Tag: marathon

  • Le succès du marathon d’Avignon tient aussi grâce à ses bénévoles

    Le succès du marathon d’Avignon tient aussi grâce à ses bénévoles

    À jamais les premiers. En remportant, ce dimanche, le premier semi et marathon d’Avignon, Walid Boumaza et Lilian Eudier ont forcément marqué l’histoire sportive locale. S’ils doivent leurs victoires à leur entraînement et état de forme respectifs, une partie non négligeable de précieuses petites mains a largement contribué à leur succès. Quelque 550 bénévoles se sont mobilisés ces trois derniers jours pour que l’événement se déroule de la meilleure des manières pour les 4 000 coureurs -dont 40% de femmes- au départ (1 600 pour le semi et 2 400 pour le marathon).

    « Pendant la course, dites-leur merci, faites-leur un petit sourire, s’il y a un couac ce n’est pas de leur faute », remerciait déjà Bertrand Delhomme, co-organisateur, dès vendredi après-midi à l’ouverture du village de course et retrait des dossards. Le Vauclusien, déjà actif sur d’autres courses locales comme le semi du Ventoux, s’attendait à avoir « quelques détails d’organisation à ajuster » à l’issue de cette première. Si les marathoniens ont peut-être trouvé le temps long sur des lignes droites et boucles dans les confins de la Barthelasse, le parcours du semi (9km en ville et 11km sur l’île fluviale) ne laissait place à aucun ennui.

    Avec plus de 260 signaleurs qui assuraient les intersections, même dans les moindres et nombreuses ruelles de l’intra muros, impossible de faire fausse route. En plus d’aiguiller, les bénévoles délivraient aussi de nombreux encouragements, souvent personnalisés grâce aux prénoms affichés sur le dossard. On pensait voir le nombre de soutiens décroître sur la partie plus sauvage du tracé dans la Barthelasse, il n’en fut rien.

    Outre ces signaleurs, une centaine de bénévoles ont œuvré vendredi et samedi au retrait des dossards quand d’autres sont restés en place jusqu’à tard dimanche pour démonter la zone d’arrivée. Bananes, orange, pâtes de fruits, carreaux de chocolat, eau, sodas mais aussi bonbons et saucissons à l’arrivée, les 10 et 6 ravitaillements du marathon et du semi ont nécessité une forte logistique. « Eau plate ou eau gazeuse? », questionne Majiah sur la zone d’arrivée, où malgré l’abondance de coureurs, aucune attente n’est à noter.

    Vers une deuxième édition fin février

    Venue du Pontet, Majiah fait partie de la vingtaine de bénévoles préposées sur cette zone. « J’ai déjà donné des coups de main sur d’autres courses, là on a une référente, on communique sur un groupe dédié pour faire en sorte qu’il y ait une fluidité permanente », expose-t-elle entre deux verres servis. Sa nièce, Lina, est à ses côtés. Toutes deux sont là aussi pour encourager 3 membres de leur famille engagées sur la course.

    Greg est, lui, bénévole pour la première fois. De 6h30 à 16h30, il a géré le barriérage entre les ponts Daladier et du Royaume, filtrant les passages de vélos, piétons ou véhicules de sécurité. « Je cours régulièrement et je suis content d’avoir des bénévoles, là je suis blessé donc c’était l’occasion d’aider, c’est très fluide en interne, je renouvellerai l’expérience avec plaisir », relate Greg. Et peut-être même dans 5 mois déjà. Si un débrief de l’événement est prévu ce mardi, les organisateurs confirment vouloir organiser une deuxième édition, fin février, et ouvrir ainsi la saison des marathons.

