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  • [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.

    La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?

    Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.

    Qu’avez-vous demandé ?

    J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.

    Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?

    J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.

    Comment voyez-vous la suite ?

    J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…

  • La manifestation finalement autorisée à Toulon samedi

    La manifestation finalement autorisée à Toulon samedi

    Il sera finalement possible de manifester légalement ce samedi à Toulon. Alors qu’il a interdit toute manifestation dans le centre-ville de Toulon, le préfet du Var a finalement autorisé un rassemblement ce samedi, à 14h, devant la gare de Toulon. Si le parcours reste encore à confirmer, celui-ci ne devrait pas prendre la direction du centre-ville, suite à un premier refus du préfet concernant le parcours initial déposé par l’Union syndicale Solidaires du Var et le Collectif « Résistance Handi Droits ». Un trajet alternatif, évitant le centre-ville, a depuis été négocié. Il devrait passer, entre autres, devant le Palais de Justice, l’ancienne corderie et par l’avenue de la République.

  • [Marseille-Cassis] Jean Carpine, ravitailleur en chef posté sur le plateau de Carpiagne

    [Marseille-Cassis] Jean Carpine, ravitailleur en chef posté sur le plateau de Carpiagne

    Le regard perçant, la moustache frétillante, Jean Carpine est un homme d’expérience. Impliqué dans l’organisation de Marseille-Cassis depuis 43 ans, il en connaît tous les rouages. Et plus particulièrement celui du ravitaillement, dont il en est responsable depuis trois décennies. « Quand je regarde derrière, je n’arrive pas à m’imaginer tout ce qu’il s’est passé », confie-t-il avec un brin de nostalgie dans sa voix. « J’ai commencé dans les vieux locaux de la SCO Sainte-Marguerite avec trois ou quatre milliers de participants, et plus de quarante ans plus tard, il y a 20 000 personnes sur la ligne de départ. C’est énorme », lance le fidèle bénévole, entré dans le club phare du 9e arrondissement par l’intermédiaire de son fils Stéphane, désireux de faire de l’athlétisme vers l’âge de 8 ans.

    « Quand j’ai vu l’effervescence qu’il y avait pour Marseille-Cassis, j’ai voulu m’investir. J’ai commencé par donner un petit coup de main à l’ancien siège du club pour distribuer les t-shirts. Et l’année d’après, on m’a demandé si je pouvais contribuer sur les ravitaillements », raconte Jean Carpine, posté depuis 42 éditions de Marseille-Cassis sur le troisième point de ravito sur le plateau de Carpiagne.

    « Carpine à Carpiagne, c’était comme une évidence », sourit le responsable coordinateur de l’ensemble des ravitaillements de la course. « Je gère la logistique et les commandes jusqu’au jour de la course, où l’on fait la distribution », explique celui qui a embrigadé toute sa famille et des amis pour assurer les ravitaillements.

    Toujours dans la bonne humeur. « Chaque année, ils me surprenaient en se déguisant. Un coup en clowns, un autre en pom-pom girls. Et en 2008, j’avais initié le déguisement de la trilogie de Pagnol, avec la partie de cartes et la partie de boules », se remémore-t-il dans un grand éclat de rire. L’homme à la moustache d’Einstein a toutefois connu des éditions moins souriantes, comme en 2012, où des tables de 40 kg s’envolaient sur lui et les autres bénévoles. « Les coureurs étaient contents, parce qu’ils allaient plus vite que d’habitude », plaisante le Marseillais, toujours le mot pour rire.

    Zéro plastique

    Jusqu’à présent, Jean Carpine supervisait la distribution de 72 palettes de bouteilles d’eau, soit 120 bouteilles de 33 centilitres. Mais dans une volonté de réduire son impact environnemental, Marseille-Cassis a décidé de distribuer des flasques souples de 250 millilitres à la grande majorité des participants lors du retrait des dossards. Ce changement vise à limiter le recours aux bouteilles en plastique, dont la fabrication mobilise des ressources fossiles et génère des émissions de gaz à effet de serre, sans compter la pollution liée aux déchets plastiques et aux microplastiques. « Sur chaque ravitaillement, on a trois clarinettes de neuf tuyaux avec des douchettes. On va arriver à servir 27 personnes en même temps. En espérant qu’on arrive à gérer, qu’il n’y ait pas une grosse chaleur trop intense », souligne-t-il. Le responsable s’était rendu en observateur sur le Marathon de Paris, le 12 avril, pour découvrir ce dispositif, mis en place pour la première fois sur l’épreuve parisienne.

