Tag: Catastrophe naturelle

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    « Aujourd’hui, nous devons faire face à une réalité : le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les périodes de sécheresse s’intensifient, les températures augmentent, les ressources en eau deviennent plus fragiles et les épisodes de pluies intenses peuvent accentuer les risques d’inondations », a expliqué mardi le président du syndicat mixte Asse Bléone, Claude Fiaert, en marge de la signature du contrat eau et climat 2026 – 2030, avec le Département, la Région, le maire de Digne et la préfète. « Après l’été que nous venons de passer, nous savons toutes et tous à quel point les questions liées à l’eau, à la préservation de nos ressources et aux risques d’inondation sont devenues concrètes et permanentes sur nos territoires », a ajouté Julien Di Benedetto, le maire de Digne-les-Bains.

    « La ressource en eau est déjà perturbée par l’action de l’homme, par les prélèvements trop importants, par les pollutions, par la modification des cours d’eau, et puis on a ce changement climatique qui vient rajouter une couche sur ces effets et qui crée un cercle vicieux avec de l’eau qui tombe à des moments très erratiques, trop au moment où on n’en a pas besoin, pas assez quand on en a besoin », a estimé Annick Mievre, directrice de la délégation Paca Corse à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Même les pluies « ne sont plus efficaces puisque l’eau s’évapore très rapidement, les sols s’assèchent et quand il repleut à nouveau, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et crée parfois des inondations », a-t-elle précisé. De plus, « moins il y a d’eau dans les milieux naturels, plus les polluants que nous y déversons se concentrent, et plus la vie aquatique est perturbée, mais aussi plus l’eau qu’on boit est polluée, et plus on a de coût pour les services d’eau potable », a déploré Annick Mievre. Face à ces enjeux primordiaux, « tout le monde doit se mobiliser et travailler ensemble », puisque « la question de l’eau concerne tout le monde », a-t-elle martelé. C’était précisément la démarche de la signature de ce contrat eau et climat, mardi.

    Une gestion éprouvante

    Claude Bondil, conseiller départemental délégué aux routes ou encore à l’administration générale, a de son côté évoqué l’importance « d’assurer la sobriété des usages ». C’est en tout cas l’engagement que le département prend dans le cadre de ce contrat, a-t-il promis. Le budget annuel du département « pour aider les investissements sur l’eau potable, l’assainissement et l’hydraulique agricole est de trois millions d’euros », a rappelé Claude Bondil, qui espère « préserver la vitalité de la Bléone et la pérennité de la ressource en eau ».

    Jean-Charles Borghini, maire de La Brillanne et conseiller régional qui représentait le nouveau président de la Région, François de Canson (DVD), a salué « le travail collectif », « plus facile ici, où on se connaît tous ». « Nous avons été la première région en Europe à élaborer un budget vert », a-t-il affirmé.

    La préfète Isabelle Tomatis a finalement témoigné des difficultés traversées avec la gestion de l’eau, de la sécheresse et des aléas climatiques. Le traitement de la rivière de l’Asse « a été une épreuve tout l’été » pour elle, a-t-elle confié. « Depuis que je suis préfète, je n’ai jamais autant de ma vie aimé la pluie », a-t-elle ironisé, soulignant la « belle réussite collective » que représente selon elle la signature de ce contrat eau et climat.

    Les élus et représentants des différentes institutions et associations, présentes en nombre, ont ensuite visité le chantier titanesque de « restauration des continuités écologiques » sur la rivière de la Bléone, à Digne-les-Bains.

    La signature de ce contrat et la visite du chantier tombaient à pic, alors que la préfecture vient de placer, lundi, l’Asse, l’Esteron et le Lauzon en crise sécheresse.

  • [Quoi de neuf] « Le climat est la troisième étape de notre histoire »

    [Quoi de neuf] « Le climat est la troisième étape de notre histoire »

    Françoise Verna : « Montpellier 20.50 organise le 1er octobre* un colloque intitulé « Des territoires inassurables ? » Pourquoi avez-vous choisi de prendre la question climatique sous cet angle assurantiel ?

    Jean-Luc Wolf : Je suis un professionnel des assurances, courtier en grande entreprise, et cela fait pas mal de temps que je m’inquiète du déséquilibre de ce qu’on appelle le fond Cat Nat [fonds Catastrophe Naturelle].

    J’explique, en deux mots, ce qu’est ce régime : En 1981, la Saône, le Rhône, la Garonne, dans le même hiver, avaient débordé et causé de graves inondations. Pratiquement un an après, le gouvernement a mis en place un système d’assurance obligatoire instaurant un régime de protection collective. C’est-à-dire que dans tous les contrats « dommages », qu’il s’agisse de notre maison, d’une usine, d’une voiture etc, on payait une quote-part qui était dévolue à ce fonds Cat Nat. Au départ, cela coûtait 5,5%, donc c’était relativement dérisoire. Au fur et à mesure que les catastrophes naturelles ont continué à augmenter, il a fallu augmenter les cotisations. À titre d’exemple, au 1er janvier 2026 nous payons 20% de nos primes d’assurances pour ce fonds Cat Nat.

    Olivier Nottale : Cela a donc énormément augmenté…

    Jean-Luc Wolf : Oui et je dois dire qu’il y a une désinformation à propos des assurances. Les médias disent « les assureurs augmentent ». Vous savez, ils n’ont pas toujours bonne réputation… Alors que les assureurs ont une activité économique vraiment essentielle. Il a fallu encore une fois augmenter considérablement. Aujourd’hui, au-delà des augmentations, la question que nous nous posons c’est « qu’est-ce qui va se passer demain ? » et est-ce que ce sera suffisant ? On ne va pas passer de 20 à 30% et de 30 à 40% ! Quand on nous dit « les assureurs augmentent » ce n’est pas forcément eux, c’est surtout, à chaque fois, la partie qui va au fonds Cat-Nat.

    Françoise Verna : Le fonds Cat Nat est un régime qui existe depuis 1982 et, surtout, il est spécifique à notre pays, n’est-ce pas ?

    Jean-Luc Wolf : En France, nous avons le meilleur régime de protection collective au monde sur ce plan-là. La caisse centrale de réassurance est le grand organisme de réassurance de l’État qui nous garantit une couverture définitive au-delà de ce que les assureurs et leurs propres réassureurs peuvent payer.

    Olivier Nottale : Ne doit-on pas redéfinir la notion de catastrophe naturelle ? Cela a évolué depuis 40 ans ?

    Jean-Luc Wolf : Au départ, cette couverture avait pour but de garantir ce qui ne l’était pas dans les contrats classiques : inondations, débordements de fleuve… L’État a demandé aux assureurs d’ajouter aux assurances multirisques les tempêtes, la neige, la grêle.

    Joseph Mornet : C’est revenu dans l’actualité puisqu’à la suite de la tornade à Paumas [Aude], près de Limoux, la présidente de la Région Occitanie, accompagnée de deux sénateurs, ont fait une demande pour qu’il y ait une reconnaissance de la tornade comme catastrophe naturelle.

    Françoise Verna : Justement, cette question du climat est au centre de votre colloque. Précisez-nous le rôle de Montpellier 20.50 ?

    Joseph Mornet : On est né en 2011. Notre but était de réunir un certain nombre de citoyens de la ville de Montpellier et de son territoire élargi, qui avaient envie d’intervenir sur la vie de ce territoire sans pour autant être un élu ou avoir une fonction politique. Cela a été très très riche. Dans un premier temps on s’était fixé un objectif pour les municipales de 2014, d’être une force de propositions pour les candidats. On s’est appelé Montpellier 20.20. Quand on est arrivé en 2020, on a eu envie de continuer. On a, à chaque fois, essayé d’intervenir sur des événements locaux. On a beaucoup travaillé sur les échéances des régionales avec la création de la grande région Occitanie. À ce moment-là, on s’est mis en partenariat avec deux autres laboratoires d’idées à Nîmes qui s’appelle TPNA** et à Toulouse avec la Compagnie Riquet. Nous avons publié deux ouvrages et organisée une grande journée commune à Narbonne [en 2015, « Dessine moi une région »]. Nous nous inscrivons, le 1er octobre, dans la continuité puisque c’est à nouveau Joël Echevarria qui animera notre colloque ; une personnalité : c’est le directeur général délégué de la Toulouse School of Economy.

    Olivier Nottale : Revenons à la question climatique.

    Joseph Mornet : C’est la troisième étape de notre histoire. Nous nous sommes concentrés sur les problèmes de la planète, de l’écologie. On a fait deux journées consacrées à l’eau et à la Méditerranée. Et maintenant ce colloque où la question du climat est traitée sous l’angle des assurances. Nous allons faire appel à des experts notamment du Giec, Alexis Roumagnac, Denis Lacroix… On aura aussi des politiques comme Thomas Dubiez de la Métropole de Montpellier qui a mis en place tout un programme pour faire face au changement climatique.

    *Jeudi 1er octobre à partir de 9h30, colloque « Des territoires inassurables ? » Salle Voltaire, 27-29 Bd Sarrail, Montpellier, entrée gratuite.

    **Tout pour Nîmes et son agglomération.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Aux Arcs, un soulagement mesuré après la fixation de l’incendie

    Aux Arcs, un soulagement mesuré après la fixation de l’incendie

    Mardi matin, c’est un sentiment « d’apaisement » qui animait le maire (DVC) des Arcs-sur-Argens, Marcel Florent, après la fixation, lundi soir, de l’incendie qui a parcouru 200 hectares sur sa commune et celle de Taradeau. Pendant près de 48h, il a, avec son équipe, participé à l’appui du Sdis 83 (fourniture de repas, mise à disposition de douches, aide aux évacuations…) tout en se mobilisant pour ses administrés. Ex-sapeur-pompier, il est rompu à ces moments où chaque minute compte, comme ce fut déjà le cas aux Arcs, en 2003, lorsqu’un feu s’était déclaré « déjà sur la colline de Taradeau, suivant le même chemin que dimanche, à part qu’il n’avait pas touché les maisons », se remémore-t-il.

    Des habitations depuis lesquelles il a assisté, alors qu’il participait aux évacuations des habitants dimanche, au passage « d’une boule de feu », décrit-il, qui « a transpercé sur 200 à 300 mètres les villas des quartiers résidentiels de la partie haute de la ville », avant de mettre feu à des végétaux dans la forêt environnante. Le bilan reste limité : onze habitations endommagées, quatre détruites, et onze familles relogées. Les habitants sont appelés à se signaler pour recenser les dégâts, alors qu’un assureur va épauler la municipalité pour la prise en charge des sinistres. Une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle a par ailleurs été adressée à la préfecture. « Les pompiers ont sauvé une centaine de maisons. Ils ont mis le paquet dès le départ et ont été d’une grande efficacité », salue Marcel Florent.

    Le vent ne va pas s’arrêter

    Toute la nuit durant, ces derniers ont réalisé « un travail de fourmis afin d’aller sur chaque point chaud, chaque lisière pour qu’on ait très peu ou pas de risque de reprise de feu en limite de celles-ci », décrit le lieutenant-colonel François Barretti. Car les conditions annoncées ce mardi, entre vent chaud et hygrométrie (humidité de l’air) très faible, autour de 15% contre 40 à 60% en temps normal, étaient particulièrement défavorables. Les opérations de noyage se sont ainsi poursuivies durant la matinée grâce à 220 sapeurs-pompiers, mais ont été largement ralenties suite au départ de feu déploré à Pontévès à la mi-journée.

    Il convient désormais, dans une saison record (42 000 hectares brûlés en France depuis début 2026), et alors que le vent va continuer de souffler en fin de semaine, d’améliorer, à court terme, ce qui peut l’être, en attendant des politiques plus engageantes vis-à-vis du changement climatique. « Il faut prendre toutes les précautions : améliorer le débroussaillement notamment sur les haies de résineux, élaguer les branches qui passent au-dessus des habitations, et à moyen terme, mettre des sens uniques dans des chemins très étroits pour favoriser l’accès des pompiers », soumet le président (LR) du conseil départemental, Jean-Louis Masson.

  • [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    « On dit souvent qu’il est possible de tirer du positif de toutes les catastrophes. Je crois que l’École du feu en est un exemple concret » : Nicolas de Monsabert est un habitant de la Pelouque dans le 16e arrondissement de Marseille. Son quartier de l’Estaque a été parmi les plus touchés par l’incendie qui a ravagé une partie des quartiers Nord de la ville à l’été 2025. Le 8 juillet, le feu se déclare aux Pennes-Mirabeau, à proximité de l’autoroute A55. Il parcourt finalement 750 hectares et détruit ou dégrade quelque 90 habitations. Dont celle de Nicolas.

    De cette catastrophe naît une volonté : lutter contre l’oubli, qui souvent fait suite aux événements traumatiques, en tentant d’apprendre à mieux appréhender le feu, inhérent à l’écosystème méditerranéen. Une ambition qui devient réalité lorsque le collectif de l’incendie du 8 juillet, créé au lendemain de la catastrophe, décide, en août, de fonder un sous-groupe de travail : l’École du feu, portée par les habitants, le Bureau des guides et plusieurs experts du feu. L’initiative reçoit, en décembre un financement de la part de la Fondation de France. De quoi monter, sur deux ans, un plan de « recherche-action ».

    Apprendre, transmettre, agir

    « Évidemment, la première étape est celle de la montée en compétences », souligne Julie De Muer. Pour accompagner cet apprentissage, notamment : Jordan Szcrupak, paysagiste concepteur et, depuis 12 ans, spécialiste de l’apport du paysage sur les risques incendies. Son rôle : « Sensibiliser à la fois les habitants et les pouvoirs publics aux manières dont on peut adapter nos constructions dans les zones à fort risque incendie ».

    D’autres experts, comme Élise Boutié, anthropologue, proposent une approche moins technique et reviennent sur le rapport qu’entretiennent les sociétés avec le feu. Pour retenir toutes ces informations, des artistes, telle que Garance Maurer, qui produit depuis trois ans des travaux autour du feu, réfléchissent, toujours en collaboration avec les habitants, à des méthodes pour   accompagner la digestion collective des apprentissages ».

    Mais l’École du feu ne se veut pas que théorique, au contraire. Plusieurs « travaux pratiques » ont déjà été mis en place, comme la création d’une pépinière dans l’un des secteurs touchés par le feu. Parmi ses futures ambitions : mettre en place un « troupeau du feu », qui pourrait assurer un rôle de débroussaillage, essentiel pour limiter l’expansion d’un incendie. « C’est un vrai projet politique de vivre ensemble », apprécie Nicolas de Monsabert, très impliqué dans le groupe de travail.

    Une exposition retraçant la première année de travaux de l’École du feu se tiendra début juillet à l’Estaque.

    Margot Milhaud La Marseillaise

  • Une tour menace de s’effondrer sur un village du Verdon

    Une tour menace de s’effondrer sur un village du Verdon

    Tout a commencé en 2022, lorsque les habitants et les élus du village sud alpin constatent « des vidanges sédimentaires sur les blocs », soutenant la tour construite au XIVe siècle, dans les failles rocheuses. « Cela nous alerte, nous intrigue. On s’aperçoit que ça a bougé à plusieurs endroits », se rappelle Laurence Dépieds, la maire (SE) de la commune. « Il y avait eu en 2022 un précédent avec la chute d’un pénitent aux Mées », ajoute l’édile.

    « Les signaux sont négatifs, on engage sans attendre une étude, un diagnostic précis qui va nous permettre d’y voir clair », explique-t-elle. Le diagnostic tombe début 2023, et conclut à un danger imminent dû à une bascule de la tour, résultat d’un « grand glissement de terrain, un mouvement majeur de plaques » qui provoque le mouvement de l’édifice, « fracturé, fissuré, éclaté ». À ce moment-là, « il faut prendre une décision, on ne sait pas si l’effondrement est pour tout de suite ou dans 10 ans, mais s’il y a un événement majeur du type pluie intense, sécheresse, tremblement de terre, ça ne résistera pas », s’alarme Laurence Dépieds.

    Des habitants évacués

    « En avril, il se met à pleuvoir tous les jours, ça dure, on se dit qu’on ne peut plus reculer donc on établit un périmètre d’effondrement de la tour qui nous permet de savoir quelles maisons on évacue », se rappelle la maire. « Cela a été très difficile pour les habitants, du jour au lendemain, je suis allée les voir pour leur dire de partir. » Pendant plus d’un an, ils sont relogés par la mairie.

    Comme solution de sécurisation d’urgence, deux contrefiches ont été installées « pour éviter un effondrement en cas de mouvement léger. Évidemment, si on a un tremblement de terre, ça ne retiendra pas la tour », regrette Laurence Dépieds. « On ne connaît pas le point de rupture, on ne sait pas jusqu’où la tour va supporter l’inclinaison et le mouvement de sol. » Des capteurs connectés ont également été installés pour détecter les mouvements des rochers et l’inclinaison de la tour. « On reçoit des alertes quand les seuils tolérés sont dépassés, une alarme sonne dans le village en cas d’alerte », explique l’édile. Elle constate chaque jour les mouvements de la tour, qui continue à s’incliner.

    « Il faut éviter tout mouvement. On a bloqué une rue sous la tour pour éviter que les passants causent des vibrations », précise Laurence Dépieds. Elle a reçu jeudi dernier les résultats de l’étude concernant les travaux de sécurisation définitive, qui devraient commencer en septembre ou octobre et coûter 1 million d’euros. Le village au petit budget a déjà recueilli 70 000 euros de la Fondation du patrimoine et espère d’autres subventions.

  • [Rétrospective environnement 2025] Un incendie ravage le haut de l’Estaque

    [Rétrospective environnement 2025] Un incendie ravage le haut de l’Estaque

    Parti de l’A55, l’incendie a parcouru les collines et dévasté à peu près tout sur son passage. Il était tout juste stabilisé le lendemain et Marseille réalisait que la solidarité des habitants avait joué à plein dans les vallons les plus difficiles d’accès.Ce jour-là, le mistral soufflait à plus de 80 kilomètres-heure et la végétation, garrigue et pinède, affichait un niveau de sécheresse exceptionnel, facilitant la propagation du sinistre. Mais dès les premiers jours, des sinistrés remettaient en question la stratégie de lutte contre les incendies. Le préfet avait quant à lui fait savoir qu’il « assume tous les choix ». Les habitants ont souvent dû intervenir seuls aux premières heures, puisant dans l’eau des piscines, des bassins. S’organisant pour évacuer les plus fragiles ou ceux dont les véhicules étaient dévorés par les flammes.

    Des questions en suspens
    Des torrents de boue dévalent des collines
    Le 21 septembre, de violents orages frappent Marseille et l’Estaque est à nouveau très durement touché. Les pluies diluviennes se transforment en quelques heures en torrents et embarquent les restes de l’incendie de juillet, pénétrant jusque dans les maisons d’habitants découragés.
    Le projet de carrière Borie abandonné le 14 avril

    Défenseur du projet depuis 2022, le maire (LR) d’Aubagne, Gérard Gazay, informe les habitants par courrier que « la renaturation de la carrière Borie » ne se fera pas. Ce site, à la Pérussonne, devait être comblé par des gravats de l’entreprise Bronzo-Perasso. Les camions seraient passés par le camp de Carpiagne. Mais cette traversée ne serait plus permise. Immense satisfaction du collectif carrière Borie, fervent opposant à ce projet depuis le début, qui analyse cet abandon comme une manière pour le maire d’éteindre un mécontentement à l’approche des municipales.

  • La Préfecture veut améliorer la gestion des intempéries

    La Préfecture veut améliorer la gestion des intempéries

    En 2025, le Var n’a pas été épargné par les intempéries. Au total, on recense, au 17 décembre, 61 dispositifs de vigilance jaune pluie-inondation et/ou orages, et 7 de vigilance orange. Un décompte qui s’accentue au rythme du changement climatique, au même titre que l’intensité des événements, « parfois anticipés avec très peu de préavis au vu de l’état de l’art de la météorologie », argumente la Préfecture.

    Car elle en a conscience : les services de l’État n’ont pas été exempts de critiques, notamment concernant la prévention. En premier lieu, pour la gestion de l’épisode pluvieux du 21 septembre, et le maintien du match de rugby entre Toulon et La Rochelle, en dépit de la vigilance orange, ce qui avait mis potentiellement en danger les milliers de spectateurs venus y assister. Dans le même temps, la Préfecture des Bouches-du-Rhône annulait par précaution celui qui devait opposer l’OM au PSG, en Ligue 1 de football. « Les prévisions décrivaient le phénomène comme moins intense que dans les Bouches-du-Rhône et peu stationnaire. Pourtant, des records ont été enregistrés, notamment au Castellet (86,8 mm en une heure) et à Toulon (89,5 mm en une heure) », se justifie la Préfecture du Var, qui indique que « les travaux et les pompages ont été très rapidement engagés », et que 30 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle.

    La concertation pour apporter des réponses

    Également mentionnés, les deux épisodes des 17 et 22 octobre, qui ont touché Saint-Tropez et Toulon, et qui, « en l’absence de vigilance météo, n’avaient pas pu être signalés à la population ». Afin « d’améliorer la caractérisation des phénomènes (pluviométrie/heure, stationnarité, temporalité) nécessaire à une alerte adaptée et à une prise de décision éclairée », la préfecture a mené des réunions avec les services de l’État (dont Météo-France), les communes, et les représentants du RCT et de la Ligue Nationale de Rugby.

    Ainsi, Météo France veillera désormais à préciser l’intensité des précipitations (notamment en distinguant les cumuls par heure des cumuls globaux) et à signaler les phénomènes stationnaires. Un plan de crise est prévu pour gérer les afflux du stade Mayol, tout comme des exercices impliquant les services de l’État concernés, les forces de l’ordre et les services de sécurité privée. Enfin, « des axes d’amélioration concrets sont d’ores-et-déjà appliqués » concernant les dispositifs d’alerte face à des phénomènes soudains et localisés, comme ceux d’octobre, qui ont mis en lumière les vulnérabilités du territoire en la matière. La question de la bétonisation, notamment mise en cause par certains acteurs dans l’épisode de mai qui avait coûté la vie à deux personnes au Lavandou, n’a en revanche pas été abordée.

  • En Espagne, douleur et colère un an après la catastrophe

    En Espagne, douleur et colère un an après la catastrophe

    Le 29 octobre 2024 des inondations dévastatrices ravageaient villes et villages dans le sud-est de l’Espagne. 237 personnes trouvaient la mort dont 229 dans la région de Valence. Les pluies torrentielles dans la nuit du 28 au 29 octobre atteignirent par endroit, en quelques heures, jusqu’à 700 litres au mètre carré. À la tragédie humaine, il faut ajouter la destruction de centaines de maisons, de routes, de diverses infrastructures et équipements collectifs. Cet évènement est considéré comme la pire catastrophe hydrologique de l’Espagne.

    Quelques jours plus tôt, dès le 23 octobre, l’Agence d’État espagnole de Météorologie (AEMET) alertait sur la formation imminente d’une goutte froide, la DANA, ce qui veut dire : dépression isolée en haute altitude. Le 28 octobre, vers 22h d’importants orages de grêle commencent à s’abattre sur la région. Dès le 29 au matin l’AEMET émet une alerte rouge. Il aura fallu attendre 20h11 pour que l’alerte soit donnée par la Generalitat de Valence alors que les morts se comptaient déjà par dizaines.

    Au-delà du traumatisme, toujours présent dans les populations affectées par ce drame, il y a une colère qui ne cesse de s’amplifier depuis un an. Samedi dernier des milliers de manifestants à Valence ont demandé vérité, justice et réparation et la démission du président de la Generalitat de Valence Carlos Mazon, membre du Parti Populaire, dont l’attitude le jour de la tragédie ne cesse de poser des questions. Alors que la situation s’aggravait au fil de la journée, Carlos Mazon s’absentait vers 15h, pour un déjeuner au restaurant avec une journaliste, pour un entretien d’embauche qui devait durer quatre heures. Injoignable, aucune décision ne pouvait être prise. Ce n’est que vers 20h qu’il réapparaît et fait déclencher l’alerte téléphonique aux populations de la région à 20h11. À cette heure les morts se comptaient déjà par dizaines.

    « Évitables »

    Dans le résumé de l’enquête pénale menée par la juge Nuria Ruiz Tobarra, celle-ci considère que la plupart des décès étaient évitables car ils se sont produits avant que les autorités n’envoient à 20h11 un message d’alerte tardifs vers les portables qui demandait « d’éviter tout déplacement dans la province de Valence ». Mais à ce moment là les gens avaient déjà pris leur voiture et rentraient du travail ou étaient descendus dans les garages pour essayer de sauver leurs véhicules. Au total, 103 corps sans vie ont été retrouvés dans des rez-de-chaussée, sur des parkings et dans des sous-sols. Le 112 avait déjà reçu plus de 15 000 appels de détresse avant le déclenchement de l’alerte. Dans une garderie de Paiporta, une des communes les plus touchées, les enfants jouent à empiler des petites voitures, car ils ont en mémoire l’image gravée pour toujours en eux, des cimetières de voitures à chaque coin de rue. Au total, 140 000 véhicules ont été répertoriés dans les casses de la région. Cette catastrophe a aussi révélé une forte solidarité de milliers de bénévoles organisés via les réseaux sociaux, venus apporter leur aide dans les zones les plus touchées. Ça été aussi le déploiement de plus de 30 000 soldats, menant à bien 12 552 missions sur une superficie de 4 608km² soit 43% de la provincede Valence, où 72 communes ont été touchées.

    Ce mercredi 29 octobre des funérailles d’État auront lieu à la cité des Arts et des Sciences de Valence afin de rendre hommage aux victimes. La cérémonie débutera à 18 heures en présence des familles, de Pedro Sanchez chef du gouvernement, Carlos Mazon président de la Generalitat et le Roi Felipe VI.

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.

  • Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Déclenchée à 16h dimanche, la vigilance orange orages, pluie et inondation s’est achevée lundi à 3h du matin. Entre temps, les importants cumuls d’eau tombés sur le Var, notamment sur le littoral, ont provoqué de sérieux dégâts. 50 000 foyers ont été privés d’électricité, dont 15 000 sur le secteur Six-Fours – Sanary. Il n’y en avait plus que 1300 lundi midi. Entre 20h et minuit, le SDIS 83 a traité plus de 500 appels et réalisé 300 reconnaissances, 165 interventions, 6 sauvetages (véhicules immergés) et 72 mises en sécurité. 105 engins ont été mobilisés en plus de l’hélicoptère de reconnaissance Dragon 06. Aucune victime n’est heureusement à déplorer.

    Procédure de catastrophe naturelle enclenchée

    Parmi les villes les plus touchées, Toulon, où on recense 122 mm de pluie, dont 90 mm en une heure, un record. Le quartier du Pont de Las a particulièrement souffert, avec des centaines de logements et caves inondés et des voitures immergées. L’école des Œillets, seul établissement touché, rouvrira ses portes jeudi. Le rez-de-chaussée du centre Mayol n’a pas pu ouvrir, de nombreuses boutiques ayant subi des dégâts.

    Dans la même zone, le match entre le RC Toulon et La Rochelle a dû être annulé, malgré la décision originelle de la Préfecture de le maintenir. Les 13 000 supporters présents au stade Mayol ont été évacués sans incident, mais non sans colère : « La Préfecture nous a rassuré quant aux conditions de sécurité, alors que le match aurait dû être annulé bien avant,. C’est de l’inconscience et de la mise en danger de la vie d’autrui ! », pestait notamment Frédéric, venu de Draguignan, ville plutôt épargnée, à l’image du centre-Var dans son ensemble. Au total, six secteurs ont fait l’objet, tout au long de la journée, d’opérations de recherche, d’assistance et de pompage sur les communes de La Garde (où le plafond de l’EHPAD du Mas de Senes s’est effondré) – La Valette ; La Seyne – Ollioules ; Saint-Cyr – Evenos – Le Beausset ; Sanary – Six-Fours ; Toulon et Toulon Ouest. Plusieurs communes ont ainsi déclenché le plan communal de sauvegarde (Toulon, La Farlède, La Valette-du-Var, La Garde).

    Le Haut-Var et le massif de la Sainte-Baume ont aussi subi d’importants cumuls, avec 136 mm à Signes, 95 mm à Saint-Maximin et 96 mm à Varages. Mais c’est au Castellet qu’on a déploré les plus fortes quantités de pluie, avec 148 mm, dont 127 mm en trois heures, records absolus. Le réseau de défense incendie est notamment impacté.

    En conséquence, le préfet a décidé d’enclencher la procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ce lundi.