie d’ailleurs un important dispositif de sécurité autour du tribunal et un centre-ville placé sous étroite surveillance. « Je voudrais dans un premier temps vous parler de Brahim, ce qu’il était pour moi, mon grand frère qui à la fois aimait sa famille et était conscient de ce qu’il faisait », a déclaré le jeune homme, également adjoint au maire de Marseille.

    Aujourd’hui étudiant en droit, Amine Kessaci se souvient de cet aîné qui lui disait « d’aller à l’école, de travailler, l’école était le seul moyen pour nous de sortir de notre cité et d’en sortir la tête haute ».

    Souvenir de sa voix

    Dans la fratrie élevée par une mère seule, Brahim, mort à 22 ans, était « celui qui protégeait ses frères, celui qui riait, celui qui me faisait rire ». « Cela fait six ans que Brahim a été assassiné et ce qui me manque le plus, c’est sa voix », a confié Amine Kessaci avant d’entamer le récit de la soirée du 28 au 29 décembre, la dernière où il a vu son aîné vivant.

    Le 29 décembre, deux corps calcinés sont retrouvés dans un véhicule incendié dans un tunnel autoroutier : il s’agit de Brahim Chabane et Réda Khaldi. Une semaine plus tard, un second véhicule incendié révèle le corps calciné et démembré de Nassim Loubani.

    Les circonstances de ces découvertes et leur extrême violence ont été longuement décrites ces derniers jours par un défilé d’experts. Les trois victimes, impliquées dans le trafic, s’étaient rendues à un guet-apens. Les enquêteurs l’ont rappelé : les victimes « connaissaient leurs assassins ». Le décès de Brahim, décrit par l’enquête comme un trafiquant ambitieux au point de gêner d’autres réseaux, a « détruit » sa famille, a raconté Amine Kessaci. Ce drame est aussi à l’origine de l’engagement qui a fait de lui une personnalité médiatique aujourd’hui menacée, déterminée à aider les familles victimes du narcotrafic. « J’ai fait une promesse à mon frère Brahim, celle que je ne me tairai pas […]. Car si nous ne parlons pas de nos vies dans ces quartiers, personne ne le raconterait. »

    Amine Kessaci assure ne pas chercher la confrontation avec Amine Oualane. Au premier jour d’audience, le militant avait assuré ne pas rechercher la « vengeance », mais la « justice ». L’accusé, détenu dans les prisons les plus sécurisées de France, nie toute implication dans le triple homicide. « Il comprend votre douleur, il comprend votre souffrance », a assuré Me Inès Medioune, l’un de ses avocats. En novembre 2025, la famille Kessaci a été endeuillée par un deuxième assassinat, celui du cadet de la fratrie, Mehdi, totalement étranger au trafic de drogue. Sa mort à 20 ans sous les balles d’un commando à moto, en plein jour, avait provoqué une onde de choc nationale. L’enquête en cours tient Amine Oualane comme une des pistes sérieuses dans cet assassinat.

  • [Assassinat du demi-frère d’Amine Kessaci] Aux assises, plongée dans la violence du narcobanditisme

    [Assassinat du demi-frère d’Amine Kessaci] Aux assises, plongée dans la violence du narcobanditisme

    « Les alliés d’aujourd’hui peuvent devenir les concurrents de demain, ceux qu’on a installés peuvent être éliminés. » Pour comprendre le contexte dans lequel s’inscrit le triple narchomicide jugé aux assises depuis lundi, et qui a coûté la vie à trois jeunes hommes, il faut revenir aux prémices du narcobanditisme marseillais. Pour rappel, le 29 décembre 2020, un véhicule est retrouvé incendié dans un tunnel d’autoroute. Dans le coffre et sur le siège passager, deux corps calcinés, chacun une balle dans la tête : Réda Khaldi et Brahim Chabane. Quelques jours plus tard, le 6 janvier, un autre véhicule incendié est retrouvé. Dans le coffre, un troisième corps, calciné et démembré, celui de Nassim Loubani.

