Tag: investissement

  • Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Nous sommes dans une situation de maltraitance étatique comme nous en avons rarement connu. Depuis dix ans, nous alertons sur les mêmes incohérences et insuffisances de la part de l’État, qui assèche les fonds destinés aux services publics et aux collectivités locales », a déclaré Jean-Marie Bernard (LR), lors de la séance du Conseil départemental ce mardi. Le président des Hautes-Alpes a donné le ton : les questions d’orientations budgétaires ont dominé l’ordre du jour, sur fond d’inquiétude des élus quant aux marges de manœuvre financière du Département.

    Alors que le gouvernement fait face à une situation financière critique, le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) entend mettre à contribution, entre autres, les départements. « Mais nous refusons d’endosser la responsabilité des conséquences budgétaires de l’État », a poursuivi l’élu, dénonçant la « condescendance » du gouvernement. « Le Département est, avec la commune, le service public de proximité par excellence. Nous finançons les routes, les collèges, des projets d’aménagements pour nos vallées, et nous garantissons une solidarité entre concitoyens, que ce soit sur la question du handicap, de l’insertion ou du vieillissement. » Les élus sont unanimes sur la nécessité de « continuer à faire tourner le Département » et de « faire autant avec moins ».

    Plus de dépenses,

    moins de recettes

    Patrick Ricou, en charge des finances, a présenté les différentes contraintes. À commencer par le contexte budgétaire national, qui impacte aussi les collectivités locales : « Nous avons une croissance nationale qui tâtonne, et de l’autre côté une inflation qui ne cesse de grimper. La dette de notre pays et l’augmentation des taux d’intérêt sont une vraie préoccupation ».

    Si le PLF 2027 est adopté tel qu’il est aujourd’hui prévu, le Département devra contribuer « à l’effort national ». Ce qui signifie, concrètement, plus de dépenses et moins de recettes. Les Hautes-Alpes devront dépenser 2,1 millions d’euros dans le cadre de la Contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB), et verront leurs frais augmenter du fait de « mesures exogènes », comme la hausse du montant du Smic ou l’évolution des prestations sociales. Elles verront également leurs recettes diminuer de 2,81 millions d’euros à cause du blocage du gel de la TVA et de la baisse du FCTVA, une aide de l’État qui rembourse aux collectivités la TVA qu’elles paient lorsqu’elles réalisent des investissements. « On est en plein dans un effet ciseau, a dénoncé Patrick Ricou, des dépenses rigides avec peu de marge de manœuvre, des recettes peu dynamiques et une ponction importante de l’État pour le redressement des finances publiques. »

    Mais pas question de réduire les investissements « en faveur du territoire » : « Il est donc impératif de stabiliser la courbe des dépenses de fonctionnement, qui concernent notamment la masse salariale ». Pour cela, les élus prévoient de mener « des efforts de gestion », de stabiliser le niveau d’épargne et d’augmenter le taux des DMTO, des frais de notaire qui s’appliquent aux citoyens lors d’un achat immobilier. Il passera de 4,5% à 5%, mais les primo-accédants seront épargnés de cette revalorisation.

    Ces mesures permettront d’envisager un niveau d’investissement annuel qui reste important, de l’ordre de 56 millions d’euros. Car malgré ces contraintes, le Département assure maintenir ses engagements pour 2027 : modernisation des infrastructures routières, amélioration du patrimoine scolaire, solidarité humaine ou encore réduction de la fracture numérique.

  • L’ultime bataille des salariés à la Cartonnerie Moderne

    L’ultime bataille des salariés à la Cartonnerie Moderne

    Devant les portes de l’antenne d’Entraigues de Wefold, ex-Cartonnerie Moderne, une vingtaine de salariés sont agglutinés autour de panneaux « en grève » et « fermeture définitive le 15.02.27 ». Comme les inscriptions l’évoquent, ils viennent d’apprendre que leur entreprise spécialisée dans les emballages carton de pâtisserie, forte de 120 ans d’histoire, va cesser définitivement son activité.

    Une grève soutenue par la CGT de Vaucluse a donc été lancée, ce jeudi 29 octobre, alors que des négociations se poursuivent entre la direction et les représentants des salariés. Pour l’heure, 29 personnes restent sur le carreau, dont 19 en Vaucluse, mais aussi une dizaine entre les sites de Saint-Étienne et Gap. « On veut nous donner le minimum et ça, on ne l’accepte pas. Plus de 60% d’entre nous ont plus de 50 ans et on ne retrouvera pas de boulot facilement. Surtout dans notre secteur, l’imprimerie et le carton, qui n’est pas le plus porteur », confie l’un des employés, qui souhaitent tous rester anonymes. Ils demandent donc de meilleures conditions de sortie, estimant que la fermeture est actée. « On est une ex-petite structure rachetée par une multinationale. Et on a l’impression qu’on nous propose les défauts des deux régimes, c’est-à-dire le strict minimum », glisse, exaspérée, une salariée.

    Le rachat pointé

    Au même moment, un comité social et économique (CSE) se tenait dans l’entreprise entre les représentants du personnel et la direction. « Mais ça n’a rien donné pour l’instant. L’information remonte plus haut, on n’aura pas de réponses de suite. Donc on continue la grève », confie un salarié en début d’après-midi.

    En 120 ans d’existence, l’entreprise a changé plusieurs fois de mains. Et c’est la dernière reprise qui est pointée du doigt unanimement par les personnes présentes. En effet, c’est le groupe Guillin, coté en Bourse et qui affiche un chiffre d’affaires de 885 millions d’euros, qui a racheté la Cartonnerie Moderne et ses antennes de Saint-Étienne et Gap, qui vont aussi fermer. Dans un communiqué de presse datant du 28 avril 2025, le groupe Guillin se targuait d’avoir racheté, via sa société Wefold Diffusion, les fonds de commerce des trois structures. Une acquisition qui, affirmait alors la multinationale, aurait permis à ses clients d’avoir « un écosystème unique encore plus performant, capable de répondre instantanément à l’ensemble de leurs besoins quel que soit le matériau, les usages et fonctionnalités demandés, jouant ainsi pleinement son rôle de leader français de la boîte pâtissière et du snacking ».

    « En un an et demi, il n’y a eu aucun investissement. Donc on se disait qu’il y avait une anguille sous roche. On pense qu’ils voulaient seulement récupérer nos clients », regrette une employée. Contacté, le groupe Guillin n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • L’état attendu au tournant face aux intempéries

    L’état attendu au tournant face aux intempéries

    Soixante-quinze millions d’euros sont inscrits « dans le projet de budget de Sébastien Lecornu pour la dotation de solidarité des équipements communaux ». Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre (Renaissance), a tendu la carotte à l’issue de sa rencontre avec les maires et représentants des collectivités, ce vendredi, à Grans.

    Quatre jours après les intempéries « centennales », selon le président de la Métropole et maire de Salon-de-Provence Nicolas Isnard (LR), le ministre a assuré qu’« après la commission de mardi prochain, le décret sera pris mercredi ou jeudi pour reconnaître la catastrophe naturelle ». « Les activités économiques, dont agricoles, feront aussi l’objet de solidarité nationale. Pour les collectivités, le gouvernement mobilisera les enveloppes de solidarité exceptionnelles pour les communes comme le fonds hydraulique copartagé entre la préfecture et le Département », détaille-t-il.

    Mais le message peine à convaincre. « Certains maires boycottent votre venue », lance directement le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Martial Alvarez (DVD), fataliste : « Les effets d’annonce seront vite emportés […]. Vous n’aurez pas les moyens budgétaires de modifier le projet de loi de finances », le PLF. Depuis sa cellule de crise, la même colère perce dans la voix de Vincent Goyet, maire (LR) de Saint-Mitre-les-Remparts, où une victime est à déplorer. « Nous vivons au quotidien des violences, mais les plus insupportables sont celles des règles absurdes et des manques de moyens », assène l’édile. « J’entends ce que vous dites, mais l’État s’applique une contrainte plus grande encore », rétorque le ministre.

    « Quand on fait, ça paye »

    Face à lui, les élus sont unanimes. « Nous avons vécu le dérèglement climatique, il est là et on a besoin d’être aidés », plaide le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola. « Nous sommes les remparts de la République, mais nous arrivons à un point de rupture avec ce PLF qui pourrait faire tomber ces remparts », prévient l’édile. Sur ce sujet, Michel Illac (DVG), maire d’Ensuès, complète, à distance : « Nous avons moins été impactés car des travaux ont été faits. Donc quand on fait, ça paye ».

    Les élus sont aussi force de proposition. « Donnez-nous les moyens, comme avec le Fonds vert, on connaît nos communes, on sait où ça inonde et comment on peut aménager », souligne Maxime Marchand (EELV), de Sausset-les-Pins. « Exemptez de taxes comme la FCTVA les villes reconnues en catastrophe naturelle », propose Frédéric Vigouroux (DVG), depuis Miramas. Ce dernier pointe aussi le souci des canaux d’irrigation gérés par des Associations syndicales autorisées (ASA) : « Ils ont débordé, il faut réfléchir à une nouvelle réglementation et investissement car ils sont dans un état complexe. » Nicolas Isnard retient que « mobiliser l’armée dans ces moments est précieux » et appelle à « exonérer de baisse de dotation les villes impactées ».

    Si les finances ne relèvent pas directement de son portefeuille, le ministre propose de suivre les diverses propositions. Du reste, « la méthode » proposée est « que Nicolas Isnard et Martine Vassal recueillent les demandes budgétaires ». « Je sais que c’est dur, mais pour que l’État reste fort, il faut que nos comptes soient en ordre et je sais que je peux compter sur vous », conclut le ministre, avec clause de revoyure « d’ici la fin de l’année ».

  • Plus qu’un seul bac pour les déchets recyclables : le Sittomat va simplifier le tri sélectif pour 370 000 Varois

    Plus qu’un seul bac pour les déchets recyclables : le Sittomat va simplifier le tri sélectif pour 370 000 Varois

    Dans quel bac mettre mes déchets recyclables ? Cette question, les 370 000 habitants de l’aire toulonnaise, de la zone sud Sainte-Baume et de la vallée du Gapeau qui disposent encore de deux poubelles de tri distinctes n’auront plus à se la poser, dès le 1er novembre. Comme 95% des Français, ils n’auront plus qu’à déposer leurs emballages plastiques et déchets papier et carton dans le fameux « bac jaune ».

    Une « révolution » qui va permettre d’« augmenter le rendement du tri de près de 20% », se satisfait Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier et président du Sittomat, établissement public en charge de la gestion des déchets pour 545 000 habitants du département, dont ceux du golfe de Saint-Tropez et des Portes des Maures, où ces consignes sont appliquées depuis plusieurs années.

    Cette facilitation est permise par le nouveau centre de tri de La Farlède, infrastructure nécessaire à sa mise en place : « Les centres de tri sont saturés, à Cannes, au Muy, et le nôtre à La Seyne n’était plus adapté », explique Gilles Vincent. Depuis des mois, les déchets étaient ainsi envoyés pour être triés à Nîmes, dans les Bouches-du-Rhône et à Firminy, dans la Loire. Cette nouvelle infrastructure rendra donc l’activité de tri plus rentable, puisque la matière triée pourra être revendue sans intermédiaire à des centres de valorisation.

    Les bacs gris vont disparaître

    Le coût total de cet investissement (sans compter la construction du centre de tri) est de 1,145 million d’euros, dont 500 000 euros financés par Citeo, éco-organisme historique de la filière emballage et papier. Il comprend en premier lieu l’habillage ou le renouvellement de 70 000 bacs et de 2 000 colonnes, qui sera réalisé dans les prochaines semaines. Les bacs gris vont, à ce titre, disparaître, et être collectés pour réaffectation ou recyclage. 130 000 euros vont aussi être investis dans une campagne d’information et de communication (flyers, affichages digitaux, supports média…), que Marie Canton, directrice régionale sud-est de Citéo, estime primordiale, car « ce changement ne se résume pas à changer un bac, c’est un projet de territoire. Ce n’est pas si simple de sensibiliser le citoyen ».

    L’objectif est, in fine, « d’avoir le même geste de tri peu importe où vous allez, pour le rendre plus simple pour l’habitant, pour les touristes également, et que le recyclage soit plus efficace », affirme Marie Canton, alors que la part de plastique recyclé n’atteint pas encore les 30% en France. Et l’intérêt est double : en plus des vertus écologiques, le coût net de la gestion d’une tonne de déchets recyclables se situe autour de 196 euros, contre 343 euros pour des déchets ménagers.

  • [Entretien] Georges Linarès, président d’Avignon université : « L’argent mis dans les universités est un investissement »

    [Entretien] Georges Linarès, président d’Avignon université : « L’argent mis dans les universités est un investissement »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur le mouvement étudiant de ces dernières semaines ?

    Georges Linarès : Ce sont toujours des situations compliquées parce qu’il y a à la fois des revendications, non seulement qu’on comprend, mais aussi qu’on porte depuis quelques années – et qu’on ne porte pas seul. Pour garantir des conditions d’études qui sont correctes d’une part, et d’autre part pour assurer de bonnes conditions de travail aux chercheurs pour pouvoir innover et produire de la science.

    Que répondez-vous concernant
    les demandes plus locales,
    comme les heures d’ouverture
    de la bibliothèque ou l’exonération des frais d’études pour les étudiants étrangers
     ?

    G.L. : Ouvrir la bibliothèque jusqu’à tard le soir et le week-end n’est pas la bonne solution. Ce sont des espaces qui sont très grands et qui coûtent très cher à chauffer ou à rafraîchir Et cela obligerait à ouvrir tout le campus et donc à sécuriser l’ensemble. Ce qui représente une facture à plus de 400 000 euros par an. Mais le besoin des étudiants est cependant bien identifié : le travail à la maison accentue les inégalités et nous devons limiter l’impact des inégalités sociales sur la réussite académique. Une salle d’une centaine de places hors campus va être ouverte jusqu’à 22 heures et le samedi pour y remédier.

    Cette année, on ne peut exonérer que 30% des étudiants extracommunautaires. On peut penser ce qu’on veut de cette loi mais la loi est la loi, il y a une règle et il ne m’appartient pas de décider de respecter ou pas la loi. Mon avis personnel est que c’est une erreur de limiter l’exonération à 30% des étudiants extracommunautaires. Parce que faire venir des étudiants en France, c’est contribuer à la place de la France dans le monde mais c’est aussi drainer du potentiel intellectuel vers la France.

    Qu’attendez-vous du gouvernement ?

    G.L. : Il faut savoir de quel type d’université le pays a besoin. Je crois que la massification de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire l’ouverture très large de l’enseignement supérieur, est une bonne chose pour le pays. Ce sont des perspectives qu’on ouvre à notre jeunesse. Ce sont des choix de société qui doivent se traduire budgétairement. L’argent qui est mis dans les universités, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement pour l’avenir.

  • À Avignon, les policiers municipaux bientôt équipés de tasers et de caméras

    À Avignon, les policiers municipaux bientôt équipés de tasers et de caméras

    Depuis plus de trois mois, Olivier Galzi (DVD) serine que les caisses de la Ville sont vides, accusant l’ancienne majorité de gauche d’avoir laissé un « champ de ruines ». Encore actuellement, des moyens humains sont insuffisants pour ouvrir convenablement les bibliothèques ou les piscines. Mais évidemment, il reste quelques euros à investir, répondant à des choix politiques. « On n’a pas d’argent, mais on peut quand même faire avancer les dossiers sur les trois promesses phares de notre programme », assurait le maire fin août. Notamment sur le volet sécurité, où trois renforts de policiers municipaux en brigade de nuit sont arrivés.

    Mais ce n’est pas tout. À la mi-janvier, la police municipale devrait voir arriver un imposant renfort de matériel : des Taser et des caméras piétons. La Ville vient en effet de lancer un marché, qui court jusqu’au 12 novembre, pour faire l’acquisition, dans un premier temps de 30 pistolets à impulsion électrique (PIE) et 90 caméras piétons. Pas vraiment une surprise, la mesure étant dans le programme du candidat Galzi. « Les policiers gardent leurs armes actuelles, mais le taser sera un complément pour pouvoir avoir une riposte graduée dans les situations sensibles », proposait-il fin janvier. « C’est la suite logique des promesses faites par le candidat », nous répond la Ville, pour qui cet investissement répond à un besoin de « protéger nos agents et réduire leurs risques de blessures graves d’autant qu’il y a la volonté qu’ils soient désormais sur le terrain et non plus dans des bureaux », poursuit la municipalité.

    Batteries, cartouches…

    la facture grimpe

    Le marché, consulté par La Marseillaise, table sur une durée de 4 ans. La municipalité souhaite se doter de tasers 10, soit ce qu’il se fait de mieux actuellement sur le marché. Ils sont d’ailleurs directement reliés à la caméra piéton qui se déclenche lors de son usage et ne doivent servir qu’en cas de légitime défense… « Ces PIE doivent être équipés de systèmes de contrôle permettant d’assurer la traçabilité et la vérification de leur utilisation, et chaque usage donne lieu à un enregistrement visuel et sonore », lit-on dans le marché. « L’utilisation de l’arme est soumise à une mise en garde orale préalable, suivie d’un pointage au faisceau laser vert », précise aussi la commande municipale. Une arme qui ne doit viser ni la tête ni le cou et qui est « interdite à l’encontre des enfants et des femmes enceintes ainsi qu’à l’encontre du conducteur de tout véhicule terrestre en mouvement ».

    L’onde électrique de 50 000 volts est d’une durée maximale de 5 secondes et peut être coupée avant. « Tu vois ce qui se passe, tu es conscient, mais tu es déconnecté, tu ne ressens plus rien, comme une micro-anesthésie », nous glisse un policier municipal, pas en fonction à Avignon, et qui a servi de cobaye lors de sa formation au taser. Une mise en situation qui n’est plus obligatoire lors des formations d’usages. L’autre partie du marché concerne les caméras piétons. La Ville avait fait l’acquisition de quelques unes il y a près de 10 ans mais désormais obsolètes. « Seules quelques caméras sont encore opérationnelles. L’autonomie insuffisante des batteries ainsi que l’impossibilité d’exploiter les vidéos depuis plusieurs sites sont deux points faibles du parc actuel », est-il indiqué dans le marché.

    Si, ni le marché, ni la Ville, n’évoquent la question financière, il s’agit d’un lourd investissement qui avoisinerait les 200 000 euros selon nos estimations. Car au prix d’un taser, autour de 3 000 euros, et de 1 000 euros la caméra, tout un tas d’équipements supplémentaires et obligatoires font grimper la facture : batteries, socles de recharge, étuis, combinaisons d’entraînement, cartouches, licence d’utilisation. Chaque agent formé doit aussi annuellement tirer une cartouche réelle (d’un coût d’environ 220 euros) et deux d’entraînements (35 euros la cartouche). À ce prix-là, pas sûr que la centaine de policiers municipaux soient tous habilités à se servir d’un taser.

  • Nîmes Olympique : leader sur le terrain, divisé en coulisses

    Nîmes Olympique : leader sur le terrain, divisé en coulisses

    Samedi 19 septembre au soir, à Saint-Symphorien-sur-Coise, les Crocos ont encore gagné. Un succès 3-1 chez Haut Lyonnais, le cinquième en autant de journées, et un fauteuil de leader solidement accroché. Sur le terrain, Nîmes Olympique ne pouvait rêver meilleur départ, le meilleur même depuis 1949-1950. Dans les bureaux, le décor est autrement moins réjouissant.

    Ce décalage a pris une dimension très concrète le 14 septembre. Ce jour-là, le président de l’Association Nîmes Olympique, Yannick Liron, a annoncé 630 000 euros de déficit sur l’exercice 2025-2026 : 500 000 euros pour la société Nîmes Olympique Ensemble de Thierry Cenatiempo et 130 000 euros pour l’Association. « Il faut qu’on se mette tous autour de la table et qu’on arrête ce cirque. Il faut siffler la fin de la partie », a-t-il lancé en conférence. Car derrière le trou comptable se cache surtout un profond désaccord sur la manière de solder la saison passée.

    SAS et Association se réclament mutuellement de l’argent. En cause, des refacturations de prestations, de billetterie, de mise à disposition d’infrastructures et surtout la répartition des dépenses liées aux Antonins et à la Bastide. La Ville avait versé 1,1 million d’euros à l’Association lors du sauvetage, mais près de 960 000 euros ont été absorbés par les deux équipements la saison dernière, selon Yannick Liron. En parallèle, environ 100 000 euros de recettes de mécénat et de partenariat promises n’ont jamais été concrétisées. Le montage construit dans l’urgence à l’été 2025 montre aujourd’hui ses coutures.

    « Ce sont des problèmes de personnes »

    L’été avait déjà donné le ton. Début août, Thierry Cenatiempo refusait de signer les conventions d’occupation des Antonins et de la Bastide, jugeant trop élevés les loyers proposés par la nouvelle municipalité. Le bras de fer se doublait alors d’un autre sujet sensible : la fan zone extérieure, où de la bière était vendue, avait été recalée par la préfecture, menaçant une source de recettes pour le club. Après quelques jours de négociations, un compromis était trouvé : 10 000 euros par match aux Antonins et 25 000 euros pour la Bastide, tandis que les buvettes et animations étaient réorganisées à l’intérieur du stade. Un épisode réglé, mais révélateur d’un club où chaque ligne comptable est devenue sensible.

    À l’intérieur aussi, l’équilibre se fragilise. Émiliano Marcos et Philippe Gas, deux entrepreneurs qui avaient participé au sauvetage de 2025 avant de s’éloigner de Thierry Cenatiempo, ont rejoint le conseil d’administration de l’Association. Ils assument désormais vouloir bâtir un « plan B », renforcer la formation locale et mobiliser les entreprises du territoire. Leur autre objectif est symbolique : permettre à l’Association de récupérer avant la fin de l’année la marque Nîmes Olympique, toujours détenue par Rani Assaf. De son côté, Thierry Cenatiempo affiche sa sérénité. Une ouverture de capital doit faire entrer notamment Kevin Denkey et un entrepreneur américain pour environ 700 000 euros, avec d’autres investisseurs annoncés. Le président assure que le dossier a avancé à « 80% », tout en précisant que ces nouveaux fonds n’ont pas vocation à éponger le déficit passé.

    Mais l’échéance est proche. Les comptes doivent être arrêtés avant le passage devant la DNCG fin octobre. L’Association, elle, ne peut pas présenter un exercice déficitaire. « Ce sont des problèmes de personnes. Les personnes, il faut qu’elles se rencontrent et qu’elles parlent », résume l’adjoint aux Sports Bruno Ferrier, alors que la Ville se dit prête à jouer les médiateurs. Le NO gagne de nouveau le samedi. Reste à savoir s’il saura aussi faire équipe le reste de la semaine.

  • Les travaux de la ligne nouvelle débutent à Carnoules et Solliès-Pont

    Les travaux de la ligne nouvelle débutent à Carnoules et Solliès-Pont

    Après les premiers coups de pioche à Marseille et Nice, où seront aménagés des pôles multimodaux et les terminus de la Ligne nouvelle Provence-Côte-d’Azur (LNPCA) Marseille – Toulon – Nice, les travaux de ce projet toujours décrié par les associations environnementales (lire ci-dessous) ont aussi débuté dans le Var. Plus précisément du côté de Carnoules, qui accueillera le terminus nord-est de la future « navette toulonnaise », à destination de Saint-Cyr-sur-Mer, et de Solliès-Pont, qui en sera l’une des dessertes.

    Cette navette, qui doit être mise en service à horizon 2030, aura vocation à faciliter l’accès à la LNPCA via Toulon, avec quatre trains par heure : deux sur l’axe Saint-Cyr – Carnoules, et deux sur l’axe Saint-Cyr – Hyères. Elle offrira également des trajets réguliers à destination des Arcs/Draguignan, gare qui ouvre ensuite sur Saint-Raphaël et Fréjus.

    39,1 millions d’euros

    pour les deux opérations

    À Carnoules (travaux prévus jusqu’à début 2028), où les trains stationneront et feront demi-tour, des travaux d’ampleur sont engagés, notamment sur les voies est de la gare. Une voie prolongée, quatre aiguillages supplémentaires et deux nouveaux ponts ferroviaires vont être réalisés. En outre, l’accès à la gare sera facilité avec une nouvelle entrée plus ouverte et plus spacieuse et le parking agrandi de 100 places. À Solliès-Pont, où le chantier doit durer jusqu’à mai 2027, la halle située au niveau du parking a été déconstruite et les quais vont être allongés pour pouvoir accueillir les trains de la navette. Par ailleurs, dans un souci d’accessibilité, 220 mètres de quais vont être rehaussés dans les deux gares pour sécuriser les montées et descentes du train, et des passerelles créées pour franchir les voies ferrées, avec ascenseurs et escaliers.

    Le coût total de ces deux opérations est estimé à 39,1 millions d’euros : 30 pour Carnoules et 3,6 la passerelle de Solliès-Pont dans le cadre du projet LNPCA, et 5,5 pour les nouveaux quais de Solliès-Pont, financés par la région Sud-Paca et la SNCF. Dans le département, six autres vont avoir droit à des aménagements d’ici 2030, à Saint-Cyr-sur-Mer, à La Garde (gare de La Pauline), à Toulon, à Puget-Ville, à Cuers-Pierrefeu. L’ensemble du projet représente quant à lui un investissement de 3,64 milliards d’euros (pour les deux premières phases du projet, 14,8 en ajoutant les phases 3 et 4 prévues après la mise en service et relatives à la création de nouvelles lignes) financés par l’Union européenne, l’État, et 11 collectivités territoriales rassemblées au sein de la Société de la LNPCA (SLNPCA), dont la région Sud-Paca, le département du Var et la métropole Toulon Provence Méditerranée. Pour ce que Renaud Muselier, président de la région, qualifie de « projet ferroviaire du siècle ».

    L’appel des opposants en délibéré

    La cour administrative d’appel de Marseille a étudié mardi le recours de six associations contre la Ligne Nouvelle, après le jugement de 2025. « Le rapporteur, qui avait été dans notre sens lors du premier jugement, a, cette fois, été dans le sens du projet et estimé qu’il répond à toutes les demandes légales », déplore Didier Cade, président de Stop-LGV sud Sainte-Baume, qui pointe le coût, la fragilité du financement et la pollution générée par le projet. Le rapporteur a par ailleurs demandé le paiement de 3 000 euros de dommages et intérêts par chacun des plaignants à l’État. Décision sous quinzaine.

  • Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    Martine Vassal réclame plus de moyens pour les pompiers

    C’est une cérémonie qui arrive sur le tard, mais qui est hautement symbolique. Ce mercredi 16 septembre, les pompiers d’Istres ont enfin pu inaugurer officiellement leur nouvelle caserne, située dans la zone du Tubé. En réalité, ils avaient quitté leurs anciens locaux du centre-ville dès le 1er avril 2025.

    Le directeur du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône), Jean-Luc Beccari, explique : « La tour était isolée, on ne pouvait plus l’utiliser pour des raisons de sécurité, l’emplacement compliquait parfois la circulation des véhicules, il était difficile de sortir rapidement… » Désormais, 3 240 m² de bâtis modernes et fonctionnels construits à proximité de la N569 accordent « de meilleures conditions de travail aux pompiers en leur offrant un lieu de vie, de préparation mais aussi de cohésion », salue le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot.

    Le président du Sdis 13 Richard Mallié souligne : « Derrière la construction d’un centre de secours, il y a une politique de protection de nos populations au prix de nos investissements. » En l’occurrence, 8,9 millions d’euros ont été financés par le Département, et 400 000 euros par le Sdis 13 en matière d’équipement.

    Des recettes adéquates

    Cet effort s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2021, avec la construction de six casernes pour un montant de 40 millions d’euros. À la tête du conseil départemental, premier financeur du Sdis, Martine Vassal (DVD) passe un message : « Ce sont des sommes très importantes, en fonctionnement et en investissement. Les collectivités territoriales sont mises à mal, on nous pressure (…) et on arrive à un moment où le matériel coûte très cher. » Alors qu’au niveau national, la grève des pompiers se poursuit, la présidente dit travailler à une forme « d’uniformisation du traitement sur l’ensemble du territoire » avec l’association des Départements de France et appelle de ses vœux « une prise en compte des risques au niveau national pour que les territoires en retard puissent se mettre à la page ». Martine Vassal attend une « considération différente » de la part de l’État, demande plus d’adéquation entre les dépenses des Départements et leurs recettes et l’application du Beauvau de la sécurité civile.

    Ces revendications arrivent après une saison estivale particulièrement difficile. Les pompiers du 13 sont intervenus sur près de 500 feux d’espaces naturels, dont plus de 200 feux de forêt, un chiffre en « progression importante », note Martine Vassal. Malgré cette tension et la multiplication des journées à risque, dans plus de 9 cas sur 10, les départs ont pu être maîtrisés avant d’atteindre un hectare de végétation. « Ce résultat est le fruit d’une règle : détecter tôt, intervenir très vite et frapper très fort dès le départ. » La mobilisation a permis de limiter la surface totale brûlée à 366 ha dans le département, contre 966 ha en 2025. « On a le savoir-faire, il faut écouter les élus locaux, affirme Martine Vassal. La séparation entre le national et le local est de plus en plus importante et peut porter préjudice. »

  • Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Le capitaine d’un navire d’excursion dans les calanques répondait mardi avec son employeur d’un rejet d’hydrocarbure dans les eaux du Vieux-Port. L’incident s’était produit le 29 août 2025 à 6h du matin lors du remplissage des réservoirs du Green Calanques.

    Lors du remplissage de 4 600 litres de gasoil, une petite quantité de carburant avait refoulé du réservoir tribord. Une heure et demie plus tard, les agents de propreté signalaient à la capitainerie du port la présence d’une épaisse nappe d’hydrocarbure. Les marins-pompiers déployaient des boudins et des buvards absorbants.

    La procureure Marie-Aude Fichet a fustigé la « nonchalance » de la société Croisières Marseille Calanques. « On ne peut pas traiter par le mépris ce genre de pollution. » Elle requérait pour le capitaine absent et sa société une amende de 5 000 euros dont moitié avec sursis et l’affichage du jugement.

    « C’est une avarie, pas un rejet illicite »

    « Je ne peux pas entendre que nous soyons nonchalants », proteste à la barre un dirigeant de la société. D’expliquer qu’il procède à deux remplissages hebdomadaires en pleine saison avec un camion-citerne dont les pompes à haute pression injectent cinq litres de carburant à la seconde. Le phénomène d’émulsions qui se développe avec les fortes chaleurs dans les réservoirs expliquerait ce refoulement.

    « C’est vraiment un accident, on s’en excuse auprès des Marseillais, mais mon capitaine n’a pas fait d’erreur. 3 secondes pour fermer la vanne et c’est déjà 15 litres. Nous mettons tout en œuvre pour que cela ne se produise pas. Nous laissons toujours une marge pour ne pas remplir à bloc les réservoirs. Nous équipons nos navires d’un kit antipollution. On a une vraie volonté écologique. D’ailleurs le Green Calanques est hybride depuis 2024, moitié électrique, moitié gasoil. C’est pour nous un investissement de plus de 800 000 euros de fonds propres. » « C’est une avarie, pas un rejet illicite » a plaidé la défense soulignant que « le risque zéro n’existe pas ». « C’est exceptionnel ce qui s’est passé. Le temps de dire “stop, fermez la vanne”, c’est 3 secondes et déjà 15 litres. »

    La 6e chambre correctionnelle présidée par Lola Vandermaesen a parfaitement entendu les explications. « Vous êtes relaxés tous les deux. Le délit n’est pas caractérisé faute d’élément intentionnel. Il n’y a pas eu de volonté de polluer. »