  • Le marathon d’Avignon dans les starting-blocks

    Le marathon d’Avignon dans les starting-blocks

    Organiser un marathon demande autant, voire plus, de préparation que de courir 42,195 km. Après avoir ouvert les inscriptions en novembre dernier, le top départ est imminent. « On a hâte d’y être, de voir ce bel événement avec un affect important puisqu’on est du territoire », souligne Bertrand Delhomme, coorganisateur avec Christophe Cecco. Les deux Vauclusiens sont déjà à la manœuvre sur des courses dans le département mais changent de braquet avec cette première édition du marathon, mais aussi du semi.

    Depuis plusieurs jours, la température sportive monte en ville avec de grandes affiches roses annonçant l’événement, des panneaux d’information indiquant les restrictions et un marquage au sol du parcours avec une trace rose (marathon) et orange (semi). Et comme pour un départ, beaucoup de monde s’est pressé ce vendredi après-midi devant l’espace Jeanne-Laurent pour l’ouverture du village et le retrait des dossards. Parmi les premières, Pascale qui repart même avec plusieurs dossards. « J’ai récupéré celui des copines de l’équipe féminine de Pujaut [Gard, côté Grand Avignon], on est six au total à participer au semi », indique-t-elle.

    Au total, 4 000 coureurs s’élanceront dimanche depuis la gare centre jusqu’au centre de loisirs de la Barthelasse et un parcours roulant. 2 400 sont inscrits sur le marathon (départ 9h) et 1 600 sur le semi (départ 8h). « Il y a 1 350 Vauclusiens et 300 Avignonnais mais 85 départements et 15 nationalités sont représentés dont beaucoup d’Allemands et de Belges », détaille Bertrand Delhomme. L’organisation est aussi rendue possible par la mobilisation des services municipaux, impliqués dans la logistique, sécurisation et nettoyage. « Cela va être exceptionnel, la météo aussi », prédit Xavier Bourgue, adjoint aux sports, saluant aussi la participation de partenaires privés (NGE) mais aussi de 550 bénévoles. « Pensez à eux tout au long du parcours, faites-leur un sourire et remerciez-les », invite Bertrand Delhomme.

  • Avignon : des restrictions de circulation en raison du marathon de dimanche

    Avignon : des restrictions de circulation en raison du marathon de dimanche

    Quelque 4 000 coureurs vont prendre, ce dimanche 27 septembre, le départ du semi-marathon (8h) et du marathon (9h) d’Avignon. Une première pour la Ville qui va forcément avoir des répercussions dans l’intra-muros, autour des remparts et sur l’île de la Barthelasse entre 4h30 et 15h.

    Les tracés de 21km et 42km au départ de la gare centre, autour des remparts, dans le centre-ville et sur la Barthelasse, pousse la Ville « inviter les usagers à anticiper leurs déplacements et remercie les habitants et riverains pour leur compréhension durant cette première édition».

    La municipalité liste les principales restrictions avec un dispositif déployé progressivement au cours de la matinée : 4 h 30 : fermeture du tour des remparts Sud, dans les deux sens, jusqu’à 11 h ; 7 h : fermeture du tour des remparts Est, dans les deux sens, jusqu’à 11 h ; 7 h 30 : fermeture du pont Daladier dans les deux sens, du tour des remparts Nord et Ouest jusqu’au pont de l’Europe, ainsi que de l’île de la Barthelasse. Le parking des allées de l’Oulle sera également fermé.

    La circulation sera rétablie progressivement après le passage des coureurs. Les tours des remparts Sud et Est rouvriront à 11 h. Le pont Daladier, les remparts Nord et Ouest ainsi que le parking des allées de l’Oulle seront de nouveau accessibles à partir de 11 h 30. La circulation sur l’île de la Barthelasse sera rétablie à 15 h.

    Pendant la course, le pont de l’Europe restera ouvert. Quant à celui du Royaume, il restera accessible jusqu’au parking de l’île Piot.

    Le tramway, dont le terminus sera à l’Arousaire depuis Saint-Chamand, sera aussi perturbé avec d’autres lignes du réseau Orizo.

