Tag: intempéries

  • À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    L’imprimante aura sorti le document des dizaines de fois, ce jeudi. À peine dix jours après les intempéries qui ont ravagé le territoire, la commission interministérielle a publié l’arrêté portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle dans 72 communes des Bouches-du-Rhône pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue. À ce jour, à Martigues, plus de 1 800 administrés se sont manifestés auprès du service juridique de la Ville. À la mairie annexe de La Couronne, les habitants se succèdent pour se procurer le papier. Martin fait partie de ceux-là.

    « J’ai cru comprendre que ça pourrait m’aider dans mes démarches avec les assurances », commence-t-il. Ça tombe bien, l’expert passe l’après-midi même constater les dégâts dans sa maison, située dans le vallon de l’Eurre. « On est dans une zone classée inondable, mais il y a des constructions pluviales pour absorber le débit. À mon sens, elles étaient bouchées plus bas, ou en tout cas sous-dimensionnées pour évacuer l’eau qui venait des collines. » Résultat : sa maison a été ensevelie sous 40 cm.

    Depuis mardi dernier, le père de famille, sa compagne et ses deux fils vivent à quatre dans une pièce située à l’étage. Ils ont pu « tout vider » pour faire sécher leurs affaires. « J’ai dû prendre deux semaines de congés pour gérer la situation », confie-t-il en ironisant : « Il n’y a pas d’aide de l’employeur. C’est normal, c’est pas leur responsabilité. Mais bon, super les vacances… » Pour la suite, c’est le grand saut dans l’inconnu. « On verra avec l’assurance comment ça se passe, c’est une découverte, c’est la première fois qu’il nous arrive ça. »

    Au-delà de sa situation individuelle, Martin veut alerter la collectivité pour faire évoluer le réseau d’évacuation des eaux pluviales. « C’est aussi pour ça que je suis venu en mairie, ce genre d’événement va arriver de plus en plus souvent, plus tôt dans l’année avec le réchauffement climatique, il faut prévoir les travaux nécessaires. » Avant de le recevoir dans son bureau, Odile Teyssier-Vaïsse, l’adjointe de quartier, confirme : « On a beaucoup de personnes qui viennent pour ces problèmes d’écoulement, dans les secteurs de la route des Bastides, le vallon de l’Eurre, la Saulce… Tous ces points bas qui accumulent la pluie. Un travail partenarial est déjà en cours avec le Département, la Métropole au titre de la compétence Gemapi, la Régie des eaux et la Ville sur l’entretien des caniveaux, le dimensionnement des buses, les roubines… »

    Une cellule d’aide psychologique

    Installée dans une salle voisine, Michèle* est venue en mairie pour prendre contact avec l’une des assistantes sociales de la Ville qui animent une permanence à destination des sinistrés. Depuis les intempéries, la retraitée n’est pas rentrée chez elle, par peur de constater les dégâts. « L’eau est montée de 70 cm. Là, c’est dans le jus, je ne veux pas y retourner car je suis pas bien. »

    L’événement lui a causé « beaucoup de stress », livre-t-elle : perte de cheveux, plaques de boutons, le « cœur qui s’emballe »… Une cellule d’aide psychologique a été mise en place par la Ville, en lien avec l’Apers et la Croix Rouge. Michèle s’est inscrite. « On verra bien », glisse-t-elle, pas vraiment convaincue. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle n’est pas particulièrement un soulagement pour elle. « Je ne sais même pas ce que ça veut dire… », avoue-t-elle, démunie. « Je suis seule, mon fils a un travail très prenant et lui aussi a été inondé. »

    Pour accompagner les administrés dans leurs démarches administratives, une permanence est ouverte, à l’hôtel de ville, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30. Des rendez-vous sont aussi proposés via Allô Martigues au 0 800 15 05 35, du lundi au vendredi. « Il ne faut pas oublier que certaines personnes ne sont pas à l’aise avec l’outil numérique, c’est notre devoir de les accompagner », affirme Odile Teyssier-Vaïsse.

    * Le prénom a été modifié

  • 117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    Par un arrêté publié ce jeudi au Journal officiel, un total de 184 communes, dans le quart Sud-Est de la France, ont été reconnues en état de catastrophe naturelle « pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue », dix jours après les orages meurtriers qui ont frappé la région, les 19 et 20 octobre. Parmi elles, 117 communes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 72 dans les Bouches-du-Rhône, 19 dans le Var et 26 en Vaucluse. Aucune demande de reconnaissance n’a été refusée.