    Au troisième jour du procès, les officiers de police judiciaire qui ont dirigé les investigations ont déposé à la barre. Un premier témoin, qui dirigeait alors la division criminelle de la répression du banditisme, est revenu sur l’évolution du phénomène et le déroulement de l’enquête. Face aux cinq accusés, installés dans le box sous la surveillance d’une dizaine d’agents cagoulés, et aux parties civiles étroitement encadrées, il s’est livré à un long exposé. À l’époque, les affrontements se concentrent autour de trois points de deal majeurs : La Paternelle, Frais-Vallon et La Cayolle.

    Le témoin décrit alors un monde où des « étoiles filantes du crime » opèrent, et dessine un « paysage » criminel complexe dans lequel de nombreux clans s’affrontent pour le contrôle des points de deal de Marseille. Exemple, celui de Frais-Vallon, dont les tentatives de reprise auraient pu conduire à ce triple assassinat. Au fil de son intervention, l’enquêteur évoque les liens entre ce point de deal et deux accusés, Karim Harrat et Amine Oualane. Une approche jugée réductrice par la défense. « Au-delà de Frais-Vallon, l’un des points de stupéfiants repris par les victimes, il y en avait un autre que l’on considérait comme important : La Cayolle. Lorsque [les trois victimes] meurent, qui reprend ce point de deal ? La manière de raisonner en matière criminelle est de se demander “à qui profite le crime ?” Ce travail, on a l’impression qu’il n’a même pas été fait », déplore Me Hugues Vigier, avocat de Karim Harrat.

    Au-delà du contexte dans lequel s’inscrivent ces assassinats, la cour a également entendu la description d’un mode opératoire nouveau. Interrogé par l’avocate générale sur la technique dite du « barbecue », l’enquêteur la qualifie de « symbole de la terreur », en plus d’être un moyen de rendre « plus difficile l’enquête ». Concernant le démembrement de la troisième victime, l’avocate générale l’interroge : « Vous avez connu des antécédents d’un tel acte sur personne décédée ? » Un seul, rapporte le témoin.

    Des images qui parlent

    La brutalité de l’affaire s’est également imposée à travers l’image. Une seconde témoin, alors affectée à la brigade criminelle de Marseille, a détaillé le dossier. L’incendie du premier véhicule, estimé à « 1 500 degrés », « fracture » les membres des victimes. Dans un silence pesant, les clichés défilent sur les écrans de la salle d’audience. « On a l’impression que ça a fondu », commente le président en observant la carcasse de voiture. Les dépouilles sont à peine identifiables. Plus marquante encore, l’image du corps démembré puis brûlé. La violence se lit également dans les traces de sang relevées sur le lieu du guet-apens où les victimes semblent avoir été attirées. Le travail de fourmi des enquêteurs a notamment permis de relier ce lieu aux deux scènes de voitures incendiées.

    Pendant plus de deux heures, l’une des directrices d’enquête a détaillé les investigations, évoquant entre autres des sonorisations mettant en cause l’accusé soupçonné d’avoir démembré le corps et un autre protagoniste, aujourd’hui décédé. Tout un passage sur la « découpe du corps », est notamment détaillé. Parmi les échanges retranscrits : « Il a fini en pièces détachées, je lui ai enlevé les bras, les deux jambes […], je l’ai flambestre », aurait déclaré le premier. La défense aura l’occasion de s’exprimer sur ces éléments ce jeudi.

  • Cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate requis contre Sébastien Delogu

    Cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate requis contre Sébastien Delogu

    Le député LFI des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu comparaissait, mercredi devant le tribunal de Marseille, pour recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgation d’informations privées mettant en danger. Il avait divulgué des documents privés volés à un chef d’entreprise, lors d’un conflit social. La procureure Audrey Jouaneton a justifié l’inéligibilité requise par «la gravité des faits», estimant que le tribunal ne pouvait pas «permettre qu’il continue d’exercer» son mandat. Le député a fait valoir son droit au silence, présentant simplement ses excuses pour les faits sans toutefois expliquer ses motivations de l’époque. Ces délits lui font encourir jusqu’à 5 ans de prison, 350.000 euros d’amende mais surtout l’inéligibilité.« On est privé d’un débat attendu » déplorait la présidente Anne Joncoux. « J’étais certainement mal conseillé à ce moment-là et j’ai agi dans l’urgence. Je ne comptais pas porter atteinte à M. Aragones et je lui présente mes excuses » consentait finalement à dire le parlementaire perdu dans sa défense et multipliant les rictus goguenards. « C’est comme si vous lui avez mis une cible dans le dos. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? » relançait la magistrate. « Je m’en serais voulu » admettait Sébastien Delogu avant d’opposer de nouveau son droit au silence aux questions de la procureure.

