Tag: soins

  • [Entretien] Patrick Bourdillon, CGT : « Avec l’ambulatoire, la prise en charge échoit aux familles »

    [Entretien] Patrick Bourdillon, CGT : « Avec l’ambulatoire, la prise en charge échoit aux familles »

    La Marseillaise : La maternité d’Apt a fermé en 2016, celle de la clinique Urbain V à Avignon en 2024. Quelles conséquences ont pu avoir ces fermetures ?

    Patrick Bourdillon : La baisse de la natalité considérable dans notre département a fait que l’absorption de l’activité d’Urbain V n’a pas eu pour conséquence une explosion des naissances sur le centre hospitalier d’Avignon. Mais la fermeture de l’hôpital d’Apt a amené beaucoup plus de naissances à Cavaillon, d’autant plus que la distance est importante depuis Apt. Et il y avait eu avant les fermetures à Vaison-la-Romaine et Pertuis. Si les chiffres de difficultés dans la naissance n’ont pas forcément augmenté, leur pourcentage par rapport au nombre de femmes qui accouchent lui augmente. On s’aperçoit surtout que c’est le nombre de professionnels en capacité de prendre en charge l’enfant, et la durée notamment de l’hospitalisation en post-partum, qui vont compter.

    Le rapport de l’Igas pointe le manque de places en réanimation en néonatalogie dans la région, quels constats faites-vous ?

    P.B. : Sur un centre hospitalier de la taille de celui d’Avignon, le service de néonatalogie n’est pas suffisant puisque c’est une maternité de niveau 2, donc nous n’avons pas de réanimation en pédiatrie. La plus proche est à Marseille, à pratiquement une heure de trajet. Un bébé en difficulté à Orange aura donc moins de chances qu’un bébé à la Timone. Mais les difficultés sur la réanimation existent aussi pour les adultes.

    Quelles sont les conditions de travail en néonatalogie ?

    P.B. : Elles sont plutôt bonnes dans la mesure où il y a un encadrement suffisant, même si parfois il y a des nécessités plus fortes. La néonatalogie est relativement préservée, mais nous ne sommes pas capables de gérer si beaucoup d’enfants ont des nécessités de soins, essentiellement pour les enfants prématurés ou pour ceux qui ont des complexités métaboliques ou des problématiques d’organes.

    Le travail de prévention est-il suffisant ?

    P.B. : Quand on voit les suppressions de subventions au Planning familial, on s’interroge… Ils ont dû faire appel à des dons en urgence ! D’autres préventions relèvent de la médecine de ville, mais le nombre de médecins est de moins en moins important. Cela a des conséquences, avant la naissance mais aussi après la grossesse. Il y a beaucoup d’arrivées aux urgences pédiatriques de jeunes mamans totalement perdues. L’ancien programme d’accompagnement du retour à domicile encourageait les jeunes mamans à rentrer le lendemain de l’accouchement, on a voulu faire de l’ambulatoire avec pour limite une prise en charge de l’individu qui échoit aux familles, et pas aux professionnels de santé. Alors il y a des incompréhensions sur la perception des symptômes de l’enfant, alors qu’il est de plus en plus compliqué de trouver des médecins, ne parlons même pas des pédiatres, pour voir si l’enfant est en danger ou pas. Le quadrillage médical ne se joue pas seulement sur les hôpitaux et maternités.

  • À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    La future galerie des oiseaux du Museum d’histoire naturelle de Nîmes, située au premier étage du bâtiment du 13 boulevard Amiral Courbet, n’aura jamais aussi bien porté son nom ! Du 22 juillet au 31 août, grâce à une convention entre la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et la Ville de Nîmes, un refuge temporaire pour martinets noirs a en effet été installé dans cet espace de 103m².

    Avec les fortes chaleurs, les jeunes martinets qui grandissent sous des tuiles ou dans des cavités fortement exposées souffrent de la chaleur. Les jeunes vont alors chercher désespérément un peu de fraîcheur à l’entrée du nid au risque de tomber au sol alors qu’ils ne sont pas encore prêts à voler et de se mettre en danger. « Chaque été, de nombreux jeunes martinets tombent prématurément de leur nid, entraînant une augmentation importante des besoins de prise en charge », confirme la Ville dans un communiqué.

    Afin de répondre à cette situation et face à la saturation des centres de soins de la faune sauvage, un point-relais spécifique a donc été créé, accueillant les opérations de nourrissage et de soins destinées aux martinets noirs ne nécessitant qu’une prise en charge légère avant d’être relâchés dans leur milieu naturel.

    « Les canicules successives rappellent combien la biodiversité est aujourd’hui fragilisée. Les martinets, oiseaux emblématiques de nos villes, sont particulièrement touchés. En soutenant la création de ce point relais, la Ville de Nîmes agit concrètement pour la protection de la faune sauvage et affirme sa volonté de mieux prendre en compte la place de l’animal dans la ville », indique Jullien Pacioni, élu délégué à l’innovation sociale et écologique, à la place de l’animal dans la ville et à l’implication citoyenne.

    * En cas de découverte d’un martinet noir au sol, les habitants sont invités à contacter le standard du Muséum d’histoire naturelle au 04.66.76.73.45,
    qui les orientera vers la prise
    en charge adaptée.

  • Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Sans avoir pris connaissance des détails du décret, le président du comité héraultais de la Ligue contre le cancer ne veut pas y croire. « Je ne pense pas que les malades du cancer seront touchés. C’est un effet d’annonce pour faire passer la pilule. Il y aura forcément des dérogations pour les affections de longue durée*. Sans quoi, cela signifie que nous sommes en banqueroute. Ce serait une remise en cause totale de notre système de protection sociale selon lequel la solidarité aide ceux qui en ont le plus besoin », estime le professeur Jean-Bernard Dubois.

    Et pourtant, en l’état actuel des annonces de Stéphanie Rist, il y a de quoi s’alarmer. Le 23 juillet, la ministre de la Santé a annoncé que le plafond des franchises médicales sera relevé de 100 à 200 euros annuels (toujours 1 euro par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par consultation médicale, examen radiologique ou analyse, 4 euros par transport sanitaire). Le lendemain, elle enfonçait le clou pour l’Assurance maladie en promettant une baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et autres médicaments jugés « moins efficaces ». Le tout dans une logique comptable d’économies de bouts de chandelle (1,5 à 1,7 milliard d’euros pour les déremboursements) afin soi-disant de « lutter contre les abus ».

    Inflation des tarifs des complémentaires santé ?

    Une logique inacceptable selon les associations car elle revient à faire payer davantage les malades. « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance-maladie », a tout de suite dénoncé France assos santé. « Il vaudrait mieux lutter contre les fraudeurs plutôt que punir tout le monde », regrette Gilles Loison.

    Si on sait déjà que 18 millions de Français ne seront pas concernés (mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), femmes enceintes), le secrétaire héraultais du Secours populaire s’inquiète des répercussions chez les plus fragiles. « Nous recevons des publics qui ne sont pas en capacité de se payer une mutuelle et qui parfois, faute de moyens, renoncent à des soins dentaires ou sur des lunettes alors qu’ils sont la porte d’entrée de la santé. »

    De son côté, Que choisir Ensemble craint que les complémentaires santé qui ont déjà augmenté leurs tarifs de 25% en 3 ans (selon une étude de cette association de consommateurs), ne répercutent encore la mesure sur ses tarifs. « Ce sera pour elles un prétexte », prévient Claude Gaubert. Selon le responsable communication montpelliérain de l’asso qui fêtera ses 50 ans en septembre, aucun patient n’a à gagner à s’enfermer dans une logique où le privé prend une part de plus en plus importante des soins. « Quand vous donnez 100 euros à la Sécu, il vous en revient 95. Et seulement 80 quand c’est une complémentaire santé qui doit rémunérer ses actionnaires. » Une logique aussi fustigée par Gilles Loison au Secours populaire. « On va vers des soins à deux vitesses avec une sorte de système à l’américaine. Ils veulent la mort du système de Sécu d’après guerre. »

    * Cancers, diabétiques, AVC, maladies psychiatriques, neurodégénératives, insuffisances cardiaques, rénales…

  • La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    C’est la deuxième intervention au CHU de Montpellier pour la journaliste de Radio Clapas Laure Méravilles, qui s’est prise de passion pour le milieu hospitalier. « J’ai débuté en pédiatrie », explique celle qui a d’abord coordonné le projet sonore Portraits de doudous. Mêlant radio et photo, il donnait la parole aux enfants malades et à leurs doudous à travers une exposition et des podcasts. « Au moment du montage, je me suis questionnée sur ce que je devais faire des enregistrements de ceux qui n’étaient plus là. Je suis allée poser la question au service de soins palliatifs et c’est comme ça que s’est faite la rencontre », raconte-t-elle.

