Tag: Environnement

  • À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    Privés d’eau potable depuis plus de deux semaines à la suite d’intempéries d’une ampleur exceptionnelle, les vacanciers de la station de ski de Pra Loup et les habitants d’Uvernet-Fours vont encore devoir tenir une semaine avant de retrouver l’eau courante « en fin de semaine prochaine », selon la Saur, la compagnie des eaux.

    « Il y a eu des épisodes de sécheresse en amont, couplés aux événements orageux qui en montagne sont assez violents. Là, ils ont été très violents et très localisés. Ça a contribué à cette situation qui est exceptionnelle. On ne l’a jamais observée dans cette ampleur dans la région Paca », souligne Mélanie Teyssier, directrice régionale des exploitations Saur. « Il y a eu des intempéries d’une ampleur exceptionnelle et de très grosses crues, qui ont modifié le lit du Bachelard, qui a descendu de plus d’1m50. Cela a fait descendre les niveaux des nappes, et donc on n’arrivait plus à pomper », détaille Stéphane Bertin, chef de secteur pour la Saur. Le 9 août, au moment de l’orage, s’inscrit dans une période où la station de ski est particulièrement fréquentée par les touristes et les propriétaires de maisons secondaires marseillais, aixois ou encore parisiens. « On devait avoir entre 10 000 et 15 000 personnes sur Pra Loup, donc on avait une consommation journalière énorme. Les sources n’ont pas suffi », ajoute le chef de secteur.

    L’interdiction de boire l’eau du robinet « est une préconisation. Suite aux événements pluvieux, nous n’avions plus d’eau sur les forages, sur lesquels nous avons fait des travaux depuis. Pour pouvoir pallier le manque d’eau, on a ouvert un lac de retenue. Comme ce n’est pas la ressource habituelle qui est surveillée et maîtrisée, c’est un principe de précaution que l’ARS a mis en place », explique Mélanie Teyssier. Les habitants peuvent ainsi utiliser l’eau du robinet pour se doucher ou tirer la chasse, mais ne doivent pas la boire ou l’utiliser pour laver des nourrissons. « Pour pallier cette restriction, nous avons fourni des eaux en bouteille et mis des points de distribution pour que les gens puissent disposer d’une eau pour leur alimentation », détaille Mélanie Teyssier. Le taux de chlore a été augmenté pour dissuader de boire l’eau du robinet.

    « J’ai eu peur

    pour mon bébé »

    « J’ai eu peur quand, lors d’une distribution d’eau, on m’a dit de faire attention pour mon bébé et de ne pas le laver avec l’eau du robinet », confie Marion Marchetti, vacancière aubagnaise venue avec son mari et ses trois enfants, dont l’un n’a que 4 mois. « C’est quand même fou que cela dure autant », lance son compagnon, Luc Marchetti. Un avis partagé par une famille venue du Var dans leur maison secondaire : « On a du mal à comprendre pourquoi cela dure autant, et comment, en trois semaines, ils n’ont pas trouvé de solution. Tous les ans, il y a des orages, mais jamais de coupure d’eau potable aussi longue ».

    Malgré ces premières inquiétudes et incompréhensions, habitants et vacanciers restent relativement sereins et se sont habitués aux restrictions et aux allers-retours quotidiens pour se fournir en bouteilles d’eau à l’office de tourisme ou à la mairie.

    Patrick Beau, vacancier parisien venu avec sa compagne pour l’été, s’inquiète lui pour sa santé. « J’ai des problèmes rénaux, et, comme on n’a le droit qu’à un pack d’eau par jour, pour cuisiner, se laver et boire, je dois me restreindre et boire moins. Heureusement, on part dimanche ! », s’impatiente-t-il. « Ce qui est terrible, c’est qu’il n’y a pas de visibilité. J’ai l’impression que cela va durer », déplore le sexagénaire : si la Saur dit prévoir un retour à la normale en fin de semaine prochaine, ni les habitants, ni les élus n’en étaient informés jeudi. « Ce qui fait qu’on en parle, c’est que c’est arrivé le week-end du 15 août, un week-end d’affluence », pendant lequel la population a été estimée à 12 000 habitants par la préfecture, constate Arnaud Gaston, conseiller municipal. « Il y a vraiment un élan de solidarité », se réjouit-il, alors que de nombreux bénévoles ont prêté main-forte pour les distributions de bouteilles d’eau.

