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  • Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Trois élus dans le Gard bataillent chaque semaine face à la gestion municipale de l’extrême droite. Jérôme Jackel à Bagnols-sur-Cèze, Magali Nissard à Vauvert et Luc Perrin à Beaucaire. Le premier est un soutien de François Ruffin, la deuxième est socialiste et le troisième ne revendique aucune étiquette politique. Ils ne se connaissent pas, n’échangent pas et pourtant, ils mènent le même combat face à une extrême droite qui, en huit mois de gouvernance, s’en est pris à la culture, aux subventions aux associations et parfois aux locaux syndicaux comme à Bagnols.

    Aujourd’hui, ils se battent surtout pour faire entendre la voix de leurs électeurs qui n’ont pas abdiqué face à l’extrême droite. Mais en face, les élus RN tentent de museler l’opposition. « Lors du conseil municipal du mois de juin, Nicolas Meizonnet nous a attaqués de manière virulente sur notre gestion en disant que nous sommes des LFIstes », illustre Magali Nissard. « Le ton est monté après ces attaques. Après la levée du conseil, son directeur de cabinet a provoqué l’opposition. Physiquement, il ne s’est rien passé mais c’était très tendu. Au conseil municipal suivant, nous avons été obligés de rappeler que nous voulons exercer notre droit d’opposition dans le respect et dans le calme, que nous avons le droit de nous interroger et de poser des questions. Nous avons été élus pour cela, c’est notre devoir. »

    À Vauvert, comme à Bagnols, le maire Nicolas Meizonnet communique à tout-va sur les finances de la commune qu’il juge catastrophiques. En conseil municipal, il a par exemple présenté l’audit financier réalisé, sans communiquer les éléments au préalable à l’opposition qui n’a donc pas pu formuler de réponse argumentée. « Je vais saisir la préfecture car dans le règlement intérieur, il est noté que pour chaque délibération à connotation financière, la commission finance doit se réunir et donner son avis. Je suis membre titulaire de cette commission qui ne s’est jamais réunie puisque je n’ai jamais été convoquée », précise Magali Nissard qui va distribuer des tracts pour expliquer la situation financière de la commune.

    Deux recours déposés

    À Bagnols-sur-Cèze, Jérôme Jackel, déjà élu d’opposition face à Jean-Yves Chapelet lors du précédent mandat, connaît son rôle par cœur tout comme son règlement intérieur. « À la suite du conseil municipal du 23 septembre, j’ai engagé un recours devant le tribunal administratif de Nîmes afin de demander l’annulation du nouveau règlement intérieur. Lors de cette séance, j’avais présenté de nombreuses propositions d’amendements destinées à améliorer le fonctionnement démocratique de notre assemblée et à garantir les droits de tous les conseillers municipaux, particulièrement ceux de l’opposition. Or, Pascale Bordes a décidé de soumettre le règlement intérieur au vote sans organiser de vote distinct sur les amendements proposés. À quoi sert le droit d’amendement des élus si leurs propositions peuvent être écartées sans être soumises à la décision de l’assemblée ? », précise Jackel qui n’a pas non plus pu écrire dans le magazine municipal puisqu’aucune édition n’a été diffusée depuis l’élection de Pascale Bordes.

    Plus au sud, à Beaucaire, c’est justement la place accordée à l’opposition dans le magazine communal, sur Facebook et sur le site internet qui a fait bondir Luc Perrin. Suite au vote du conseil municipal sur le règlement intérieur le 22 juillet, l’élu d’opposition a attaqué cette délibération au tribunal administratif. Mais deux jours avant cette audience en référé prévue le 2 octobre, la municipalité beaucairoise a décidé d’annuler le règlement intérieur car « ils étaient sûrs de perdre ». « Aujourd’hui je suis sûr à 95% d’en déposer un nouveau d’ici un mois mais il faut que je sois sûr de gagner sinon c’est 1 500 euros de ma poche », explique Luc Perrin, prouvant avec cet exemple toute la difficulté du rôle d’élu d’opposition, surtout face au RN.

    Mais malgré ces obstacles et les nombreux messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, les élus d’opposition au Rassemblement national dans le Gard n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien se faire entendre durant les six ou sept ans de leur mandat.