    Tous les détails et plans sont à retrouver sur avignon.fr et ici

  • Le Marathon Jules-Bianchi dans la dernière ligne droite

    Le Marathon Jules-Bianchi dans la dernière ligne droite

    L’épreuve, imaginée par Jules Bianchi et Charles Leclerc, revient au Paul-Ricard.

    « Cette course, Jules l’aimait tout particulièrement, c’était pour lui une belle bouffée d’oxygène », explique Philippe Bianchi. Le père du champion de Formule 1 a souhaité reprendre le flambeau, toujours avec le Monégasque Charles Leclerc. Le premier week-end d’octobre, ce sera la onzième édition d’une épreuve unique au monde.

    « Imaginez une course de kart, par équipe, où chaque véhicule va tourner durant 42 heures, 19 minutes et 50 secondes sur un circuit prestigieux », détaille-t-il. Au fil des éditions, la manifestation a gagné en notoriété. Après avoir débuté sur la boucle de Brignoles, elle a investi le Castellet, où les conditions d’accueil sont mieux adaptées.

    Plus de 120 demandes

    Les organisateurs ont limité à 35 le nombre d’équipages. « Mais nous avons eu beaucoup plus de demandes. Nous aurions pu engager plus de 120 candidatures », souligne Philippe Bianchi. Des équipages dans lesquels se retrouveront des pilotes, chevronnés ou non, ainsi que des artistes. Notamment Benjamin Biolay, devenu un inconditionnel du Marathon.

    « À chaque nouvelle édition, nous voyons de nouvelles têtes, mais il y a le noyau des fidèles qui ne raterait pour rien au monde ce rendez-vous. Un rendez-vous qui est à l’image de Jules Bianchi », note-t-il.

    Même si elle est basée sur l’amitié, l’épreuve reste une course, avec un règlement auquel les engagés se doivent d’adhérer. Les relais sont d’une heure maximum, le nombre d’arrêts obligatoires à compter du départ est fixé à 54 (le dernier 15 minutes avant l’arrivée), la vitesse est limitée à 20 km/h dans la voie des stands et l’âge minimum est de 14 ans.

  • La grève chez Haribo prend de l’ampleur

    La grève chez Haribo prend de l’ampleur

    Devant l’usine d’Haribo à Marseille, l’odeur du barbecue du piquet de grève a remplacé les émanations sucrées qui sortent habituellement du site, ce jeudi.

    Il faut dire qu’il fallait donner de la force aux plusieurs dizaines de personnes présentes pour une mobilisation de soutien aux salariés dès 9 heures du matin et jusqu’en début d’après-midi. « Aujourd’hui, on finit la 6e semaine de grève, demain on attaque la septième. Il y a des salariés qui ont plus de 60 heures de grève ! », campe Jean-Pierre Martins, élu CGT du site. Autour de lui, on retrouve les chasubles rouges estampillées CGT du port de Marseille, de la Centrale de Gardanne, de La Poste et des militants venus d’Istres ou d’Aubagne… Et pour cause : Le dialogue social entre grévistes et direction est toujours au point mort d’où le besoin urgent de solidarité envers les grévistes qui tiennent la durée. « Rien n’a bougé. La direction renvoie toujours au 28 septembre et essaie de mettre un peu la pression dans l’usine pour qu’on arrête la grève », explique le syndicaliste. Avant de dénoncer : « Il y a un problème, cette situation est dingue : notre mouvement est historique et ce qu’on demande, ce n’est pas exubérant. Au fond, je pense qu’ils espèrent que le mouvement s’essouffle ». Une position d’autant plus dénoncée que le confiseur n’est pas vraiment en difficulté financière : « En 2020, Haribo faisait 12 millions d’euros de bénéfice net, et en 2025, c’était 32 millions… », décompte l’élu CGT. Au milieu des chapiteaux où sont installées boissons et caisse de soutien, il y a aussi moult représentants de partis politiques progressistes venus apporter leur pierre à l’édifice, tels que des militants de la France Insoumise, l’élu marseillais Hervé Street (Debout !) ou encore Charles Hoareau pour l’ANC. Preuve que la lutte des grévistes reçoit un soutien quasi unanime dans la cité phocéenne.

    Marseille-Uzès

    même combat

    « Nous sommes en soutien avec les travailleurs qui luttent. Les salariés demandent une augmentation de salaire, ils ne demandent pas la lune mais un juste retour pour leur travail. Ils ne demandent pas la charité, leurs revendications sont légitimes », développe, pour le PCF, Ibrahim Mze, le conseiller municipal à la Ville de Marseille. Il rejoint l’analyse : « Haribo engrange des bénéfices, son activité est plus que rentable, c’est normal que ses salariés demandent une augmentation… La position de la direction est indigne ! ».

    Le soutien reçu par les grévistes dépasse même le département puisqu’une délégation de leurs homologues de l’usine d’Uzès, dans le Gard, a fait le déplacement. « On a fait 12 jours de grève, en lançant le mouvement en même temps qu’à Marseille mais ça s’est essoufflé. Du coup, on fait une journée de grève chaque semaine pour venir soutenir les Marseillais », relate Guillaume Brante, délégué syndical central CGT. Ce dernier est pour le moins remonté contre sa direction : « Qu’ils ne nous parlent pas de dialogue social ! Il y en a pas. On n’a jamais vu ça chez Haribo : avant il y avait un esprit familial, maintenant ce n’est que le pognon ! ». En tout cas, pour l’heure et grâce à l’intelligence collective, les grévistes tiennent bon dans cette grève marathon.

  • Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Dans quatre mois, le 27 septembre, se courra
    le premier marathon d’Avignon. Une course, accompagnée d’un semi-marathon, dont les 3 500 dossards se sont arrachés en quelques heures (semi) et jours (marathon) début novembre. Si en fin année dernière, le parcours du semi-marathon avait été dévoilé, les organisateurs ont levé le voile mercredi dernier sur le tracé des 42,195km.

    Un temps de latence pour affiner le parcours mais aussi et surtout laisser passer le temps des élections et que la nouvelle municipalité donne quitus. « Il n’y avait pas d’obstacle, personne n’arrête un marathonien, confie le maire Olivier Galzi (DVD) lors du point presse à l’hôtel de ville. Le projet est sérieux, organisé par des passionnés et s’inscrit dans notre ambition d’avoir de grands événements sportifs qui comptent et font rayonner Avignon. »

    « Nous sommes heureux de voir que le projet est attendu », apprécie Bertrand Delhomme, co-organisateur avec Christophe De Cecco, tous deux déjà à la manœuvre du semi-marathon du Ventoux. Et alors que les inscrits sont sur les rangs depuis 6 mois, Bertrand Delhomme reconnaît l’impatience grandissante des coureurs dans l’attente du parcours. « Il sera roulant et touristique », promet Christophe De Cecco qui, « depuis un an », étudie toutes les options possibles. « On a dû faire des concessions mais on a trouvé un bon compromis », juge-t-il.

    Une seconde édition

    pour fin février

    Comme déjà annoncé, les coureurs s’élanceront depuis la gare centre pour un tour des remparts jusqu’à la porte Saint-Lazare et plusieurs kilomètres dans l’intra muros (rues Carreterie, Guillaume-Puy, place des Corps Saints, passages devant le palais des papes et l’hôtel de ville) avant d’en ressortir vers Saint-Roch pour rejoindre le pont d’Avignon puis ensuite l’île de la Barthelasse. Un gros quart du parcours sera donc urbain puis le reste très nature mais « 100% bitume » dans le poumon vert et fluvial avignonnais. « Il fallait des routes larges, il y aura quelques lignes droites et allers-retours », admet Christophe De Cecco, tout en promettant lors de ces points de rencontres « une ambiance musicale et beaucoup d’encouragements ».

