Tag: dérèglement climatique

  • La réutilisation des eaux usées traitées arrive à Sète

    La réutilisation des eaux usées traitées arrive à Sète

    Face à la raréfaction de la ressource en eau, Sète passe à la vitesse supérieure. Depuis le début du mois de juillet, les eaux usées traitées par la station d’épuration des Eaux Blanches sont réutilisées pour des usages communaux qui jusque-là nécessitaient de l’eau potable.

    Un arrêté préfectoral fixe les conditions de la réutilisation des eaux usées traitées (Réut) et permet à Sète Agglopôle d’économiser pas moins de 20 000m3 chaque année. « L’autorisation concerne l’hydrocurage des réseaux d’assainissement, l’arrosage du ballast (lors d’une construction d’une route, on arrose afin de compacter un petit peu les cailloux et la terre) et bien sûr les laveuses de la Ville de Sète et potentiellement celles de Frontignan et La Peyrade », énumère Vincent Sabatier, vice-président de Sète agglopôle Méditerranée, délégué au cycle de l’eau.

    La collectivité dirigée par le socialiste Loïc Linarès met également en avant la technologique du dispositif, permettant d’avoir une eau de haute qualité. « C’est une eau de qualité A+, une des rares eaux en France à avoir ce label [la première dans l’Hérault, Ndlr.] puisque la technicité de la station d’épuration nous permet de sortir une qualité très supérieure à l’eau de baignade », poursuit le vice-président. En effet, l’eau usée subit dans un premier temps un procédé d’ultrafiltration membranaire avant d’être désinfectée par rayons UV. Du chlore est également ajouté pour assurer un effet durable et ainsi permettre de la stocker dans une cuve de 20 000 litres. Une réutilisation des eaux usées qui empêche également de rejeter cette eau dans la mer.

    La perspective d’usages industriels de la Réut

    Cette nouvelle économie d’eau vient s’ajouter à celle de 110 000m3 issus de la récupération d’eau de lavage des filtres de la station de potabilisation sétoise. « Potentiellement, cette eau économisée pourra servir pour les “usages nouveaux” de la ressource. Nous sommes de plus en plus confrontés à des conditions météo extrêmes, nous obligeant à arroser plus. Cette eau pourrait subvenir à ces besoins, en particulier l’irrigation », souligne Vincent Sabatier. Seul hic, sa salinité. « Le réseau est au niveau zéro des cartes [zéro hydrographique, Ndlr.], donc nous avons un petit peu d’intrusion d’eau salée. Mais il est toujours moins compliqué d’enlever 3g de sel que 30 comme dans l’eau de mer. »

    Ce nouveau dispositif n’est qu’une première étape dans la réutilisation des eaux usées traitées. En effet, l’Agglo prévoit de développer ses usages, notamment industriels. « Le second projet est de venir alimenter l’usine Saipol, premier consommateur d’eau municipal de la ville de Sète. Là, on vise une économie de 350 000m3 », soutient Vincent Sabatier. Notamment pour refroidir les installations et produire de la vapeur pour cette usine dédiée à la transformation de colza d’import.

    Une démarche qui montre le fort potentiel de cette technologie encore peu développée en France, contrairement à l’Espagne voisine, où l’eau réutilisée peut être consommée par la population. Mais à la vue du dérèglement climatique, il est sûr que la question de la Réut va se poser dans le débat public français.

  • Le vigneron gardois Franck Renouard a planté 2 500 arbres sur son domaine

    Le vigneron gardois Franck Renouard a planté 2 500 arbres sur son domaine

    C’était un pari insensé, mais Nadine et Franck Renouard l’ont fait ! Tout a commencé en 2000, lors d’un repas entre amis, un soir, en Petite Camargue : « On avait un peu fêté Bacchus et on s’est dit : tiens on va faire du vin. C’est parti comme ça… », se souvient Franck Renouard.

    Passionné de vin et d’écologie, ce couple de chirurgiens-dentistes qui vit alors à Paris décide de franchir le pas et de créer un vignoble de toutes pièces. « Quand on est arrivés, il n’y avait rien, que quelques vieilles vignes qu’on a récupérées. On a tout construit de zéro. C’était un projet complètement fou, inconscient, qui a été très dur pendant 10 ans », confie Franck Renouard. Mais ça en valait la peine ! 26 ans plus tard, le domaine Scamandre, situé à Vauvert, n’a plus rien à prouver : ses vins, dont l’élaboration repose sur une alliance subtile entre tradition et rigueur scientifique, comptent parmi les meilleures références de la Vallée du Rhône.

    Conduit en agriculture biologique, le domaine s’étend sur 30 ha dont 10 ha de vignes, qui comptent 18 cépages différents. Les rendements sont volontairement maîtrisés, les vendanges réalisées exclusivement à la main et les vinifications se font en barrique. Mais ce qui fait surtout la singularité du domaine de Scamandre, c’est le choix qui y a été fait, très tôt, de planter des arbres, notamment au milieu et en bordure des vignes. Le domaine fait ainsi partie des quelques pionniers qui se sont lancés dans l’agroforesterie il y a environ 20 ans.

    « On s’était associés, dès nos débuts, avec un œnologue de Bordeaux, Stéphane Beuret. Quand je lui demandais de me parler des grands vins, à chaque fois on revenait sur la biologie, le sol. On s’est donc posé très vite la question : comment faire pour que le sol soit le plus équilibré possible ? », relate Franck Renouard.

    « Les arbres sont de grosses sources d’humus »

    La rencontre avec la Scop gardoise Agroof, spécialiste de l’agroforesterie, va déterminer le choix de la vitiforesterie (agroforesterie viticole). Outre une forêt d’un hectare de chênes plantée quelques années plus tôt, « on a commencé en 2010 à planter des arbres dans les vignes et en bordure, pour faire des haies. Avec l’expertise d’Agroof, on a développé l’agroforesterie dans une perspective de biodiversité et d’amélioration du sol. Si vous voulez que votre sol retienne l’eau, il faut de l’humus. Or les arbres sont de grosses sources d’humus par leurs racines et par leurs feuilles », détaille le vigneron. Aujourd’hui, le domaine compte 2 500 arbres. « Au début, on était un peu romantiques, on a mis des fruitiers dans les vignes, qui sont quasiment tous morts… Désormais on a restreint notre palette : on plante plutôt des chênes, des oliviers, des essences locales endémiques qui s’adaptent plus facilement. »

    Concernant le potentiel protecteur des arbres contre le dérèglement climatique, « il faut être très prudent », insiste ce scientifique de formation. « Il faudrait pouvoir comparer, avec deux parcelles identiques, une avec des arbres et l’autre sans. Toutefois, j’ai la sensation que ça sert à quelque chose. Par exemple, les haies protègent des vents. Car un des gros problèmes du dérèglement climatique, ce sont les vents chauds, qui brûlent les plantes. Par ailleurs, les arbres transpirent, donc apportent une petite humidité (2% de plus autour d’un arbre). Sans oublier que grâce à leurs racines, ils vont pomper de l’eau qu’ils font remonter, et je pense que c’est un bienfait pour la vigne qui est autour. »

    L’agroforesterie présente également un indéniable intérêt pour la biodiversité. « J’ai identifié 39 espèces d’oiseaux différentes sur le domaine ! Il y a aussi les lézards, les serpents. Un peu les insectes, mais on est une goutte d’eau car on est entouré de beaucoup de fruitiers qui traitent tout le temps », poursuit Franck Renouard, qui mentionne également « l’aspect esthétique » de ces paysages rompant avec la monotonie de la monoculture de la vigne.

    En décembre, Franck et Nadine Renouard planteront « 200 nouveaux arbres dans une parcelle de très vieux carignan. Et je vais refaire des haies qui vont protéger des parcelles du mistral ». Pour lui, ce choix est une évidence. « La question c’est : est-ce qu’aujourd’hui on peut encore faire de l’agriculture, de la viticulture avec 20 ha sans un arbre ? Si vous n’avez pas d’humus, le sol ne retient pas l’eau. Si je retournais 20 ans en arrière, je replanterais beaucoup plus vite des arbres », assure-t-il.

  • [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    La Marseillaise : De nombreux Marseillais et militants associatifs sont choqués par la destruction par les services de la Ville d’une quarantaine d’arbres de haute tige dans la pinède du parc Bonneveine. Comment est-ce possible dans un projet qui vise à renaturer un parc public ?

    Hervé Menchon : Je suis triste et très en colère et je comprends et je ressens l’émotion des gens et des associations. C’est très dur aujourd’hui, en période de canicule, avec ce que l’on sait du dérèglement climatique et de ce qui nous attend. Après, je n’ai pas été impliqué dans ce dossier que je n’ai pas piloté. C’est un parc qui est labellisé EcoJardin et qui impliqué dans le programme « Territoires Engagés pour la Nature » et sur lequel j’attendais justement des réponses de mes services. Aujourd’hui, demain, rien ne sera équivalent à la protection et au maintien des arbres matures qui existent. Ce qui s’est passé, ce n’est juste pas possible ! 2050, c’est dans 24 ans. Les arbres qu’on plantera aujourd’hui n’apporteront jamais la même ombre, la même fraîcheur et ne seront jamais le même habitat que ceux qu’on a abattus. On mettra des décennies à récupérer la continuité écologique qu’apportaient ces arbres. On a détruit une canopée et au-delà un stockage carbone qui freine le dérèglement climatique.

    Au-delà du décompte des arbres abattus, c’est aussi la méthodologie de travail au sein d’une mairie à composante écologique qui est questionnée selon vous ?

    H. M. : Un arbre, c’est un monde. Il n’y a pas une espèce protégée et d’autres espèces qu’on pourrait détruire. Pas aujourd’hui, pas au XXIe siècle. On ne peut pas réfléchir comme ça alors qu’on est en train d’essayer de construire une planète vivable en 2050 et que se pose la question de l’habitabilité de la ville de Marseille en 2050. Ce qui s’est passé est digne de la politique agricole du XIXe siècle ou du productivisme du XXe siècle. On est ailleurs là, on est dans l’espace. On ne peut faire du génie contre la nature. Ça n’existe pas ! On doit faire alliance avec la nature, dès aujourd’hui, partout à Marseille, sur terre, en mer, en ville et pas seulement dans les parcs et jardins. La biodiversité, c’est ça. J’ai une «division» biodiversité, mais qui n’est même pas une direction biodiversité, et qui ne s’occupe pas des parcs et jardins. Je ne peux pas travailler avec ces outils-là aujourd’hui.

    En tant qu’écologiste engagé, je me suis battu pour sauver les 16 arbres du square Lévy, pour sauver la pinède du Roy d’Espagne, les jardins Joseph-Aiguier, le parc de la Mathilde. Je viens de là, moi et je ne cautionnerai jamais l’abattage de 30 à 40 arbres ! Il existe d’autres solutions que l’abattage. Même si on a des rapports d’experts, on peut avoir des contre-expertises. Il y a sûrement un génie humain qui est capable de maintenir les arbres. Alors peut-être qu’il était trop tard, qu’il y a la réalité et le temps administratifs. Il y a eu aussi les élections au milieu qui ont fait que chacun prend ses marques.

    Les associations dont FNE13 ont le sentiment qu’on leur a joué un mauvais tour, d’avoir été pris pour des idiots, en abattant précipitamment en pleine discussion. Vous comprenez ?

    Les associations m’ont sollicité. Je n’ai pas répondu parce que ce n’était pas mon dossier. On m’a mis adjoint à la biodiversité mais je ne suis pas la caution des massacres de la biodiversité. Je veux être adjoint à la biodiversité sinon ça ne sert à rien et je vais à nouveau grimper aux arbres. Même sur le tramway des Catalans, je ne suis pas chaud parce qu’il faut couper des arbres. Aujourd’hui, on aura du mal à avoir des arbres. On ne sait pas si les arbres qu’on plante aujourd’hui vont survivre. On n’aura peut-être pas l’eau pour les arroser avec une température de 50 degrés. Un arbre, c’est du vivant, ce n’est pas un meuble ! Ce n’est pas du mobilier urbain. Avec un arbre, il y a des champignons, des insectes utiles à la vie qui nourrissent des espèces protégées justement. Là, franchement, on est à rebours de mes ambitions, à rebours des enjeux du siècle. Je suis horrifié.

    Est-que cela suscite des discussions au sein de la gouvernance municipale ?

    J’aurai bientôt une réunion avec Perrine Prigent [ndr : adjointe DVG déléguée aux espaces verts qui pilote le dossier]. Je pense que là, une réunion avec le maire de Marseille s’impose. C’est tout le sens de mon engagement politique qui est remis en question aujourd’hui.

    Recueillis par David Coquille

  • La mer chauffe, les coquillages étouffent

    La mer chauffe, les coquillages étouffent

    Le 30 mai, la température de l’eau du bassin de Thau, utilisée pour la conchyliculture, a déjà atteint les 25,4°C, soit 4°C de plus que les normales de saison. Ces vagues de chaleur marines correspondent plus précisément à des périodes où « la température de surface de l’eau de mer est plus élevée, pendant plus de cinq jours, que 90% des températures à la même période de l’année, comparée aux 30 années précédentes », selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

    Pourtant, les coquillages tels que les moules ou les huîtres supportent difficilement ces hausses de température. Des seuils de résistance en mer Méditerranée ont d’ailleurs été fixés à 26°C concernant les moules et 30°C pour leurs cousines les huîtres.

    La Méditerranée, aux eaux déjà plus chaudes, n’échappe pas au réchauffement. Elle est d’ailleurs classée parmi les mers qui subissent le plus rapidement l’augmentation de leur température, après la mer Noire et la mer Baltique. Depuis 1982, sa température a augmenté d’environ 1,5 degré en moyenne.

    Mesures de température

    Dans le but de mieux comprendre les conséquences d’une telle augmentation de la température dans les bassins de conchyliculture, le réseau Ecoscopa analyse le développement de ces espèces et de leur milieu. Dans leurs huit stations de recherche, partout en France, les chercheurs étudient les huîtres creuses et relèvent la température des bassins à un rythme régulier, notamment dans le bassin de Thau.

    Grâce à ces prélèvements, les chercheurs peuvent identifier des vagues de chaleur, notamment lors de la saison estivale. Pourtant, l’hiver n’échappe pas à ces anomalies. Franck Lagarde, coordinateur du réseau Ecoscopa et chercheur à l’Ifremer, dans son antenne sétoise, les décrit même comme « de plus en plus fréquentes, intenses, précoces et tardives ». Et ce, depuis 2012.

    Les conséquences de tels pics de chaleur ? L’asphyxie des coquillages. L’augmentation de la température et la baisse des phénomènes venteux conduisent à une modification de la solubilité des gaz dans l’eau. Concrètement, l’eau est trop peu oxygénée, ce qui entraîne une surmortalité des huîtres et des moules. L’année 2018 en a été un exemple dramatique sur le bassin de Thau. Près de 4 000 tonnes de coquillages ont été perdues en deux semaines.

    Ce dérèglement de la température n’a pourtant pas systématiquement pour conséquence la mort de ces espèces. Il occasionne également un phénomène observé depuis 2025 : les coquillages pondent de manière précoce sur tout le territoire, étendant la période de reproduction de la fin mai à la fin septembre, contre mi-juillet à mi-août habituellement.

    Des espèces épuisées

    L’élargissement de la période de ponte rime aussi avec l’augmentation de la fréquence des reproductions. Problème : cela entraîne un épuisement des espèces qui ont « de plus en plus de mal à récupérer pendant l’hiver », ajoute le chercheur. Le seul point positif de ces dérèglements en Méditerranée, les huîtres creuses « grandissent mieux », selon Franck Lagarde, preuve d’une forme d’adaptation positive à leur milieu.

    Les conchyliculteurs tentent donc de mettre en place des mesures permettant de limiter les dégâts. Améliorer la détection des anoxies, déplacer les élevages en mer ou encore faire usage de systèmes de rafraîchissement.

    Le changement, nécessaire à la poursuite de telles exploitations, peut même être effectué au niveau commercial. « Les huîtres au printemps sont de meilleure qualité qu’en automne », déclare Franck Lagarde. De quoi faire réfléchir sur les habitudes de consommation des Occitans, exposés régulièrement à des anomalies de température.

  • Certaines chèvres ne produisent plus de lait plusieurs mois avant la période

    Certaines chèvres ne produisent plus de lait plusieurs mois avant la période

    Ici, le dérèglement climatique se voit dans les prés vides et les stocks de foin qui fondent avant l’heure, transformant en profondeur le quotidien des exploitations agricoles. Depuis plusieurs semaines, la chaleur dessèche les pâturages, l’herbe se raréfie et perd en qualité nutritive.

    Au GAEC La Fontaine de Lacan, à Saint-Pargoire, Odile Boutieres constate chaque jour les conséquences des canicules à répétition. « Aujourd’hui, il n’y a plus rien à manger dehors. Nous sommes obligés de nourrir les chèvres à l’intérieur avec le foin que nous venons juste de récolter. Nous avons déjà commencé à utiliser les stocks de cette année alors que l’été n’est pas terminé. »

    La sécheresse s’ajoute à des températures qui ne redescendent plus suffisamment la nuit. Les épisodes de canicule, où le mercure reste proche des 25 °C, empêchent les animaux de récupérer. Avec ce stress thermique continu les animaux récupèrent de moins en moins. Certains meurent, d’autres produisent beaucoup moins de lait.

    Le quotidien d’une éleveuse à bout de souffle

    Face à ces épisodes de chaleur qui s’installent, le métier d’éleveur change lui aussi. Les journées s’organisent désormais autour de la surveillance des troupeaux, de l’approvisionnement en eau et de l’alimentation des animaux. « Habituellement, nos chèvres sortent tous les jours. Aujourd’hui, elles restent à l’intérieur parce qu’il n’y a plus rien dehors », raconte l’éleveuse. Une situation qui bouleverse toute l’organisation de l’exploitation. À cette vigilance permanente s’ajoutent des journées particulièrement longues. « Je suis à la traite dès sept heures du matin. Toute la matinée, avec mon fils, nous faisons les fromages. Le soir, je fais les marchés et je rentre vers minuit et demi. Cette année est très, très dure », résume-t-elle. Derrière cette phrase se cachent des semaines d’incertitude, de fatigue physique et d’inquiétude. « On vit au jour le jour », souffle-t-elle, avant d’ajouter : « On se sent seuls. » Comme l’explique Odile Boutieres, la baisse de la production se répercute directement sur la transformation fromagère et sur les ventes. « Nous produisons 50% de lait en moins avec les mêmes chèvres », explique-t-elle. Pour cette exploitation familiale, récemment agrandie avec l’installation du fils, le choc est brutal.

    Les investissements réalisés pour gagner en autonomie alimentaire deviennent aujourd’hui difficiles à rentabiliser, tandis que les remboursements d’emprunts continuent de courir. Le mois dernier, les deux associés n’ont perçu que 320 euros chacun. Pourtant, malgré les difficultés, il n’est pas question de renoncer. Comme beaucoup d’éleveurs, elle cherche désormais d’autres sources de revenus, en relançant notamment la ferme-auberge familiale ou en développant de nouvelles activités. « On cherche toutes les solutions possibles pour continuer », affirme-t-elle. Une phrase qui résume, à elle seule, le défi auquel sont confrontés de nombreux éleveurs.

    Face à la multiplication des épisodes de chaleur, les pouvoirs publics ont lancé le Plan Agriculture Méditerranée, destiné à accompagner l’adaptation des exploitations de l’arc méditerranéen. En Occitanie, 28 territoires ont été labellisés « aires agricoles de résilience climatique » en 2024 et 2025. Dix-huit projets ont également été retenus, représentant 23,7 millions d’euros d’investissements, dont 9,5 millions d’euros d’aides de l’État. Reste à savoir si ces dispositifs bénéficient directement aux petites exploitations comme celle d’Odile Boutieres.

    Amélia Siapo

  • Des signaux d’alarme en cascade

    Des signaux d’alarme en cascade

    « Nous n’avons pas connu un tel climat de notre vivant et peut-être même pas depuis l’avènement de notre civilisation. » Le constat alarmant de Carlo Buontempo, directeur de l’Observatoire européen de la sécheresse, Copernicus, se traduit dans notre région par
    un état calamiteux des cultures, notamment des fruits et légumes, mettant en grande difficulté les paysans. Combien de temps faudra-t-il pour une prise de conscience se traduisant par un changement radical de modèle agricole et de système économique autre que capitaliste ?

    Car ces vagues de chaleur extrême vont devenir la norme. La sécheresse et la canicule sont symptomatiques d’un climat qui se réchauffe durablement et rapidement. Selon Copernicus « l’Europe occidentale a connu son début d’été le plus chaud jamais enregistré, avec une période juin-juillet à un niveau record ». Idem pour les océans qui ont aussi atteint en juillet 2026 « des niveaux de chaleur inédits pour ce mois ».

    Nappes au plus bas

    La ressource en eau se raréfie. Ainsi, en France, deux tiers des nappes phréatiques sont sous la normale. Au 1er août, « la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines métropolitaines en eau présente des niveaux en baisse » a déclaré lundi le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Autre constat : Selon une analyse de l’Agence France presse, « Environ 95% du territoire métropolitain français ont été touchés par la sécheresse en juillet ». Combien faudra-t-il de signaux d’alarme pour réagir ? Outre les agriculteurs, en première ligne, l’écrasante majorité des citoyens, classes populaires en tête, subissent une situation qui n’a rien de fatal.

  • Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Face à des incendies plus fréquents, plus violents et qui s’étendent désormais bien au-delà du pourtour méditerranéen, la France doit revoir en profondeur sa stratégie de sécurité civile. C’est le constat dressé par les députés Sophie Pantel (PS) et Damien Maudet (LFI), co-auteurs d’un rapport parlementaire consacré aux moyens aériens de la sécurité civile. Au-delà du renouvellement des bombardiers d’eau, les deux parlementaires plaident pour une planification de long terme, un renforcement des moyens des services de secours, une loi d’investissement pluriannuel et une meilleure anticipation des conséquences du dérèglement climatique.

    « On voit bien aujourd’hui, avec ce qu’il se passe en Gironde, qu’on a une accélération et que c’est l’ensemble du territoire national qui est ou qui va être concerné. Donc il faut se préparer à ces conséquences liées au changement climatique pour pouvoir faire face et avoir des moyens de lutte qui permettent, en cas de feux multiples, de pouvoir répondre partout aux besoins », précise Sophie Pantel, pour qui cette évolution justifie une révision complète de la politique de sécurité civile.

    La nécessité

    de fixer un cap

    Pour la députée, le principal enjeu ne se résume pas à une question budgétaire. C’est avant tout l’absence de vision d’ensemble qui freine l’adaptation du pays. « Avec mon collègue Damien Maudet, on avait demandé, dans l’intérêt de l’État, d’avoir un document transversal de l’ensemble des crédits affectés à la sécurité civile. » Ce document permettrait d’offrir une vision globale, jugée indispensable pour définir une stratégie. Une stratégie qui, selon les auteurs du rapport, passe par une réforme plus large de la sécurité civile, bien au-delà du seul renouvellement de la flotte aérienne. « Il faut vraiment avoir, d’une part une loi de modernisation ambitieuse pour la sécurité civile, qui va traiter évidemment de la question des feux, mais qui va surtout s’intéresser au volontariat, qui va donner des axes sur la diversification des choix à faire dans l’investissement, qui peut apporter un nouveau pacte capacitaire », précise-t-elle.

    Face à des catastrophes appelées à se multiplier, la députée socialiste estime qu’il faut développer une véritable culture du risque au sein de la population, pour permettre notamment, sur chaque commune, d’avoir des réserves communales de sécurité civile. Si la prévention et la résilience constituent un premier pilier de cette réforme, les moyens matériels restent tout aussi essentiels. Pour les auteurs du rapport, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre coopération européenne et maintien d’une capacité nationale. « Il faut évidemment une flotte nationale souveraine. Il faut s’inscrire dans le cadre du programme RescEU dans la solidarité européenne, mais on ne peut pas se contenter uniquement de la solidarité européenne », estime Sophie Pantel. Selon elle, cet équilibre passe aussi par un soutien renforcé aux industriels français afin de garantir, à terme, une autonomie durable face à des crises appelées à se multiplier.
    Il ne s’agit donc plus seulement de renforcer les moyens existants, mais de repenser en profondeur la sécurité civile afin de répondre à des risques appelés à s’intensifier sous l’effet du dérèglement climatique, des feux de forêts en passant par les risques d’inondation plus accrues.

  • Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Les pompiers mènent toujours un combat dantesque contre deux mégafeux en Gironde et dans les Landes, tandis que dans le Var, l’incendie de Pontevès continue sous le coup de mauvaises conditions météo (lire ci-contre). 2 000 pompiers au total sont mobilisés (1 000 en Gironde, 500 dans les Landes et autant dans le Var) pour circonscrire ces feux, dont l’origine n’est pas encore déterminée. Mais on sait que neuf fois sur dix, l’origine est humaine : imprudence, comportement dangereux.

    Un climat d’apocalypse règne dans le Sud-Ouest, dans une région, la Nouvelle-Aquitaine, très touristique. Vendredi soir, l’incendie avait déjà parcouru 20 000 hectares en Gironde, quelque 2 600 hectares dans les Landes et 2 500 dans le Var. Pour les services de secours, la priorité absolue est la mise à l’abri des vies humaines, car les deux monstres de flammes et leurs multiples brasiers sont pour l’instant incontrôlables. Au total, vendredi, et selon un bilan provisoire, 110 000 personnes, habitants et visiteurs, ont été évacuées en Gironde, 31 000 dans les Landes et 300 dans le Var.

    Le feu « se dirige vers

    la métropole bordelaise »

    Selon le lieutenant-colonel Éric Pitault, des pompiers de Gironde, « l’arrière du feu, vers Le Porge et au-dessus, a connu un ravivement avec des reprises de feu importantes. Ce qui complique l’action de nos collègues, c’est l’intensité du foyer et le vent qui a forci et changé de direction ». « L’odeur du feu se sentait jusqu’à Bordeaux dont le ciel prenait une couleur jaunâtre. »

    Après une nuit marquée par une vitesse de propagation des flammes très rapide, malgré une « lutte acharnée » du millier de sapeurs-pompiers engagés, l’ordre a été donné, vendredi matin, d’évacuer en totalité la très touristique presqu’île du Cap-Ferret et ses 40 000 habitants estivaux. Cela se fait par l’unique route et par une noria de bateaux, selon un scénario prévu et répété l’an passé par les autorités. Vendredi soir, Sophie Brocas, la préfète de Nouvelle-Aquitaine, a annoncé que l’incendie de Lège-Cap-Ferret est « poussé par un vent d’ouest soutenu et qu’il se dirige vers la métropole bordelaise ».

    Quarante-deux sapeurs-pompiers blessés ont été pris en charge, dont neuf évacués, « tous en urgence relative », selon la préfecture. Les pompiers sont appuyés dans les airs par 4 Canadairs, 2 Dash, 3 Air Tractor et 2 hélicoptères bombardiers d’eau.

    Selon le ministre de l’Intérieur, « actuellement, on a 32 feux en cours, qui n’ont évidemment pas tous la même importance ». « On a dépassé le seuil des 50 000 hectares qui ont été brûlés depuis le 1er janvier de cette année. Par rapport à l’an passé, c’est quasiment fois trois. » Laurent Nuñez a annoncé un transfert d’une partie des moyens déployés jusqu’à présent dans le Sud-Est vers la Gironde et les Landes. Face à une situation « sous très forte tension », le président de la République a demandé vendredi aux armées « de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile ». Emmanuel Macron a aussi annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, avoir demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) : « Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais, ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque ». Une cellule interministérielle de crise était convoquée à 22h, vendredi, par le premier ministre.

    Après la France, l’Espagne a annoncé avoir activé le « Mécanisme européen » et demandé « quatre moyens aériens de lutte contre les incendies », indiquant que la Grèce avait « accepté la demande, offrant deux avions Canadair ». En Espagne, au moins 63 000 personnes ont déjà été évacuées ou sont confinées dans la région de Madrid en raison du « pire incendie de l’histoire » de la région, qui a déjà ravagé 6 000 hectares, selon la présidente régionale, Isabel Díaz Ayuso.

  • Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    « Mesurer pour comprendre. » Telle est la mission de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En ces temps de canicules à répétition, il est temps de remettre en lumière une étude choc* de l’Insee Occitanie. Rendue publique le 19 novembre 2024, elle porte un titre brûlant d’actualité : « En Occitanie, les trois-quarts de l’offre touristique seront exposés à de fortes chaleurs en 2050 », c’est-à-dire à partir de 30°C et au-delà. Autrement dit, « 72% des lits des hébergements collectifs de la région sont situés dans des zones où les températures élevées seront les plus fréquentes à l’horizon 2050 avec plus de 35 journées où les températures dépasseront 30° C ou plus de 50 nuits tropicales par an » ; une nuit tropicale étant « une nuit où la température ne descend pas en dessous de 20°C ». L’étude de l’Insee parue il y a près de 4 ans, doit permettre aux professionnels du tourisme, aux services de l’État et aux collectivités locales de s’engager fortement sur le chemin de l’adaptation et l’atténuation d’un phénomène structurel : le réchauffement climatique. Sinon, le risque est de voir s’effriter un des piliers de l’économie régionale qui, au plus fort de l’été, génère jusqu’à 180 000 emplois, soit 7% de l’emploi marchand régional.

    L’autrice et l’auteur de l’analyse de l’Insee, Séverine Bertrand et François Hild, rappellent qu’en Occitanie « les étés 2022 et 2023 ont été marqués par des températures dépassant régulièrement les 35° C (voire 40° C) dans plusieurs départements, des niveaux rarement atteints autrefois » ; ajoutant que « les simulations climatiques les plus récentes confirment que ces phénomènes s’accentueront au cours des 25 prochaines années ». Résultat, l’Occitanie « est une des régions de France métropolitaine qui seront les plus exposées à des épisodes fréquents de fortes chaleurs, à la fois diurnes et nocturne ». L’étude de l’Insee a suivi l’évolution de la fréquence des journées de fortes chaleurs et des nuits tropicales pour la période 1976-2025 et aux horizons 2030 et 2050. L’accélération est impressionnante : sur la période 1976-2005, 2% seulement du territoire régional était concerné par les fortes chaleurs fréquentes, notamment dans l’Hérault et le Gard. Dans 4 ans, en 2030, ce sera 12% de l’Occitanie et dans 24 ans, en 2050, 50% de la surface régionale sera concernée ! Les touristes optent déjà pour des destinations au climat plus clément, notamment le littoral atlantique et du nord. Au printemps 2026, l’Insee a publié une analyse** montrant l’évolution des habitudes des vacanciers entre 2012 et 2024, sous l’impact du dérèglement climatique. « Dans ce contexte, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques augmente moins fortement en Occitanie qu’au niveau national. En Occitanie, la concentration de la fréquentation touristique en juillet et en août tend à s’atténuer au profit d’un développement du tourisme au printemps, notamment en mai. » Une évolution portée par l’hôtellerie de plein air, « majoritairement sur le littoral méditerranéen ». Un bouleversement de la saisonnalité qui va exiger des adaptations structurelles de l’économie du tourisme.

    *Insee Analyses Occitanie, n°157, novembre 2024. **Insee Analyses Occitanie  168, mars 2026.

    CHIFFRES

    17,5

    millions de touristes ont été accueillis en 2023 dans les hébergements collectifs marchands d’Occitanie (hôtels, campings, résidences de tourisme, villages vacances) totalisant 55,2 millions de nuitées, soit 12% des nuitées de France métropolitaine.

    2e

    région de France pour la fréquentation des campings, l’Occitanie s’est hissée en 2025 au 3e rang des régions pour la fréquentation touristique, derrière l’Île de France et la Nouvelle-Aquitaine et devant Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    125 000

    emplois en moyenne par an sont générés par le tourisme en Occitanie. Cela représente 7% de l’emploi marchand de la région. Au cœur de l’été, le secteur emploie jusqu’à 180 000 travailleurs.

  • Agriculture : les impacts en cascade des canicules dans les Hautes-Alpes

    Agriculture : les impacts en cascade des canicules dans les Hautes-Alpes

    Quand je suis arrivé et que j’ai vu ça, j’ai pleuré. » Fin juin, Mattéo Delabre, arboriculteur et éleveur de poules à Barcillonnette, a vu huit lignes de pommiers partir en fumée suite à des étincelles provoquées par un dysfonctionnement d’une moissonneuse-batteuse. « Les pompiers sont arrivés pile à ce moment-là, ils ont sauvé en priorité les habitations, c’est normal, mais pendant ce temps les vergers ont cramé », raconte-t-il. Pour lui, il est évident que la sécheresse actuelle a permis aux flammes de rapidement s’étendre. « La même chose est arrivée la semaine d’après à Lardiers. Il n’y a pas eu de gros dégâts mais on a jamais vu la végétation aussi sèche à ce moment de l’année », affirme-t-il. Le dommage n’est pas seulement matériel. « Le problème, c’est déjà la perte affective, ces vergers ont été plantés quand mes parents se sont installés, et ces haies, ça me fait mal au cœur, elles ont mis des décennies à se former, déplore-t-il. Ensuite c’est tout le travail, il faut qu’on coupe, qu’on dé-souche, on pourra pas replanter du pommier à cet endroit. C’est un gros chantier dont on n’avait pas forcément besoin. »

    Si la sécheresse apparaît comme la conséquence évidente des épisodes de chaleur, les impacts sont multiples. Le 21 juin, Chantal Bonetti, maraîchère à Embrun, a, elle, perdu une quinzaine d’animaux noyés et des dizaines de m² de cultures endommagées par des inondations soudaines. Pour elle, le problème n’est pas la sécheresse, mais l’apparition d’orages, favorisés par les canicules, qui entraînent des intempéries intenses. « On ne peut pas imaginer le stress que c’est, il y a des orages tous les huit ou dix jours et chaque fois on se demande si ça va déborder, rapporte Chantal. Quand tout déborde, alors il faut vite nettoyer, laver toute la gadoue. Pendant ce temps, je n’ai pas fait le désherbage de mes cultures. On prend du retard, ça nous rajoute un travail de fou. »

    Des infrastructures inadaptées

    Pour elle, ces inondations viennent aussi d’une buse d’évacuation des eaux, trop étroite, qui déborde systématiquement lorsque les pluies font gonfler le torrent de Charance, à quelques centaines de mètres de sa ferme. Ces épisodes, au-delà des dégâts immédiats, posent la question de l’adaptation des pratiques et des infrastructures.

    « La gestion collective de l’eau, c’estun énorme sujet, questionne Mattéo Delabre. Les dernières sécheresses qu’on a vécues ne sont pas dues qu’au réchauffement climatique en lui-même mais à l’assèchement systématique de toutes les zones humides, de toutes les terres agricoles. Pendant des siècles, on a drainé tous les sols, asséchées toutes les mares pour que l’eau coule le plus vite et le plus directement possible vers la mer. Aujourd’hui, on se rend compte des répercussions, l’eau s’infiltre et elle file, elle ne reste pas. » En dépit d’actions politiques qu’il juge insuffisantes, à son échelle, il a installé des mares autour de son exploitation et reforesté les berges de la rivière voisine. « J’aime dire qu’on améliore la “robustesse”de nos cultures, souligne-t-il. Aujourd’hui on parle beaucoup de résilience, c’est le mot à mettre pour avoir des subventions, mais la résilience ça veut dire revenir au même stade après avoir encaissé un choc. La robustesse ça veut dire évoluer pour rester solide. »

    Orages et intempéries, l’autre conséquence de la canicule

    La succession d’orages depuis plusieurs jours est aussi liée aux fortes chaleurs, explique Nicolas Roux, responsable du Centre météorologique des Alpes du Sud : « Lorsqu’on a une masse d’air très chaud en basse couche, qui se réchauffe à mesure que la canicule se poursuit, des changements de masse d’air conduisent généralement à des situations orageuses, qui requièrent de l’air chaud et humide. En fin de canicule, les orages font aussi diminuer les températures. Quelque part, ils annoncent la fin de la canicule tout en y mettant fin. »