Tag: opposition

  • À Ollioules, la propriété léguée ne peut abriter une école privée

    À Ollioules, la propriété léguée ne peut abriter une école privée

    « Nous sommes navrés d’avoir à renouveler notre ferme opposition, quitte à saisir toutes les instances compétentes, à la cession de la propriété Fraisse léguée sous conditions à la ville d’Ollioules, telle qu’elle est présentée au conseil municipal. » Les élus d’opposition du groupe « Ollioules Autrement », Claudie Cartereau-Zunino (Les Écologistes) et Christian Bercovici (PCF) sont intervenus en séance publique pour faire lecture du courrier adressé au maire (LR) Robert Beneventi et à son adjointe à l’urbanisme Laeticia Quilici.

    Pour mémoire suite à leur demande auprès du préfet d’exercer un contrôle de légalité sur l’opération, le projet initial avait été suspendu. Ils s’étonnent donc aujourd’hui que le nouveau présenté ne tienne pas compte, selon eux, des causes initiales du report. Le représentant de l’État dans le département pointant alors un « projet s’éloignant de l’objectif poursuivi par le legs ».

    « Or non seulement les conditions du legs ne sont toujours pas respectées, mais elles ne le sont pas non plus dans le cahier des charges sur lequel devaient s’appuyer les candidats à l’achat de la propriété », dénonce la gauche.

    Et de rappeler une fois encore que Cécile Beckeric (épouse Fraisse), décédée en juin 2017, a fait dont de cette propriété à la collectivité à la condition que soit créé sur celle-ci un lieu destiné à la petite enfance. Ce qui n’est manifestement toujours pas le cas aujourd’hui, du moins pas dans son intégralité, environ un tiers seulement du bâti à venir.

    Le projet pour lequel le groupe Suprana se porte acquéreur prévoit la construction d’une école de 11 classes de la maternelle au collège. Ce qui présente pour commencer une vision quelque peu élargie du terme petite enfance.

    Mais ce qui choque encore plus la gauche et les écologistes c’est la nature de l’établissement hors contrat avec l’Éducation nationale qui doit y être érigé : le cours Tabarly, une école du réseau Espérance banlieues.

    « Peut-être n’avez-vous pas eu le loisir de lire les nombreux articles parus dans la presse nationale et syndicale évoquant les différentes enquêtes judiciaires concernant le réseau Espérance banlieues ? », lancent les élus d’opposition au maire. Plusieurs enquêtes sont actuellement en cours, mais aucune condamnation judiciaire définitive n’a eu lieu.

    « Quand on sait que le fondateur du réseau Espérance banlieues, Éric Mestrallet est proche des milieux catholiques intégristes dont certains militent pour l’abolition de la République, vous comprendrez qu’on s’étonne que la municipalité d’Ollioules puisse faciliter l’installation d’un établissement scolaire appartenant à ce réseau », ajoutent les élus. Et de conclure : « La ville ne peut pas trahir les conditions du legs et laisser se construire sur la propriété autre chose qu’un établissement pour jeunes enfants de 0 à 6 ans ! » Pour la municipalité, « la principale critique du préfet, qui avait évoqué l’existence d’un risque juridique”, portait sur des activités annexes aujourd’hui abandonnées ». Le nouveau programme s’inscrit donc, pour elle, dans une parfaite conformité.

    L’opposition va donc porter l’affaire devant le tribunal administratif.

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.

  • À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    Un complexe hôtelier haut de gamme d’une centaine de chambres, avec résidences de tourisme dédiées au vélo et spa, la « Baie des Princes », espère voir le jour d’ici 2030, là où se trouvait l’ancienne carrière Saint-Eutrope, à Orange. Mais non sans opposition.

    Sur un emplacement de 17 hectares, en friche depuis les années 60, la société Immobilis, qui pilote l’ouvrage, avance pas à pas. Le terrain est entré dans le Plan local d’urbanisme (PLU) en 2023 après deux années de concertation. Les porteurs mettent en avant la dimension écologique avec, en parallèle, la réhabilitation de l’ancienne carrière. Et l’attrait touristique qu’il pourrait y avoir avec une vue sur le Ventoux, l’accueil de cyclotouristes ou encore les vignobles à proximité. Pour un coût total estimé entre 120 et 160 millions d’euros. Et 200 à 250 emplois créés pour le fonctionnement du site.