    « Il y aura donc zéro plastique sur le parcours », insiste Jean Carpine. Des bouteilles plastiques resteront toutefois disponibles à l’arrivée, tandis que les coureurs en lice pour la victoire bénéficieront d’un éco-cup afin de ne pas perdre de temps. Alors, lorsque vous vous retrouverez au milieu de la foule, à prendre votre mal en patience, prenez quelques secondes pour saluer ceux qui œuvrent dans l’ombre.

    EN CHIFFRES

    7 tonnes

    La production de 120 000 bouteilles plastiques, comme c’était le cas sur les dernières éditions de Marseille-Cassis, revient à extraire et raffiner environ 7 tonnes de pétrole brut.

    12 tonnes

    Cela représente également une empreinte carbone d’environ 10 tonnes de CO²e. C’est l’équivalent des émissions générées par une voiture à essence parcourant environ 40 000 km, soit un tour de la Terre.

    450 ans

    Si elles sont jetées dans la nature ou enfouies, les bouteilles plastiques mettront environ 450 ans à se décomposer.

  • Le dispositif policier maintenu jusqu’à nouvel ordre à Marseille

    Le dispositif policier maintenu jusqu’à nouvel ordre à Marseille

    Une journée qui s’est « plutôt bien passée » pour la préfète de police, Corinne Simon, mais un dispositif « agile et adapté », maintenu. Dans son bilan, ce jeudi 8 octobre, la représentante de l’État constate que « dans les manifestations déclarées avec un parcours, où nous avons un interlocuteur, cela se passe bien. C’est lors des regroupements qui ont lieu avant ou après », que ça se gâte.

    La préfecture de police a recensé 3 900 manifestants à Marseille, ce jeudi matin, puis une de 200 à 300 « d’irréductibles » dans l’après-midi. Quelque 29 personnes ont été interpellées dans les Bouches-du-Rhône, dont deux à Marseille, que des mineurs, pour « des tirs de mortier, jets de projectiles et incendies de poubelles ou de porte d’établissement », précise la préfète de police.

    Un proviseur roué de coups

    Parmi les blessés du jour, le proviseur adjoint du lycée Victor-Hugo, à Marseille, « s’est fait rouer de coup alors qu’il tentait d’éteindre un incendie avec un extincteur », indique Corinne Simon, les auteurs n’étant pas pour l’heure identifiés. Trois policiers ont également été blessés, lors d’interpellations pour deux d’entre eux, un CRS ayant par ailleurs reçu une trottinette dans le genou.

    Depuis le début du mouvement lycéen, six blessés sont à déplorer parmi les jeunes manifestants, assure-t-elle, dont un grave, victime d’un coup de matraque devant le lycée Joliot-Curie. « Une enquête a été ouverte par le parquet et l’IGPN pour savoir ce qui s’est passé, en toute transparence », ajoute-t-elle.

    Alors qu’aucune « manifestation déclarée » n’était prévue pour ce vendredi 9 octobre, le dispositif policier restera le même, promet-elle. « Une seule chose nous anime : que ces mouvements puissent se faire en toute sécurité. On ne peut pas accepter le désordre. On peut être en colère, exprimer son désaccord, mais on ne peut pas porter atteinte aux personnes ou aux bâtiments publics », commente Corinne Simon. Elle invite les élèves à retourner dans leurs établissements « pour discuter » comme préconisé par le ministre de l’Éducation nationale.

