Tag: démocratie participative

  • Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Porte-voix des associations, le Mouvement associatif Région Sud Paca, qui s’inscrit dans l’Économie sociale et solidaire, a invité lundi ses structures et les représentants des grands réseaux afin de rendre visibles leurs actions, d’élire son conseil d’administration et son nouveau président, Christian Guibert. « Nous avons comme objectif de renforcer la cohésion du mouvement et d’amplifier son écosystème. Cela avec des valeurs de solidarité, de tolérance, d’initiatives et de démocratie participative », souligne-t-il. À ce titre, le Mouvement associatif a mis en place des forums pour valoriser l’emploi associatif et des formations pour les bénévoles.

    Au regard de la situation, les associations se mobilisent également pour dénoncer les difficultés économiques auxquelles elles font face : « On a besoin d’être plus nombreux. On se sent en danger financièrement », déclare Lisa Le Pann, trésorière régionale des Éclaireuses et Éclaireurs de France. C’est dans ce contexte que le partenariat avec la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), prend sens : « Les ressources sont sous tension, les associations font face à des difficultés croissantes. Nous voulons faire du Mouvement associatif un levier de la politique publique », explique Peggy Froger, responsable jeunesse à la Drajes.

    Lutter contre l’extrême

    Autre menace : la montée de l’extrême droite, en opposition aux valeurs de démocratie participative et humaniste du Mouvement associatif. Yannick Ohanessian, adjoint (PS) au maire et délégué à la vie associative, rappelle : « Face à cette menace, nous devons faire bloc collectivement. Là où certains détruisent, Marseille essaie humblement de protéger et d’investir », soutient-il. Laurent Lhardit, député (PS) de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, partage : « La menace pourrait être plus forte si le pouvoir politique venait à considérer que vos actions présenteraient une entrave à une idéologie, qui considère que la culture peut devenir une perversion dès lors qu’elle ne nourrit pas un projet politique identitaire. » Un enjeu d’autant plus important à l’approche de l’élection présidentielle.

  • Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Trente mille habitants rencontrés lors de 330 manifestations, 5 000 questionnaires remplis qui ont donné lieu à 1 500 propositions. Voilà en quelques chiffres le bilan 2025 de la première édition de l’opération « La Région à vos côtés ».

    Décriée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 euros) et son côté communication, la seconde tournée vient de débuter. Jusqu’à mi-juillet, les élus d’Occitanie vont aller à la rencontre* des habitants sur les marchés, dans les gares, les parkings de supermarché, les universités, les salons ou dans des événements spéciaux tels que la fête de la transhumance. L’objectif est triple : leur expliquer ce que fait concrètement la Région Occitanie qui fête ses 10 ans, recueillir leurs doléances et tordre de cou à certaines idées reçues propagées notamment par l’extrême droite.

    « Nous reprenons le chemin du terrain », synthétise la présidente Carole Delga (PS). Une initiative « unique en France » d’autant plus « nécessaire » au vu du « désamour » qui grandit entre élus et citoyens. Paradoxalement, ces derniers seraient demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner quel que soit leur âge », se souvient l’écologiste Zina Bourguet.

    20 spécialistes recrutés dans les hôpitaux

    Cet exercice de « démocratie participative » a permis de « conforter certaines de nos intuitions devenues des certitudes », résume Christian Assaf (PS). Par exemple le fait que les transports, le pouvoir d’achat ou la santé sont les priorités des habitants. Mieux sonder leurs attentes a permis d’ajouter 20 spécialistes dans 12 hôpitaux aux 150 médecins recrutés par la Région dans les maisons de santé. Plutôt agréablement surpris de la démarche, les sondés ont aussi fait part de leurs mécontentements. « Souvent les trains en retard et la paperasse administrative », observe Carole Delga. Cela a permis à la Région de développer l’application Fairtiq pour avoir tous les tarifs des trains ou d’instaurer le TER à un euro pour les clubs sportifs.

