Tag: Environnement

  • Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Installer des panneaux photovoltaïques sans raser des forêts : tel est l’objectif de la société coopérative Solarcyt Durance, qui propose de les placer sur les toitures de copropriétés, de bâtiments agricoles ou encore d’écoles. Avec une réunion publique organisée ce jeudi à Oraison, la coopérative espère trouver une trentaine de clients particuliers pour lui acheter son électricité, vendue comme « plus locale, éthique et écologique », explique Jean-François Bataille, son président. Avec des charges importantes, Solarcyt risque autrement de se retrouver « au pied du mur » et de devoir arrêter son activité, regrette-t-il. L’idée de cette réunion publique est ainsi de « se faire connaître » et de « lancer l’activité » de la société qui existe depuis un an.

    Pour acheter de l’électricité à Solarcyt, les particuliers doivent obligatoirement garder un fournisseur principal, et utilisent la coopérative comme fournisseur secondaire. Ils deviennent également actionnaires de la société.

    Solarcyt vend son électricité en circuit court, dans un périmètre restreint. Jean-François Bataille affirme qu’elle propose les mêmes tarifs que les principaux fournisseurs, comme Engie et EDF, sauf pour certains clients professionnels qui bénéficient de contrats négociés. La coopérative promet « un prix stable ».

    Mardi, des bénévoles de Solarcyt ont rencontré le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), et ont tenté de le convaincre qu’installer des panneaux solaires sur les toitures était une bonne solution pour la commune, alors que l’édile avançait en conférence de presse fin septembre que ses tentatives d’installer des panneaux sur des toits avaient été « infructueuses ».

    La coopérative est également en discussion avec l’Ehpad d’Oraison, qui comporte de potentiels lieux d’installation pour des panneaux solaires et que Solarcyt espère fournir en électricité.

    Ce jeudi à 18h, salle Louise-Bruneteaud, 4 rue Giai-Miniet, Oraison.

  • [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    Existe-t-il, en France, un hôpital doté d’un plus beau cadre que l’hôpital Renée-Sabran de Hyères ? Situé sur la presqu’île de Giens, au cœur d’un domaine de 30 hectares en bord de Méditerranée, encerclé par les pins, les plages et les espaces marins, l’établissement, consacré, en majeure partie, à la réadaptation physique, psychologique, se revendique « héritier de la tradition de la cure marine », et fait « la nature un outil thérapeutique. [Cela] nous confère une responsabilité particulière en termes de réservation et de restauration de cet environnement d’exception et de notre territoire », affirme Karine Hamela, directrice de l’Hôpital Renée Sabran.

    L’hôpital s’y engage depuis plusieurs années à travers son plan stratégique 2035, qui porte un axe lié à la préservation de la biodiversité. C’est à ce titre qu’il est engagé, depuis 2022, dans le programme « Refuges LPO » de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Cette collaboration, basée sur des inventaires réguliers et sur la sensibilisation des soignants et des patients, permet de mieux connaître la faune et la flore du site et d’adapter la gestion en conséquence. Son impact est non-négligeable, puisqu’en quatre ans, le nombre d’espèces recensées est passé de 77 à 127.

    Projet CARET : protéger la tortue caouanne

    Dans la même optique, l’hôpital Renée-Sabran est également lié au Parc National de Port-Cros, puisqu’il fait partie du territoire. Déjà effective depuis plusieurs années à travers des prospections floristiques sur le domaine, cette collaboration vient d’être appuyée par la signature d’une convention entre les deux entités, jeudi.

    Le principe directeur : une approche dite « one health » qui regroupe santés humaine, environnementale et animale. « Toutes sont étroitement liées », appuie Karine Hamela, pour qui « on ne peut penser la santé humaine sans les autres. Cette alliance permet de combiner et d’associer les expertises et les compétences ». Celle-ci implique quatre axes de travail, dont le plus important est le projet Caret (Conservation et actions de restauration des écosystèmes de la tortue caouanne). Porté par le Parc national avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, il vise à restaurer et protéger les littoraux sableux des cinq communes adhérentes du Parc (La Garde, Le Pradet, Hyères, La Croix-Valmer et Ramatuelle), où de nouveaux sites de ponte de tortue caouanne sont apparus. Sur la plage de la Vignette, qui borde l’hôpital, seront menés un chantier de restauration de l’arrière-plage, la sensibilisation du personnel et des patients à la protection des pontes, ainsi que des actions de suivi.

