En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

Trente-trois millions et cinq cent mille euros. En l’état actuel du projet de loi de finances 2027, voici le montant de la perte de dotations de l’État qui guette la Métropole (27,25M) et la Ville de Montpellier (6,3M). Du côté des Départements et de la Région Occitanie, pas encore de chiffre officiel. Mais l’ardoise serait encore plus salée étant donné que l’État a prévu de faire les poches des Départements et des Régions pour 1 milliard d’euros de plus chacun. « Pour l’Occitanie, ce devrait être entre 100 et 200 millions en moins. Soit l’équivalent de deux années consécutives de rénovation de nos lycées », illustre le vice-président régional, Kamel Chibli (PS).

Face à cette nouvelle cure d’austérité qui s’ajoute aux baisses drastiques de ces dernières années (moins 800 millions pour la Région en 10 ans), Michaël Delafosse et Carole Delga ne restent pas silencieux. Le maire de Montpellier s’est fendu d’un courrier au gouvernement et aux parlementaires. Il leur demande un amendement correctif. « Montpellier a la dotation globale de fonctionnement (DGF) la plus faible de France rapportée à son nombre d’habitants », pointe M. Delafosse (PS). Sans renoncer à son « bouclier social » (transports gratuits, mutuelle communale, tarifs réduits à la cantine…), il s’inquiète pour le calendrier de certains projets. Rappelant que les collectivités produisent 70% de l’investissement public et qu’il ne souhaite pas toucher aux taux d’imposition, l’édile PS prend les devants. « Il va falloir phaser nos investissements, prioriser nos choix. J’espère qu’on sera entendus sinon on va réduire mécaniquement nos investissements. »

Du côté de la Région Occitanie qui ne dispose plus qu’aucun levier fiscal et a été durement mise à contribution depuis deux ans, la coupe est pleine. « Si on nous ponctionne encore l’an prochain, je ne vois pas comment on va pouvoir répondre aux défis du changement climatique, avec l’effet ciseau de la croissance démographique », redoute Kamel Chibli.

Carole Delga promet que l’éducation restera la priorité numéro 1 de la Région qui investit dans ses lycées (dont 75% ont été rénovés) 10 euros de plus par habitant comparé à la moyenne. Toutefois, la présidente socialiste s’inquiète, elle aussi, du « désengagement de l’État », au point de lancer, le 15 octobre, un appel à la mobilisation pour sauver l’apprentissage et la formation professionnelle. En un an, ses recettes pour l’apprentissage ont chuté de 88% (15,2M à 1,88M). Avec pour conséquence une menace sur 10 000 places de formation et 4 000 apprentis avec 200 à 250 sessions de formations qui pourraient fermer ainsi que 58% de filières CFA. Avec la suppression de ces crédits pour l’emploi, l’Occitanie estime subir une perte d’environ 100 millions d’euros au moment où « le chômage remonte, que les mutations économiques accélèrent les besoins de reconversion et que les entreprises peinent à recruter ».

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