    Si les organisateurs ont, en vain, essayé de se diriger vers l’île de l’Oiselet, « la Barthelasse est une vraie plus-value », estiment-ils. Comme pour le semi marathon -dont les 13 premiers kilomètres seront communs avec le marathon-, l’arrivée sera jugée le long du Rhône sur les allées Marie-Josée-Roig. Quelque 15 nationalités différentes seront représentées ainsi que 90 départements français. Pour l’heure, un tiers des inscrits sont Vauclusiens. La donne pourrait évoluer puisque 500 nouveaux dossards (300 pour le semi et 200 pour le marathon) ont été remis à la vente vendredi.

    Sans attendre la tenue du premier marathon, les organisateurs ont confirmé avoir déjà acté une seconde édition dès fin février 2027. « L’idée est d’en faire l’un des premiers marathons de l’année et concurrencer ceux d’Espagne, tout en positionnant ce rendez-vous dans une période assez creuse pour la ville », fait valoir Christophe De Cecco, déjà « convaincu que cette 2e édition attirera encore plus de monde ». Notons aussi que la course se veut solidaire : mercredi un chèque de 10 580 euros a été remis au fonds de dotation Av’ence, qui finance « des projets améliorant l’accueil, le confort et le bien-être » à l’hôpital d’Avignon.

  • Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    « On est dans un marathon. Il faut pouvoir courir, tenir la distance et de temps en temps accélérer. C’est ce que nous faisons depuis trois semaines avec l’opération Octopus », explique le préfet de région, Jacques Witkowski, devant la presse convoquée sur un parking entre les cités du Mail et de la Busserine (14e), ce mardi.

    « Tous les jours, jusqu’à 300 policiers sont engagés sur le pilonnage des points de deal, des opérations judiciaires de fond et des opérations sur des commerces que nous visons. Ce matin, 900 policiers se sont engagés. Neuf personnes ont été mises en garde à vue pour un trafic de stupéfiants dans une opération conduite par l’Ofast. Un important trafic de voitures volées à destination des pays du Maghreb a été démantelé », détaille le préfet dans ce qui est aussi une opération de communication.

    Signe d’une « accélération concrète » à ses yeux, 660 personnes ont été mises en garde à vue à Marseille depuis le début de l’année, pour 1 370 sur l’ensemble de l’année 2025. « C’est 8 personnes par jour pour trafic de stupéfiants. 500 000 euros de liquidités ont déjà été saisis en trois mois dans les poches des trafiquants et plus de 50 millions d’euros d’avoirs criminels saisis uniquement sur le trafic de stupéfiants. Il faut ajouter 42 millions de marchandises contrefaites sur le Marché du Soleil. C’est du concret. On oppose aux trafics la férocité républicaine et nous continuons, non pas pour faire du spectaculaire, mais pour rendre la ville aux habitants et faire place nette. Il y avait 180 points de deal à Marseille il y a trois ans, nous en avons 80 aujourd’hui », souligne le préfet ravi.

    Sous les yeux d’habitants qui peuvent être choqués par ce safari policiaro-médiatique, deux boulangeries sont investies par des brigades spécialisées sous les caméras et micros tendus. « Le but, c’est de contrôler si les gens sont déclarés socialement, fiscalement. On checke les documents du gérant, son Kbis, si les règles d’hygiène, d’affichage, etc. sont respectées », explique un brigadier, tandis que l’employé farfouille dans ses tiroirs à la recherche d’un tampon. « Aucun policier ne peut être filmé ! », tonne une gradée moquée par les jeunes pour son chapeau. « Eh bien nous aussi on a un droit à l’image ! », réplique une habitante refoulée du magasin. « Bonjour. Bon, tout est carré là derrière ? » sourit le préfet au boulanger, d’abord ébahi d’avoir un si haut représentant de l’État dans son échoppe, avant de se ressaisir : « Oui oui, mais bon, pendant ce temps-là, on vend pas. »

    « Ce n’est pas que du pilonnage de points de deal. On regarde aussi les commerces, le travail dissimulé, s’il n’y a pas de protoxyde d’azote, de vente illégale d’alcool, de tabac », explique Cédric Esson, patron interdépartemental de la police nationale. Le primeur a disparu après avoir baissé le rideau. « Il m’a dit de garder les légumes » bafouille un mineur. À côté, ça se passe mal pour l’autre boulanger et sa femme, qui tient la caisse. « J’ai signé un compromis de vente il y a douze jours, mais je vais créer la société », blêmit le boulanger. « Il y a un truc qui ne va pas. Qui a les clés ? Qui vous dit quoi faire ? Qui a acheté le matériel ? Aujourd’hui, vous n’êtes pas déclarés », bondit un inspecteur du travail. Le préfet découvre, horrifié, les sacs de farine stockés devant les WC au milieu de dizaines de cafards morts.

    « Je suis une habitante du Mail. J’ai trois enfants. Ici, c’est beaucoup dégradé, insalubre. Il y a des fuites de partout. La plupart des appartements sont sans courant », intervient une mère de 35 ans. « Les enfants, ils n’ont pas un endroit où jouer, pas une aire de jeux, parce que voilà, c’est tout le temps pourri. Personne respecte personne. Le gardien, il nettoie, mais il n’y arrive pas tout seul. Moi, je vous dis la vérité, je vois même plus le narcotrafic, je vois plus rien de tout ça. Moi, je vois l’état des appartements. »

  • Le premier marathon d’Avignon affiche déjà complet

    Le premier marathon d’Avignon affiche déjà complet

    Organiser un marathon est tout aussi fastidieux que de se préparer à en courir un. Une véritable course de fond, surtout quand c’est une première. S’il y a eu, il y a presque dix ans, quatre éditions du marathon des Côtes-du-Rhône, couru côté gardois, le tout premier marathon (42,195km) et semi (21km) d’Avignon déboule le 27 septembre prochain. « Avec Christophe De Cecco, cela fait deux ans qu’on prépare ce projet car il manque cette distance reine en Vaucluse », expose Bertrand Delhomme, co-organisateur. Les deux Vauclusiens, eux-mêmes coureurs et expérimentés dans la mise sur pied de tels événements (semi-marathon du Ventoux, 10 km d’Althen) ont créée une association dédiée, Provence sport organisation et compte sur 350 bénévoles.

    Seconde édition dès 2027

    « Il y a une dynamique exceptionnelle en France sur le marathon, avec 80 courses dont 10 nouvelles cette année », relève Bertrand Delhomme. Peu se déroulent dans les proches environs (Montpellier, Salon en biennale), quand celui de Marseille n’a pas survécu au Covid. Preuve de l’attente, les inscriptions, ouvertes fin octobre, ont été prises d’assaut : deux heures pour les 1 000 dossards du semi et deux semaines pour les 2 500 du marathon. Les listes d’attente sont embouteillées avec 2 000 coureurs sous le coude pour le semi et 500 pour le marathon. « C’est une première, on est sur une jauge prudente, à taille humaine, mais ça crédibilise déjà le projet », note Bertrand Delhomme.

    Parmi les inscrits, on dénombre 1 000 Vauclusiens. Quelque 80 départements sont représentés et 20 nationalités, Allemands, Belges ou Anglais en tête. « S’il est trop tôt pour estimer les retombées économiques, environ 4 000 personnes sont attendues à Avignon au moins sur le week-end. Nous avons la volonté de créer une dynamique positive sur le territoire et de donner envie aux gens d’y revenir », développe le co-organisateur. La Ville d’Avignon est un partenaire logistique indispensable et Bertrand Delhomme croit en la continuité du projet, peu importe qui prendra les rênes de la mairie dans deux mois : « On ne voulait pas attendre 2027, on porte un événement fédérateur qui a un impact positif. »

    Les parcours « sont propices au tourisme et à la performance », plaide Bertrand Delhomme. À savoir un très faible dénivelé (70 m pour le marathon) sans que le tracé ne s’apparente qu’à de grandes lignes droites en aller-retour. « On aurait aimé aller sur l’île de l’Oiselet jusqu’à la passerelle mais cela n’a pas été possible », regrette le co-organisateur, qui devrait dévoiler le parcours du marathon d’ici à un mois. Il devrait emprunter une grande partie de celui du semi, dévoilé déjà en décembre avec un départ depuis la gare centre, une entrée dans l’intra muros porte Saint-Lazare, passage devant le palais des Papes, le pont d’Avignon puis direction l’île de la Barthelasse. Les arrivées se jugeront sur l’allée Marie-Josée-Roig devant les lettres AVIGNON. En cas de succès de cette première édition, les organisateurs ont déjà en tête une seconde cuvée, plus tôt dans l’année, fin février, afin d’ouvrir la saison des marathons.

    Des fonds pour l’hôpital

    Le marathon et son sponsor NGE se sont rapprochés du centre hospitalier d’Avignon. Sur chaque dossard, 1 euro sera reversé au fonds de dotation Av’ence, pour financer « des projets améliorant l’accueil, le confort et le bien-être ». Une soixantaine de dossards solidaires seront aussi mis en vente pour les entreprises : 120 euros par dossard reversés au fonds.

  • Marseille-Cassis, un semi-marathon d’enfer

    Marseille-Cassis, un semi-marathon d’enfer

    Du coureur du dimanche au champion d’athlétisme, toutes les strates sportives étaient présentes, dimanche, à l’occasion de la 46e édition du Marseille-Cassis. Un semi-marathon désormais connu du grand public pour mettre l’endurance de ses participants à rude épreuve. Même pour ceux qui parviennent à rejoindre Cassis en un peu plus d’une heure, ce qui n’est pas une mince affaire.

    « C’était un avantage de connaître le parcours, parce qu’il est très piégeux », souligne Igor Bougnot, champion de France en titre du 10 000 mètres. Ce Picard âgé de 33 ans, venu en repérage six ans auparavant, a réussi à prendre la 5e place du classement général, avec une minute de retard seulement sur le vainqueur du jour, Ilias Fifa (voir ci-dessous). « Je savais que la course était coupée en trois phases, avec cette grande côte de la Gineste au milieu. C’est ce qui fait le charme de cette Classique épique », poursuit le premier français de l’épreuve. Si Marseille-Cassis reste avant tout une course où le chronomètre fait loi, cet événement pensé en 1979 par l’ancien président de la SCO Sainte-Marguerite André Giraud est également une grande fête populaire ouverte à tous. « Il y a toujours une super ambiance au cœur de ce peloton où il y a des coureurs de tout niveau. C’est bien de pouvoir courir tous ensemble », estime la Tarnaise Mélody Julien, 10e du dernier Marathon de Chicago. « Je m’attendais à voir des gens vachement tunnelisé par la course, mais c’était bon enfant », complète Pierre-Ambroise Bosse, ancien champion du monde du 800m, qui s’amusait à jouer au jeu du chat et de la souris dans le peloton.

    Toujours dans le côté festif, les Marseillais et les Cassidains se sont levés aux aurores pour encourager à pleins poumons les 20 000 courageux. « Je n’ai jamais vu une aussi grande ferveur. On se croirait dans la descente du Tour de France », lance la Martégale Clémence Calvin, la première femme à avoir franchi la ligne d’arrivée l’année passée. « C’est quelque chose à vivre, si vous avez la chance d’avoir un dossard », ajoute-t-elle, consciente du nombre astronomique de déçus chaque année. « C’est une course emblématique à vivre au moins une fois dans sa vie », surenchérit Pierre-Ambroise Bosse. Alors, n’attendez pas l’année prochaine, mais foncez !

  • La Martégale Clémence Calvin se bonifie comme le bon vin

    La Martégale Clémence Calvin se bonifie comme le bon vin

    « Cette victoire a le goût du bon pain avec une croûte bien craquante et une mie moelleuse », lâchait avec un immense sourire Clémence Calvin, après avoir été la première à passer la ligne d’arrivée du Marseille-Cassis 2024. Un an plus tard, cette Martégale d’adoption, âgée de 35 ans, remet sa couronne en jeu sur ce même tracé. « Cette année, je me suis projetée sur cette course plus tôt que l’année dernière, puisque l’année dernière, on a évoqué la course seulement quelques jours avant », raconte-t-elle, avant de connaître sa 3e participation.

    Sa victoire en octobre dernier, en plus de sa bonne performance sur le marathon de Valence (2h27), lui a permis de retrouver le chemin de l’équipe de France, avec laquelle elle a terminé à la onzième place du marathon des championnats d’Europe de running, au mois d’avril à Bruxelles. « Le parcours là-bas était exigeant aussi. Donc, j’ai joué sur les avant-postes une bonne partie de la course. Mais comme la course était mixte, la tactique de course n’était pas du tout la même que les précédents championnats d’Europe auxquels j’avais pu participer. Et comme personne ne prenait vraiment la course à sa charge, au final, moi, j’étais en chasse-patate 9 secondes derrière. Et les 5 derniers kilomètres, ils ont été difficiles parce que je pense que je n’étais pas assez ravitaillée », détaille celle qui a, par la suite, profité du printemps pour prendre le temps d’y parfaire sa préparation physique.

    Los Angeles dans le viseur

    Diminuée par une douleur plantaire entre juin et septembre, l’ex vice-championne d’Europe du marathon en 2018 a retrouvé le chemin de la victoire en s’imposant sur la Classique Carro-Carry, le mois dernier. « J’estime avoir réalisé un chrono plutôt intéressant (48’44’’), les sensations l’étaient en tout cas. Et donc derrière, ça m’a permis de me projeter un peu plus sur une course comme Marseille-Cassis », souligne-t-elle, persuadée qu’elle ne s’est pas encore pleinement relancée. « Je commence à être régulière sur les performances en compétition, à ne pas tenir l’entraînement sur les semaines, à enchaîner les semaines. C’est vrai qu’il y a des moments où c’est un peu plus compliqué pour moi de me mobiliser, parce que je privilégie la vie de famille, mais j’essaye d’être la plus constante possible », poursuit l’épouse de l’ex-international français Samir Dahmani (800 et 1500 m).

    « Je dirais même qu’elle recommence à avoir un petit niveau assez sympathique », surenchérit Laurent Manneveau, le responsable du plateau élite sur le Marseille-Cassis, qui connaît la native de Vichy depuis son enfance. « On va voir comment elle va se comporter face à des Mélodie Julien, Manon Coste, etc. Mais je pense que Clémence devrait pouvoir suivre le rythme. Je m’avance peut-être, mais je l’ai trouvée assez à l’aise sur la course », ajoute-t-il, conscient qu’elle doit réhabituer son corps à l’effort après quatre ans de suspension et la naissance de son premier enfant. « Pour atteindre la très haute performance, il faudrait que j’arrive à me sacrifier sans que je le perçoive comme un sacrifice. Il faudrait que je réussisse à m’extraire de mon foyer pendant deux gros cycles de travail pour vraiment être concentrée que sur ça », réalise Clémence Calvin.

    Elle n’a pas fait une croix sur son grand objectif : les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. « J’aurai 38 ans, j’aurai encore la possibilité de faire quatre, voire cinq marathons d’ici là. Quand on voit les grands athlètes qui commencent à être très performants sur leur 10e, 12e, 13e marathon, moi j’en suis qu’à mon 4e marathon pour l’instant. Je sais que ça ne peut que progresser. Ça peut être un projet intéressant à mener », ajoute celle qui s’éloignera progressivement des pelotons et partira, ainsi, sur une bonne note.