    L’expertise floristique sera aussi poursuivie, grâce au Conservatoire botanique national méditerranéen, avec lequel le Parc national poursuivra l’inventaire et le suivi de la flore, en particulier du genêt à feuilles de lin et du Sérapia d’Hyères. L’aspect pédagogique sera renforcé, avec des interventions de l’institution dans les événements de l’hôpital. Enfin, ce dernier participera à la concertation sur le milieu marin, afin de transformer les sentiers sous-marins de l’Aire marine adjacente du Parc national en Zones de protection forte, statut juridique qui permet de supprimer ou limiter les pressions des activités humaines d’un espace naturel pour en préserver les enjeux écologiques.

  • L’état attendu au tournant face aux intempéries

    L’état attendu au tournant face aux intempéries

    Soixante-quinze millions d’euros sont inscrits « dans le projet de budget de Sébastien Lecornu pour la dotation de solidarité des équipements communaux ». Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre (Renaissance), a tendu la carotte à l’issue de sa rencontre avec les maires et représentants des collectivités, ce vendredi, à Grans.

    Quatre jours après les intempéries « centennales », selon le président de la Métropole et maire de Salon-de-Provence Nicolas Isnard (LR), le ministre a assuré qu’« après la commission de mardi prochain, le décret sera pris mercredi ou jeudi pour reconnaître la catastrophe naturelle ». « Les activités économiques, dont agricoles, feront aussi l’objet de solidarité nationale. Pour les collectivités, le gouvernement mobilisera les enveloppes de solidarité exceptionnelles pour les communes comme le fonds hydraulique copartagé entre la préfecture et le Département », détaille-t-il.

    Mais le message peine à convaincre. « Certains maires boycottent votre venue », lance directement le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Martial Alvarez (DVD), fataliste : « Les effets d’annonce seront vite emportés […]. Vous n’aurez pas les moyens budgétaires de modifier le projet de loi de finances », le PLF. Depuis sa cellule de crise, la même colère perce dans la voix de Vincent Goyet, maire (LR) de Saint-Mitre-les-Remparts, où une victime est à déplorer. « Nous vivons au quotidien des violences, mais les plus insupportables sont celles des règles absurdes et des manques de moyens », assène l’édile. « J’entends ce que vous dites, mais l’État s’applique une contrainte plus grande encore », rétorque le ministre.

    « Quand on fait, ça paye »

    Face à lui, les élus sont unanimes. « Nous avons vécu le dérèglement climatique, il est là et on a besoin d’être aidés », plaide le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola. « Nous sommes les remparts de la République, mais nous arrivons à un point de rupture avec ce PLF qui pourrait faire tomber ces remparts », prévient l’édile. Sur ce sujet, Michel Illac (DVG), maire d’Ensuès, complète, à distance : « Nous avons moins été impactés car des travaux ont été faits. Donc quand on fait, ça paye ».

    Les élus sont aussi force de proposition. « Donnez-nous les moyens, comme avec le Fonds vert, on connaît nos communes, on sait où ça inonde et comment on peut aménager », souligne Maxime Marchand (EELV), de Sausset-les-Pins. « Exemptez de taxes comme la FCTVA les villes reconnues en catastrophe naturelle », propose Frédéric Vigouroux (DVG), depuis Miramas. Ce dernier pointe aussi le souci des canaux d’irrigation gérés par des Associations syndicales autorisées (ASA) : « Ils ont débordé, il faut réfléchir à une nouvelle réglementation et investissement car ils sont dans un état complexe. » Nicolas Isnard retient que « mobiliser l’armée dans ces moments est précieux » et appelle à « exonérer de baisse de dotation les villes impactées ».

    Si les finances ne relèvent pas directement de son portefeuille, le ministre propose de suivre les diverses propositions. Du reste, « la méthode » proposée est « que Nicolas Isnard et Martine Vassal recueillent les demandes budgétaires ». « Je sais que c’est dur, mais pour que l’État reste fort, il faut que nos comptes soient en ordre et je sais que je peux compter sur vous », conclut le ministre, avec clause de revoyure « d’ici la fin de l’année ».

  • [Marseille-Cassis] Les dossards solidaires ont directement fait un carton

    [Marseille-Cassis] Les dossards solidaires ont directement fait un carton

    Après les « Clean Up Dossards », qui encourageaient déjà les coureurs à adopter un comportement écoresponsable en échange de l’obtention d’un dossard, la SCO Sainte-Marguerite passe à la vitesse supérieure. Le club organisateur du célèbre semi-marathon provençal a lancé, le 4 mai, Marseille-Cassis Solidaire, un dispositif inédit permettant de décrocher son précieux sésame tout en soutenant une cause d’intérêt général grâce à la collecte de fonds. Pour cette première édition, 1 000 dossards ont été réservés à cette initiative solidaire. En contrepartie, chaque coureur s’est engagé à collecter au moins 200 euros au profit de l’une des quatre associations partenaires, représentant chacune un engagement solidaire : La Maison des Femmes Marseille Provence (voir ci-dessus), pour la cause des femmes ; Sauvage Méditerranée, pour la protection de l’environnement ; la Fondation Ambroise-Paré de l’Hôpital Européen, pour la santé ; et Sport dans la Ville, pour l’inclusion. « L’argent ne tombe pas du ciel. On s’est donc demandé comment aller au-delà de la course pour soutenir le tissu associatif local », explique Loïc Yviquel, référent environnement et solidarité de la course.

    Près d’un quart de million récolté

    Un appel à projet a été lancé, au terme duquel 50 associations ont candidaté. Huit d’entre elles ont été présélectionnées, avant de se décider sur les quatre heureuses élues. Celles qui n’ont pas été retenues ont été dédommagées à hauteur de 300 euros chacune. L’objectif fixé par l’organisation était de récolter 150 000 euros, mais près de 250 000 euros ont été finalement obtenus, avec plus de 6 000 donateurs mobilisés.

    Les cagnottes sont encore disponibles jusqu’au 31 octobre. Avec ces résultats prometteurs, les organisateurs souhaitent doubler en 2027 les objectifs en ouvrant les dossards solidaires à 2 000 coureurs, avec huit associations partenaires. « Ce n’est pas définitivement réglé, mais c’est en tout cas notre volonté », Maïka Nuti, coordinatrice de l’initiative Marseille-Cassis Solidaire. « La question reste de savoir si l’on va continuer avec les quatre associations que l’on a soutenues cette année, afin de leur créer un modèle vertueux avec un revenu récurrent », conclut Loïc Yviquel.

  • [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    La Marseillaise : Rappelez-nous pourquoi la ligne est actuellement fermée en semaine ?

    PR : Elle est fermée depuis le 16 mars 2026 à cause de travaux de régénération de la voie, c’est-à-dire de gros travaux sur les rails et le ballast. Ce sont des travaux indépendants de la réouverture de la ligne qui se font tous les 40 ans. C’est un investissement réalisé par SNCF Réseau de 230 millions d’euros. La ligne sera fermée jusqu’au mois de juin 2027. Après plus d’un an de fermeture, nous craignons que la ligne soit à nouveau fermée parce qu’il faut réaliser des travaux d’aiguillage. Il semblerait qu’une fermeture partielle soit envisagée mais ce n’est pas encore sûr. Je ne comprends pas pourquoi ces travaux ne sont pas réalisés actuellement.

    Quand la ligne de la Rive droite du Rhône a rouvert, tous les travaux devaient se terminer en 2026. Comment a évolué le calendrier ?

    PR : Il a pris énormément de retard. On est passé d’une réouverture complète prévue en 2026 à une réouverture décalée à 2031 ou 2032. La mairie de Villeneuve-lez-Avignon vient de voter le budget pour son Pôle d’échanges multimodal (PEM). L’ouverture de cette gare est prévue pour décembre 2027, après des travaux sur les quais et les passerelles. En septembre 2027, les travaux de la gare de Roquemaure débutent pour une réouverture en décembre 2028. Des travaux ont également commencé ce mois-ci sur la gare du Teil (en Ardèche, Ndlr). Aujourd’hui, les trains montent au Teil à vide pour effectuer leur retournement. Ils transporteront des voyageurs dès l’an prochain. Une enquête publique environnementale a également débuté sur le bas de la ligne, entre Nîmes et Villeneuve-lez-Avignon, qui va durer deux ans. Celle-ci va valider la suite des travaux.

    Quels sont ces travaux prévus ?

    PR : Ce sont les travaux sur les gares de Marguerittes, Remoulins et Aramon pour créer des passerelles. L’enquête devrait se terminer en 2028 et j’espère que les travaux débuteront l’année suivante. Les réouvertures de ces gares devraient ensuite s’étaler à partir de 2030. L’ouverture de la dernière gare, celle de Laudun-L’Ardoise, est prévue en 2032. En 2029, Pont-Saint-Esprit devrait aussi être un terminus où les trains pourront se retourner, ce qui évitera de monter jusqu’au Teil. Ça va permettre de gagner du temps pour avoir des horaires intéressants pour les gens qui travaillent et pour les étudiants.

    Comment expliquez-vous que le calendrier ait pris autant de retard ?

    PR : Il y a plusieurs raisons. Il y a des contraintes de procédure administrative, qui sont très longues. Le cahier des charges a aussi changé entre-temps. Par exemple, il va y avoir des travaux sur tous les passages à niveau pour les sécuriser entre Nîmes et le Teil alors qu’initialement on espérait qu’il n’y ait des travaux que sur les passages à niveau près des gares. Il y a aussi eu les travaux de régénération de SNCF Réseau, qui ont été décalés dans le temps à plusieurs reprises et qui nécessitent, à un moment donné, d’être réalisés. Mais, le problème, c’est surtout le budget. Car je rappelle que le financement de la partie ferroviaire est assuré à 100% par la Région. Et la Région a eu, en trois ans, 400 millions d’euros de dotation de l’État en moins. Donc forcément, le budget est étalé sur plusieurs exercices.

    Votre regret, c’est surtout que ces travaux interrompent une dynamique, puisque la ligne enregistrait un nombre croissant de voyageurs depuis sa réouverture…

    PR : Oui, chaque année depuis trois ans, le nombre de voyageurs augmentait parce que cette ligne répond à un besoin sur un territoire industriel comme le Gard rhodanien. Elle répond aussi à la demande, parce qu’avec le prix de l’essence qui explose, c’est une manière de faire des économies. Face au dérèglement climatique, les gens veulent aussi de plus en plus de mobilités douces. Donc les chiffres augmentent alors que la dernière année, on a eu quasiment 20% de suppression de trains à cause du manque de conducteurs.

    L’augmentation de la fréquence de passage des trains reste l’autre combat que vous menez. Combien d’allers-retours à terme sont-ils prévus ?

    PR : Aujourd’hui, on n’a que cinq allers-retours. À terme, au moment de l’ouverture complète, il doit y avoir environ 10 allers-retours. Entre le PEM de Villeneuve-les-Avignons et les ouvertures de Marguerittes et Remoulins, les chiffres vont exploser. Marguerittes sera à 8 minutes de Nîmes et Remoulins à 12 minutes. Aujourd’hui, on demande surtout que les études soient compactées pour gagner du temps et qu’il y ait bien des conducteurs sur chaque train à la réouverture.

  • Marseille-Cassis poursuit son engagement écologique

    Marseille-Cassis poursuit son engagement écologique

    Être plus responsable est devenu une obligation pour n’importe quelle course et Marseille – Cassis ne fait pas exception. Ces dernières années, l’épreuve a évolué pour garantir un respect de l’environnement plus strict. Dossards recyclables, ramassage et tri des déchets, sensibilisation auprès des coureurs, transports alternatifs privilégiés et gestion de l’eau font parties des engagements pris par l’organisation.

    « Le parcours iconique de Marseille-Cassis traverse notamment le Parc national des Calanques sur près de 12 km, offrant aux coureurs un sublime décor entre mer et garrigue. Ce cadre unique contribue depuis près d’un demi-siècle à l’image de la course et participe à sa renommée », pointe l’organisation, sachant pertinemment que le lieu de la course rend celle-ci attractive.

    Des postes de ravitaillement multiples

    L’eau et sa distribution étant une question centrale dans une course comme Marseille-Cassis, l’organisation a encore amélioré son dispositif pour 2026. L’an passé, la nouveauté était la mise en place d’une rampe d’eau au 7e kilomètre, juste avant les pourcentages les plus forts du tracé. Cette mesure est reconduite à l’identique pour la 47e édition et une rampe similaire sera également posée dans la zone d’arrivée, pour ravitailler au plus vite les participants.

    Trois autres points de ravitaillement sont prévus aux 5e, 10e et 15e kilomètres, avec des postes équipés de pistolets de distribution. Une innovation devant permettre de gâcher le moins possible d’eau, pour remplir les gourdes, flasques et autres gobelets réutilisables qui seront utilisés durant l’épreuve. Par ailleurs, 1 000 éco-cups seront remplies au préalable afin d’optimiser le ravitaillement des coureurs. Une flasque souple sera d’ailleurs remise à chaque personne, lors du retrait des dossards. Les organisateurs précisent : « Au ravitaillement de Luminy (5e kilomètre), un dispositif spécifique d’alimentation en eau du réseau urbain sera installé avec le concours de la Société des eaux de Marseille Métropole. Grâce au soutien de la Ville, les postes du col de la Gineste et de Bois Joli seront quant à eux alimentés par des citernes d’eau potable ». Une ambition écologique tout en permettant l’alimentation de l’ensemble des participants.

  • Ces espèces qui peuplent la rivière des Amoureux à Toulon

    Ces espèces qui peuplent la rivière des Amoureux à Toulon

    Ce samedi à partir de 9h, les bénévoles du groupe local Toulon – La Garde de la Ligue de protection des oiseaux de la région (LPO Paca) vous invitent à observer la biodiversité et les espèces qui peuplent la partie urbaine du fleuve de l’Eygoutier, au cœur de Toulon dans le quartier de La Rode.

    L’Eygoutier suit un espace naturel sensible départemental (ENS). C’est-à-dire qu’il passe par un site naturel remarquable par sa richesse écologique, géologique ou paysagique qui fait l’objet d’une protection et de gestion menée par le conseil départemental. Et ce, du pont de Suze jusqu’à La Palasse avant d’entrer dans la zone urbaine toulonnaise. Bien qu’en grande partie sous-terrain, la coulée verte et la ripisylve qui se développent sur les rives du cours d’eau en ville en font un repère de biodiversité riche, d’où cette sortie d’observation.

    D’ailleurs, vous retrouverez des panneaux et espaces labellisés « Refuge LPO » qui jalonnent les abords du fleuve pour encourager l’accueil de la petite faune sauvage.

    Une histoire militaire

    Ce fleuve est aussi appelé par les locaux « la rivière des amoureux ». Ce surnom plus poétique que l’Eygoutier est dû a une erreur de traduction et à une déformation phonétique du provençal. En effet, ce fleuve était autrefois bordé de nombreux mûriers en aval du pont de Suze il a donc été surnommé en langue provençale « riviero deis amourié », ce qui signifie « la rivière des mûriers ». Mais, avec le temps la ressemblance entre le mot provençal « amourié » et le mot français « amoureux » a modifié la traduction provençale qui a été déformée par l’usage populaire en « rivière des amoureux ».

    Il prend sa source à La Crau et se dirige vers l’ouest en passant par le Plan de La Garde et du Pradet n’a pas toujours eu cette embouchure. Son cours d’eau naturel a été déplacé entre 1679 et 1681 par l’ingénieur militaire Sébastien Le Prestre de Vauban, plus connu sous le nom de Vauban, qui était à l’époque chargé par Louis XIV de transformer le port de Toulon en un port de guerre d’envergure.

    Le fleuve côtier formait alors un delta marécageux au niveau de l’actuel port marchand et pouvait participer à l’ensablement du port, ce qui empêchait les grands navires de guerre d’y naviguer. C’est pourquoi son tracé a été déplacé vers le Mourillon. Du canard colvert aux papillons en passant par le lézard des murailles et oiseaux divers, c’est tout un monde qui s’offre à vous. Sans compter que la Ville agit également en faveur de la protection et de la préservation des martinets noirs et des chauves-souris.

    Samedi de 9h à 12h.
    Point de rendez-vous au
    160, rue Amiral Nomy
    83000 Toulon

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    « Aujourd’hui, nous devons faire face à une réalité : le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les périodes de sécheresse s’intensifient, les températures augmentent, les ressources en eau deviennent plus fragiles et les épisodes de pluies intenses peuvent accentuer les risques d’inondations », a expliqué mardi le président du syndicat mixte Asse Bléone, Claude Fiaert, en marge de la signature du contrat eau et climat 2026 – 2030, avec le Département, la Région, le maire de Digne et la préfète. « Après l’été que nous venons de passer, nous savons toutes et tous à quel point les questions liées à l’eau, à la préservation de nos ressources et aux risques d’inondation sont devenues concrètes et permanentes sur nos territoires », a ajouté Julien Di Benedetto, le maire de Digne-les-Bains.

    « La ressource en eau est déjà perturbée par l’action de l’homme, par les prélèvements trop importants, par les pollutions, par la modification des cours d’eau, et puis on a ce changement climatique qui vient rajouter une couche sur ces effets et qui crée un cercle vicieux avec de l’eau qui tombe à des moments très erratiques, trop au moment où on n’en a pas besoin, pas assez quand on en a besoin », a estimé Annick Mievre, directrice de la délégation Paca Corse à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Même les pluies « ne sont plus efficaces puisque l’eau s’évapore très rapidement, les sols s’assèchent et quand il repleut à nouveau, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et crée parfois des inondations », a-t-elle précisé. De plus, « moins il y a d’eau dans les milieux naturels, plus les polluants que nous y déversons se concentrent, et plus la vie aquatique est perturbée, mais aussi plus l’eau qu’on boit est polluée, et plus on a de coût pour les services d’eau potable », a déploré Annick Mievre. Face à ces enjeux primordiaux, « tout le monde doit se mobiliser et travailler ensemble », puisque « la question de l’eau concerne tout le monde », a-t-elle martelé. C’était précisément la démarche de la signature de ce contrat eau et climat, mardi.

    Une gestion éprouvante

    Claude Bondil, conseiller départemental délégué aux routes ou encore à l’administration générale, a de son côté évoqué l’importance « d’assurer la sobriété des usages ». C’est en tout cas l’engagement que le département prend dans le cadre de ce contrat, a-t-il promis. Le budget annuel du département « pour aider les investissements sur l’eau potable, l’assainissement et l’hydraulique agricole est de trois millions d’euros », a rappelé Claude Bondil, qui espère « préserver la vitalité de la Bléone et la pérennité de la ressource en eau ».

    Jean-Charles Borghini, maire de La Brillanne et conseiller régional qui représentait le nouveau président de la Région, François de Canson (DVD), a salué « le travail collectif », « plus facile ici, où on se connaît tous ». « Nous avons été la première région en Europe à élaborer un budget vert », a-t-il affirmé.

    La préfète Isabelle Tomatis a finalement témoigné des difficultés traversées avec la gestion de l’eau, de la sécheresse et des aléas climatiques. Le traitement de la rivière de l’Asse « a été une épreuve tout l’été » pour elle, a-t-elle confié. « Depuis que je suis préfète, je n’ai jamais autant de ma vie aimé la pluie », a-t-elle ironisé, soulignant la « belle réussite collective » que représente selon elle la signature de ce contrat eau et climat.

    Les élus et représentants des différentes institutions et associations, présentes en nombre, ont ensuite visité le chantier titanesque de « restauration des continuités écologiques » sur la rivière de la Bléone, à Digne-les-Bains.

    La signature de ce contrat et la visite du chantier tombaient à pic, alors que la préfecture vient de placer, lundi, l’Asse, l’Esteron et le Lauzon en crise sécheresse.

  • Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    « Avec la sécheresse, on ne sait pas du tout où on va. On a eu un hiver pluvieux, avec des arbres en forme ; et là, on se retrouve avec des olives toutes petites, qui tournent et deviennent noires » : Paolo Chabot, agriculteur agroécologique au moulin familial de Bonaventure, sur le plateau de Valensole, a subi de plein fouet les aléas climatiques cet été. « Le climat change trop, on n’arrive plus à faire de bons rendements de bonne qualité », regrette-t-il. Face à cette situation instable, il essaye de se diversifier et de miser sur des cultures moins vulnérables et sensibles au changement climatique. « Depuis deux ans, on essaye les oléagineux, comme le tournesol ; ou encore la moutarde », avec son père et son frère qui les a rejoints récemment sur la petite exploitation de 30 hectares. « On est assez peu à avoir la double casquette agriculteur et moulinier : il y a 10 moulins dans le 04, et que trois agriculteurs mouliniers », précise le producteur, qui a environ 800 clients agriculteurs.

    Paolo Chabot « essaye de tout faire en agroécologie », ce que l’ingénieure agronome Brune de La Selle définit comme « produire avec plutôt que contre le vivant ». « Plutôt qu’éliminer les espèces qui nous dérangent, on essaye de comprendre comment elles peuvent nous être utiles », explique-t-elle. Cette approche se veut une alternative au système agro-industriel.

    « Montrer que le bio peut être rémunérateur »

    Pour s’assurer d’avoir un revenu stable, l’agriculteur vend une partie de son huile d’olive à la start-up française Revoliva, qui propose à ses acheteurs un système de parrainage d’arbres et d’abonnement annuel. « On veut montrer que le bio peut être attractif, valorisant et rémunérateur », avance Daniel Bodenheimer Morales, qui a cofondé la marque Revoliva avec son ami d’enfance Fémi Faure. « On accompagne des fermes bio en France, en Espagne et en Italie. On peut doubler la rémunération en faisant du parrainage d’oliviers. La vente directe permet de mieux rémunérer les producteurs », affirme-t-il. La start-up, dont les bureaux sont à Paris, travaille aussi bien avec des particuliers qu’avec des chefs. Une quarantaine de restaurateurs parisiens se fournissent en huile d’olive chez eux. « Tout part d’un partenariat fort avec Paolo, qui est très engagé. On s’est compris en termes de valeurs », relate Daniel. « Chaque région a un pionnier », et Paolo est celui des Alpes-de-Haute-Provence.

    Revoliva permet aux producteurs d’accéder au marché, ce qui est « extrêmement difficile » pour eux sans être accompagnés, avance le cofondateur. « Aujourd’hui, le producteur vend ses olives en vrac à bas prix, il est à la limite de la rentabilité. Les négociants qui achètent ont pour but d’augmenter leur marge, parce qu’après, ils revendent à un intermédiaire qui revend à un magasin. L’agriculteur, lui tout seul, ne peut pas organiser sa vente. Donc nous, l’utilité qu’on a pour l’agriculteur, c’est la commercialisation, la sécurisation de la vente », précise Daniel.

    La France ne produit que 3 à 5% de l’huile d’olive qu’elle consomme, alors que l’Espagne produit près de la moitié de l’huile d’olive dans le monde. L’huile d’olive Revoliva est revendue uniquement sur le marché français.

  • À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    Aujourd’hui, à l’angle du boulevard du Capitaine-Gèze et de l’avenue des Aygalades, le site n’est encore qu’une friche. Mais d’ici au troisième trimestre 2029, un mégacampus dédié à l’intelligence artificielle (IA) doit voir le jour sur ce terrain de deux hectares.

    Tel est le projet porté par Unitel Group et son président, l’entrepreneur Kevin Polizzi. Baptisé Théodora, ce « village de l’IA appliquée », implanté au cœur des quartiers nord, accueillera plusieurs bâtiments dédiés aux entreprises et à la formation, ainsi que plus de 4 600m² d’hébergements.

    Avec plus de 110 millions d’euros d’investissements privés, dont 7% consacrés à la recherche et développement, le projet se veut davantage tourné vers l’innovation que vers l’immobilier. Unitel finalise d’ailleurs l’acquisition d’autres parcelles et prévoit de publier la méthode de construction du campus dans un livret en « open source ». « On ne fait pas de l’immobilier, l’objectif est de construire un kit pour permettre à un territoire de se transformer et rester dans la course », confie Kevin Polizzi.

    Pour justifier son ambition, le chef d’entreprise rappelle que « d’ici 2030, les projections indiquent que le marché de l’IA représentera plus de 1 800 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale ». Des travaux doivent également être réalisés afin de relier le campus aux câbles sous-marins qui arrivent à Marseille, faisant de la cité phocéenne le sixième hub numérique mondial. Une situation stratégique encore largement sous-exploitée, selon l’entrepreneur.

    « Il faut réinventer

    le lieu de travail »

    Avec ce projet, Kevin Polizzi entend également « réinventer le lieu de travail » à travers plusieurs axes. Évidemment, l’IA occupera une place centrale, autant en ce qui concerne la formation proposée sur le campus que les emplois et entreprises qui y seront implantés. « Théodora » mise aussi sur l’accessibilité sans voiture, avec la proximité du tramway, du métro et de plusieurs lignes de bus. « Les transports ne doivent pas être une contrainte, mais un accompagnement pour les étudiants », souligne Samia Ghali, présidente de la RTM, lors de son discours. La forte modularité des bâtiments doit également permettre de « faire face à n’importe quelle crise sans avoir à repartir de zéro avec un nouveau projet », complète le président d’Unitel.

    Le projet « Théodora » s’articule autour de quatre pôles : les bâtiments A, B et C, qui regrouperont près de 20 000m² de bureaux ; le bâtiment D, dédié « à l’incubation et à la formation autour de l’IA » sur 5 500m² ; la Tour Signal, qui concentrera 4 600m² de logements et différents services ; enfin, un pavillon central accueillera des espaces dédiés à la recherche, au développement et à l’événementiel, au cœur d’un parc de 6 000m². Au total, le campus représentera 35 000m² de surface de plancher.

    Un projet salué par les élus

    Pour Samia Ghali, représentante de la Métropole et présidente de la RTM, « ce projet dispose d’une situation géographique idéale dans les quartiers nord, au sein d’un pôle de transports multimodale important ». Un sentiment partagé par Julien Harounyan, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et du tourisme durable : « C’est un moment symbolique qui dit quelque chose de la confiance que l’on place dans ce territoire. »

    Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, s’est quant à lui réjoui de « voir l’offre de formation s’étoffer de manière immédiate et concrète à Marseille. C’est une étape importante pour la ville et pour sa jeunesse, surtout celle des quartiers nord ». Isabelle Campagnola-Savon, présidente d’Euroméditerranée, s’est pour sa part intéressée à « ce qu’on va pouvoir construire autour de ce projet », en affirmant que « c’est à Gèze que se joue une partie de l’avenir de la ville ».

    Un projet largement salué par les élus locaux, mais qui ne fait pas pour autant disparaître les interrogations liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle et des data centers nécessaires à son fonctionnement, à l’image du méga data center envisagé sur l’ancienne friche industrielle Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement.