Tag: végétalisation

  • Le bâti scolaire vétuste fait monter la chaleur à Avignon

    Le bâti scolaire vétuste fait monter la chaleur à Avignon

    Si les vestes et les pulls étaient de mise à 8h devant le lycée Mistral, où plus de 200 jeunes s’étaient mobilisés, ils sont vite tombés lorsque la température a grimpé dès 10h, atteignant près de 25 degrés. « Dans les classes, il fait encore 30 degrés alors qu’on est en octobre », regrette Bruno, un élève de première de l’établissement.

    Plus de 2 000 personnes ont défilé à Avignon, en début d’après-midi, à l’appel de l’Union étudiante, qui s’est jointe au mouvement lycéen. Le matin, un cortège de quelques centaines de lycéens avait déjà déambulé en Cité des Papes. Parmi les revendications figure notamment la demande d’une dotation exceptionnelle pour la rénovation et l’adaptation énergétique des établissements scolaires. Une revendication d’autant plus forte qu’Avignon fait partie, avec d’autres villes vauclusiennes comme Orange et Cavaillon, des communes françaises les plus vulnérables au réchauffement climatique, selon un classement publié par nos confrères du Parisien.

    Une problématique remontée par les lycéens d’Aubanel, Philippe-de-Girard et Mistral. « Il fait très chaud quand approche l’été et très froid l’hiver. On le ressent bien plus dans le Sud et pendant les examens. Ceux qui choisissent les dates sont dans des bureaux climatisés à Paris. Passer des épreuves là-dedans, c’est inacceptable », pointe Jeanne Couadry, en terminale au lycée Mistral. « On nous assure que des travaux sont lancés. Mais on ne voit rien et on souffre toujours autant », ajoute Zyed, en première à Philippe-de-Girard, fermé depuis jeudi dernier suite aux mobilisations.

    Investissements

    Partie du lycée Mistral, la manifestation s’est ensuite arrêtée devant le lycée Aubanel, à quelques centaines de mètres de là, dans le centre-ville. Le cortège réunissait, une nouvelle fois, syndicats, enseignants, étudiants et parents d’élèves partageant les mêmes revendications. « Il faut investir massivement pour accueillir des élèves dans des conditions dignes. On passe de 12 degrés en hiver à 40 en été. En attendant, il faut que les chefs d’établissement prennent leurs responsabilités et ne laissent pas les cours se dérouler quand on atteint ces extrêmes », pointe Mélanie Saïsse, cosecrétaire CGT Éduc’action 84.

    Sandrine, elle, est professeure à Aubanel, mais aussi parent d’élève. Elle évoque « des locaux vétustes », avec par exemple « des fenêtres qui ne s’ouvrent plus » et où il « fait extrêmement chaud ». « C’est hyper minéral ici. J’ai une collègue en SCT qui essaie de sensibiliser avec des projets de végétalisation, mais elle est un peu seule ». Même constat au lycée Philippe-de-Girard. « Des travaux ont commencé, mais seulement sur un bâtiment dont le toit s’est écroulé il y a 14 ans. On n’a qu’une salle climatisée. Il faut vite une rénovation urgente et complète, les petits travaux, ce n’est plus possible », lui embraye Jérôme, prof de physique au lycée extra-muros. Adam, étudiant en master de médiation culturelle à Avignon, note la même problématique, avec « des cours de trois heures où il est impossible de se concentrer tellement on transpire ». Aucune personne n’a été interpellée à Avignon et seulement deux sur tout le Vaucluse.

  • [Parole de maire] Richard Kitaeff : « Gordes est une commune vivante toute l’année »

    [Parole de maire] Richard Kitaeff : « Gordes est une commune vivante toute l’année »

    La Marseillaise : Comment définiriez-vous votre commune au-delà de la carte postale ?

    Richard Kitaeff : C’est une commune vivante toute l’année, avec une vraie vie culturelle, sociale et économique dont l’ADN, est le patrimoine et la culture. Il y a un vrai tissu associatif et une activité touristique qui devient de plus en plus qualitative, parce qu’on a fait beaucoup d’efforts ces dernières années pour diminuer le tourisme de masse. Je précise que nous ne sommes pas du tout dans un tourisme destructeur, comme sur les falaises d’Étretat, où il y a vraiment une détérioration des espaces publics. On a créé des parkings de délestage qui permettent donc de ne plus envahir le centre-ville, en développant aussi une présence policière plus importante dans le centre. On n’a pas de vrai problème de congestion urbaine, comme le connaissent certains villages touristiques, parce que le passage central de Gordes est une route départementale, et donc c’est quand même assez fluide. Nous avons lancé aussi un projet de 3 millions d’euros d’investissement dans le centre-village, avec la création de places de convivialité, des nouveaux revêtements au sol qui permettent de créer de la végétalisation.

    Donc Gordes n’est pas en vie que 3 mois par an ?

    R.K. : Pas du tout. Certes nous avons un rayonnement international par notre patrimoine, le village des Bories, l’abbaye de Sénanque mais c’est un village vivant toute l’année. Par exemple, on a créé un marché de producteurs locaux dans le centre-ville pendant la période d’hiver, qui s’appelle le marché des petites Halles. Il y a aussi un salon du livre « Lire à Gordes » en avril avant la saison touristique. Tous les mois, on a les « Vendredis de Gordes » et les « Mardis de l’économie », qui sont des conférences sur l’actualité avec des personnalités. Et on a créé dix nouvelles fêtes depuis quelques années, comme « Cuisine en fête » en février. Donc pour un village de moins de 2 000 habitants, c’est très dynamique.

    Comment conserver des familles ou des jeunes quand le prix de l’immobilier est l’un des plus élevés de Vaucluse ?

    R.K. : On a deux écoles à Gordes, et on a toujours réussi jusqu’à présent à les maintenir, malgré la chute démographique. Après, le collège est à Cabrières-d’Avignon, le lycée, à Cavaillon ou L’Isle-sur-la-Sorgue. Malgré les prix immobiliers, il y a chaque année des familles qui s’installent à Gordes, sinon, les écoles auraient fermé depuis 25 ans. Donc en réalité, il y a quand même des jeunes qui arrivent à s’installer, à acheter des terrains et à construire des maisons. Mais depuis 2020, nous avons engagé une politique où la commune a préempté plusieurs terrains pour garder justement la maîtrise du foncier public. Nous sommes en train d’établir des études et des projets pour arriver à construire. Le but, c’est d’essayer d’avoir des lotissements à prix raisonnables, de développer des projets immobiliers à taille humaine tout en respectant nos règles architecturales et paysagères. Et donc cela nous permettra, dans les années à venir, de développer des résidences pour les jeunes familles. Donc on met tout en œuvre pour conserver la possibilité pour les locaux de s’installer.

    Gordes ferait partie des huit bureaux de Poste qui pourraient fermer en Vaucluse. Redoutez-vous ce départ ?

    R.K. : Nous n’avons aucune information officielle en ce sens, au contraire, la direction nous a confirmé qu’il était hors de question que la Poste de Gordes ferme. Dans les villages de notre taille, il faut avoir l’accord du maire. Et je n’y suis pas favorable. Donc je ne pense pas que la Poste puisse fermer.

    Médicalement, vous êtes aussi bien lotis avec un hôpital et un Ehpad…

    R.K. : Oui et depuis peu, nous disposons d’un centre de radiologie, qui va proposer également des mammographies. C’est l’un des seuls centres de radiologie en France dans une commune de cette taille. Donc de nombreux patients qui étaient obligés parfois d’aller jusqu’à Avignon, Marseille ou Montpellier peuvent maintenant se rendre à Gordes. En tant que président du conseil de surveillance du centre hospitalier [spécialisé dans le postopératoire], je suis vigilant à ce qu’il continue son développement. D’ailleurs, il a été labellisé hôpital de proximité. Cet hôpital présente un pôle de gérontologie performant, qui accueille aussi l’Ehpad. Il y a une sorte de triangle de soins entre l’hôpital, le centre de radiologie et le futur pôle de santé communal que nous sommes en train de créer. Il y aura des infirmiers, des généralistes et professeurs de médecine. C’est intéressant parce que c’est un vrai service rendu à la population du Luberon et des Monts de Vaucluse.

    De manière plus générale, qu’est-ce qui vous plaît dans votre mandat ?

    R.K. : Les fonctions de maire sont très exigeantes, mais je suis très motivé en y consacrant mon activité principale tout en restant avocat. Nous sommes l’une des seules mairies de France à ne pas avoir de direction des services et de secrétariat général. Nous avons donc fait confiance à nos personnels administratifs en autonomisant les postes, ce qui nous permet de réaliser des économies d’échelle importantes de l’ordre de 3 millions d’euros sur le fonctionnement en 6 ans. C’est très important sur un budget de 5 millions d’euros annuels. Depuis 2020, nous avons investi environ 8 millions d’euros alors que nous n’avons jamais augmenté les impôts, ni emprunté et qu’en parallèle, nous avons remboursé 50% de notre dette. Je suis très satisfait de cette situation, qui a permis de créer un pôle santé, un centre de radiologie, un salon du livre, des travaux qui changent le visage de la commune et des hameaux avec une nouvelle station d’épuration, des classes de convivialité, une cour d’école végétalisée, la restauration de deux cimetières, la création d’une aire de jeu… Tout ça a été financé seulement sur les économies réalisées dans la gestion, je dirai originale, de la mairie. C’est une période historique parce qu’il n’y a jamais eu plusieurs millions d’euros de travaux dévolus à l’amélioration du centre-village.

  • Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné un propriétaire à démolir partiellement sa villa. Le jugement fait primer le cahier des charges du lotissement du Roucas Plage, avenue des Alpilles, 8e, à Marseille. Ses règles internes à valeur contractuelle sont plus restrictives que le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).

    Le propriétaire, Romain Teboul, défendu par Me Olivier Burthez-Doucede, devra supprimer le troisième niveau de la villa située dans le périmètre protégé des balcons remarquables du Roucas blanc et de la colline de la Garde. Comme le demandait l’association syndicale autorisée (ASA) du Roucas Plage, défendue par Me Alain Xoual, il devra ramener les surfaces de plancher créées de 226,5m2 à 150m2. Il devra replanter les six arbres de haute tige abattus et végétaliser en pleine terre au moins la moitié de la surface du terrain. Pour s’assurer de sa bonne exécution, le jugement du 14 septembre rendu par la 3e chambre civile prononce une astreinte de 300 euros par jour de retard passé le délai de 10 mois. L’exécution provisoire n’est toutefois pas prononcée.

    Un permis modificatif surprise

    Les juges ont pleinement appliqué le règlement du lotissement en considérant que les colotis ont entendu « de façon non équivoque » donner une valeur contractuelle à ces règles « afin de préserver le cadre de vie au sein du lotissement en limitant la hauteur des constructions, en favorisant la végétalisation et en limitant la densité de construction dans des proportions supérieures à celles prévues par le plan local d’urbanisme ».

    Sa construction en 2023 avait suscité la colère de l’ASA du Roucas Plage et d’un collectif de résidents (La Marseillaise, du 13 juin 2023). La villa moderne a été bâtie après démolition d’une maison provençale de deux niveaux. Le permis de construire accordé en juin 2022 autorisait une construction de 4 pièces pour 226,5m2, alors que la déclaration réceptionnée quelques jours plus tard en préfecture au titre du contrôle de légalité mentionnait 150m2, comme sur l’affichage… Puis cinq mois plus tard, un permis modificatif surprise, non transmis à l’ASA, autorisait une élévation à 9,8m, une surface de plancher de 226,5m2 et un niveau en sous-sol. L’affaire avait soulevé beaucoup d’interrogations sur le process d’instruction du dossier par le service de l’urbanisme.

    La construction doit être mise en conformité pour respecter le maximum de deux niveaux et de 7m de hauteur par rapport au sol naturel, une surface de plancher qui ne dépasse pas 33% de la surface du terrain et 50% de la surface du lot plantés de végétaux en pleine terre.

    Les juges ont retenu que Romain Teboul avait une « connaissance incontestable des règles applicables et son intention délibérée de ne pas les respecter en déposant une demande de permis modificatif sans en informer l’ASA du Roucas Plage ».

  • Une herboriste sud-alpine remporte un concours

    Une herboriste sud-alpine remporte un concours

    L’herboriste oraisonnaise Kelly Colongues a remporté le concours Femmes Entrepreneures 2026, qui vise à débloquer les freins rencontrés par les femmes entrepreneures, que la docteure en biologie végétale a connus. « J’ai complètement ressenti que l’entrepreneuriat était plus difficile en tant que femme. On a un certain scepticisme. Il y a des raccourcis vers la sorcière du village, qui sont péjoratifs », relate l’herboriste depuis la boutique de son collectif de cueilleuses de Forcalquier. « Au niveau des financements, on est beaucoup moins prise au sérieux en tant que femme. Souvent, on nous demande où est l’homme qui fait les calculs derrière », regrette-t-elle. « Si je ne me présente pas directement en tant que docteure en biologie des plantes, je sens une réelle différence sur la façon dont les personnes s’adressent à moi. »

    Le concours distingue 101 gagnantes pour les 101 départements français, et Kelly Colonges est la lauréate pour les Alpes-de-Haute-Provence. Elle a elle-même réussi à soigner un problème médical personnel à l’aide de plantes, après son doctorat en biologie végétale et un cursus de trois ans dans une école d’herboristerie de Montpellier. « Je me suis dit que je n’étais sûrement pas la seule pour qui les plantes pouvaient être une aide. Et donc, j’ai décidé de créer mon entreprise », explique-t-elle.

    Au quotidien, Kelly Colonges cueille des plantes, comme du tilleul ou de la sarriette, sur la montagne de Lure ou encore à Dauphin. Elle les transforme, les fait macérer, les filtre, les met en bouteille et les vend à des personnes qui ont des problèmes de sommeil, de stress, d’articulations, de digestion ou encore des carences.

  • Le plan de végétalisation ne suffit pas pour l’opposition arlésienne

    Le plan de végétalisation ne suffit pas pour l’opposition arlésienne

    « Ce n’est pas une somme très importante, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières » assure le maire (Horizons) Patrick de Carolis au conseil municipal de jeudi soir, au moment de voter une subvention de 5 000 euros pour le CCAS de la ville du Porge, sinistrée des incendies de Gironde. Le rassemblement national est le seul groupe à ne pas voter pour : « On s’abstient car le montant est trop faible. La solidarité vient pallier aux manquements de l’État » s’explique Rémy Benson (RN).

    Bien qu’en accord, les élus de l’Union pour Arles se demandent aussi quelles conclusions tirer du changement climatique. Pierre Grand questionne : « En 2030, Arles se rapprochera d’une ville du sud de l’Espagne comme Séville. Vous annoncez un plan de végétalisation mais les urbanistes pointent surtout les surfaces sombres et l’absence de courant d’air. Envisagez-vous d’installer ombrières et brumisateurs ? »

    Une étude à prolonger

    « Le cœur de ville très minéral est mal adapté à ces canicules » répond Patrick de Carolis, « Une première étude visant à végétaliser le bâti tel qu’il est et a été conçu existe, mais elle est insuffisante et nous allons la prolonger. Mais dans l’immédiat, c’est la végétalisation d’urgence », indique l’édile. Catherine Balguerie-Raulet, élue de la majorité, abonde : « Nous n’allons pas planter 300 000 arbres tout de suite mais déjà des arbres matures pour rafraîchir. Mais il faut aussi de l’eau, un groupe de travail s’est constitué avec des citoyens depuis l’annonce », indique-t-elle, promettant de tenir l’assemblée informée des travaux.

    L’autre question de Pierre Grand portait sur la préparation aux évènements climatiques graves tels qu’inondations ou crues du Rhône. « Nous sommes prêts et les services des risques majeurs aussi »; affirme l’adjoint Pierre Raviol.

  • Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    À Nîmes, l’été semble désormais déborder du calendrier. Après des vagues de chaleur à répétition, septembre a encore fait tomber des records dans le Gard, le thermomètre pointant jusqu’à 38,2°C à Nîmes-Courbessac. Cet été, la ville a dépassé les soixante journées à plus de 35°C. Le 8 septembre, une semaine seulement après la rentrée, les cours ont même été suspendus dans trois lycées nîmois, où certaines salles approchaient les 35°C.

    Un avant-goût de ce avec quoi la cité romaine va devoir composer. Son centre historique très minéral, ses rues étroites et son bâti ancien emmagasinent la chaleur. Et tous ne disposent pas des mêmes armes pour y faire face. Au CHU, les médecins l’ont constaté cet été  : précarités sociale, économique ou médicale aggravent l’exposition. Quand un logement reste à 35°C, fermer les volets ne suffit plus. Travailleurs en cuisine ou dans les commerces, personnes âgées, enfants, habitants de logements mal isolés et même animaux subissent ainsi beaucoup plus durement la fournaise.

    Cet été, la réponse immédiate s’est déjà installée dans le quotidien municipal : registre canicule du CCAS, bâtiments climatisés ouverts comme refuges, carte des îlots de fraîcheur et, en cas de vigilance rouge, gratuité des piscines et musées. Dans les 83 écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, tandis que la ventilation nocturne est expérimentée.

    Sortir de la gestion de crise

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas : la nouvelle majorité veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78M d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles.

    Symbole de ce changement de cap, la fontaine de la place aux Herbes, seule fontaine d’eau potable de l’Écusson, a été remise en service début août après plusieurs années d’arrêt, désormais avec un système à la demande. En parcourant le centre, les nouveaux élus n’avaient « pas trouvé une seule fontaine, cela nous a vraiment saisis ! », raconte Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation et à la renaturation.

    À plus long terme, la municipalité veut bâtir avec des paysagistes et les habitants un vaste plan de végétalisation, en identifiant les rues et places à renaturer. « L’arbre est le meilleur outil », défend l’adjointe, qui assume aussi le retard pris : « On est vraiment en retard comparé à d’autres villes de la même strate. » Brumisateurs sobres en eau inspirés de Grenoble et voiles d’ombrage, comme à Séville, doivent également être expérimentés dès les prochains étés. Le futur parc des anciennes pépinières Pichon, 14,5 hectares au sud du centre-ville, doit enfin constituer, à partir de 2027, un nouveau relais de fraîcheur à l’échelle de la ville.

    Le chantier dépasse donc largement quelques arbres et fontaines. Entre transformation de l’espace public et adaptation du bâti, Nîmes s’engage dans un travail de long terme dont les premiers effets seront scrutés dès les prochains étés.

  • Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

    Pierre Jaumain : J’ai trouvé un service public municipal efficace et à l’écoute de nos nouvelles orientations. Il a fallu quelques mois pour que soit nommé un nouveau directeur général adjoint (DGA) et que nous ayons un mode de fonctionnement optimal. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les équipes de Nîmes Métropole pour veiller à ce que ces équipes se parlent et travaillent bien ensemble en s’appuyant sur le fait majeur qu’elles ont le même élu de référence, ce qui est nouveau.

    Quelles ont été les priorités à lancer à partir d’avril ?

    P.J. : Un état des lieux général d’abord. L’inflexion, ensuite, des dossiers qui n’étaient plus dans nos priorités ou contraires à nos principes, comme sur le projet de parking à la Placette. Mais on ne peut pas tout modifier d’un claquement de doigts car il y a des règles, des réalités juridiques et financières dont on ne peut pas s’extraire avec irresponsabilité. Un des premiers changements majeurs a été de signifier notre volonté de répondre à la crise du logement en impulsant la production de logements sociaux auxquels une grande majorité de Nîmois a droit. Nous essayons par exemple de pousser les porteurs de projets, les promoteurs, à faire du logement social, alors que ce n’était pas prévu initialement. Comme ce n’est pas imposé dans les documents réglementaires, c’est à eux de bien vouloir le faire ou pas. Ils sont aujourd’hui globalement coopératifs. Mais c’est pour cela qu’une révision du PLU est très importante.

    Comment va se dérouler
    cette révision du PLU ?

    P.J. : Nous avons lancé en conseil municipal le 4 juillet une procédure de modification du PLU dont la végétalisation est un des enjeux majeurs. On votera au conseil municipal les décisions de cette modification au mieux au printemps. Nous avons aussi lancé une révision du PLH (Programme Local de l’Habitat) à Nîmes Métropole. Ce sont deux dispositifs-cadres extrêmement importants. Mais aujourd’hui dans le PLU, il n’y a pas grand-chose qui contraigne à la création de logements sociaux. Il y a donc un décalage entre nos intentions politiques et les outils réglementaires qui permettraient d’imposer ces intentions politiques. Pour la révision du PLU, nous avons décidé de concerter très largement donc ça va prendre deux ou trois ans.

    Quels sont les autres grands sujets qui vont vous occuper cette année ?

    P.J. : Se doter d’outils de pilotage et d’anticipation qui manquent cruellement pour maîtriser le foncier, construire des logements et développer cette ville harmonieusement. Nous sommes très mobilisés avec ma collègue Agnès Charraix sur la question du végétal en ville et de la réponse à apporter pour s’adapter au nouveau climat dans lequel nous vivons désormais. Et nous devons continuer à rencontrer l’ensemble des acteurs de l’urbanisme et du logement pour les comprendre, les associer et leur expliquer nos priorités.

    Où en est la rénovation engagée dans les quartiers prioritaires
    de la Ville ?

    P.J. : Beaucoup de choses sont contractualisées et nous sommes tenus de les suivre. Mais il y a des marges de manœuvre que nous allons activer. Je ne cesse de rappeler aux équipes que, même quand on travaille sur des plans, il s’agit toujours de la vie de femmes et d’hommes et que la dimension humaine de notre urbanisme est fondamentale. Je pense notamment que les financements liés aux aménagements ont été trop faibles. Et puis nous sommes déjà très mobilisés pour l’Anru 3 afin que notre territoire bénéficie des financements nécessaires et que soient prises en compte des problématiques nouvelles comme l’accompagnement des copropriétés dégradées. Nous sommes sur le pont sur les dossiers de renouvellement urbain et de politique de la Ville. Notre boussole, c’est la dignité, l’égalité et le respect. Nous avons pris un engagement durant la campagne sur l’égalité de l’ensemble des quartiers de notre commune. Nous le tenons et nous le tiendrons.

    Quel est votre rôle dans la mise en place des « places communes », l’un des axes les plus importants de la campagne de Nîmes en commun ?

    P.J. : C’est un travail collégial de nombreux élus et des services sous la houlette de ma collègue Maya Amer-Moussa. Je prends ma part, notamment dans le repérage foncier des lieux les plus adaptés et de leur intégration urbaine. Cela concerne les quartiers constitués comme ceux en mutation. C’est un travail très enthousiasmant car cela contribue totalement à cet urbanisme à échelle humaine qui est le nôtre. Un urbanisme qui recrée des lieux d’échange et de partage, des lieux de communication et de culture, des lieux de services publics et d’actions associatives, des lieux de citoyenneté.

    Sur ces sujets très techniques, comment parvenez-vous à faire participer la population dans la prise de décision ?

    P.J. : Par le dialogue permanent d’abord avec les corps intermédiaires, les comités de quartiers, les collectifs citoyens, les associations comme par l’information de tous les élus en refusant le fonctionnement cloisonné. Pour la révision du PLU par exemple, nous allons proposer un dispositif qui permette à toutes et tous de comprendre et de proposer des idées dans une dimension d’éducation populaire à laquelle je suis très attaché. Nous allons nous efforcer d’expliquer clairement ce qui est parfois très technique et un peu abscons. Nous souhaitons une large appropriation car nous allons parler de l’avenir de notre territoire et cela concerne tout le monde.

  • Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Derrière les vitres et les grilles de l’épicerie sociale et solidaire l’Agoraé, quelques cartons remplis de flyers, une machine à café, ainsi que des paquets de pâtes et des bouteilles de jus jonchent le sol depuis plusieurs semaines. Le projet, lancé en 2023 sous la précédente municipalité de Cécile Helle (PS), va s’arrêter faute de locaux mis à disposition par la mairie.

    Ce lieu de rencontre permettait aux étudiants de trouver des denrées alimentaires et des produits d’hygiène à des prix défiant toute concurrence, parfois jusqu’à 10% des prix du marché.

    Contactée, la municipalité confirme que la convention de partenariat qui liait la Ville, l’Université d’Avignon, l’association étudiante Inter’asso avec le bailleur social Erilia, propriétaire des lieux, dans le cadre d’une convention d’occupation précaire, est arrivée à son terme le 3 juillet dernier. La municipalité assurait cette mise à disposition « à titre gracieux » en prenant en charge le loyer qui s’élevait à 10 336 euros par an. Les locaux, ainsi que deux autres espaces attenants également exploités par les services municipaux, ont été restitués à Erilia. La mairie explique qu’elle « n’est donc plus en mesure de poursuivre cette mise à disposition dans les conditions prévues par la convention ».

    Mais, comme pour d’autres projets lancés avant la prise de pouvoir du nouveau maire Olivier Galzi (DVD), tels que l’aide aux devoirs d’enfants en difficulté dans les quartiers populaires ou encore la végétalisation des cours d’écoles, la situation financière de la ville est avancée pour justifier l’arrêt de cette aide. « Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et alors qu’une démarche de rationalisation du patrimoine communal est engagée, la Ville est dans l’obligation de ne pas pouvoir supporter de nouvelles dépenses pour financer ou rechercher un local de substitution », précise-t-elle. Tout en assurant que « cette évolution ne remet toutefois nullement en cause l’engagement de la Ville en faveur de la vie étudiante ». Notamment en renforçant ses liens avec l’Université et les acteurs de l’enseignement supérieur, « afin de renforcer la coordination autour des enjeux de vie étudiante ». La municipalité estime également que cette « mobilisation constante contribue à soutenir l’attractivité universitaire et le rayonnement d’Avignon ». Au dernier classement des villes étudiantes du média L’Étudiant, la Cité des Papes figurait à la 37e position sur 50, à égalité avec Annecy et Troyes.

    « Choix politique »

    « Je n’attendais pas grand-chose de cette nouvelle municipalité soi-disant d’aucun parti. Apparemment, le bon sens, c’est de supprimer les aides aux étudiants et de les laisser crever », déplore Louis, de l’association l’Union étudiante Avignon.

    Cette décision suscite l’indignation des forces progressistes du Vaucluse. Les Jeunes Socialistes, à travers un communiqué ce lundi 14 septembre, regrettent un « choix du maire » qui ne fait que « renforcer la précarisation des étudiants avignonnais et montre que Monsieur le maire se préoccupe davantage de rentabilité financière que de l’avenir des étudiants avignonnais ».

    Du côté de la conseillère d’opposition Mathilde Louvain, (LFI), on s’interroge sur les réseaux sociaux : « La mairie est en roue libre ? ». « On commence à être habitué à la méthode. On décide manu militari. Zéro rencontre en amont. Cette majorité a définitivement du mal avec les mots solidarité, entraide, soutien », poursuit-elle.

    La section du PCF d’Avignon, Morières et Le Pontet estime que la fermeture de l’Agoraé « est un choix politique, pas une fatalité budgétaire. (…) La décision est d’autant plus incompréhensible que l’Agoraé était installée dans le “Repère de la caserne“, au cœur d’un secteur récemment requalifié. Ces lieux avaient justement vocation à créer de l’activité, du passage et de la vie dans la Carreterie. Une ville attractive ne se construit pas seulement avec des travaux : elle se construit aussi avec les associations, les étudiants et les services qui font vivre les quartiers ».

    Une pétition en ligne demandant la réouverture a récolté une centaine de signatures.

    Pétition contre la fermeture sur change.org

  • « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    Ils sont venus par centaines, debout dans les travées, agglutinés sous les voûtes du Parnasse où la chaleur du jour ne retombait pas. Mardi 8 septembre au soir, près de 1 500 Nîmois ont répondu présent à la restitution des rencontres « Bonjour Nîmes », l’exercice de démocratie participative lancé au printemps par le maire communiste Vincent Bouget et sa majorité. Sept réunions de quartier entre le 7 mai et le 2 juillet, entre 2 500 et 3 000 habitants croisés, 197 prises de parole recueillies et passées au crible. La restitution devait initialement se tenir le 8 juillet ; la canicule l’avait forcée à s’effacer. Ironie du calendrier, c’est encore dans une salle suffocante que Nîmes est venue parler de sa ville. Ce soir-là, il fallait rendre des comptes.

    « On peut faire de la politique autrement, et on va faire de la politique autrement », lance en ouverture Laurent Mespoulet, adjoint au développement économique. La formule résume l’ambition de cette méthode, à l’opposé d’un programme ficelé d’en haut : une parole recueillie sur le terrain, restituée point par point devant les habitants eux-mêmes. « Cela fait un peu plus de cinq mois que nous avons été élus, personne n’a de baguette magique », prévient d’emblée Vincent Bouget, avant de laisser le micro à ses adjoints, qui défilent un à un.

    Trois urgences : la ville,

    la jeunesse, les services

    Sans surprise, la chaleur et la propreté urbaine dominent les échanges. « L’été caniculaire nous oblige, il faut anticiper pour ne pas subir », martèle Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation. Fontaine à boire remise en eau place aux Herbes, voiles d’ombrage testés dès l’été 2027, brumisateurs aux futures pépinières Pichon, permis de végétaliser renforcé pour les habitants comme pour les commerçants : la ville veut « cheminer à l’ombre ». Sur la propreté, « notre ville est formidable, mais elle est dégueulasse », résume sèchement l’adjoint François Seguy. Pour y remédier, un numéro unique « Allô Nîmes propre » doit centraliser le signalement des dépôts sauvages dès 2027, la limite des deux encombrants disparaît et une marche verte citoyenne est annoncée pour novembre.

    Jeunesse et éducation, à égalité en tête des attentes recensées, ne sont pas en reste. Une direction de la jeunesse a vu le jour, une centaine de stagiaires de troisième et de seconde seront accueillis en mairie, un portail unique d’information doit voir le jour pour les étudiants. Côté écoles, 90 agents périscolaires ont été déprécarisés, un repas végétarien sera proposé chaque midi en cantine, et six établissements seront rénovés thermiquement chaque année du mandat.

    Sur la santé, la Ville mise sur un conseil local de santé mentale dès le 7 octobre, un centre de santé au Mas de Mingue au premier semestre 2027, une mutuelle communale à tarif négocié au premier trimestre et une école de kinésithérapie publique. Sur la sécurité enfin : l’arrêté de fermeture des épiceries de nuit après 22h (312 infractions relevées cet été) sera prolongé ; un poste de police est annoncé sur l’Esplanade, et la coopération avec la police nationale va être renforcée contre le narcotrafic.

    Reste le temps long. Bouget annonce pour 2027 un projet « Vivre et habiter à Nîmes », élaboré avec professionnels et habitants, un outil de maîtrise foncière pour produire du logement accessible, deux « places communes », et la gratuité des transports, déjà testée pendant les ferias, qui doit s’étendre dès cet hiver.

    « Il n’y a pas les mêmes attentes partout, mais la même envie », observe Soukaïna BenJaafar, adjointe à l’administration générale, qui évoque une « aspiration à être considérés à égalité » d’un quartier à l’autre. Dans la salle, on opine, on chuchote, on retrouve un voisin croisé lors de l’une des sept réunions du printemps.

    « On aura besoin de tout le monde pour la relever », conclut Vincent Bouget, qui évoque une ville « un peu abîmée » mais promise, selon lui, à devenir une « ville pilote » de l’adaptation climatique d’ici six ans. « Nous scellons avec vous un pacte démocratique », affirme-t-il encore. La majorité a fixé elle-même l’échéance : automne 2027, pour revenir devant les Nîmois et rendre des comptes.

  • Samir Allel accuse Olivier Galzi d’ostraciser les quartiers populaires

    Samir Allel accuse Olivier Galzi d’ostraciser les quartiers populaires

    Le soir de sa victoire au second tour, Olivier Galzi (DVD) promettait d’être « le maire de tous les Avignonnais », un précepte accentué une semaine plus tard lors de son discours d’installation : « L’avenir d’Avignon passera par les ponts que nous saurons créer entre ses neuf quartiers, par-delà les remparts ».

    Cinq mois plus tard, Samir Allel dresse un constat inverse. Ce jeudi, le conseiller départemental écologiste tenait un point presse de rentrée, ciblé sur le premier bilan du maire dans le canton d’Avignon 1, où il est élu et qui englobe les quartiers sud et ouest (30 000 habitants).

    Un territoire qui concentre 80% des quartiers prioritaires de la ville, désormais ostracisés par la nouvelle municipalité aux yeux de Samir Allel. « Ces quartiers ne l’intéressent pas, il y a du mépris vis-à-vis de la population en déshérence, hors de question que les habitants soient considérés comme des sous-citoyens », estime le conseiller départemental qui, en tant qu’opposant, arrive malgré tout à être entendu, « comme sur la réhabilitation du collège Roumanille », alors qu’en mairie « l’opposition est méprisée ». « Olivier Galzi est sur un triptyque sécurité, propreté, centre-ville, tout le reste est superfétatoire », juge l’élu écologiste, qui était candidat aux municipales sur la liste de David Fournier (PS).

    Tout en reconnaissant être « en campagne permanente », Samir Allel incite le maire à déployer son action partout. « Certes, je n’en voyais pas beaucoup avant, mais depuis qu’il est élu, je n’ai jamais vu de policiers municipaux à pied dans mon canton », pointe-t-il. Même sentiment sur la propreté, « où mes interventions sur les dépôts sauvages en ceinture verte n’ont pas de réponses ». « Les quartiers ont besoin de solidarité et sont les premiers victimes de la canicule, où il a fait jusqu’à 50 degrés dans certains appartements ». En cette période de rentrée, « le maire ne peut balayer la suspension de la végétalisation des cours d’écoles d’un revers de main financier, c’est un choix politique », considère Samir Allel.

    De manière plus générale, le conseiller départemental dépeint une majorité quelque peu hors sol « avec bon nombre d’adjoints qui ne vivent pas à Avignon et un maire qui fait des choix de communication pour lui et non pour la Ville ».