  • Les diplômés du secondaire de l’ASE à l’honneur dans le Var

    Les diplômés du secondaire de l’ASE à l’honneur dans le Var

    Leur vie est rarement un long fleuve tranquille, mais ils n’ont pas moins de capacités à la réussir. Vendredi, le département du Var a, pour la première fois, mis à l’honneur 178 adolescents placés sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) qui ont récemment obtenu un diplôme de l’enseignement secondaire (brevet, certificat de formation générale [CFG], BEP, CAP, bac), à travers une cérémonie à l’Hôtel du département. 128 d’entre eux étaient présents. Ils se sont vus remettre un chèque cadeau et des goodies du conseil départemental, et ont été salués par plusieurs institutionnels, parmi lesquels le préfet du Var Simon Babre, et le président du département Jean-Louis Masson. « C’est important de les valoriser, de leur témoigner notre reconnaissance et notre confiance », explique Caroline Depallens, présidente de la commission enfance du département. « Il faut changer les regards sur les enfants confiés à l’ASE, le regard de l’autre et leur propre regard, qu’ils prennent confiance en eux. »

    Parmi ces jeunes, Cheyenne, 18 ans, « revient de loin », selon ses propres mots. Orpheline de son père depuis l’âge de neuf ans, placée à deux reprises, en proie à la dépression pendant un an, la jeune femme vient d’obtenir son CAP cuisine au lycée Anne-Sophie Pic au prix d’un parcours semé d’embûches. Avec la mention bien, qui plus est, « et à quelques centièmes de la mention très bien ! », peste-t-elle. Aujourd’hui en mention complémentaire traiteur dans le même établissement, elle ambitionne de poursuivre sur un CAP boucherie, et pourquoi pas travailler un jour dans les cuisines de l’armée. Avec un bagage bien rempli, mais qui plutôt que la freiner, lui confère une arme supplémentaire : « Je retiens la force que m’a donnée mon parcours à l’ASE. Je suis fière de moi. »

    99 MNA récompensés

    Certains ont traversé des océans pour être là aujourd’hui : ceux que l’on appelle les mineurs non accompagnés (MNA), qui sont 99 à avoir été récompensés. Accueillis en France sans leurs parents, leurs histoires de vie les mènent très tôt à acquérir une maturité hors du commun : « Ce ne sont pas les mêmes enjeux, il faut qu’ils progressent très vite, apprennent la langue, comprennent nos rites et coutumes », détaille Paola Abellonio, responsable du service départemental des MNA. « Ça leur demande beaucoup d’adaptation, ce qu’ils arrivent à faire. Certains vont dans le supérieur, même si leur nombre est insuffisant. Un jeune a réussi l’école d’architecte, on a un ingénieur, une future avocate… Ce sont des jeunes qui ont la rage, l’envie de réussir. » Ahmed est de ceux-là. Ce jeune Algérien de 16 ans, en France depuis deux ans, vient d’obtenir son CFG (équivalent du brevet pour les parcours adapté) au collège Django Reinhardt. « Je suis très fier », se félicite-t-il. « Ça va me permettre d’avancer, d’avoir un bel avenir, des enfants, une maison, une voiture, une belle vie », rêve celui qui vient d’entamer un CAP plomberie, pour, plus tard, travailler en mécanique navale. N’en déplaise aux obsédés des frontières.

  • Bezahaf, latéral pas maladroit

    Bezahaf, latéral pas maladroit

    À seulement 20 ans, Kelyann Bezahaf peut se targuer d’être le plus ancien pensionnaire de l’Olympique de Marseille. Le Martégal compte onze saisons derrière lui au sein de la maison olympienne. « C’est son club de cœur », lance son père Khelifa, immensément fier du parcours du fiston.

    Champion de France U17, vainqueur de la Coupe Gambardella au cœur d’une génération dorée –en compagnie de Keyliane Abdallah, Gaël Lafont, Darryl Bakola et Enzo Sternal entre autres–, puis membre de l’équipe qui a réussi à être qualifié pour les 16es de finale de la Youth League (Ligue des Champions U19), le jeune défenseur a vu ses efforts récompensés en juillet en signant son premier contrat professionnel à l’OM. Dans la foulée, Kelyann Bezahaf a débuté les deux premiers matches amicaux de la préparation face à Nice et Nîmes, délivrant deux passes décisives, avant d’entrer en jeu contre l’Atlético Madrid et l’Athletic Bilbao au stade Vélodrome.

    Selon un membre de son entourage, ces bonnes prestations lui ont permis de « se faire connaître du staff » et de « marquer les esprits ». « Ils lui font énormément confiance. Ils apprécient énormément le profil et veulent vraiment le former pour qu’il soit prêt au plus vite possible », complète Khelifa. Il souligne que son fils est « très content d’évoluer au quotidien avec le groupe professionnel ».