    Et ce jeudi 30 juillet s’est achevé l’avis de consultation du public « ayant pour objet une demande d’autorisation environnementale relative aux travaux d’aménagement urbain ». Une consultation qui portait notamment sur la loi sur l’eau et le « rejet d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol ». Lors de la dernière réunion publique, le jeudi 23 juillet, le commissaire rapporteur a fait état de 563 avis favorables, 532  défavorables, 68 sans avis et 71 hors sujet. Le préfet devra ensuite valider après consultation suite à une demande d’autorisation environnementale, puis au maire d’accepter le projet suite au dépôt d’une demande de permis d’aménager auprès de la commune en 2025.

    Vive opposition

    Après la publication du compte rendu de cette consultation, la suite est dans les mains du préfet de Vaucluse, puis du maire d’Orange pour valider le lancement de potentiels travaux. Alors que la mairie de Jean-Dominique Artaud (RN) affirme qu’elle « se doit de respecter une position de neutralité concernant le projet immobilier de la Baie des Princes », associations et groupes d’opposition clament leur désaccord depuis plusieurs années. Christian Gastou, élu d’opposition (DVC) du Printemps pour Orange, pointe que ce projet « met en danger la biodiversité du site ». L’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo) abonde dans ce sens, en s’appuyant notamment sur l’avis laissé par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN). « C’est un environnement sableux très particulier, très rare en Vaucluse et encore plus dans la région. Avec des espèces particulières, protégées. Et donc, au moindre dérangement, même minime, cela met en danger leur survie. Même si le projet prévoit d’en tenir compte, je ne vois pas comment il est possible d’éviter d’abîmer le milieu définitivement », explique Thierry Joumard, président de l’Adeo. Avec des espèces telles que le criquet des dunes, « le seul endroit où il a été observé en dehors du littoral », explique le responsable associatif, ou encore le scorpion languedocien.

    Une pétition contre le projet a également récolté plus de 2 000 signatures. Le risque d’inondation, d’incendie et d’effondrement est également pointé. « Il y a eu un feu sur la colline la semaine dernière. Mais le site se trouve aussi à flanc de falaise et le seul conduit qui doit évacuer l’eau, car c’est un bassin fermé, est en mauvais état », résume Christian Gastou.

  • [Entretien] Valérie Boyer : « Je prends la place de la droite républicaine »

    [Entretien] Valérie Boyer : « Je prends la place de la droite républicaine »

    La Marseillaise : En 2020 vous êtes élue sur une liste de la droite rassemblée. Quel est le sens de votre candidature solitaire ?

    Valérie Boyer : En 2020, j’étais n°2 d’une liste où les trois premiers étaient Les Républicains avec ensuite une représentation centriste pour Aix. Aujourd’hui, ma candidature a tout son sens : je suis sortante, de droite, Les Républicains, et j’ai toujours été fidèle et loyale à ma famille politique. C’est une question de clarté. Je pense qu’il y a une alternative entre le macronisme incarné par la liste de Devésa – Muselier et les autres listes extrêmes. C’est la place que je prends, celle de la droite républicaine. Je suis très heureuse du soutien de David Lisnard, le président des maires de France. Je ne suis ni dissidente, ni solitaire dans cette démarche, et il y a sur ma liste des maires qui ont une carrière : Jean Mangion n’est pas n’importe qui pour Les Républicains du 13. Ce n’est pas un LR de cinq minutes.

    Vous ne craignez pas la dilution des voix de droite avec quatre listes ?

    V.B. : Quelle dilution ? C’est une affirmation. Si je n’avais pas été candidate, mon courant de pensée ne serait pas représenté. Ma liste est la seule liste de droite. Brigitte Devésa explique que la liste d’Hervé Granier est pilotée par Mme Roubache. Donc, il y a deux listes macronistes que je ne place pas à droite. Moi, je suis d’une droite libre et républicaine.

    ll se dit que vous avez quitté la liste Muselier par rapport à votre place ?

    V.B. : Je l’assume. Il y avait des négociations, sans moi, on voulait me mettre 4e puis 3e mais ça ne fonctionnait pas. J’ai de l’amitié et de bonnes relations avec Renaud Muselier mais à un moment, il soutient Gabriel Attal et moi tout m’y oppose, c’est un vrai différend politique. Je ne suis pas du tout alignée sur le plan des idées. Moi je suis restée fidèle au chemin tracé par le parti où je milite, je ne suis pas allée ailleurs contrairement à ce qu’on m’a prêté, et je ne suis pas méprisante en le disant. Donc ce n’était pas possible parce que la tête de liste colore la liste. Or je ne suis ni Modem-UDI, ni Renaissance. Et puis ça ne correspond pas à la sociologie du vote dans les Bouches-du-Rhône, ni aux maires. À part Jean-Pierre Serrus, il n’y a pas de maire Renaissance. Il n’y a d’ailleurs pas de maire en position éligible sur leur liste. Donc j’ai dit non, en cohérence avec les convictions que je défends depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. J’ai toujours été dans son opposition. Même quand il était en majesté à Marseille, je ne l’ai pas soutenu. Ni lui, ni ses candidats. Qui est plus LR que moi dans les Bouches-du-Rhône ? Personne.

    Vous et cette droite assumée avez quand même voté au Sénat, ces budgets qui font mal aux maires dont vous dites porter la voix.

    V.B. : Oui et grâce au Sénat, beaucoup moins que ce que le gouvernement proposait. C’est la Macronie qui a lancé « Balance ton maire », et la baisse de la dotation aux communes a été féroce, sous Macron. On a fait en sorte de la compenser.

    Pourquoi ne pas s’opposer ?
    La gauche a voté contre.

    V.B. : On va jusqu’au bout de ce qu’on peut. Sur certains sujets, comme l’euthanasie, on s’est opposés mais sur le budget, à un moment il faut un compromis. Donc on a fait des propositions pour que la casse soit moins importante. Je suis intervenue sur le ZAN ou la loi SRU pour que les maires retrouvent de la disponibilité. Je plaide pour changer totalement le système et redonner de la liberté aux maires et aux communes.

    Où siégerez-vous si vous êtes réélue, sachant que Gérard Larcher, le président (LR) de la majorité sénatoriale soutient la liste Devésa ?

    V.B. : Brigitte Devésa siège chez les centristes et la majorité sénatoriale a différentes composantes. Les Républicains sont très largement majoritaires et je siège dans ce groupe. Vous voulez que j’aille où ? Et je peux vous dire que mes collègues me soutiennent énormément.

  • Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Parmi les rares passants croisés à Meyrargues, ce mardi matin estival, ils ne sont qu’une poignée, dans cette commune de 4 000 habitants, à savoir que l’arrêté municipal signé par le maire, Fabrice Poussardin (DVC), instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, pour le quatrième été consécutif, vient d’être suspendu par ordonnance du 24 juillet 2026, par le tribunal administratif de Marseille.

    Renouvelé en juin, l’arrêté municipal interdisant aux mineurs non accompagnés de sortir entre 22h et 6h du matin, du 18 juin au 1er septembre, était en place depuis quatre ans. Saisie par le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire, la Ligue des Droits de l’Homme a, à son tour, saisi la justice, qui a donné raison à l’association.

    « On en voit fleurir un peu partout et régulièrement, ils sont annulés ou suspendus, contextualise Philippe Sénégas, pour la Ligue des Droits de l’Homme. C’est étrange de la part d’un village où, manifestement, les troubles à l’ordre public sont, semble-t-il, mineurs. C’est évident qu’il y a bien d’autres mesures qui peuvent être imaginées. »

    « Liberté d’aller et venir »

    Au sujet des nuisances et du désordre public mis en avant par la municipalité, le tribunal estime que « la commune de Meyrargues n’apporte aucun élément à l’appui de ces allégations » et « ne démontre pas davantage le risque de voir ces événements se réitérer, justifiant qu’une telle mesure de prévention soit adoptée ». Le point le plus inquiétant, dans cet arrêté, pour la LDH, reste l’atteinte à la « liberté d’aller et de venir. On ne va pas confiner les enfants au domicile de leurs parents et transformer les parents en gardiens », conclut Philippe Sénégas.

    Le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire (DVG) se réjouit de la décision. « On nous disait le reconduire pour la quatrième année parce que (l’arrêté) avait fait ses preuves. On lui a demandé de nous dire quel était l’état de la baisse de la délinquance nocturne (…), on n’a jamais eu d’élément concret, palpable, autre qu’une appréciation générale », note Christian Salque, à la tête du groupe. Il préconise l’instauration d’une « politique jeunesse ».

    Sollicité, le maire n’a pas pu nous répondre dans les délais impartis. Dans La Provence, il a indiqué ne pas faire appel.

    Eva Bonnet-Gonnet

  • [Loi d’urgence agricole] Un « passage en force » contesté devant l’Assemblée nationale

    [Loi d’urgence agricole] Un « passage en force » contesté devant l’Assemblée nationale

    Alors que la loi d’urgence agricole devait être votée dans la soirée par les députés, avant son passage au Sénat prévu ce mardi, ses détracteurs se sont rassemblés, lundi soir, au pied de l’Assemblée, pour manifester leur opposition. Parmi les structures présentes : Extinction Rébellion, mouvement de lutte contre l’effondrement écologique, Les Soulèvements de la Terre, collectif écologiste radical, mais aussi la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français.

    Nina Lejeune, éleveuse de volailles dans le Var et représentante de la Confédération paysanne Paca au secrétariat national du syndicat, fait partie de ceux qui ont choisi de venir, sur place, revendiquer leur colère. « Il est fondamental que nous exprimions notre rejet de cette loi, s’est-elle indignée. Des reculs sont en train d’être actés sur la question agricole avec en tête de liste la fin d’une gouvernance partagée. »

    « Retour en arrière »

    Car la loi, en plus de favoriser la construction de dispositifs de stockage d’eau à usage agricole, supprime l’obligation de réunions publiques pour leur autorisation environnementale. « Pour nous, qui défendons un partage équitable de la ressource et une gestion partagée, c’est un retour en arrière à la fois démocratique et environnemental », défend l’éleveuse.

    Autre grand motif de crispation : la réintroduction de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, interdits en France, mais autorisés dans l’Union européenne. Une idée directement héritée de la loi Duplomb, qui avait l’été dernier suscité une importante opposition citoyenne : la pétition publiée sur le site de l’Assemblée nationale pour s’y opposer avait recueilli plus de 2,1 millions de signatures. L’article sur les pesticides avait finalement été censuré par le Conseil constitutionnel. « Le gouvernement fonce tout droit vers le modèle agroalimentaire défendu par la FNSEA [premier syndicat agricole, Ndlr.]. Mais c’est aussi à la population de choisir ses orientations agricoles. C’est un passage en force », conclut Nina Lejeune.

  • Éducation et services publics en débat en conseil municipal de La Seyne

    Éducation et services publics en débat en conseil municipal de La Seyne

    On s’attendait à un conseil municipal à nouveau tendu mais les débats se sont déroulés dans une ambiance à peu près apaisée. Le maire RN Dorian Munoz ayant manifestement décidé de laisser s’exprimer le débat démocratique. Sans outrances ni invectives. Son opposition de gauche, qui n’a cette fois encore rien laissé passer, a de son côté à nouveau tenté de mettre au clair les dessous de la politique conduite par l’extrême droite dans la 2e ville du Var.

    A propos du dispositif « Cités éducatives », le conseiller municipal d’opposition de gauche Cédric Turco (PCF) a rappelé l’attachement du groupe à la réduction des inégalités : « Dans une ville populaire comme La Seyne, marquée par des disparités sociales importantes, tout dispositif visant à favoriser la réussite des enfants et des jeunes mérite notre attention et notre soutien de principe », explique-t-il. à condition, précise-t-il, qu’il ne tende pas à se substituer aux politiques d’éducation prioritaire ou à compenser à la diminution des moyens pérennes de l’école publique. L’élu signalant que plusieurs acteurs éducatifs alertent depuis au moins deux ans sur une réduction de l’offre proposée aux écoles dans le cadre de la Cité éducative.

    Le groupe demande donc à pouvoir disposer d’un état comparatif permettant de mesurer l’engagement financier de la commune.

    « Nous allons vous faire passer une évaluation qui est disponible », lui répond le maire de La Seyne.

    Brigades volontaires

    Interrogé dans le même esprit sur le Contrat de ville par Florence Guaddacha (GRS) qui a souligné l’importance et « le rôle essentiel des associations qui œuvrent chaque jour auprès des habitants de notre commune », Dorian Munoz déclare : « Je sais l’implication qu’elles ont et bien évidemment, la municipalité sera un acteur privilégié et un partenaire à l’écoute. » Dont acte.

    Et de poursuivre : « Il y a du mieux à Berthe. Et pour moi, Berthe, je l’ai déjà dit plusieurs fois, ce n’est pas une source d’inquiétude, même s’il faut rester vigilant et ne pas baisser les moyens. Mon souci, c’est le centre-ville, surtout. Et donc, c’est là que l’État doit maintenant mettre les moyens. »

    Égratigné ensuite par Cédric Turco sur la délibération qui prévoit le recours à des bénévoles pour réaliser diverses missions comme de menus travaux dans les bâtiments communaux, l’élu d’opposition rappelant en parallèle la décision de la majorité de ne pas remplacer systématiquement les départs à la retraite des agents territoriaux, le maire RN répond : « Après tout, chacun a droit à penser ce qu’il veut, moi, je n’ai aucun problème avec les brigades volontaires. Si les gens sont motivés pour le bien-être de leur ville, pourquoi je vais leur dire non ? »

    Mais pas de réponse sur le fond, c’est-à-dire comment continuer de répondre aux besoins de la population avec une diminution des effectifs ? Il va s’en dire en tout cas que l’implication de tous les bénévoles imaginables ne pourra suffire.

    Et de toute façon, comme l’a réaffirmé Cédric Turco, « les agents territoriaux ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire mais une richesse pour la commune ». Une évidence à rappeler pour mener à bien la bataille des idées.

  • [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    La Marseillaise : Quels seront vos principaux sujets de vigilance ?

    Antoine Bertrand : Cette commission des finances revient traditionnellement à l’opposition. Il n’y a donc aucune entente avec la majorité, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Mon rôle sera d’exiger la transparence la plus totale sur les comptes publics de la Ville. Michaël Delafosse présente des budgets à l’équilibre, mais quand on regarde les trajectoires budgétaires, il y a de vrais sujets d’inquiétude. Le contrôle financier ne doit pas être seulement dans les mains de l’exécutif municipal : il revient aussi au conseil municipal, qui représente le peuple. Cette fonction, je veux l’exercer avec sérieux, dans l’intérêt général des Montpelliérains.

    Vous critiquez notamment l’augmentation de la fiscalité. Pourquoi ?

    A.B. : Le problème est démocratique. Cette hausse des impôts était visiblement anticipée avant les élections, mais elle n’a pas été annoncée aux Montpelliérains pendant la campagne. Si Michaël Delafosse avait été honnête, il aurait permis un vrai débat budgétaire. Or cette hausse arrive quelques semaines après les municipales, dans les alcôves du conseil municipal et de la métropole. En plus, elle s’accompagne d’une baisse des investissements publics et des moyens pour les services publics : c’est un budget austéritaire. On ne peut pas augmenter la pression fiscale sans engager les investissements structurants dont la ville a besoin. Nous aurions fait d’autres choix : une régie publique de l’énergie, une politique volontariste du logement social et étudiant, ou encore la gratuité des cantines scolaires. L’alimentation n’est pas un bien marchand, c’est un bien commun.

    Vous mettez aussi en cause la responsabilité de l’État. Que lui reprochez-vous ?

    A.B. : Il y a un véritable hold-up de l’État sur les collectivités, commencé sous François Hollande et poursuivi depuis. Les dotations baissent ou stagnent, les fonds comme le fonds vert sont réduits, et les communes doivent chercher des subventions partout. L’État assèche les collectivités, tout en leur transférant toujours plus de charges. Cela réduit leur autonomie fiscale et abîme la démocratie locale. À Montpellier, où le taux de pauvreté est massif, autour de 24%, l’augmentation de la fiscalité est un double coup de massue, surtout avec le coût du logement.

  • Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Une Zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-St-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 Volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    Mais l’État a tout de même lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force. « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits. Ce samedi 6 juin, une action est également prévue à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent la possibilité de créer une ZAD. Des contacts ont déjà été noués avec des associations qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts », confirme Luc Perrin.

  • Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Le résultat des municipales au Pontet laisse très perplexe ceux qui avaient espoir de voir l’extrême droite trébucher. Sur le papier, les conditions étaient réunies : le maire (RN) sortant, Joris Hébrard, faisait face à une autre liste d’extrême droite menée par son ancien 1er adjoint Patrick Suisse, et une liste de large rassemblement républicain portée par Jean-Firmin Bardisa (DVD). Las, les habitants ont réélu leur maire pour un 3e mandat et ce dès le 1er tour (60,79%) reléguant les listes Bardisa (22,51%) et Suisse (16,7%).

    Malgré une configuration optimale pour une alternative, le RN s’est notabilisé dans la commune. Dans la foulée des municipales, Patrick Suisse et Jean-Firmin Bardisa ont annoncé leur démission. De quoi laisser l’opposition étêtée. Sans aller à parler de champ de ruines, Graziella Lovera reconnaît qu’il y a tout à reconstruire. « Pour l’instant, personne n’a pris le leadership », constate la conseillère municipale PCF, élue sur la liste Bardisa. Pontétienne depuis plus de 40 ans, elle ne s’était jamais encore impliquée politiquement dans une commune où la gauche n’a jamais pesé.

    Une « vision

    de boutiquier »

    « Les scores de l’extrême droite m’ont interpellée alors qu’il y a un côté ouvrier, avec de grosses entreprises à proximité et des camarades syndiqués qui y vivent », note celle qui a longtemps eu des fonctions aux unions locales d’Avignon et départementale de la CGT. À 66 ans, Graziella Lovera fait donc son entrée en politique dans un contexte hostile. « M. Hébrard m’a déjà bien identifiée », sourit-elle. Si son groupe d’opposition, Le Pontet c’est vous, est assez hétéroclite avec des élus de l’UDI, « on a intérêt à rester unis même si je compte bien faire entendre la voix de mon parti », assure cette ancienne infirmière de l’hôpital d’Avignon.

    Encore en phase exploratoire, Graziella Lovera est assez surprise de l’atonie des élus de la majorité. « Tout est confié à l’administration, ils se laissent mener, posent pas ou peu de questions », s’étonne-t-elle. Membre des commissions finances et action sociale, elle se familiarise avec les méandres budgétaires et continue de porter avec force le projet d’un centre de santé municipal qui était au programme de sa liste. « Le maire n’a aucune vision globale pour sa ville qu’il gère comme un boutiquier, il investit sur des ronds-points mais, par exemple, la ville a gagné 1 000 habitants et on ne sait rien de leurs profils et leurs besoins », déplore l’élue communiste. Pour tenter de toucher les habitants, un journal, Pour un printemps pontétien, a été lancé. Le premier numéro revient aussi sur les subventions à l’école privée ou les solutions pour rafraîchir les écoles en ces périodes caniculaires.

    EN BREF. Quand l’adjointe RN devient députée du Gard

    Visiblement au RN, on est moins regardant sur les frontières quand elles peuvent servir sa cause. Députée RN de la 3e circonscription du Gard (50 communes dont les 7 Gardoises du Grand Avignon), Pascale Bordes a été élue maire de Bagnols-sur-Cèze en mars. Elle a cédé sa place à l’Assemblée nationale à sa suppléante, Catherine Dellong-Meng. Installée aux Angles, elle s’est pourtant fait élire 2e adjointe au Pontet. Retraitée de la fonction publique – elle a notamment œuvré à la Ville du Pontet – la néo parlementaire reste toutefois conseillère municipale et communautaire du Grand Avignon. Si la loi n’interdit pas d’être élu sur deux départements, cela interroge. Surtout quand le RN, lors de la campagne, n’a cessé de faire un procès en illégitimité à son opposant Jean-Firmin Bardisa qui ne résidait pas au Pontet. La députée a pris comme collaborateur parlementaire un autre pontétien : Xavier Magnin, qui cumule ce poste avec celui de dircab de Joris Hébrard.