« La santé, même si ce n’est pas une compétence proprement municipale, c’est une priorité de la population. » Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille et déléguée à la santé publique, résume la problématique de la prise en compte des questions sanitaires dans la campagne pour les élections municipales. « L’accès aux soins est géré par l’État, on ne peut pas créer des hôpitaux, des lits… Mais les collectivités municipales peuvent agir sur les déterminants de santé, tout ce qui arrive avant le soin. Là, ça relève de nos compétences, outre le fait de pouvoir favoriser l’accès aux soins », explique-t-elle. D’où la doctrine appliquée lors de son mandat : « Faire de l’aller-vers. » Entendez par-là qu’elle essaie d’agir « en amont des soins ». « Ça commence par quelle alimentation on donne aux petits Marseillais, comment on travaille sur la qualité de l’air à l’intérieur des établissements gérés par la mairie », expose l’ancienne maire. Avec des exemples concrets : « Éviter les perturbateurs endocriniens dans les matières utilisées ou diminuer la présence des voitures
– et donc des émissions – aux abords des écoles avec le dispositif des rues des enfants. »
Faire de l’aller-vers, c’est aussi « faciliter l’accès aux soins ». Et pour le coup, Michèle Rubirola tente d’allier une approche globale et un travail de proximité. Pour le global, cela passe par un « travail en bonne intelligence » avec l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille), dont elle est présidente du conseil de surveillance. Mais aussi par la création du « premier conseil communal de santé en France ». Une mesure plus que symbolique : « C’est la première instance paramunicipale avec un axe de démocratie sanitaire. C’est un accompagnement permanent de la Ville dans la mise en place de politiques publiques de santé, avec des citoyens, des chercheurs, des professionnels de santé, des associatifs… », développe-t-elle.
Pour la proximité, elle se targue d’avoir lancé les « Villages Santé », au nombre de 7 éditions. Une initiative, là encore commune avec les institutions en charge de la santé sur le territoire (Agence régionale de santé, CPAM, etc.), et surtout à destination « des publics éloignés des services de santé ». « Souvent, le problème est l’accès à un médecin. Là, on favorise la rencontre puisqu’on amène des professionnels de santé, du service public ou libéraux sur place », explique Michèle Rubirola, prenant pour exemple la tenue de cette initiative à l’Après-M, dans le quartier de Sainte-Marthe.
Et avec des résultats concrets : « Le centre international de vaccination de Marseille a offert, à toutes les personnes présentes, un bilan complet de l’état vaccinal et une vaccination sur place. » Autres exemples de son envie « d’amener de la prévention » avec les villages santé : « On proposait aussi des dépistages de diabète, des cancers colorectaux, de l’hypertension, de l’aide au sevrage tabagique. » L’adjointe insiste : « On ne fait pas juste du dépistage pour du dépistage, il y avait des professionnels de santé disponibles pour assurer le suivi des personnes. » De quoi faire le lien avec la problématique du maillage territorial de l’offre de soins et la désertification sanitaire de certains quartiers. Là encore, la mairie ne peut pas faire seule mais affiche quelques victoires. « On aide à l’installation d’équipes pluriprofessionnelles de médecins comme à la Bastide Massenet [14e arrondissement, Ndlr], dans un quartier où il n’y en avait pas », conclut Michèle Rubirola.

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