L’ex-première adjointe du maire RN de Six-Fours-les-Plages se lâche

L’élue aujourd’hui d’opposition, raconte comment elle a été contactée par le candidat RN, et comment elle a accepté, un peu naïvement, de s’engager pour « œuvrer pour sa commune et être utile ». Sur le fait que la proposition émane d’un personnage sulfureux, elle répond, un peu gênée : « Mes valeurs font que j’estime que tout le monde a droit à une seconde chance dans la vie, que tout le monde peut s’améliorer… » Et celui qui était alors député a soutenu son association. Et lui a même décerné la médaille de l’Assemblée récompensant son engagement.

Mais le 13 août dernier, tout bascule. Convoquée pour un entretien, on lui demande de démissionner. « J’ai refusé : car pendant plus de quatre mois, j’ai exercé mes missions avec sincérité, énergie, engagement et loyauté envers l’équipe municipale et les habitants de Six-Fours », explique-t-elle. Ses délégations lui sont donc retirées, ce jour-là au motif de « divergences sur la conduite des affaires municipales ». « Je conteste vivement cela », affirme-t-elle, en précisant qu’aucun fait précis, ni grief circonstancié, ne lui ont été communiqué.

« J’ai été trop naïve ! »

Elle prend conscience alors tardivement que son nom, sa personne et son réseau ne sont plus maintenant d’aucune utilité au maire d’extrême droite qui est parvenu à rafler la mise en devançant son concurrent de quelques voix à peine. Ce dernier entend bien maintenant avoir les coudées franches pour mener sa politique sans s’encombrer d’une personnalité sans étiquette, peut-être un peu trop tatillonne.

« Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir été utilisée à des fins politiques », regrette-t-elle.

Mais des signes avant-coureurs auraient pu l’alerter constate a posteriori Carolyn Salva. Avec des échanges très limités avec celui qui est devenu premier magistrat. Elle est laissée un peu de côté. Sauf, se souvient-elle, pour le dépôt de gerbe du 19 juillet, journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, se rappelle-t-elle. Là, on lui laisse avec plaisir les commandes.

« On était à peine cinq élus de la majorité », déplore-t-elle en comprenant véritablement qu’elle avait été sa place dans ce bal des faux-culs de l’extrême droite. « J’ai été trop naïve », conclut-elle.

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