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  • [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    [Exclusif] Le plan d’économies de l’hôpital de Manosque bute sur la colère de médecins

    Alors que le plan d’efficience devait être présenté vendredi dernier en conseil de surveillance, il a été reporté au 4 décembre, face à l’opposition de certains médecins qui disent ne plus faire « confiance » à la direction pour mettre en place ce plan d’économies et de « réductions de postes ».

    « Cette année m’a appris à ne pas avoir confiance. On s’est pris des coups de couteau dans le dos. On ne peut pas construire ensemble, c’est un conflit », avance Vincent Roumieu, chef du service médecine interne et infectieuse. « C’est très vertical, c’est un fonctionnement clairement autoritaire. On est prêts à réfléchir, à voir comment on peut faire des économies sur nos pratiques médicales, changer certaines habitudes. Mais eux, leur seule logique, c’est supprimer des postes, des soignants », affirme le médecin.

    La décision du report aurait été prise le 21 septembre, lors de la commission médicale d’établissement, pendant laquelle des médecins auraient exprimé leur opposition. « Quand ils nous ont présenté ça, ça a gueulé, je me suis énervé », se rappelle Vincent Roumieu. « On a peur que, quand ils présentent le plan, toutes les suppressions de postes aient déjà eu lieu », craignent le chef de service et la CGT, alors que des départs à la retraite ne sont déjà pas remplacés et des personnes en CDD depuis des années non renouvelées.

    « Un chantage »

    Vincent Roumieu dénonce un « chantage » de la direction, qui aurait demandé aux médecins insatisfaits de faire leurs propres contre-propositions d’économies, selon lui et la CGT. « On doit s’occuper de leur boulot. Ils nous ont dit de nous débrouiller pour proposer autre chose. Le plan a été reporté pour laisser les médecins faire leurs contre-propositions », explique le soignant. Ils auraient jusqu’au 1er novembre pour le faire, selon la CGT.

    « Dans mon service, on est tous d’accord sur le fait que c’est délirant de faire ça », avance le chef de service. « Ils ont prévu d’enlever du personnel exactement dans les deux seuls services rentables, qui rapportent plus d’argent que ce qu’ils en coûtent, le mien et celui de médecine polyvalente », déplore-t-il.

    « De toute façon, au conseil de surveillance, il n’y a pas de vote, ce n’est qu’une information », précise Gilles Duffour, directeur du centre hospitalier, qui parle de « plan de redressement ». Il confirme que la présentation du plan a été reportée car les médecins opposés au projet « souhaitaient plus de temps pour proposer d’autres choses ». Questionné au sujet des « réductions » ou « suppressions » de postes, il refuse pour l’instant de s’exprimer à ce sujet, préférant attendre la présentation officielle du plan.

    Le plan est reporté à décembre « parce que les chefs de service et les syndicats doivent continuer à se mettre d’accord et qu’il y a des contre-propositions qui ont été faites qui méritent d’être étudiées », abonde le président du conseil de surveillance, Camille Galtier. « Il y a 75% de l’effort sur la hausse d’activité et 25% sur les économies », avance le maire de Manosque (DVD). Interrogé sur la façon de faire des économies tout en augmentant l’activité, il renvoie vers le directeur de l’hôpital. Il votera dans tous les cas le plan, car « si on n’optimise pas tout ça, on ne pourra plus payer les salaires des employés ».

    « Chaque fois qu’il y a de la résistance, ils repoussent, affirme de son côté la CGT de l’hôpital. Les médecins ont râlé, et c’est pour ça qu’ils leur laissent un peu plus de temps, pour essayer de mieux faire passer la pilule. »

  • « Catastrophe » à l’hôpital de Digne, retour du train : le maire fait le point

    « Catastrophe » à l’hôpital de Digne, retour du train : le maire fait le point

    Le maire de Digne a organisé vendredi matin sa première conférence de presse de rentrée, pendant laquelle il a balayé toutes les problématiques touchant la ville préfecture, enclavée sans autoroute ni train, et dont le centre-ville est de plus en plus déserté. Il a tiré le bilan de ses premiers mois de mandat, évoquant ses promesses de campagne et les projets à venir.

