Une quarantaine de personnes se sont rassemblées à l’appel de la CGT ce mercredi 21 octobre devant le tribunal d’Avignon afin de soutenir Sam*, une lycéenne de 15 ans qui y était convoquée. Elle avait été interpellée en marge d’une mobilisation lycéenne et étudiante le 13 octobre pour « outrage envers l’institution policière », en raison d’une pancarte verte et rose portant l’inscription « Acab » (All Cops Are Bastards, soit « Tous les flics sont des bâtards »).
Il lui a été proposé de signer un avertissement pénal probatoire et d’effectuer un stage de citoyenneté, ce que sa défense a refusé. « Nous avons refusé de principe cette procédure, cet avertissement pénal probatoire. Cela ne constitue pas un outrage. Elle a le droit de s’exprimer. Ma cliente n’a proféré aucune insulte directement, ni été violente », assure son avocate, Me Véronique Marcel.
Cette dernière insiste en assurant que le message « Acab » « n’est absolument pas une insulte dirigée envers les policiers, mais une expression contre les forces répressives ». Tout en soulignant que sa cliente a pleinement coopéré. Il revient désormais au procureur de décider si la lycéenne sera convoquée devant un juge des enfants.
Lors de sa garde à vue, Sam assure également avoir « été intimidée et violentée avec deux claques au visage » et annonce qu’elle porte plainte. « Pour moi, c’est un coup de pression pour ne pas que je retourne dans les rues et manifester », estime Sam, à la sortie du tribunal.
« Si, globalement, je prends un peu de recul, j’ai l’impression qu’on est effectivement là-dedans. Il n’y a vraiment aucune base juridique et factuelle à cette poursuite. Puisqu’on est dans l’exercice de nos droits fondamentaux, à savoir la liberté de manifester et la liberté de critiquer les mesures gouvernementales qui ne nous plaisent pas », lui embraye Me Marcel.
Devant le palais de justice, une cinquantaine de personnes étaient rassemblées en soutien à la jeune fille. Sous les drapeaux de la CGT, Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse, a réaffirmé son soutien à la lycéenne. Plusieurs de ses camarades de classe avaient également fait le déplacement.
« On ne fait pas d’elle un exemple. Mais j’ai moi-même apporté mon témoignage. Cette attitude intolérable nous concerne tous », confie Laurence de Villèle Elle rappelle que « les lycéens portent des revendications avec fougue, ce qu’il ne faut absolument pas leur reprocher, car ils font beaucoup de bien aux mouvements sociaux ».
*Le prénom a été modifié.

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