    À l’échelle régionale, il faut remonter aux inondations du 23 novembre 2019, qui avaient fait six morts dans le Var et les Alpes-Maritimes, pour dépasser ce nombre, avec 169 municipalités reconnues en catastrophe naturelle. Dans les Bouches-du-Rhône, il faut remonter au mois de décembre 2003 (84 communes reconnues), lorsque les digues du Rhône avaient cédé. Sept personnes avaient alors perdu la vie.

    Cette fois, la publication s’est faite « dans des délais record », apprécie le maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet. Lors de son déplacement dans le département le 23 octobre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, avait promis une procédure accélérée pour ouvrir la voie aux indemnisations, face aux inondations qui ont fait trois morts dans les Bouches-du-Rhône. Désormais, les sinistrés disposent de trente jours pour déclarer les dégâts à leur compagnie d’assurance.

    La longue marche

    de l’indemnisation

    Cette indemnisation est en effet obligatoire pour les personnes qui possèdent une assurance de dommages, dès lors que les sinistres déclarés sont la conséquence directe de la catastrophe naturelle. Elle comprend les frais de pompage, de nettoyage, de désinfection. Après la déclaration de sinistre, les assureurs disposent d’un délai d’un mois pour saisir un expert, puis lorsque le rapport d’expertise est rendu, d’un mois supplémentaire pour faire une proposition d’indemnisation. Lorsqu’elle est acceptée, elle doit être versée dans un délai de 21 jours.

    « L’État devait concrétiser ses engagements sans perdre de temps. Nous avons été entendus », apprécie désormais le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard. Mais alors que le ministre s’était heurté à la défiance des maires lors de sa visite, l’institution avertit : « L’accompagnement doit se poursuivre avec la même intensité. » « Les moyens financiers qui seront obtenus permettront de panser les trop nombreuses plaies que l’orage a laissées sur notre ville », souligne aussi le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, en remerciant les habitants pour leur mobilisation qui a permis cette reconnaissance : « La force du nombre a, une nouvelle fois, permis de faire avancer les choses. » Désormais, ses services municipaux, comme dans de nombreuses autres villes touchées, restent mobilisés pour aider les habitants à accéder à leurs droits. Tandis que la Région et le Département ont déjà débloqué des aides exceptionnelles, le ministre Mathieu Lefèvre promettait, mercredi à l’Assemblée, que « l’État est mobilisé », avec des reports de charges pour les agriculteurs qui s’ajoutent aux dispositifs de calamité agricole et dotations de solidarité pour les communes.

    Reste désormais à faire face aux conséquences de long terme. Si les circulations ferroviaires ont pu reprendre en mode dégradé, « des travaux complémentaires se poursuivront pendant plusieurs semaines », avertit SNCF Réseau, « compte tenu de l’ampleur des dégâts constatés ». à Saint-Mitre, plusieurs dizaines d’arrêtés de mise en sécurité sont en cours d’envoi aux propriétaires « dont les ouvrages demeurent menaçants ». à Carry, le sentier du Lézard est fermé depuis lundi face aux effondrements et glissements de terrain. à Saint-Chamas, une étude globale doit être menée pour sécuriser les collines « encore gorgées d’eau et fragilisées », indiquait, mardi, la maire Magali Ramos. Certaines maisons ne peuvent toujours pas être habitées. De quoi illustrer l’ampleur des chantiers qui s’ouvrent, alors que le dérèglement climatique accroît les dangers : le coût des inondations devrait s’élever à 50 milliards d’euros entre 2020 et 2050, contre 18 milliards entre 1989 et 2019.