  • Et si la géopolitique devenait féministe ?

    Et si la géopolitique devenait féministe ?

    L’envahissement de l’Ukraine par Vladimir Poutine en février 2022 m’a poussée à écrire parce qu’à l’époque, j’ai été très choquée par tous les commentaires de spécialistes en géopolitique sur les plateaux, que je confrontais, qui voulaient m’expliquer la rationalité derrière l’invasion de Poutine alors que j’étais convaincue que cet acte n’était pas rationnel et s’expliquait par une idéologie », lance la députée européenne gardoise.

    Cette idéologie, c’est le patriarcat, dont découle la « culture géopolitique du viol » théorisée pour la première fois par Muriel Domenach, ancienne ambassadrice de France auprès de l’Otan. « C’est une objectivation d’un peuple, comme si c’était une proie. L’Ukraine serait la possession de Poutine et de la Russie, et elle ne peut pas librement faire des choix pour son avenir. Deux semaines avant d’envahir l’Ukraine, Poutine avait dit en parlant de l’Ukraine : “que tu le veuilles ou non, ma jolie, il faudra supporter” », rappelle Chloé Ridel. D’ailleurs, elle tisse un lien saisissant entre la définition de la guerre – qui vise à contraindre un adversaire par la force – et celle du viol.

    Géopolitique,

    par et pour les hommes

    Dans son livre, la conseillère municipale de Nîmes détaille l’agression russe, l’idéologie de Poutine et les conséquences pour son pays qui a fait de la puissance une marque de fabrique, au détriment d’une véritable politique sociale, n’épargnant pas les hommes. « L’espérance de vie des hommes russes à 15 ans est d’environ 54 ans », illustre-t-elle. Dans cet essai, Chloé Ridel détaille ainsi les conséquences des investissements dans l’armée au détriment du bien-être des populations.

    Dans cet ouvrage qui aborde également le viol comme arme de guerre, Chloé Ridel tente surtout d’illustrer « un angle mort des relations internationales » : « Ce que doit la violence des relations internationales à l’idéologie viriliste, masculiniste, qui s’incarne non seulement dans de nombreux dirigeants autoritaires à travers le monde mais aussi dans la théorie même des relations internationales et dans la façon dont on pense la puissance et la compétition. » Que ce soit chez les analystes sur les plateaux de télévision ou chez les dirigeants internationaux, les femmes restent en effet sous-représentées. « Il n’y a que 11% de femmes cheffes d’État à travers le monde », rappelle-t-elle.

    Chloé Ridel s’emploie à défaire les arguments de l’école « réaliste » des relations internationales, qui affirme que la morale n’a pas sa place dans les relations entre États qui agissent en fonction de leurs intérêts définis en termes de puissance. Une école qui s’appuie sur la maxime : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Chloé Ridel défend de son côté une vision solidariste des relations internationales où la paix serait synonyme de sécurité et de développement. Elle s’appuie pour cela sur des contre-modèles comme l’ancienne première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern ou la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui défendent la paix, le dialogue, la solidarité, le soin, la coopération. Des valeurs que les dirigeants masculinistes attribuent aux femmes et donc à la faiblesse.

    « Face à la mouvance masculiniste qui progresse, on est obligé d’engager une contre-révolution que j’appelle “géoféministe”. Je considère que l’émancipation des femmes et des filles est une politique de sécurité, est une priorité de notre défense pour construire la paix demain et qu’il faut qu’on y alloue des moyens et de l’importance politique », résume l’autrice.

    * Géoféminisme, Si tu veux la paix, prépare l’égalité. 192 pages. Éditions Stock. 19 euros.

    « Il n’y a que 11% de femmes cheffes d’État
    à travers
    le monde. »

  • À gauche, Sophie Rigaut se lance à la présidence du Département de Vaucluse

    À gauche, Sophie Rigaut se lance à la présidence du Département de Vaucluse

    C’était attendu, c’est désormais officiel : Sophie Rigaut (PS) brigue la présidence du conseil départemental. L’élue du canton de Vaison-la-Romaine a officialisé, vendredi, sa candidature dans un communiqué de presse. Ce lundi à partir de 9h30, les 34 conseillers départementaux se réunissent pour désigner un successeur à Dominique Santoni (LR). La présidente a dû démissionner de sa fonction – elle reste conseillère départementale – après son élection au Sénat.

    « Je suis la candidate d’un collectif, avec mes collègues, il nous paraît important de marquer une candidature avec des priorités sur lesquelles il y a une attente, même s’il reste 18 mois de mandat », confie, à La Marseillaise, celle qui préside le groupe « Pour un Vaucluse solidaire et écologique ». « Notre assemblée a la responsabilité majeure de porter les politiques de solidarité territoriale et humaines indispensables à nos concitoyens », souligne-t-elle dans sa déclaration.

    Avantage Mounier ?

    À l’instar de ses prises de parole régulières en séance sur la protection de l’enfance, Sophie Rigaut entend « protéger les plus vulnérables d’entre nous en proposant une prise en charge adaptée aux enfants placés sous notre protection, à nos aînés, aux personnes en situation de handicap et en situation d’insertion ». Allusion à la gestion décriée du RSA par la majorité de droite. Amplification de « la politique d’accès à la santé », mais aussi plus de « volontarisme » pour construire des « logements abordables » font également partie de la feuille de route. Plan climatique aux collèges, eau, agriculture et soutien aux sapeurs pompiers complètent les axes programmatiques.

    Reste à savoir qui sera séduit par cette candidature dans une assemblée morcelée. Outre Sophie Rigaut, Anthony Zilio est le seul autre candidat déclaré (notre édition de jeudi). Le maire (DVC) de Bollène, qui avait fini par soutenir Dominique Santoni en 2021, se pose en rassembleur des blocs égaux de droite et de gauche [12 élus chacun en théorie]. Côté majorité de droite, aucune annonce officielle n’a été faite, mais Christian Mounier, vice-président délégué à l’eau et à l’agriculture, sera le candidat. Le groupe RN, fort de 7 élus, devrait se tenir à l’écart des candidatures et s’abstenir. L’extrême droite dispose d’un dernier élu, Jonathan Argenson, dernier survivant de la bompardie (Ligue du sud).

    Sophie Rigaut trace son chemin et, selon nos calculs, pourrait récolter 10 voix. Les 6 de son groupe – outre la sienne, Annick Dubois, Laurence Lefèvre, Alexandre Roux, Fabrice Tocabens et Rémy Blanc – plus 4, venues de Samir Allel (Ecologistes) et du centre gauche. À savoir le binôme Jean-François Lovisolo / Noëlle Trinquier et Max Raspail, le doyen qui présidera la séance. Selon nos informations, sa binôme Myriam Silem pencherait plutôt par le vote Zilio. Contactée, elle n’a pas donné suite. « Chacun vote en son âme et conscience, je suis fière d’avoir rassemblé autour des grandes orientations qui nous tiennent à cœur et qui sont le fruit d’un travail collectif », ne s’appesantit pas Sophie Rigaut. Pas plus que sur la candidature d’Anthony Zilio, avec qui des échanges ont eu lieu jusqu’à lundi. Est-ce que le choix du maire de Bollène a fait douter Sophie Rigaut pour se présenter ? « Non, pas du tout », assure-t-elle.

    Beaucoup d’observateurs doutent du dessein d’Anthony Zilio, qui ne pourrait recueillir que 3 voix : la sienne, son binôme Christine Lanthelme et Myriam Silel. Cela signifierait que la majorité de droite serre bien les rangs et fait bloc derrière Christian Mounier. L’ex-maire de Cheval-Blanc pourrait ainsi glaner 13 suffrages, les 12 de son groupe et celui de Léa Louard (ex-écologiste). Sachant que la majorité absolue est à 18 voix, plusieurs tours sont à prévoir.

  • En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    Trente-trois millions et cinq cent mille euros. En l’état actuel du projet de loi de finances 2027, voici le montant de la perte de dotations de l’État qui guette la Métropole (27,25M) et la Ville de Montpellier (6,3M). Du côté des Départements et de la Région Occitanie, pas encore de chiffre officiel. Mais l’ardoise serait encore plus salée étant donné que l’État a prévu de faire les poches des Départements et des Régions pour 1 milliard d’euros de plus chacun. « Pour l’Occitanie, ce devrait être entre 100 et 200 millions en moins. Soit l’équivalent de deux années consécutives de rénovation de nos lycées », illustre le vice-président régional, Kamel Chibli (PS).

    Face à cette nouvelle cure d’austérité qui s’ajoute aux baisses drastiques de ces dernières années (moins 800 millions pour la Région en 10 ans), Michaël Delafosse et Carole Delga ne restent pas silencieux. Le maire de Montpellier s’est fendu d’un courrier au gouvernement et aux parlementaires. Il leur demande un amendement correctif. « Montpellier a la dotation globale de fonctionnement (DGF) la plus faible de France rapportée à son nombre d’habitants », pointe M. Delafosse (PS). Sans renoncer à son « bouclier social » (transports gratuits, mutuelle communale, tarifs réduits à la cantine…), il s’inquiète pour le calendrier de certains projets. Rappelant que les collectivités produisent 70% de l’investissement public et qu’il ne souhaite pas toucher aux taux d’imposition, l’édile PS prend les devants. « Il va falloir phaser nos investissements, prioriser nos choix. J’espère qu’on sera entendus sinon on va réduire mécaniquement nos investissements. »

    Du côté de la Région Occitanie qui ne dispose plus qu’aucun levier fiscal et a été durement mise à contribution depuis deux ans, la coupe est pleine. « Si on nous ponctionne encore l’an prochain, je ne vois pas comment on va pouvoir répondre aux défis du changement climatique, avec l’effet ciseau de la croissance démographique », redoute Kamel Chibli.

    Carole Delga promet que l’éducation restera la priorité numéro 1 de la Région qui investit dans ses lycées (dont 75% ont été rénovés) 10 euros de plus par habitant comparé à la moyenne. Toutefois, la présidente socialiste s’inquiète, elle aussi, du « désengagement de l’État », au point de lancer, le 15 octobre, un appel à la mobilisation pour sauver l’apprentissage et la formation professionnelle. En un an, ses recettes pour l’apprentissage ont chuté de 88% (15,2M à 1,88M). Avec pour conséquence une menace sur 10 000 places de formation et 4 000 apprentis avec 200 à 250 sessions de formations qui pourraient fermer ainsi que 58% de filières CFA. Avec la suppression de ces crédits pour l’emploi, l’Occitanie estime subir une perte d’environ 100 millions d’euros au moment où « le chômage remonte, que les mutations économiques accélèrent les besoins de reconversion et que les entreprises peinent à recruter ».

  • Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Des violences condamnables mais qui ne tombent pas du ciel. Tout en ayant une pensée pour les commerçants vandalisés, Loïc Linarès appelle le gouvernement à un autre niveau de relations avec les citoyens. « Il faut avoir le même niveau d’exigence pour faire régner l’ordre que pour répondre aux attentes légitimes des jeunes qui font écho à celles des pêcheurs, viticulteurs et des Gilets jaunes dès 2018. »

    Pour mener à bien son mandat à la tête de Sète Agglopôle, il attend de l’État autre chose qu’une nouvelle cure d’austérité contre les collectivités. « Elles sont le dernier amortisseur social pour panser les maux de la société. Là, on perdrait 2 millions d’euros en 2027. Le gouvernement nous demande de renoncer à des investissements (-10% prévus), il fait fausse route. Notre territoire subit la crise industrielle, climatique (…). On a besoin d’agir et préparer l’avenir. »

    Voilà pour le contexte un peu morose. Mais Loïc Linarès ne se résigne pas. La preuve ? Il vient de lancer une grande concertation pour faire émerger des idées auprès des professionnels, citoyens, associations… 7 réunions publiques sont prévues jusqu’à décembre suivies d’une première synthèse en février puis d’une restitution à la rentrée 2027. « Pour retrouver la confiance des habitants, il faut de l’écoute et de l’audace pour donner des perspectives, de l’espoir. »

    Bientôt des régies ?

    D’ici là, le président et son équipe continuent de gérer les dossiers et les urgences. 6 millions ont été investis face à la crise conchylicole (face aux eaux pluviales, travaux à Sète sur les réseaux et le quai du Bosc…). Un mas destiné à mettre à l’abri les coquillages a été acheté à Frontignan, il sera opérationnel l’hiver 2027-2028. « On travaille aussi avec Suez sur des process de recherche-développement sur la gestion du norovirus et sa meilleure filtration dans le réseau d’assainissement. » À ce sujet, un travail a été engagé pour la réutilisation des eaux usées à usage agricole. Sur l’eau potable, une discussion va s’engager avec les communes pour un éventuel passage en régie en 2028.

    Au sujet des déchets, exit Nicollin, place dès 2027 à Urbaser, qui a remporté l’appel d’offres. Le marché de collecte (sur 8 ans pour 65 millions d’euros) concerne Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval, Gigean et Balaruc-le-Vieux. Avec un « système de bonus/malus », le but est « d’améliorer la gestion du tri et des déchets professionnels ». Sera aussi construit un bâtiment voué à devenir public pour « créer les conditions d’un passage en régie publique ». En attendant que la chaudière CSR soit construite, Sète Agglopôle accepte durant 4 ans de brûler 40 000 tonnes annuelles de déchets de la Métropole de Montpellier qui prend ses biodéchets en contrepartie.

    Soutien affiché à la LGV

    Face à une « tension foncière réelle » dans un « territoire attractif », Loïc Linarès lance une révision du Plan local de l’habitat. « On a la chance d’avoir des friches industrielles (30 ha mobilisables dans les 20 ans) portuaires, à l’entrée Est de Sète, sur l’ex-site dépollué Lafarge à Frontignan (…) et des opérations de renouvellement urbain dans les centres anciens ». Face à la pression d’Airbnb et aux besoins de toits, « on doit rester maître, préserver l’équilibre ».

    Côté développement économique aussi, l’élu PS souhaite « saisir les opportunités ». Et parfois savoir dire non. « Par le passé, des activités ne se sont pas installées au bon endroit. » Au contraire, il veut créer des « conditions d’échanges avec les entreprises à potentialités », par exemple sur l’éolien en mer. « Pour dynamiser l’emploi, on doit travailler avec le port de Sète-Frontignan, la Région et l’État sur la formation des métiers d’avenir. » À côté, il souhaite revoir le schéma de cohérence territoriale (SCoT), notamment pour penser un « tourisme 4 saisons » face à la nouvelle donne climatique.

    Concernant le projet de LGV Montpellier-Béziers contesté par des collectifs dans le bassin de Thau, Loïc Linarès rappelle que « des avancées concrètes » ont été obtenues. « Cette ligne aura des impacts, il faut préserver au mieux. » Les forages prévus à Issanka n’ont pas encore débuté. Des réunions sont prévues après la Toussaint. Pour le bassin de Thau, l’enjeu en matière de transports est de conserver des TGV en gare de Sète, d’obtenir davantage de fret – « une nécessité pour développer le port » – et plus de trains du quotidien (une centaine de TER quotidiens contre 65). « Cette LGV est nécessaire, il nous faut des garanties. »

  • La gauche appelle à répondre à la colère sociale

    La gauche appelle à répondre à la colère sociale

    Trois jours après la manifestation nationale et les violences qui l’ont émaillée en marge, les partis de gauche demandent à l’exécutif de rendre des comptes. « Toutes les violences sont condamnables, mais je veux d’abord et avant tout condamner le fiasco de ce gouvernement qui porte la responsabilité politique de ce qui s’est passé », lance Mathilde Panot, lors d’un point presse ce mardi. La présidente du groupe insoumis à l’Assemblée accuse le gouvernement d’avoir joué la stratégie du « pourrissement en n’ayant répondu à aucune des revendications ». Un gouvernement qui, selon elle a « plongé le pays dans une crise sociale et politique d’ampleur » en ayant été « incapable de garantir le droit à manifester, la sécurisation des bâtiments publics et des commerces ». Et ce, tout en rappelant les revendications des centaines de milliers de personnes dans la rue ce samedi, en premier lieu la jeunesse qui réclame un plan de 10 milliards pour les lycéens et pour l’éducation, l’abrogation de Parcoursup, mais aussi les actifs, avec le blocage des prix et l’augmentation des salaires.

    Comme les communistes (lire ci-dessus), les Écologistes réclament une commission d’enquête parlementaire pour établir les responsabilités de ce « fiasco ». La présidente du groupe Écologiste et social au palais Bourbon regrette que le président, dans son allocution, n’ait répondu à « aucune des revendications ». L’échec du gouvernement est cuisant. La seule conclusion logique est que le président de la République doit accepter la démission du ministre de l’Intérieur, qui est aujourd’hui délégitimé dans ses fonctions », appuie Cyrielle Châtelain.

    Pour le Premier secrétaire du Parti socialiste, « le gouvernement joue le pourrissement. Il fait face à un mouvement social puissant qui est né sur des bases claires : des conditions d’apprentissages dignes pour les lycéens, la possibilité de vivre de son salaire pour les travailleurs qui n’en peuvent plus », note Olivier Faure.

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.

  • Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Le mouvement lycéen, parti de région parisienne il y a près de trois semaines, est désormais massif, actif et déterminé dans tous les territoires de la métropole et en outremer. Dans l’Hérault et le Gard, la quasi-totalité des lycées publics, généraux mais aussi professionnels, est dans l’action pour exiger de bonnes conditions de travail, autant matérielles qu’éducatives.

    La maturité des lycéens, dont l’écrasante majorité sont des mineurs, est un motif de fierté pour leurs aînés. Si parents, professeurs ont décidé de les encadrer et de les protéger face à la répression ahurissante du gouvernement, le mouvement lycéen reçoit aussi le soutien et la participation des syndicats de salariés, au-delà de la seule communauté éducative. Ainsi, le syndicat CGT de l’Hérault de l’action sociale précisait, le 6 octobre dans un communiqué que « les revendications lycéennes, plus que légitimes, rejoignent les [leurs] », dont « un budget de l’Éducation nationale à la hauteur des besoins des élèves et des personnels de l’Éducation nationale, pour une augmentation des salaires, des embauches et des conditions de travail décentes dans le secteur social et médico-social ».

    Cette « convergence » entre lycéens et syndicats de salariés s’illustre aussi dans le Gard où les unions locales CGT, FSU et FO ont signé un appel commun de soutien aux adolescents en lutte et appelé à manifester le 6 octobre. « Lors du rassemblement du 29 septembre [journée de grèves et de manifestations dans la fonction publique] nous avons donné la parole à des jeunes mobilisés. Nous leur avons proposé notre solidarité et notre soutien tout en réaffirmant un principe essentiel : leur mobilisation leur appartient et nous ne déciderons jamais à leur place », précisent les trois unions locales. Ce jeudi 8 octobre, un nouvel acte de la mobilisation lycéenne a agrégé une nouvelle fois les syndicats de l’éducation nationale et de salariés.

    Les élus locaux d’Occitanie s’engagent également. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a exprimé son soutien lors du conseil municipal, le 6 octobre : « La casse, la destruction de biens, n’est jamais la solution et doit être condamnée. Mais la violence contre la jeunesse ne peut pas être la réponse. La réponse doit être le dialogue, l’esprit de responsabilité. Nous sommes ouverts pour dialoguer. Si les lycéens souhaitent des lieux pour s’exprimer, ils seront grands ouverts. Les jeunes veulent que leurs profs soient remplacés, que l’épreuve au Bac et les emplois du temps soient lisibles, cohérents. Ils veulent sortir de l’angoisse de Parcoursup », résume l’élu, lui-même professeur d’histoire-géo. « Je tenais à faire part de mon soutien. On ne peut pas être dans une surenchère de violence et de réponses anormales », a déclaré le maire socialiste. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a tenu aussi à « [s]’adresser directement aux lycéennes et aux lycéens. Votre colère, je l’entends. Vous avez raison de vous mobiliser, de demander de meilleures conditions d’études, des professeurs remplacés, davantage de moyens pour préparer votre avenir. Je sais votre inquiétude de voir les inégalités se creuser et votre sentiment de ne pas être assez écoutés ». Elle était d’ailleurs aux côtés du maire communiste de Nîmes Vincent Bouget cette semaine (lire aussi p. 7).

    Pour tous les partis de gauche, LFI, PS, EELV, NPA, PCF, il s’agit d’être aux côtés de la jeunesse dans ce mouvement à bien des égards historique. « C’est une génération entière qui aujourd’hui exprime sa colère, sa volonté de trouver dans la société la place qui lui revient. Ils et elles méritent des réponses à la hauteur de leurs attentes, de leurs espoirs et non des fins de non-recevoir quand ce n’est pas la répression et la violence policière », souligne Jacques Chabalier, secrétaire de la section de Nîmes du PCF. Pour la fédération du PCF de l’Hérault, dont la secrétaire générale est aussi élue de Montpellier, Clara Gimenez, « d’autres choix sont possibles » et « la baisse démographique (…) doit permettre de diminuer réellement le nombre d’élèves par classe, de recruter les enseignants et les personnels nécessaires et de donner davantage de temps à chacun pour apprendre et réussir ». Une visée exclue par les macronistes.

  • [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    Ils sont maires, conseillers départementaux ou plus souvent régionaux membres de la majorité Delga mais, assurent-ils, pas téléguidés par elle. « Ce n’est pas la présidente de Région qui nous a forcé la main. Nous ne sommes pas les pions de Carole Delga », insiste la vice-présidente Myriam Gairaud.

    À l’instar de la maire de Cabrières (Hérault), une vingtaine d’élus d’Occitanie prennent position la veille du premier tour de la primaire sociale démocrate (9-10 octobre). Non encartés dans un parti politique, si ces élus de la société civile ont décidé de travailler ensemble au-delà même de la primaire (un laboratoire d’idées sera peut-être créé), c’est parce qu’ils partagent un constat et deux convictions.

    Le constat, c’est que dans un contexte géopolitique mondial « fracturé », la France va mal et doit trouver une « voie raisonnable sociale-démocrate », estime Marie-Thérèse Mercier, élue régionale et ex-présidente du Medef Montpellier-Sète. « Nous sommes dans un moment très, très grave », s’inquiète Patrice Canayer à 6 mois de la présidentielle.

    Sans partager les mêmes idées sur tout, ces élus non encartés en ont. « Sans parti oui, mais apolitique certainement pas. On a des valeurs ! », recadre le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière. Son homologue ariégeoise, Mélanie Tisné-Versailles de la génération Erasmus, est « attachée à l’Europe ». Le médecin Vincent Bounes à la « construction d’un plan Marshall de la santé ». Ou son collègue à la Région, Jalil Benabdillah, à « l’European buy act ».

    La peur d’un duel LFI-RN

    Autant de propositions portées par Raphaël Glucksmann qui leur fait dire qu’il est la meilleure option. « Il donne envie, de l’espoir, il réenchante la politique », estime l’élue biterroise d’opposition, Nadia Boulet. « Il est nouveau, lui non plus on ne l’a pas essayé ! », abonde le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès.

    Au-delà de Glucksmann, ces élus sont terrifiés à l’idée d’un duel Mélenchon-Le Pen que seul J. Benabdillah tranche sans hésiter. « Certains voteraient blanc, d’autres Mélenchon. Pour ma part, je ne mets pas sur le même plan l’extrême gauche et un parti fondé par des SS. » S’ils promettent qu’« aucune de leurs voix n’irait à Le Pen », ils renvoient dos à dos « les extrêmes », autrement dit le RN et LFI.

    Et si Glucksmann perdait la primaire ? « Je ne soutiendrai aucun candidat qui s’alliera avec LFI », tranche P. Canayer. « L’arc républicain doit absolument être au 2e tour de la présidentielle », assure le maire de Gignac, Jean-François Soto. La plupart avouent qu’il leur serait plus facile de voter E. Philippe que J-L. Mélenchon face à Le Pen. Voilà qui en dit long sur l’état de la gauche.

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.