Tag: Portrait

  • Anton, un prénom qui résonne dans les Gradins des Spartiates

    Anton, un prénom qui résonne dans les Gradins des Spartiates

    Il a tout de l’archétype du Suédois : grand, blond, les yeux bleus et, surtout, un solide coup de crosse sur la glace, au pays des mille lacs où le hockey est roi. Débarqué fin septembre chez les Spartiates de Marseille pour pallier les absences de longue durée d’Oscar Gustafsson et d’Adel Koudri, Anton Gradin n’a pas tardé à trouver sa place dans la rotation marseillaise, où il a déjà inscrit cinq buts après dix matches en Ligue Magnus.

    À 26 ans, l’attaquant originaire d’Örnsköldsvik, une commune d’environ 30 000 habitants située à près de 500 km au nord de Stockholm, n’a d’ailleurs pas eu le luxe de prendre progressivement ses marques. À peine atterri dans la cité phocéenne, il était déjà lancé dans le grand bain. Dès le lendemain de son arrivée à Marseille, le Suédois d’1 m 87 a été aligné avec le groupe marseillais. Nombreux auraient pu être impressionnés par un tel baptême du feu. Pas Anton Gradin, qui a rapidement conquis le public du Palais omnisports en inscrivant le troisième but des Spartiates lors de leur victoire aux Boxers de Bordeaux (5-2, le 25 septembre).

    « La première période a été compliquée. Je pense que le vol et le voyage se faisaient encore sentir dans mes jambes », reconnaît l’attaquant suédois. Le Scandinave s’est également acclimaté rapidement à l’ambiance marseillaise, qu’il juge plus « chaleureuse » que celle des pays nordiques. Formé au MoDo Hockey, le club de sa ville natale, Örnsköldsvik, Gradin a ensuite poursuivi sa carrière dans cinq autres formations de l’Allsvenskan, la deuxième division suédoise.

    Connexion suédoise

    La saison passée, sous les couleurs de l’IF Troja-Ljungby, il a notamment côtoyé Albin Nilsson. Une rencontre qui n’a rien d’anodin puisque les deux joueurs se retrouvent aujourd’hui sous le maillot des Spartiates de Marseille. « Le fait que nous parlons la même langue et que nous avons joué sur la même ligne durant près de neuf mois, ça m’a aidé. Nous avons eu une bonne relation », explique le renfort offensif.

    Après Ljungby, il avait rejoint un club norvégien, qui a finalement fait faillite quelques mois plus tard. « J’étais dans une situation particulière, j’ai donc demandé à mon agent de me trouver de nouvelles équipes. J’avais déjà entendu parler de Marseille et j’ai toujours été intéressé », confie Anton Gradin. L’attaquant se décrit comme un joueur « qui travaille dur, qui aime marquer et se retrouver dans les zones où ça brûle un peu, autour du but en particulier ». « Je veux aider mon équipe dans les moments décisifs, être quelqu’un sur qui elle peut compter », ajoute-t-il, conscient des différences entre le hockey pratiqué dans son pays natal et celui qu’il découvre désormais en Ligue Magnus. « En Suède, la défense a plus d’importance, alors qu’en France, le jeu est davantage tourné vers les attaques rapides et les initiatives individuelles », résume le 4e Suédois de l’effectif marseillais, après Bobbo Petersson, Oscar Gustafsson et Albin Nilsson. Il devrait continuer d’y trouver son compte.

  • [Biographie] Zinédine Zidane, aux sources de la légende

    [Biographie] Zinédine Zidane, aux sources de la légende

    Peut-on encore apprendre quelque chose sur Zinédine Zidane ?

    Dans la biographie qu’il lui consacre, Arnaud Tulipier répond par l’affirmative. « C’est vrai que, sur l’aspect sportif, tout a pratiquement été dit et écrit. Mais grâce à certains de ses intimes, j’ai pu trouver un nouvel éclairage, en partant de son second départ », indique l’ancien grand reporter de France Football.

