Tag: opposition

  • Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Une Zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-St-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 Volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    Mais l’État a tout de même lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force. « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits. Ce samedi 6 juin, une action est également prévue à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent la possibilité de créer une ZAD. Des contacts ont déjà été noués avec des associations qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts », confirme Luc Perrin.

  • Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Le résultat des municipales au Pontet laisse très perplexe ceux qui avaient espoir de voir l’extrême droite trébucher. Sur le papier, les conditions étaient réunies : le maire (RN) sortant, Joris Hébrard, faisait face à une autre liste d’extrême droite menée par son ancien 1er adjoint Patrick Suisse, et une liste de large rassemblement républicain portée par Jean-Firmin Bardisa (DVD). Las, les habitants ont réélu leur maire pour un 3e mandat et ce dès le 1er tour (60,79%) reléguant les listes Bardisa (22,51%) et Suisse (16,7%).

    Malgré une configuration optimale pour une alternative, le RN s’est notabilisé dans la commune. Dans la foulée des municipales, Patrick Suisse et Jean-Firmin Bardisa ont annoncé leur démission. De quoi laisser l’opposition étêtée. Sans aller à parler de champ de ruines, Graziella Lovera reconnaît qu’il y a tout à reconstruire. « Pour l’instant, personne n’a pris le leadership », constate la conseillère municipale PCF, élue sur la liste Bardisa. Pontétienne depuis plus de 40 ans, elle ne s’était jamais encore impliquée politiquement dans une commune où la gauche n’a jamais pesé.

    Une « vision

    de boutiquier »

    « Les scores de l’extrême droite m’ont interpellée alors qu’il y a un côté ouvrier, avec de grosses entreprises à proximité et des camarades syndiqués qui y vivent », note celle qui a longtemps eu des fonctions aux unions locales d’Avignon et départementale de la CGT. À 66 ans, Graziella Lovera fait donc son entrée en politique dans un contexte hostile. « M. Hébrard m’a déjà bien identifiée », sourit-elle. Si son groupe d’opposition, Le Pontet c’est vous, est assez hétéroclite avec des élus de l’UDI, « on a intérêt à rester unis même si je compte bien faire entendre la voix de mon parti », assure cette ancienne infirmière de l’hôpital d’Avignon.

    Encore en phase exploratoire, Graziella Lovera est assez surprise de l’atonie des élus de la majorité. « Tout est confié à l’administration, ils se laissent mener, posent pas ou peu de questions », s’étonne-t-elle. Membre des commissions finances et action sociale, elle se familiarise avec les méandres budgétaires et continue de porter avec force le projet d’un centre de santé municipal qui était au programme de sa liste. « Le maire n’a aucune vision globale pour sa ville qu’il gère comme un boutiquier, il investit sur des ronds-points mais, par exemple, la ville a gagné 1 000 habitants et on ne sait rien de leurs profils et leurs besoins », déplore l’élue communiste. Pour tenter de toucher les habitants, un journal, Pour un printemps pontétien, a été lancé. Le premier numéro revient aussi sur les subventions à l’école privée ou les solutions pour rafraîchir les écoles en ces périodes caniculaires.

    EN BREF. Quand l’adjointe RN devient députée du Gard

    Visiblement au RN, on est moins regardant sur les frontières quand elles peuvent servir sa cause. Députée RN de la 3e circonscription du Gard (50 communes dont les 7 Gardoises du Grand Avignon), Pascale Bordes a été élue maire de Bagnols-sur-Cèze en mars. Elle a cédé sa place à l’Assemblée nationale à sa suppléante, Catherine Dellong-Meng. Installée aux Angles, elle s’est pourtant fait élire 2e adjointe au Pontet. Retraitée de la fonction publique – elle a notamment œuvré à la Ville du Pontet – la néo parlementaire reste toutefois conseillère municipale et communautaire du Grand Avignon. Si la loi n’interdit pas d’être élu sur deux départements, cela interroge. Surtout quand le RN, lors de la campagne, n’a cessé de faire un procès en illégitimité à son opposant Jean-Firmin Bardisa qui ne résidait pas au Pontet. La députée a pris comme collaborateur parlementaire un autre pontétien : Xavier Magnin, qui cumule ce poste avec celui de dircab de Joris Hébrard.