    LES VILLES CONCERNÉES

    Bouches-du-Rhône

    Aix-en-Provence ; Alleins ; Arles ; Aureille ; Aurons ; La Barben ; Beaurecueil ; Belcodène ; Berre-l’Étang ; Bouc-Bel-Air ; Cabriès ; Carnoux-en-Provence ; Carry-le-Rouet ; Ceyreste ; Charleval ; Châteauneuf-les-Martigues ; La Ciotat ; Cornillon-Confoux ; Éguilles ; Ensuès-la-Redonne ; Eyguières ; La Fare-les-Oliviers ; Fontvieille ; Fos-sur-Mer ; Fuveau ; Gignac-la-Nerthe ; Grans ; Gréasque ; Istres ; Jouques ; Lamanon ; Lambesc ; Lançon-Provence ; Mallemort ; Marignane ; Marseille ; Martigues ; Meyrargues ; Meyreuil ; Mimet ; Miramas ; Mouriès ; Noves ; Paradou ; Pélissanne ; Les Pennes-Mirabeau ; Peyrolles-en-Provence ; Port-Saint-Louis-du-Rhône ; Port-de-Bouc ; Le Puy-Sainte-Réparade ; Puyloubier ; Rognac ; Le Rove ; Saint-Andiol ; Saint-Cannat ; Saint-Chamas ; Saint-Étienne-du-Grès ; Saint-Marc-Jaumegarde ; Saint-Martin-de-Crau ; Saint-Mitre-les-Remparts ; Saint-Rémy-de-Provence ; Saint-Victoret ; Salon-de-Provence ; Sausset-les-Pins ; Sénas ; Septèmes-les-Vallons ; Simiane-Collongue ; Tarascon ; Velaux ; Venelles ; Ventabren ; Vitrolles.

    Var

    Les Arcs ; Bandol ; Cabasse ; Le Castellet ; Claviers ; Correns ; Gonfaron ; Grimaud ; Lorgues ; Montfort-sur-Argens ; Le Plan-de-la-Tour ; Roquebrune-sur-Argens ; Saint-Antonin-du-Var ; Saint-Cyr-sur-Mer ; Saint-Tropez ; Sainte-Maxime ; La Seyne-sur-Mer ; Le Thoronet ; Vidauban.

    Vaucluse

    Apt ; Caromb ; Carpentras ; Caumont-sur-Durance ; Cheval-Blanc ; Courthézon ; Entraigues-sur-la-Sorgue ; Lourmarin ; Mazan ; Ménerbes ; Mérindol ; Monteux ; Mormoiron ; Murs ; Oppède ; Pernes-les-Fontaines ; Pertuis ; Puget ; Puyméras ; Robion ; La Roque-sur-Pernes ; Saint-Saturnin-lès-Avignon ; Uchaux ; Vacqueyras ; Vedène ; Visan.

  • À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    Le trait brunâtre présent sur tous les murs de cette entreprise saint-martinoise ne laisse aucun doute sur le niveau que l’eau a atteint, la semaine dernière : presque un mètre. La moisissure s’est développée par endroits, malgré les déshumidificateurs industriels déployés dans les locaux. ça et là, de petites caisses de documents ou de câbles jonchent le sol. Un moindre mal comparé aux armoires d’automates industriels en fabrication qui ont été perdues dans l’entreprise Master Systèmes, visitée par le préfet, Jacques Witkowski, mardi.

    « Vous aviez de l’eau jusque-là », indique à hauteur de hanches Stéphane Paglia, cogérant de l’entreprise et président de la Chambre de commerce et d’industrie du pays d’Arles. Les dégâts sont encore en cours de chiffrage, contrairement à ceux de leurs voisins orthoprothésistes et de leurs 17 salariés. « Les archives et l’informatique ne sont pas touchés, mais la production est à l’arrêt avec 200 000 euros de machines à remplacer », explique Julien Renaudot, gérant de Podo orthèse de la Crau. Mais le pire est à venir, après le nettoyage. Outre les machines « introuvables », le gérant déplore « 75 000 euros de marchandise perdue » dont il attend de savoir si l’assurance rembourse au prix de vente ou de revient.

    La préfecture en médiateur des assurances

    « On s’attend à devoir bosser deux semaines gratuitement. On est en mode survie là, l’iceberg trésorerie fond et on veut juste reprendre le boulot », conclut Julien Renaudot. « Si vous avez besoin d’une médiation avec l’assurance, on est là pour ça », lui répond le préfet Jacques Witkowski. Le haut fonctionnaire explique, lors de la visite, que les services de l’État sont « votre point d’entrée pour l’étalement des dettes fiscales et sociales, de même que l’étalement bancaire en lien avec la Banque de France ». Le préfet complète en indiquant que l’arrêté de catastrophe naturelle doit être « pris dans les 24 heures ».

    Interrogé sur la fiabilité des assurances, Jacques Witkowski se veut rassurant : « La Caisse nationale de réassurance est un élément central dans la gestion de crise qui permet aux assurés de faciliter le paiement. » Bien qu’il s’agisse de contrats privés, «  il peut apparaître des litiges ou contestations sur lesquelles nous pouvons intervenir ».

    La CCI du pays d’Arles a ainsi programmé un rendez-vous dédié aux entreprises touchées. « Cela permettra d’expliquer tous les dispositifs qui existent », y compris « une aide psychologique », détaille Stéphane Paglia. Comme un « guichet unique pour que l’activité économique reprenne le dessus sur les événements », d’après la maire Séverine Dellanegra (SE), dans « l’idée de faire du sur-mesure et de réunir tous ceux qui peuvent apporter des réponses dans leur champ de compétence », selon le conseiller régional Cyril Juglaret (LR). Le rendez-vous est donné à la CCI du pays d’Arles jeudi à 18h.

  • Le Département débloque un million pour les agriculteurs

    Le Département débloque un million pour les agriculteurs

    L’eau s’est à peine retirée, lundi matin, qu’elle en a laissé des traces fraîches au Mas Compagnon de Raphèle-les-Arles. La boue sur le chemin torturé, la marque du niveau atteint sur la carrosserie d’une Jaguar et, plus problématique encore, le foin de Crau, dont l’odeur âcre a remplacé le parfum habituel des prairies. « Maintenant qu’il n’y a plus d’eau, il faut survivre », résume Manon Bonnet, exploitante au Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) des Enganes.

    Cette éleveuse de brebis déplore la mort de 150 de ses agneaux, rentrés à l’abri pour être protégés de la pluie annoncée. Ils ont été pris au piège de l’eau, montée très vite mardi dernier, jusqu’à 90 centimètres.

    Il faut trouver du foin

    « On n’a jamais été inondés depuis dix ans que je suis ici, l’eau est montée de 30 centimètres en une heure », relate l’éleveuse. Mais pour les brebis et leurs petits rescapés, d’autres soucis s’annoncent. « Les agneaux sortis de l’eau ont changé d’odeur et les mères ne les reconnaissent plus », explique Manon Bonnet, alors qu’il reste « entre deux mois et deux mois et demi d’allaitement ». Dans cette situation, « l’alimentation est prioritaire », indique l’éleveuse, qui doit investir dans « des granulés à base de lait » pour les agneaux et trouver du foin en quantité suffisante pour compenser les stocks souillés par l’eau. « Nourrir les animaux trois mois de plus au foin aura un impact financier énorme sur l’hiver », détaille Mandy Graillon, 1ère adjointe (DVD) d’Arles.

    C’est pour cela que la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, a annoncé la création d’un fonds de secours exceptionnel d’un million d’euros pour les agriculteurs sinistrés, lors de sa visite au Mas Compagnon, lundi. « Nous intervenons en solidarité des agriculteurs face aux pertes de foin et de luzerne pour alimenter leurs bêtes », explique l’élue. « Nous allons établir les problématiques par catégorie et nous adapterons l’indemnisation aux filières », précise la présidente, rapportant aussi que « les riziculteurs ont perdu la moitié de leur production », soit 2 500 hectares.

    Lucien Limousin , vice-président du Département (DVD) délégué à l’agriculture, indique que l’indemnisation se fera « en lien avec la chambre d’agriculture, les groupements de défense sanitaire » et les associations d’éleveurs pour la prévention en santé animale. Pour l’heure, les élus ne sont pas en mesure d’avancer le nombre d’exploitations touchées, estimant qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan précis.

    L’après-crise occupe déjà les esprits. La présidente du Département indique mandater la chambre d’agriculture pour étudier l’état des nombreux canaux du territoire, pointés du doigt par plusieurs éleveurs pour leur mauvais entretien. « Les canaux à côté des routes n’ont jamais été curés sur la D83 bis », s’agace un agriculteur présent au rendez-vous. « On va vérifier. Si on ne le fait pas tous les 8 ans, on va voir pour le faire tous les 5 ans », conclut Martine Vassal.

  • Toujours sur le pont à Istres après les intempéries

    Toujours sur le pont à Istres après les intempéries

    La cellule de crise et le point d’accueil d’urgence sont restés actifs tout le week-end. Après les intempéries de la semaine dernière, la municipalité istréenne reste sur le pont pour gérer les dernières difficultés. Celles qui persistent « sont les plus complexes », de l’aveu du maire (LR) Robin Prétot.

    Rassuen et Entressen connaissent des problèmes d’alimentation électrique. « La complexité des diagnostics liés à la problématique de l’eau résiduelle et de certaines architectures ne permettent pas le recours systématique au raccordement à un groupe électrogène », explique la Ville. Les équipes d’Enedis sont sur le terrain et devraient obtenir des renforts. Le retour à la normale ne sera pas dans l’immédiateté, prévient néanmoins la municipalité.

    8 familles relogées par Airbnb

    Les opérations de pompage se poursuivent. Huit familles, dont les maisons sont en danger de péril imminent, sont relogées à moyen terme, le temps d’approfondir les études et d’initier les travaux de sécurisation exigés. La fondation Airbnb a proposé la prise en charge de ce relogement pour près d’un mois.

    En raison des risques de chutes d’arbres, les zones forestières et pinèdes demeurent interdites d’accès. Les abattages se poursuivent selon le degré d’urgence et des risques évalués. Des maraudes organisées par la Croix Rouge, épaulée par des habitants et habitantes bénévoles et des élus, sont toujours en cours pour accompagner au plus près les sinistrés. Trente des 80 personnes qui se sont manifestées auprès de la Ville pour proposer leur aide ont été retenues pour participer l’opération « Coup de main, coup de cœur ». Une solidarité précieuse que salue la majorité.

  • [Kallisté] Intempéries en Corse : après les pluies, le temps de la solidarité

    [Kallisté] Intempéries en Corse : après les pluies, le temps de la solidarité

    À Solenzara, plus de 640 millimètres de pluie sont tombés au cours de cet épisode, dont 538,5 millimètres en seulement six heures. Des précipitations historiques qui ont provoqué d’importantes inondations dans plusieurs communes.

    Malheureusement, ces intempéries ont également coûté la vie à un homme de 65 ans à Ghisonaccia, emporté par les eaux alors qu’il se trouvait dans son véhicule.

    Au-delà des dégâts matériels, on pense évidemment aux familles touchées, à celles qui ont vu leur maison inondée, leurs biens endommagés et qui vont devoir engager d’importants travaux pour retrouver une vie normale.

    Dans ces moments difficiles, la solidarité prend tout son sens. Les pompiers, les agents des collectivités, les services de secours et de nombreux habitants se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés.

    Un engagement qu’il faut saluer

    Ces événements nous rappellent aussi les conséquences du dérèglement climatique. Si l’on ne peut pas attribuer un épisode météorologique isolé au changement climatique sans étude spécifique, on sait que le réchauffement favorise des pluies extrêmes plus intenses. Espérons que de telles catastrophes ne deviennent pas une habitude pour la Corse et ses habitants.

    Mais face à cette menace, il est indispensable de renforcer les moyens consacrés à la prévention des risques, à l’entretien des infrastructures et à la protection des populations. Car au-delà de l’urgence, c’est aussi notre capacité à anticiper et à protéger les habitants qui est en jeu.

    Aujourd’hui, il faut espérer que les communes et les habitants touchés pourront bénéficier rapidement de tout l’accompagnement nécessaire pour faire face aux conséquences de ces intempéries.

    Une pensée particulière pour la famille de la victime et pour toutes celles et ceux qui traversent cette épreuve.

  • [Chronique des invisibles] La lumière au cœur de la crue

    [Chronique des invisibles] La lumière au cœur de la crue

    L’inondation gagne la maison, centimètre par centimètre, envahissant le quotidien. Vous et votre famille luttiez à bras-le-corps contre les éléments déchaînés, impuissants face au niveau qui monte. C’est à ce moment précis qu’il se pointe, arborant un sourire chaleureux, plus large que le cadre de la porte. Sous son bras, il trimbale une pompe de relevage, des tuyaux, des seaux et avec eux, la solution miraculeuse pour éviter que la salle à manger ne se transforme définitivement en bac à poissons.

    Ces derniers jours, comme tant d’autres personnes, j’ai vécu de plein fouet la violence incontrôlable de ces crues. Mais alors que le désastre s’installait, la solidarité a surgi, lumineuse et spontanée. Des scènes d’un héroïsme ordinaire ont éclos à chaque coin de rue : ici, des jeunes ont bravé les courants furieux pour extraire une personne âgée prise au piège dans son véhicule, alors que l’eau dépassait déjà le sommet des roues. Là, des boulangers ont ouvert leurs fournils au milieu de la nuit pour distribuer du pain chaud aux sinistrés trempés.

    Dans ce paysage dévasté par le dérèglement climatique, il faut aussi rendre justice aux héros du quotidien que l’on oublie trop souvent dans le fracas du cataclysme. Les pompiers, bien sûr, épuisés mais intraitables face au danger. Mais aussi les agents municipaux de la voirie, les bras enfoncés jusqu’aux coudes dans la boue pour déboucher les canalisations sous des pluies battantes, et ces employés administratifs de l’ombre, restés éveillés toute la nuit en mairie pour organiser l’accueil d’urgence, orienter les familles et recenser les détresses. L’entraide, l’altruisme et la fraternité, ces valeurs fondamentales qu’on croyait parfois éteintes, sont réapparus comme par enchantement au moment le plus sombre.

    Dans une époque troublée où la société bascule trop facilement dans le repli, l’agressivité et jusqu’à la haine de sa propre jeunesse, ces élans du cœur ont fait flotter la raison au-dessus des flots. Constater que la bonté collective survit à la tempête est une immense promesse d’avenir. Et cela, au fond, est tout aussi réconfortant que d’en être sorti vivant.

    Né en 1973, Sébastien Gehan est écrivain, auteur de polars, contes et nouvelles plusieurs fois primées. Deux fois papa, il vit à Istres. Douanier, ancien responsable syndical, il dédie cette chronique à celles et ceux qui font le monde du travail d’aujourd’hui.

  • Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    C’est le Lunellois qui a enregistré les plus gros dégâts dans l’Hérault lors de l’épisode méditerranéen survenu dans la nuit du 19 au 20 octobre. Jusqu’à 200 mm de pluie sont en effet tombés localement en quelques heures. Face à la montée des eaux, la maire de Lunel, Paulette Gougeon, a activé la cellule de crise dès 1h du matin. Les agents municipaux se sont relayés toute la nuit au gymnase Arnassan pour accueillir les personnes sinistrées. Selon la préfecture, 25 personnes ont été mises en sécurité, une dizaine d’habitations ont été touchées et près de 70 sapeurs-pompiers mobilisés. Quatre véhicules ont également été bloqués par les eaux après s’être engagés sur des axes inondés. Mardi 20 au matin, la préfète de l’Hérault s’est rendue sur place aux côtés de la maire de Lunel pour établir un bilan de la situation. Les communes voisines de Saint-Just, Saint-Nazaire et Villetelle ont aussi été impactées. L’agglomération de Montpellier a, elle, été relativement épargnée. Les volumes de pluie y ont été bien moindres que dans les secteurs voisins.

    Axes routiers coupés

    De l’autre côté du Vidourle, dans le Gard, les conséquences ont aussi été importantes. Les plaines et la Petite Camargue ont subi d’importants ruissellements. Les villes d’Aigues-Mortes, Vauvert et Vergèze ont été particulièrement touchées par les inondations. Les débordements et les chaussées submergées ont entraîné de nombreuses coupures de routes et de ponts, notamment autour du Vidourle (qui a atteint, à Sommières, une hauteur de 3,10 mètres) et du Vistre (qui a atteint 2,88 mètres au Cailar), compliquant les déplacements entre la Petite Camargue et le Lunellois. L’autoroute A9, fermée dans les deux sens entre Nîmes et le secteur de Gallargues-le-Montueux, a été progressivement rouverte mardi 20. Les inondations ont également endommagé des voies ferrées, entraînant une interruption du trafic sur tout ou partie des lignes Nîmes-Lunel (les premières circulations devraient reprendre le 25 octobre) et Nîmes-Grau-du-Roi. Lié à la dépression « Adam », l’épisode a ensuite progressé vers la Provence.

  • [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    Dans l’arrière-cour du Mas Castelet, en périphérie du hameau de Moulès à l’est d’Arles, la motopompe de la Ville tourne en continu pour tenter de résorber ce qui ressemble désormais à un étang au milieu des champs. Le canal de Craponne, qui délimite la propriété de celle située en face, en constitue l’exutoire. « Sur 2 ou 3 km c’est pareil », déplore la première adjointe (DVD) d’Arles, Mandy Graillon, en montrant l’étendue d’eau qui longe le canal de Craponne au ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

    Si la majeure partie du territoire arlésien est revenue à la normale après les intempéries, certains secteurs, comme Moulès, Raphèle, Mas-Thibert ou encore le Vigueirat, restaient en difficulté vendredi.

    Mais les difficultés ne font que commencer pour le monde agricole. La première adjointe mentionne « 2 700 hectares de riz et luzerne perdus », alors que le foin manque déjà pour l’élevage. Un facteur de « colère » du secteur, déjà « en tension face à la ligne THT », selon l’élue. À cela, le ministre rappelle qu’il existe des dispositifs de solidarité qui seront mobilisés « rapidement et en diligence avec la chambre d’agriculture ». La rapidité est essentielle pour Antonia Allard, adjointe de quartier et éleveuse de toros conviée à la séquence. « Il faut nous entendre quand on dit qu’on n’y arrivera pas. »

    Le Département réunit

    les agriculteurs lundi

    Le ministre Mathieu Lefèvre indique avoir « conscience de la perte de rendement » et renvoie aux fonds de réarmement agricole, de la compétence des préfets. Là encore, le ministre insiste sur l’imminence de la reconnaissance de catastrophe naturelle, la semaine prochaine, qui permettra aux acteurs privés de déclencher leur demande d’indemnisation.

    De son côté, la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), annonce réunir les agriculteurs, la semaine prochaine, au vu « des pertes sèches comme ici en Camargue, pour voir comment les aider ». Le Département précise, dans un communiqué, que de nouvelles mesures seront annoncées lundi matin en ce sens. « Nous devons agir avec la chambre d’agriculture, les organisations professionnelles et l’État. Le Département prendra sa part d’effort de solidarité », développe la présidente.

    De la même manière, la Région Paca a annoncé mobiliser un fonds régional d’urgence de 5 millions d’euros pour « rétablir les transports, aider les communes à remettre en état leurs équipements et permettre aux agriculteurs comme aux entreprises de se relever », selon le président de Région, François de Canson (DVD), de passage à Arles dans la journée de vendredi.

  • Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Placardée sur la vitrine, une affiche signale : « Fermés pour cause d’inondations ». Dans la rue Lamartine, les commerces rouvrent au compte-goutte, mais l’ambiance est morose. Des cartons posés à même les pavés témoignent des pertes dans les magasins.

    Chantal a été plutôt épargnée, bien que l’eau soit montée d’une quinzaine de centimètres dans sa boutique Génération junior, pourtant surélevée. « On habite au-dessus, donc on a pu réagir vite et aller mettre notre stock en hauteur », explique-t-elle. Sa fille, en revanche, a eu moins de chance. Ouvert il y a peu, son magasin « est foutu ».

    Désormais, les commerçants attendent le passage de l’expert en assurance. Magalie, propriétaire du magasin de prêt-à-porter La Cigale, n’a pas encore de date précise. « Ils sont sous l’eau, même s’ils donnent la priorité aux professionnels. » Si la Ville de Martigues ne peut pas encore précisément chiffrer le nombre de sinistrés, près de 800 demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont déjà été formulées. Un record. Les maires ont obtenu une procédure accélérée auprès du Préfet pour obtenir cet arrêté qui facilitera toutes les démarches. La commission interministérielle doit se tenir le 27 octobre. En rendez-vous avec Jacques Witkowski jeudi, Gaby Charroux (PCF) a également plaidé pour obtenir un bureau d’experts des assurances centralisé pour dépêcher le retour à la normale.

    En attendant, une permanence de la Chambre de commerce et d’industrie est ouverte aux commerçants et aux entrepreneurs au sein de l’hôtel de ville. L’élu de l’organisme Philippe Berutti détaille : « On va recueillir leurs doléances et faire un état des lieux pour leur apporter des solutions, soit de financement, soit aller pousser auprès des collectivités pour obtenir des aides. L’idée, c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »