Les jeunes de Sciences Po Aix tiennent une agora citoyenne

Les élèves de Sciences Po Aix ont décidé d’organiser une agora sur la place de l’Hôtel de Ville, jeudi. Pour Mathis, étudiant en 4e année à l’Institut d’études politiques (IEP), le but est simple : « Ouvrir le débat à travers un échange humanisé avec les Aixois. » Des propos qui font écho à l’intervention des CRS lors du premier blocus de l’IEP, le 5 octobre dernier. Zélie, étudiante en 5e année, évoque, selon elle, « une action pacifique pendant laquelle les étudiants ont été injustement gazés et sans aucune raison ».

Mais il en faudra plus pour décourager ces jeunes, qui brandissent pancartes et slogans devant les fenêtres de la mairie. Julie, étudiante en 4e année à l’IEP, évoque un « sentiment de fierté à faire partie de ce mouvement », elle qui, au départ, ne se sentait pas forcément concernée par les revendications nationales en raison de son cadre scolaire qu’elle estime malgré tout « privilégié ».

À travers cette agora, Zélie, espère « redonner du sens aux valeurs “Liberté, égalité, Fraternité” de cette Ve République qui, pour l’instant, sont dévoyées ». De la part de la mairie, elle attend notamment un « soutien financier avec une levée de fonds pour revoir les infrastructures scolaires ». Elle appelle également à une « gestion plus juste de son pouvoir de communication » au profit des revendications étudiantes.

La mobilisation

à l’épreuve des vacances

Si les étudiants affichent la même détermination après trois semaines de mobilisation, l’approche des vacances de la Toussaint pour le supérieur, soulève des interrogations sur la continuité du mouvement et de ses actions. Zélie propose la création d’une « école buissonnière », où seraient alors organisés « des cours sur des thèmes pertinents pour comprendre la situation actuelle ». Ces enseignements seraient « dispensés par des professeurs et des intervenants extérieurs » dans le but de « proposer un parcours intellectuel complémentaire aux enjeux de la mobilisation ». Pour ce faire, le groupe d’étudiants entend demander l’accès au théâtre du Bois de l’Aune ou, à défaut, au parvis de Saporta.

Présente lors du premier blocus des étudiants, le 5 octobre, Geneviève, Aixoise et figure de Mai 68, encourage ces mobilisations : « Il faut à tout prix qu’ils continuent jusqu’à être entendus, sinon, tout cela n’aura servi à rien ! » Pour elle, « ces revendications doivent peser sur les débats précédant l’élection présidentielle d’avril 2027 », dont elle craint le « basculement vers l’extrémisme ».

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