Tag: villages

  • Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    « Remollon est un village-rue », déplore Bertrand Baulet, le maire la commune. Difficile de lui donner tort en parcourant l’axe principal du village, le cinquième plus petit des Hautes-Alpes. Les trottoirs y sont minuscules, voire inexistants sur certaines portions : les poussettes ou fauteuils roulants ne peuvent pas envisager d’y circuler. La porte de certaines maisons se trouve à quelques centimètres de la voie, tandis que des impacts de camions sont visibles dans un bloc de béton et sur un balcon.

    En moyenne, 330 poids lourds traversent chaque jour le village via la RD900B, sans compter les centaines de voitures. « Ce n’est pas une simple départementale : c’est l’unique voie qui désenclave la vallée de l’Ubaye, l’axe emprunté quotidiennement par les poids lourds italiens transitant par le col de Larche et par les flux touristiques estivaux et hivernaux vers Barcelonnette », indique le maire. Depuis des décennies, les habitants et les élus successifs attendent une déviation.

    Bertrand Baulet ne compte pas lâcher l’affaire. « La déviation permettrait d’améliorer la santé et la sécurité des habitants, qui sont quotidiennement confrontés au bruit, à la pollution, aux vibrations… Il faut rendre le village aux habitants ! » Cet été, un accident a eu lieu : un poids lourd a percuté une camionnette dans la portion la plus étroite du village. « Cela permettrait aussi de valoriser l’immobilier au bord de l’actuelle voie, assure le maire. Plusieurs bâtiments ne sont pas utilisés, mais pas vendus car avec cette route ils ne valent rien ! » Selon le maire, environ 80% des habitants sont très favorables à la déviation. Parmi les quelques personnes qui s’y opposent, il y a « les 5-6 familles » dont la résidence se trouve aux abords de la future déviation, et quelques commerçants du village, notamment du restaurant, qui craignent de perdre des clients.

    Dès 1998, un financement de 6 millions d’euros avait été validé, « puis tout a été mis en pause ». En 2000, les habitants avaient bloqué la départementale pour se faire entendre. Aujourd’hui, le projet est estimé à 26 millions d’euros. « Le problème, c’est que ce n’est pas une priorité pour le Département, qui est en charge de la déviation. Son attitude, c’est l’esquive ». Le président du Département, Jean-Marie Bernard (LR), assure son soutien au projet : « Le Département est à l’origine du projet de déviation, dont on parle depuis longtemps et dont j’estime qu’il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. En février dernier, l’Assemblée départementale a validé l’avant-projet et m’a autorisé à solliciter le préfet pour l’ouverture d’une enquête conjointe publique et parcellaire afin de procéder aux acquisitions foncières ». Jean-Marie Bernard rencontrera le maire mi-octobre pour « évoquer les prochaines étapes ». « Il y a de grandes chances que ce soit une bonne nouvelle », se réjouit Bertrand Baulet.

    Agathe Di Lenardo

  • Le bureau de poste de Vauvenargues menacé de fermeture

    Le bureau de poste de Vauvenargues menacé de fermeture

    Initialement ouvert de 8h30 à 11h tous les jours de la semaine et un samedi sur deux, le comptoir de La Poste de Vauvenargues devrait n’ouvrir dorénavant qu’à 9h15 et fermer à 12h, les samedis étant totalement supprimés. Cette plage horaire, en apparence plus large que la précédente, fait toutefois craindre une baisse de l’affluence, notamment des jeunes actifs dont les horaires de travail commencent généralement plus tôt.

    Face à la nouvelle, officieuse pour le moment, le président de l’association de défense du Bureau de Poste de notre vallée, Thierry Dumas, dénonce un « déni de service » et craint, à terme, une fermeture du seul comptoir postal de Vauvenargues, auquel est aussi rattaché Saint-Marc-Jaumegarde. Une inquiétude légitime au regard du plan « d’actualisation » de son réseau présenté par La Poste la semaine dernière et laissant augurer de plusieurs fermetures dans la région.

    Le collectif organise traditionnellement un apéro de rentrée pour annoncer les éventuelles modifications liées au service chaque premier samedi d’octobre. Ces nouveaux horaires seront donc au menu du rendez-vous de ce samedi 3 octobre.

    En cas de fermeture de ce bureau, les habitants devront se rendre à la poste centrale d’Aix-en-Provence pour y déposer ou récupérer leur colis. Une situation de repli située à plus 20 km et réputée pour sa difficulté de stationnement. À l’occasion de cet apéro, le collectif espère la présence du maire de Vauvenargues ainsi que la révision de cette mesure. Auquel cas, Thierry Dumas affirme qu’ils sont prêts à manifester pour faire entendre leur revendication.

  • Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Le Népal représente, pour beaucoup, le Bouddha et une multitude de divinités hindoues. Parmi elles, Ganesh, le dieu à la tête d’éléphant, symbolise la sagesse et la protection. Un dieu hybride, transgenre pourrait-on dire. Pourtant, malgré l’existence ancestrale d’une culture queer, les tabous sociaux persistent. C’est ce à quoi s’est attaché le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah avec
    son premier long-métrage, Les Éléphants dans la brume.

    Shah ancre son récit au sein d’une communauté de femmes transgenres, qu’on appelle les Kinnars, dans un petit village au sud du Népal en lisière d’une forêt où vivent des éléphants. L’animal est vénéré et craint, à condition qu’il ne sorte pas des limites forestières. Il en est de même pour les Kinnars. Elles doivent se cantonner à leurs seules missions de bénédiction. L’espace de tolérance est bien délimité. Malheur à elles si elles en sortent.

    Pirati est la mère d’adoption de trois jeunes femmes. Déterminée, toujours dans l’action, elle veille sur ses filles. Une famille qui se chamaille… et s’invective copieusement. Appréciée des villageois, Pirati est pressentie pour être la future cheffe des Kinnars. Mais elle transgresse l’interdit en tombant amoureuse d’un musicien de la ville voisine avec qui elle projette de s’enfuir.

    Le regard qui s’affranchit

    Pour ce portrait de femme qui interroge ce qu’il faut sacrifier pour devenir soi-même, Shah ose une scène intime quand Pirati et son compagnon font l’amour sous des lumières flamboyantes qui rappellent celles de la divinité éléphantesque. Il se dégage une sensualité qui bouleverse. Les schémas corporels imposés (depuis l’époque coloniale britannique) tombent pour ne voir qu’une réalité : celle d’un couple qui s’aime.

    Un film saisissant

    de contrastes

    Le film est transcendé par l’interprétation fusionnelle de Pushpa Thing Lama, engagée dans la défense des droits des personnes LGBTQIA+. L’actrice non professionnelle joue le rôle de cette mère tiraillée entre son désir de liberté (partir vivre avec son amoureux à Delhi) et son devoir de famille. Le visage de Pirati, dur et fermé par moments, lumineux et souriant à d’autres, évoque les sentiments contradictoires qui la bouleversent au gré des épreuves qu’elle traverse. Avançant d’un pas décidé, elle peut faire profil bas pour se faire accepter des villageois. Lorsque l’une de ses filles disparaît (après une probable relation adultère avec un homme du village), on perçoit le désarroi, la culpabilité et la colère d’une mère anéantie avant l’explosion de la révolte.

    Plongée sensorielle

    dans la forêt

    Les drames s’enchaînent, flirtant avec le thriller. Mais, ici, il s’agit d’histoires humaines réelles, la fiction n’étant qu’un prétexte, aidée en cela par la puissance de l’image et du son. La caméra capte les lumières incandescentes en contraste avec la nuit profonde. Des scènes bucoliques en pleine forêt tranchent avec le spectacle de faisceaux lumineux des torches pour tenir à distance les éléphants. Cette même forêt magnifique devient menaçante lorsque le village est plongé dans l’obscurité.

    Les éléphants que l’on devine seulement par la battue nocturne des villageois qui veulent les éloigner, au début du film, sortent dans la scène finale, obéissant aux claquements des mains des Kinnars. Les puissants animaux, qui subissent aussi l’ostracisme d’une population superstitieuse, sortent de la brume pour répondre à l’appel de ces femmes méprisées.

    En salle le 23 septembre, (1h43)

  • Les habitants de Vergons sans réseau téléphonique depuis un mois

    Les habitants de Vergons sans réseau téléphonique depuis un mois

    Les habitats du village de Vergons, près du lac de Castillon, se retrouvent sans réseau téléphonique depuis une panne sur le relais Bouygues, qui opère pour le compte des quatre opérateurs Orange, Free et SFR, le 2 août. « La ligne est obsolète. Ils m’ont annoncé qu’il faudrait des mois pour la changer », explique le maire du village, Martial Joubert (DVD). Ce dernier menace de porter plainte contre Bouygues pour mise en danger de la vie d’autrui, alors que les secours sont difficilement joignables sans réseau dans le village en cas d’accident, très courants : seize en quatre ans, selon l’édile. « La route est hyper dangereuse, accidentogène, il y en a qui roulent à 110 km/h au lieu de 50 », regrette-t-il.

