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  • La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    Deux canicules pour le prix d’une et des données qui font froid dans le dos. Santé Publique France, l’agence nationale de santé publique, a dévoilé, ce mercredi et ce jeudi, une série d’études sur les canicules estivales et leurs conséquences sanitaires.

    La première est « relative à l’excès de mortalité observé durant l’épisode de canicule du 3 au 22 juillet 2026 ». Un épisode qui était « exceptionnel de par sa durée et son étendue géographique », rappelle l’organisme, citant notamment les 78 départements concernés pour 78,5% de la population française. D’autant que cette canicule a duré la majeure partie du mois, lequel est donc devenu « le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900 », selon Météo France cette fois. Reste que la mortalité lors de cette canicule a été en « augmentation de 9,2% » par rapport à ce qui était prévu. « 1 243 décès en excès ont été estimés : 14 713 décès observés contre 13 470 décès attendus », développe Santé Publique France, qui s’appuie sur les données de l’Insee.

    Précisons tout de même que son étude s’attarde sur la mortalité « toutes causes », et donc pas directement reliée à la canicule. Concrètement, on décompte plus de 1 200 morts de plus que ce que les analyses prévoyaient pour un mois de juillet classique. D’où le terme « excès de mortalité » utilisé par l’organisme.

    Concernant le profil des décédés, le point de Santé Publique France précise que ce sont « les personnes âgées de 75 ans et plus constituent les trois quarts des décès de ce bilan provisoire avec au moins 917 décès en excès ».

    1 397 décès observés

    Et côté géographique, « toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité toutes causes à l’exception de la Corse ». En Région Paca, le nombre de décès attendus était de 1 339 mais il y a eu 1 397 décès observés. D’où 48 décès en excès décomptés, plaçant la région parmi les moins touchées sur ce plan. Elle est bien loin des 236 morts excédentaires du Pays de la Loire.

    Les départements de la Région Sud s’en sortent bien : Les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence ont une « surmortalité relative » qui oscille entre 0 et 10%, le niveau le plus faible. Le département des Hautes-Alpes n’a pas été considéré comme en canicule sur toute la période et celui des Alpes-Maritimes comme n’ayant pas de surmortalité.

    Enfin, l’organisme public a sorti une autre étude, sur la canicule qui a officiellement pris fin en début de semaine, dédiée à la région Paca et notamment aux recours aux soins sur la période. « L’analyse au niveau régional des recours aux soins d’urgence indique une stabilité des passages aux urgences, des hospitalisations et des actes SOS Médecins », explique Santé Publique France. Avec tout de même « une activité en hausse » pour SOS Médecins sur le week-end du 15 août. Là encore pour des motifs « toutes causes » donc pas forcément en lien direct avec la chaleur.

  • Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    En visite au centre de détention de Tarascon, Guillaume Piney, directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) et Yann Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur ont signé jeudi 6 août une feuille de route conjointe, « destinée à renforcer l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la région » indiquent ARS et DISP dans un communiqué ce mardi 11 août.

    Le but affiché : « garantir un accès équitable aux soins, assurer la continuité de son parcours de santé et proposer une prise en charge adaptée aux besoins spécifiques des personnes placées sous-main de justice ».

    Si aucun détail chiffré n’est donné, les deux institutions promettent le « renforcement de l’offre de soins » avec le « déploiement de la téléconsultation et de la télémédecine » et de nouvelles prises en charge dans certaines unités sanitaires, comme la dialyse.

    Plus de télémédecine

    ARS et DISP souhaitent aussi « améliorer les parcours de soins afin d’éviter les ruptures de prise en charge ». Pour ce faire, les protocoles associant établissements pénitentiaires, hospitaliers et ARS seront « actualisés » par le biais d’une « meilleure organisation des extractions médicales – afin de réduire les annulations et les retards de soins qui en découlent – ainsi que par un renforcement de la coordination entre professionnels de santé et personnels pénitentiaires ».

    Autre priorité de cette feuille de route : faciliter l’intervention médicale en détention en dehors des horaires habituels de consultation, des partenariats restant à nouer avec les acteurs de médecine de ville, pour que les médecins interviennent en soirée et le week-end. Au-delà des moyens déployés, aucun délai n’est non plus clairement établi. En attendant, les conditions de détention se détériorent au point que le suicide est sept fois plus fréquent en prison qu’en milieu libre note l’institut national d’études démographiques.

