Tag: austérité

  • À Montpellier, le Pacte du pouvoir de vivre dénonce le budget 2027

    À Montpellier, le Pacte du pouvoir de vivre dénonce le budget 2027

    Le Pacte du pouvoir de vivre regroupe au plan national une soixantaine d’organisations syndicales, associatives et citoyennes engagées pour la justice sociale, écologique et démocratique. À Montpellier son groupe local dénonce « la déconnexion croissante entre l’action gouvernementale et les réalités sociales, économiques et environnementales vécues par la population », explique Bernard Morin, un de ses animateurs. « Les mobilisations actuelles des lycéens, des étudiants, des salariés et des retraités traduisent des préoccupations légitimes qui nécessitent écoute, dialogue et réponses concrètes », explique le militant.

    Tout « en condamnant absolument les violences, les dégradations et les pillages, elles invitent à s’interroger sur leurs causes sociétales et demandent au gouvernement d’assurer la sécurité publique et, tout autant, d’apporter des réponses concrètes et ambitieuses aux revendications exprimées ». Et d’ajouter : « La déconnexion gouvernementale se manifeste également dans un projet de budget 2027 injuste, susceptible d’appauvrir la grande majorité de la population face à la hausse du coût de la vie et des dépenses énergétiques et de santé, tout en épargnant largement les plus hauts revenus. » Le Pacte du pouvoir de vivre critique notamment le gel ou la réduction des retraites, de certaines aides sociales, la stagnation des rémunérations, l’augmentation du reste à charge des patients et la diminution des moyens consacrés à la transition écologique, à la rénovation énergétique et à la protection de la biodiversité.

    Et d’appeler « à des politiques publiques ambitieuses, fondées sur la justice sociale, la réduction des inégalités et de la pauvreté, l’anticipation des crises. Il souligne, pour y parvenir, l’importance d’associer bien davantage les citoyens, les syndicats, les associations et les acteurs de terrain à l’élaboration des solutions ».

  • [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    Manger ou faire le plein ? » À l’approche du 5 novembre, la question placardée par la CGT mines-énergie de l’Hérault donne le ton. Après la grève des services publics le 29 septembre et les mobilisations lycéennes qui ont secoué le pays en octobre, les syndicats appellent à élargir la contestation. Dans le Gard comme dans l’Hérault, salariés du public et du privé, jeunes et retraités sont invités à battre ensemble le pavé pour les salaires, les services publics et les libertés.

    « Quand on travaille, on ne devrait pas avoir à choisir entre se nourrir, se loger, se chauffer ou se soigner », dénonce Sylvie Da Costa, de la CFDT du Gard. Elle réclame notamment 100 euros nets de plus pour le Smic, des négociations salariales dans toutes les branches et une revalorisation des agents publics. À l’hôpital, à l’école ou dans les collectivités, « le dévouement ne paie pas les factures », insiste-t-elle, tandis que les effectifs manquent et que les conditions de travail se dégradent.

    Même constat dans l’énergie. Selon la CGT mines-énergie de l’Hérault, le salaire national de base n’a progressé que de 7,7% en dix ans, contre 20,8% d’inflation cumulée. « Jamais la précarité n’a été aussi forte, même dans nos entreprises », s’indigne le syndicat, qui dénonce le refus des directions d’accorder un rattrapage salarial. « Des agents sautent des repas, ne peuvent plus faire leur plein, se saignent pour payer les études de leurs enfants », alerte la CGT, qui appelle à la grève.

    Pour Pascale Thoirey, de la FSU Gard, l’enjeu dépasse le seul pouvoir d’achat. « C’est juste des êtres humains qui voudraient pouvoir vivre comme des êtres humains de leur travail », résume-t-elle. Elle dénonce le gel du point d’indice et réclame une révision des grilles salariales. Dans l’Éducation nationale, elle décrit des accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) soumises à la précarité : « Certaines ont 18 ans d’ancienneté et arrivent péniblement à 1 000 euros par mois. »

    La jeunesse, moteur

    de la contestation

    La colère sociale rejoint celle des lycéens, mobilisés depuis plusieurs semaines contre le manque de moyens et la sélection dans les études supérieures. Dans l’Hérault, FO réclame « l’abrogation immédiate de Parcoursup », des recrutements massifs d’enseignants et des moyens supplémentaires pour la médecine scolaire. « Les lycéens d’aujourd’hui sont les salariés de demain », souligne l’organisation.

    Les annonces gouvernementales du 26 octobre n’ont pas convaincu. Plafonnement progressif de certaines classes de seconde à 28 élèves, annulation annoncée de 836 suppressions de postes dans le secondaire, pistes d’aménagement de Parcoursup : pour FO, le gouvernement « manœuvre et lâche des miettes ». Pascale Thoirey est plus cinglante : « Ce ne sont pas des avancées. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. » Elle reproche à l’exécutif de reporter une partie des mesures après 2027, alors que les besoins sont immédiats : moins d’élèves par classe, des enseignants formés et remplacés, un véritable statut pour les AESH. La bataille se joue également autour du budget 2027. L’intersyndicale héraultaise exige des hausses de salaires et de pensions, la défense de la Sécurité sociale et une politique industrielle tournée vers l’emploi et la transition écologique.

    À l’approche du rendez-vous, P. Thoirey espère voir « des gens qui n’ont pas l’habitude de venir manifester ». « Les services publics concernent tout le monde », rappelle-t-elle. « Tous les gens qui seront dans la rue le 5 le font dans l’intérêt collectif pour que les générations suivantes puissent vivre mieux que nous. » Quant à la suite, rien n’est écrit : « Le mouvement social ne se décrète pas. » Le 5 novembre devra dire si cette convergence peut prendre de l’ampleur.

    Dans le Gard : à Alès à 10h devant la sous-préfecture et à Nîmes à 14h, en bas de l’avenue Jean-Jaurès. Dans l’Hérault : à Montpellier (14h, place Albert-Ier), Béziers (10h30, Bourse du travail), Lunel (11h30, place de la République), et Sète (10h30, place de la Mairie).

  • Carole Delga lance les travaux dans les lycées et un outil d’échanges

    Carole Delga lance les travaux dans les lycées et un outil d’échanges

    Compte tenu de la liste des revendications, il y a fort à parier que les mesures annoncées jeudi 29 octobre par Carole Delga (PS) ne suffiront pas à contenter les lycéens. Mais tandis que le gouvernement est longtemps resté muet avant de concéder de timides mesures, la démarche de la présidente de Région a le mérite d’exister dans un contexte budgétaire contraint.

    Premièrement, l’enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros supplémentaires afin de mieux prémunir les lycées d’Occitanie des effets du réchauffement climatique est confirmée. D’ici le mois de mai 2027, vont être réalisés des travaux visant à limiter les fortes chaleurs, en priorité dans les salles d’examen et ailleurs quand c’est possible. Vont être installés des brise-soleil, des films de peinture sur les vitres, des brasseurs d’air et quand c’est la seule solution viable : la climatisation. Hors « demandes exagérées », les travaux les plus utiles vont être lancés en « procédure d’urgence ». « On a fait une demande d’accélération auprès des architectes de France, certaines façades étant classées monuments historiques ou dans le périmètre classé », précise Carole Delga.

    Cette rallonge qui s’ajoute aux 200 millions d’euros investis dans les 226 lycées d’Occitanie, la présidente de Région l’a décidée suite aux rencontres des élus régionaux avec les chefs d’établissement et des lycéens depuis la canicule précoce du mois de mai. « 20% de hausse du nombre de jours de canicule, on n’avait jamais vu ça », rappelle la présidente socialiste.

    Un outil accessible aux lycéens par ordinateur

    De ces échanges est aussi apparu le constat que l’information avait parfois du mal à circuler. « Les lycéens manquent d’information et nos services n’ont pas été informés de certaines situations », concède Carole Delga. Voilà pourquoi sur le modèle de l’outil « Direct-Région » créé il y a peu pour fluidifier les relations avec les maires, la Région Occitanie annonce lancer la plateforme « Direct-lycées ». Accessible depuis l’Ordinateur portable offert gratuitement aux lycéens, l’outil numérique va permettre aux lycéens de faire des demandes via un formulaire. Et aussi à la Région de mieux communiquer sur ses actions concrètes dans les lycées. « Je ne considère pas les lycéens comme des enfants mais comme des adultes en devenir, des citoyens éclairés. Cet outil leur permettra de donner leur avis, d’être écoutés », résume la présidente. Jusqu’à la fin de l’année, 28 lycées tests (2 par départements sauf l’Hérault et la Haute-Garonne où ce sera 3 chacun) vont expérimenter « Direct lycées ». En janvier ou février 2027, le dispositif devrait être généralisé. La Région espère ainsi une « meilleure réactivité ». Pour l’heure, Carole Delga ne cache pas sa déception suite aux premières réponses « déconnectées » du gouvernement. « Il a été annoncé 1 000 places de plus dans la santé mais la présidente des Régions de France que je suis n’a toujours pas été contactée. J’imagine que ce sont des places d’infirmiers, de soignants, de médecins mais on n’en sait pas plus », s’étonne-t-elle. Quant à la grande mesure du prêt bonifié pour les Régions, la présidente manque de s’étrangler. « Avec des taux d’intérêt à 5%, ce n’est pas un acte de bonne gestion que de s’endetter en 2026 comme avant. »

    Plutôt que de l’argent à rembourser qui va grossir la dette, l’élue socialiste aurait préféré que l’État stoppe l’hémorragie qui a vu les Régions amputées de 1,7 milliard d’euros de dotations sur les deux dernières années. « Notre budget 2026 fait 3,5 milliards d’euros, il devrait être à 4. Si en 2027 et 2028 on nous enlève encore 100 millions d’euros, on va avoir une équation budgétaire intenable. »

  • La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    Les colères ne sont pas près de s’éteindre sur le terrain social et les interdictions de manifester et autres couvre-feux n’y font rien. Les jeunes sont décidés à maintenir la pression sur le gouvernement et le chef de l’État, Emmanuel Macron.

    Ce dernier a fini par vaciller : Après plus d’un mois de blocus, le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre plusieurs mesures pour tenter d’éteindre le mouvement de contestation des lycéens et des étudiants, dont le remplacement en 2028 de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup. Insuffisant pour l’organisation syndicale Mouvement lycéen : « Nous avons arraché un premier recul : celui des promesses. Mais le compte n’y est pas », a-t-elle réagi mardi 27 octobre dans un communiqué. C’est surtout sur le fond des annonces que l’organisation se montre la plus critique : « Macron ne tient pas sa plus grande promesse : celle de nous offrir un avenir. Nous voulons la garantie de pouvoir vivre dignement en France. Chaque jeune doit pouvoir accéder à un travail utile à la société et émancipateur, sans subir les inégalités au travail, et pouvoir décider de l’avenir de notre pays. » Interviewé mercredi 28 octobre sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, le chef de l’État a appelé les lycéens à « reprendre les cours » dans « le calme » lors de la rentrée de ce lundi 2 novembre, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de « compassion » pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre, alors que le niveau de répression a passé un cap .

    Les organisations de jeunesse seront aux côtés de l’intersyndicale qui organise, jeudi 5 novembre, une journée de grèves et de manifestions dans tout le pays à l’appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU. Cinq organisations représentants l’essentiel des travailleurs du public et du privé. Pour la CGT, « le projet de budget tourne le dos à la jeunesse et à ses revendications légitimes ». Plus largement « les choix du gouvernement vont encore peser sur nos vies et nos droits : se soigner correctement, vivre dignement de son salaire ou de sa pension, compter sur des services publics accessibles sur tout le territoire… ce sont des droits essentiels à garantir, pas des économies à réaliser ». Pour les syndicats, il s’agit de proposer un contre-récit à celui distiller par la macronie, la droite et l’extrême droite notamment sur la dette publique. « La situation actuelle n’est pas due au niveau des dépenses sociales, qui sont utiles pour toutes et tous, mais des milliards d’euros de recettes dont on se prive en faisant des cadeaux aux ultra-riches et aux grandes entreprises, sans aucune utilité sociale », réplique la CGT. Et de mettre l’accent sur la répartition des richesses. « D’un côté, les aides publiques aux entreprises ont fortement progressé et atteignent plus de 200 milliards d’euros par an. De l’autre, les sommes versées aux actionnaires battent des records, avec plus de 60 milliards d’euros ces 6 premiers mois pour le CAC 40. La question est de savoir à quoi il sert car seul notre travail crée les richesses, elles doivent profiter à toutes et tous pour vivre » argumente la centrale de Montreuil. Pour la CFDT « l’austérité à long terme n’est plus tenable, notamment pour les revenus les plus bas, il est temps de remettre la justice sociale au cœur des choix économiques ». Dans l’Hérault et le Gard, plusieurs manifestations sont prévues notamment à Montpellier, Sète, Béziers, Nîmes et Alès.

    Les manifs du 31 octobre et du 5 novembre

    Samedi 31 octobre

    Hérault : Montpellier, sit-in 14h devant la mairie. Béziers, 10h30 manif départ place David-d’Angers, sit-in devant la mairie. Gard : Nîmes, sit-in 14h devant la mairie, manif 14h Jardins de la Fontaine.

    Jeudi 5 novembre

    Gard : Alès 10h devant la sous-préfecture, Nîmes 14h, bas de l’avenue Jean-Jaurès. Hérault : Montpellier, 14h, place Albert-Ier, Béziers, 10h30, Bourse du travail, Lunel, 11h30, place de la République, Sète, 10h30, place de la mairie.

  • Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ils refusent d’être « un maillon dans la chaîne de leurs guerres ». Les représentants des syndicats de dockers de 35 ports européens avaient signé, le 19 mai, une déclaration commune à Istanbul. Après une première journée d’action le 6 février, qui avait touché une vingtaine de ports dans sept pays, selon les organisateurs, ce sont aujourd’hui plus de 120 syndicats dans 113 ports de 23 pays, sur les cinq continents, qui ont répondu à l’appel, annonce la Fédération syndicale mondiale (FSM) sous le mot d’ordre : « Ports pour la paix, emplois dignes ».

    Les syndicats réclament la fin des conflits au Moyen-Orient, l’ouverture de corridors humanitaires vers Gaza et l’interdiction d’utiliser les ports pour acheminer du matériel militaire. Ils expriment aussi leur solidarité avec les peuples de Cuba, du Venezuela et du Soudan.

    En France, la CGT prévoit 24 heures d’arrêt dans tous les ports avec 14 000 travailleurs portuaires, dont quelque 7 500 dockers concernés. En Italie, le syndicat USB appelle à une grève générale. En Grèce, le syndicat Enedep et le Pame annoncent une grève dans le port du Pirée, le plus grand du pays.

    Des ports à « 95% à l’arrêt »

    Espagne, Grèce, Slovénie, Chypre, Suède, Danemark, Portugal, Irlande et Allemagne ont été rejoints par d’autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et en Inde, puis par des ports d’Amérique, d’Asie, d’Afrique et d’Australie pour dire « non à la guerre et à la militarisation des ports en cours ».

    Les signataires de l’appel affirment que « les ports appartiennent aux peuples et aux travailleurs et ne sont pas des bases appartenant à l’Otan, ni aux États-Unis, ni à l’Union européenne ». Le 4 juin, les dockers de Fos-sur-Mer avaient déjà refusé de charger un cargo acheminant des pièces de fusils-mitrailleurs à destination de Haïfa. Le syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du golfe de Fos avait précisé que « les dockers et portuaires du golfe de Fos ne participeront pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».

    Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), environ 80% du volume du commerce mondial transite par voie maritime. Or, sur les quais, lorsque les dockers cessent le travail, c’est toute la chaîne qui casse. En France, Tony Hautbois, le secrétaire général de la Fédération nationale des ports et docks CGT, qui représente 90% des salariés du secteur, annonce que les ports français seront « à l’arrêt à 95% », ce vendredi.

    De quoi perturber les flux de marchandises et les chaînes d’approvisionnement nationales. Cette journée morte entraînera mécaniquement des retards importants dans le traitement des conteneurs avec des navires bloqués au large, faute de déchargement. Les armateurs et les transitaires estiment qu’un jour d’arrêt portuaire nécessite en moyenne trois à quatre jours pour résorber l’accumulation de marchandises.

    Ni guerre, ni austérité

    Dans son communiqué, la Fédération des ports et docks CGT dénonce ces « économies de guerre qui se mettent en place au détriment des politiques de santé, des services publics, de l’éducation » dans le deuxième pays producteur et exportateur d’armes. La mobilisation de ce 30 octobre est également présentée comme un combat pour la défense des conquis sociaux remis en cause par le nouveau budget « d’euro-austérité » porté par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. La CGT s’oppose à ses orientations, jugées « destructrices pour les systèmes de solidarité ». Les syndicats redoutent des coupes dans les protections sociales et s’élèvent contre la déréglementation des emplois par l’automatisation des opérations de manutention.

    Le syndicat fustige « les attaques contre les emplois, les métiers, les droits et les libertés des travailleurs et les citoyens qui se multiplient ». Il condamne également « la répression par la force et la violence contre la jeunesse qui exprime à juste cause son besoin d’un avenir meilleur ». L’appel à la grève interprofessionnelle du 5 novembre, qui inclut le privé, prolongera de ce mouvement de contestation budgétaire et sociale. « La force de notre syndicalisme nous permet de faire la démonstration de notre capacité de mobilisation pour des journées internationales comme celle du 30 octobre. Il y a aussi, au national, l’appel pour le 5 novembre. On y mettra un haut niveau de mobilisation », annonce Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération.

    REPÈRES

    24

    infrastructures majeures françaises seront paralysées pendant 24 heures : Boulogne, Brest, Dunkerque, Calais, La Rochelle, Le Havre, Rouen, Paris, Lorient, Marseille, Roscoff, Bayonne, Bastia, Bordeaux, La Réunion, Nice, Ajaccio, Saint-Nazaire, Port-Vendres, Saint-Malo, Cherbourg, Sète, Toulon et Fos-sur-Mer.

    Économie de guerre

    « Les ports, les routes maritimes, les voies ferrées, les entrepôts, la logistique et l’ensemble de la chaîne des transports sont en train d’être transformés de plus en plus ouvertement en infrastructures de guerre », affirme la déclaration d’Istanbul.

  • Austérité : l’Association des maires de France et les travaux publics alertent

    Austérité : l’Association des maires de France et les travaux publics alertent

    Jusqu’ici, les communes et les intercommunalités ne pâtissaient qu’indirectement du désengagement de l’État. Désormais, elles vont être mises directement à contribution puisque leurs dotations doivent être rabotées de 5,5 milliards d’euros.

    Une entaille au cutter qui aura de lourdes conséquences, prévient Frédéric Roig. « Il y aura un effet immédiat sur la capacité d’investissement des collectivités », assure le président héraultais de l’Association des maires de France (AMF). Car au contraire de l’État qui leur fait les poches, les Villes et intercos n’ont pas le droit de voter un budget en déséquilibre. Et ne peuvent quasiment plus jouer sur la fiscalité. « Avant on avait la main sur les taux de quatre taxes. Elles ont été remplacées par des dotations fixées par la loi de finances. On n’a plus aucune prise, c’est une forme de tutelle. Pas de bras, pas de chocolat ! ».

    Trésorerie et capacité d’investissement en berne

    Moins de recettes, « ça signifie soit plus d’emprunt donc plus de dette, soit moins d’investissement », résume Frédéric Roig qui illustre. « Le Lodévois Larzac aurait besoin de 80 millions d’euros de besoin d’investissement sur ses réseaux d’eau et d’assainissement. On est loin d’avoir les moyens ». Il ajoute que les fonds de compensations ne sont pas à la hauteur des transferts de compétence censés venir « à l’euro près ». « On a aussi des imprévus. J’ai 60 000 euros à sortir pour réparer des chemins à cause des intempéries alors que je n’ai pas débuté les arbitrages budgétaires. Les assurances ne payent jamais la totalité », illustre le maire de Pégairolles de l’Escalette.

    La dégringolade a déjà débuté. En France, la trésorerie nette du bloc communal est passée de 43,7 milliards d’euros en 2022 à 37,9 en 2025. Entre 2019 et 2025, la capacité d’investissement a baissé de 13,6% à 6,6% dans les communes, de 18,1% à 8,6% chez les intercommunalités. Face à cette trajectoire, le projet de loi de finances 2027 apparaît d’autant plus inquiétant et pas seulement pour les collectivités. Les travaux publics qui dépendent à 70% de la commande publique font grise mine. « Les gros chantiers de la LGV ou du Contournement routier de Montpellier feront un appel d’air mais très insuffisant pour mobiliser les 6 000 emplois et les 200 entreprises de l’Hérault », tempère aussitôt Olivier Giorgiucci.

    Si le président délégué de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) est aussi inquiet, c’est qu’il y a près d’un an que le navire dérive. « Avant les municipales, on s’attendait à une chute, c’est cyclique. D’habitude ça repart après les élections mais cette fois le rebond n’a pas eu lieu ». En juillet dernier, Olivier Giorgiucci avait alerté une première fois en constatant que les prises de commande avaient reculé de 25,5% et les appels d’offres publics de 26% comparé à juillet de l’année précédente.

    Entreprises sur la sellette

    Les conséquences se font déjà sentir sur l’emploi. Les entreprises faisant d’abord travailler leurs salariés, « les sous-traitants, locatiers d’engins (prêt de machines) et les agences d’intérimaires s’effondrent avec nous derrière. Depuis 2026, il y a des régimes d’activité partielle », insiste Olivier Giorgiucci qui lance un « cri d’alarme ». « D’ici la fin de l’année on aura des liquidations. 5 à 20 entreprises vont disparaître avec 200 emplois ». Le président de la FRTP appelle les collectivités à au moins continuer à entretenir les réseaux, les équipements et le patrimoine. « Sinon ça coûtera dix fois plus cher demain. Si on ne repeint pas le volet, il faudra en acheter un neuf ».

    De son côté, l’AMF 34 alerte les parlementaires et réclame au gouvernement deux mesures clé. Le renoncement à la baisse de la compensation de TVA avec maintien à l’année N+1 (et pas N+2) du taux de remboursement à 16,404% au lieu des 11,404% prévus. Ainsi que l’exonération du bloc communal pour tout ou partie de la contribution progressive à l’effort budgétaire (2,5 milliards d’euros). « On est conscient que l’effort doit être collectif mais graduel et mesuré », conclut Frédéric Roig.

  • En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    Trente-trois millions et cinq cent mille euros. En l’état actuel du projet de loi de finances 2027, voici le montant de la perte de dotations de l’État qui guette la Métropole (27,25M) et la Ville de Montpellier (6,3M). Du côté des Départements et de la Région Occitanie, pas encore de chiffre officiel. Mais l’ardoise serait encore plus salée étant donné que l’État a prévu de faire les poches des Départements et des Régions pour 1 milliard d’euros de plus chacun. « Pour l’Occitanie, ce devrait être entre 100 et 200 millions en moins. Soit l’équivalent de deux années consécutives de rénovation de nos lycées », illustre le vice-président régional, Kamel Chibli (PS).

    Face à cette nouvelle cure d’austérité qui s’ajoute aux baisses drastiques de ces dernières années (moins 800 millions pour la Région en 10 ans), Michaël Delafosse et Carole Delga ne restent pas silencieux. Le maire de Montpellier s’est fendu d’un courrier au gouvernement et aux parlementaires. Il leur demande un amendement correctif. « Montpellier a la dotation globale de fonctionnement (DGF) la plus faible de France rapportée à son nombre d’habitants », pointe M. Delafosse (PS). Sans renoncer à son « bouclier social » (transports gratuits, mutuelle communale, tarifs réduits à la cantine…), il s’inquiète pour le calendrier de certains projets. Rappelant que les collectivités produisent 70% de l’investissement public et qu’il ne souhaite pas toucher aux taux d’imposition, l’édile PS prend les devants. « Il va falloir phaser nos investissements, prioriser nos choix. J’espère qu’on sera entendus sinon on va réduire mécaniquement nos investissements. »

    Du côté de la Région Occitanie qui ne dispose plus qu’aucun levier fiscal et a été durement mise à contribution depuis deux ans, la coupe est pleine. « Si on nous ponctionne encore l’an prochain, je ne vois pas comment on va pouvoir répondre aux défis du changement climatique, avec l’effet ciseau de la croissance démographique », redoute Kamel Chibli.

    Carole Delga promet que l’éducation restera la priorité numéro 1 de la Région qui investit dans ses lycées (dont 75% ont été rénovés) 10 euros de plus par habitant comparé à la moyenne. Toutefois, la présidente socialiste s’inquiète, elle aussi, du « désengagement de l’État », au point de lancer, le 15 octobre, un appel à la mobilisation pour sauver l’apprentissage et la formation professionnelle. En un an, ses recettes pour l’apprentissage ont chuté de 88% (15,2M à 1,88M). Avec pour conséquence une menace sur 10 000 places de formation et 4 000 apprentis avec 200 à 250 sessions de formations qui pourraient fermer ainsi que 58% de filières CFA. Avec la suppression de ces crédits pour l’emploi, l’Occitanie estime subir une perte d’environ 100 millions d’euros au moment où « le chômage remonte, que les mutations économiques accélèrent les besoins de reconversion et que les entreprises peinent à recruter ».

  • Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Des violences condamnables mais qui ne tombent pas du ciel. Tout en ayant une pensée pour les commerçants vandalisés, Loïc Linarès appelle le gouvernement à un autre niveau de relations avec les citoyens. « Il faut avoir le même niveau d’exigence pour faire régner l’ordre que pour répondre aux attentes légitimes des jeunes qui font écho à celles des pêcheurs, viticulteurs et des Gilets jaunes dès 2018. »

    Pour mener à bien son mandat à la tête de Sète Agglopôle, il attend de l’État autre chose qu’une nouvelle cure d’austérité contre les collectivités. « Elles sont le dernier amortisseur social pour panser les maux de la société. Là, on perdrait 2 millions d’euros en 2027. Le gouvernement nous demande de renoncer à des investissements (-10% prévus), il fait fausse route. Notre territoire subit la crise industrielle, climatique (…). On a besoin d’agir et préparer l’avenir. »

    Voilà pour le contexte un peu morose. Mais Loïc Linarès ne se résigne pas. La preuve ? Il vient de lancer une grande concertation pour faire émerger des idées auprès des professionnels, citoyens, associations… 7 réunions publiques sont prévues jusqu’à décembre suivies d’une première synthèse en février puis d’une restitution à la rentrée 2027. « Pour retrouver la confiance des habitants, il faut de l’écoute et de l’audace pour donner des perspectives, de l’espoir. »

    Bientôt des régies ?

    D’ici là, le président et son équipe continuent de gérer les dossiers et les urgences. 6 millions ont été investis face à la crise conchylicole (face aux eaux pluviales, travaux à Sète sur les réseaux et le quai du Bosc…). Un mas destiné à mettre à l’abri les coquillages a été acheté à Frontignan, il sera opérationnel l’hiver 2027-2028. « On travaille aussi avec Suez sur des process de recherche-développement sur la gestion du norovirus et sa meilleure filtration dans le réseau d’assainissement. » À ce sujet, un travail a été engagé pour la réutilisation des eaux usées à usage agricole. Sur l’eau potable, une discussion va s’engager avec les communes pour un éventuel passage en régie en 2028.

    Au sujet des déchets, exit Nicollin, place dès 2027 à Urbaser, qui a remporté l’appel d’offres. Le marché de collecte (sur 8 ans pour 65 millions d’euros) concerne Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval, Gigean et Balaruc-le-Vieux. Avec un « système de bonus/malus », le but est « d’améliorer la gestion du tri et des déchets professionnels ». Sera aussi construit un bâtiment voué à devenir public pour « créer les conditions d’un passage en régie publique ». En attendant que la chaudière CSR soit construite, Sète Agglopôle accepte durant 4 ans de brûler 40 000 tonnes annuelles de déchets de la Métropole de Montpellier qui prend ses biodéchets en contrepartie.

    Soutien affiché à la LGV

    Face à une « tension foncière réelle » dans un « territoire attractif », Loïc Linarès lance une révision du Plan local de l’habitat. « On a la chance d’avoir des friches industrielles (30 ha mobilisables dans les 20 ans) portuaires, à l’entrée Est de Sète, sur l’ex-site dépollué Lafarge à Frontignan (…) et des opérations de renouvellement urbain dans les centres anciens ». Face à la pression d’Airbnb et aux besoins de toits, « on doit rester maître, préserver l’équilibre ».

    Côté développement économique aussi, l’élu PS souhaite « saisir les opportunités ». Et parfois savoir dire non. « Par le passé, des activités ne se sont pas installées au bon endroit. » Au contraire, il veut créer des « conditions d’échanges avec les entreprises à potentialités », par exemple sur l’éolien en mer. « Pour dynamiser l’emploi, on doit travailler avec le port de Sète-Frontignan, la Région et l’État sur la formation des métiers d’avenir. » À côté, il souhaite revoir le schéma de cohérence territoriale (SCoT), notamment pour penser un « tourisme 4 saisons » face à la nouvelle donne climatique.

    Concernant le projet de LGV Montpellier-Béziers contesté par des collectifs dans le bassin de Thau, Loïc Linarès rappelle que « des avancées concrètes » ont été obtenues. « Cette ligne aura des impacts, il faut préserver au mieux. » Les forages prévus à Issanka n’ont pas encore débuté. Des réunions sont prévues après la Toussaint. Pour le bassin de Thau, l’enjeu en matière de transports est de conserver des TGV en gare de Sète, d’obtenir davantage de fret – « une nécessité pour développer le port » – et plus de trains du quotidien (une centaine de TER quotidiens contre 65). « Cette LGV est nécessaire, il nous faut des garanties. »

  • Ne pas lâcher la proie pour l’ombre

    Ne pas lâcher la proie pour l’ombre

    De quoi Parcoursup est-il le nom ? D’abord d’une grande opacité : depuis sa mise en place, l’avenir de nos enfants est confié à un algorithme obscur qui gère la pénurie des places dans l’enseignement supérieur. Ensuite, c’est aussi le nom d’une grande angoisse parmi les jeunes et dans les familles liée au sentiment de ne pas avoir de prise sur son destin quels que soient les efforts produits. Enfin, Parcoursup, c’est le nom d’une interface numérique qui masque le problème du manque de moyens dans l’enseignement supérieur français alors qu’on estime qu’entre 2004 et 2024, le nombre d’étudiants a augmenté de 33%, tandis que celui des enseignants titulaires du supérieur a diminué de 8%.

    Sous la pression du mouvement lycéen, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que cette plateforme d’orientation post-bac sera remplacée en 2028, après une « évolution forte » vers plus de transparence l’an prochain.

    La jeunesse mérite mieux

    C’est le sens du débat sans-vote qui est programmé, ce mercredi, à l’Assemblée nationale.

    Les lycéens mobilisés comme les parlementaires ne doivent pas lâcher la proie pour l’ombre : si le gouvernement semble prêt à jeter symboliquement Parcoursup par-dessus bord pour tenter de trouver l’apaisement, c’est bien la politique qui est derrière cette plateforme qu’il faut abandonner. Une politique d’austérité et de gestion de la pénurie.

    La réalité est là : en plus des insatisfactions et des injustices produites par ce système, 126 500 candidats sont restés sans affectation cette année et 150 000 jeunes sont contraints de se tourner vers le privé, au prix de frais exorbitants et de l’endettement de leurs familles.

    La jeunesse mérite mieux.

  • Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    Les députés étrillent le gouvernement sur la Sécu

    À six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte social inflammable après un week-end de forte mobilisation dans la rue et des violences, les débats budgétaires se tiennent dans une atmosphère fort peu propice aux compromis.

    Après avoir interrompu lundi l’examen du budget de l’État, qui doit reprendre la semaine prochaine, les députés se penchent sur le financement de la Sécurité sociale, que le gouvernement souhaite diminuer prétextant faire dégonfler le déficit en 2027 en le divisant presque par deux, à 12,7 milliards, contre 21,8 milliards en 2026. Au menu : faire contribuer les retraités, ou des économies sur les dépenses de santé, dont un milliard sur les arrêts maladie. « La réduction du déficit ne se fera pas sans faire des choix. Et parfois, ces choix ne seront pas simples », a déclaré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Mais les critiques ont fusé de presque tous les bancs.

    « Une attaque frontale »

    C’est « une attaque frontale contre la sécurité sociale », a notamment dénoncé Yannick Monnet (communiste) « Ce budget n’est pas un budget d’austérité », a assuré la macroniste Annie Vidal, mettant en garde contre la tentation de laisser le pays sans budget, tandis que Liot et le Modem ont mis en avant leur volonté de compromis, sans épargner le gouvernement. Même les macronistes refusent toutefois la réduction des allègements patronaux censée rapporter 3,7 milliards d’euros à la Sécu, également contestée par Horizons. En face, le ministre des Comptes publics David Amiel a défendu un projet qui ne repose pas uniquement sur des économies, rappelant à la gauche qu’un tiers de l’effort vient des recettes. Les députés ont d’abord examiné une motion de rejet préalable, déposée par LFI, mais facilement repoussée (par 259 voix contre), la gauche, PS compris, étant la seule à voter pour (128 voix). Ils ont ensuite rejeté la première partie du texte, consacrée à l’actualisation des comptes de 2026. Un vote de portée limitée, qui ne revient pas sur les mesures déjà prises par décret et n’empêche pas la poursuite de l’examen du financement de 2027.

    Les députés ont en revanche approuvé des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises et exploitants agricoles victimes des incendies de cet été, ainsi que des aides aux entreprises mahoraises frappées par le cyclone Chido. Mais le gouvernement a défendu le maintien à la charge de la Sécurité sociale du coût de ces exonérations, suscitant de vives critiques.

    3 000 amendements

    Les débats devaient reprend mercredi, avec notamment en perspective des propositions de taxes sur les produits sucrés. Quelque 3 000 amendements ont été déposés, dont environ 1 280 pour arriver au bout de la partie portant sur les « recettes » de la Sécu. Le rejet de cette partie, jugé probable, pourrait interrompre les débats dès la fin de semaine, alors que les séances sont prévues jusqu’à lundi soir, week-end compris. Le texte serait transmis au Sénat sans examen des dépenses.

    Et donc sans aborder l’un des sujets les plus explosifs : une revalorisation des pensions inférieure à l’inflation pour deux tiers des retraités, censée économiser jusqu’à 4 milliards d’euros. Alors que le budget de la Sécu avait pu être adopté l’an dernier avec les voix du Parti socialiste, en échange notamment de la suspension de la réforme des retraites, un accord similaire semble cette année improbable.