    Plus d’information dans La Marseillaise de ce jeudi 22 octobre

  • Les accusés nient, la famille Kessaci attend justice

    Les accusés nient, la famille Kessaci attend justice

    Pour la deuxième fois cette année, les abords du palais Verdun sont placés sous haute sécurité. Dans les rues d’un centre-ville habituellement calme, forces de l’ordre, véhicules blindés et hélicoptères sont mobilisés. En cause : l’ouverture, ce lundi, du procès aux assises d’un triple assassinat emblématique du narcobanditisme marseillais.

    Le 29 décembre, un véhicule est retrouvé incendié dans un tunnel d’autoroute. Dans le coffre et sur le siège passager, deux corps calcinés, chacun une balle dans la tête : Réda Khaldi et Brahim Chabane. Quelques jours plus tard, le 6 janvier, un autre véhicule incendié est retrouvé. Dans le coffre, un troisième corps, calciné et démembré, celui de Nassim Loubani. Les trois victimes, connues pour leurs liens avec le trafic de drogue, n’avaient pas encore 30 ans au moment des faits.

    « Justice » après l’attente

    Parmi elles figurait Brahim Chabane, le demi-frère d’Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic et aujourd’hui adjoint au maire de Marseille. Ciblé par le narcobanditisme en raison de ses prises de position, Amine Kessaci vit sous protection policière. Une mesure renforcée après l’assassinat, en novembre dernier, de Mehdi, un autre de ses frères, alors âgé de 20 ans et totalement étranger au trafic de drogue. Sous protection policière renforcée, Amine Kessaci est arrivé au tribunal entouré d’agents cagoulés. Aux côtés de sa mère et d’autres proches des victimes, il a pris place sur le banc des parties civiles. à son arrivée, l’élu réaffirmait attendre « justice, après des années de combat ».

    Face à lui, cinq accusés comparaissent. Parmi eux, deux figures du narcobanditisme. Karim Harrat d’abord, alias « Rantanplan », déjà mis en cause dans plusieurs dossiers liés au narcotrafic. Un temps exilé à l’étranger, il est soupçonné d’avoir commandité plusieurs opérations criminelles, dont le triple assassinat jugé aujourd’hui. Mais aussi Amine Oualane, alias « Mamine », considéré comme l’un des cadres présumés de la DZ Mafia. Il est accusé d’avoir servi de relais opérationnel sur le terrain alors qu’il était en cavale. Les trois autres accusés, défavorablement connus de la justice, sont aussi poursuivis pour leur participation présumée à ce triple assassinat en bande organisée.

    Dans la presse, ces derniers jours, Amine Kessaci avait prévenu : il regardera les accusés en face. Bras croisés, le militant a soutenu le regard, notamment lors d’une lecture particulièrement lourde des faits, ponctuée de détails barbares. À l’époque, ce crime avait profondément marqué Marseille. Il apparaît aujourd’hui comme l’un des premiers symboles de l’escalade de violence attribuée à la montée en puissance de la DZ Mafia et des règlements de comptes qui touchent le sud de la France.

    Le président de la cour a rappelé que les victimes auraient été ciblées afin de « déstabiliser les équipes adverses » et parce qu’elles « perturbaient les forces en présence ». Dans le box, tous ont nié leur implication. Karim Harrat dit espérer « la vérité pour eux [les parties civiles, à qui il s’adresse] et pour moi ». Amine Oualane ira jusqu’à présenter des « condoléances s’ils les acceptent » aux familles.

    Les tensions se sont cristallisées autour d’une demande de Me Pierre-Olivier Sur, avocat des parties civiles. Celui-ci souhaitait verser aux débats un enregistrement capté dans la cellule d’Amine Oualane et dont des extraits avaient été révélés dans la presse. Une demande rejetée. Mais Amine Kessaci entend toutefois revenir sur cette question lors de l’audition des parties civiles. à l’issue de l’audience, l’élu évoquait « une journée rude. Il s’est passé des choses. Il y a eu un moment dans la surenchère de la violence, une surenchère de la menace ». Avant d’ajouter, tout en précisant ne pas vouloir faire de déclaration politique : « La narcocratie est en guerre contre la liberté d’expression. »

  • [Extrême droite] Le procès de l’attaque du Prolé d’Alès reporté

    [Extrême droite] Le procès de l’attaque du Prolé d’Alès reporté

    C’est une première victoire », s’est félicitée Cécile Alphon-Layre, sur le perron du tribunal d’Alès. La secrétaire de la section alésienne du PCF – partie civile dans ce dossier – regrettait en effet que le caractère politique et la préméditation n’aient pas été retenus (les trois agresseurs seront jugés pour violence aggravée par l’usage et la menace d’une arme et la commission des faits en réunion). C’est l’une des raisons qui a poussé les trois avocats à réclamer le renvoi de l’audience.

    L’annonce de cette demande a été effectuée à plus de 200 personnes rassemblées devant le tribunal dès 8h30 mardi 6 octobre. Avant de rentrer dans la salle, Cécile Alphon-Layre a rappelé le déroulement de cette attaque en pleine feria et a réaffirmé que « ce n’est pas une affaire isolée ». « Notre bassin a été particulièrement marqué par l’assassinat d’Aboubakar Cissé dans une mosquée de La Grand-Combe ou l’agression antisémite d’un septuagénaire à Anduze. La violence de l’extrême droite n’est pas nouvelle. Elle a frappé en 2002 avec l’assassinat de François Chenu puis le meurtre raciste de Mohamed Maghara, de Clément Méric ou encore avec celui de Frederico Martin Aramburu », a-t-elle détaillé.

    En déplacement dans le Gard pour l’occasion (voir page 11), le sénateur (PCF) et patron de L’Humanité Fabien Gay a rappelé la percée de l’extrême droite partout dans le monde, « au Brésil avec le fils Bolsonaro qui est arrivé devant le camarade Lula, au Chili, en Colombie, en Argentine avec Javier Milei qui est un copain de Donald Trump. Trump qui est copain avec Giorgia Meloni, qui est elle-même copine avec des néofascistes ». « Ils mènent une bataille culturelle sans merci pour réduire nos droits. Et comme en 1936, le capital a choisi l’extrême droite plutôt que la gauche. Il y a donc alerte et mobilisation générale. Nous devons faire barrage mais notre responsabilité est aussi d’ouvrir un chemin d’espoir », a-t-il ajouté.

    « Être encore plus nombreux en novembre »

    Après la brève audience où seul un suspect était présent, les avocats sont ressortis du tribunal avec une première victoire en poche. « Cette nouvelle audience du 25 novembre permettra de consacrer le temps nécessaire pour examiner cette affaire parce qu’il y aura des débats techniques mais aussi pour prendre le temps de statuer sereinement sur l’ensemble des éléments de ce dossier. Nous allons vraiment insister pour caractériser la préméditation et le motif politique dans ce dossier. Nous y tenons parce que le retour de la violence politique dans notre pays est dramatique et c’est souvent parce qu’on occulte la violence de l’extrême droite. Il faut qu’on soit lucide sur ce qu’il se passe dans notre société pour pouvoir combattre ce fléau politiquement et dans les juridictions », a expliqué Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier.

    À la sortie de l’audience, Ralph Blindauer s’est aussi amusé de la demande de nullité de la partie adverse. « Deux des prévenus n’étaient pas là. C’est facile de manier la trique et le coup de poing mais c’est un peu plus difficile de venir assumer ses actes devant un tribunal. Ils ont demandé la nullité de la procédure parce que la police aurait outrepassé ses pouvoirs et aurait agi sans les réquisitions adéquates du procureur de la République. Ces gens qui ont comme “programme” politique de donner les pleins pouvoirs à la police, qui disent que la police est entravée par des règles juridiques qui n’ont aucun sens et que les droits de l’Homme sont du pipi de chat… Aujourd’hui, ils tentent de se mettre sous la protection des règles de droit dont ils réclament l’abolition. C’est cocasse », a expliqué l’avocat qui a appelé la population « à être encore plus nombreuse le 25 novembre » et à venir « avec son pique-nique le midi parce qu’on va y passer la journée ».

  • François Bernardini condamné à deux ans ferme

    François Bernardini condamné à deux ans ferme

    La justice a tranché. Quatre mois après le procès, la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris condamne l’ancien maire d’Istres François Bernardini (DVG) à deux ans de prison ferme, assortis d’une amende de 200 000 euros, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et dix ans d’interdiction d’exercice dans la fonction publique. Une peine aménagée sous bracelet électronique.

    Il est reconnu coupable des faits de détournement de fonds publics, de favoritisme et de prise illégale d’intérêts. Au cœur de la décision : deux collaborateurs intégrés dans les effectifs de la mairie alors que l’un travaillait dans une association et l’autre en tant qu’entrepreneur – deux emplois considérés fictifs -, et l’omniprésence d’une poignée d’entreprises dans l’attribution des marchés publics. Les maîtrises d’œuvre du complexe nautique d’Entressen et de la salle polyvalente La Grange sont considérées comme irrégulières par les juges. L’ancien maire a, en revanche, été relaxé des faits de favoritisme s’agissant du marché de location de voitures. Les faits relatifs à l’hôtel de ville sont prescrits. « On a bien été entendus » sur cette partie, se réjouit Michel Pezet, avocat de François Bernardini, « peut-être pas sur les autres ». La défense a dix jours pour faire appel. L’ancien édile n’était pas seul sur le banc des accusés. Son ex-directeur général des services, Nicolas Davini, est condamné à trois ans de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et trois ans d’interdiction d’exercice dans la fonction publique. L’ancienne première adjointe, Nicole Joulia, a été relaxée.

  • Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les victimes auront dû faire preuve de patience et se mobiliser à de nombreuses reprises pour que le procès ait bien lieu. Près d’un an et demi après l’attaque en pleine nuit du Prolé d’Alès, la justice sera finalement bien rendue dans ce dossier mardi 6 octobre.

    Pour rappel, dans la nuit du 30 au 31 mai 2025, alors que la feria bat son plein à Alès et au Prolé, une dizaine de jeunes hommes, masqués pour certains, débarquent dans le bar pour agresser les fêtards présents. Rapidement après leur arrivée, les coups pleuvent et du gaz lacrymogène est même diffusé avant leur fuite. Si la plupart des clients et des serveurs s’en sortent avec des hématomes et des blessures légères, un cheminot, militant CGT, est hospitalisé pour une fracture du nez et mettra plusieurs semaines avant de retourner au travail.

    Les personnes présentes et les témoins identifient dès le lendemain la responsabilité du Bloc montpelliérain. Au moins deux de ses membres sont en effet venus en repérage quelques jours plus tôt et ont été éconduits par les serveurs. Un sticker du groupuscule d’extrême droite a été retrouvé après leur passage. Les soupçons se confirment après une enquête sur les réseaux sociaux et l’analyse des tatouages des personnes présentes. Douze plaintes sont alors déposées : dix par des victimes physiques et deux par l’association qui gère le Prolé et par la section locale du Parti communiste français.

    Faire reconnaître

    la préméditation

    Malgré la rapide identification d’une partie des assaillants par les victimes, l’enquête piétine. Le 24 février, trois suspects finissent par être placés en garde à vue. Après une confrontation avec les victimes qui les ont pourtant bien identifiés, ils sont remis en liberté en attendant une décision du parquet sur la suite à donner. Parallèlement, le 4 mars 2026, le Conseil des ministres valide la dissolution du Bloc montpelliérain avec pour justification l’organisation de plusieurs actes violents, dont l’attaque du Prolé.

    Finalement, le 11 mai dernier, le parquet annonce la tenue d’un procès. Les trois jeunes hommes identifiés, originaires du Gard, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel le 6 octobre. « Pour la solidarité avec les victimes et pour que justice soit faite », le PCF organise un rassemblement devant le tribunal (8h30) auquel prendra part Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur du journal L’Humanité.

    « Ce qui nous gêne sur ce procès, c’est que le caractère politique et prémédité de l’attaque n’a pas été retenu alors qu’ils ne sont pas venus par hasard avec des gazeuses de 30 cm. On espère que ces points seront entendus », explique Cécile Alphon-Layre, la nouvelle secrétaire de la section alésienne du PCF.