  • Un nouveau centre médical a ouvert ses portes à Béziers

    Un nouveau centre médical a ouvert ses portes à Béziers

    « Nous nous sommes rendu compte que nous avions de plus en plus de patients sans médecins traitants. À peu près 18 000 sur 185 000 habitants. L’idée nous est donc venue de créer ce centre en lien avec l’hôpital de Béziers, dont les urgences explosent. Les gens qui n’ont pas de médecin traitant se rendent aux urgences. On s’est dit qu’il fallait les urgences de ces patients qui ont simplement besoin d’une consultation médicale », explique Laurence Safont, pneumologue et présidente de la CPTS Ouest Hérault, structure porteuse du projet qui couvre un territoire allant « d’Olonzac à Saint-Pons, jusqu’à la mer ».

    Ce nouveau centre territorial médical du Biterrois (CTMB), inauguré le 3 août, propose donc, en journée (du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 14h à 19h), des consultations au sein de la maison médicale de garde située face à l’hôpital et gérée par lui, laquelle fonctionne de nuit et les week-ends. « L’hôpital de Béziers a été tout à fait favorable à nous la mettre à disposition gratuitement en journée », rapporte Laurence Safont.

    Un accès sur régulation via le 15

    La structure s’appuie sur une rotation de médecins libéraux. « Sur les 90 médecins actuellement présents sur le territoire, 30 ont déjà adhéré au principe de ce centre. Et il est probable que d’autres se manifestent en septembre, car certains confrères sont en vacances ou en effectifs réduits à cette période », indique la présidente de la CPTS Ouest Hérault. « Dans 80% des cas, les consultations auront lieu en présentiel. 20% des médecins, qui sont un peu éloignés sur le territoire, préfèrent opter pour la téléconsultation assistée par un infirmier libéral, qui aide le patient dans la démarche. La CPTS s’est donc équipée d’une valise de téléconsultation assistée avec stockage des données des patients, pour qu’ils puissent revenir pour le suivi en cas de prescription d’imagerie ou de biologie. »

    Chose importante : l’accès au CTMB se fait uniquement sur régulation via le 15. « Les patients appellent le 15, d’où ils sont basculés sur le SAS (service d’accès aux soins) qui prend rendez-vous sur notre agenda. On s’est engagé à répondre à la demande sous 48h », précise Laurence Safont. Des patients se trouvant aux urgences de l’hôpital de Béziers ou de la polyclinique Saint-Privat peuvent également être adressés au SAS par l’infirmier d’orientation. De quoi offrir une bonne bouffée d’oxygène aux services d’urgences.

    Les médecins généralistes du territoire devraient, en outre, recevoir dès novembre le renfort de 12 « docteurs juniors » : « Des 4e année d’internat de médecine spécialisés en médecine générale, qui vont travailler en autonomie. Ils seront là pour 6 mois à un an et j’espère que nous serons assez attractifs pour leur donner envie de s’installer. »

  • [C’est l’été] Pierre, médecin tout-terrain

    [C’est l’été] Pierre, médecin tout-terrain

    Entre son activité au Samu à plein temps, ses interventions à la base de Marignane en tant que médecin volontaire et son engagement auprès des sapeurs-pompiers volontaires à Rognac, Pierre Morel jongle allègrement avec trois plannings et ce n’est pas près de s’arrêter. « Tant qu’à faire ! Quand on aime ça », nous répond-il quand on lui demande comment il fait avec toutes ses casquettes. Parmi l’équipe d’intervention à bord de l’hélicoptère, le médecin est tout aussi essentiel que le pilote, le mécanicien de bord, l’infirmier ou le secouriste « spécialisé hélico », « un SSH dans notre jargon à nous », explique-t-il.

    Trois institutions ou organismes « fournissent des médecins » à la Sécurité civile, le Samu des Bouches-du-Rhône, le Sdis 13 et le Bataillon des Marins-Pompiers, poursuit Pierre Morel, confessant qu’il en apprend tous les jours sur cette entité assez spéciale. « J’ai découvert il y a quelques années qu’il y avait un département déminage que je ne connaissais même pas ! », indique-t-il dans un sourire.

    Son engagement, « c’est très ancien ». « Ma première permanence, je l’ai faite en octobre 1989. Vous voyez, ce n’est pas d’hier ! », raconte-t-il. Ce qui l’a motivé, c’est élargir son panel de connaissance du métier. « Dans notre activité médicale extra-hospitalière, c’est une manière de mettre en œuvre notre profession, qui est un petit peu différente », estime-t-il. Même si le cockpit de l’hélico reste tout aussi contraint qu’un camion du Samu, avec chaque chose à sa place, des sacs rouges bien organisés.

