Tag: logements

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.

  • Benoît Payan refuse la démission d’Amine Kessaci

    Benoît Payan refuse la démission d’Amine Kessaci

    Deux semaines après l’annonce fracassante de sa démission de la présidence de Marseille Habitat (notre édition du 16/09), Amine Kessaci (EELV) a finalement rencontré le maire de Marseille ce mercredi. L’occasion pour Benoît Payan de rappeler à son adjoint son « incompréhension » sur ses « derniers choix de gouvernance », explique son entourage. Et notamment son choix d’embaucher l’ancienne directrice juridique de 13 Habitat comme directrice générale, que le conseil d’administration a refusé. « Après cet échange et les engagements pris par Amine Kessaci, le maire de Marseille a pris la décision de refuser la démission du président et ce dernier continuera d’exercer la présidence du conseil d’administration », annonce-t-on à la mairie, en souhaitant un « fonctionnement exemplaire » et une « présidence transparente ».

    L’adjoint marseillais de son côté « prend acte » de la décision du maire. « Je n’avais pas arrêté de travailler, parce que Marseille Habitat prépare son budget pour 2027, pour retranscrire nos orientations politiques », explique Amine Kessaci. « Je suis plus que satisfait de la confiance du maire qui dit qu’aucune faute n’a été commise de ma part », partage-t-il. En précisant avoir pris des engagements de « travailler en lien avec la mairie, notamment sur le processus de recrutement mis en place pour un directeur général ».

  • Une taxe sur les locaux et les logements vacants en débat à Gap

    Une taxe sur les locaux et les logements vacants en débat à Gap

    Lutter contre les locaux commerciaux inutilisés en incitant leurs propriétaires à les mettre en vente ou en location : tel est l’objectif de la taxe sur les friches commerciales discutée lors du conseil municipal de Gap ce vendredi soir. L’ensemble des conseillers municipaux s’accorde sur un point : il est important de redynamiser le centre-ville. « Quels seront les moyens concrets mis en œuvre ?, a questionné Jean-Jacques Rostan, conseiller d’opposition. Existe-t-il un dispositif pour mettre en relation les propriétaires et les porteurs de projets à la recherche de projet ? Cette taxe est un bon début, mais elle gagnerait à s’inscrire dans une politique plus globale. » Le maire Roger Didier (DVD) a répondu que le travail n’était qu’à son début : « Ce qui est clair et essentiel, c’est qu’il faut faire réouvrir certains commerces. Car certains propriétaires proposent des loyers exorbitants, ce qui donne une idée de désertification du centre-ville. Ce n’est bon ni pour les commerçants qui restent, ni pour les visiteurs ! » Le centre-ville sera la priorité, mais que des locaux en périphéries pourraient être également concernés. « Ce serait bien plus intéressant si on débattait d’une stratégie globale à mettre en place plutôt que d’un outil sans réelle réflexion », a réagi l’élu d’opposition Élie Cordier. « Nous sommes à l’étape du constat, a insisté Roger Didier. Ce qui nous fait réfléchir à cette taxe, c’est que certains propriétaires sont entêtés et croient tenir entre leurs mains un bien inestimable. Ils préfèrent ne rien toucher du tout, plutôt que de toucher un peu moins mensuellement mais de faire revivre le centre-ville ! »

    Des assises du logement

    Dans le même registre, la taxe sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH) a également été abordée. « Il s’agit d’une réforme pour simplifier les dispositifs déjà instaurés et remettre sur le marché les logements inoccupés », a précisé le maire. Près de 2 200 logements sont vacants dans l’agglomération Gap-Tallard-Durance, et 80% d’entre eux se situent à Gap. La TVLH remplacera à compter de 2027 la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV), en vigueur à Gap depuis plusieurs années. Des éléments concrets pourraient être apportés au cours des assises du logement que Roger Didier souhaite organiser au premier trimestre 2027. « Il est urgent de réouvrir les volets fermés dans le centre-ville ! », a-t-il affirmé. L’objectif sera notamment de créer un cahier des charges afin d’éviter que les promoteurs ne construisent des logements trop petits « qui paupérisent le centre-ville » et de favoriser l’installation de familles. « Je souhaite aussi mettre en place une opération programmée de l’amélioration de l’habitat, qui permettra d’encadrer les loyers et ainsi favoriser la location dans le centre », a précisé le maire.

    Agathe Di Lenardo

  • Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Un multi bailleur professionnel a été condamné mercredi par le tribunal judiciaire de Marseille à 440 000 euros d’amendes civiles pour six locations saisonnières en infraction. La Ville salue « une nouvelle victoire dans sa lutte contre la fraude aux locations de courte durée ». « Nous ne laisserons personne transgresser les règles », a réagi le maire Benoît Payan (DVG). Cette judiciarisation a « un effet notable » indique l’adjointe au logement, Audrey Garino (PCF) qui constate « pour la première fois, en 2025, une baisse de 16% des logements loués en meublés de tourisme à Marseille ».

    Opérant via un montage complexe de trois sociétés, il revendiquait, pour maximiser les profits, de contourner la réglementation stricte mise en place par la Ville de Marseille qui n’autorise plus la location de meublé de tourisme en dehors de la résidence principale du loueur, sauf compensation. Le juge des référés rappelle que ses logements « auraient dû faire l’objet d’une autorisation délivrée par la Ville de Marseille, autorisation qui n’a pas été obtenue, ni même sollicitée ». La sanction est assortie d’une astreinte afin de s’assurer que les 4 logements au 9 rue des Honneurs, 2e, au Panier et les 2 autres logements au 16, rue Colbert, 1er, soient « effectivement et durablement réaffectés à de l’usage d’habitation ».

    Une « personnalité dénuée de tous scrupules »

    « Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseurs » avait plaidé Me Jorge Mendes Constante pour la Ville à l’audience du 1er juillet dernier. Les jugements (un pour chaque adresse) ne ménagent pas l’investisseur Florent Richard, 37 ans qui se vantait sur YouTube de s’être constitué 3 millions d’euros de capital en trois ans avec 44 logements sur Bordeaux, Paris et Marseille.

    Le tribunal a dressé le portrait de Florent Richard, « personnalité publique » très active sur les réseaux sociaux, qui s’enorgueillit sur sa chaîne Youtube où il prodigue des conseils, d’« être devenu millionnaire grâce à son activité de loueur de meublés touristiques ». Ainsi, selon le jugement, « il se positionne en professionnel de cette activité, pourtant rattachée fiscalement à une activité de “loueur de meublé non professionnel” échappant par là à la fiscalité applicable aux hôteliers professionnels tout en tirant des profits indirects de son positionnement professionnel ». De ce « comportement public », le tribunal retient qu’il s’agit d’une « personnalité dénuée de tous scrupules quant aux conséquences de son activité pour la Ville et ses habitants, ville qu’il ne décrit que de manière déshumanisée en insistant sur le potentiel lucratif du lieu, se targuant par exemple sur Facebook de faire “du business, pas de la charité” ».

  • Le conseil municipal de Port-Saint-Louis-du-Rhône donne son feu vert au projet Mistral

    Le conseil municipal de Port-Saint-Louis-du-Rhône donne son feu vert au projet Mistral

    La route qui mène à Port-Saint-Louis-du-Rhône passe irrémédiablement devant l’aciérie. Ce lundi 21 septembre, lors du conseil municipal, les élus ont voté un avis favorable au projet « Mistral » de Marcegaglia, qui fait l’objet d’une demande de permis de construire déposée sur la commune de Fos-sur-Mer et qui est actuellement soumis à évaluation environnementale.

    Le groupe italien, repreneur d’Ascometal en 2024, investit 1,2 milliard d’euros pour bâtir une usine qui doit produire plus de 2 millions de tonnes d’acier bas carbone à partir de 2029, et moderniser l’outil existant. Ces nouvelles installations permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% par rapport à une production en cycle complet et de créer 700 emplois directs.

    Si les conseillers municipaux sont enthousiastes, ils prescrivent à la société de « favoriser les transports ferroviaires, maritimes et fluviaux afin de minimiser son impact sur le trafic routier », et d’inciter ses salariés à utiliser « les transports en commun ou le covoiturage ». Ils demandent également à ce que les infrastructures routières soient « mises à niveau par les autorités compétentes afin d’accueillir les nouvelles activités de la zone industrialo-portuaire ». Sur ce point, le grand port maritime prévoit d’aménager une nouvelle desserte avec un accès au site en parallèle de la voie existante connectée à la RD268. La réindustrialisation devrait donc bientôt se concrétiser à proximité de Port-Saint-Louis-du-Rhône, mais aussi à l’intérieur de la commune.

    Le foncier valorisé

    Les conseillers municipaux ont voté la vente de deux parcelles d’une superficie totale de 4 304 m², situées Route de la Plage Napoléon, à Harmony Living Hospitality pour 400 000 euros en raison de « leur potentiel de valorisation », bien que leur valeur vénale ait été estimée à 89 800 euros. « Ce n’est pas regrettable de voir la valeur de notre foncier s’améliorer », souligne le maire (DVD) Martial Alvarez. La société prévoit d’y bâtir 30 logements individuels.

    Au-delà des touristes, ce sont les nouveaux travailleurs de la zone qui sont visés par ce projet. Martial Alvarez développe : « On sait déjà au niveau métropolitain que ça va être un défi d’accueillir des gens pour construire, puis des salariés. C’est la première fois qu’un prospect privé investit pour créer de l’hébergement dans un premier temps temporaire quand il y aura les chantiers de construction, puis à destination des cadres ou des collaborateurs des entreprises du coin qui ne resteront pas tout le temps sur site, ou en attendant qu’ils trouvent un logement pérenne ».

  • Dix places en résidence d’habitat inclusif à la Garde pour des personnes en situation de handicap

    Dix places en résidence d’habitat inclusif à la Garde pour des personnes en situation de handicap

    Solution destinée aux personnes en situation de handicap et/ou âgées, l’habitat inclusif permet à chacun de vivre chez soi en gardant son autonomie, tout en partageant une partie de son quotidien avec ses voisins. Pour autant, le résident y reste maître de ses choix : l’aspect collectif se veut complémentaire, afin de partager, s’entraider et co-construire des projets. Le tout sous l’égide d’un animateur présent pour faciliter le quotidien, avec la possibilité de faire appel à des praticiens de santé et prestataires d’aide à domicile.

    Un nouvel appel à projet lancé

    C’est le principe de la résidence « Choisir d’habiter ensemble à la Garde » et ses dix logements ouverts en juin 2025, pérennisant les anciens appartements de préparation et d’entraînement à l’autonomie (APEA) de La Garde. Elle a été inaugurée vendredi par les collectivités et APF France Handicap, association dédiée à l’inclusion, qui en est gestionnaire. Le projet, financé par le département via le dispositif d’aide à la vie partagée (AVP) – d’un montant maximum de 7 500 euros par an et par habitant, versé aux porteurs de projets pour en financer l’animation et la coordination – fait partie des « 21 habitats ouverts dans 18 communes, bénéficiant à 163 Varois, avec plus de 250.000 euros investis dans sept lieux de vie » précise le président du département, Jean-Louis Masson.

    Une orientation qui va se poursuivre puisqu’un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour financer plus de 100 AVP supplémentaires vient d’être lancé, avec l’objectif d’atteindre les 450 et 3 millions d’euros par an à l’horizon 2029-2030.

  • À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    Les bâtiments qui vont tomber vont permettre de redéfinir deux îlots d’habitation à gauche et à droite de la route qui va relier les deux côtés de la mer », explique Séverine Mignot, architecte de Port-de-Bouc, au pied des immeubles des Aigues Douces. Vendredi matin, les membres de l’association Architecture et maîtres d’ouvrage (AMO) ont été invités à un tour d’horizon du renouvellement urbain de la ville.

    C’est entre terre et mer, à l’image de Port-de-Bouc, que les enjeux des années à venir se concentrent. De l’ancienne halle aux poissons devenue Maison des projets au bord de mer de la presqu’île, le parcours révèle plusieurs exemples. Devant la barre et la tour de la Lèque, la cheffe de projet, Fabienne Sanchez, indique qu’« ici, une fois la barre démolie et la tour rénovée, la Métropole refera les espaces publics en concertation avec les habitants », comme aux Aigues Douces. Séverine Mignot développe : « L’enjeu est de faire continuer le centre-ville jusqu’à la jetée » du Port. La démolition interviendrait début janvier, selon l’architecte, avant une dépollution à un million d’euros, financée par l’Agence nationale de renouvellement urbain, et promotion immobilière.

    Plus loin, place Lazzarino, Fabienne Sanchez parle de « désimperméabilisation » et de « doubler la plantation d’arbres » en plus de sécuriser la place face aux véhicules.

    « Créer des routes permet de redéfinir une ville »

    Idem aux Aigues Douces, où tout le quartier est voué à changer, comme il n’a cessé d’évoluer depuis sa construction : « L’État avait proposé huit tours pour protéger la ville du Mistral. Puis l’architecte Fuksas a arasé les tours et fait les trouées pour laisser passer le vent » dans les années 1990, détaille Séverine Mignot, « la création des parkings et des routes ont permis de redéfinir une ville » dans le quartier. Y compris pour les vélos. La nouvelle piste cyclable de la côte est expérimentale car « faite de matériaux réutilisés et de béton poreux », comme l’explique Fabienne Sanchez.

    « Toutes nos réflexions partent avec l’humain au centre », affirme l’adjoint aux finances Akrem M’Hamdi (PCF), face aux architectes, lors d’un échange pré-visite. À la veille d’enfin voir se réaliser le contournement autoroutier de Port-de-Bouc, l’adjoint évoque de « vraies opportunités à saisir » dans la requalification de la future ex-RN168, qu’il va falloir « réimaginer ». Son collègue délégué à l’urbanisme, Houssine Rehabi, complète : « Le PLUi en discussion depuis 2025 prévoit la création de 1 200 logements minimum à Port-de-Bouc. Nous aurons la possibilité de transformer la RN168 en boulevard urbain et de créer du logement autour, tout comme à la place du collège Éluard, qui va déménager au nord de la ville. »

    Après la visite, le vice-président d’AMO Gilles Féraud fait part d’un « grand intérêt », « les élus et leurs techniciens sont en train de contrôler un effort de reconstruction en travaillant l’art de vivre et la mixité sociale dans une très belle synergie », observe-t-il. « Port-de-Bouc a toutes les possibilités d’être une ville durable et nous, acteurs privés, devrons concentrer nos savoir-faire pour nous insérer dans cette idéologie urbaine généreuse », conclut-il. L’urbanisme de demain se pense donc aujourd’hui.

  • Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

    Pierre Jaumain : J’ai trouvé un service public municipal efficace et à l’écoute de nos nouvelles orientations. Il a fallu quelques mois pour que soit nommé un nouveau directeur général adjoint (DGA) et que nous ayons un mode de fonctionnement optimal. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les équipes de Nîmes Métropole pour veiller à ce que ces équipes se parlent et travaillent bien ensemble en s’appuyant sur le fait majeur qu’elles ont le même élu de référence, ce qui est nouveau.

    Quelles ont été les priorités à lancer à partir d’avril ?

    P.J. : Un état des lieux général d’abord. L’inflexion, ensuite, des dossiers qui n’étaient plus dans nos priorités ou contraires à nos principes, comme sur le projet de parking à la Placette. Mais on ne peut pas tout modifier d’un claquement de doigts car il y a des règles, des réalités juridiques et financières dont on ne peut pas s’extraire avec irresponsabilité. Un des premiers changements majeurs a été de signifier notre volonté de répondre à la crise du logement en impulsant la production de logements sociaux auxquels une grande majorité de Nîmois a droit. Nous essayons par exemple de pousser les porteurs de projets, les promoteurs, à faire du logement social, alors que ce n’était pas prévu initialement. Comme ce n’est pas imposé dans les documents réglementaires, c’est à eux de bien vouloir le faire ou pas. Ils sont aujourd’hui globalement coopératifs. Mais c’est pour cela qu’une révision du PLU est très importante.

    Comment va se dérouler
    cette révision du PLU ?

    P.J. : Nous avons lancé en conseil municipal le 4 juillet une procédure de modification du PLU dont la végétalisation est un des enjeux majeurs. On votera au conseil municipal les décisions de cette modification au mieux au printemps. Nous avons aussi lancé une révision du PLH (Programme Local de l’Habitat) à Nîmes Métropole. Ce sont deux dispositifs-cadres extrêmement importants. Mais aujourd’hui dans le PLU, il n’y a pas grand-chose qui contraigne à la création de logements sociaux. Il y a donc un décalage entre nos intentions politiques et les outils réglementaires qui permettraient d’imposer ces intentions politiques. Pour la révision du PLU, nous avons décidé de concerter très largement donc ça va prendre deux ou trois ans.

    Quels sont les autres grands sujets qui vont vous occuper cette année ?

    P.J. : Se doter d’outils de pilotage et d’anticipation qui manquent cruellement pour maîtriser le foncier, construire des logements et développer cette ville harmonieusement. Nous sommes très mobilisés avec ma collègue Agnès Charraix sur la question du végétal en ville et de la réponse à apporter pour s’adapter au nouveau climat dans lequel nous vivons désormais. Et nous devons continuer à rencontrer l’ensemble des acteurs de l’urbanisme et du logement pour les comprendre, les associer et leur expliquer nos priorités.

    Où en est la rénovation engagée dans les quartiers prioritaires
    de la Ville ?

    P.J. : Beaucoup de choses sont contractualisées et nous sommes tenus de les suivre. Mais il y a des marges de manœuvre que nous allons activer. Je ne cesse de rappeler aux équipes que, même quand on travaille sur des plans, il s’agit toujours de la vie de femmes et d’hommes et que la dimension humaine de notre urbanisme est fondamentale. Je pense notamment que les financements liés aux aménagements ont été trop faibles. Et puis nous sommes déjà très mobilisés pour l’Anru 3 afin que notre territoire bénéficie des financements nécessaires et que soient prises en compte des problématiques nouvelles comme l’accompagnement des copropriétés dégradées. Nous sommes sur le pont sur les dossiers de renouvellement urbain et de politique de la Ville. Notre boussole, c’est la dignité, l’égalité et le respect. Nous avons pris un engagement durant la campagne sur l’égalité de l’ensemble des quartiers de notre commune. Nous le tenons et nous le tiendrons.

    Quel est votre rôle dans la mise en place des « places communes », l’un des axes les plus importants de la campagne de Nîmes en commun ?

    P.J. : C’est un travail collégial de nombreux élus et des services sous la houlette de ma collègue Maya Amer-Moussa. Je prends ma part, notamment dans le repérage foncier des lieux les plus adaptés et de leur intégration urbaine. Cela concerne les quartiers constitués comme ceux en mutation. C’est un travail très enthousiasmant car cela contribue totalement à cet urbanisme à échelle humaine qui est le nôtre. Un urbanisme qui recrée des lieux d’échange et de partage, des lieux de communication et de culture, des lieux de services publics et d’actions associatives, des lieux de citoyenneté.

    Sur ces sujets très techniques, comment parvenez-vous à faire participer la population dans la prise de décision ?

    P.J. : Par le dialogue permanent d’abord avec les corps intermédiaires, les comités de quartiers, les collectifs citoyens, les associations comme par l’information de tous les élus en refusant le fonctionnement cloisonné. Pour la révision du PLU par exemple, nous allons proposer un dispositif qui permette à toutes et tous de comprendre et de proposer des idées dans une dimension d’éducation populaire à laquelle je suis très attaché. Nous allons nous efforcer d’expliquer clairement ce qui est parfois très technique et un peu abscons. Nous souhaitons une large appropriation car nous allons parler de l’avenir de notre territoire et cela concerne tout le monde.

  • À Port-de-Bouc, les projets de la majorité font consensus malgré des tensions

    À Port-de-Bouc, les projets de la majorité font consensus malgré des tensions

    Les projets ne manquent pas en cette rentrée institutionnelle pour le conseil municipal de Port-de-Bouc, mercredi soir. Après trois mois de pause estivale, le maire (PCF) Laurent Belsola a fait le point sur les dernières avancées : place du Cadran végétalisée, toiture, sol, menuiseries et désamiantage pour l’école Marcel-Pagnol, des structures en plus pour l’école des Arcades, et une mise en service de la thalassothermie pour octobre.

    L’édile a également évoqué la « bataille politique de la Métropole », pour laquelle il espère « un budget en déséquilibre, pour ne pas taper dans les dotations des communes, et qui sera rattrapé les années suivantes ». « Les attributions de compensations (AC) sont un dû : c’est l’ancienne taxe professionnelle supprimée par Sarkozy. Nous avons des usines, que nous souhaitons garder et qui polluent le moins possible. Mais parfois ça torche, et c’est pour ça aussi que ces AC nous sont dues » en compensation, développe le maire.

    La lutte des places

    Mais ce n’est pas la Métropole qui intéresse l’élu d’extrême droite Pascal Spanu (RPR). Avant même l’ouverture de la séance, ce dernier s’est saisi de son chevalet pour rejoindre son colistier, de l’autre côté de la grande tablée en U du conseil municipal, en l’absence de Véronique Martinez. Une action contraire au règlement intérieur, signifiée par Laurent Belsola, dont s’est offusqué l’opposant. « Le pouvoir du maire d’organiser la salle n’est pas discrétionnaire, séparer les membres d’un même groupe entrave la concertation. Un plan de table qui pénalise l’opposition sans motif légitime lié au bon ordre fera l’objet d’un recours pour excès de pouvoir au tribunal administratif », indique Pascal Spanu en lisant son discours.

    Laurent Belsola rétorque : « C’est vous qui jugez l’excès de pouvoir. On peut rapprocher les tables ou faire un cercle si vous voulez, ça me dérange pas. Le règlement intérieur prévoit un plan de table et on vous demande de le respecter. Si vos colistiers sont là, vous serez à côté d’eux, autrement non. Toute ma majorité est présente ce soir, et quand ils ne sont pas là, il y a des trous. C’est la vie politique », relativise le maire.

    Pascal Spanu se plaint également de l’espace accordé à l’opposition dans la revue municipale, qui « doit être suffisant et adapté au format du magazine » à ses yeux, rapprochant sa situation d’un « exemple d’illégalité faisant jurisprudence avec 750 à 1 000 caractères au sein d’un bulletin de 30 pages, jugé insuffisant et illégal ». Aussi et selon l’élu, « il n’y a aucune obligation légale à imposer la proportionnalité entre le nombre d’élus et la longueur de la tribune. Martigues donne 1 500 caractères à chaque groupe, même lorsqu’un élu le quitte, il récupère son espace », affirme-t-il.

    Là encore, Laurent Belsola objecte : « C’est exactement le même règlement depuis 2014, je peux vous citer d’autres qui font la même chose que nous ». « Chaque fois qu’il y a eu des appels, tout ce que la justice regarde, c’est que le règlement soit appliqué, et le règlement est conforme, c’est tout », conclut le maire.

    De nouveaux logements

    Le conseil municipal a approuvé une garantie d’emprunt d’1,6 million d’euros par la Ville auprès du bailleur social privé Unicil, en échange de deux logements et deux places de parking. Le bailleur achète onze logements locatifs intermédiaires avec parking dans la future résidence Le Grenache, en construction sur la friche du 79 avenue Maurice-Thorez, par le promoteur Odea. Le conseil a aussi acté la vente pour 400 000 euros de deux parcelles de 1 500 m² au total, rue Caparros, près du tennis club au nord de la Ville, pour y réaliser seize logements locatifs intermédiaires sur deux étages, comme pour le reste du lotissement. Ces points ont été adoptés à l’unanimité.

  • À Miramas, la rénovation urbaine de la Maille 1 entre dans le dur

    À Miramas, la rénovation urbaine de la Maille 1 entre dans le dur

    Mardi, l’école flambant neuve Olympe-de-Gouges a pris vie. Située proximité du plan d’eau Saint-Suspi, elle avait été inaugurée, en janvier dernier, après avoir obtenu le niveau or du label Bâtiment durable Méditerranée. « Les personnels s’habituent à la technologie de la géothermie, qui porte ses fruits ! confie le maire (DVG) Frédéric Vigouroux. La température à l’intérieur de l’établissement est de 24 degrés, tandis qu’elle avoisine les 32 degrés à l’extérieur. »

    Une semaine avant la rentrée, non loin de là, le bâtiment F du quartier de la Rousse II se faisait engloutir par les mâchoires d’une pelle mécanique de l’Établissement public d’aménagement et de développement (Epad) Ouest Provence. Démolie par grignotage, cette copropriété de huit logements avait en amont été rachetée par la Métropole. L’emprise libérée va permettre d’aérer le quartier et sera requalifiée dans la continuité de l’allée du Petit-Diable, avec la création d’une nouvelle liaison piétonne végétalisée.

    Démarré en 2016, l’Anru II (la Maille 1-Mercure) connaît actuellement un véritable coup d’accélérateur et devrait s’achever en 2029. « On a perdu deux ans avec le Covid », rappelle Frédéric Vigouroux, qui assure que, malgré ce retard, « toutes les opérations prévues dans le contrat sont engagées ». À partir de fin 2026, « c’est le gros chantier », prévient-il.

    Logements rénovés

    La reconstruction de la Maison du droit et du centre social Jean-Giono, dans le même immeuble, va démarrer, suivie de celle de l’école du même nom. Au nord, l’édification du centre médical est en cours, les fonds de commerces sont en train d’être commercialisés. Les espaces publics vont être repensés, près de 450 arbres vont être plantés, des jardins publics et potagers vont être créés.

    L’objectif est double : « À la fois de lutter contre le dérèglement climatique et les îlots de chaleur par l’isolation des logements et la végétalisation, mais aussi de désengorger et d’ouvrir les perspectives. On cherche la mixité sociale » avec la création de 250 logements en accession libre et en accession sociale après la destruction de l’ex-école Van-Gogh. Du côté de 13 Habitat, plus d’une centaine de logements vont être démolis et 442 logements doivent être réhabilités (isolation par l’extérieur, remplacement des menuiseries) d’ici 2028. « Les aménagements énergétiques prévus devraient entraîner une baisse significative des charges de chauffage, de l’ordre de 64% en moyenne », apprend le bailleur social.

    « Tout ça va se construire petit à petit comme un puzzle, évidemment ça fait un peu de bruit, ça occasionne des contraintes, mais on essaye d’y faire attention, précise Frédéric Vigouroux. La difficulté de ces travaux, c’est qu’ils ont lieu en plein cœur de la vie. »