Tag: Marseille-Cassis

  • [Marseille-Cassis] Alessia Zarbo crée la surprise en dernière minute

    [Marseille-Cassis] Alessia Zarbo crée la surprise en dernière minute

    Elle n’était pas prévue au programme de cette 47e édition de Marseille-Cassis, mais Alessia Zarbo a bien fait de se déclarer la veille. La coureuse antiboise, licenciée au Nice Côte d’Azur Athlétisme, a été la première femme à avoir passé la ligne d’arrivée, dimanche matin, avec un chrono d’une heure, neuf minutes et quatre secondes. Soit quarante secondes de moins que la Montbéliarde Ophélie Serra-Boxberger, déjà deuxième en 2024, puis quatrième en 2025. « Je m’étais blessé le mois dernier au championnat du monde de marathon, avec une grosse déchirure à l’ischio, et je n’ai repris l’entraînement qu’il y a cinq jours », révèle Alessia Zarbo, celle qui a été en finale du 10 000 m aux Jeux Olympiques de Paris 2024. « Je me suis dit : pourquoi rester dans mon coin, alors qu’il y a une belle opportunité. Surtout que je suis une sudiste et fière de l’être », ajoute-t-elle.

    Prudence est mère de sûreté

    Sa participation a été annoncée tardivement, car elle devait prendre en compte un avis médical, suite à sa blessure. « Je me suis laissé l’option de m’arrêter si je sentais que ça allait craquer, parce que j’en ai assez bavé le mois dernier. C’est pour ça que j’ai été très prudente dans la descente [après la Gineste, Ndlr], ce qui m’a été bénéfique », explique Zarbo, persuadée que l’issue de la course n’aurait pas été la même pour elle si elle s’était laissée complètement aller d’un point de vue musculaire.

    La recordwoman française du semi-marathon, acquis (en 1h08’20’’), au Marathon de Valence en 2025, souhaitait tout de même réaliser un chrono d’une heure et dix minutes, vis-à-vis des performances réalisées l’année passée. Mission accomplie, avec près d’une minute d’avance sur son vœu. « Avoir été blessée, fait beaucoup de vélo et de renforcement, ça m’a finalement aidé », sourit Alessia Zarbo.

  • Mistral gagnant au long du 47e Marseille-Cassis

    Mistral gagnant au long du 47e Marseille-Cassis

    Franchir la ligne d’arrivée est une prouesse qui ne doit jamais être minimisée. Encore moins sur une course comme Marseille-Cassis, qui réserve chaque année son lot de surprises et d’émotions.

    Quel que soit leur profil, les participants ont tous une histoire à raconter. Car au-delà de la performance magistrale du vainqueur du jour Kiprop Kimutai (voir ci-contre), il y a avant tout des milliers de messieurs et Madame «Tout-le-Monde». Des femmes et des hommes qui jonglent au quotidien entre travail, vie de famille et obligations diverses, et qui doivent souvent composer avec un cruel manque de temps pour préparer une telle échéance. « La montée (de la Gineste) a été difficile, mais je pense que tout le monde s’y attendait. Mais après, ce n’était que du bonheur ! La foule te porte, tu avances avec le sourire. On essaie de faire le vide, de mettre tout le reste de côté pour aller au bout », raconte Alphonse, Aixois et supporter de l’OM, reconnaissable à son maillot olympien, quelques heures avant le coup d’envoi au Vélodrome face au Havre.

    À l’arrivée, les émotions se mêlent et ne se ressemblent pas. Il y a les épanouis, les survoltés, les déterminés, ceux et celles qui poussent un cri de rage ou de délivrance en franchissant la ligne, sous les yeux émerveillés de leurs proches venus les encourager fièrement jusqu’au bout. Ces derniers mètres, souvent les plus difficiles, sont parfois ceux où il faut aller puiser au plus profond de soi pour trouver les ressources nécessaires et ne rien lâcher. « Je pense qu’il n’y a pas tant de monde que ça capable de le faire, et je suis content d’avoir coché cette case », se réjouit Alain Bernard. Le nageur aubagnais, double champion olympique, s’était fixé un objectif de deux heures. Pari réussi, puisqu’il a franchi la ligne d’arrivée avec dix minutes d’avance sur son temps de référence. « Je ne suis pas fait pour courir, il va me falloir quatre ans pour récupérer après cette interminable Gineste », plaisante-t-il. Sur l’épreuve chère à l’organisation de la SCO Sainte-Marguerite, il y a aussi les insatisfaits, les perfectionnistes, ceux qui repartent avec le goût amer d’un objectif manqué, mûrement réfléchi et préparé pendant des jours, des semaines, voire des mois avant le grand moment de l’année.

    Et surtout beaucoup d’épuisés, ceux qui ont tout donné pour venir à bout des quelque 20 kilomètres séparant le stade Vélodrome des hauteurs de Cassis, jusqu’à parfois s’effondrer, terrassés par la fatigue ou rattrapés par une blessure.

    « C’était dur ! Après la descente, ça ne fait que remonter, puis redescendre. On pense que c’est fini, mais pas du tout ! », souffle Flavio, accoudé à la rambarde de sécurité au terme de l’effort. « Je connaissais déjà la course et je m’étais pourtant bien préparé, avec certaines ambitions, mais c’était un peu plus pire que ce que je pensais. Dès le premier tiers du parcours, j’ai compris que ça allait être compliqué », raconte Lucas, un Bordelais, mais Marseillais par alliance, venu aux côtés de son frère, plus aguerri. Le profil vallonné, d’environ +330 m de dénivelé positif, épargne très peu de privilégiés, y compris de grands habitués de la haute performance. « J’ai beaucoup marché, je me suis demandé si j’allais arrêter, c’était très compliqué », reconnaît la championne olympique de natation, Laure Manaudou, huit ans après sa dernière apparition à Marseille-Cassis.

    Évasion collective

    Si beaucoup de coureurs viennent de Marseille et de ses alentours, fiers de prendre le départ de la course mythique de leur territoire, d’autres arrivent de régions bien plus lointaines de notre chère Provence, voire de l’étranger. Certains ont parcouru des centaines, parfois des milliers de kilomètres pour découvrir ce tracé provençal, entre ferveur populaire et paysages emblématiques. « C’est la plus belle course de France ! », s’enthousiasme Alban Pellegrin, célèbre aventurier de Koh-Lanta. « C’est un comble de dire ça pour un Lyonnais », ironise-t-il. Pour sa quatrième participation, le coureur ne cache pas son attachement à cette épreuve si particulière dans son parcours sportif. « C’est cette course qui m’a donné envie de courir, en octobre 2022. La première fois que je suis venu ici, je me suis dit qu’il fallait être fou pour faire ça. Mais quand on franchit la ligne d’arrivée, on se demande déjà : “Quand est-ce qu’on recommence ?’’. C’est toute la complexité de Marseille-Cassis : prendre du plaisir, essayer de se faire mal et, au bout du compte, être fier de soi », résume celui qui a notamment bouclé 72 marathons en 72 jours en 2025.

    Au-delà du défi sportif, Alban retient surtout la dimension collective de la course à pied. « Il n’y a rien d’individuel dans la course à pied, surtout à Marseille-Cassis, où l’on est porté par 20 000 personnes. On s’encourage mutuellement », souligne-t-il. Une solidarité qu’il a lui-même mise en pratique en accompagnant l’humoriste Arnaud Tsamère, lui aussi habitué de l’épreuve, même si ses talents s’expriment davantage au volant que dans l’effort pédestre. Finalement, tous les participants ne viennent pas dans le but de faire une performance, mais bien pour profiter d’un élan collectif et s’évader le temps d’un instant. « La météo était au rendez-vous, l’ambiance était au top, tout le monde était gentil… C’était trop bien ! Ça fait du bien, avec tout ce qui se passe en ce moment. J’ai adoré cette belle cohésion. On s’en fiche d’où l’on vient, du quartier d’origine ou de son milieu social, on est tous là pour courir et profiter ensemble. Et ça fait du bien au cœur », s’enthousiasme Clara, malgré la fatigue qui se fait sentir, comme chez beaucoup de coureurs, dans les deux derniers kilomètres. « Il faut en avoir sous le pied », glisse-t-elle, bien décidée à prendre sa revanche l’année prochaine. Le rendez-vous est pris également pour l’organisation, « surtout après une telle réussite », conclut Claude Ravel, président de la SCO Sainte-Marguerite.

  • Kiprop Kimutai fait tomber le record des 20 kilomètres

    Kiprop Kimutai fait tomber le record des 20 kilomètres

    Laurent Manneveau, responsable du plateau Élite sur Marseille-Cassis, avait promis un nouveau record sur sa course fétiche et sa parole est d’or. Kiprop Kimutai a été impérial, dimanche matin, en remportant d’une main de maître la 47e édition de l’épreuve.

    Avec un chrono de 58 minutes et 36 secondes, il s’est également offert le nouveau meilleur temps historique sur les 20 kilomètres entre Marseille et Cassis. « Je suis très heureux, je ne m’attendais pas à courir aussi vite, je ne savais pas que j’avais battu le record », lance Kiprop Kimutai, avec un grand sourire. Présent dans le quatuor de tête dès le départ, aux côtés de son compatriote Gilbert Kiprotich, annoncé comme favori du jour pour qui il faisait d’ailleurs le lièvre dans un premier temps, le Kenyan de 22 ans a totalement dominé les débats à partir du septième kilomètre, en pleine première partie de l’ascension de la Gineste.

    « C’est monstrueux »

    Son échappée a laissé les spectateurs sans voix et a littéralement laissé le souffle coupé à ses concurrents. « J’ai fait un départ trop rapide, c’était trop difficile », analyse Louis Gilavert, pensionnaire de la SCO Sainte-Marguerite. Dès le départ, le rythme était très élevé, avec une allure de 20km/h en tête de course sur les cinq premiers kilomètres. Deuxième du marathon de La Rochelle en 2025, Kimutai a franchi l’arche de la mi-parcours au bout de 31 minutes et 20 secondes, et a ainsi creusé un écart conséquent avec le reste du peloton jusqu’à l’arrivée, où il accuse finalement moins de deux minutes d’avance sur le Djiboutien Sougueh et l’Ougandais Boch.

    « Le vent a aidé certainement, mais courir seul comme ça, c’est monstrueux », explique Benoît Z, ex-vainqueur du Marathon de Paris. Côté français, quatre d’entre eux ont complété le top 10, avec Enzo Couderchet en chef de file, devant Valentin André, Alexis Miellet et Quentin Meyleu. La victoire tricolore devra attendre.

  • [Marseille-Cassis] L’heure du grand défi pour les 20 000 participants

    [Marseille-Cassis] L’heure du grand défi pour les 20 000 participants

    Il sera 9 heures, dimanche, quand la première vague s’élancera.

    Dans ce groupe, qui donnera le ton d’une potentielle chasse au record, figureront les candidats à la victoire. Sachant que les premiers auront parcouru les 20 km en moins d’une heure. Et que l’objectif est même de faire mieux que les 57’18’’ du Kenyan Edwin Kipyego en 2015.

    Mais pour l’immense majorité, l’objectif est ailleurs. Pour chacun de ceux qui franchiront la ligne d’arrivée, ce sera une victoire. La victoire sur soi-même. La victoire sur les éléments. La victoire du dépassement de soi. « Chacun relève son défi personnel, avec comme maître mot la solidarité », insiste Danielle Milon. La maire de Cassis est une fervente supportrice d’une épreuve « qui a largement dépassé le cadre d’une simple compétition ».

    Se dire « je l’ai fait ! »

    Si dimanche sera la partie émergée de l’iceberg, Marseille-Cassis était déjà lancé dès l’arrivée de l’édition précédente. Et sept mois avant le grand départ, les 20 000 dossards étaient déjà attribués en un temps record. Qu’est-ce qui fait donc courir ces amateurs ?

    Il y a le prestige d’une épreuve qui rayonne bien au-delà de l’axe Marseille-Cassis. Le bonheur de traverser un parc national, celui des Calanques sur plus de 13 km, qui offre un cadre unique au monde. Et même si les participants n’ont pas vraiment le temps d’apprécier le paysage, une fois franchie la ligne d’arrivée, il y a la satisfaction de se dire « je l’ai fait ! ».

    D’autres peuvent également s’amuser à repérer les personnalités présentes sur la ligne de départ et qui, elles aussi, rêvent de venir à bout de la Gineste (lire par ailleurs). Dans un passé plus ou moins récent, certains ont ainsi pu se retrouver au côté de Jean-Jacques Goldman, Laure Manaudou, Nathalie Simon ou encore Thomas Pesquet. Ce dernier n’avait pas encore décroché les étoiles, mais en tandem avec son frère, le spationaute avait bouclé son Marseille-Cassis en deux heures.

    Sur les 20 km, le spectacle sera donc sur le bitume, avec des coureurs costumés. Mais il y aura également de l’ambiance sur des points stratégiques. Sur 17 postes, dont le premier après 2,3 km de course, des animations sont prévues. Avec comme fil conducteur la musique. En plein effort, les flonflons apporteront un encouragement apprécié et appréciable, transformant l’épreuve en fête géante.

    Côté performances, huit vagues de départ sont programmées, en fonction du niveau de chacun. La première vague, qui est aussi la plus rapide, partira sur une base de course autour de 1h30. La deuxième comprendra deux niveaux, à 1h30 et 1h45. Les six suivantes proposeront trois possibilités, avec un lièvre à 1h45, un à 2h et un troisième à 2h15. Ces coureurs d’allure seront reconnaissables à leur bannière colorée, quatre couleurs : vert, bleu, jaune et rouge, en fonction des objectifs de chacun.

    Pour ceux qui visent une performance, il sera possible à leurs suiveurs de connaître en direct leur temps de passage aux 5e, 10e et 15e km en se connectant sur le site officiel de la course.

    Question pratique, pour se rendre sur la zone de départ, au plus tard à 8h30, les engagés devront avoir leur dossard et leur bracelet « coureur » et se présenter sur l’esplanade Ganay, puis traverser le stade Vélodrome avant de rejoindre le boulevard Michelet : par l’allée Ray-Grassi (objectif moins de 1h45) ou le parvis Jean-Bouin pour les autres.

  • [Marseille-Cassis] Un plateau sportif relevé sur tous les tableaux

    [Marseille-Cassis] Un plateau sportif relevé sur tous les tableaux

    Malgré 20 000 personnes sur la ligne de départ au pied du Vélodrome, seule une poignée de participants peuvent se disputer la victoire finale au bout des 20 kilomètres de course. Chez les hommes, un grand duel s’annonce en perspective entre le Kenyan Gilbert Kipkosgei Kiprotich, champion national de 5 000 m en 2025, et le Djiboutien Houssein Sougueh, lauréat du semi-marathon de Brazzaville en août 2026.

    Ces deux grands favoris seront également concurrencés par le Rwandais Félicien Muhitara, vainqueur de Marseille-Cassis en 2024, et du Congolais Alex-Franck-Cliford Ngouari-Mouissi, deuxième des 20km de Tours en septembre 2026. « On aimerait bien que le record soit battu », lance Laurent Manneveau, responsable du plateau Élite de la course Marseille-Cassis. Pour rappel, le Kenyan Edwin Kipyego détient toujours la meilleure performance sur Marseille-Cassis avec un temps de 57 minutes et 18 secondes. Côté français, Alexis Miellet (voir ci-dessus) et Louis Gilavert vont découvrir le tracé provençal, aux côtés de l’expérimenté Nicolas Navarro. « Les traileurs et les triathlètes auront aussi leur mot à dire », prévient le directeur sportif de la section athlétisme de la SCO Sainte-Marguerite, conscient qu’un athlète français n’a plus remporté la course depuis Hassan Chahdi en 2022.

    Contrairement à leurs homologues masculins, les féminines tricolores se montrent très performantes face à la concurrence étrangère. Mélody Julien, deuxième de la dernière édition, devrait jouer les premiers rôles, avec Fadouwa Ledhem, multiple championne de France de 10km, et la triathlète Léonie Periault, cinquième des JO de Tokyo en individuel et médaillée de bronze en relais mixte. Elles devront toutefois se méfier de la Kenyane Lucy Macharia, pensionnaire du club organisateur.

  • [Marseille-Cassis] Alexis Miellet, demi-fondeur tout-terrain, vise les sommets

    [Marseille-Cassis] Alexis Miellet, demi-fondeur tout-terrain, vise les sommets

    Il chaussait du 26 qu’il baignait déjà dans ce milieu. Alexis Miellet est quasiment né avec des baskets de course aux pieds, portés par ses parents, ex-athlètes de haut niveau. « J’ai fait mon premier cross à l’âge de 3 ans, très très tôt. Mes parents étaient donc athlètes, j’ai toujours un peu été dans ce milieu-là, même si j’ai fait du foot jusqu’à mes 15 ans. C’est vraiment les cross UNSS qui m’ont poussé à me lancer à 100% dans la course à pied », explique l’intéressé. Le Dijonnais est devenu un homme tout-terrain. Piste, sous-bois et même route. Ce dimanche, il sera au départ de la 47e édition de Marseille-Cassis. Véritablement une première pour celui qui a découvert la course, en détente, l’an passé.

    Dernière ligne droite

    de sa première carrière

    « Ce sera une première fois et demie parce que j’ai accompagné ma conjointe l’année dernière. Je ne l’ai pas fait à fond, mais là, ce sera à fond cette année. C’est quand même une grande classique française. Après, je suis supporter de l’OM, donc forcément, ça va être un plaisir de faire une course où on part au pied du Vélodrome », s’amuse Miellet.

    Forcément, courir 20 km sur un tracé avec dénivelé, ce n’est pas trop sa tasse de thé à l’origine. Le demi-fondeur a adapté sa préparation pour être performant dans le col de la Gineste et ses alentours : « Oui, je suis spécialiste de plus court, 800, 1 500, 3 000 m steeple. Quand j’arrive sur du 10 km, je me débrouille plutôt bien, mais c’est moins ma spécialité. Là, c’est encore plus long. J’ai essayé de me préparer en conséquence, surtout que le parcours est assez particulier ».

    L’année 2026 d’Alexis Miellet a été remplie d’émotions diverses. Elle a sportivement débuté très tôt, dès janvier, avec un podium lors du relais mixte des championnats du monde de cross. Ensuite, sa vie et celle de Romane, sa compagne, a été bouleversée avec l’arrivée d’Ambre, leur petite fille. « J’ai été papa au mois de mars. C’était un peu plus compliqué sur la saison estivale, avec le sommeil en moins. Ce n’était pas optimal pour la performance, mais j’ai réussi à m’en tirer avec un titre de champion de France », raconte-t-il.

    Champion d’Europe 2024 du 3 000 m steeple, le pensionnaire du Dijon Université Club, son club de toujours, a été éliminé en séries des Europe de Birmingham, au mois d’août. Un coup de moins bien, dans une saison à rallonge, l’une de ses dernières. Celui qui trouve la piste « relativement monotone » et qui a « toujours voulu être polyvalent » ambitionne de finir sa carrière en stade aux Jeux de Los Angeles, en 2028, à 33 ans. Avec d’autres objectifs à venir : « Le dernier challenge, ce sera de participer une troisième fois aux Jeux Olympiques à Los Angeles. Après, j’aimerais avoir une belle carrière sur la route. Je sais que je ne pourrais pas faire les mêmes choses sur la route que sur la piste, car ce sont moins mes qualités. Et puis je vais prendre de l’âge ».

    Alexis Miellet pense aussi au présent et tentera, dimanche, d’ajouter son nom au palmarès du prestigieux Marseille-Cassis. « Il y a deux Kenyans qui sont vraiment costauds, mais être à la lutte pour le podium, c’est accessible. » Un podium avant de rejoindre les tribunes du Vélodrome pour suivre OM-Le Havre suffirait déjà à son bonheur.

    EN CHIFFRES

    57’18

    Le Kenyan Edwin Kipyego possède toujours, à l’heure actuelle, le record all-time du Marseille-Cassis.

    L’athlète a bouclé les 20 km du tracé en 57 minutes et 18 secondes.

    2022

    Depuis l’année 2022, aucun Français n’a levé les bras sur Marseille-Cassis.

    Le dernier à l’avoir réalisé : Hassan Chahdi, en 1 heure et 44 secondes.

    Cette année, Louis Gilavert, Alexis Miellet et Nicolas Navarro sont les Tricolores les mieux placés pour l’emporter.

  • [Marseille-Cassis] La course à pied, un tremplin vers l’emploi et l’inclusion

    [Marseille-Cassis] La course à pied, un tremplin vers l’emploi et l’inclusion

    Ils étaient près de 100 jeunes à participer à l’initiative Marseille-Cassis des quartiers, lancée en 2024 et étendue en 2025. Les organisateurs de la course et les différents acteurs du projet ont décidé d’une 3e édition pour cette 47e de l’épreuve bucco-rhodanienne. « Le bilan des deux premières éditions est relativement positif. On va dire que c’est une opération qui a été menée un peu rapidement, mais on trouvait que ça avait du sens. Force est de constater que les partenaires, France Travail, y trouvaient vraiment un bel intérêt », explique Laurent Manneveau, directeur sportif de la SCO Sainte-Marguerite.

    Pizzo et Gilavert comme parrains

    Le dispositif est cette année légèrement amplifié, avec trois axes travaillés. « 53 jeunes issus de structures marseillaises comme l’École de la 2e chance, l’Epide et l’Addap vont participer à ce Marseille-Cassis. Ils ont suivi un entraînement physique et se sont bien investis là-dedans ces derniers mois », détaille dans un premier temps Laurent Manneveau. Ensuite, des jeunes demandeurs d’emploi de la région de Marseille ont été sélectionnés par France Travail pour courir ou être bénévoles sur l’événement. Ils ont tous un lien avec le sport ou souhaitent y travailler, ils sont une quarantaine dans ce cas.

    Pour terminer, sur le volet santé et inclusion, 25 personnes en rémission de cancer seront également au départ de l’épreuve de 20 kilomètres.

    Cette fois, le champion du monde du 10 000 mètres Jimmy Gressier n’était pas disponible pour remettre les dossards aux participants. Mais deux autres membres de l’équipe de France seront présents, vendredi, à 14 heures, pour la distribution d’une partie des dossards. Charlotte Pizzo et Louis Gilavert, spécialistes de demi-fond et licenciés à la SCO Sainte-Marguerite, font office de parrain et marraine pour cette troisième édition.

    Au total, 118 personnes sont liées au Marseille-Cassis des quartiers en 2026. Un nombre régulier par rapport aux années précédentes.

  • [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    Il y a près de vingt ans, Christine Bardelle était au sommet de son art pédestre. Spécialiste du cross-country, la demi-fondeuse originaire de Provins, en Seine-et-Marne, s’est notamment illustrée en décrochant deux médailles d’argent consécutives, en 2012 et 2013. À son palmarès figurent également quatre titres de championne de France : trois sur 5 000 m et un sur 10 000 m. Elle aurait même dû participer aux Jeux olympiques de Londres en 2012, alors qu’elle était la seule Française à avoir réalisé les minima sur 5 000 m.

    Mais en février 2018, sa vie bascule. On lui diagnostique une leucémie aiguë, un cancer du sang. « Ça faisait un moment que j’étais fatiguée, que je me sentais un peu moins bien, mais je ne m’en inquiétais pas pour autant. Je mettais ça sur le compte de la fatigue. Puis, j’ai commencé à faire quelques petits malaises. Un jour, je suis allée aux urgences et je n’en suis ressortie que deux mois plus tard », raconte Christine Bardelle.

    Les biopsies ont rapidement révélé des cellules cancéreuses. « C’était une surprise, parce qu’en tant qu’athlète, j’étais en bonne santé. Je prenais soin de moi, je faisais attention à tout, notamment à mon alimentation, et je faisais du sport deux fois par jour. Ce n’est évidemment pas le genre de diagnostic auquel on s’attend dans ces conditions », poursuit-elle.

    Près de 460 000 personnes sont diagnostiquées chaque année d’un cancer, selon les données de l’Institut national du cancer. « Je n’ai pas forcément cherché à comprendre pourquoi. J’étais tout de suite dans l’état d’esprit de tout faire pour m’en sortir. J’étais déjà dans le combat, même si on ne donnait pas cher de ma peau, parce que j’étais au stade 4 », insiste l’ancienne athlète de haut niveau. Elle a d’abord dû subir une quarantaine de chimiothérapies à Avignon, avant d’être prise en charge à l’Institut Paoli-Calmettes, à Marseille, où elle a passé sept semaines dans une chambre stérile, avant de bénéficier d’une greffe de moelle osseuse en septembre 2018. Ce n’était pas gagné d’avance puisque ses deux sœurs et son frère n’étaient pas compatibles. « Il y avait donc une chance sur un million pour trouver un donneur compatible. Et puis après, il fallait encore que la greffe prenne », note Christine Bardelle. « C’était aussi violent que le cancer », souligne-t-elle, consciente que l’opération lui a laissé des séquelles encore persistantes aujourd’hui. « J’ai passé trois mois et demi à l’hôpital après la greffe. Et quand je suis sortie de l’hôpital, je ne pouvais même pas marcher. J’étais incapable de tenir debout. Je me suis vite remise dans une forme de rééducation, de réathlétisation, mais ça a pris du temps », résume celle qui a mis près de trois ans avant de reprendre une pratique sportive.

    Marseille-Cassis symbolique

    Officiellement diagnostiquée guérie en septembre 2023, après cinq ans de lutte contre le cancer, Christine Bardelle s’est directement lancée sur le Marseille-Cassis. « C’était symbolique pour moi de prendre le départ d’une course à quelques kilomètres de l’hôpital qui m’avait sauvé la vie. C’était une forme de reconnaissance aussi pour tout le travail des oncologues et des chercheurs », confie la gérante d’une brasserie à Buis-les-Baronnies, dans le département de la Drôme. Au sein du mois de l’inclusion, cher à André Giraud, elle s’est engagée sur les quatre épreuves afin de faire passer un message. « Le sport, c’est quand même un super levier. Sur une ligne de départ, peu importe qu’on ait un cancer, un handicap ou une autre difficulté, le but est de passer la ligne d’arrivée. C’est une façon de se reconstruire, de faire face et de rebondir », assure la survivante. Compétitrice dans l’âme, de par son passé sportif glorieux, elle espère passer sous la barre des deux heures.

    EN CHIFFRES

    118

    118 jeunes issus de l’École de la 2e chance, de l’Epide ou encore choisis par France Travail participeront à cette édition de Marseille-Cassis. Que ce soit en tant que coureurs ou bénévoles.

    20

    C’est le nombre d’entreprises prêtes à embaucher les 118 personnes issues du dispositif Marseille-Cassis des quartiers 2026. Une rencontre aura lieu ce vendredi 23 au matin, à l’École de la deuxième chance.

  • [Marseille-Cassis] Les dossards solidaires ont directement fait un carton

    [Marseille-Cassis] Les dossards solidaires ont directement fait un carton

    Après les « Clean Up Dossards », qui encourageaient déjà les coureurs à adopter un comportement écoresponsable en échange de l’obtention d’un dossard, la SCO Sainte-Marguerite passe à la vitesse supérieure. Le club organisateur du célèbre semi-marathon provençal a lancé, le 4 mai, Marseille-Cassis Solidaire, un dispositif inédit permettant de décrocher son précieux sésame tout en soutenant une cause d’intérêt général grâce à la collecte de fonds. Pour cette première édition, 1 000 dossards ont été réservés à cette initiative solidaire. En contrepartie, chaque coureur s’est engagé à collecter au moins 200 euros au profit de l’une des quatre associations partenaires, représentant chacune un engagement solidaire : La Maison des Femmes Marseille Provence (voir ci-dessus), pour la cause des femmes ; Sauvage Méditerranée, pour la protection de l’environnement ; la Fondation Ambroise-Paré de l’Hôpital Européen, pour la santé ; et Sport dans la Ville, pour l’inclusion. « L’argent ne tombe pas du ciel. On s’est donc demandé comment aller au-delà de la course pour soutenir le tissu associatif local », explique Loïc Yviquel, référent environnement et solidarité de la course.

    Près d’un quart de million récolté

    Un appel à projet a été lancé, au terme duquel 50 associations ont candidaté. Huit d’entre elles ont été présélectionnées, avant de se décider sur les quatre heureuses élues. Celles qui n’ont pas été retenues ont été dédommagées à hauteur de 300 euros chacune. L’objectif fixé par l’organisation était de récolter 150 000 euros, mais près de 250 000 euros ont été finalement obtenus, avec plus de 6 000 donateurs mobilisés.

    Les cagnottes sont encore disponibles jusqu’au 31 octobre. Avec ces résultats prometteurs, les organisateurs souhaitent doubler en 2027 les objectifs en ouvrant les dossards solidaires à 2 000 coureurs, avec huit associations partenaires. « Ce n’est pas définitivement réglé, mais c’est en tout cas notre volonté », Maïka Nuti, coordinatrice de l’initiative Marseille-Cassis Solidaire. « La question reste de savoir si l’on va continuer avec les quatre associations que l’on a soutenues cette année, afin de leur créer un modèle vertueux avec un revenu récurrent », conclut Loïc Yviquel.

  • La Maison des femmes rejoint l’aventure Marseille-Cassis

    La Maison des femmes rejoint l’aventure Marseille-Cassis

    Les dossards solidaires constituent le nouveau dispositif lancé par les organisateurs de Marseille-Cassis pour cette 47e édition. Quatre associations abordant quatre thématiques différentes ont été sélectionnées. Pour la cause féminine, le choix s’est tourné vers La Maison des femmes Marseille Provence. Ce service de soins des hôpitaux de Marseille est situé dans le 5e arrondissement. Chargée de développement de l’association, Fanny Pillard en explique ses missions : « C’est un service qui prend en charge des femmes victimes de violences, dans lequel elles rentrent dans un parcours de soins personnalisés et sur mesure en fonction de leurs besoins. Ces femmes peuvent consulter différents professionnels, ça peut être des psychologues, des psychiatres, des assistantes sociales, il y a des sages-femmes, des gynécologues, sexologues et médecins généralistes. »

    Des ateliers collectifs sont également proposés et l’idée est de centraliser les services pour améliorer le suivi de ces femmes. Le dépôt de plaintes peut également se réaliser à l’association grâce à des avocats, et cela depuis fin 2025. Concrètement, le but est « de prendre soin d’elles, de les accueillir tous les jours ». « En général, une femme reste deux ans dans notre service. Ça peut être beaucoup plus court en fonction des situations et ça peut être plus long aussi », explique Fanny Pillard. Environ 800 femmes sont suivies à l’année par l’antenne marseillaise de La Maison des femmes, un nombre malheureusement conséquent.

    Un don record

    grâce aux coureurs

    Au total 19 salariés et une cinquantaine de bénévoles œuvrent pour accompagner ces victimes de violences, pas suffisant pour répondre à la demande, d’après la chargée de développement. « Non, on commence à avoir une liste d’attente puisqu’il y a de plus en plus de femmes qui viennent chez nous. Je pense qu’on pourrait être beaucoup plus nombreuses pour pouvoir accueillir tous les besoins et réduire le temps d’attente sur certaines consultations », martèle Fanny Pillard. Une psychologue est arrivée il y a peu, une autre doit suivre, ainsi qu’une psychiatre à mi-temps. Une première avancée pour renforcer les moyens de l’association.

    Grâce à cette sélection par l’organisation de Marseille-Cassis, La Maison des femmes a travaillé d’arrache-pied avec les coureurs pour récolter le plus de dons possibles. « Depuis des mois, on travaille autour de ce dispositif pour que les 250 personnes qui vont courir pour la Maison des Femmes puissent collecter des fonds, qu’elles aient assez d’éléments pour communiquer autour de ce qu’on fait ici à la Maison des Femmes. Donc ça a été un gros projet de coordination. »

    Le gain total recueilli par l’ensemble de ces coureurs est de 60 000 euros. « Je ne m’attendais pas à autant, mais ça veut dire qu’il y a des personnes qui se sont vraiment donné des objectifs très personnels pour nous soutenir. C’était un peu la surprise », raconte Fanny Pillard. Les 250 personnes ayant montré leur solidarité à La Maison des femmes seront, par ailleurs, facilement reconnaissables le jour de la course. En effet, l’organisation leur a concocté des dossards de couleur rose. Immanquable, même parmi les 20 000 participants au départ d’une 47e édition complète quelques instants après le début des inscriptions.

    EN CHIFFRES

    60 000€

    C’est la somme récoltée par les 250 coureurs ayant acheté un dossard solidaire pour aider La Maison des femmes.

    1 750

    1 750 euros ont été récoltés par un seul et même coureur, c’est le record de cette première édition des dossards solidaires. Le plancher était fixé à 200 euros.

    30%

    L’association note que 30% des violences conjugales démarrent au moment de la première grossesse.