    De buteur à défenseur

    « Travailleur, respectueux et discipliné », selon l’un de ses anciens entraîneurs, le jeune martégal s’est notamment illustré aux entraînements de pré-saison en signant les meilleurs résultats des tests VMA avec Neal Maupay.

    Jérémie Brechet et Dimitri Farbos, adjoints de Bruno Génésio, lui ont ainsi demandé de « se tenir prêt à jouer » en cas d’absence de recrues lors du mercato. « Kelyann avait quelques possibilités pendant l’intersaison, notamment en Ligue 2, mais il ne regrette pas d’avoir continué l’aventure à Marseille », assure un proche.

    Après être resté sur le banc lors de la première journée contre Strasbourg, puis du déplacement européen à Besiktas, l’international algérien a finalement disputé ses premières minutes en Ligue 1 lors du Classique face au Paris Saint-Germain. Un grand moment pour son père. « Ça m’a fait bizarre, parce que j’ai réalisé à quel point il a grandi. C’est un petit qui est discret, mais c’est un super travailleur, tout en restant humble », insiste Khelifa, son premier éducateur au club de Châteauneuf-les-Martigues, où Kelyann évoluait au poste d’attaquant de pointe et enchaînait les buts. « Des clubs professionnels sont rapidement venus taper à la porte », raconte-t-il.

    L’OM lui propose alors de s’entraîner chaque mercredi pendant un an avec sa catégorie d’âge, avant de l’intégrer définitivement. Lors de son entrée en U11, Andoni Zubizarreta, alors directeur sportif de l’OM, le repositionne en défense.

    « Avec les datas, le staff a estimé que Kelyann pouvait énormément apporter dans un couloir. Il est donc redescendu d’un cran. Puis, un jour, Zubizarreta l’a essayé latéral droit à l’entraînement. Il disait avoir déjà connu des profils similaires en Espagne. Très peu d’entraîneurs étaient convaincus, mais ça a été une révélation », lance Khelifa, conscient que son fils a été formé sur six postes différents durant sa formation.

    Convoqué avec les U23 de l’Algérie pour un stage en Afrique du Sud en vue des qualifications de la Coupe d’Afrique des Nations, le capitaine des Fennecs ne sera pas aligné pour le match amical contre Montpellier ce samedi (à 17h) au stade Turcan à Martigues.

    En revanche, la suspension de Timothy Weah pour le déplacement à Troyes, dimanche prochain, pourrait lui ouvrir les portes d’une première titularisation avec l’OM. « On a l’impression sur le papier que c’est sa chance », espère son père.

    Ce dernier souligne la transformation physique de son fils depuis juillet, avec notamment une prise de masse importante grâce au travail en salle. « Mais c’est pas nous qui décidons. Il faut accepter les choix. On a toujours été patient et on le restera si besoin », conclut Khelifa.

  • [C’est l’été] Rencontre culturelle à Saint-Paul-sur-Ubaye

    [C’est l’été] Rencontre culturelle à Saint-Paul-sur-Ubaye

    Le documentaire réalisé par Cara Holmes présente le quotidien de Orla Barry, éleveuse et artiste irlandaise.

    G.C.

    Film en VO sous-titré français.

    Réservation sur le site ubaye-tourisme

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.

  • Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    « Moi et ma famille on était hébergés à l’hôtel par le 115, ils nous ont appelés pour nous informer qu’ils ont trouvé une chambre [dans] un foyer… On a essayé de refuser, ils ont dit que nous n’avons pas le choix, c’est soit ça, soit ils nous mettent dehors. On a fait confiance et on a accepté. Aujourd’hui, ils nous ont déplacés et c’est la déception totale. » Dans une lettre au Secours catholique, cette maman de deux enfants dont un âgé d’un an, appelle à l’aide. Elle s’est vue mettre la pression pour déménager alors qu’elle a toute sa vie dans une ville où elle essaie de s’en sortir. Son mari ayant même obtenu un travail. Elle poursuit : « Le foyer est au milieu de nulle part. Et la chambre, plus petite que celle de l’hôtel, pleine de cafards. Sans climatisation, mes enfants n’ont pas pu dormir jusqu’à 1h. Mon fils n’a pas du tout accepté ce changement, il était très malheureux. J’aimerais que le 115 me déplace (…) avec des conditions de vies plus adaptées pour mes enfants et moi ».

    Des témoignages comme ça, Alain*, travailleur social du Secours catholique dans un centre d’accueil pour femmes, en a à la pelle. Dire qu’il soutient la lettre de l’association envoyée au préfet, dénonçant comme de nombreuses autres impliquées dans l’hébergement d’urgence, les instructions du représentant de l’État, est un euphémisme.

    Il raconte cette femme venue de Lyon avec ses enfants pour fuir son mari violent qui voulait la tuer et qui a fait de la prison pour cela. On lui demande d’y retourner car les violences n’ont pas eu lieu dans la ville où elle est accueillie. Elle restera dans sa voiture avec ses enfants en attendant une solution. Cette autre, enceinte de neuf mois qui sort de l’hôpital après des contractions, reste sans aucune solution auprès du 115, et est hébergée au centre, le temps d’en trouver une. Ou encore cette femme enceinte, violentée à Montpellier, qui part à Vitrolles, que le 115 refuse d’héberger car elle n’est plus en danger.

    Faveurs sexuelles et viol

    Être femmes à la rue, c’est « 100% de chances de se faire agresser sexuellement ou violer », assène le travailleur social. C’est aussi « être obligée d’échanger des faveurs sexuelles en hébergement chez un tiers, de faire l’esclave moderne en faisant le ménage » assure-t-il, fort des histoires de la vingtaine de personnes que reçoit le centre chaque jour. Un lieu pour prendre sa douche, se poser, respirer en toute intimité. S’il conçoit que les places en hôtel sont coûteuses, il rappelle que « ce n’est pas la panacée ». « On ne peut pas y cuisiner et cela se passe plus ou moins bien suivant l’hôtelier. Le matin, on doit partir, le soir on dort à 20h ou à 19h. Parfois, c’est ouvert le matin, parfois, l’après-midi, parfois, on oblige à faire le ménage pour rester, sous peine d’un signalement où on va dire que la personne s’est mal comportée et elle peut être mise dehors. On a eu des retours où l’on se servait joyeusement en disant que si l’hébergée voulait rester, c’était de la faveur sexuelle » détaille-t-il.

    Il revient aussi sur les conséquences de cette remise à la rue pour des personnes qui vont jusqu’à garder tous leurs tickets RTM pour nourrir leur dossier, montrant à quel point elles sont honnêtes. « Oui, ce sont souvent des personnes en situation irrégulière » admet Alain, « mais qui sont là depuis 3, 4 ou 5 ans, qui ont un emploi, se comportent comme des bons citoyens. Les enfants vont à l’école. Et à qui on dit finalement, désolé, tu repars à la rue, ou alors à Vitrolles, Marignane » indique-t-il. De quoi nourrir « la colère voire la haine, avec des gamins qui trouveront leur intérêt à faire le chouf à la cité du coin, moyennant 150 euros la journée », où « l’argent économisé en hébergement d’urgence, va être dépensé en santé mentale, en frais hospitaliers, en police, en lutte contre le narcotrafic ». Un « terrible retour en arrière » déplore-t-il.

    Le tout alors que les femmes sans-abri étaient une priorité affichée par la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, aujourd’hui sur le départ. Cette dernière insistant dans nos colonnes sur leur prise en compte lors de la présentation en juillet, par l’Observatoire de la pauvreté de la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille ». Un double discours insoutenable pour les associations qui ont entamé un véritable bras de fer avec l’État.

    *Le prénom a été changé

  • [C’est l’été] Visite guidée à L’Isle-sur-la-Sorgue

    [C’est l’été] Visite guidée à L’Isle-sur-la-Sorgue

    Le parcours vous propose des clés de lecture pour mieux comprendre son univers, ses formes et les matériaux qu’il explore, tout en révélant le dialogue entre ses œuvres et les lieux qui les accueillent.
    Laissez-vous guider et plongez dans une expérience sensible au cœur de la sculpture contemporaine.

    Jeudi 6 août de 17h à 18h30.

    Entre 5 et 8 euros