    Autre atout, maîtriser à la fois l’intérieur, pour celui qui fait aussi de la régulation, et les interventions à l’extérieur. De quoi améliorer la prise en charge de la victime. Le concours de l’infirmier est aussi d’importance, « ça va plus vite évidemment à quatre mains qu’à deux mains ». Il descend alors, treuillé, après que le secouriste ait assuré la sécurité. Un ordre et des règles qui comptent, insiste-t-il.

    Quand le diable se niche

    dans les détails

    « La Sécurité civile, c’est un environnement sécuritaire que j’apprécie tout particulièrement. On n’est pas dans une entreprise privée qui pourrait estimer qu’il faut que la machine vole pour rentabiliser », précise-t-il, « ici, s’il y a un moment il y a un voyant qui s’est allumé, même si on sait que c’est un voyant qui ne pose pas de problème, s’il y a une des fenêtres sur laquelle il y a une toute petite fissure qui a commencé parce qu’il y a une vis qui a claqué le petit plexiglas… On en tient compte ». C’est même pour lui « essentiel ». Il se souvient d’un drame, « il y a quelques années… C’était l’hélicoptère du Samu 30 qui s’est crashé sur les collines de la Nerthe avec trois morts dedans ».

    Pour agir vite et bien, l’entraînement reste également une constante. « Le treuillage c’est une phase habituelle mais qui n’est pas dénuée de risques, et nécessite une pratique régulière. Il faut une forme physique minimale, même si vous le voyez je ne suis pas un grand sportif », se marre-t-il. Plus impressionnant, il détaille aussi cette formation plus sous-marine, « au cas où on est obligé de s’extraire d’un hélico qui se met à l’eau. On nous plonge dans la mer, et il faut qu’on puisse se détacher, apprendre les gestes ».

    Pour le reste, il se dit avoir été comme touché « par un virus ». « Une fois qu’on y est, on apprécie tellement ça. Alors si en plus de l’activité, le compagnonnage avec les collègues est fantastique, pourquoi vouloir le quitter ? » précise Pierre Morel, qui assure volontiers jusqu’à trois permanences par mois sur la base de Marignane.

    « Ça me plaît, ça c’est évident. Il pourrait y avoir de la lassitude, de la fatigue… mais non », enchaîne-t-il, mettant en avant son moteur : « le côté humain ». « C’est sans fin. Rien que la satisfaction d’avoir eu le sentiment d’aider la personne… » se félicite-t-il. Et puis « on a des situations incroyables, des choses que personne ne vivrait à part nous, quoi, finalement » estime le médecin, « je ne veux pas faire dans le lyrique, mais vous imaginez bien que quand vous survolez la mer Méditerranée, les calanques… On a de ces points de vue… On n’en est jamais blasé ».

    Reste la vérité crue de l’intervention. S’il tient, c’est aussi parce qu’il a « une capacité à oublier faramineuse ». Mais il y a des souvenirs qui s’incrustent. Comme cette mission dans la Sainte-Victoire « où un caillou s’est détaché par le souffle de l’hélico, alors qu’on était auprès de la victime. Et en fin de compte « le gros caillou a claqué sur une dalle de roche à côté de nous à 5 ou 10 mètres. Et là vous vous dites : “On est passés près quand même” Et on ne peut rien y faire ». Le secours porté à un plongeur en arrêt cardiaque dans la rade de Marseille ou le treuillage sur un bateau l’ont aussi marqué.

    « C’est l’inconnu. Même si les choses se sont améliorées, puisque grâce à l’informatique qui a envahi évidemment tous nos systèmes, on a quand même des informations même pendant qu’on vole sur notre smartphone de travail. On peut lire à jour le bilan qui a été passé », nuance-t-il. Et puis « dans l’activité urgentiste, il y a le vinaigre et il y a le sucre, le miel. Ce sont des activités comme ça qui font le miel, le petit plus », résume-t-il.

    Assuré de la relève, « il y a plus de demandes que de places », heureux que la profession se féminise aussi, il imagine un arrêt de carrière « ferme, définitif et brutal ». Mais « sans regret aucun ». « Il y a 20 ans on aurait discuté ensemble, j’aurais fait exactement la même chose que ce que je fais actuellement. Quand ça s’arrêtera, ça s’arrêtera. »

  • Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    « Il est hors de question de remettre en cause le développement industriel, on dit juste qu’il faut des réponses environnementales », affirme Gérard Casanova, comme un préambule indispensable à son propos. Le cheminot Saint-louisien à la retraite représente dix associations environnementales du territoire industriel de Fos et de l’étang de Berre, associées dans un plaidoyer environnemental publié le 27 juillet dernier. Parmi ces acteurs, Vigueirat nature, l’Association santé environnement France (Asef), France nature environnement (FNE) ou encore l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF).

    « C’est dans des constats communs que nous nous retrouvons », explique le militant issu de l’association Au fil du Rhône et de la Fédération d’action régionale pour l’environnement (Fare). D’une part, « les différentes pollutions auxquelles nous sommes exposés, qu’elles soient de l’agriculture, industrielles ou des transports, sont présentées au public de manière segmentée », développe Gérard Casanova. « Ce saucissonnage est une vue de l’esprit que nous dénonçons, car il y a une bioaccumulation avec le temps », des polluants selon le militant.

    Dès lors, se pose la question de savoir « ce à quoi nous sommes exposés dans le détail », « mesures et analyses sont indissociables », pour le représentant. Là où le bât blesse, « la directive européenne pour la surveillance met l’accent sur les grosses villes, mais on a tendance à moins surveiller les zones industrielles », relève-t-il. Ce « saucissonnage » se révèle aussi dans les capteurs de particules : « certains captent jusqu’à 10 micromètres, d’autres entre 10 µm et 2,5 µm », mais l’un ne fait pas le travail de l’autre. « On avait un capteur 10 µm en ville, il a été remplacé par un 2,5 µm et du coup on a plus de surveillance des 10 µm », illustre-t-il.

    « Ce n’est pas adapté aux changements qui se préparent » considère Gérard Casanova, « bien que nous soyons conscients de la qualité du travail de l’observatoire public qui fait en fonction de contraintes budgétaires et réglementaires », nuance-t-il.

    « Il faut se rencontrer »

    À l’heure des grands changements industriels, notamment pour la production d’acier, le collectif d’associations passe un appel : « les nouvelles techniques de production vont apporter de nouvelles molécules. Nous avons déjà un manque de connaissance sur l’existant, il faut qu’on se rencontre », insiste Gérard Casanova.

    Le débat public de zone étant passé, le représentant affirme que « le vrai fond du débat public global était de se conformer à la loi. Ce n’est pas une amélioration du débat public », au sens de l’appropriation du grand public et du traitement complet des enjeux de chacun. La proposition n’est pas de refaire le débat public sur la même forme : « Nous proposons l’organisation d’assises pour mettre à plat les connaissances actuelles sur la santé-environnement pour établir des constats sur lesquels on se retrouve tous, État, associations, élus, syndicats ».

    « Une étude* de l’Agence nationale de sécurité sanitaire [Anses] suggère que la pollution de l’air peut provoquer des maladies neurodégénératives. D’où le besoin d’associer les médecins à la table ronde pour documenter la prévalence de ces maladies ou des cancers », conclut le représentant.

  • [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    Discret et entier, Angel Lara, 63 ans, infirmier volontaire à la retraite de sapeurs-pompiers professionnel depuis 2023, a débarqué à la base de Marignane voilà 26 ans. Après 17 ans de carrière militaire, cet ancien commando marine a bifurqué dans le médical. Après avoir exercé un temps en libéral, il a trouvé chez les pompiers son équilibre… Ou presque. « Je suis tombé dedans, passionné. Je me suis beaucoup investi, au point que ça a joué sur ma vie de famille », convient-il sans rentrer dans les détails. À la retraite, il s’est porté volontaire. Une libération, car plus besoin de poser de jours de congé pour celui qui avant avait jusqu’à « quatre plannings différents ». Ce qui lui plaît : « être confronté à l’urgence, tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas et amener [la victime] à l’hôpital. On est un maillon de la chaîne ».

    La petite difficulté supplémentaire : travailler dans un hélicoptère. Le maître à bord reste le pilote mais l’équipage de 5 personnes doit être parfaitement coordonné pour être efficace. Chacun a sa place, chacun sa mission, pour une action millimétrée. « L’environnement est beaucoup plus confiné, il y a beaucoup moins de place que dans une ambulance. Cela nécessite une anticipation, de préparer avec le médecin »,, explique Angel, « dans la machine, on peut difficilement communiquer avec la victime pour peu qu’elle soit en état de communiquer. Et quand on communique par casque, il ne faut pas qu’on perturbe la partie pilotage. On va gérer la surveillance du patient en visualisant les appareils car on n’entend pas les alarmes, on a des codes de communication ».

    Le bruit, le fait d’être treuillé, récupéré, sortir d’un hélicoptère en vol, « ce n’est pas naturel »,, indique-t-il, même si avec l’expérience, « cela devient instinctif ». Mais pas question pour autant de ne pas être concentré quand chaque geste compte insiste Angel.

    « Nous, on a cette capacité de prendre en charge des victimes dans des endroits inaccessibles, et il y a pas mal de points à connaître pour sa propre sécurité et exercer son métier », raconte-t-il.

    Il se souvient avoir démarré au temps de
    l’ « Alouette 3 », un modèle sorti dans les années soixante. « On ne pouvait quasiment faire aucun geste en vol », témoigne l’infirmier. Avec le tout nouveau Dragon actuel, de son petit nom H145, d’Airbus, l’équipage a pu prendre (un peu) ses aises.

    Repartir à pied

    avec le sac sur le dos

    La systématisation du treuillage de l’infirmier « s’est faite petit à petit », de quoi permettre de « travailler à deux sur place », précise Angel, « la décision est prise en fonction de la gravité du patient. et la durée d’autonomie et des conditions météo ». Quitte à ce que parfois, il faille laisser repartir la machine et se rapatrier tout seul… « Cela nous est arrivé d’être déposés et pas récupérés, quand par exemple il y a trop de vent sur la Sainte-Victoire… Il faut alors avoir un peu de condition physique, et marcher avec du matériel sur le dos », sourit-il.

    Si chaque opération est débriefée, Angel compartimente. « Au même titre que le Smur, on fait face à des choses dramatiques de temps en temps comme très valorisantes. Il y a beaucoup de collègues qui arrêtent au bout de 7 ou 8 ans, du moins dans les 10 premières années car ils ont été trop exposés à des drames. Cela peut avoir un impact psychologique », reconnaît-il. Lui se consacre « à 100 % à chaque intervention » mais dit parvenir à se « détacher quand c’est fini ». Tant et si bien « que j’arrive à ne même plus me souvenir des interventions que j’ai faites en fin de journée. J’ai développé ça de manière inconsciente », assure-t-il. Même si certains accidents restent évidemment marqués au fer rouge. « En arrivant sur les gardes d’hélicoptères début 2000, j’ai la malchance de faire trois noyades d’enfants jeunes dans la même saison. Quand les statistiques sont d’un cas par équipe et par an », déplore-t-il. Voyant les médecins « aussi stressés que lui », il décide alors de se former sur le pédiatrique. « Et de devenir formateur pour maintenir mes compétences, égoïstement », ironise-t-il. Une manière aussi de rebondir et de se projeter. « Maintenant », il prend « un vrai plaisir à transmettre ». « J’ai fait tout ce qui existe dans les méthodes anglo-saxonnes avancées. Avant on agissait sans vraiment réfléchir, aujourd’hui on doit être source de propositions. En tant qu’infirmier, on est devenu très polyvalent. »

    Il a même en projet une formation universitaire, reconnue par la faculté de médecine, de « médicalisation en milieu exceptionnel ». Le but : « proposer une sensibilisation à tout cadre différent de la pratique habituelle, que ce soit l’hélicoptère, les risques inondations, effondrement bâtimentaire… », histoire d’établir des protocoles d’intervention les plus efficaces possibles.

    Dans tout ça, il n’oublie pas non plus le positif et heureusement, « il y en a plein ». « Comme d’arriver à emmener une personne suffisamment tôt au bloc opératoire. Une petite victoire ! » s’enthousiasme Angel. Surtout, « chaque journée est différente tant en termes de personnes avec qui on travaille que de type d’interventions. C’est très varié. On ne sait jamais à quoi s’attendre » quand on lui demande ce qui le fait tenir. L’avenir, c’est aussi de savoir se retirer au bon moment avoue-t-il quand on lui pose la question de la relève. « À un moment, il va falloir arrêter, mettre du sang neuf », reconnaît-il volontiers même s’il estime arriver à « encore faire le boulot ». Une certitude : « il faut injecter des nouveaux, petit à petit. De moi-même si je ne me sens plus la capacité de faire, je demanderai à sortir du tour… »

  • Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    C’était une promesse de campagne de Carole Delga. Dès juillet 2022, la Région Occitanie mettait en place un service public régional de médecine à travers la création du dispositif « Ma santé, Ma Région », consistant à salarier des professionnels de santé pour lutter contre les déserts médicaux. Depuis, 133 professionnels ont déjà été recrutés (119 médecins et 10 sages-
    femmes), dans 26 centres de santé répartis en Occitanie. 507 500 consultations ont été réalisées et 38 854 patients ont retrouvé un médecin traitant grâce à ce service. « Le 27e centre de la région ouvrira ses portes ce mercredi 24 juin à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, s’est félicitée la présidente de Région Carole Delga mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse donnée à Toulouse. L’objectif est d’ouvrir cinq nouveaux centres de santé en 2026. »

    Le tout premier centre de santé du dispositif a ouvert à Sainte-Croix-Volvestre, en Ariège, dès 2022. Le seul médecin de la commune venait de partir à la retraite et n’avait pas trouvé de remplaçant, laissant la zone sans solution de proximité. Le médecin généraliste Béranger Irondelle s’y était alors installé immédiatement grâce au dispositif « Ma santé Ma Région ». Il raconte : « Nous, les médecins salariés du centre, partageons le bâtiment financé par la communauté de communes avec des professionnels libéraux. Il y a une vraie collaboration entre nous et des échanges permanents pour fluidifier le suivi des patients. » L’un des avantages du centre de santé repose dans la prise en charge des tâches administratives par une équipe dédiée, ce qui soulage les médecins. « Je ne regrette pas du tout mon choix car désormais, je me consacre à 100% aux soins, se réjouit Béranger Irondelle. Cela nous permet aussi d’avoir du temps à consacrer aux activités de prévention, qui sont absolument essentielles. » Il ajoute que, comme tous les autres médecins salariés du dispositif, il pratique des visites à domicile.

    Pallier les inégalités

    « Le dispositif Ma santé Ma Région a été pensé dans un esprit d’équité des territoires, avec l’objectif de créer un véritable réseau de centres de santé qui sont en lien entre eux », détaille Vincent Bounes, vice-président en charge de la santé à la Région. Si la priorité a été donnée aux territoires ruraux, les inégalités d’accès aux soins existent aussi dans les territoires urbains, qui bénéficient donc également du dispositif. C’est
    ce dont témoigne Audrey Lacipière, médecin au centre de Cugnaux, proche de Toulouse : « En ville aussi, nous sommes confrontés au manque de médecins. Depuis sa création, le centre de Cugnaux a permis de désengorger les urgences, mais aussi de travailler en lien avec l’aide sociale de proximité, notamment le CCAS et le Cada. »

    Sur le terrain, les habitants semblent ravis. « En Ariège, on m’en parle spontanément, affirme Carole Delga. Il y a une forme de soulagement, pour des personnes qui, parfois, n’avaient pas vu de médecin pendant plusieurs mois, voire années. » Depuis novembre 2024, la Région a aussi mis en place un dispositif ayant permis le déploiement de 20 médecins spécialistes dans les hôpitaux, en partenariat avec l’ARS, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, la faculté de santé de Toulouse et les trois CHU. Six postes supplémentaires de médecins spécialistes seront créés dès novembre 2026, dans les hôpitaux de Castres-Mazamet, Rodez, Albi, Uzès, Clermont-l’Hérault et Narbonne.

  • Briser le silence autour du don d’organes

    Briser le silence autour du don d’organes

    Dans le bassin aixois, on recense toujours 30% de refus de don d’organes. En France pourtant, « tout le monde est considéré comme donneur d’organe, souligne le docteur Laurent Lefebvre. Dans notre pays, on demande aux familles s’il y a eu une opposition du défunt au cours de sa vie. Si la famille ne reflète pas d’opposition, alors on part sur une procédure de don d’organe. »

    À l’hôpital d’Aix-en-Provence Pertuis (CHAPP),à l’occasion de la Journée nationale du don d’organes ce lundi, médecins et bénévoles d’associations ont tenu un stand pour lever les tabous et combattre les méconnaissances autour de cette démarche. L’établissement, déjà agréé pour les prélèvements d’organes, devient aussi « Ambassadeur du don d’organes » et concrétise ce label en cosignant une charte avec l’association Espoir 13. « Ce n’est pas un titre, mais l’engagement de faire vivre la culture du don », rappelle Maryse Blangero, cofondatrice d’Espoir 13.

    Du côté de la direction, le label permet de « relancer » les équipes, qui viennent de connaître des changements. Mais surtout « de nous motiver, d’être plus responsables, plus engagés dans le don d’organe », estime Francis Saint-Hubert, directeur de l’hôpital. Car le sujet reste crucial. « On a progressé depuis une dizaine d’années. Mais il en manque tout le temps [des dons]. Les listes d’attente dépassent le nombre de donneurs. On a chaque année des patients qui décèdent faute de greffe », pointe Malika Valenza, cadre de santé au sein de l’unité de réanimation. « Je ne pense pas que le don d’organe soit tabou, mais les gens ne parlent pas de la mort, donc n’évoquent pas cette possibilité-là. Il y a donc un manque de communication à ce sujet. Il faut en parler spontanément », encourage le docteur Annabelle Hamon, de la coordination du don d’organe.

  • A Mimet, un nouveau cadre pour accueillir les enfants « Dys »

    A Mimet, un nouveau cadre pour accueillir les enfants « Dys »

    Dans l’une des salles de classe ultra-modernes, dont les baies vitrées donnent sur la Sainte-Victoire, un tableau tactile permet de faire défiler l’avant et l’après du lieu. Dans ce qui était autrefois une maison de famille, dont les murs sont loués par un particulier, une unité dite Dys vient d’être inaugurée ce vendredi, en présence des équipes et des partenaires officiels. Parmi lesquels l’Agence régionale de santé (ARS), l’Éducation nationale, la Ville de Mimet et l’association Climatique d’Aide à l’Enfance, qui gère l’établissement.

    Extension du service de Soins médicaux et de réadaptation (SMR) historique du Valprévert, cet espace, l’un des rares sur le territoire, permettra dès la rentrée prochaine d’accueillir une trentaine de jeunes élèves atteints de troubles sévères et spécifiques du langage et des apprentissages, plus communément appelés troubles Dys, puisque regroupant la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, les troubles du langage oral… L’unité n’a pas attendu l’inauguration des locaux officiels – spacieux etmodernes – pour enclencher les accompagnements. Depuis septembre 2023, l’installation de pré-fabriqués permettait d’accompagner une dizaine d’enfants et les équipes. En parallèle étaient menés les travaux sur cette bâtisse qui garde ses murs ocres et ses espaces verts.

    Quarante élèves accueillis en septembre

    D’ici la rentrée, quarante élèves – certains accueillis en hôpital de jour, d’autres sous le statut d’internes – occuperont les lieux pour un suivi spécialisé, le temps d’une à deux années. « Ils seront sur place pour une rééducation intensive avec un projet thérapeutique propre à chaque enfant, détaille Pascale Colas, médecin pédiatre en charge de l’unité Dys. Ils ont une pédagogie différenciée suivie par des enseignants spécialisés. On a des enfants qui ont des difficultés scolaires, des apprentissages avec une lecture non fonctionnelle. Qui sont intelligents, mais qui ont un trouble neuro développemental (…) qui, avec de la rééducation, à plutôt une évolution favorable. » L’objectif du travail dans ce lieu, reste « de consolider les apprentissages fondamentaux, pour que l’enfant retourne en milieu ordinaire en sachant lire, en ayant un niveau de transcription, d’orthographe et de grammaire suffisant pour pouvoir, avec des adaptations, continuer en milieu ordinaire », poursuit Pascal Colas. Pour qu’un enfant puisse être intégré au suivi de cet établissement, une orientation du médecin généraliste est nécessaire, sur recommandation de l’école ou référent MDPH. « On a quand même beaucoup plus d’espaces, de moyens, et le fait d’avoir d’autres professionnels qui soient arrivés apporte un peu plus de richesse », estime Blandine, neuropsychologue. Dans ce lieu, les équipes confient espérer gommer les stigmates qui planent autour des troubles Dys. « Nous inaugurons un lieu dédié à des enfants que l’on a parfois regardé trop vite, trop mal, ou trop peu, rappelle Christophe Imbach, directeur du SMR Valpérevert. Des enfants dont les difficultés d’apprentissage ont parfois été confondues avec du manque d’effort, d’attention, du manque de volonté (…) Cette unité est née pour cela, pour regarder autrement.»

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »