Le regard perçant, la moustache frétillante, Jean Carpine est un homme d’expérience. Impliqué dans l’organisation de Marseille-Cassis depuis 43 ans, il en connaît tous les rouages. Et plus particulièrement celui du ravitaillement, dont il en est responsable depuis trois décennies. « Quand je regarde derrière, je n’arrive pas à m’imaginer tout ce qu’il s’est passé », confie-t-il avec un brin de nostalgie dans sa voix. « J’ai commencé dans les vieux locaux de la SCO Sainte-Marguerite avec trois ou quatre milliers de participants, et plus de quarante ans plus tard, il y a 20 000 personnes sur la ligne de départ. C’est énorme », lance le fidèle bénévole, entré dans le club phare du 9e arrondissement par l’intermédiaire de son fils Stéphane, désireux de faire de l’athlétisme vers l’âge de 8 ans.
« Quand j’ai vu l’effervescence qu’il y avait pour Marseille-Cassis, j’ai voulu m’investir. J’ai commencé par donner un petit coup de main à l’ancien siège du club pour distribuer les t-shirts. Et l’année d’après, on m’a demandé si je pouvais contribuer sur les ravitaillements », raconte Jean Carpine, posté depuis 42 éditions de Marseille-Cassis sur le troisième point de ravito sur le plateau de Carpiagne.
« Carpine à Carpiagne, c’était comme une évidence », sourit le responsable coordinateur de l’ensemble des ravitaillements de la course. « Je gère la logistique et les commandes jusqu’au jour de la course, où l’on fait la distribution », explique celui qui a embrigadé toute sa famille et des amis pour assurer les ravitaillements.
Toujours dans la bonne humeur. « Chaque année, ils me surprenaient en se déguisant. Un coup en clowns, un autre en pom-pom girls. Et en 2008, j’avais initié le déguisement de la trilogie de Pagnol, avec la partie de cartes et la partie de boules », se remémore-t-il dans un grand éclat de rire. L’homme à la moustache d’Einstein a toutefois connu des éditions moins souriantes, comme en 2012, où des tables de 40 kg s’envolaient sur lui et les autres bénévoles. « Les coureurs étaient contents, parce qu’ils allaient plus vite que d’habitude », plaisante le Marseillais, toujours le mot pour rire.
Jusqu’à présent, Jean Carpine supervisait la distribution de 72 palettes de bouteilles d’eau, soit 120 bouteilles de 33 centilitres. Mais dans une volonté de réduire son impact environnemental, Marseille-Cassis a décidé de distribuer des flasques souples de 250 millilitres à la grande majorité des participants lors du retrait des dossards. Ce changement vise à limiter le recours aux bouteilles en plastique, dont la fabrication mobilise des ressources fossiles et génère des émissions de gaz à effet de serre, sans compter la pollution liée aux déchets plastiques et aux microplastiques. « Sur chaque ravitaillement, on a trois clarinettes de neuf tuyaux avec des douchettes. On va arriver à servir 27 personnes en même temps. En espérant qu’on arrive à gérer, qu’il n’y ait pas une grosse chaleur trop intense », souligne-t-il. Le responsable s’était rendu en observateur sur le Marathon de Paris, le 12 avril, pour découvrir ce dispositif, mis en place pour la première fois sur l’épreuve parisienne.
« Il y aura donc zéro plastique sur le parcours », insiste Jean Carpine. Des bouteilles plastiques resteront toutefois disponibles à l’arrivée, tandis que les coureurs en lice pour la victoire bénéficieront d’un éco-cup afin de ne pas perdre de temps. Alors, lorsque vous vous retrouverez au milieu de la foule, à prendre votre mal en patience, prenez quelques secondes pour saluer ceux qui œuvrent dans l’ombre.
EN CHIFFRES
7 tonnes
La production de 120 000 bouteilles plastiques, comme c’était le cas sur les dernières éditions de Marseille-Cassis, revient à extraire et raffiner environ 7 tonnes de pétrole brut.
12 tonnes
Cela représente également une empreinte carbone d’environ 10 tonnes de CO²e. C’est l’équivalent des émissions générées par une voiture à essence parcourant environ 40 000 km, soit un tour de la Terre.
450 ans
Si elles sont jetées dans la nature ou enfouies, les bouteilles plastiques mettront environ 450 ans à se décomposer.

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