L’état attendu au tournant face aux intempéries

Soixante-quinze millions d’euros sont inscrits « dans le projet de budget de Sébastien Lecornu pour la dotation de solidarité des équipements communaux ». Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre (Renaissance), a tendu la carotte à l’issue de sa rencontre avec les maires et représentants des collectivités, ce vendredi, à Grans.

Quatre jours après les intempéries « centennales », selon le président de la Métropole et maire de Salon-de-Provence Nicolas Isnard (LR), le ministre a assuré qu’« après la commission de mardi prochain, le décret sera pris mercredi ou jeudi pour reconnaître la catastrophe naturelle ». « Les activités économiques, dont agricoles, feront aussi l’objet de solidarité nationale. Pour les collectivités, le gouvernement mobilisera les enveloppes de solidarité exceptionnelles pour les communes comme le fonds hydraulique copartagé entre la préfecture et le Département », détaille-t-il.

Mais le message peine à convaincre. « Certains maires boycottent votre venue », lance directement le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Martial Alvarez (DVD), fataliste : « Les effets d’annonce seront vite emportés […]. Vous n’aurez pas les moyens budgétaires de modifier le projet de loi de finances », le PLF. Depuis sa cellule de crise, la même colère perce dans la voix de Vincent Goyet, maire (LR) de Saint-Mitre-les-Remparts, où une victime est à déplorer. « Nous vivons au quotidien des violences, mais les plus insupportables sont celles des règles absurdes et des manques de moyens », assène l’édile. « J’entends ce que vous dites, mais l’État s’applique une contrainte plus grande encore », rétorque le ministre.

« Quand on fait, ça paye »

Face à lui, les élus sont unanimes. « Nous avons vécu le dérèglement climatique, il est là et on a besoin d’être aidés », plaide le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola. « Nous sommes les remparts de la République, mais nous arrivons à un point de rupture avec ce PLF qui pourrait faire tomber ces remparts », prévient l’édile. Sur ce sujet, Michel Illac (DVG), maire d’Ensuès, complète, à distance : « Nous avons moins été impactés car des travaux ont été faits. Donc quand on fait, ça paye ».

Les élus sont aussi force de proposition. « Donnez-nous les moyens, comme avec le Fonds vert, on connaît nos communes, on sait où ça inonde et comment on peut aménager », souligne Maxime Marchand (EELV), de Sausset-les-Pins. « Exemptez de taxes comme la FCTVA les villes reconnues en catastrophe naturelle », propose Frédéric Vigouroux (DVG), depuis Miramas. Ce dernier pointe aussi le souci des canaux d’irrigation gérés par des Associations syndicales autorisées (ASA) : « Ils ont débordé, il faut réfléchir à une nouvelle réglementation et investissement car ils sont dans un état complexe. » Nicolas Isnard retient que « mobiliser l’armée dans ces moments est précieux » et appelle à « exonérer de baisse de dotation les villes impactées ».

Si les finances ne relèvent pas directement de son portefeuille, le ministre propose de suivre les diverses propositions. Du reste, « la méthode » proposée est « que Nicolas Isnard et Martine Vassal recueillent les demandes budgétaires ». « Je sais que c’est dur, mais pour que l’État reste fort, il faut que nos comptes soient en ordre et je sais que je peux compter sur vous », conclut le ministre, avec clause de revoyure « d’ici la fin de l’année ».

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