  • L’opposition briançonnaise lance son association

    L’opposition briançonnaise lance son association

    Briançonnais Territoire Vivant », tel est le nouveau nom de l’association lancée, ce mardi, par les membres de la liste citoyenne « Briançon Territoire Vivant », qui avait récolté 38,09% des voix et récolté six sièges d’opposition aux dernières municipales, à Briançon. Une façon d’ouvrir la nouvelle structure à la communauté de communes du Briançonnais tout en gardant l’identité de la liste citoyenne des dernières élections. « En tant qu’association, on peut mettre en place beaucoup de choses. Ce qui nous a beaucoup touchés pendant la campagne, c’est l’éducation à la citoyenneté, explique Stéphane Régnier, l’un des quatre ex-tête de liste aux municipales. On veut la faire vivre, l’organiser par des débats, des formations, des événements plus ou moins formels. »

    Avec six élus, le mouvement citoyen briançonnais dispose d’un groupe constitué au conseil municipal. « Notre but va être de faire du lien et de l’éducation à la citoyenneté et évidemment d’apporter du soutien aux six élus de l’opposition, pour les aider à préparer les conseils municipaux, à faire des interventions justes, à communiquer autour de leurs interventions et faire de la veille politique sur le territoire », projette Stéphane Régnier.

    Associer citoyens

    et élus d’opposition

    L’association permettra aussi d’aider le travail des élus d’opposition avec la force du nombre. « On a un conseil municipal ce mercredi, on a reçu tous les projets de délibération jeudi dernier, et on a la commission technique le lundi, au milieu de ces cinq jours, donc il faut être très rapide et comprendre vite comment on peut intervenir. Donc plus on sera nombreux plus on pourra faire des interventions utiles et intéressantes », explique Stéphane Régnier.

  • L’Alternative progressiste à la page et en ligne face au RN

    L’Alternative progressiste à la page et en ligne face au RN

    Dans l’ancien bastion de gauche tombé sous la férule du parti à la flamme, l’opposition progressiste est sur tous les fronts pour ne pas laisser l’extrême droite seule faire le récit de son (in)action, jouer les vigies citoyennes et continuer à porter haut en salle du conseil municipal – autant dire en milieu très hostile – ses valeurs d’humanisme et d’émancipation.

    C’est ce que retrace le premier numéro du journal d’Alternative progressiste dans lequel le groupe réaffirme son engagement « à défendre sans relâche la justice sociale, la solidarité et la dignité républicaine ». « Une opposition qui sera présente chaque fois que les habitants seront opposés les uns aux autres, chaque fois que les services publics ou le tissu associatif seront fragilisés », prévient Stéphane Sacco (GRS).

    Et de poursuivre : « La Seyne n’est pas une ville comme les autres : terre ouvrière et populaire, elle porte une histoire intimement liée aux luttes sociales et aux valeurs de solidarité. » Un patrimoine culturel qui doit jouer « le rôle de boussole » pour résister au repli sur soi, au rejet de l’autre et à la division.

    L’équipe met d’ailleurs en évidence, dans l’un de ses articles, comment la contradiction est apportée au maire d’extrême droite Dorian Munioz, en pointant les contradictions du RN et ce qu’elle qualifie d’imposture sociale. L’occasion, par exemple, de dénoncer un budget d’austérité qui traduit « le manque de démarche volontariste pour le mieux vivre de chacune et chacun ».

    Sur tous les fronts

    La gauche insiste ainsi sur le peu d’ambition de cette majorité à répondre aux besoins des habitants, si ce n’est par une communication purement sécuritaire, en proposant comme seul horizon, dénonce-t-elle, « moins de services publics en parlant de rationalisation de la masse salariale et ne remplaçant pas les départs à la retraite des titulaires ». « Rien sur des projets structurants tels que la piscine ou la construction du groupe scolaire Verne/Mabily », fulmine Cédric Turco (PCF).

    Le groupe met également en avant sa présence sur le terrain pour soutenir les personnels du service psychiatrique de l’hôpital de La Seyne, aujourd’hui gravement menacé. « Pourtant, il assure la prise en charge de la santé mentale pour près de 180 000 habitants sur neuf communes. Sa fragilisation constitue un problème majeur pour notre territoire », dénonce Brigitte Cheinet (PCF).