    « C’est plus que dangereux », lance le maire, d’autant plus qu’environ la moitié des habitations du village sont des résidences secondaires, sans wifi ou téléphone fixe : leurs occupants se retrouvent ainsi sans aucun moyen de communication ou d’appeler les secours en cas de besoin.

    Des habitants qui

    se sentent « abandonnés »

    Ces coupures de réseau sont récurrentes dans le village depuis plusieurs années. « Dès qu’il y a de la pluie ou de l’orage, on ne capte plus rien, et cela peut durer deux ou trois jours », déplore l’édile. Cela est dû, selon lui, à un manque d’entretien du relais. « J’ai un relais qui est complètement détérioré, parce qu’il n’a pas eu de maintenance pendant plusieurs années », affirme-t-il. Coupés du monde, entre ces coupures de réseau et la fermeture de la route nationale pendant 11 semaines, des habitants du village isolé ont menacé de couper le Tour de France Femmes, qui le traversait, avec des banderoles en protestation. Si le maire a réussi à les en dissuader, la colère persiste. « Je suis sur une poudrière. Ils considèrent qu’ils sont complètement abandonnés » , regrette le maire. Le seul restaurant du village, privé de tout commerce, a dû fermer pour deux mois et demi, dépendant du passage de la route nationale. Contacté, Bouygues n’a pu répondre dans l’immédiat. Après avoir été sollicité, l’opérateur téléphonique a annoncé jeudi au maire lancer des travaux la semaine prochaine, espérant rétablir le réseau entre le 1er et le 15 octobre.

  • Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Alors que la rentrée se profile doucement, le territoire grand-alésien s’offre un petit rabe de plaisir estival sous les feux des projecteurs, avec un rendez-vous devenu incontournable sur le territoire : le festival Ciné été.

    Initiée il y a 13 ans par Alès Agglomération et organisée par l’association Itinérances en partenariat avec Cineplanet, la manifestation propose des séances en plein air dans différentes communes de l’agglo, prolongées, les deux derniers jours, par la projection de films en avant-première au Cineplanet, le multiplexe art-et-essai d’Alès.

    « Chaque année, les villages qui souhaitent nous recevoir s’inscrivent et on voyage partout dans l’agglomération pour proposer des séances de projection en plein air, gratuites et familiales », explique Julie Plantier, chargée de la communication d’Itinérances, qui organise également, chaque printemps, le festival de cinéma d’Alès. Objectif : offrir une culture vivante et partagée au plus près des habitants, au cœur du milieu rural. « L’idée est d’aller vers des communes qui n’ont pas forcément d’accès aux grandes salles de cinéma. »

    Pour les premières soirées de cette 13e édition, du 24 au 29 août, le festival investira les places publiques de quatre communes du territoire où seront projetés, à 21h, « des films coups de cœur » adaptés à un public familial : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, de Ken Scott (24 août, Martignargues), Vingt Dieux, de Louise Courvoisier (25 août, Branoux-les-Taillades), Partir un jour, d’Amélie Bonnin (25 août, Lézan) et Sur un fil, de Reda Kateb (26 août, Mons). Chaque projection, gratuite, est enrichie d’animations artistiques, musicales et précédée d’un court-métrage d’animation.

    En marge de cette itinérance territoriale, un préambule exceptionnel sera proposé dès le vendredi 21 août à la Bambouseraie en Cévennes, à Générargues. Dans le cadre du 170e anniversaire du jardin botanique, le public pourra assister à la projection en plein air du film Touchées, réalisé par la Gardoise Alexandra Lamy, en présence de la comédienne et réalisatrice. Ce long-métrage, en partie tourné à Anduze et dans les environs, raconte le parcours de trois femmes qui se reconstruisent à travers un atelier de thérapie par l’escrime après avoir été victimes de violences (séance gratuite, sur réservation).