    Laure Meravilles s’est formée à la faculté de Médecine de Nîmes pour appréhender la relation avec les patients. « J’ai eu un coup de foudre pour la démarche et j’ai voulu décliner ce projet sonore et artistique chez les adultes », commente-t-elle. Inspirée par le récent modèle de biographie hospitalière, cette forme de thérapie où le professionnel et le patient construisent ensemble une biographie reliée remise à la famille après le décès, elle invente « l’audiographie » hospitalière. Durant plusieurs rendez-vous, Laure propose ainsi au patient de se livrer à propos d’un bijou qui lui appartient et d’évoquer un souvenir. Elle travaille ensuite avec Christelle Labrande pour construire le support photo de l’enregistrement qui sera remis à la famille du patient. « La voix enregistrée peut survivre à celui ou celle qui l’a portée », remarque Laure, qui veut faire de la voix radiophonique un lien entre le disparu et son entourage. « C’est une parole authentique, consentie et préparée par le patient lui-même. »

    Sylvie Galan, cadre de santé en oncologie à l’hôpital Saint-Éloi, a vu évoluer le projet. Très optimiste, elle le désigne comme un renforcement des soins de support, ces méthodes destinées à permettre une meilleure acceptation et prise en charge du patient et de sa pathologie. « C’est une thérapie, c’est un plus qui s’inscrit dans la globalité des soins proposés », affirme-t-elle. « C’est bénéfique pour les patients de parler à quelqu’un qui n’est pas du milieu médical, une relation de confiance se construit. Ils se sentent écoutés et valorisés », précise la cadre de santé.

    Humaniser les relations hospitalières

    Ce dispositif fait partie d’un large panel de soins narratifs proposés au CHU. Ces soins visent à placer le récit du patient et son écoute attentive au centre de la relation médicale, pour construire un lien plus humain et profondément empathique. « À mesure que le projet grandit, on élargit les sujets, les souvenirs à raconter et la conversation déborde », avoue Laure. Cette approche sur-mesure et très humaine est appréciée par les patients. « Je suis suffisamment à l’aise pour donner un bout de moi », confie Alexandra, patiente en oncologie. « Il y a le côté agréable de faire des rencontres et le côté agréable de se remémorer de jolis souvenirs » ajoute-t-elle. Lorsque Laure lui apporte son objet finalisé, elle est émue : elle l’offrira à sa fille.

    Le projet traduit l’alliance thérapeutique tissée entre les malades et les soignants dans le milieu hospitalier. C’est le cas de Jean-Luc, greffé du cœur en 2013 et aujourd’hui suivi en oncologie. Venu enregistrer sa photo sonore dans le studio de radio Clapas, il insiste sur sa reconnaissance envers le personnel qui a remplacé son cœur par un autre cette nuit du 31 décembre : « Je leur apporte un petit cadeau chaque année », assure-t-il. Jean-Luc est aujourd’hui engagé dans plusieurs associations et intervient dans les établissements scolaires pour parler de son expérience avec les professeurs des matières scientifiques. Il vient raconter ses tatouages et sa vie de greffé au micro : motard aguerri au look de rockeur, il porte une multitude de bagues sur lesquelles Laure le questionne. Cet enregistrement, il le fera pour raconter comment il a décidé de continuer à vivre, en explorant le monde sur sa moto.

  • Aux urgences, des hommes et femmes en première ligne

    Aux urgences, des hommes et femmes en première ligne

    L’une des blouses blanches qualifiera le lieu de véritable « fourmilière ». Même le temps d’une après-midi d’apparence calme. Aux urgences du Centre hospitalier d’Aix-en-Provence Pertuis, ce sont en moyenne « cent, deux cents passages par jour » qui sont enregistrés, lorsque le flux se veut plus ou moins habituel. En coulisse de ces passages aux urgences, le personnel évoque adaptation constante, prise en charge d’urgences vitales, bobologie, humeurs variées des patients et des familles… « On a un personnel ici habitué à s’adapter en permanence, quelle que soit la situation, comparé à d’autres services de soins, c’est facilitant. C’est des personnels engagés, on n’a pas de difficulté à recruter ici sur Aix. (…) Généralement, les professionnels restent ici », pose d’entrée Nicole Blanc-Hautain, cadre de santé aux urgences. En poste depuis 13 ans sur Aix, elle est en charge de l’encadrement des équipes. « À la louche », de jour comme de nuit, 9 infirmiers, 6 aides soignants, un brancardier dont l’effectif peut être augmenté la nuit, se relaient pour faire tourner un service qui ne dort jamais. « Il n’y a pas de saisonnalité au niveau de l’accueil des urgences. Le seul changement qu’on a, ce sont plus de patients qui arrivent sur la période de nuit ou sur la permanence des soins. Mais on se retrouve un peu plus en difficulté pour hospitaliser les patients. Comme vous l’entendez de partout, il y a des problèmes d’hospitalisation par manque de lit. Alors on négocie, on s’organise pour garder les patients dans les urgences dans des conditions plus acceptables en termes de confort. » Pour répondre au flux du bassin aixois, des travaux ont d’ailleurs été lancés au sein des urgences. « Tout est en travaux, les conditions pas optimales pour l’entrée des urgences et le stress que ça engendre quand on arrive, pour les patients mais aussi pour les familles. Mais ce sera mieux après », pointe Cécile Mintoff, médiatrice. Elle est le « premier visage » que l’on voit en arrivant aux urgences. « On est des caméléons, parce que tout dépend de comment arrivent les personnes. L’écoute est primordiale », déroule la médiatrice. Ce, malgré les différents états, parfois agressifs, des patients et familles. « Mais les urgences, ce sont le reflet de la société. Il y a de tout. Il y a de tout et il faut qu’on soit alignés sur tout. L’hôpital public, sa priorité, c’est de garder nos valeurs, que tout le monde ait droit aux soins en même temps et de la même façon. » Un peu plus loin dans le parcours, Vincent, infirmier d’accueil (IAO). « On fait tout pour éviter l’embolie du service, ce n’est pas évident car il n’y a pas que les moyens humains. On est dans de vieux locaux qui n’ont pas grandi avec la population du bassin d’Aix, que reçoit l’hôpital. Il y a des jours de flux tendu. On aura beau être 10 infirmiers, le service sera bouché (…). Certains jours, l’entonnoir se remplit et la porte de sortie est toujours plus petite que la porte d’entrée », contextualise l’infirmier. Si cet après-midi de mi-juillet, le flux semble calme, dans les autres services des urgences – pédiatriques, psychiatriques – le quotidien ne connaît pourtant pas de répit, rythmé d’arrivées, du bruit des machines et des constantes en évaluation, des allers-retours des brancards et des interpellations de patients dans les couloirs. Au SAUV (service d’accueil des urgences vitales), la plupart des box sont occupés. Un cardiologue vient d’arriver dans le service. « Il y a un patient qui fait un gros infarctus », a-t-il le temps de préciser. De retour au poste médical, plusieurs soignants acceptent de parler de leur vision du métier. « Oui, les gens se plaignent beaucoup de l’attente. Mais il faut savoir que ce qu’on fait en une journée aux urgences – analyses, imagerie – on le fait en trois jours en dehors », explique un infirmier. Symptôme d’une « génération Uber Eats, estime Marceau Caradec, docteur aux urgences. Mais on travaille par choix aux urgences. » Le docteur Elodie Canault rappelle pourtant, « on ne s’est pas arrêtés en 2020 [au moment du Covid]. Les problématiques on a continué à les avoir. »

  • Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    « Ce n’est pas une question de statut, de grade ou de métier, si on se mobilise pas tous ensemble jusqu’au bout, le bateau coule. » Ce brancardier de l’hôpital de Martigues a donné le ton de l’assemblée générale du personnel, bondée, organisée à l’initiative de la CGT et rejointe par la CFDT.