    Remise en question

    Il s’est attaché à révéler le parcours du Zizou entraîneur, « alors que personne ne le voyait réussir, lui le premier », insiste l’auteur. Grâce à ses contacts, il a pu ainsi obtenir le témoignage de Jean Fernandez, celui qui a lancé sa carrière professionnelle. Alors que Luis Fernandez a été son complice pour la préface. « Luis, c’est un peu le trait d’union. Ils ont joué ensemble à Cannes, avant que l’un devienne l’entraîneur de l’autre. »

    Au fil des chapitres, le lecteur découvre un Zinédine Zidane qui n’hésite pas à se remettre en question. « Il est parti de la base, en allant passer les diplômes les uns après les autres, alors qu’il aurait pu attendre que tout lui tombe tout cuit dans les mains. »

    Ce Zizou là apparaît ainsi sous un jour nouveau. Avec, en fil conducteur, l’amitié qui le lie à David Bettoni.

    Zidane – La légende

    Préface
    de Luis Fernandez

    City Editions
    240 pages, 19
     euros

  • Stéphane Sparagna, le destin contrarié d’un éternel olympien

    Stéphane Sparagna, le destin contrarié d’un éternel olympien

    Symbole d’une jeunesse prometteuse à l’époque où « El Loco » s’asseyait sur sa glacière, Stéphane Sparagna a tourné la page olympienne.

    À 31 ans, le défenseur marseillais, originaire de Saint-Loup (10e), a rejoint en début de saison l’USM Endoume-les-Catalans, en Régional 1. « Mon contrat avec l’OM s’est terminé le 30 juin et je n’ai pas été prolongé », raconte-t-il. Comme Sofiane Sidi Ali ou Kassim Abdallah avant son arrivée au staff du SC Aubagne Air-Bel, Sparagna a joué le rôle de « grand frère » auprès des jeunes de la réserve phocéenne.

    En quête d’un nouveau projet dans le Sud ou à l’étranger, l’ancien joueur de l’Uspeg a été freiné par une fin de saison compliquée. Opéré d’une hernie en mars, il a vu son temps de jeu diminuer. « Cet été, je n’ai finalement pas eu de proposition intéressante correspondant à mes attentes, dans la région ou ailleurs. Dans le Sud, le principal frein était financier et contractuel », explique-t-il, conscient du coût des contrats fédéraux pour les clubs. Un appel de Guillaume Bosca et Taoufik El Faqyh, avec qui il a évolué respectivement au Red Star et à Aubagne, a finalement rebattu les cartes, ouvrant la voie à un nouveau défi sous les couleurs d’Endoume. Des discussions avec Fos-sur-Mer s’étaient auparavant enlisées, le club s’est montré « frileux » sur les aspects médical et financier.

    Sparagna avait aussi été
    en contact avec l’AS Cannes
    de Djamal Mohamed et le SC Toulon, qui l’avait déjà approché la saison précédente. L’ancien Olympien a aussi reçu des propositions de clubs de deuxième division américaine (USL), sans succès également.

    Étiquette « joueur fragile »

    Malgré cinq expériences hors de Marseille (Auxerre, Boavista, Villafranquense, Red Star et Aubagne), Sparagna est resté attaché à l’OM. Formé puis lancé chez les professionnels par Marcelo Bielsa, il a pu « boucler la boucle » en passant près de six mois avec le groupe professionnel sous Gennaro Gattuso et Jean-Louis Gasset à partir de janvier 2024.

    « C’était deux approches totalement différentes », souligne le défenseur présent dans le groupe à Monaco, à peine un mois après son retour. « Gattuso aimait faire participer beaucoup de jeunes du centre de formation, pas forcément titulaires ou performants, comme des sparring-partners. Ça m’a étonné, car j’ai toujours connu le mérite, mais ce genre d’initiative se fait partout aujourd’hui », observe-t-il, en opposant cette méthode au style plus « traditionnel » de Gasset. « Il était plus proche des joueurs, c’était comme un papa pour nous. » Sparagna a aussi fréquenté brièvement Roberto De Zerbi, dont l’approche lui rappelait Bielsa. « On recherchait tout le temps un peu l’excellence et la perfection. »

    Au centre de formation, il a côtoyé Kelyann Bezahaf, « la belle surprise à ses yeux » malgré quelques réticences initiales, Nouhoum Kamissoko, qu’il juge « le plus à même de jouer » grâce à sa maturité, et Keyliane Abdallah, dont il salue la résilience après « une première partie de saison passée où il était un peu au fond du trou ». « On leur a donné l’occasion de s’exprimer et ils ont su la saisir. Le plus dur, désormais, est de maintenir ce rythme, de progresser et de travailler pour enchaîner les bonnes performances », résume celui qui a vécu la même situation douze ans plus tôt.

