La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter?
Marc Vincent : Je suis ingénieur de formation et je travaille dans des collectivités territoriales depuis maintenant une quinzaine d’années. Actuellement en poste à la ville de Marseille, je dirige un pôle de lutte contre l’habitat indigne. J’habite à Carnoux depuis vingt-cinq ans. C’est une commune où deux tiers des habitants votent pour le RN. C’est aussi tout l’enjeu pour nous de monter une liste citoyenne pour essayer de mettre en avant d’autres valeurs. La commune, c’est un peu l’échelon de base de la démocratie. Notre objectif, c’est essayer de promouvoir ce vivre-ensemble. C’est ce qui manque dans la gestion municipale depuis vingt-cinq ans. L’équipe sortante s’est toujours placée dans une position de décision en disant en gros, les électeurs nous ont fait confiance, on va décider pour eux. Il n’y a pas de concertation, pas de dialogue. Dans l’opposition, minoritaire, on a beaucoup de mal à s’exprimer.
Quelles sont les grandes lignes de votre projet municipal?
M.V : On souhaite vraiment que les habitants de Carnoux soient beaucoup plus acteurs de la vie communale, en étant davantage associés aux décisions. Par exemple, le centre-ville a été récemment réaménagé avec la reconstruction complète de l’hôtel de ville. Pour autant, il reste derrière la mairie un certain nombre de salles communales qui servent pour les associations. Elles sont complètement vétustes et demandent à être reconstruites. Il y a besoin de se concerter pour en définir l’aménagement. La participation, c’est aussi informer davantage sur les conseils municipaux. Nous voulons créer un conseil municipal des jeunes, peut-être mettre en place des budgets participatifs. Et rendre l’accès plus facile aux équipements sportifs et culturels de Carnoux à l’ensemble des associations. Les deux grands stades de foot pour lesquels la commune a investi énormément d’argent sont par exemple réservés à une association sportive quasi-professionnelle. Nos équipements culturels sont en délégation de service public à un gestionnaire privé. Ces salles sont très sous-utilisées, ça coûte cher à la commune, parce que c’est elle qui paye l’essentiel du fonctionnement et tout l’investissement qui va avec. On veut aussi recréer un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Une commune peut porter un tel projet?
M.V : Pas seule. Puisque tout ce qui est social dépend plutôt du Département, ça suppose effectivement des liens entre d’autres acteurs. On voudrait en recréer un parce que le précédent, du groupe Korian, a fermé il y a deux ans. La population à Carnoux est assez âgée. Les gens ont envie de rester sur place. Mais il n’y a pas forcément de structure pour les accueillir. Et donc l’idée ce serait de créer un nouvel établissement qui pourrait être justement en centre-ville, dans les salles communales évoquées tout à l’heure. On peut imaginer des activités intergénérationnelles qui permettent aux résidents de l’Ehpad de ne pas se retrouver à l’écart.
Quelle politique souhaitez-vous mener pour la jeunesse carnussienne?
M.V. : La commune a une population assez âgée et un de nos objectifs est justement de favoriser le maintien des jeunes sur Carnoux. On est actuellement à 16% de logements sociaux contre 25% exigés, c’est à dire qu’en gros, il nous manque 300 logements sociaux. Mais la ville est relativement restreinte en termes d’espace. Cependant on a encore des possibilités, pas pour faire de grandes barres d’immeubles, mais quelques logements par-ci par-là et plutôt des logements sociaux parce que c’est une vraie demande. Les jeunes carnussiens ont beaucoup de mal à se loger, à rester en ville. C’est aussi ce qui contribue au vieillissement de la population, au manque de dynamisme culturel. L’objectif est qu’on puisse trouver des solutions pour développer un peu plus de logements accessibles aux plus jeunes.
Quelles sont vos orientations en matière d’environnement?
M.V : Avec le changement climatique, il faut que les communes s’adaptent, et peut-être ici mieux prendre en compte les risques feux de forêt, et inondations. Le centre-ville est très minéralisé, avec des esplanades bétonnées. En période de canicule, ça fait des îlots de chaleur avec des habitants dans les immeubles à côté qui souffrent. On pourrait donc développer un peu la végétalisation de ce centre-ville. On a par ailleurs un jardin partagé, qu’on a mis en place il y a quelques années, qui pourrait être agrandi. On pourrait peut-être même en utiliser une partie pour la confier à un maraîcher, pour alimenter un peu le marché de Carnoux en circuit court ou les cantines scolaires.

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