    Une réalité qui, ajoute-t-elle, met en danger à la fois les soignants, les patients et la qualité des soins. Et de conclure : « Défendre ce service, défendre la santé dans son ensemble, c’est garantir un accès digne et égal aux soins pour toutes et tous. »

    Les élus de gauche mettent également un point d’honneur à lutter « pour une école publique ambitieuse », insiste Cédric Turco. « Lors du Comité social d’administration départemental, où je siège en tant que représentant syndical, nous avons défendu avec détermination les écoles seynoises », explique-t-il. Ce qui a permis, malgré la baisse du nombre d’élèves dans la commune, qu’aucune fermeture de classe ne soit actée, notamment dans les écoles Lucie-Aubrac et Martini. « Une décision essentielle pour préserver des conditions d’apprentissage dignes », insiste-t-il. Et de prévenir : « Toutefois, des difficultés persistent. L’ouverture nécessaire d’une classe à la maternelle Eugénie-Cotton n’a pas pu être obtenue, faute de local disponible. »

    Une situation directement liée à l’abandon par la droite du projet de construction du groupe scolaire t Verne-Mabily. Les élus d’opposition restant sur ce dossier aussi pleinement mobilisés.

    Le combat va donc continuer pour une alternative progressiste.

  • [Rue de la République] Romain Simmarano: « S’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total »

    [Rue de la République] Romain Simmarano: « S’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total »

    l’Analyse de la défaite

    Didier Gesualdi : Vous avez été l’un des artisans de la campagne de Martine Vassal pour les municipales de Marseille. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

    On vient de vivre une défaite spectaculaire, à Marseille, avec des scores de premier comme de second tour qui ne sont pas du tout à la hauteur de nos espoirs, pas du tout à la hauteur de ce qu’incarnent la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous ceux qui se retrouvent dans ces appellations n’ont pas voté pour nous, on est donc mécaniquement rentré dans une phase de réflexion. Une phase d’introspection aussi, en essayant de se poser les bonnes questions : qu’est-ce qui fait que les Marseillais n’ont pas choisi ? Qu’est-ce qui fait que collectivement, nous n’avons pas été capables de présenter un visage et un programme qui donne envie ? Comment on fait pour que dans les six à sept années qui viennent, cette école de pensée, cette façon de voir le monde, la ville, la vie, reste une proposition politique pour Marseille ?

    Léo Purguette : Ça fait beaucoup
    de questions. Avez-vous des pistes de réponses personnelles
     ?

    Des pistes de réponses personnelles jamais, de réponses collectives, toujours. Déjà que le score de second tour montre bien la limite de l’exercice, on a la nécessité de se souder avec celles et ceux qui ont encore envie, aujourd’hui, de porter une voix politique digne de Marseille, de notre famille politique, de tous ceux qui nous ont précédés et viendront après nous. Il y a aussi la nécessité de rendre fiers les Marseillais. Ce qui caractérise cette campagne municipale, c’est que de façon assez collective, et pour nous qui avons perdu de façon fracassante, la classe politique marseillaise n’a pas donné envie aux Marseillais de s’impliquer. Il se trouve que la démocratie a parlé, Benoît Payan est le maire le mieux élu de l’histoire de la ville. Nous avons donc la nécessité de réfléchir, ça ne se fait pas en un mois, en six mois. C’est quelque chose qu’il va falloir bien maturer et mettre en place dans les semaines qui viennent pour permettre aux Marseillais qui souhaitent un espace politique qui ne soit ni le RN, ni le Printemps marseillais, de se retrouver dans quelque chose de sérieux.

    L’INCARNATION DE L’OPPOSITION

    Léo Purguette : Vous parlez beaucoup de collectif, c’est singulier à droite. Mais vous, personnellement, quel rôle entendez-vous jouer à l’avenir ?

    De façon hyper factuelle, je suis conseiller municipal de Marseille, d’une équipe de quatre élus. Je suis conseiller métropolitain de l’opposition marseillaise. Nous ne sommes que quatre avec une présidente d’institution, une ancienne présidente du Crif et une personnalité reconnue du monde de la santé. Cette équipe, même si elle est forte et cohérente, elle ne représente pas la totalité de ce que nous sommes. Moi, mon job, dans les mois qui viennent – je n’ai pas plus de prétention que cela – c’est fédérer autour de cette petite équipe qui siège dans l’hémicycle pour montrer que, hors-les-murs, on arrive à peser sur la vie politique municipale avec un mot-clé : l’utilité. L’objectif est de démontrer que cette forme d’opposition a pour unique but de faire réussir Marseille, ce qu’on n’avait peut-être pas réussi à faire dans les années précédentes. On va proposer, critiquer parfois et se rendre utiles.