    Son ascension a toutefois été freinée par plusieurs blessures, au genou en 2018, au ménisque en 2019 et aux ligaments croisés en 2022. « J’en ai eu une à chaque fois que j’aurais pu franchir un palier », déplore-t-il, en reconnaissant ne pas avoir su gérer sa carrière sur le plan physique. « Ce qui me frustre le plus, ce n’est pas d’avoir été blessé, mais qu’on m’ait collé l’étiquette de joueur fragile dans ce milieu », confie avec amertume Stéphane Sparagna, marqué par cette image indélébile.

  • [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    [Marseille-Cassis] Christine Bardelle, cinq ans de lutte contre un cancer du sang

    Il y a près de vingt ans, Christine Bardelle était au sommet de son art pédestre. Spécialiste du cross-country, la demi-fondeuse originaire de Provins, en Seine-et-Marne, s’est notamment illustrée en décrochant deux médailles d’argent consécutives, en 2012 et 2013. À son palmarès figurent également quatre titres de championne de France : trois sur 5 000 m et un sur 10 000 m. Elle aurait même dû participer aux Jeux olympiques de Londres en 2012, alors qu’elle était la seule Française à avoir réalisé les minima sur 5 000 m.

    Mais en février 2018, sa vie bascule. On lui diagnostique une leucémie aiguë, un cancer du sang. « Ça faisait un moment que j’étais fatiguée, que je me sentais un peu moins bien, mais je ne m’en inquiétais pas pour autant. Je mettais ça sur le compte de la fatigue. Puis, j’ai commencé à faire quelques petits malaises. Un jour, je suis allée aux urgences et je n’en suis ressortie que deux mois plus tard », raconte Christine Bardelle.

    Les biopsies ont rapidement révélé des cellules cancéreuses. « C’était une surprise, parce qu’en tant qu’athlète, j’étais en bonne santé. Je prenais soin de moi, je faisais attention à tout, notamment à mon alimentation, et je faisais du sport deux fois par jour. Ce n’est évidemment pas le genre de diagnostic auquel on s’attend dans ces conditions », poursuit-elle.

    Près de 460 000 personnes sont diagnostiquées chaque année d’un cancer, selon les données de l’Institut national du cancer. « Je n’ai pas forcément cherché à comprendre pourquoi. J’étais tout de suite dans l’état d’esprit de tout faire pour m’en sortir. J’étais déjà dans le combat, même si on ne donnait pas cher de ma peau, parce que j’étais au stade 4 », insiste l’ancienne athlète de haut niveau. Elle a d’abord dû subir une quarantaine de chimiothérapies à Avignon, avant d’être prise en charge à l’Institut Paoli-Calmettes, à Marseille, où elle a passé sept semaines dans une chambre stérile, avant de bénéficier d’une greffe de moelle osseuse en septembre 2018. Ce n’était pas gagné d’avance puisque ses deux sœurs et son frère n’étaient pas compatibles. « Il y avait donc une chance sur un million pour trouver un donneur compatible. Et puis après, il fallait encore que la greffe prenne », note Christine Bardelle. « C’était aussi violent que le cancer », souligne-t-elle, consciente que l’opération lui a laissé des séquelles encore persistantes aujourd’hui. « J’ai passé trois mois et demi à l’hôpital après la greffe. Et quand je suis sortie de l’hôpital, je ne pouvais même pas marcher. J’étais incapable de tenir debout. Je me suis vite remise dans une forme de rééducation, de réathlétisation, mais ça a pris du temps », résume celle qui a mis près de trois ans avant de reprendre une pratique sportive.

    Marseille-Cassis symbolique

    Officiellement diagnostiquée guérie en septembre 2023, après cinq ans de lutte contre le cancer, Christine Bardelle s’est directement lancée sur le Marseille-Cassis. « C’était symbolique pour moi de prendre le départ d’une course à quelques kilomètres de l’hôpital qui m’avait sauvé la vie. C’était une forme de reconnaissance aussi pour tout le travail des oncologues et des chercheurs », confie la gérante d’une brasserie à Buis-les-Baronnies, dans le département de la Drôme. Au sein du mois de l’inclusion, cher à André Giraud, elle s’est engagée sur les quatre épreuves afin de faire passer un message. « Le sport, c’est quand même un super levier. Sur une ligne de départ, peu importe qu’on ait un cancer, un handicap ou une autre difficulté, le but est de passer la ligne d’arrivée. C’est une façon de se reconstruire, de faire face et de rebondir », assure la survivante. Compétitrice dans l’âme, de par son passé sportif glorieux, elle espère passer sous la barre des deux heures.

    EN CHIFFRES

    118

    118 jeunes issus de l’École de la 2e chance, de l’Epide ou encore choisis par France Travail participeront à cette édition de Marseille-Cassis. Que ce soit en tant que coureurs ou bénévoles.

    20

    C’est le nombre d’entreprises prêtes à embaucher les 118 personnes issues du dispositif Marseille-Cassis des quartiers 2026. Une rencontre aura lieu ce vendredi 23 au matin, à l’École de la deuxième chance.

  • Le prodige marseillais Bastien Grasshoff vise la NBA en 2027

    Le prodige marseillais Bastien Grasshoff vise la NBA en 2027

    Jusqu’où ira Bastien Grasshoff ? À seulement 19 ans, le basketteur marseillais impressionne depuis le début de la saison sous les couleurs du Mans Sarthe Basket. Le petit frère de Loïs Grasshoff, lui aussi pensionnaire du club manceau, mais prêté cette saison à l’ADA Blois, en Élite 2, enchaîne les performances remarquées en Betclic Élite. Auteur de 17 points face à Gravelines-Dunkerque, puis de 11 unités contre Paris Basketball, il a franchi un nouveau cap dimanche dernier face à Bourg-en-Bresse, avec 19 points, 4 rebonds et 4 passes décisives.

    « Je me sens vraiment très bien. Je pense que c’est une continuité par rapport à mon explosion survenue la saison dernière », souligne le meneur-arrière d’1,98 m. Il mesure pleinement la confiance que lui accorde le staff sarthois. « Je savais que j’allais avoir beaucoup plus de responsabilités, beaucoup plus de temps de jeu, de ballons entre les mains », poursuit le joueur dirigé par Guillaume Vizade, dont la polyvalence constitue un atout précieux sur le parquet. Sa prestation face à Bourg-en-Bresse a notamment illustré sa capacité à exploiter les possessions dans les derniers instants et à créer des opportunités pour ses coéquipiers. « J’ai vraiment un rôle important, offensivement comme défensivement », estime Bastien Grasshoff, qui gagne progressivement en assurance au plus haut niveau national.

    Candidat à la Draft NBA l’année prochaine

    Cette montée en puissance se confirme également sur la scène européenne. Après avoir découvert la Ligue des Champions (3e échelon) la saison passée, le jeune Marseillais poursuit son apprentissage en Eurocoupe (2e) et commence à y faire sa place. En témoigne sa performance à 16 points face à l’équipe grecque de l’Aris. « Aujourd’hui, j’essaie vraiment d’être le plus constant possible dans mes performances », assure-t-il. Très médiatisé depuis la médaille d’argent décrochée à l’Euro U18 en 2025, le minot formé au Stade marseillais université club (Smuc) est pourtant longtemps resté dans l’ombre. « Surtout quand j’étais petit », insiste le benjamin de la fratrie. « Je ne suis pas passé par un pôle espoirs et je n’ai pas fait tous les camps nationaux. J’ai donc dû forcément envoyer mon CV à plusieurs centres de formation », raconte-t-il. Sa démarche lui a finalement conduit au Mans. « Je dirais que c’est assez extraordinaire ce qui s’est passé. Je ne m’attendais pas du tout à en être là aujourd’hui. Et il faut que je continue à me donner à fond pour aller le plus loin possible », insiste Bastien Grasshoff, considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la génération 2007.

    Son talent, et surtout son potentiel, pourrait bien lui ouvrir les plus grandes portes du basketball mondial. « Je vise la Draft NBA pour la saison prochaine », révèle-t-il en exclusivité. « Rien n’est fait encore, mais c’est un de mes objectifs individuels. Et pour ça, il faut que je fasse une bonne saison », certifie le joueur éligible à la prochaine phase de sélection des équipes nord-américaines. « Ça a toujours été un rêve depuis que je suis petit. Je regardais beaucoup de matches avec mes parents », se remémore le fan des Boston Celtics. « J’ai toujours aimé le basket européen, mais quand on est petit, la NBA, c’est comme les films, c’est un rêve américain, c’est un autre monde », confie-t-il avec désir.

  • [Marseille-Cassis] Jean Carpine, ravitailleur en chef posté sur le plateau de Carpiagne

    [Marseille-Cassis] Jean Carpine, ravitailleur en chef posté sur le plateau de Carpiagne

    Le regard perçant, la moustache frétillante, Jean Carpine est un homme d’expérience. Impliqué dans l’organisation de Marseille-Cassis depuis 43 ans, il en connaît tous les rouages. Et plus particulièrement celui du ravitaillement, dont il en est responsable depuis trois décennies. « Quand je regarde derrière, je n’arrive pas à m’imaginer tout ce qu’il s’est passé », confie-t-il avec un brin de nostalgie dans sa voix. « J’ai commencé dans les vieux locaux de la SCO Sainte-Marguerite avec trois ou quatre milliers de participants, et plus de quarante ans plus tard, il y a 20 000 personnes sur la ligne de départ. C’est énorme », lance le fidèle bénévole, entré dans le club phare du 9e arrondissement par l’intermédiaire de son fils Stéphane, désireux de faire de l’athlétisme vers l’âge de 8 ans.

    « Quand j’ai vu l’effervescence qu’il y avait pour Marseille-Cassis, j’ai voulu m’investir. J’ai commencé par donner un petit coup de main à l’ancien siège du club pour distribuer les t-shirts. Et l’année d’après, on m’a demandé si je pouvais contribuer sur les ravitaillements », raconte Jean Carpine, posté depuis 42 éditions de Marseille-Cassis sur le troisième point de ravito sur le plateau de Carpiagne.

    « Carpine à Carpiagne, c’était comme une évidence », sourit le responsable coordinateur de l’ensemble des ravitaillements de la course. « Je gère la logistique et les commandes jusqu’au jour de la course, où l’on fait la distribution », explique celui qui a embrigadé toute sa famille et des amis pour assurer les ravitaillements.

    Toujours dans la bonne humeur. « Chaque année, ils me surprenaient en se déguisant. Un coup en clowns, un autre en pom-pom girls. Et en 2008, j’avais initié le déguisement de la trilogie de Pagnol, avec la partie de cartes et la partie de boules », se remémore-t-il dans un grand éclat de rire. L’homme à la moustache d’Einstein a toutefois connu des éditions moins souriantes, comme en 2012, où des tables de 40 kg s’envolaient sur lui et les autres bénévoles. « Les coureurs étaient contents, parce qu’ils allaient plus vite que d’habitude », plaisante le Marseillais, toujours le mot pour rire.

    Zéro plastique

    Jusqu’à présent, Jean Carpine supervisait la distribution de 72 palettes de bouteilles d’eau, soit 120 bouteilles de 33 centilitres. Mais dans une volonté de réduire son impact environnemental, Marseille-Cassis a décidé de distribuer des flasques souples de 250 millilitres à la grande majorité des participants lors du retrait des dossards. Ce changement vise à limiter le recours aux bouteilles en plastique, dont la fabrication mobilise des ressources fossiles et génère des émissions de gaz à effet de serre, sans compter la pollution liée aux déchets plastiques et aux microplastiques. « Sur chaque ravitaillement, on a trois clarinettes de neuf tuyaux avec des douchettes. On va arriver à servir 27 personnes en même temps. En espérant qu’on arrive à gérer, qu’il n’y ait pas une grosse chaleur trop intense », souligne-t-il. Le responsable s’était rendu en observateur sur le Marathon de Paris, le 12 avril, pour découvrir ce dispositif, mis en place pour la première fois sur l’épreuve parisienne.

    « Il y aura donc zéro plastique sur le parcours », insiste Jean Carpine. Des bouteilles plastiques resteront toutefois disponibles à l’arrivée, tandis que les coureurs en lice pour la victoire bénéficieront d’un éco-cup afin de ne pas perdre de temps. Alors, lorsque vous vous retrouverez au milieu de la foule, à prendre votre mal en patience, prenez quelques secondes pour saluer ceux qui œuvrent dans l’ombre.

    EN CHIFFRES

    7 tonnes

    La production de 120 000 bouteilles plastiques, comme c’était le cas sur les dernières éditions de Marseille-Cassis, revient à extraire et raffiner environ 7 tonnes de pétrole brut.

    12 tonnes

    Cela représente également une empreinte carbone d’environ 10 tonnes de CO²e. C’est l’équivalent des émissions générées par une voiture à essence parcourant environ 40 000 km, soit un tour de la Terre.

    450 ans

    Si elles sont jetées dans la nature ou enfouies, les bouteilles plastiques mettront environ 450 ans à se décomposer.

  • Le cancer d’Ana Gouffier n’a pas eu raison de sa passion

    Le cancer d’Ana Gouffier n’a pas eu raison de sa passion

    En 2024, Ana Gouffier réalisait une année exceptionnelle, marquée par plusieurs podiums régionaux et une qualification aux championnats de France de semi-marathon. « J’arrivais à courir en 1h40, avec de nombreuses victoires. J’avais fait une année hallucinante », se souvient celle qui s’est mise à la course à pied trois ans plus tôt, après la naissance de son deuxième enfant par césarienne. Jusqu’au jour où l’Aubagnaise, née en Roumanie, est contrainte d’abandonner une course à 3 km de l’arrivée. « Je me mets à vomir du sang, puis je manque de tomber dans les pommes », raconte Ana Gouffier. Les examens révèlent alors un cancer des ovaires. « Il y avait d’autres symptômes auxquels je n’avais pas fait attention », ajoute-t-elle.

    Cette épreuve lui a appris à écouter son corps. « Quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute. Il faut se faire confiance et être attentif aux signaux d’alerte. Moi, je n’ai pas voulu les écouter. J’étais focalisée sur la performance », reconnaît Ana.

    L’enfer, c’est les autres

    Malgré la douleur physique et mentale, la pensionnaire de la SCO Sainte-Marguerite et de l’association course pour la mémoire a fait preuve d’un courage et d’une détermination sans nom. « L’objectif, c’est d’essayer, à chaque fois, de faire mieux, de m’entraîner davantage. Pas forcément pour me prouver quelque chose, mais plutôt pour me dire que je me bats avec mon corps, et non contre lui », souligne-t-elle, consciente que le regard des autres est un poids supplémentaire. « Comme j’ai eu un traitement et pas de chimiothérapie, parce que j’ai eu une ablation de la partie cancéreuse, je n’ai pas perdu tous mes cheveux. C’est devenu une maladie invisible. On me faisait donc des remarques comme “si tu ne perds pas tes cheveux, c’est que tu n’as rien de grave” ou “avant tu étais super forte, maintenant t’es nulle” », déplore-t-elle.

    Son retour sur le chemin de l’entraînement n’a pas été de tout repos. « Tout le club était passé devant moi. Je n’arrivais plus à avancer », confie l’ingénieure d’études. Elle a persévéré en multipliant les entraînements, mais elle a mis un an avant d’accepter de courir avec « ce petit truc en plus ». Et pour aller de l’avant, elle est repartie de zéro, avec le soutien du Martégal Samir Dahmani, spécialiste du demi-fond. « Il m’a coaché jusqu’au marathon de Paris où j’ai atteint mon objectif de 3h30 », se félicite Ana, pour qui aucune distance ne l’impressionne. Elle s’attaque désormais aux championnats du monde master outdoor (W35), aux Pays-Bas, en 2028.

  • [Portrait] L’Éternelle jeunesse de Gilbert « Milou » Issert

    [Portrait] L’Éternelle jeunesse de Gilbert « Milou » Issert

    Alors que de nombreux sportifs profitent d’une retraite bien méritée à 83 ans, Gilbert Issert foule encore le gravier avec la même passion et une concentration hors du commun. Le pointeur et milieu de légende a récemment fait sensation au prestigieux International d’Aix. Avec ses deux partenaires René Brocca et Olivier Sanguinede, ils ont atteint les 8e de finale, après avoir sorti notamment le champion de France, Laurent Matraglia. Ils ont chuté en 8e de finale face à Maison Durk. Sa présence dans le tableau final face aux meilleurs joueurs du circuit a soulevé l’admiration du public et de ses pairs

    Né en 1943, c’est sous les couleurs du Gard que « Milou » écrit les premières lignes de sa légende nationale. Au début des années 2000, il forme avec Edmond Denis Salvador une triplette vétéran tout simplement invincible. Ensemble, ils réalisent un exploit historique : un triplé consécutif de champions de France en 2003, 2004 et 2005.

    Joueur complet et partenaire recherché pour son calme olympien, il s’est également illustré au Mondial La Marseillaise à pétanque atteignant la finale à deux reprises en 2004 et 2005 avec la légende Michel Schatz « Passo » et Jean-Pierre Daudet perdu à chaque face aux trois Philippe Pecoul, Quintais et Suchaud.

    Si le triplé des années 2000 reste gravé dans les mémoires, son chef-d’œuvre le plus mémorable intervient en 2018 à Albertville. Associé à Jean-Michel Spinouze et le joueur du siècle (sacre en 2000) Christian Fazzino. Issert décroche sa quatrième couronne nationale à l’âge de 75 ans. Une association magique où la science du jeu d’Issert a parfaitement épaulé la maestria de Fazzino.

    Aujourd’hui encore, il brille dans la catégorie vétérans écumant les terrains avec succès en compagnie de l’autre légende Marco Foyot et René Brocca, Gilbert Issert prouve que le talent n’a pas d’âge. Un monument de la pétanque, tout simplement.

  • Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Elle n’aurait pas parié dessus, et pourtant, les dessins de paysages alpins de la Guillestrine Gaëlle Privat ont depuis quelques mois un petit succès. En parallèle de son travail d’architecte dans son cabinet à Eygliers, la jeune femme de 34 ans dessine, entre autres, les montagnes des Hautes-Alpes qu’elle aime tant. Ses œuvres se vendent sur son site internet et sont régulièrement exposées dans le département et aux alentours. Jusqu’à mi-octobre, elles sont même l’objet d’une exposition à la Librairie des Alpes, à Paris.

    Gaëlle Privat a grandi à Nîmes avant de bouger : son père, militaire, était régulièrement muté. Elle a ensuite passé beaucoup de temps à Paris, où elle a étudié, puis débuté sa carrière en travaillant pour des marques de luxe, notamment Dior. Petite, ses parents l’emmenaient skier à Vars (Hautes-Alpes). Quelques années plus tard, elle prenait le train de nuit, chaque semaine, pour rejoindre son ex-compagnon : « Je ne sais pas si c’était lui, ou bien le territoire que j’aimais tant ! » Elle a ensuite redécouvert Guillestre avec son regard d’architecte et s’y est installée, persuadée d’avoir trouvé sa place.

    30 à 80 heures de travail

    « Le dessin, ça a toujours été mon truc, j’étais douée. C’est héréditaire, mon père dessinait bien. Même si petite, je n’aimais pas ça ! » Au début, ses dessins étaient personnels, dans des carnets de voyage. Elle s’est lancée il y a deux ans dans le dessin de montagne, après qu’on lui a proposé par hasard de monter une exposition : « Ces dessins de montagne n’existaient pas encore ! J’ai monté l’expo en trois jours et on a eu que des retours positifs. Enfant, j’avais un monde intérieur très riche, je me sentais très proche de la nature. Le paysage montagnard représente un peu ça. »

    Depuis, elle dessine les sommets du département à partir de ses photos. Passion qui lui permet de retrouver une part de créativité qui lui manquait un peu en architecture, bien qu’elle adore son métier. Pour ses grands dessins en noir et blanc, il faut compter 30 à 80 heures de travail. « Je suis à la recherche de véracité : c’est comme un portrait, si on se loupe sur un trait, ça ne fonctionne pas. » La série plaît particulièrement « aux guides, aux anciens, aux alpinistes ». Elle réalise aussi une autre série en crayons de couleur, plus « freestyle » et à la mode. « Je n’aurais jamais pensé que ça marcherait autant, confie-t-elle. J’ai perdu mon petit frère dans un accident de surf, l’année dernière, et je suis certaine qu’il est derrière toute cette chance. »

    Agathe Di Lenardo

  • Un policier en roue libre avec des délinquants marseillais

    Un policier en roue libre avec des délinquants marseillais

    Détournements de fichiers, violation du secret professionnel, révélation d’informations sur une enquête, exercice d’activité commerciale extraprofessionnelle. Ce combo d’infractions a valu à un enquêteur en police judiciaire affecté dans un commissariat de Paris de comparaître la semaine dernière à Marseille. Il s’est vu requérir deux ans de prison avec sursis et l’interdiction définitive d’exercer. Au vu de la gravité des faits, il a été révoqué en mai 2025 sur avis unanime du conseil de discipline.

    À l’origine de la procédure, la plainte en mars 2023 d’une infirmière contactée par son ex qui se vante de tenir des infos sur sa vie privée d’une connaissance policière. Ce « mauvais plan drague » d’un individu condamné pour stup, vol et agression sexuelle allait entraîner la chute de Lotfi T., 33 ans, un policier à la dérive.

    À la barre, l’ex-policier dit avoir « agi avec discernement pour un échange d’informations » avec une connaissance de parties de cartes. « Il m’a dit qu’il cherchait à recontacter son ex. En contrepartie, j’allais avoir une information importante pour la BRI [Brigade de recherche et d’intervention] », assure le prévenu qui espérait en retour une mutation dans le renseignement territorial. Si l’information a permis d’élucider une affaire d’extorsion de restaurateurs, son recueil échappe au cadre légal. « J’ai été dépassé par ma vocation de policier. Je reconnais que c’est assez grave. Je présente mes excuses à la victime », dit-il.

    L’ex-flic décrit comme peu fiable multiplie les incidents. En mai 2022, il est signalé cité des Aygalades, jouant à la pétanque avec son arme de service sous son t-shirt. Il est régulièrement en maladie. « 1 250 jours d’arrêt de travail en 6 ans » compte le président Pascal Gand. « J’ai eu deux accidents de moto et une triple fracture de vertèbres. » – « Et l’achat d’une moto électrique, c’est compatible avec vos vertèbres ? » cingle le juge. En février 2024, en arrêt maladie, il est impliqué dans une rixe à 3h30 dans une boîte de nuit marseillaise et n’informe pas sa hiérarchie du vol dans son sac à dos de son terminal Neo.

    L’enquête révèle que la nuit il consultait les fichiers. « Des consultations problématiques pendant vos arrêts maladie et sur des délinquants marseillais… » – « On nous apprend à être policier H24. J’ai grandi entre la Busserine et Fontvert. Entre le sport et la musique, j’ai connu beaucoup de monde. C’est compliqué en tant que policier mais je ne vais pas les ignorer » glisse le prévenu qui dit avoir agi « sans contrepartie ». Il lui est aussi reproché d’avoir géré un snack, une société de sécurité en dépit d’une interdiction du tribunal de commerce suite à une faillite.

    Pour le procureur Mathieu Vernaudon, « c’est le portrait d’un policier en roue libre qui a un sentiment de toute-puissance. Il s’est affranchi de tous les cadres. S’il peut jeter cette femme sous le bus dans son intérêt il le fera ».

    Délibéré le 5 octobre.