    Au cœur des préoccupations, les mesures sociales présentées par la direction aux syndicats le mois dernier et dont certaines doivent s’appliquer dès septembre. Le plus gros point d’achoppement est celui de la pause méridienne, dont le projet est de ne plus la décompter du temps de travail. « C’est impensable pour nous alors que ça fait partie de la prise en charge de prendre le repas avec les patients », s’insurge cette soignante en psychiatrie. Inquiétude aussi au bloc opératoire. « On mange sur site, si on devait sortir manger à tour de rôle, c’est juste pas possible », pour cette infirmière au bloc opératoire, notamment en raison des procédures très encadrées de préparation sanitaire.

    Autre mesure, la fin des gardes de 24h dans certains services. Cette infirmière anesthésiste au bloc opératoire indique que « ce roulement convient très bien à l’équipe depuis 20 ans ». « La direction veut couper le service en deux fois douze heures, ce qui voudrait dire travailler plus souvent et des roulements de nuit imposés. Le confort de vie personnel est menacé sans salaire ni repos en plus », poursuit-elle.

    Une autre infirmière du bloc complète : « On devra faire des astreintes de nuit mais au final on devra des heures à l’établissement car on n’aura pas assez travaillé. Avec parfois 47 passages au bloc, on travaille déjà jusqu’à des heures pas possibles. » « On a besoin de repos ! Au bloc on est habillé pendant 4-5h et on doit être concentré sur le robot chirurgical. Sinon, c’est un danger direct pour le patient », insiste-t-elle.

    Un laboratoire

    pour les autres hôpitaux ?

    La mobilisation a déjà commencé. « On a commencé une opération escargot au bloc, on a prévenu les chirurgiens qu’on ne ferait que 10 opérations, pas 47. Ils nous soutiennent, donc ils se plaindront à la direction », détaille cette autre infirmière de salle de réveil. « Notre espoir est de les emmener avec nous » reprend une autre infirmière du bloc, « Les opérations c’est ce qui ramène le plus d’argent à l’hôpital, c’est là qu’il faut taper. On met pas en danger les patients. » De la même manière, les agents du service facturation, sous « grosse pression de la direction pour faire rentrer l’argent » selon l’une d’entre elles, compte aussi se mettre en mode escargot et ne facturer que les consultations, non plus les hospitalisations. « C’est le seul moyen de pression qu’on a car on ne veut surtout pas toucher aux soins », justifie-t-elle.

    En filigrane de la mobilisation au CH de Martigues, les agents pensent aussi global. « À Arles et Aubagne, ils sont aussi en plein conflit social, face à des mesures faites à partir de Martigues », analyse à l’assemblée cette syndiquée CGT. La grève d’une heure jeudi 16 juillet prochain a été votée à l’unanimité par les participants. « Nous allons interpeller les élus du territoire et la population sur les marchés », précise Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital.

    Contactée, la direction du CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Un carreau du cœur pour Handident

    Un carreau du cœur pour Handident

    Créée le 11 mai 2005, sa mission est de faciliter l’accès aux soins dentaires pour les personnes handicapées ainsi que les personnes âgées dépendantes. Dotée de moyens variés afin de répondre aux difficultés des patients, l’association met l’accent sur une prise en charge complète. D’après Christine Khoudry, Directrice médicale d’Handident Paca, ce n’est pas le cas de chaque branche. « Chaque Handident est indépendant. On dépend d’une association qui s’appelle SOSS (Santé Orale et Soins Spécifiques) mais on est vraiment indépendant. » Une particularité démarque l’« entité » en charge de la région du sud-est de la France, « on est les seuls au niveau national répondant à la demande de A à Z. C’est-à-dire on prend en charge le patient pour faire le diagnostic, le plan de traitement et on réalise les soins. »

    Une méthode particulière

    Pour agir, plusieurs services sont en place comme le DERAC (Dispositif Expert Régional d’Appui à la Coordination) recevant les appels des patients et permettant leur orientation vers un chirurgien-dentiste. Sur le terrain, des cabinets dentaires mobiles, ainsi que des interventions au sein d’EHPAD, sont réalisés afin d’« aller vers les patients ». « Tout est mobile », nous explique Christine Khoudry. « On a des véhicules pour chaque secteur, dédiés aux soins. Il y a tout dedans. On installe et désinstalle à chaque fois à l’aide du technicien sur place de l’établissement, en présence de l’assistante dentaire et du chauffeur du véhicule. »

    Pour cette unité mobile, un bus, au départ de cette initiative mobile en 2010, ainsi que trois autres véhicules sont répartis sur l’ensemble du territoire afin de répondre aux exigences. En développement avec une antenne fixe ouverte en mars et 3 630 personnes soignées en 2025, Handident Paca pourra compter sur la visibilité du Mondial afin de partager le savoir-faire de son service au grand public.

  • Les aides à domicile héraultaises toujours mobilisées

    Les aides à domicile héraultaises toujours mobilisées

    Nous ne serons plus invisibles. Nous ne serons plus silencieux. Nous ne serons plus les oubliés du social. Nous sommes les aides à domicile, nous sommes essentiels et nous ne lâcherons rien. » Céline Roig est en colère.

    Comme une soixantaine de personnes, cette aide à domicile de Présence Verte Services était devant les grilles du
    conseil départemental, à Montpellier, ce 23 juin afin de dénoncer les conditions de travail fortement dégradées de la profession. Un nouveau rassemblement après une première mobilisation, fin avril. Car les mesures gouvernementales
    -entrées en vigueur le 1er juin- n’ont guère convaincu les aides à domicile. « Les coefficients de la grille de rémunération ont été un peu revalorisés, ce qui représente 40 euros en net pour un temps plein. Mais 80% d’entre nous sont à temps partiel, ce qui fait que l’augmentation est de 20 euros en moyenne », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue.

    À cela s’ajoute une hausse de l’indemnité kilométrique, passant de 38 à 40 centimes. « Deux centimes pour parcourir plus de 10 km à chaque déplacement, parfois bien davantage. Deux centimes pour tenir debout un métier essentiel », se désole Céline Roig, également déléguée CGT de Présence Verte Services. Là où le bât blesse, c’est que ces mesures semblent être restées de simples paroles. « Qui va financer ? C’est au gouvernement de le faire, c’est lui qui a pris la décision », estime Christelle Fanjaud, craignant que ce soit aux associations de prendre sur leurs propres fonds afin de financer la mesure. Une délégation a d’ailleurs été reçue par le Département, qui partage le même constat. « L’État décide mais n’accompagne pas financièrement, on va faire remonter cette question de moyens. On ne les lâchera pas », soutient Patricia Weber, vice-présidente déléguée à la solidarité, qui annonce également des réunions tripartites avec les aides à domicile et employeurs.

    Des mesures prises pour répondre à l’urgence mais qui ne convainquent pas les grévistes, lesquelles réclament « une valeur du point à 8 euros, une indemnité à 60 centimes et un vrai parcours de formation. » D’autant que ça ne règle en rien les problèmes de fond que connaissent les aides à domicile, notamment une perte de sens du métier. À l’instar de Béatrice, administratrice dans une entreprise d’aides à domicile : « Il y a une pénibilité morale. Soutenir des déprimés à longueur de journée est fatigant. Je me fais insulter au téléphone au moins cinq fois par jour par des gens qui ne veulent pas d’aides à domicile blondes ou grosses ou des hommes, etc. » Sans parler des conditions de travail pouvant changer du jour au lendemain, rendant l’organisation de leur vie privée plus difficile. De fait, certains jettent l’éponge, le turnover étant important au sein des structures. Il est donc primordial de rendre plus attractif le métier. « Moins de salariés, moins d’associations et d’activités. Et pourtant les besoins augmentent. Les seniors sont de plus en plus nombreux et de plus en plus dépendants », fait valoir Céline Roig.

  • Première pierre posée pour l’unité adolescents d’EPSY Var

    Première pierre posée pour l’unité adolescents d’EPSY Var

    Poser la première pierre… d’un bâtiment déjà construit. L’expression était peut-être mal choisie, mais qu’importe : vendredi, élus et membres de la direction de l’Établissement psychiatrique du Var (EPSY Var) ont inauguré les travaux de la future unité adolescents sur le site de Pierrefeu-du-Var, au cœur d’une bâtisse désaffectée qui va être entièrement rénovée. « C’est le symbole de notre projet d’établissement 2026-2030. Un projet ambitieux, entièrement tourné vers la couverture des besoins de santé », salue Nicolas Funel, directeur d’EPSY Var.

    Cette nouvelle unité va voir le jour grâce à un soutien de 2 millions d’euros de l’Agence Régionale de Santé (ARS), qui va permettre d’accueillir 14 adolescents de 12 à 17 ans (4 lits d’hospitalisation intensive en séjours de 2 semaines, 4 lits d’hospitalisation de semaine en séjours de 2 mois, et 6 places en hôpital de jour) d’ici avril 2027. « Cela s’est presque imposé à nous, dans un contexte de difficultés pour les publics adolescents, sur des situations de plus en plus lourdes, de plus en plus nombreuses, avec des réponses insuffisantes », appuie Sébastien Monié, directeur départemental de l’ARS PACA pour le Var, qui annonce que la psychiatrie adolescents sera l’une des priorités du projet territorial de santé mentale, « au niveau départemental et inter-départemental ».

    Les capacités de prise

    en charge regroupées

    « Depuis 2019, il y a eu une augmentation de 30% des tentatives de suicide médicamenteuse chez les adolescents de 12 à 18 ans », illustre Cécile Pinna, cheffe du pôle de pédopsychiatrie d’EPSY Var. Dans cette optique, la création de ce nouveau service « permettra des prises en charge adaptées pour les ados en crise, car pour l’instant on les accueille sur les unités de pédiatrie, qui ne le sont pas », précise Cécile Pinna.

    Et de regrouper les capacités. Car jusqu’ici, les adolescents dépendant du secteur d’EPSY Var – qui s’étale du Verdon jusqu’à Hyères du nord au sud, et du Cannet-des-Maures à Belgentier d’est en ouest -, étaient régulièrement envoyés sur l’unité externe de la Villa Nova, à la Garde (qui s’occupe de l’hospitalisation en semaine et sera intégrée au site de Pierrefeu) et au Centre d’évaluation et d’orientation pour adolescents (CEOA) du Centre hospitalier de Toulon – la Seyne (CHITS). « Ce n’était pas évident parce qu’on n’avait pas la main sur ces lits. Ce n’était pas notre pôle, pas notre équipe, et ils avaient aussi leurs propres besoins. On va pouvoir continuer les prises en charge de semaine comme à la Villa Nova, mais de manière plus sécurisée parce que ce sera à l’intérieur de l’hôpital », valide Cécile Pinna.

  • L’essor de l’hospitalisation à domicile au cœur des débats à Marseille

    L’essor de l’hospitalisation à domicile au cœur des débats à Marseille

    Professionnels de santé, responsables d’établissements et représentants institutionnels se retrouvent au Parc Chanot, les jeudi 18 et vendredi 19 juin à Marseille, pour échanger sur les enjeux de l’hospitalisation à domicile (HAD), à l’occasion des Universités d’été de la FNEHAD.

    15 470 patients l’an passé

    L’HAD est une hospitalisation à part entière permettant à des patients de recevoir, à leur domicile, des soins médicaux et paramédicaux complexes qui auraient autrement nécessité un séjour dans un établissement de santé. Chimiothérapies, soins palliatifs, pansements complexes, assistance respiratoire ou encore rééducation peuvent ainsi être réalisés sur le lieu de vie du patient, grâce à une coordination entre médecins, infirmiers et autres professionnels de santé.

    La région Sud figure parmi les territoires où cette activité progresse le plus rapidement. En 2025, les 22 établissements d’hospitalisation à domicile de la région ont réalisé 740 016 journées d’hospitalisation, soit une hausse de 9,2% en un an, au bénéfice de 15 470 patients (+14,7%).

    Porté par le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et la nécessité de désengorger les hôpitaux, ce développement s’accompagne de besoins croissants en personnel.

    Les structures d’HAD emploient notamment des infirmiers, aides-soignants, médecins coordonnateurs, cadres de santé, psychologues, assistants sociaux et logisticiens. Elles travaillent également avec de nombreux professionnels libéraux.