    Aller à la rencontre des citoyens permet aussi de « démonter les contrevérités de l’extrême droite qui réécrit l’Histoire », insiste Carole Delga, attachée à la décentralisation. Et de rappeler, ajoute Jérôme Monamy (PCF), que « le RN vote contre le TER à un euro » ou que la première mesure du nouveau maire RN de Carcassonne est un « arrêté anti-pauvres ».

    * Premières dates : marché de Lodève (25 avril), gare Saint-Roch à Montpellier (28 avril), marché de Méjannes-le-Clap (27 avril)
    et du Vigan (5 mai).

  • Dans l’agglo Sud Sainte-Baume, la gauche mènera le combat de la pédagogie

    Dans l’agglo Sud Sainte-Baume, la gauche mènera le combat de la pédagogie

    Parmi les 49 élus de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume, aucun représentant de gauche. Pourtant, Sylvie Vinceneux, à Saint-Cyr, et Jean-Pierre Meyer, à Sanary, tous deux candidats (PCF) aux élections municipales 2026, étaient présents dans l’audience pour ce premier conseil. Et ils assisteront aux prochains avec assiduité, conscients de l’importance que revêt l’échelon communautaire pour le quotidien des habitants.

    « Nous sommes en contact avec les progressistes d’autres villes », soutiennent les deux candidats aux municipales 2026, bien décidés à « porter ce débat » dans leurs communes respectives, reprochant notamment à leurs maires sortants d’avoir « très peu parlé de la communauté d’agglomération. »

    Leur cheval de bataille : réaliser un « travail pédagogique » auprès des citoyens sur le rôle de la collectivité, ce qu’« aucun des trois candidats n’a mentionné dans son discours, alors que les plus grandes décisions s’y prennent », pointe Jean-Pierre Meyer. Avec des dossiers chauds : « Le plan local d’habitat, la mobilité, l’eau, l’enclavement de la zone économique de Signes », énumère Sylvie Vinceneux, qui insiste sur « la question de la dette du Grand Prix du Castellet [pour laquelle une aide de 184 000 euros a été votée par le conseil en octobre, Ndlr] : est-ce normal que l’habitant paye des sommes astronomiques pour quelque chose qui ne lui apporte rien ? Qu’une petite agglomération ait financé un événement qui est un trou sans fond ? »

    Des sujets pour lesquels le référendum d’initiative locale, qu’ils ont tout deux porté durant les élections, « prendrait tout son sens. » « L’Agglo éloigne les citoyens de la décision. Certains n’avaient pas conscience qu’ils votaient aussi pour le conseil communautaire lors des municipales. Il y a un travail civique à mener, et on a l’intention de le faire », ajoute Jean-Pierre-Meyer.

  • À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    « Ici c’est Fournier ! » clame Nicolas Koukas à l’ouverture de son meeting de second tour des élections municipales, jeudi soir, pour la liste de l’Union pour Arles. Le gymnase a vibré au son d’Eminem et d’AC/DC à l’énumération des noms des colistiers, avant de laisser place à la voix légèrement enrouée du candidat communiste, qui ne laisse aucune suspension à sa confiance : « ce second tour va nous mener à la victoire dimanche » affirme-t-il devant ses soutiens gonflés à bloc.

    Arrivé en deuxième position du scrutin avec 25,38 % des voix, derrière le maire Horizons Patrick De Carolis à 34%, Nicolas Koukas estime être « en ballotage favorable » au milieu du maire sortant et des autres adversaires que sont Rémy Benson (RN) à l’extrême droite avec 16,37% des voix et Jean-Michel Jalabert (DVC) à 13,69%. Le chef de file de l’Union pour Arles analyse le 1er tour en pointant que « deux tiers des Arlésiens qui se sont exprimés ont dit non au maire […] qui, ne vous y trompez pas, a subi un sérieux revers », mais ne s’en satisfait pas pour autant. « L’abstention est trop forte quand un Arlésien sur deux ne ssest pas déplacé pour voter. Ce n’est pas une fatalité, c’est le symptôme d’une crise démocratique » relève le candidat qui veut la « combattre de manière unie ».

    La force de l’union

    Car « La force de l’union » n’est pas qu’un slogan écrit sur les affiches et tracts du candidat, mais une somme de réalités. Outre les neuf partis politiques mobilisés au sein de cette union, ainsi que les « 600 Arlésiens qui ont construit le projet » porté par sa liste, dont ceux de l’Appel d’Arles, Nicolas Koukas emporte avec lui de nouveaux alliés dans ce deuxième round.

    À commencer par des anciens membres de l’équipe De Carolis comme le Dr Serge Meyssonnier de Mas Thibert, ancien adjoint et Sophie Aspord, ex-3e adjointe à l’urbanisme, tous deux présents dans la salle, le candidat est fort du « consensus de tous bords sur l’incapacité à rassembler et diriger » du maire sortant, « y compris dans son ancienne équipe ». Mais aussi du soutien des Écologistes qui étaient sur la liste de Jecilla Regad (LFI) au 1er tour, dont Nicolas Koukas (PCF) a salué la « belle campagne de gauche ».

    De gauche, comme Fernand Fournier, dont Nicolas Koukas a souhaité « rappeler qui il était : un résistant, cheminot, mort en déportation ». Une précision utile face au discours du maire sortant, qui fait feu de tout bois sur le communiste et son équipe. « Des dangereux bolcheviques avec un couteau entre les dents ! » caricature Nicolas Koukas, qui se dit « fier de nos parents et grands-parents qui ont chassé les nazis eux-mêmes en 1944 et ont mené tant de combats depuis ».

    Plus que l’anticommunisme primaire, le candidat pointe « les intimidations » sur des agents communaux de la part du maire sortant, les « divisions systématiques » au sein de « l’ancien monde en déroute » du « candidat macroniste » qui a été jusqu’à « faire pression sur Jean-Michel Jalabert pour qu’il se retire, en appelant jusqu’à Jean-Pierre Camoin, ancien maire de droite (RPR) dans les années 1980 pour ce faire ». « Quel spectacle, quel cirque nous offre-t-il après nous avoir tant critiqué tout le mandat ? Comment avoir confiance en un homme pareil ? Notre ville mérite mieux » tranche Nicolas Koukas.

    « Notre devoir est de mettre fin au système De Carolis » lance-t-il, y opposant « l’urgence de la démocratie participative pour rendre Arles aux Arlésiens » et « refuser les décisions prises entre amis ou dans un bureau fermé ». Mais aussi « Les 12 millions d’euros que nous allons dédier à l’éducation et aux écoles, la lutte contre l’habitat indigne » entre autres mesures que Nicolas Koukas espère faire gagner par le « réveil de la flamme populaire pour une ville plus humaine, chaleureuse et prospère ».

    La chaleur, elle, était déjà là.

  • [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    Jean-Pierre Meyer est pragmatique. Le candidat (PCF) de Renouveau pour Sanary sait qu’il lui sera difficile de l’emporter dans une commune acquise à la cause de la droite depuis 1971. Mais celui qui se considère comme « conseiller municipal de la minorité, pas de l’opposition », compte « défendre (son) programme, quel que soit le résultat des élections ». Mais aussi agir en responsabilité, et poursuivre, comme depuis 6 ans, « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune », milite-t-il.

    Car sa voix, en tant qu’unique conseiller municipal de gauche, aura compté. « Le bon sens l’a emporté », affirme-t-il, notamment à travers ses propositions liées à la nouvelle ligne de bus 83 entre la gare d’Ollioules/Sanary et Six-Fours. Et Renouveau pour Sanary espère davantage peser lors de la prochaine mandature, en envoyant un (ou des) candidat(s) supplémentaire(s) au conseil municipal, et en atteignant la barre des 15% pour obtenir un siège au conseil communautaire Sud-Sainte-Baume, « là où se prennent les décisions ».

    Mais il s’agira, aussi et surtout, dans nombre d’autres communes, de porter une voix humaniste et singulière au sein des conseils municipaux. Un ensemble de valeurs qui transparaît dans les programmes des candidats. Par exemple, sur la question du logement, priorité de Sylvie Vinceneux à Saint-Cyr-sur-Mer. Une évidence pour la responsable de la commission nationale logement du PCF, tête de liste de Saint-Cyr à Gauche, dans une ville qui compte 45% de résidences secondaires. La candidate veut offrir « un logement digne et accessible à tous », en écho à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et même sans fauteuil de maire, elle se battra pour que la commune respecte les 25% de logements sociaux exigés par la loi SRU, et contre l’idée que ces derniers sont l’apanage de la délinquance, alors que plus de 70% des Varois y sont éligibles.

    Un combat primordial contre l’extrême droite

    À La Seyne, trois listes de gauche – qui avancent, malheureusement, chacune de leur côté – mènent le combat progressiste. Parmi elles, celle de Stéphane Sacco (GRS), qui mène la liste de rassemblement Uni.e.s à gauche pour La Seyne, et évidemment, le combat contre l’extrême droite, dont la menace pèse plus que jamais dans la deuxième ville du Var : « On parle d’ordre, mais on oublie la justice. On parle d’identité, mais on oublie la fraternité. On parle de protection, mais on se contente de désigner des boucs émissaires. Ceux qui divisent une ville ne la gouvernent pas, ils l’affaiblissent. Ceux qui attisent les peurs ne construisent pas l’avenir, ils le ferment. Nous ne laisserons pas notre ville devenir le laboratoire du repli », clame Stéphane Sacco.

    Même maux, même remède à Six-Fours, où Pascal Cabras et Six-Fours à Gauche veulent contrer « l’entente bilatérale entre droite extrême et extrême droite », dans une commune où 70% des votes au conseil municipal sont communs à la majorité LR et au RN. « Nous sommes la seule opposition, depuis 2020, qui lutte pour une ville juste solidaire et durable, avec une orientation écologiste et sociale » affirme Pascal Cabras.

    L’écologie, valeur cardinale d’Ollioules Autrement, liste de rassemblement menée par Claudie Cartereau (LE). « Face aux crises qui pèsent sur nos vies, nous choisissons de rompre avec la politique actuelle et d’agir autrement », martèle celle qui veut faire d’Ollioules « un territoire qui prend soin des personnes, du vivant et des ressources ». Énergie solaire, îlots de fraîcheur, et sobriété énergétique, autant d’idée qu’elle veillera à infuser dans le débat public. Tout en prônant, comme les autres listes progressistes, la démocratie participative.

  • L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    Trop plein dans la salle. Les chaises passent de main en main pour se poser là où il reste de la place. Ce jeudi 12 mars, la liste d’union de la gauche (hors LFI et les Écologistes) de Nicolas Koukas (PCF) est rassembleuse pour son dernier meeting avant le premier tour.

    Le processus citoyen de l’Appel d’Arles, qui a mené à l’Union pour Arles, a su fédérer. L’une de ses instigatrices qui figure sur la liste, Lucile Venet-Leduc, rappelle : « On avait pour but de rassembler toutes les gauches d’Arles comme le Nouveau front populaire lors des législatives de 2024. » Après avoir récolté plus de 500 signatures, le collectif s’est réuni régulièrement « pour travailler sur différents thèmes sous forme d’ateliers ». Le projet politique qui en émane a convaincu neuf partis politiques, qui soutiennent une liste composée de 80% de femmes et d’hommes issus de la société civile.

    Cette méthode a aussi remporté l’adhésion de déçus de Patrick de Carolis (Horizons), à l’instar de Sophie Aspord, son ancienne adjointe déléguée à l’urbanisme, qui explique avoir « choisi l’union plutôt que les arrangements (…) la loyauté plutôt que les trahisons », à travers la candidature de Nicolas Koukas.

    Concertation

    et contribution

    Car « l’autocratie » du maire sortant a laissé des stigmates. Richard Vidal, ancien ingénieur dans l’industrie chimique et pharmaceutique qui deviendra premier adjoint en cas de victoire de l’Union pour Arles, dit s’être « engagé parce que je vois ma ville se dégrader d’année en année : un urbanisme sans direction, chaotique, une voirie déplorable, des caniveaux qui débordent lors d’événements pluvieux, une propreté qui laisse à désirer et surtout ni concertation ni proximité avec la municipalité alors que ce lien est indispensable au bon fonctionnement d’une Ville ».

    Son colistier, Mehdi Herouali, abonde : « De nombreux Arlésiens ont l’impression de ne plus être écoutés et associés aux décisions qui concernent leur quotidien. (…) Une commune ne peut avancer que si ceux qui la représentent restent proches des habitants. » C’est la méthode que promet d’adopter l’équipe de l’Union pour Arles. « Je refuse cette démocratie froide, distante, technocratique », affirme Nicolas Koukas. Concrètement, le candidat souhaite créer une direction municipale dédiée à la démocratie contributive, mettre en place des budgets participatifs dans chaque quartier et chaque village, organiser des conseils municipaux délocalisés, mettre en place le référendum d’initiative citoyenne ou encore créer un observatoire citoyen pour évaluer les engagements municipaux.

    À vingt ans, Maissa Ayad, la benjamine de la liste, assure qu’une frange de la population se sent particulièrement « délaissée » : « Les jeunes. » « On leur a promis des choses qui n’ont jamais vu le jour, poursuit-elle. La jeunesse mérite qu’on lui mette à disposition tous les moyens pour réussir. » Parmi les mesures proposées : la mise en place de Maisons des jeunesses, ouvertes en soirée pour l’étude, la création artistique, les débats et l’accompagnement de projets ; le développement de nouvelles filières supérieures, de formations Bafa gratuites ou encore l’instauration d’une aide au permis de conduire selon les critères sociaux.

    « Une équipe soudée »

    La proximité que porte l’Union pour Arles passe aussi par l’existence de services publics « partout, avec des mairies annexes utiles ». La liste veut renforcer les moyens alloués aux centres sociaux « qui ont beaucoup souffert », mais aussi accroître de la présence humaine « avec des médiateurs et des maisons communes » pour assurer la tranquillité du quotidien.

    Pour assurer la pérennité de ce projet municipal et « avoir une équipe fidèle, soudée, rassemblée », les colistiers ont signé une charte d’engagement. Nicolas Koukas l’annonce : « Cette liste du premier tour, qui s’est construite après tant d’échanges, sera la même que celle du second tour. Parce que lorsqu’on entraîne une équipe on ne la change pas. »

  • Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    1. Réunir une ville jugée « à deux vitesses »

    Premier objectif affiché, martelé : rééquilibrer les politiques publiques entre les quartiers. La liste estime que certaines zones populaires souffrent d’un manque d’équipements et de services. Pour y répondre, elle propose la création de « Places communes » dans chaque quartier, des lieux de proximité mêlant services publics, activités associatives et espaces de rencontre. Ces structures pourraient accueillir, par exemple, des permanences d’élus, des jardins partagés, des ateliers associatifs ou des équipements sportifs ouverts aux habitants.

    2. Redonner du pouvoir aux habitants

    La question démocratique constitue un autre pilier du projet. La liste promet de renforcer la participation citoyenne avec des conseils de quartier plus décisionnels et des budgets participatifs. L’idée serait de permettre aux habitants de décider directement d’une partie des investissements municipaux : rénovation d’une place, aménagement d’un square ou création d’équipements de proximité.

    3. Renforcer la solidarité

    Face à la précarité, la coalition propose plusieurs dispositifs sociaux. Parmi eux, la création d’une mutuelle municipale négociée par la ville pour permettre aux habitants d’accéder à une complémentaire santé à tarif réduit. Le projet évoque aussi un campus des solidarités, destiné à coordonner associations, services publics et initiatives citoyennes. Des mesures plus concrètes sont envisagées, comme le développement de jardins partagés, d’épiceries solidaires ou de ressourceries.

    4. Une approche de la sécurité mêlant prévention et proximité

    Sur la sécurité, la liste défend une approche combinant présence policière et médiation. La liste propose notamment de renforcer la police municipale de proximité, avec des postes mobiles dans les quartiers, des bornes d’appel et d’augmenter les effectifs de médiateurs urbains chargés de prévenir les conflits. Elle souhaite aussi réaliser un audit du parc de caméras de vidéoprotection pour en évaluer l’efficacité.

    5. Faire de la jeunesse une priorité municipale

    La situation des jeunes à Nîmes constitue un axe central du programme. Parmi les propositions : gratuité progressive des transports publics pour les moins de 25 ans, création d’un pôle ressource jeunesse pour accompagner les jeunes dans leurs démarches (logement, formation, emploi) et renforcement du conseil municipal des jeunes avec un budget propre. Des actions sont également prévues contre le décrochage scolaire, notamment via des dispositifs d’accompagnement éducatif.

    6. Adapter la ville au changement climatique

    Face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, la liste met en avant une transformation écologique de l’espace urbain. Elle propose notamment une végétalisation massive de la ville, la création d’îlots de fraîcheur et la désimperméabilisation des sols pour lutter contre les fortes températures et les inondations. Les écoles et les quartiers les plus minéralisés seraient prioritaires dans ce plan d’adaptation.

    7. Développer l’économie sociale et solidaire

    Enfin, le collectif souhaite renforcer la place de l’économie sociale et solidaire dans le développement local. Le projet évoque notamment la création d’une école de la coopération, destinée à former habitants, entrepreneurs et associations aux pratiques coopératives. L’objectif serait d’encourager des modèles économiques plus participatifs, selon le principe « une personne, une voix ».

  • L’Union pour Arles aux bons soins des quartiers populaires

    L’Union pour Arles aux bons soins des quartiers populaires

    Les enfants de l’école Georges-Brassens, guidés par leur professeur de sport, ne sont pas découragés à la vue de leurs équipements en ce vendredi début d’après-midi. La cage de but de leur terrain synthétique est attachée à un filet troué, les grillages tiennent au fil de fer, tandis que le terrain de football à proximité, qui n’a plus de filets aux buts, laisse s’épanouir herbes et moustiques, en nombre.

    Ce n’est pas un hasard si Nicolas Koukas (PCF) et ses colistiers de l’Union pour Arles ont investi les abords du gymnase Angelin, dans le quartier du Trébon, pour leur conférence de presse dédiée aux quartiers. « On va réinvestir ces quartiers délaissés depuis 6 ans » prévoit le candidat, parlant d’un « plan d’investissement massif ». « Ça ne demande pas des millions de refaire la cage des buts et de grillager l’entrée pour éviter des feux », souligne-t-il en désignant l’arrière noirci du gymnase.

    Leur idée pour Arles est d’installer « des mairies annexes avec les drapeaux tricolores et de la Ville pour montrer que la puissance publique est là », d’après Nicolas Koukas, des lieux dans lesquels pourraient se côtoyer espaces culturels, antenne de la médiathèque, ou encore acteurs de l’accompagnement à l’emploi. « On pense aussi à France services pour faire ses démarches », complète Sylvette Carlevent.

    Démocratie participative

    Outre les services, Nicolas Koukas insiste sur le fait de « mettre les bailleurs face à leurs responsabilités », en rencontrant leurs dirigeants pour « leur mettre une pression constante sur l’entretien intérieur et extérieur des immeubles ». Le candidat propose le cadre d’un « contrat mixte entre la Ville et les bailleurs » sur la répartition des compétences : « Déchets, propreté, qui fait quoi ? Il n’y a pas de suivi, ça prendra du temps mais on n’abandonnera pas les quartiers. »

    Bruno Leclerc (NPA) souligne l’importance de « mettre en place la démocratie participative, engagement fort de l’Union pour Arles pour que les jeunes et les habitants des quartiers reprennent leur vie quotidienne en main » au travers des conseils de quartier. « Nous leur donnerons des moyens et nous lançons un large appel aux habitants pour en faire une structure de décision », insiste Nicolas Koukas. Fatima Benamar complète : « Un habitant est seul face à un gros groupe. Au conseil de quartier c’est différent. On est plus proche et moins isolé. »

    « Nous recruterons aussi un médecin au sein du service hygiène de la Ville » pour lutter contre les logements insalubres et « traiter rapidement les signalements », conclut Nicolas Koukas.

  • À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    « Un meeting extraordinaire. » Pour Christine Romano (PCF), tête de liste de Fréjus Riposte qui a réussi à rassembler à gauche en réunissant communistes, insoumis, écologistes, socialistes et membre de l’Après, la réunion de ce vendredi, dans la salle Sextant, aura été un moment qui compte. D’abord parce qu’elle a rassemblé 150 personnes, mais aussi de par la présence de soutiens comme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, ou Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Nous avons aussi beaucoup de colistiers issus de la société civile, syndicaliste ou association, qui ont pu prendre la parole », précise l’ancienne retraitée de la Poste en retrait de la présidence de l’UL-CGT Saint-Raphaël-Fréjus.

    Les sujets évoqués auront été nombreux avec une priorité : libérer une ville aux mains du maire d’extrême droite, David Rachline, depuis 12 ans, et candidat à sa réélection pour un 3e mandat. « Il n’est pas officiellement investi par le RN, mais le parti est derrière », assure la candidate, qui dénonce un bilan catastrophique entre urbanisation à outrance et creusement de la dette qui dépasse les 150 millions d’euros. Une gestion municipale dénoncée dans leur rapport par les magistrats de la Chambre régionale des comptes, en mars dernier.

    Si le programme de Fréjus Riposte est en cours de finalisation, il s’agit déjà de « rétablir une démocratie participative », martèle la candidate, en remettant notamment les comités de quartier en place, où les habitants éliront eux-mêmes leurs représentants.

    Favoriser l’accès au logement

    Finie aussi la bétonisation à tout crin. L’hôtel de luxe sur Fréjus plage « disparaît », « nous sommes aussi favorables à un pôle universitaire sur la base nature, centrée sur les métiers de la mer et la restauration » des milieux, détaille Christine Romano. Terminé la fusion de quatre écoles en un seul et même lieu, dans le secteur de Caïs Nord, soit pas moins de 1 000 élèves, concentrés à côté de l’autoroute. « Un projet énorme qui n’a pas de sens », commente-t-elle.

    Sur cette commune de près de 60 000 habitants, deuxième bassin d’emplois du département du Var avec deux grandes ZAC, la tête de liste entend également améliorer l’accès au logement. « Nous ne sommes pas en pénurie, de 8 à 9% de logements sont vacants, beaucoup sont consacrés aux locations de vacances ou Airbnb », assure Christine Romano, qui mise notamment sur la taxation des résidences secondaires pour « créer les conditions au vrai locatif ». Sans oublier la mise en place de 3 000 logements sociaux « quand la municipalité préfère actuellement payer une amende de 882 000 euros plutôt que de respecter la loi SRU qui fixe à 25% le ratio de logements sociaux », dénonce-t-elle.

    Sur la santé, les colistiers souhaitent l’implantation d’un centre avec des salariés. La gestion de l’eau se ferait en régie et sur les transports, « nous avons plein d’idées », indique Christine Romano, entre pistes cyclables, gratuité et réorganisation de dessertes pas toujours adaptées quand il faut attendre le bus une heure. Une compétence de la communauté d’agglomération, sur laquelle « nous comptons peser si nous remportons la ville ». Enfin, sur la sécurité, sujet qui préoccupe les citoyens, c’est sur la police nationale qu’elle veut s’appuyer, « des gardiens de la paix » qui agissent aussi sur la proximité et la prévention « que nous comptons demander à l’État ».

  • [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter?

    Marc Vincent : Je suis ingénieur de formation et je travaille dans des collectivités territoriales depuis maintenant une quinzaine d’années. Actuellement en poste à la ville de Marseille, je dirige un pôle de lutte contre l’habitat indigne. J’habite à Carnoux depuis vingt-cinq ans. C’est une commune où deux tiers des habitants votent pour le RN. C’est aussi tout l’enjeu pour nous de monter une liste citoyenne pour essayer de mettre en avant d’autres valeurs. La commune, c’est un peu l’échelon de base de la démocratie. Notre objectif, c’est essayer de promouvoir ce vivre-ensemble. C’est ce qui manque dans la gestion municipale depuis vingt-cinq ans. L’équipe sortante s’est toujours placée dans une position de décision en disant en gros, les électeurs nous ont fait confiance, on va décider pour eux. Il n’y a pas de concertation, pas de dialogue. Dans l’opposition, minoritaire, on a beaucoup de mal à s’exprimer.

    Quelles sont les grandes lignes de votre projet municipal?

    M.V : On souhaite vraiment que les habitants de Carnoux soient beaucoup plus acteurs de la vie communale, en étant davantage associés aux décisions. Par exemple, le centre-ville a été récemment réaménagé avec la reconstruction complète de l’hôtel de ville. Pour autant, il reste derrière la mairie un certain nombre de salles communales qui servent pour les associations. Elles sont complètement vétustes et demandent à être reconstruites. Il y a besoin de se concerter pour en définir l’aménagement. La participation, c’est aussi informer davantage sur les conseils municipaux. Nous voulons créer un conseil municipal des jeunes, peut-être mettre en place des budgets participatifs. Et rendre l’accès plus facile aux équipements sportifs et culturels de Carnoux à l’ensemble des associations. Les deux grands stades de foot pour lesquels la commune a investi énormément d’argent sont par exemple réservés à une association sportive quasi-professionnelle. Nos équipements culturels sont en délégation de service public à un gestionnaire privé. Ces salles sont très sous-utilisées, ça coûte cher à la commune, parce que c’est elle qui paye l’essentiel du fonctionnement et tout l’investissement qui va avec. On veut aussi recréer un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

    Une commune peut porter un tel projet?

    M.V : Pas seule. Puisque tout ce qui est social dépend plutôt du Département, ça suppose effectivement des liens entre d’autres acteurs. On voudrait en recréer un parce que le précédent, du groupe Korian, a fermé il y a deux ans. La population à Carnoux est assez âgée. Les gens ont envie de rester sur place. Mais il n’y a pas forcément de structure pour les accueillir. Et donc l’idée ce serait de créer un nouvel établissement qui pourrait être justement en centre-ville, dans les salles communales évoquées tout à l’heure. On peut imaginer des activités intergénérationnelles qui permettent aux résidents de l’Ehpad de ne pas se retrouver à l’écart.

    Quelle politique souhaitez-vous mener pour la jeunesse carnussienne?

    M.V. : La commune a une population assez âgée et un de nos objectifs est justement de favoriser le maintien des jeunes sur Carnoux. On est actuellement à 16% de logements sociaux contre 25% exigés, c’est à dire qu’en gros, il nous manque 300 logements sociaux. Mais la ville est relativement restreinte en termes d’espace. Cependant on a encore des possibilités, pas pour faire de grandes barres d’immeubles, mais quelques logements par-ci par-là et plutôt des logements sociaux parce que c’est une vraie demande. Les jeunes carnussiens ont beaucoup de mal à se loger, à rester en ville. C’est aussi ce qui contribue au vieillissement de la population, au manque de dynamisme culturel. L’objectif est qu’on puisse trouver des solutions pour développer un peu plus de logements accessibles aux plus jeunes.

    Quelles sont vos orientations en matière d’environnement?

    M.V : Avec le changement climatique, il faut que les communes s’adaptent, et peut-être ici mieux prendre en compte les risques feux de forêt, et inondations. Le centre-ville est très minéralisé, avec des esplanades bétonnées. En période de canicule, ça fait des îlots de chaleur avec des habitants dans les immeubles à côté qui souffrent. On pourrait donc développer un peu la végétalisation de ce centre-ville. On a par ailleurs un jardin partagé, qu’on a mis en place il y a quelques années, qui pourrait être agrandi. On pourrait peut-être même en utiliser une partie pour la confier à un maraîcher, pour alimenter un peu le marché de Carnoux en circuit court ou les cantines scolaires.