    Pour tenter de réalimenter la nappe phréatique, la Saur a construit une digue provisoire, « dans l’urgence », explique Stéphane Bertin. C’est ce type d’installations qui devrait permettre de rétablir l’eau potable la semaine prochaine. Sa consommation pourra à nouveau être autorisée ou pas en fonction des résultats des analyses de l’ARS, qui doit donner son feu vert. Le niveau du cours d’eau du Bachelard, qui alimente la commune, est pour l’instant encore très bas, et garde un aspect très trouble, couleur béton.

  • Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    « Ce sont 11 000 m3 de produits dangereux qui se déverseront dans le Rhône si on coupe l’électricité comme l’a envisagé le mandataire ». C’est, au bas mot et résumé par François Batista, responsable UD CGT 13, ce qui inquiète les salariés alarmés par la fermeture précipitée du site.

    Ce vendredi à 23h, leur contrat de travail prend fin. Dans la matinée, le mandataire, qui balaie d’un revers les alertes des travailleurs de l’usine à papier de Tarascon, avait missionné des techniciens pour couper l’électricité conformément à ce qu’il avait annoncé la veille. Il estimait être « sur une simple mise en sécurité du site » avec « une coupure maîtrisée » et quatre personnes pour veiller à la sécurité d’un site de 45 hectares où sont encore stockées des tonnes de produits chimiques dangereux.

    Les CRS en stand-by

    Un document interne que La Marseillaise a pu consulter, indique que la situation est beaucoup plus complexe : « une vidange des capacités en six mois exige 5 personnes et durant les six mois, il faut l’effectif pour garantir la protection de ce site Seveso, sans compter les congés : 34 personnes ». Car, précise Jean-Michel Bulinge, DS CGT Fibre Excellence, « les bacs de liqueurs sont pleins alors que le mandataire avait avancé qu’elles étaient figées, cristallisées », dans les cuves. « La Dreal a pu le constater avec nous ce soir ». Une visite de l’usine permet en effet de comprendre le process de fabrication de la pâte à papier.

    Des tas de copeaux sont massés au sol. « C’est très inflammable, on a déjà eu 4 incendies en 18 ans », se souvient Jhonatan, opérateur au parc à bois. Au-dessus d’une cuve à liqueur un panneau avertit « atmosphère explosive ». Frédéric, autre « castor » du site et par ailleurs pompier volontaire, assure devant un autre silo : « L’eau qu’on pompe du Rhône est plus sale que celle qu’on rejette, mais si les pompes sont désactivées, la fosse se remplit et il n’y aura plus de traitement des eaux. Et je suis doublement inquiet car en cas d’incendie, si on essaie d’éteindre certains produits chimiques avec de l’eau on peut aggraver la situation ». Plus loin, Julien, responsable opérationnel, ouvre la vanne d’un autre gigantesque bac à liqueur blanche au pied de la grande chaudière surnommée « la cocotte-minute ». Et un flot de liquide s’écoule. Sur le site, les salariés tiennent bon et demandent « le maintien de l’activité industrielle, tout en garantissant la sécurité des populations, la protection de l’environnement ». Vendredi, l’administrateur n’était pas sur place. Les forces de l’ordre se tenaient prêtes à évacuer l’usine en fin de journée. Mais « après le constat de la Dreal, rien ne bouge, a indiqué Jean-Michel Bulinge, surtout pas nous ».

  • La mairie de Digne fixe ses priorités pour la rentrée scolaire

    La mairie de Digne fixe ses priorités pour la rentrée scolaire

    « Vu l’été qu’on vient de passer, la priorité est de flécher les budgets pour travailler sur des systèmes de climatisation des salles de classe plutôt que la renaturation des cours d’école » : Julien Di Benedetto, maire (SE) de Digne, a défini ses priorités pour la rentrée scolaire mardi. « On est confrontés à des phénomènes qu’on connaissait en juillet-août, mais désormais, ça démarre fin mai et peut continuer jusqu’en septembre. Les conditions d’enseignement dans des salles à 30 degrés, c’est épouvantable. Ce n’est pas possible », a-t-il souligné, émettant l’hypothèse de privilégier la climatisation pour améliorer les conditions de scolarisation malgré un budget restreint. « L’été qu’on vient de passer redimensionne pas mal de priorités et de questionnements », avec ses températures caniculaires, a expliqué l’édile de la ville préfecture. La mairie espère d’ailleurs « finaliser » ses achats de climatiseurs d’ici le 30 septembre pour pouvoir prétendre à un financement d’EDF avant la date limite, a précisé Franck Geiger, le chef du service éducation. EDF avait annoncé en juin rembourser 400 euros par équipement pour les écoles et les crèches. Les établissements peinent cependant à s’équiper avec les ruptures de stock.

    Des étudiants en médecine accueillis

    Le maire de Digne a par ailleurs insisté sur une autre de ses priorités : l’accueil pour la première fois de 20 étudiants en première année de médecine au campus connecté, ouvert en 2021, ce qui permet à ceux qui n’ont pas les moyens d’aller étudier à Marseille d’accéder tout de même au cursus de médecine depuis Digne. Ce campus connecté est passé « de 5 à 57 places entre 2021 et 2026 », s’est réjoui l’édile. « Cela permet à des personnes qui n’auraient pas suivi des études de pouvoir le faire à distance, donc c’est une question d’égalité de traitement vis-à-vis de l’accès aux études supérieures », a-t-il avancé, rappelant l’importance de « fidéliser » de futurs médecins sur le territoire dignois. à l’avenir, « on sera plutôt sur une augmentation du nombre d’étudiants en première année de médecine, puisqu’à partir de la deuxième année, c’est forcément à la faculté. Il y a des cours en TP en nombre, donc on ne pourra au niveau des infrastructures. Mais l’idée serait, si ça fonctionne bien, de pouvoir mettre en place une deuxième cohorte. Il va falloir d’abord qu’on démontre que sur cette première cohorte, on arrive à la combler et que les résultats soient satisfaisants », a expliqué le chef du service éducation. Depuis 2021, le campus connecté a permis d’obtenir « des taux de réussite en licence 1 deux fois supérieurs à la faculté », selon lui.

    La mairie s’est par ailleurs félicitée d’être « la seule en France à offrir une journée de ski à ses élèves sans être une station de ski », selon Franck Geiger.

    Plusieurs sanitaires, portes et rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite ont également été installés cet été dans des écoles auparavant inaccessibles.

    La ville compte aussi continuer à investir dans des tableaux numériques interactifs. Six ont déjà été installés depuis l’année dernière. En attendant que toutes les classes soient équipées, des tableaux à roulettes permettent de les déplacer de salle en salle.

  • [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    Cet été, il fait chaud. Beaucoup trop chaud. « Mais c’est tout à fait courant dans le monde dans lequel on va », affirme pourtant, un brin fataliste, Stéphane Roos, directeur adjoint de Météo-France sur la zone sud-est. Car il faut s’y résoudre : « De notre vivant, on ne retrouvera jamais la planète telle qu’elle était. On voit cet été comme exceptionnel par rapport à des références qui, aujourd’hui, n’existent plus. Dans 15-20 ans, il sera tout à fait normal ».

    Cela fait « des dizaines d’années » que l’institution, devenue grande contributrice du GIEC, prévient « d’un réchauffement climatique majeur. On en a la confirmation, et on se rend compte que ça arrive en temps et en heure, même un peu avant. Là, pour l’instant, on est encore dans les scénarios décrits par la TRACC, la trajectoire régionale d’adaptation au changement climatique », appuie Stéphane Roos. Ceux-ci sont utilisés par la France pour produire des politiques d’adaptation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En ligne de mire : +3°C à horizon 2100 au niveau mondial, 4°C en France « et peut-être même +0,8°C de plus sur l’arc méditerranéen », met-il en garde.

    Avec tous les changements globaux que cela induit : « Il ne s’agit pas juste de 3°C en plus : 3,6°C, c’est ce qui nous sépare du mammouth laineux. Il y a 120 000 ans et 60 000 ans, plus des deux tiers de l’hémisphère nord étaient recouverts par 1 à 2 km de glace. Ça a mis 20 000 à 30 000 ans pour se réchauffer ». À l’inverse, 3°C supplémentaires auront pour conséquence une sécheresse accrue des sols : « Ces températures jouent sur l’hydrométrie. De plus, même s’il y a presque toujours autant de pluies, au lieu d’être étalées dans le temps et de recharger les nappes, elles sont concentrées sur des épisodes très courts et dévastateurs, et au lieu de rentrer dans le sol, elles ruissellent vers la mer, ce qui limite la recharge des nappes phréatiques. C’est aggravé par l’évapotranspiration : quand les plantes reçoivent des gouttes d’eau, elles les captent et transpirent parce qu’il fait chaud, les rejetant dans l’atmosphère ».

    « D’une logique d’observation à une logique de prévision »

    Pour établir ces prévisions à long terme, il faut regarder derrière. C’est ce que s’attelle à faire, depuis le Moyen-Âge, la climatologie. « Au XVIIe siècle, on a découvert la pression atmosphérique. Petit à petit, on invente les moyens de mesurer la force du vent, le pluviomètre… On s’est mis à noter de manière de plus en plus rigoureuse, et on s’est servi de ces données pour caler les modèles d’évolution climatique : on les utilise pour ajuster les modèles », explique Stéphane Roos.

    Dans le même temps, il faut aussi avoir un œil sur le temps à venir. C’est le sujet de la météorologie, qui trouve ses racines dans un événement historique : le siège de Sébastopol par les troupes franco-anglaises en 1854. Une violente tempête décime la flotte française en Mer Noire. « Napoléon III charge l’équivalent du ministre de l’Enseignement et de la Recherche de l’époque, l’astronome Urbain Le Verrier, qui relevait les paramètres météo heure par heure, d’essayer d’anticiper les tempêtes », raconte Stéphane Roos. Le Verrier recueille les données de ses confrères européens, notamment la pression atmosphérique et sa tendance. Il observe que la tempête suit un minimum dépressionnaire, et qu’on peut, par ce biais, évaluer sa direction. Le Verrier fut ainsi à l’origine de la Veille météorologique mondiale – un réseau européen mis en place dès 1874 pour passer « d’une logique d’observation à une logique de prévision » – et du Service météorologique français en 1854, ancêtre de Météo-France.

    Depuis, l’observation météo a beaucoup progressé : stations automatiques, satellites, radars, supercalculateurs… « La prévision météo est liée à la modélisation physique, c’est-à-dire traduire en expression mathématique ce qui se passe dans l’atmosphère », synthétise Stéphane Roos. Avec une précision parfaite ? « Non. Par exemple, il est très difficile de prévoir la position exacte de la supercellule orageuse dévastatrice qui va donner 60 mm/heure pendant deux heures », reconnaît-il. Il en va de même pour les prévisions saisonnières : « Il s’agit de tendances basées sur des modèles et des éléments macros comme les masses d’air. On passe de prévisions déterministes (le temps qu’il va faire demain), à de la probabilité ».

    L’histoire de l’institution

    Établissement public fondé en 1855, le Service météorologique français, devenu Météo-France en 1993, a pour mission d’observer et prévoir le temps, étudier le climat, faire progresser les savoirs et fournir des données et services voués, notamment, à assurer la sécurité des biens et des personnes.

  • [C’est l’été] Les petits débrouillards aux Serrets à Manosque

    [C’est l’été] Les petits débrouillards aux Serrets à Manosque

    Les savoirs prennent sens lorsqu’ils répondent aux préoccupations des personnes. Les animations scientifiques commencent souvent par une question : Pourquoi le ciel est-il bleu ? Comment fonctionne un panneau solaire ? Pourquoi certains déchets se recyclent-ils ?

    Les Petits Débrouillards s’appuient sur les interrogations des habitants pour construire les activités. Cette démarche permet de montrer que chacun possède déjà des connaissances et que la science est un outil pour mieux comprendre son environnement.

    À Manosque, aux côtés de Perrine et Mathilde, les enfants se sont interrogés sur le thème des saveurs savantes : comment décrire un goût ? Peut-on manger du requin ? Que fait une abeille de ses journées ? Des jeux autour de ces questions ont été proposés : sentir et toucher à l’aveugle, cap ou pas cap de tester des plats du monde, une course par équipe pour aller polliniser un max de fleurs… ça a bien plu !

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des ressources en eau stables mais surveillées

    Dans les Bouches-du-Rhône, des ressources en eau stables mais surveillées

    Services de l’État, représentants du monde agricole et des activités économiques, collectivités, gestionnaires des milieux aquatiques, d’infrastructures hydrauliques ou encore des associations pour la défense de l’environnement se sont réunis la semaine dernière au sein d’un comité de ressource en eau (CRE) des Bouches-du-Rhône afin « de faire le point sur la situation hydrologique du département et échanger avec les différents acteurs sur les perspectives pour le reste de la saison estivale », indique la préfecture dans un communiqué.

    Premier enseignement : notre département reste « moins sévèrement frappé par la sécheresse que le reste du territoire national », note les services de l’État.

    Alerte renforcée sur

    les cours d’eau et nappes

    La zone desservie par la « ressource stockée », entendre les retenues de Serre-Ponçon sur la Durance et Sainte-Croix sur le Verdon, devrait rester en « vigilance » pour le reste de la saison prévoit la préfecture. Mais pour ce qui concerne les ressources dites « locales », en clair, les cours d’eau et nappes, l’alerte « renforcée est maintenue sur les zones Arc amont, Arc aval et Réal de Jouques ». L’État assure que « le suivi régulier des différentes ressources se poursuit » afin de pouvoir, « adapter les mesures de restriction selon les conditions observées ».

    En attendant, le préfet des Bouches-du-Rhône appelle l’ensemble des usagers (particuliers, collectivités, industriels, commerçants, artisans, exploitants agricoles…) « à maintenir un usage économe de l’eau et à respecter les restrictions en vigueur ». Les prélèvements directs en cours d’eau, hors prélèvements des associations syndicales autorisées, restant interdits dans les secteurs du Réal de Jouques et de l’Arc.

  • Marseille : le désastre de Bonneveine, un bourbier politique

    Marseille : le désastre de Bonneveine, un bourbier politique

    À l’initiative de LFI et de la coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille (Donut Infolab, Alternatiba Marseille, Climat Paca, Eden Initiative, etc.), une petite manifestation d’une vingtaine de personnes s’est tenue devant la mairie centrale à 18h « pour rendre le massacre à son auteur » en déposant sous les fenêtres de Benoît Payan des tronçons d’arbres.

    « Du grand n’importe quoi » assène Romain Simmarano, le conseiller municipal (Renaissance) d’opposition pour qui « Bonneveine est plus qu’une simple faute politique, c’est un symptôme : la mairie est littéralement à l’arrêt, alors que Marseille a besoin de mouvement, d’énergie, d’envie, de résultats ! »

    Mardi matin, les tronçonneuses ont continué à hacher menu les 26 pins matures déstabilisés par les travaux et abattus la veille malgré la forte mobilisation citoyenne et associative. « C’est un désastre à partir d’une connerie initiale de la ville. S’il y avait eu un management compétent, on n’en serait pas là ! », peste Richard Hardouin, le président de France nature environnement 13, venu voir le désastre, mais empêché par les policiers municipaux d’approcher des cratères. « On aurait pu sauver des arbres en les élaguant ou en les étayant », estime le défenseur de l’environnement. « C’est choquant d’avoir constitué fin juillet un groupe avec des riverains responsables, de se réunir le 10 août avec Perrine Prigent, l’adjointe aux espaces verts, qui n’a pas attendu le délai de 15 jours qu’elle avait proposé. Ils ont abattu même des arbres non préconisés par l’expertise d’ONF Vegetis. » Une habituée du parc fulmine : « C’est un scandale sans nom. Quand on voit que des pompiers sont morts pour sauver des forêts dans les Landes ! »

    Plus loin, un militant s’est perché dans un grand pin condamné. Jean-Luc, habitant du Roy d’Espagne, entend ainsi protester « contre le plan de découpe lancé subitement par un bureau d’études qui a décidé sans l’avis des riverains avec sa vision de la nature, de lancer une guerre éclair. Ce sont des arbres matures qui rendaient service aux habitants. Les arbres ne sont pas des biens mobiliers. Le parc doit se faire autour des arbres existants. » Il finit par descendre, aidé d’un escabeau amené par la police.

    Invités à une réunion à la Direction de la Nature en Ville, avenue Clot-Bey, les représentants du collectif de riverains sont ressortis dépités. « On a été reçu par trois seconds couteaux des espaces verts, sans répondant, qui en ont dit le moins possible. Il n’y avait pas Perrine Prigent l’adjointe aux espaces verts, ni Marc Foveau le DGA qui avait lancé l’invitation », se désole encore Alain Senentz président du collectif de riverains.

  • Les produits locaux mis en avant à la foire de la lavande de Digne-les-Bains

    Les produits locaux mis en avant à la foire de la lavande de Digne-les-Bains

    « Montrer le territoire au travers de ceux qui le font vivre au quotidien », « valoriser les circuits courts » et les savoir-faire des agriculteurs et des restaurateurs de la région : tels sont les objectifs de la foire de la lavande et de l’espace terroir, selon Bruno Acciaï, vice-président de l’agglomération délégué à la ruralité. Six produits locaux seront mis en avant sur l’espace terroir cette année, du 20 au 23 août : l’agneau, le miel, le safran, la lavande, le banon et les aromatiques. Plusieurs producteurs seront présents, comme Guilène Cheron, productrice de safran dans la vallée de Thoard, pour qui ce sera malheureusement la dernière édition. « Je suis obligée de tirer ma révérence. Les rats des champs ont eu gain de mes bulbes », regrette-t-elle. Chaque producteur est en binôme avec un chef pour une animation culinaire. Pour elle, ce sera avec Vincent Pelaia, le chef du restaurant la Marmite du pêcheur, aux Mées.

    Curry thaï à l’agneau

    Alexis Hoarau, cuisinier réunionnais qui travaille avec des produits « issus de l’agriculture raisonnée », sera lui en binôme avec Gabrielle Alcazar, cueilleuse et herboriste, et utilisera notamment son hydrolat de rose pour sa recette. Le chef Frédéric Payan, lui, utilisera le banon, « un produit qu’il affectionne », et Supapan Billiau, cheffe thaïlandaise, proposera un curry à l’agneau.

    Cette année, l’invité d’honneur sera la Bulgarie.

  • À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    « Beaucoup de résidents sont seuls, isolés, n’ont pas de famille. Beaucoup disent que leurs enfants les ont mis à l’Ehpad pour être tranquilles ». Ada Knol, retraitée néerlandaise installée à Puimichel depuis 36 ans, donne de son temps pour faire du bénévolat et passer du temps auprès des résidents de l’Ehpad public d’Oraison. « Certains perdent la mémoire. Le personnel n’a pas le temps de discuter avec eux. Être là, poser sa main sur leur bras, leur sourire, ça fait déjà tellement de choses, c’est très important ! », insiste la bénévole. « Il y en a qui me disent : “je dois rester ici jusqu’à ma mort, alors à quoi ça sert la vie ?” ».Cet isolement est d’autant plus accentué par la période de canicule, pendant laquelle les résidents ne peuvent que très peu sortir. « C’est encore plus difficile pour eux avec la canicule, ils souffrent plus, avec la fatigue, la déshydratation », constate Ada Knol.

    Face à la vague de canicule précoce, l’Agence régionale de santé (ARS) a débloqué des budgets pour acheter des climatiseurs, que l’Ehpad a pu disposer dans ses couloirs. Les chambres, elles, restent non climatisées. « Il fait chaud dans les chambres qui n’ont pas la clim. On vient plus régulièrement, on est plus vigilants pendant les périodes de forte chaleur », explique Audrey Llopis, qui vient tous les jours rendre visite à son père, atteint d’une maladie neurodégénérative.

    Pour faire face à la chaleur écrasante, l’établissement public a mis en place une procédure stricte : « on barricade, on ferme les volets dès qu’on peut », témoigne Amandine Bourjac, aide-soignante. « Avec l’âge, les résidents perdent la sensation de soif, alors on met en place des tours d’hydratation toutes les deux heures », explique-t-elle. « On a adapté les goûters : toute l’année, ils ont des gâteaux secs. Là, on leur donne des glaces et des fruits », ajoute Mylène Goudet Ramirez, cadre de santé. Le personnel surveille les résidents de près pour s’assurer qu’ils s’hydratent. « On essaie de le prendre à temps : si on a quelqu’un qui ne boit pas, qui est fatigué dans son lit, on va le perfuser et le lendemain, ça va mieux », explique Margot Mansuy, infirmière.

    Rompre l’isolement

    Pour pallier l’isolement des résidents sans famille, l’Ehpad a deux animatrices dédiées, une coordinatrice de la vie sociale et des bénévoles, détaille la cadre de santé. L’établissement accueille également des jeunes en service civique dont la mission est de rompre l’isolement. Des créneaux de visio sont aussi mis en place pour permettre aux résidents de rester en contact avec des proches éloignés. Une aide-soignante dédiée prend en charge les troubles anxieux. « Mes cinq enfants voulaient me prendre chez eux, mais je ne voulais pas être un poids pour eux », témoigne Yvette Robert, résidente aux Tilleuls. Son voisin, José Flores, orphelin espagnol, a quitté son pays pour fuir le franquisme, après le décès de son père à la guerre, qu’il n’a pas connu. « J’ai été hospitalisée à Marseille après une chute, puis mon fils, médecin à Manosque, m’a rapprochée ici », raconte Juliette Khatchian. Son fils l’appelle trois fois par jour pour vérifier qu’elle va bien. « On est bien, mais on n’est plus chez nous. Si j’avais la possibilité, je serais restée chez moi jusqu’à la mort, comme mes parents », regrette Juliette Khatchian.

    L’Ehpad compte une centaine d’agents, 80 résidents, et fait aussi de la prise en charge à domicile. « L’été, on signale les résidents aux mairies, les CCAS mettent en place des choses. Ils peuvent enfoncer la porte si on n’a plus de nouvelles », explique Mylène Goudet Ramirez. « On manque d’argent » pour avoir suffisamment de renforts pendant l’été, regrette la cadre de santé. « On est en déficit, on n’a pas l’argent à la hauteur de notre mission. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a » déplore-t-elle.

  • [C’est l’été] AstroLoup, l’astronomie s’invite à Pra Loup

    [C’est l’été] AstroLoup, l’astronomie s’invite à Pra Loup

    Dès aujourd’hui et jusqu’au 13 août, Pra Loup accueille la première édition d’AstroLoup, son tout premier festival d’astronomie. Durant trois jours, petits et grands sont invités à lever les yeux vers l’Univers, au cœur d’un territoire d’exception classé en Réserve Internationale de Ciel Étoilé (RICE) Alpes Azur Mercantour.

    En effet, situé au cœur de la vallée de l’Ubaye, Pra Loup bénéficie d’un environnement naturel privilégié, loin des grandes pollutions lumineuses. D’ailleurs, dans les zones les mieux préservées, plus de 3 000 étoiles peuvent être observées à l’œil nu.

    Grâce à ce premier festival, Pra Loup souhaite faire découvrir ce patrimoine céleste au plus grand nombre. En partenariat avec l’Observatoire Barcelonnette Mercantour, AstroLoup propose une programmation scientifique, familiale et accessible, mêlant observations, ateliers, planétarium, balades nocturnes, cinéma-débat et temps d’échanges. Le tout autour de trois grands axes dont le premier est la Lune. Ce satellite naturel, oscillant entre l’imaginaire qu’il suscite, l’histoire de l’exploration spatiale et la découverte du ciel nocturne.

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