    Julien Di Benedetto a notamment abordé « la situation financière catastrophique » de l’hôpital, essentiel dans ce département rural, très étendu et déserté par les médecins. Les conclusions du rapport réalisé par l’Anap (Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux) pour identifier de potentielles mesures d’économies et d’efficience lui ont été présentées en juillet, en tant que président du conseil de surveillance. Cela a été pour lui « un électrochoc ». « Quand on touche le fond, on ne peut que remonter », a lancé l’édile. « Le principal problème, c’est le fait que 54% des Dignois ne vont pas se faire soigner à l’hôpital de Digne », a-t-il estimé, notamment à cause du fait que « des spécialistes n’aient pas été remplacés, soient partis à la retraite, que des services ont été fermés. Donc, automatiquement, on pousse les gens à aller se faire soigner ailleurs ». L’ARS a fait appel « à une solidarité régionale unique, exceptionnelle, pour la première fois, auprès d’autres établissements de santé, pour mobiliser des médecins pour venir pratiquer à Digne et pallier les carences de certaines spécialités », ce qui permettrait aux habitants de ne plus avoir à se déplacer à Aix ou Gap pour se faire soigner.

    Le maire a néanmoins affirmé voir « des signes encourageants » et déclaré que « la pente est en train d’être doucement remontée », notamment avec le recrutement de nouveaux chirurgiens, même si « cela va être difficile, on part de très loin ». « On est en train d’inverser la tendance », a-t-il martelé. Selon lui, augmenter les actes est la clé pour sortir l’hôpital de son gouffre financier.

    Plan JO : Macron « étonné »

    que Digne soit exclue

    L’édile a évoqué un autre service public très important et inexistant à Digne : le train. Celui des Pignes, en travaux et interrompu depuis 2019 entre Saint-André-les-Alpes et la ville préfecture, devrait fonctionner à nouveau l’an prochain. La ligne SNCF est, elle, neutralisée depuis 1991, alors même que Digne n’est pas desservie par l’autoroute, se retrouvant ainsi complètement enclavée. « On a fait le constat que l’autoroute n’arrivera jamais à Digne, ce n’est plus dans l’air du temps, et le coche a été raté il y a 30 ans », a regretté Julien Di Benedetto. « Donc on a fait le choix de prendre position pour le train, et on va aller démarcher toutes les autres collectivités avec nous pour ce projet », a-t-il avancé.

    « J’ai interpellé l’État en premier, et j’ai eu la chance de pouvoir en parler au Président de la République, qui était très étonné de savoir que Digne n’était pas prévue dans le plan d’aménagement des JO 2030. Et c’est vrai, ce n’était pas la priorité, alors même qu’en parallèle, la région investit 150 millions d’euros sur le train des Pignes », a par ailleurs déploré l’édile. Digne sera ainsi connectée à Nice l’an prochain, et le Val de Durance bénéficiera des travaux sur la ligne Marseille – Briançon dans le cadre des JO 2030, mais « les 22 petits kilomètres entre les deux au cœur du département, non, ce n’était pas prévu », a regretté Julien Di Benedetto. « Nous, on refuse ce choix, on refuse cette fatalité, et on veut vraiment alerter tous les partenaires sur ce sujet, surtout dans un contexte où le prix du carburant atteint des sommets », a-t-il campé. « Digne est l’une des deux seules préfectures de France à ne pas avoir accès au réseau SNCF, alors que les voies existent », a rappelé le maire.

  • Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Renforcée par un accord historique avec le PCF et Place publique (PP), la liste d’Hussein Bourgi (PS) fera-t-elle mieux qu’en 2020 en faisant élire Julie Frêche, en seconde position ? C’est tout l’enjeu pour cette liste d’union de la gauche, qui semble favorite (en tête avec 561 voix en 2020) quand bien même cinq autres listes se revendiquent de gauche (lire ci-dessous). « C’est un accord national PS/PCF. En 2020, le PCF seul avait fait 84 voix. Ensemble, on aurait pu avoir deux élus », calcule le communiste Éric Bringuier, troisième de liste.

    Jeudi 24 septembre à Montpellier, le meeting de clôture en présence du maire Michaël Delafosse (PS), de la maire honoraire Hélène Mandroux et de l’ancien président du Département, André Vezinhet, a fait office de démonstration de force. Mais c’est surtout sur l’écoute et le travail de terrain que mise Hussein Bourgi. « On termine la campagne vendredi à Mauguio. Nous aurons visité autour de 250 communes de l’Hérault », précise le sénateur sortant.

    Avec ses colistiers Julie Frêche et Éric Bringuier qui représentent aussi bien la Métropole de Montpellier que le bassin de Thau, Hussein Bourgi s’est fixé quatre axes principaux. D’abord la défense des services publics qui désertent la ruralité à l’instar de la Poste qui vient de fermer à Aniane ou qui menace de le faire dans des villages du Biterrois. « On a besoin de remettre des emplois de postiers », insiste Éric Briguier. « L’accès à l’hôpital public devient de plus en plus compliqué quand on sort de Montpellier. On ne peut pas gérer un hôpital comme une entreprise privée. » En référence à la fermeture de la maternité de Ganges, le communiste ajoute : « Il est impensable qu’une femme enceinte fasse trois-quarts d’heure de route pour aller accoucher. » « Sans mobilisation des syndicats et de la population, il y a longtemps que l’Agence régionale de santé (ARS) aurait fermé le Service d’accueil et de permanence des soins (Caps) de Lodève », illustre à son tour Hussein Bourgi. Depuis son siège au conseil de surveillance des hôpitaux de Bédarieux, Lamalou et Lodève, l’élu PS défend « le maintien des postes et des amplitudes horaires ». Éric Brinquier conclut qu’il faut « repenser les maisons de santé et réformer l’ARS qui a une vision comptable de la santé ».

    La lutte contre le réchauffement climatique constitue la deuxième priorité de la liste. Interpellé par les agriculteurs dont les cultures souffrent de la sécheresse, Hussein Bourgi veut faciliter auprès de l’État les projets de retenues hivernales du Département de l’Hérault, même s’ils ne font pas l’unanimité. Il propose aussi de donner un statut aux eaux thermales de Balaruc, Avène et Lamalou pour leur réutilisation. « Des milliers de m3 d’eau se perdent qui pourraient servir à l’arrosage. »

    Créer des fonds étatiques

    Contre les pics de canicule, le sénateur PS propose un fonds étatique de 2 milliards d’euros pour aider les communes à réaliser des travaux dans les « écoles passoires thermiques ». Il évoque aussi le cas de la vie culturelle et associative dont les activités dans des salles inadaptées pourraient être mises en sommeil de mai à octobre avec un « risque d’isolement ».

    Avec sa casquette de cégétiste responsable des cheminots de Montpellier, Éric Bringuier, insiste sur le besoin de développer les transports ferroviaires moins polluants. « Un train c’est l’équivalent de 10 bus et c’est plus rapide. Il faut rouvrir des lignes ferroviaires », lance le candidat PCF à l’attention de l’État, unique actionnaire de la SNCF.

    Le troisième axe de campagne est consacré à l’adaptation au vieillissement. Partant d’une étude qui montre que la plupart des chutes des personnes âgées ont lieu à leur domicile, essentiellement dans la salle de bains et la cuisine, Hussein Bourgi demande à l’État la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour adapter les logements à la perte d’autonomie (douches à l’italienne, meubles télécommandables…). « Une personne âgée coûte moins cher à la société chez elle », argumente-t-il. Enfin, pour favoriser l’implantation de médecins dans les zones en tension (y compris les quartiers populaires), l’élu sortant propose une « exonération fiscale » limitée à un ou deux professionnels par commune pour « éviter les effets d’aubaine ». Une idée rejetée par les médecins libéraux. « Certains ont bénéficié de bourses d’études, ils peuvent rendre un peu à la société pendant trois ans », estime le parlementaire.

    Des renforts policiers

    Dernier leitmotiv : la lutte contre l’insécurité et particulièrement le narcotrafic. Co-auteur d’un rapport qui a abouti au vote de la loi Ripost, censée apporter des réponses aux infractions du quotidien, Hussein Bourgi connaît bien le sujet. Il réclame des effectifs de police nationale supplémentaires à Montpellier, Sète et Frontignan. « Il y a besoin de restaurer la tranquillité publique dans certains quartiers, comme l’Ile de Thau à Sète. » À Montpellier, il pense aussi à la sécurisation des transports en commun dont l’utilisation est croissante depuis l’ouverture de la 5e ligne de tramway. « La brigade des transports créée par Michaël Delafosse ne saurait remplacer la police nationale. » Il ajoute qu’il faudrait accroître les capacités d’accueil de gendarmes à Villeneuve-lès-Maguelone, Valras ou Capestang.

    Enfin, Hussein Bourgi se veut actif contre les violences faites aux femmes. Dans la ruralité notamment, il dit avoir repéré des « zones blanches ». « Il manque des dispositifs de mise à l’abri, d’accueil et d’hébergement des femmes victimes de violences. » Le sénateur estime qu’il serait judicieux de « mettre en réseau » l’ensemble des acteurs : hôpitaux, bailleurs, travailleurs sociaux pour améliorer la prise en charge et le suivi des victimes.

    LES AUTRES LISTE DE GAUCHE DANS L’HÉRAULT ET LE GARD

    AURÉLIEN MANENC (DVG)

    LISTE : Territoires d’Hérault unis et solidaires

    Maire de Lunas-les-Châteaux et vice-président de Grand Orb, Aurélien Manenc con- duit une liste divers gauche sur laquelle figure notam- ment Kléber Mesquida. Elle veut porter la voix des communes rurales de l’Hérault.

    CAROLE BERGERI (DVG)

    LISTE : Du terrain au Sénat

    Conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit (Gard) et ancienne n°2 de Denis Bouad en 2020, Carole Bergeri mène cette fois sa propre liste divers gauche. Elle revendique une candidature contruite sur le terrain, au contact des maires.

    JEAN-BAPTISTE THIBAULT (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Adjoint au maire du Vigan (Gard), J.-B. Thibaud conduit la liste autonome de LFI Gard. Il met en avant les moyens des communes, les services publics, l’accès aux soins, l’eau et l’écologie, mais il manque d’ancrage local.

    FLORENCE BRUTUS (PRG)

    LISTE : Pour l’Hérault, une voix libre, utile et engagée

    Vice-présidente de la Région Occitanie et membre du PRG, F. Brutus conduit une liste classée divers gauche. Déjà candidate en 2020.

    AGNÈS GIZARD-CARLIN (Les Écologistes)

    LISTE : Les Écologistes

    Après avoir conduit une liste écologiste aux municipales de Pézenas (Hérault), Agnès Gizard-Carlin mène la liste des Écologistes aux sénatoriales. Une candidature autonome qui entend placer les enjeux environnementaux et territoriaux au cœur du scrutin.

    ALEXIA LAFORGE (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Conseillère municipale à Castelnau-le-Lez, elle conduit la liste LFI de l’Hérault et défend l’autonomie financière des communes.

    AUDREY IMBERT (Divers)

    LISTE : Engagée pour l’Hérault

    Conseillère départementale du canton de Mèze, Audrey Imbert conduit une liste officiellement classée Divers, en marge des principales formations de gauche. Elle met en avant une candidature de terrain, avec des profils variés du territoire.

  • Un centre d’imagerie médicale pour la clinique de l’Étoile à Aix

    Un centre d’imagerie médicale pour la clinique de l’Étoile à Aix

    Proche de la bâtisse mère de la clinique de l’Étoile, de nouveaux locaux sont récemment sortis de terre. 530 mètres carrés de bâtiments préfabriqués abritent désormais un IRM, et un scanner. Le centre d’imagerie, qui accueille déjà les patients depuis cet été va « compléter l’offre de soins qu’on avait sur l’Étoile, et pour les patients ici, mais aussi pour les patients de l’extérieur », précise sœur Marie Foucault, médecin généraliste. Ces machines ? « La technologie au service de l’humain », conclut-elle. Et installées dans un lieu « imaginé en circuit et en consultation avec nos équipes », précise de son côté Hugues Lebel, directeur de l’établissement.

    Une maternité à l’origine

    À la fois association à but non lucratif et établissement de santé privé d’intérêt collectif, la clinique est une référence sur le territoire en termes de service mère-enfant. Celle-ci vient de fêter ses 50 ans et la naissance du 100 000e bébé. Historiquement née comme maternité, la clinique propose désormais une offre plus large d’accompagnement, allant de la périnatalité, au post-partum, en offrant aussi soins et prise en charge autour de la fertilité, la ménopause… Sans compter son pôle orthopédique pour enfant, son centre de rhumatologie, son travail de dépistage du cancer… « On s’intègre aussi dans toute la vision portée par L’agence régionale de santé (ARS) et les CPAM, qui se demandent comment l’on peut diminuer le coût de la santé, en améliorant le diagnostic, en évitant les reprises, en comprenant donc mieux ce qu’il se passe », contextualise Hughes Lebel. L’investissement massif dans ce nouveau matériel, pour l’établissement – avec une caution financière du Département et de la Ville d’Aix ont permis de financer ce projet entre 5 et 6 millions d’euros – est l’une des étapes de son plan Clinique 2030, qui va vers la multiplication de ses offres de soin, notamment dans les hospitalisations de jour qui se développent sur la clinique. « Les gens qui viennent à l’Étoile viennent de très loin », précise Hughes Lebel, qui estime que d’ici janvier 2027, 18 parcours devraient composer l’offre de l’Étoile.

  • Un pôle santé pour faire face à la désertification médicale à Lézan

    Un pôle santé pour faire face à la désertification médicale à Lézan

    À Lézan, la nouvelle plaque porte le nom du docteur Henri Deleuzon, médecin de campagne resté dans la mémoire du village. Un hommage qui sonne presque comme un rappel : dans les territoires ruraux, pouvoir consulter un généraliste près de chez soi n’a plus rien d’une évidence. Jeudi 10 septembre, plus de 200 habitants se sont réunis pour inaugurer le nouveau pôle de santé de la commune, ouvert depuis la fin de l’année 2025.

    Installé en plein cœur du village, à quelques mètres de la pharmacie, l’équipement doit assurer une offre de soins pour près de dix communes, soit un bassin d’environ 8 000 habitants. Deux médecins y exercent déjà, au sein d’un réseau comprenant également pharmacien, infirmières, kinésithérapeute, dentiste, podologue ou ambulancier. Mais la municipalité ne cache pas son objectif : en attirer d’autres. Car avec ses 81 médecins pour 100 000 habitants, le Gard est, derrière la Lozère, le département d’Occitanie à la plus faible densité médicale.

    Le droit d’être soigné

    Pensé depuis plusieurs années, le pôle représente 734 000 euros HT, dont 344 000 financés par la commune et 123 700 par le Département, aux côtés de l’État et d’Alès Agglomération. Un effort qui illustre le poids pris par les collectivités face aux déserts médicaux.

    « La santé ne peut pas être une variable d’ajustement », ont défendu les élus lors de l’inauguration. Une formule qui dépasse largement le cas lézanais. Si la santé demeure d’abord une compétence de l’État, intercommunalités, Département et Région multiplient les initiatives pour colmater les brèches. Le Département promet ainsi l’arrivée de 35 médecins juniors d’ici fin 2026 dans le cadre de son plan santé 2024-2027. Mais à Lézan, le défi reste entier : attirer durablement des praticiens pour que le droit à être soigné ne dépende pas de son adresse.

  • Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Offrir aux femmes des solutions de confort intime utilisables à la maison et en autonomie : tel est le principe de « Lumidou ». Cette innovation technologique vise à donner accès à la photobiomodulation, une technique de luminothérapie basée sur l’utilisation de la lumière rouge et proche infrarouge, qui incarne une alternative aux traitements hormonaux pour lutter contre des maux tels que les sécheresses vaginales, le vaginisme (douleurs vaginales dues à des contractions du plancher pelvien), la dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels), les problèmes de cicatrisation… Ceux-ci peuvent émaner de « l’accouchement, auquel sont sujettes 70% des femmes en France, de la ménopause », ou encore « des traitements anti-cancéreux », détaille Marie Aubry, formatrice en santé toulonnaise et conceptrice de Lumidou.

    L’idée est née il y a deux ans, lorsque l’entrepreneuse et son associé, Patrick Quach, ont découvert, au fil de leurs recherches, l’intérêt médical, et pas seulement esthétique, de la lumière infrarouge. Mais en constatant aussi le coût onéreux des dispositifs médicaux en la matière : « La thérapie est peu remboursée, coûte entre 30 et 200 euros la séance, pour quinze séances minimum, et il y a un manque de communication entre soignant et patient sur le sujet, et des difficultés à s’équiper. Il y avait donc intérêt à ce que ce soin soit disponible à la maison pour un maximum de monde », explique Marie Aubry. Lumidou est proposé au prix de 409 euros. Son coût peut être pris en charge à hauteur de 50% dans le cadre du programme Elsee Care. Il pourra être proposé par de nombreux professionnels de santé (gynécologues, médecins, kinés…).

    Une volonté de contribuer à la recherche

    L’appareil, conçu pour durer dix ans, se veut simple d’utilisation et s’accompagne d’une application, « qui permet à la patiente d’apprendre à s’en servir et de devenir actrice de son parcours de soins », souligne sa conceptrice. Il convient de l’utiliser « deux fois par semaine, sur huit semaines. La surutilisation est sans autre risque qu’une baisse de l’efficacité », ajoute-t-elle.

    «Les premières commandes doivent être livrées en fin d’année, avec pour objectif d’apporter, à terme, « une contribution scientifique au sujet des effets de la photobiomodulation sur l’endométriose, car il n’en existe qu’une seule à date », précise Marie Aubry.

    Le projet lui a permis de devenir la lauréate varoise du concours « 101 femmes », initié par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et Bpifrance, qui distingue 101 projets dans 101 départements.

  • La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    Deux canicules pour le prix d’une et des données qui font froid dans le dos. Santé Publique France, l’agence nationale de santé publique, a dévoilé, ce mercredi et ce jeudi, une série d’études sur les canicules estivales et leurs conséquences sanitaires.

    La première est « relative à l’excès de mortalité observé durant l’épisode de canicule du 3 au 22 juillet 2026 ». Un épisode qui était « exceptionnel de par sa durée et son étendue géographique », rappelle l’organisme, citant notamment les 78 départements concernés pour 78,5% de la population française. D’autant que cette canicule a duré la majeure partie du mois, lequel est donc devenu « le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900 », selon Météo France cette fois. Reste que la mortalité lors de cette canicule a été en « augmentation de 9,2% » par rapport à ce qui était prévu. « 1 243 décès en excès ont été estimés : 14 713 décès observés contre 13 470 décès attendus », développe Santé Publique France, qui s’appuie sur les données de l’Insee.

    Précisons tout de même que son étude s’attarde sur la mortalité « toutes causes », et donc pas directement reliée à la canicule. Concrètement, on décompte plus de 1 200 morts de plus que ce que les analyses prévoyaient pour un mois de juillet classique. D’où le terme « excès de mortalité » utilisé par l’organisme.

    Concernant le profil des décédés, le point de Santé Publique France précise que ce sont « les personnes âgées de 75 ans et plus constituent les trois quarts des décès de ce bilan provisoire avec au moins 917 décès en excès ».

    1 397 décès observés

    Et côté géographique, « toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité toutes causes à l’exception de la Corse ». En Région Paca, le nombre de décès attendus était de 1 339 mais il y a eu 1 397 décès observés. D’où 48 décès en excès décomptés, plaçant la région parmi les moins touchées sur ce plan. Elle est bien loin des 236 morts excédentaires du Pays de la Loire.

    Les départements de la Région Sud s’en sortent bien : Les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence ont une « surmortalité relative » qui oscille entre 0 et 10%, le niveau le plus faible. Le département des Hautes-Alpes n’a pas été considéré comme en canicule sur toute la période et celui des Alpes-Maritimes comme n’ayant pas de surmortalité.

    Enfin, l’organisme public a sorti une autre étude, sur la canicule qui a officiellement pris fin en début de semaine, dédiée à la région Paca et notamment aux recours aux soins sur la période. « L’analyse au niveau régional des recours aux soins d’urgence indique une stabilité des passages aux urgences, des hospitalisations et des actes SOS Médecins », explique Santé Publique France. Avec tout de même « une activité en hausse » pour SOS Médecins sur le week-end du 15 août. Là encore pour des motifs « toutes causes » donc pas forcément en lien direct avec la chaleur.

  • Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    En visite au centre de détention de Tarascon, Guillaume Piney, directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) et Yann Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur ont signé jeudi 6 août une feuille de route conjointe, « destinée à renforcer l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la région » indiquent ARS et DISP dans un communiqué ce mardi 11 août.

    Le but affiché : « garantir un accès équitable aux soins, assurer la continuité de son parcours de santé et proposer une prise en charge adaptée aux besoins spécifiques des personnes placées sous-main de justice ».

    Si aucun détail chiffré n’est donné, les deux institutions promettent le « renforcement de l’offre de soins » avec le « déploiement de la téléconsultation et de la télémédecine » et de nouvelles prises en charge dans certaines unités sanitaires, comme la dialyse.

    Plus de télémédecine

    ARS et DISP souhaitent aussi « améliorer les parcours de soins afin d’éviter les ruptures de prise en charge ». Pour ce faire, les protocoles associant établissements pénitentiaires, hospitaliers et ARS seront « actualisés » par le biais d’une « meilleure organisation des extractions médicales – afin de réduire les annulations et les retards de soins qui en découlent – ainsi que par un renforcement de la coordination entre professionnels de santé et personnels pénitentiaires ».

    Autre priorité de cette feuille de route : faciliter l’intervention médicale en détention en dehors des horaires habituels de consultation, des partenariats restant à nouer avec les acteurs de médecine de ville, pour que les médecins interviennent en soirée et le week-end. Au-delà des moyens déployés, aucun délai n’est non plus clairement établi. En attendant, les conditions de détention se détériorent au point que le suicide est sept fois plus fréquent en prison qu’en milieu libre note l’institut national d’études démographiques.

  • Un nouveau centre médical a ouvert ses portes à Béziers

    Un nouveau centre médical a ouvert ses portes à Béziers

    « Nous nous sommes rendu compte que nous avions de plus en plus de patients sans médecins traitants. À peu près 18 000 sur 185 000 habitants. L’idée nous est donc venue de créer ce centre en lien avec l’hôpital de Béziers, dont les urgences explosent. Les gens qui n’ont pas de médecin traitant se rendent aux urgences. On s’est dit qu’il fallait les urgences de ces patients qui ont simplement besoin d’une consultation médicale », explique Laurence Safont, pneumologue et présidente de la CPTS Ouest Hérault, structure porteuse du projet qui couvre un territoire allant « d’Olonzac à Saint-Pons, jusqu’à la mer ».

    Ce nouveau centre territorial médical du Biterrois (CTMB), inauguré le 3 août, propose donc, en journée (du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 14h à 19h), des consultations au sein de la maison médicale de garde située face à l’hôpital et gérée par lui, laquelle fonctionne de nuit et les week-ends. « L’hôpital de Béziers a été tout à fait favorable à nous la mettre à disposition gratuitement en journée », rapporte Laurence Safont.

    Un accès sur régulation via le 15

    La structure s’appuie sur une rotation de médecins libéraux. « Sur les 90 médecins actuellement présents sur le territoire, 30 ont déjà adhéré au principe de ce centre. Et il est probable que d’autres se manifestent en septembre, car certains confrères sont en vacances ou en effectifs réduits à cette période », indique la présidente de la CPTS Ouest Hérault. « Dans 80% des cas, les consultations auront lieu en présentiel. 20% des médecins, qui sont un peu éloignés sur le territoire, préfèrent opter pour la téléconsultation assistée par un infirmier libéral, qui aide le patient dans la démarche. La CPTS s’est donc équipée d’une valise de téléconsultation assistée avec stockage des données des patients, pour qu’ils puissent revenir pour le suivi en cas de prescription d’imagerie ou de biologie. »

    Chose importante : l’accès au CTMB se fait uniquement sur régulation via le 15. « Les patients appellent le 15, d’où ils sont basculés sur le SAS (service d’accès aux soins) qui prend rendez-vous sur notre agenda. On s’est engagé à répondre à la demande sous 48h », précise Laurence Safont. Des patients se trouvant aux urgences de l’hôpital de Béziers ou de la polyclinique Saint-Privat peuvent également être adressés au SAS par l’infirmier d’orientation. De quoi offrir une bonne bouffée d’oxygène aux services d’urgences.

    Les médecins généralistes du territoire devraient, en outre, recevoir dès novembre le renfort de 12 « docteurs juniors » : « Des 4e année d’internat de médecine spécialisés en médecine générale, qui vont travailler en autonomie. Ils seront là pour 6 mois à un an et j’espère que nous serons assez attractifs pour leur donner envie de s’installer. »

  • [C’est l’été] Pierre, médecin tout-terrain

    [C’est l’été] Pierre, médecin tout-terrain

    Entre son activité au Samu à plein temps, ses interventions à la base de Marignane en tant que médecin volontaire et son engagement auprès des sapeurs-pompiers volontaires à Rognac, Pierre Morel jongle allègrement avec trois plannings et ce n’est pas près de s’arrêter. « Tant qu’à faire ! Quand on aime ça », nous répond-il quand on lui demande comment il fait avec toutes ses casquettes. Parmi l’équipe d’intervention à bord de l’hélicoptère, le médecin est tout aussi essentiel que le pilote, le mécanicien de bord, l’infirmier ou le secouriste « spécialisé hélico », « un SSH dans notre jargon à nous », explique-t-il.

    Trois institutions ou organismes « fournissent des médecins » à la Sécurité civile, le Samu des Bouches-du-Rhône, le Sdis 13 et le Bataillon des Marins-Pompiers, poursuit Pierre Morel, confessant qu’il en apprend tous les jours sur cette entité assez spéciale. « J’ai découvert il y a quelques années qu’il y avait un département déminage que je ne connaissais même pas ! », indique-t-il dans un sourire.

    Son engagement, « c’est très ancien ». « Ma première permanence, je l’ai faite en octobre 1989. Vous voyez, ce n’est pas d’hier ! », raconte-t-il. Ce qui l’a motivé, c’est élargir son panel de connaissance du métier. « Dans notre activité médicale extra-hospitalière, c’est une manière de mettre en œuvre notre profession, qui est un petit peu différente », estime-t-il. Même si le cockpit de l’hélico reste tout aussi contraint qu’un camion du Samu, avec chaque chose à sa place, des sacs rouges bien organisés.

    Autre atout, maîtriser à la fois l’intérieur, pour celui qui fait aussi de la régulation, et les interventions à l’extérieur. De quoi améliorer la prise en charge de la victime. Le concours de l’infirmier est aussi d’importance, « ça va plus vite évidemment à quatre mains qu’à deux mains ». Il descend alors, treuillé, après que le secouriste ait assuré la sécurité. Un ordre et des règles qui comptent, insiste-t-il.

    Quand le diable se niche

    dans les détails

    « La Sécurité civile, c’est un environnement sécuritaire que j’apprécie tout particulièrement. On n’est pas dans une entreprise privée qui pourrait estimer qu’il faut que la machine vole pour rentabiliser », précise-t-il, « ici, s’il y a un moment il y a un voyant qui s’est allumé, même si on sait que c’est un voyant qui ne pose pas de problème, s’il y a une des fenêtres sur laquelle il y a une toute petite fissure qui a commencé parce qu’il y a une vis qui a claqué le petit plexiglas… On en tient compte ». C’est même pour lui « essentiel ». Il se souvient d’un drame, « il y a quelques années… C’était l’hélicoptère du Samu 30 qui s’est crashé sur les collines de la Nerthe avec trois morts dedans ».

    Pour agir vite et bien, l’entraînement reste également une constante. « Le treuillage c’est une phase habituelle mais qui n’est pas dénuée de risques, et nécessite une pratique régulière. Il faut une forme physique minimale, même si vous le voyez je ne suis pas un grand sportif », se marre-t-il. Plus impressionnant, il détaille aussi cette formation plus sous-marine, « au cas où on est obligé de s’extraire d’un hélico qui se met à l’eau. On nous plonge dans la mer, et il faut qu’on puisse se détacher, apprendre les gestes ».

    Pour le reste, il se dit avoir été comme touché « par un virus ». « Une fois qu’on y est, on apprécie tellement ça. Alors si en plus de l’activité, le compagnonnage avec les collègues est fantastique, pourquoi vouloir le quitter ? » précise Pierre Morel, qui assure volontiers jusqu’à trois permanences par mois sur la base de Marignane.

    « Ça me plaît, ça c’est évident. Il pourrait y avoir de la lassitude, de la fatigue… mais non », enchaîne-t-il, mettant en avant son moteur : « le côté humain ». « C’est sans fin. Rien que la satisfaction d’avoir eu le sentiment d’aider la personne… » se félicite-t-il. Et puis « on a des situations incroyables, des choses que personne ne vivrait à part nous, quoi, finalement » estime le médecin, « je ne veux pas faire dans le lyrique, mais vous imaginez bien que quand vous survolez la mer Méditerranée, les calanques… On a de ces points de vue… On n’en est jamais blasé ».

    Reste la vérité crue de l’intervention. S’il tient, c’est aussi parce qu’il a « une capacité à oublier faramineuse ». Mais il y a des souvenirs qui s’incrustent. Comme cette mission dans la Sainte-Victoire « où un caillou s’est détaché par le souffle de l’hélico, alors qu’on était auprès de la victime. Et en fin de compte « le gros caillou a claqué sur une dalle de roche à côté de nous à 5 ou 10 mètres. Et là vous vous dites : “On est passés près quand même” Et on ne peut rien y faire ». Le secours porté à un plongeur en arrêt cardiaque dans la rade de Marseille ou le treuillage sur un bateau l’ont aussi marqué.

    « C’est l’inconnu. Même si les choses se sont améliorées, puisque grâce à l’informatique qui a envahi évidemment tous nos systèmes, on a quand même des informations même pendant qu’on vole sur notre smartphone de travail. On peut lire à jour le bilan qui a été passé », nuance-t-il. Et puis « dans l’activité urgentiste, il y a le vinaigre et il y a le sucre, le miel. Ce sont des activités comme ça qui font le miel, le petit plus », résume-t-il.

    Assuré de la relève, « il y a plus de demandes que de places », heureux que la profession se féminise aussi, il imagine un arrêt de carrière « ferme, définitif et brutal ». Mais « sans regret aucun ». « Il y a 20 ans on aurait discuté ensemble, j’aurais fait exactement la même chose que ce que je fais actuellement. Quand ça s’arrêtera, ça s’arrêtera. »