    Le dernier temps fort se déroulera au Cineplanet d’Alès les 28 et 29 août, avec la projection, en avant-première, de cinq films* remarqués lors du dernier festival de Cannes : Quelques mots d’amour (28 août, 18h), « une comédie dramatique juste, tendre et lumineuse sur la pudeur des sentiments familiaux » ; L’Espèce explosive (28 août, 21h), « un thriller rural halluciné entre polar et burlesque » ; Le Corset (29 août, 14h, à partir de 7 ans), « une chronique rurale bouleversante et épurée » ; Garance (29 août, 18h), « le portrait foudroyant, humain et réparateur d’une jeune actrice trentenaire en prise avec ses démons et la dépendance » ; et La Bola Negra (29 août, 21h), « le choc esthétique et queer de la rentrée », récompensé par le prix de la mise en scène (ex æquo). Les plus jeunes ne seront pas oubliés, avec deux séances familiales programmées le 25 août autour d’un programme de courts-métrages Le Rat scélérat (10h, à partir de 3 ans) et du film d’animation Les Bad Guys (14h, à partir de 6 ans).

    * 7 euros. Moins de 14 ans : 6 euros.

  • [C’est l’été] À Marseille, Saint-André se jette à l’eau

    [C’est l’été] À Marseille, Saint-André se jette à l’eau

    Avec ses 27 000 documents pour adultes et enfants elle offre une riche programmation culturelle et des animations variées. Trois dates à retenir pour finir l’été en fraîcheur, des matinées animées par les bibliothécaires à partir de 10h : « Jeux d’eau et ateliers créatifs » pour les 2-4 ans, vendredi 21 août. « Tous à l’eau » pour les 0-3 ans mardi 25 août. Et « Décore tons sac ou ta trousse » pour les 6-10 ans vendredi 28 août. Sur inscription au : 04.13.94.82.00.

    Adresse : 6 boulevard Salducci, 13016.

  • [C’est l’été] Concours de boules à Ribeyret

    [C’est l’été] Concours de boules à Ribeyret

    La compétition se joue en doublette. Il y a un snack et une buvette sur place. Les inscriptions se font à 18h30 et le tirage des parties est à 19h.

    G.C.

    L’inscription est à 10 euros par équipe.

  • [C’est l’été] Nom de code : « Plan Neige » aux Orres

    [C’est l’été] Nom de code : « Plan Neige » aux Orres

    « Grenouillère », « station ex nihilo », « téléporté », des indices aussi maigres qu’étranges… Quel est donc ce grand projet mené par l’État français dans les années 1970 ? En famille, les sens en éveil, menez l’enquête à la recherche des secrets des villages, accessible dès 7 ans.

    De 10h à 12h. 6 euros.
    Infos et résa
     : 04.92.43.77.43

  • [C’est l’été] Visite guidée de La Roque-d’Anthéron

    [C’est l’été] Visite guidée de La Roque-d’Anthéron

    Bercé par ses canaux et étroitement lié à l’eau, laissez-vous surprendre par les mystères de ce village, au fil de ses ruelles au charme provençal. Votre visite se poursuivra jusqu’au Parc du château de Florans, écrin naturel préservé d’une grande richesse, où le village révèle un autre visage, entre patrimoine, nature et art de vivre au départ de l’office de tourisme.

    Jeudi 6 août de 9h30 à 11h.

    8 euros.

  • Deux aspirantes cités de caractère dans les Hautes-Alpes

    Deux aspirantes cités de caractère dans les Hautes-Alpes

    L’une est au pied d’un rocher, l’autre nichée sur une colline. Orpierre et Rosans, communes de 316 et 511 habitants, préparent toutes deux une candidature au label « Petites Cités de Caractère », distinction qui valorise les communes engagées dans la préservation et la mise en valeur de leur patrimoine, avec l’objectif d’obtenir l’homologation au printemps 2027.

    Jeudi 23 juillet, une première réunion à Rosans a permis d’entamer les démarches, en présence de Laurent Mazurier, directeur de l’Association nationale des Petites Cités de Caractère. « La marque ne récompense pas uniquement un patrimoine remarquable ; elle distingue aussi une volonté collective de le préserver, de le mettre en valeur et d’en faire un moteur de développement durable », a-t-il rappelé. La réunion s’est poursuivie par la visite des centres anciens de Rosans et d’Orpierre, avant un déplacement à Serres, première commune haut-alpine à avoir obtenu le label en 2019 avec Garde-Colombe.

    Orpierre la grimpeuse, Rosans la médiévale

    Les critères d’obtention reposent sur une charte nationale exigeante, qui évalue aussi bien la qualité du patrimoine que les politiques publiques pour le préserver et le faire vivre : restauration du bâti, aménagement des espaces publics, animation des centres-bourgs, etc. Les deux villages sont des étapes incontournables des Baronnies provençales avec des atouts à mettre en avant. Orpierre est notamment renommée pour ses sites d’escalade et Rosans pour son architecture médiévale préservée.