    Léo Purguette : Aurez-vous un groupe ? La limite actuelle est à cinq élus.

    Nous ne demandons rien. Nous sommes quatre. La règle telle qu’elle est posée, c’est qu’on est un groupe à partir de cinq. C’est le résultat des urnes, de la démocratie. En revanche, je veux remercier le maire de Marseille qui, avec l’accord du président du groupe du Rassemblement national, nous a permis de prendre la parole comme non-inscrits et nous a laissés dérouler notre vision. L’enjeu pour lui comme pour nous, comme pour tous les Marseillais, c’est que la vie politique ne se limite pas à un mano à mano entre la gauche et l’extrême droite. Il y a besoin d’une offre politique centrale, rassembleuse, humaniste, déterminée sur le régalien et la sécurité tout en étant capable de parler d’autre chose.

    MARTINE VASSAL

    Didier Gesualdi : Martine Vassal est-elle la première responsable de ce score ou autant que le reste de votre équipe ?

    Tous ceux qui pensent qu’on résoudra nos problèmes en accablant celle qui a eu le courage d’être notre tête de liste et de tenir dans les épreuves, se trompent. Comme se trompent ceux qui nous ont lâchés en cours de route ou qui continueront de nous lâcher dans les semaines et les mois qui viennent. La vérité, c’est que nous avons mené une campagne collective autour de valeurs fortes et que nous avons été incapables de faire adhérer les Marseillais à cette façon de penser. Il y a mille raisons pour cela. La première d’entre elles, c’est comment dire « Marseille je t’aime » dans notre slogan de campagne et finalement se rendre compte que les Marseillais ne nous aiment pas. Cela nous engage à beaucoup d’humilité, beaucoup de travail. Il faut se remettre au boulot collectivement et que chacune et chacun d’entre nous se replonge les mains dans le cambouis de la vraie vie des Marseillais, pour travailler sur Marseille telle qu’elle est et pas telle qu’on la voudrait.

    2027

    Didier Gesualdi : La présidentielle arrive avec une droite guère mieux lotie au niveau national que local. Il faut de la proximité, des idées ?

    Léo Purguette : Une primaire ?

    D’abord, ce qui s’est passé à Marseille et à Nice fait quand même figure d’exception à l’échelle nationale. La droite, le centre, lorsqu’ils sont unis dans la région comme dans le pays, c’est encore une équation qui gagne dans les trois quarts des cas. Des villes comme Clermont-Ferrand, Bordeaux, Annecy sont revenues dans la besace de la droite et du centre, avec une carte de France globalement gagnante pour nos familles politiques, hors des grandes métropoles. Ici, regardez Robin Prétot à Istres, Alexandre Doriol à La Ciotat, David Gehant et Arnaud Murgia dans les Alpes…

    Léo Purguette : Dans ces communes il n’y avait pas 18 candidats de votre espace politique comme pour la présidentielle.

    Je prêche pour qu’à la fin, il y ait le moins de candidats possibles, mais attention au candidat par défaut, ce qui démobiliserait. Il faut une entente, un projet.

    LA NOUVELLE SITUATION POLITIQUE

    Didier Gesualdi : Vous souhaitez du succès à Benoît Payan ?

    On souhaite du succès à Marseille et donc à Benoît Payan et son équipe qui viennent en fait de récolter tous les pouvoirs. C’est un basculement inédit dans l’histoire politique de Marseille. Vous avez à la fois une majorité pléthorique du Printemps marseillais au conseil municipal et depuis peu, par le biais du travail qu’ils font avec Nicolas Isnard, la totalité des pouvoirs métropolitains. Et donc s’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total.

    Didier Gesualdi : Il vous reste le Département et la Région quand même !

    Ce ne sont jamais que des co-financeurs. Dans la vie quotidienne des Marseillais : transports, sécurité, propreté, cadre de vie, aménagement… Tous les pouvoirs sont entre les mains du Printemps marseillais. On ne va pas, comme certains, râler, faire des grands discours d’estrade pour commencer tout de suite à les taper et dire qu’ils font mal leur travail. On espère que ça se passe bien. Ce qu’on a dit au moment du budget, qui en fait ressemble aux engagements de campagne de nos adversaires, c’est qu’on jugera aux résultats. Est-ce qu’il y aura, à la fin de cette année, des bibliothèques ouvertes dignement ? Des piscines ouvertes cet été ?

    Léo Purguette : Nicolas Isnard est quand même l’un de vos amis, il siège dans la majorité de Renaud Muselier. Ça ne vous enferme pas dans l’incapacité de critiquer ce qui va se passer à la Métropole ?

    On peut reconnaître à Nicolas Isnard d’être cohérent, il a dit qu’il ferait la Métropole des maires, à la fin, il donne le pouvoir métropolitain au maire de Marseille.

    Léo Purguette : Il y a une tutelle de l’État…

    C’est un autre débat. Vous parlez du budget métropolitain, mais si on prend les vice-présidences thématiques de la vie quotidienne des Marseillais, les satellites comme la RTM, la Soléam, la SPLA-IN… Il ne manque plus rien au Printemps marseillais pour réussir. Notre rôle d’opposition, c’est d’être capable d’apporter des solutions, de donner des idées et, lorsqu’il le faut, de tirer la sonnette d’alarme.

    Léo Purguette : Nicolas Isnard a été quelque peu critique à l’égard du bilan laissé par Martine Vassal. Ça vous a surpris, déçu ?

    Non, je pense qu’il a fait simplement un discours de nouveau président. Mon inquiétude n’est pas sur les questions de personnes ou de bilan. La trajectoire budgétaire était prévisible et prévue, certains maires l’ont dit. J’attends énormément de Nicolas Isnard, que dans cette Métropole des maires, on ne perde pas la dimension stratégique sur l’emploi, les transports, le port…

    LE VERSEMENT MOBILITÉ

    Léo Purguette : Pour ou contre la hausse du versement mobilité ?

    Pardon, mais les impôts ne peuvent pas être l’alpha et l’omega de toutes les réponses politiques aux problèmes budgétaires. Il y a évidemment la nécessité de faire des coupes dans le budget métropolitain.

    Didier Gesualdi : Mais pourquoi Paris ferait payer plus ses entreprises que Marseille ?

    Si, à la fin, c’est la solution retenue, pourquoi pas, mais qu’on ne se focalise pas en permanence sur les impôts. Les Marseillais, les Français, en ont marre de payer autant d’impôts pour ne pas voir le service public correspondant.

    Je soutiens le combat de Nicolas Isnard auprès de l’État pour trouver plus de ressources, mais ça ne peut pas être que par l’augmentation des impôts. Il faut garder à la Métropole sa dimension stratégique. L’émergence massive de l’intelligence artificielle va détruire des centaines de milliers d’emplois dans le pays. Il faut qu’ici, on soit capable de créer des emplois non-délocalisables avec des filières qui nous ressemblent.

    RENAUD MUSELIER

    Léo Purguette : Renaud Muselier a annoncé sa candidature aux sénatoriales et cédera donc la présidence de la Région. Vous qui êtes un très proche, comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

    Renaud Muselier a décidé de mettre son expérience au service de tous les maires du département en se présentant aux sénatoriales. Du fond du cœur, comme son directeur de cabinet et désormais élu, il aura mon soutien intégral. S’achèvent 10 ans qui auront été formidables à ses côtés.

    Didier Gesualdi : Ça ne fait pas un peu « courage fuyons » avant les régionales ?

    La décision qu’il prend c’est la préparation d’une victoire pas l’anticipation d’une défaite. Ça force le respect.

    Léo Purguette : La ministre Sabrina Roubache est candidate. Sur la même liste ?

    C’est le côté fantastique de la démocratie, on est tous libres de se présenter à une élection. Il faudra poser la question à elle et à Renaud Muselier.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Grégory Ibanez :

    Tout le monde est contre le tram des Catalans, est-ce que vous êtes toujours pour ?

    On a fait campagne pendant plus d’un an pour le tramway des Catalans et on a perdu les élections. Aujourd’hui, vous avez une équipe qui a fait campagne contre, qui a gagné les élections, qui préside la RTM et qui a tous les outils entre les mains pour mettre fin au projet. Est-ce qu’elle le fera ou pas ? Ce que je dis et que j’ai d’ailleurs rappelé au conseil d’arrondissements, c’est : « Faisons un référendum ou une consultation citoyenne si le préfet n’accepte pas le référendum. » Soyons capables de poser la question aux riverains et aux bénéficiaires de cet équipement qui, qu’on le veuille ou non, représentera une avancée en matière de transports, mais qui peut braquer, qui peut cliver. Je crois que ce n’est jamais mauvais d’aller demander leur avis aux Marseillais. Je répète que ce que nous pensons utile, c’est une consultation qui donne la parole aux Marseillais pour qu’ils puissent réellement s’exprimer sur le sujet.

  • Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Installé 1er magistrat depuis le 29 mars, puis élu à la tête du Grand Avignon il y a un mois, Olivier Galzi a souhaité livrer un état des lieux du démarrage de son mandat. Tour d’horizon.

    Réorganisation interne

    Le nouveau locataire de l’hôtel de ville prend plaisir à faire visiter à la dizaine de journalistes la transformation matérielle des bureaux du maire et de ses proches collaborateurs. « Avant, chacun était dans son coin en silos, l’information circulait mal », expose-t-il dans l’ancien bureau de la secrétaire du maire, où son cabinet est désormais réuni en mode open space. « Mes adjoints sont aussi à côté en coworking », poursuit-il. Côté cabinet, deux directeurs sont en cours de recrutement, à la Ville et au Grand Avignon. « On a fait appel à un cabinet spécialisé, ce ne sera pas du copinage, mais des personnes que je n’ai jamais connues », clame Olivier Galzi. Arrivé comme directeur de cabinet, Christophe Madalle a finalement récupéré le poste de directeur général des services.

    Audit des finances

    et « étonnements »

    Procédure courante lors d’un changement de majorité, la commande d’un audit des finances. « La situation n’est pas aussi saine qu’il n’y paraissait », ménage-t-il d’abord, alors que les résultats sont attendus mi-juin et pourraient être débattus le 29 juin en conseil municipal. Mais Olivier Galzi ne résiste pas à distiller des exemples « totalement dysfonctionnels » qui ont pris « une ampleur industrielle en 2025 », citant des « factures impayées » ou la « recrudescence de recrutements depuis janvier, on en a bloqué 52 ».

    Autant de « rapports d’étonnements, parfois d’énervement voire d’écœurement qui ne me réconcilient pas avec la politique ». Le maire reprend la marotte abandonnée d’Anne-Sophie Rigault (RN) qui, lors du mandat précédent, a longtemps agité la menace d’une mise sous tutelle, démentie par la majorité d’alors. « On s’est posé la question, mais on ne va pas le faire, les décisions seraient trop drastiques », assure-t-il, redisant ne pas vouloir augmenter les impôts. Manière de préparer les esprits au fait qu’il ne pourra pas tenir toutes ses promesses de campagne ? « C’est une question que j’aurais posée si j’étais encore à votre place, mais je ne la poserai plus : une réalité s’impose, je ne ferai pas l’autruche sur le mur budgétaire, je le dis avant, je ne cherche pas des excuses, mais des solutions. »

    Triptyque de priorités

    Seule bonne surprise qui trouve grâce aux yeux du maire, « le personnel municipal » [2 100 agents], chez qui « une espèce de chape s’est levée », se targue-t-il. Des moyens humains déjà rencontrés, comme ceux du service propreté (notre édition du 18 avril) « qui ont été remobilisés ». Une première opération quartier propre est prévue le 27 mai. Côté sécurité et mobilités, divers éléments ont déjà été évoqués (rencontres avec le préfet, la police municipale, le Sdis) avec réouverture du dossier LEO, dont un comité de pilotage est prévu en préfecture de Région le 28 mai. La refonte du plan Faubourgs va s’opérer en douceur avec, le 20 mai, de premiers ajustements de sens de circulation. « Je fais tellement de choses, je travaille matin, midi et soir, nuit et jour semaine week-end », se gargarise Olivier Galzi. Des effets de manche ? « Le matin, j’ai une “to do list” comme autant de gouttes d’eau, mais peut-être qu’à la fin du mandat, le fond de cuve du territoire sera rempli, ce n’est pas de l’éparpillement, mais si je ne lance pas tous les fronts aujourd’hui, avec les temps nécessaires derrière, ce sera autant de reports pour les résultats. »

    Et l’opposition ?

    Lors de son installation, Olivier Galzi a « tendu la main » à l’opposition, assurant « porter le même égard » à tous les électeurs, même « à ceux qui n’ont pas voté pour nous ». Mais dès le conseil municipal suivant, l’opposition n’a pas eu voix au chapitre dans les commissions (notre édition du 21 avril). « Ce qui est proposé, c’est un blocage systématique, j’aurais la main tendue quand il s’agira de faire avancer les débats. » Et de faire un parallèle avec 2018 où lors de son premier mandat, Cécile Helle avait « exclu des commissions et ostracisé » deux adjoints après des divergences. « Je m’inscris dans ses pas », ironise-t-il. Sauf qu’à l’époque, les élus mis au ban venaient de la majorité, pas de la minorité d’emblée.

  • À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    « Notre budget est fidèle aux engagements pour lesquels nous avons été élus, ce n’était pas des intentions », lance le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, à son opposition lors du conseil municipal du 30 avril.

    La séance budgétaire a été marquée par la présentation du budget primitif 2026 par le 1er adjoint (SE), Henri Cambessédès. Le projet affiche un équilibre à 192 millions d’euros de dépenses et de recettes, dont 161 millions dédiés au fonctionnement et 30 millions à l’investissement. Parmi les évolutions notables figurent une hausse de 2% des recettes de fonctionnement par rapport à 2025, ainsi qu’une « baisse de 19,3% des compensations de l’état pour les exonérations de taxes sur les locaux industriels », a précisé l’adjoint, soit un manque à gagner d’environ un million d’euros.

    Autre point abordé : la masse salariale, en augmentation de 1,92%. Celle-ci s’explique principalement par « la hausse des cotisations retraite d’1,13 million d’euros et la tenue des élections municipales, car on mobilise les personnels pour la démocratie », rapporte l’adjoint.

    C’est sur l’investissement que l’opposition a concentré ses remarques. 23 millions d’euros sont mobilisés. Principalement pour la reconstruction du pont de Lareraille, à Carro pour plus d’1 million d’euros, pour l’extension à 600 000 euros des locaux de la piste d’athlétisme au parc Julien-Olive, et pour la poursuite du programme de mise en accessibilité à 800 000 euros. Les écoles bénéficient également d’un million d’euros, destiné aux rénovations et à la création d’îlots de fraîcheur.

    Mais Jean-Luc Di Maria (DVD) n’est pas convaincu : « Les montants sont là et les annonces sont nombreuses, mais quel est le cap ? Cela fait 37 000 euros par établissement, mais pour rénover, mettre aux normes, ou déguiser de l’entretien en investissement ? » se demande l’élu. À l’extrême droite, le double discours d’Emmanuel Fouquart (RN), lui, relève « un bon budget éloigné de l’effet ciseau », mais pointe aussi « la baisse de l’investissement net, passé de 20 millions d’euros à 15 cette année ».

    « Subir ou résister »

    La réponse est unanime. « Le budget est fidèle à notre trajectoire politique », souligne l’adjoint Gilles Picard (PCF). « La fraîcheur des écoles montre notre volonté de justice sociale et environnementale », abonde l’adjoint. Saoussen Boussahel (PS) insiste sur le fait que « ce budget est élaboré dans un cadre contraint. Entre subir ou résister, nous avons choisi le service public fort, le bouclier martégal ».

    Le maire relève « un seul point d’accord » avec son opposition. « Oui, un budget traduit une vision et des choix politiques. Derrière les chiffres, la réalité : des écoles entretenues, modernisées, comme les équipements sportifs aussi rendus accessibles, des espaces publics entretenus et un service municipal présent au quotidien. Bref, tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie », argumente l’édile. Le budget a été adopté sans les voix de l’opposition.

  • Vive opposition d’habitants au projet de data center

    Vive opposition d’habitants au projet de data center

    C’est un combat que le collectif « Non au data center » mène dans la commune des Pennes-Mirabeau. L’ancien maire, Michel Amiel, avait signé un permis de construire pour un data center, centre de stockage de plusieurs serveurs de données à forte consommation énergétique et d’eau. Le porteur du projet, la société Téléhouse, aurait acheté un terrain à une entreprise privée pour 47 millions d’euros. Le site de 6 hectares serait situé dans la zone d’activité des Sybilles sur la commune de 22 000 habitants. Initialement, le nouveau maire Romain Amaro (DVD) avait dit durant sa campagne son opposition au projet qu’il avait qualifié « d’héritage empoisonné ». Termes qu’il emploie à nouveau dans un communiqué du 17 avril dernier.

    Mais depuis que le collectif a formulé un recours contre le projet et demandé au maire d’annuler le permis de construire, la position de Romain Amaro a évolué : « J’ai informé les habitants qu’à ce jour, et à la suite du recours, toute communication est rompue avec la direction de Téléhouse. Malgré mes alertes répétées, le lancement d’un recours contentieux par une minorité a totalement figé la situation, qui fait place maintenant à un dialogue entre avocats auprès du tribunal administratif », déclare-t-il dans un communiqué daté du 24 avril. Le recours des habitants serait devenu un poids, selon ses propos : « Toute démarche individuelle ou recours contentieux lancé par des tiers en dehors de cette stratégie commune porterait un coup d’arrêt brutal aux négociations engagées avec l’industrie ».

    Mais « le collectif n’est pas près de retirer son recours, nous avons des arguments très sérieux et des inquiétudes très solides vis-à-vis de ce projet », précise Martine Mezzo, sa représentante. Parmi elles, la chaleur qui s’évaporerait ce qui engendrerait des risques d’incendie que les habitants ont déjà subis de nombreuses fois.

    Soutien des communistes des Pennes-Mirabeau

    Le PCF des Pennes-Mirabeau est aussi très vigilant. Dans un document destiné aux habitants, les communistes disent s’associer « au CIQ des Pallières des Pennes-Mirabeau qui se questionne légitimement sur ce sujet d’intérêt public ». Et d’appeler « à la transparence la plus grande et sur la réalisation d’étude alternative à celle du porteur de projet ». Ils soulignent dans leur document que « les data centers contribuent à la fuite en avant d’une économie centrée sur l’intelligence artificielle, sans travailleurs », loin des 200 emplois directs promis par les porteurs du projet. Le collectif, lui, continue ses études et a notamment contacté l’Office national des forêts. Le maire a annoncé quant à lui un rendez-vous avec le consul du Japon à la mairie, début mai.

  • À Nîmes, premier bras de fer entre majorité et RN

    À Nîmes, premier bras de fer entre majorité et RN

    À première vue, le menu avait tout du conseil municipal technique ce 25 avril. 40 délibérations, pour l’essentiel consacrées à la désignation des élus dans les organismes liés à la Ville. Bref, la mise en route administrative de la nouvelle mandature.

    Le nouveau maire a d’abord voulu afficher les premiers marqueurs de sa méthode : conseil retransmis en direct au nom de la transparence, annonce de « Bonjour Nîmes », sept rencontres avec les habitants d’ici l’été, et lancement d’une concertation avec les agents municipaux.

    Le RN joue la procédure

    C’est surtout l’extrême droite qui a animé la séance, souvent moins sur le fond des politiques publiques que sur les procédures. Julien Sanchez a demandé des votes à bulletins secrets, présenté des listes dès que possible et contesté les modalités empêchant les candidats de participer aux scrutins les concernant. Sur le fond, la majorité a ouvert certaines instances à l’opposition : Julien Plantier siégera notamment à la SAT et à la commission taurine, Valérie Rouverand à la SPL Agate, Sophie Roulle à la SPL Éclat. Le RN obtient des représentants là où la proportionnelle l’impose : Monique Boissière à la commission d’appel d’offres, Titouan Thomas et Marc Taulelle au CCAS. Cette ouverture limitée a suffi à déclencher les cris d’orfraie de Julien Sanchez, dénonçant une supposée alliance entre la gauche et la droite.

    Autre épisode de crispation sur le bulletin municipal : la majorité proposait 1 500 signes par groupe politique ; le RN a réclamé une répartition proportionnelle, quitte à réduire les tribunes des petits groupes à presque rien. Une étrange conception du pluralisme, très extensive quand il s’agit de réclamer des postes, beaucoup plus étroite lorsqu’il faut partager la parole. Le RN a donc choisi sa ligne : contester et chercher l’incident. Reste à savoir si cette stratégie servira les Nîmois ou seulement la petite mécanique victimaire de l’extrême droite.

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »