Les nuages ont laissé place au soleil, mais au réveil, Martigues porte encore les stigmates de l’épisode orageux de la veille. Comme de nombreux habitants qui arpentent les rues, Marine a enfilé des bottes en caoutchouc sur les pieds de sa fille pour aller constater « l’étendue des dégâts ».
À Ferrières, en milieu de matinée, ne restaient que quelques traces de boue. À bord de mini-pelleteuses, les services municipaux avaient déjà dégagé le gros des gravats. Sur l’Île, le quartier le plus touché par les inondations d’habitude, peu de traces des pluies torrentielles. Seul le niveau du canal central, à fleur de quai, donne un indice des pluies torrentielles de mardi. Dans son salon de toilettage, Raphaëlla confie : « J’ai rien eu pour une fois. Je pensais vraiment qu’on allait être dans la merde, et finalement ça va. Je suis contente ».
Son fils en revanche, qui habite du côté de Jonquières, n’a pas été épargné. « Il venait d’emménager. Ses meubles étaient neufs… Je lui garde son chien le temps qu’il vide l’eau de son appartement. »
Dans le centre, Jonquières est de loin le quartier le plus sinistré. Entre la rue Lamartine et le quai Général-Leclerc, la boue et l’eau recouvrent encore les pavés. Les habitants pataugent. Les commerçants vident leur boutique pour nettoyer leurs murs tant bien que mal. La porte d’entrée ouverte, une quinquagénaire passe un jet d’eau dans le rez-de-chaussée de son père.
« Il a 90 ans et il est aveugle, explique-t-elle. Hier, aucune aide à domicile n’a pu lui rendre visite. Heureusement, on n’est pas loin. L’eau est montée de 60 cm. Les murs sont ruinés. On sait qu’à Martigues, ça arrive une fois tous les 20 ans, et bien c’était hier. De toute façon, on va payer le réchauffement climatique. » Dans la rue concomitante, une mère et sa fille portent deux sacs de courses. « C’est tout ce qu’il me reste », lâche la plus âgée. « Je déménage chez mon fils, j’ai pas le choix, mon logement n’est plus habitable. »
Le maire (PCF), Gaby Charroux, est allé à la rencontre des sinistrés dans la matinée. Face au risque de chutes d’arbres, la Ville de Martigues prolonge la fermeture préventive du grand parc de Figuerolles – Paul Lombard, ce jeudi.

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