Tag: Gauche

  • Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Les députés socialistes, qui avaient permis le passage du budget de l’État l’an passé en ne censurant pas le Premier ministre, sont partis cette année sur une position bien plus offensive. Ils devaient défendre dans la soirée de mardi, une motion de rejet préalable au projet de budget pour 2027, estimant que le gouvernement n’a montré « aucune inflexion » envers eux cette année, notamment sur « la mise à contribution des plus riches et la préservation des plus modestes ».

    Mardi matin, Sébastien Lecornu a adressé une réponse par courrier aux chefs de groupes et à la direction du PS : « Le plus mauvais signal que l’Assemblée nationale pourrait envoyer serait celui du refus de la discussion budgétaire », assure-t-il. Le locataire de Matignon a proposé d’avancer avec les socialistes sur au moins trois chantiers : les « violences faites aux femmes et protection des enfants », l’« agriculture », et « la jeunesse et l’avenir de notre école ». Avec toutefois un impératif : rester sur une trajectoire de déficit public à 5% du PIB en 2027 et sans remettre en cause, bien sûr, la politique pro-business. La fin de non-recevoir socialiste n’a pas tardé : « le Premier ministre (Sébastien Lecornu) se moque de nous », a estimé le porte-parole Arthur Delaporte. Sa collègue Mélanie Thomin a reproché au chef du gouvernement une « porte fermée à toute mesure de justice fiscale au nom de la sacro-sainte stabilité ». Toute la gauche devait voter la motion de rejet préalable, qui porte sur la partie recettes du budget, ont annoncé des sources aux groupes Insoumis, Communiste et écologiste. Les indépendants de Liot devaient voter contre. L’extrême droite RN devait aussi voter contre, venant à la rescousse d’un Premier ministre sans majorité. Mais que les débats soient longs, ou interrompus au premier jour, le gouvernement a de toute façon peu d’espoir de faire voter son budget dans des conditions classiques.

    Ordonnances budgétaires ?

    Le premier tour de chauffe en commission des Finances a été sévère, avec un texte remanié puis rejeté par la quasi-totalité des députés (31 contre, 3 pour et 2 abstentions). Car pour atteindre sa cible de déficit, l’exécutif n’a pas été avare de mesures d’économies parfois clivantes jusque dans son camp, pour réaliser quelque 45 milliards d’euros d’efforts nouveaux en 2027. Il entend notamment mettre à contribution les retraités, par une sous-indexation des pensions au-dessus de 1 256 euros dans le budget de la Sécurité sociale, et une réduction du périmètre de l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités dans le budget de l’État. « Les marchés financiers ont besoin de sentir que quoi qu’il arrive on va finir à 5% (…), les débats parlementaires, tout le monde s’en fout, comme tout le monde s’est dit qu’à la fin, ça se terminera par un 49.3 ou des ordonnances », estime une source au sein de l’exécutif. Sans majorité, Sébastien Lecornu pourrait en effet recourir, comme l’an passé, à l’article 49.3 de la Constitution, en échange d’une non-censure. Mais les socialistes sont moins enclins à la non-censure, arguant que le gouvernement fait des clins d’œil à l’extrême droite. Lecornu pourrait aussi recourir aux ordonnances budgétaires, jamais utilisées, mais permettant de passer le budget sans aucun vote. Il faudrait toutefois attendre le 18 décembre, après 70 jours d’examen.

  • Sans concurrent, François de Canson largement élu président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Sans concurrent, François de Canson largement élu président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Comme dans un fauteuil ou presque… François de Canson (DVD), finalement seul candidat à la succession du désormais sénateur Renaud Muselier (Ren.), a été élu ce lundi 12 octobre président du conseil régional avec 83 votes pour et 39 blancs sur les 122 votants de l’hémicycle.

    Pas de surprise mais tout de même une clameur de joie dans les rangs de la majorité et sur le balcon des invités. Entouré de Christian Estrosi, ex-maire de Nice et de Renaud Muselier, le maire de La Londe-les-Maures, troisième vice-président de la Région, président du comité régional de tourisme savoure sa victoire. Malgré sa lourdeur, l’intervention du président du groupe d’opposition RN ne viendra pas la gâcher. « Vous êtes désormais à la barre du Titanic » lui balance Franck Allisio, revenant sur l’élection de Christian Estrosi « avec les voix de la gauche », et le bilan de Renaud Muselier, « un mandat marqué par les reniements typiques du “en même temps” macroniste ». Et de se targuer des « succès électoraux » de sa famille politique avec des municipales « exceptionnelles » à « Nice, Cagnes-sur-Mer, Toulon… » Le lapsus, la préfecture varoise ayant été remportée par la droite avec Josée Massi (SE), n’a pas manqué de faire réagir les bancs de la majorité.

    En face, Pierre-Paul Leonelli dénonce ces « leçons pathétiques » avant de l’étriller sur les sénatoriales. Et de se féliciter de la « continuité » à la tête de la Région, saluant la « loyauté », le « dévouement » et la « capacité à rester soudés » de ses collègues, « malgré la diversité de nos courants ».

    Le point dans les lycées

    En tribune, François de Canson acquiesce. Homme de « transition », il rend hommage aux agents du conseil régional avant de réagir à l’actualité : celle du mouvement lycéen, la collectivité étant en charge de l’entretien et du fonctionnement des établissements. Reconnaissant la « crise existentielle », dénonçant la violence, il annonce une inspection générale, l’ouverture d’une plateforme d’alerte afin de recueillir les demandes des élèves, parents, agents et professeurs. Des brigades d’intervention, « capables de traiter rapidement les problèmes matériels les plus urgents » sont mises en place, un état des lieux sera présenté « lors d’une prochaine séance ».

    Lutte contre l’antisémitisme, réussite des JO 2030, soutien aux structures de santé et au monde économique, adaptation au réchauffement climatique, souveraineté, sont pour lui autant de priorités. Surtout, il réaffirme le « style » de Canson : un élu de proximité. « Aimer les territoires, c’est commencer par aimer les gens qui y vivent » assène-t-il, raison pour laquelle, « je serai chaque semaine, deux jours entiers en déplacement sur le terrain, département par département ». Sa « manière d’exercer le pouvoir ». Dans la droite ligne, il entend mettre le paquet sur « la subsidiarité ». « La puissance régionale » ne devant « jamais se construire au prix de l’impuissance locale », il organisera une convention régionale des maires le 17 novembre à Aix-en-Provence. Le tout en respectant un budget contraint car « chaque euro public est un euro confié ».

    De son côté, le Rassemblement écologique et social, instance régionale consultative emmenée par Jean-Laurent Félizia, pour offrir une tribune et un espace d’expression aux représentants de la liste de gauche et écologiste, a rappelé qu’il s’était « désisté en 2021 pour éviter à l’extrême droite de ravir la Région » et qu’il demeurait « attentif aux orientations politiques régionales du nouveau président et de la commission permanente ».

  • Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle.

    Avec plus de 66% des suffrages (79 613 voix), l’eurodéputé de 46 ans a réussi son pari de l’emporter dès le premier tour, mais va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse.

    « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel (…), je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre l’extrême droite », a-t-il affirmé lors d’une allocution devant la presse. Il s’est désigné également comme le candidat « de la rupture avec le macronisme » et « de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche ».

    Auparavant sur X, il avait jugé que ce résultat disait « quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner ». Mais « nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.

    Le patron du PS Olivier Faure encaisse lui une sévère défaite, avec 14% des voix (17 398 voix). Celui qui faisait figure de challenger dans cette élection comptait sur le patriotisme de parti pour l’emporter, malgré des sondages qui ne lui donnaient que de 3 à 5% des voix, loin des intentions de vote de Raphaël Glucksmann, qui naviguait entre 10 et 12%. « Une majorité très claire s’est dégagée, tu as su convaincre une majorité de votants », a-t-il dit à l’attention de Raphaël Glucksmann, affirmant en respecter le résultat.

    « Choix du repli »

    Olivier Faure qui avait considéré qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les candidats.

    L’ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n’avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n’a obtenu que 7,62% des voix. Elle s’est dite « déçue » du résultat, sans rien regretter.

    Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont recueilli chacun un peu moins de 6% des voix. Ils faisaient figure d’outsiders. « La primaire, désormais, est derrière nous. Le vote est clair », s’est félicité Jérôme Guedj, proche de la ligne de l’eurodéputé. « On est partis sur de bons rails », a estimé aussi Emmanuel Maurel.

    Au total, quelque 120 787 votants se sont exprimés sur les 134 456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l’ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche soir.

    Très identifié sur l’international et l’Europe, Raphaël Glucksmann voit dans cette primaire le début d’une « refondation de la gauche », avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon. Ce fut d’ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés.

    Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l’antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l’a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024). La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, proche d’Olivier Faure, a dit dimanche soir regretter que le vainqueur soit « celui qui fait le choix du repli ».

    Premières réactions à Marseille

    Pascaline Lécorché, déléguée nationale de Place publique et adjointe au maire de Marseille, soutien de Raphaël Glucksmann, a réagi, dimanche soir : « Cette victoire marque une étape politique majeure. Elle confirme la dynamique engagée lors des deux dernières élections européennes et consacre le retour d’une gauche démocratique, sociale, écologiste et profondément républicaine, capable de porter une alternative crédible pour notre pays. »

    Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille et porte-parole d’Olivier Faure pour la primaire, a indiqué : « Les électeurs de la primaire ont tranché, et ils l’ont fait clairement. Je félicite Raphaël Glucksmann pour sa victoire nette, qui lui donne une légitimité incontestable pour porter nos couleurs en 2027. (…) Je serai au rendez-vous de ce rassemblement. (…) Marseille sait ce que veut dire se battre ensemble. » S.D.

  • Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Le mouvement lycéen, parti de région parisienne il y a près de trois semaines, est désormais massif, actif et déterminé dans tous les territoires de la métropole et en outremer. Dans l’Hérault et le Gard, la quasi-totalité des lycées publics, généraux mais aussi professionnels, est dans l’action pour exiger de bonnes conditions de travail, autant matérielles qu’éducatives.

    La maturité des lycéens, dont l’écrasante majorité sont des mineurs, est un motif de fierté pour leurs aînés. Si parents, professeurs ont décidé de les encadrer et de les protéger face à la répression ahurissante du gouvernement, le mouvement lycéen reçoit aussi le soutien et la participation des syndicats de salariés, au-delà de la seule communauté éducative. Ainsi, le syndicat CGT de l’Hérault de l’action sociale précisait, le 6 octobre dans un communiqué que « les revendications lycéennes, plus que légitimes, rejoignent les [leurs] », dont « un budget de l’Éducation nationale à la hauteur des besoins des élèves et des personnels de l’Éducation nationale, pour une augmentation des salaires, des embauches et des conditions de travail décentes dans le secteur social et médico-social ».

    Cette « convergence » entre lycéens et syndicats de salariés s’illustre aussi dans le Gard où les unions locales CGT, FSU et FO ont signé un appel commun de soutien aux adolescents en lutte et appelé à manifester le 6 octobre. « Lors du rassemblement du 29 septembre [journée de grèves et de manifestations dans la fonction publique] nous avons donné la parole à des jeunes mobilisés. Nous leur avons proposé notre solidarité et notre soutien tout en réaffirmant un principe essentiel : leur mobilisation leur appartient et nous ne déciderons jamais à leur place », précisent les trois unions locales. Ce jeudi 8 octobre, un nouvel acte de la mobilisation lycéenne a agrégé une nouvelle fois les syndicats de l’éducation nationale et de salariés.

    Les élus locaux d’Occitanie s’engagent également. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a exprimé son soutien lors du conseil municipal, le 6 octobre : « La casse, la destruction de biens, n’est jamais la solution et doit être condamnée. Mais la violence contre la jeunesse ne peut pas être la réponse. La réponse doit être le dialogue, l’esprit de responsabilité. Nous sommes ouverts pour dialoguer. Si les lycéens souhaitent des lieux pour s’exprimer, ils seront grands ouverts. Les jeunes veulent que leurs profs soient remplacés, que l’épreuve au Bac et les emplois du temps soient lisibles, cohérents. Ils veulent sortir de l’angoisse de Parcoursup », résume l’élu, lui-même professeur d’histoire-géo. « Je tenais à faire part de mon soutien. On ne peut pas être dans une surenchère de violence et de réponses anormales », a déclaré le maire socialiste. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a tenu aussi à « [s]’adresser directement aux lycéennes et aux lycéens. Votre colère, je l’entends. Vous avez raison de vous mobiliser, de demander de meilleures conditions d’études, des professeurs remplacés, davantage de moyens pour préparer votre avenir. Je sais votre inquiétude de voir les inégalités se creuser et votre sentiment de ne pas être assez écoutés ». Elle était d’ailleurs aux côtés du maire communiste de Nîmes Vincent Bouget cette semaine (lire aussi p. 7).

    Pour tous les partis de gauche, LFI, PS, EELV, NPA, PCF, il s’agit d’être aux côtés de la jeunesse dans ce mouvement à bien des égards historique. « C’est une génération entière qui aujourd’hui exprime sa colère, sa volonté de trouver dans la société la place qui lui revient. Ils et elles méritent des réponses à la hauteur de leurs attentes, de leurs espoirs et non des fins de non-recevoir quand ce n’est pas la répression et la violence policière », souligne Jacques Chabalier, secrétaire de la section de Nîmes du PCF. Pour la fédération du PCF de l’Hérault, dont la secrétaire générale est aussi élue de Montpellier, Clara Gimenez, « d’autres choix sont possibles » et « la baisse démographique (…) doit permettre de diminuer réellement le nombre d’élèves par classe, de recruter les enseignants et les personnels nécessaires et de donner davantage de temps à chacun pour apprendre et réussir ». Une visée exclue par les macronistes.

  • Les rois présidentiels sur les planches de Châteauvallon

    Les rois présidentiels sur les planches de Châteauvallon

    On les appelle les rois présidentiels, ou les monarques républicains. Favorisés par une constitution qui leur confère de (trop) larges prérogatives, les présidents de la Ve République n’ont, de De Gaulle à Macron, jamais cessé d’être remis en question par les observateurs de la vie politique et les citoyens pour leur dimension autocratique, plus ou moins assumée, plus ou moins revendiquée.

    C’est ce « régime très vertical », qui a pour effet « d’imprimer la figure présidentielle dans l’inconscient collectif », qui a donné à Léo Cohen-Paperman l’idée d’en faire une série de spectacles : « Le fil rouge de ma carrière, c’est la question du théâtre populaire. Et je me suis dit que les présidents, c’était un support génial pour ça, parce que tout le monde a un affect. On les déteste, on les adore, on a éprouvé des choses pour ces gens », décrit le metteur en scène de 38 ans. Deux autres motivations plus personnelles : la « forte volonté » d’écrire avec l’acteur Julien Campani [qui incarne Jacques Chirac], et celle de rendre hommage à son père, « décédé il y a une petite quinzaine d’années. Il était journaliste, et c’est une manière de poursuivre les discussions que j’avais avec lui », précise-t-il.

    Un projet débuté en 2019 avec le spectacle sur Jacques Chirac, et qui doit s’achever d’ici deux ans par une œuvre finale dédiée à Charles De Gaulle et Georges Pompidou.

    « Traduire l’incarnation du pouvoir en esthétique »

    Cet ensemble prévu pour 2028 racontera l’histoire de « Pompidou jouant sur les ruines de De Gaulle, qui se casse la gueule (sic) en mai 1968. Il y a l’idée que Pompidou a été le premier président après le Général, et qu’il doit donc porter ce costume trop grand ». Si l’Élysée a compté « huit rois » depuis 1958, la série ne comptera, ainsi, que six pièces. « Je mets aussi Hollande et Sarkozy ensemble », explique Léo Cohen-Paperman. « Je trouve qu’ils se répondent bien. Ils n’ont pas été réélus, ce sont les derniers présidents de l’alternance gauche-droite, avant les dix ans de Macron. Et parce que je trouve qu’ils ont tous deux ouvert la page de la question identitaire sur le plan politique. »

    Chaque pièce, indépendante des autres, même s’il existe « des échos entre chacune d’entre elles », possède son propre style, dans une volonté de « traduire une incarnation du pouvoir en esthétique artistique », appuie l’auteur. « J’ai choisi, de manière très instinctive, car ça correspondait à leurs mandats selon moi, l’opéra pour De Gaulle et Pompidou, la tragi-comédie pour Mitterrand, le stand-up pour Sarkozy, le clown pour Hollande, la comédie onirique pour Chirac, le théâtre de vaudeville pour Giscard, la science-fiction pour Macron. Ce sont des genres populaires, des comédies accessibles et humoristiques. »

    La dernière citée, intitulée La thérapie d’Emmanuel Macron, connaîtra ses premières représentations du 3 au 9 novembre à Toulon, où l’artiste et ses comédiens seront en résidence jusqu’à la fin du mois d’octobre. Avant cela, La Vie et la mort de J. Chirac, roi des Français et Génération Mitterrand sont jouées au théâtre Liberté en cette fin de semaine, avec une intégrale, ce samedi (18h). En espérant que le neuvième roi (ou reine) élu en 2027 puisse aussi nous faire rire.

    Programmations et réservations sur chateuvallon-liberte.fr

  • Aix Avenir lance son plan pour une ville plus fraîche

    Aix Avenir lance son plan pour une ville plus fraîche

    « Nous avions déjà dans notre programme cette ambition. Nous n’avons pas gagné les élections, mais on ne peut pas rester les bras ballants. » Ainsi résume Marc Pena, à la tête du groupe d’opposition de gauche Aix Avenir, l’initiative présentée dans son local du Puits-Neuf. Dès ce jeudi soir et pour les prochains mois, le groupe propose des réunions publiques de travail autour de la construction d’un « plan fraîcheur ». Un condensé de propositions « réalisables » pour faire face aux canicules dès l’été prochain, qui seront ensuite soumises à la majorité municipale.

    Le contexte est présenté dès l’ouverture de cette première rencontre : un été marqué par trois épisodes caniculaires, d’autant plus difficiles à vivre à Aix-en-Provence, dont « les projections sont particulièrement inquiétantes », estime Marc Pena. Celui-ci rappelle que « d’ici à 2100, Aix pourrait devenir la ville la plus chaude de France, avec une hausse des températures pouvant atteindre 4,8 degrés de plus ».

    L’élu poursuit : « Alors que le gouvernement prévoit de diviser, dans ce budget, par trois les crédits du Fonds vert (…), nous ne pouvons plus compter sur l’état pour porter nos politiques à la hauteur de l’urgence. » Avant de prévenir la dizaine de participants présents : « L’opposition ne peut pas simplement s’opposer, elle doit être proactive. Mais attention, à tous ceux qui ne sont pas des élus ou engagés autour de nous, on ne veut rien instrumentaliser. » Le plan, se veut « sérieux, une politique publique qui concerne tout le monde, sans oublier une catégorie de la population. Il faut qu’elle concerne tous le territoire et tous les aspects de politique publique de cette ville. On n’a eu que des réponses fragmentées, jusque-là, de la majorité », précise Cyril Di Méo, élu d’Aix Avenir.

    « être force de proposition »

    Avant de se mettre au travail, un premier tour de table a été organisé autour du ressenti de chacun après les fortes chaleurs de cet été. Deux groupes ont ensuite été constitués : l’un chargé de réfléchir aux mesures « à court terme », l’autre aux mesures « à moyen ou long terme ».

    Parmi les participants, les canicules subies ces derniers mois ont souvent constitué la principale motivation pour assister à cette première réunion. « Terrible. Je me suis dit “il faut faire quelque chose” », déroule Laurence. Si elle ne sait « pas trop » quoi attendre des réunions, elle assure « écouter ».

    « Un mois d’octobre à 25 degrés, ce n’est pas normal. J’espère être force de proposition. Mais on a tous des idées, notamment en prenant exemple sur des villes et villages qui ont déjà beaucoup plus avancé sur l’adaptation [climatique, Ndlr] », espère de son côté Evelyne, militant Les écologistes.

  • [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    Ils sont maires, conseillers départementaux ou plus souvent régionaux membres de la majorité Delga mais, assurent-ils, pas téléguidés par elle. « Ce n’est pas la présidente de Région qui nous a forcé la main. Nous ne sommes pas les pions de Carole Delga », insiste la vice-présidente Myriam Gairaud.

    À l’instar de la maire de Cabrières (Hérault), une vingtaine d’élus d’Occitanie prennent position la veille du premier tour de la primaire sociale démocrate (9-10 octobre). Non encartés dans un parti politique, si ces élus de la société civile ont décidé de travailler ensemble au-delà même de la primaire (un laboratoire d’idées sera peut-être créé), c’est parce qu’ils partagent un constat et deux convictions.

    Le constat, c’est que dans un contexte géopolitique mondial « fracturé », la France va mal et doit trouver une « voie raisonnable sociale-démocrate », estime Marie-Thérèse Mercier, élue régionale et ex-présidente du Medef Montpellier-Sète. « Nous sommes dans un moment très, très grave », s’inquiète Patrice Canayer à 6 mois de la présidentielle.

    Sans partager les mêmes idées sur tout, ces élus non encartés en ont. « Sans parti oui, mais apolitique certainement pas. On a des valeurs ! », recadre le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière. Son homologue ariégeoise, Mélanie Tisné-Versailles de la génération Erasmus, est « attachée à l’Europe ». Le médecin Vincent Bounes à la « construction d’un plan Marshall de la santé ». Ou son collègue à la Région, Jalil Benabdillah, à « l’European buy act ».

    La peur d’un duel LFI-RN

    Autant de propositions portées par Raphaël Glucksmann qui leur fait dire qu’il est la meilleure option. « Il donne envie, de l’espoir, il réenchante la politique », estime l’élue biterroise d’opposition, Nadia Boulet. « Il est nouveau, lui non plus on ne l’a pas essayé ! », abonde le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès.

    Au-delà de Glucksmann, ces élus sont terrifiés à l’idée d’un duel Mélenchon-Le Pen que seul J. Benabdillah tranche sans hésiter. « Certains voteraient blanc, d’autres Mélenchon. Pour ma part, je ne mets pas sur le même plan l’extrême gauche et un parti fondé par des SS. » S’ils promettent qu’« aucune de leurs voix n’irait à Le Pen », ils renvoient dos à dos « les extrêmes », autrement dit le RN et LFI.

    Et si Glucksmann perdait la primaire ? « Je ne soutiendrai aucun candidat qui s’alliera avec LFI », tranche P. Canayer. « L’arc républicain doit absolument être au 2e tour de la présidentielle », assure le maire de Gignac, Jean-François Soto. La plupart avouent qu’il leur serait plus facile de voter E. Philippe que J-L. Mélenchon face à Le Pen. Voilà qui en dit long sur l’état de la gauche.

  • À Sisteron, l’opposition de gauche fait le bilan de six mois de mandat

    À Sisteron, l’opposition de gauche fait le bilan de six mois de mandat

    Trois élus du département ont raconté, mercredi soir, autour d’une table ronde organisée par le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron !, les difficultés rencontrées en tant que jeunes, nouveaux élus marqués à gauche dans un département rural, dominé par l’extrême droite.

    « Même si je suis né à Sisteron, avec mon nom et mon origine nord-africaine, ça ne plaît pas beaucoup », a regretté Farid Rahmoun, maire de Peipin, affirmant être « l’un des seuls maires d’origine étrangère du 04 et du 05 ». « Depuis petit, on me dit que je vais construire une mosquée, faire venir mes cousins et manger du couscous », a-t-il témoigné.

    Les trois élus ont abordé leur engagement dans la lutte contre l’extrême droite. « Notre rôle dans l’opposition est de surveiller les liens qui peuvent se créer entre les élus de la majorité et les élus d’extrême droite, et de lutter contre ce chemin qui se trace peu à peu entre le centre-droit, la droite et l’extrême droite, qui a l’air de plus en plus facile à emprunter », a avancé Zoé Lerouge, tête de la liste Demain Sisteron !, appelant également à « lutter contre la désinformation et tout ce qui circule et favorise les idées d’extrême droite ».

    Si les deux maires de Saint-Vincent-sur-Jabron et Peipin ne cachent pas leur engagement sur les questions sociales, ils ont présenté une liste « apolitique » pour les dernières élections municipales. « Le côté gauche, qui veut faire bouger les choses, n’est pas stratégique en contexte rural. Si je m’étais mis divers gauche, je n’avais aucune chance d’être élu », a avancé le maire de Saint-Vincent-sur-Jabron, Kerouan Le Roux (DVG, élu SE). « On sait très bien que nos villages ici votent beaucoup extrême droite », a abondé Farid Rahmoun.

    « On a pâti du fait qu’on ne nous connaissait pas, du fait de l’âge, de ne pas venir d’ici », a constaté Zoé Lerouge. « Les gens se méfient des jeunes », a abondé Kerouan Le Roux, qui était « face à une équipe qui se revendiquait d’ici » aux élections municipales. Les deux sont élus pour la première fois et Farid Rahmoun pour la première fois en tant que maire, après avoir été adjoint et conseiller municipal d’opposition.

    Le maire de Peipin a également défendu le fait de verser des indemnités à tous les élus de la majorité. « Mes 15 élus ont une indemnité. C’est du boulot, c’est normal. Si l’opposition s’investit, ils pourraient aussi être indemnisés », a-t-il affirmé.

  • L’extrême droite fait son entrée dans les instances du Sénat

    L’extrême droite fait son entrée dans les instances du Sénat

    Avec 15 sénateurs, le RN et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) obtiennent en effet un poste de vice-président de la Haute assemblée, qu’ils occuperont à tour de rôle avec deux autres groupes lors des trois prochaines années, selon la composition du Bureau ratifiée mardi. Le sénateur RN du Pas-de-Calais Christopher Szczurek, désigné par son groupe, pourra donc diriger des séances dans l’hémicycle à partir du 1er octobre 2028, en tant que vice-président. En attendant, il occupera pendant deux années le poste de secrétaire du Bureau, selon les accords noués lors d’une réunion des présidents de groupe mardi midi.

    Le règlement du Sénat prévoit une représentation proportionnelle des différents groupes parlementaires au sein du Bureau. Arrivé ex æquo avec le groupe des Indépendants et le groupe écologiste avec 15 membres, le groupe d’extrême droite doit donc partager ce poste clé avec ces deux autres formations. Les six autres groupes du Sénat obtiennent une vice-présidence. Le groupe Les Républicains, de loin la première force de l’hémicycle avec 124 sénateurs, en aura deux, occupés par le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi et la sénatrice de Loire-Atlantique Laurence Garnier, une proche de Bruno Retailleau. Le sénateur communiste Pierre Barros figurera également parmi les élus à cette vice-présidence. Le groupe CRCE (Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky) devient le quatrième du palais du Luxembourg avec 18 élus.

    Le Bureau est présidé par le président du Sénat Gérard Larcher (LR), réélu confortablement jeudi pour la sixième fois.

    « Séparation étanche » avec le groupe RN-UDR

    Les trois questeurs du Sénat, chargés notamment de la direction administrative et financière de l’institution, ont été reconduits. Il s’agit du LR Antoine Lefèvre, du centriste Olivier Cigolotti et de la socialiste marseillaise Marie-Arlette Carlotti. À noter également la désignation par le groupe écologiste du sénateur Place publique Bernard Jomier comme vice-président du Sénat. Cet élu, soutien de Raphaël Glucksmann, vient de quitter le groupe socialiste pour siéger au groupe écologiste, une décision qui a suscité le mécontentement de sa formation politique, celle-ci affirmant ne pas avoir validé ce choix.

    Parmi les secrétaires, figure la sénatrice communiste du Pas-de-Calais Cathy Apourceau-Poly qui occupera cette fonction jusqu’au 1er avril 2028 avant d’être remplacée par le sénateur du parti radical de gauche des Alpes-de-Haute-Provence Jean-Yves Roux. Le sénateur centriste des Hautes-Alpes Jean-Michel Arnaud a vu sa présence au bureau du Sénat renouvelée.

    Face à l’arrivée historique d’un groupe RN-UDR, la présidente du groupe écologiste Mélanie Vogel a écrit mardi aux autres présidents de groupe pour appeler à l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis de l’extrême droite. Elle les invite notamment à « ne pas collaborer avec ce groupe, ne cosigner aucun texte ni aucun amendement avec ses membres, ne voter aucune de leurs initiatives », selon ce texte dont l’AFP a eu copie.

    La sénatrice regrette aussi le « règlement corseté » du Sénat, qui empêche selon elle toute opposition à l’arrivée du RN au sein du Bureau. À l’Assemblée nationale en revanche, un vote est possible si les chefs de groupe ne s’accordent pas sur la composition du Bureau. Le RN compte actuellement deux vice-présidents au Palais Bourbon.

    Le président du groupe socialiste écologiste et républicain Patrick Kanner a aussi regretté l’application « automatique » de ces dispositions, dans un courrier à Gérard Larcher publié sur les réseaux sociaux. M. Kanner appelle à « dresser une séparation étanche » avec le groupe RN-UDR. « Le Sénat ne saurait être le lieu où s’émoussent les convictions ou se fissurent les digues. Il doit au contraire s’affirmer comme le rempart le plus solide, le gardien le plus inflexible de notre héritage républicain », a-t-il encore écrit.

  • Des réunions publiques pour mieux affronter les canicules à Aix

    Des réunions publiques pour mieux affronter les canicules à Aix

    On a vécu un été caniculaire terrible, avec cinq canicules en cinq mois. À Aix-en-Provence, il n’y a eu quasiment aucune mesure d’urgence de prise, quand d’autres villes ont, par exemple, ouvert les piscines municipales gratuitement », constate Clément Frel-Cazenave, militant Les Écologistes et élu dans le groupe d’opposition municipale à gauche (Aix Avenir).

    Ses membres veulent, dès ce jeudi soir, lancer une série de réunions de concertations et de « coconstruction » en vue de travailler « sur des mesures pour créer un plan fraîcheur à Aix, qu’on proposera à partir d’avril ou de mai », précise Clément Frel-Cazenave, qui poursuit : « Il faut qu’on prenne le relais, il faut que le groupe municipal se saisisse de la question, mais pas pour travailler tout seul, pour travailler avec les habitants, les associations, les entreprises, la société civile, tous ceux qui le veulent (…). Ce ne seront pas des meetings politiques, ce seront vraiment des réunions de travail ». Chacun est invité à s’inscrire, pour participer aux rencontres, qui auront lieu tous les deuxièmes jeudis du mois, dans le local du Puits Neuf qu’occupe le groupe d’opposition.

    « Mettre les mains dans

    le cambouis »

    Le premier rendez-vous est prévu ce jeudi 8 octobre, dès 18h30. L’idée première, selon les élus, est de recenser les différentes problématiques liées à la canicule, rapportées par les Aixois, la façon dont elles ont été vécues, avant d’élaborer et proposer des mesures. « Ce sera ensuite notre rôle d’élus de voir ce qui est faisable, voir ce qui relève de la compétence communale, ce qui relève de la compétence métropolitaine ou régionale… », déroule Clément Frel-Cazenave.

    Reste la question de leur mise en œuvre dans un contexte budgétaire contraint, alors que la Métropole peine à voter son budget. Pour le groupe, certaines mesures pourraient être déployées sans peser lourdement sur les finances publiques. Exemple : ouvrir les piscines municipales gratuitement, comme plusieurs villes alentour ont pu le faire lors des grosses vagues de chaleur. « Mais faire de la politique, c’est aussi faire des choix, des arbitrages. Ce seront nous qui ferons (les) premiers. Ensuite, à la municipalité de décider, où non, s’ils reprennent quelques propositions (…). Je veux bien constater l’inaction chaque année, mais à un moment, il faut mettre les mains dans le cambouis pour que l’on puisse avancer (…). Les orientations budgétaires peuvent être revues, on ne dit pas qu’il faut démolir pour ensuite construire des parcs, on dit qu’il y a aussi de l’existant à remettre en place. Ce sera tout l’intérêt de ces réunions », tranche l’élu Les Écologistes. Les inscriptions aux réunions, restent ouvertes.

    Inscriptions via : contact@aixavenir.fr