Nouveau rebondissement dans l’affaire de la fusillade au collège Lakanal d’Aubagne, où un élève a blessé son proviseur et une professeure avec un fusil de chasse, lundi matin.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, la détention provisoire du mineur, qui avait été requise par le parquet national antiterroriste (Pnat), s’est vue confirmée, explique l’avocat du jeune, Me Fabrice Giletta : « Cette journée a été longue et éprouvante et s’est achevée à l’instant devant le juge des libertés et de la détention, comme on pouvait s’y attendre, avec une incarcération de mon client. »
L’avocat a également nuancé l’évaluation psychologique réalisée au moment de la garde à vue du collégien. « C’est trop rapidement dit », accuse Me Fabrice Giletta, qui précise que « l’instruction aura aussi pour but de creuser cet aspect des choses par le biais d’expertises ». Le mis en cause conteste aussi toute « tentative d’homicide », affirmant « avoir eu soin de viser des zones non létales ». Olivier Christen, procureur de la République antiterroriste et à la tête du Pnat, confirme que le collégien est « le plus jeune mis en cause » qui soit « passé à l’acte », dans les dossiers relevant de l’anti-terrorisme.
Au micro de France Info jeudi matin, Olivier Christen est revenu sur la mouvance « True Crime Community », communauté numérique qui glorifie les tueries de masse et leurs auteurs. L’adolescent incarcéré est suspecté d’y adhérer, notamment en raison de republications sur les réseaux sociaux en lien avec cette mouvance violente découvertes sur ses appareils numériques. « C’est une menace pour laquelle on a un nombre de procédures qui reste relativement faible, qui est cependant un point de préoccupation, pas uniquement en France, mais dans beaucoup de pays de l’Union européenne, parce qu’on la voit croître », explique-t-il, en précisant que cela reste « totalement marginal par rapport au reste de la menace terroriste ».
Mais l’affaire prend désormais une nouvelle dimension, avec l’interpellation et le placement en garde à vue d’un autre adolescent de 13 ans, mercredi, en fin de journée. Habitant dans le nord de la France, ce jeune est « soupçonné d’avoir été en lien avec le collégien-tireur », notamment via le réseau TikTok, selon Franceinfo, ce jeudi. Des « précisions complémentaires seront apportées à l’issue de la garde à vue », assure l’AFP.
Le proviseur, blessé à la jambe par le collégien, est toujours hospitalisé. Il ne souhaite pour le moment pas recevoir de visite. Le maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, et plusieurs autres élus sont en contact lui et la professeure blessée, d’après le cabinet du maire. En ce qui concerne le CPE, qui a immobilisé le collégien armé, « nous ferons tout, avec son accord, pour mettre en avant son geste héroïque », affirme la municipalité.