  • À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    Même la pluie n’aime pas les fachos ! » Mercredi 30 septembre, les torrents d’eau qui tombaient devant le tribunal judiciaire de Montpellier n’ont pas douché la détermination des manifestants venus huer Robert Ménard pour son refus, le 7 juillet 2023, de marier la Française Eva Marty à Mustapha Belkacemi, sous prétexte que l’Algérien était alors sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF).

    Avec l’alerte rouge, la pluie battante était-elle annonciatrice d’une audience fleuve qui allait dépasser les bornes ? Toujours est-il qu’elle dura 9 heures dans un climat électrique, 9 heures à l’issue desquelles le procureur a requis une simple amende de 7 500 euros, la peine bien plus lourde prévue par le Code pénal ayant pour lui une « valeur symbolique ». Ménard dont « l’intention coupable est éclatante », n’en a pas moins commis une « infraction caractérisée » au droit « en connaissance de cause ». « Les faits sont établis, reconnus voire revendiqués ». Contrairement aux allégations de la défense, « il n’y a aucune contradiction entre les normes légales. Le maire n’avait aucune marge d’appréciation. Sans empêchement du Parquet, un maire ne peut refuser de célébrer un mariage », insiste Thierry Lescouarc’h.

    Or, en dépit du forcing du maire d’extrême droite auprès du ministère, du sous-préfet et du Parquet pour faire expulser Mustapha Belkacemi avant le mariage (il le sera 13 jours après la cérémonie annulée, sans respect de ses droits selon les parties civiles), les soupçons de mariage blanc (seule entrave possible) avaient été écartés par le procureur de l’époque.

    En dépit des mises en garde de ses services municipaux, Ménard s’est entêté et fait le « choix personnel », en « reprenant la main sur l’adjoint d’astreinte », d’annuler la cérémonie. Un « coup médiatique prémédité » selon les avocats des associations parties civiles (LDH, SOS Racisme, Amoureux au ban public…). Car ce 7 juillet 2023, la presse avait été conviée par le maire d’extrême droite pour assister à une « humiliation publique » selon l’avocate d’Eva Marty, qui accuse Robert Ménard d’avoir orchestré et « dissimulé un traquenard  ».

    « Sale arabe, bougnoule ! »

    Avec son compagnon et ses invités, Eva Marty se souvient avoir été coincée dans la cour de l’hôtel de Ville, devant les portes closes de la salle des mariages. « Une alarme s’est déclenchée, les couloirs étaient bondés. Des gens nous insultaient ». « Racaille, sale arabe, bougnoule. Rentre chez toi en Algérie ! », rapporte le Canard enchaîné. Ménard apparaît et porte le coup de grâce. Comme il s’en était vanté la veille dans une interview au Figaro et le matin même en recevant au débotté Eva Marty en mairie, le mariage n’aura pas lieu. C’est en robe de mariée que la victime déposera plainte l’après-midi.

    Depuis 3 ans, Eva Marty multiplie les allers-retours en Algérie avec ses enfants pour voir son mari avec qui elle a pu se marier le 14 juillet 2026 près Oran, ville native de… Robert Ménard. Elle décrit son « traumatisme ». « J’étais une personne lambda et me suis retrouvée objet d’un débat national, d’une instrumentalisation. Mustapha a été accusé à tort de viol. On ne traite pas les gens comme cela. »

    Une « situation ubuesque »

    À la barre, le maire d’extrême droite n’exprime aucun remords tout en prétendant qu’il n’y a rien de personnel. « Je n’ai rien contre Madame Marty. Ça aurait été un Chinois, j’aurais fait la même chose ». L’accusation le conteste si bien qu’une requalification pénale a été demandée, en plaidant la « discrimination ». Pour le prouver, les mots de Ménard dans l’interview au Figaro sont notamment exhumés. « Il est Algérien. 6 ans plus jeune qu’elle, déjà mère de trois enfants. Elle ne travaille pas, elle vit des aides sociales. Ça sent le mariage blanc à plein nez ! » Un véritable « bingo de la discrimination » pour le conseil d’Amoureux au ban public.

    Mais de droit, il fut finalement peu question à l’audience. Ménard et ses avocats prenant soin de politiser le procès. Comme il n’a cessé de le faire sur les plateaux de Cnews ou BFM TV, le maire estime avoir été « écartelé entre deux obligations contradictoires ». Devoir marier en tant qu’officier d’état civil et assurer la sécurité en tant qu’officier de police judiciaire. Devant « ce truc de fou », cette « situation ubuesque » et « conscient des risques », Robert Ménard dit avoir choisi « l’intérêt collectif contre l’intérêt individuel ». Car à ses yeux, l’OQTF qui aurait dû être appliquée par le préfet signifie qu’il existait forcément une menace à l’ordre public.

    Cités à la barre pour témoigner, trois grands élus de droite – le sénateur Stéphane Demilly (UDI), l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR) et le président de l’Association des maires de France (AMF) David Lisnard (Nouvelle Énergie) – voleront au secours de Robert Ménard.

    Dans une salle majoritairement acquise à l’édile d’extrême droite, en présence de maires de droite (Baillargues, Saint-Brès…) ou du député RN Aurélien Lopez-Liguori, Stéphane Demilly fait valoir qu’il a déposé une proposition de loi adoptée au Sénat. « 75% des Français la soutiennent », affirme le sénateur. Le texte, pas encore voté à l’Assemblée nationale et donc hypothétique, stipule « qu’il faudra être en situation régulière pour être marié ». Dans tous les cas, une loi n’est pas rétroactive.

    Retailleau, Lisnard et Demilly au secours

    Derrière lui, Bruno Retailleau apporte son « éclairage ». Ménard a dû « composer avec sa conscience ». Il aurait été « pris en tenailles dans une sorte d’injonctions contradictoires » entre « la liberté du mariage et le séjour irrégulier ». « Célébrer le mariage aurait participé à faire annuler l’OQTF », estime l’ex-ministre de l’Intérieur. Voilà pourquoi ce candidat à la Présidentielle veut changer la loi pour que, sur ce point, la France déroge, comme le Danemark, à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH). La priorité de Bruno Retailleau étant la « lutte stricte contre l’immigration illégale ». Que Mustapha soit entré légalement en France à 16 ans dans le cadre d’un regroupement familial, y ait fait ses études avant d’y travailler et que son titre de séjour ne soit pas renouvelé, ne pèse pas lourd à ses yeux… Enfin, David Lisnard argumente que les maires sont de plus en plus amenés à « prendre des décisions dans l’urgence » dans des « dilemmes cornéliens ». À l’image de la loi SRU et de celle sur le zéro artificialisation des sols, lui aussi évoque des « injonctions contradictoires » comme alibi.

    Autant de soutiens à visée politique plus que juridique – Stéphane Demilly confondant la loi avec un acte administratif que constitue l’OQTF – que les avocats des parties civiles ont tenté de discréditer. « Vous n’avez pas eu accès au dossier, vous ne connaissez pas les parties, vous n’étiez pas là le jour du mariage. Vous n’êtes témoins de rien du tout. Que faites-vous ici ? »

    Le « bon sens » plaidé

    Chaque témoin gardera son calme au contraire de Robert Ménard. Celui-ci qualifie volontiers Mustapha Belkacemi de « clandestin » sans connaître l’objet de son OQTF mais perd son sang-froid quand, au vu des trois mentions à son propre casier judiciaire, les avocats de la partie adverse lui demandent s’il se considère comme un « délinquant multirécidiviste » qui « menacerait l’ordre public ». « C’est une saloperie de dire ça. J’ai passé 25 ans à défendre les droits à Reporters sans frontières. Je porte cette condamnation* comme une légion d’honneur ». Et plus tard en vociférant : « Non mais vous vous foutez de moi ? »

    Pour tenter de minimiser l’infraction plus ou moins assumée par Robert Ménard – « Je savais que c’était illégal mais c’est légitime. Si le cas se reproduisait, je ferais pareil. J’ai défendu mes convictions comme d’autres avant moi ont pris des risques » – ses avocats invoquent dans leur plaidoirie de relaxe une notion chère à l’extrême droite : le « bon sens ». « Les maires ont le bon sens et l’intérêt général chevillé au corps ». Un argument opportun balayé par l’avocat de SOS racisme. Comme ses trois confrères, il réclame des dommages et intérêts. « Le bon sens, tout le monde croit en avoir, c’est dangereux. Il ne figure dans aucun article du Code pénal. Ici, on juge le droit ». Le délibéré sera rendu le 1er décembre.

    * Pour avoir occupé l’office de tourisme de Tunisie sous Benali.