Tag: Gaby Charroux

  • La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    Le cerveau de l’enfant est vulnérable et malléable, il se façonne dans la relation à l’adulte », rappelle Vincent Théron dans son intervention au conseil de canton de Martigues mardi soir, salle Dufy. Cette idée tirée de l’œuvre de la pédiatre Catherine Gueguen résume l’enjeu de la protection de l’enfance, qui fait l’objet d’assises obtenues par le groupe communiste au Département les 18 et 19 novembre.

    Comme à Gardanne à la mi-octobre, les témoignages en attestent. « J’ai été victime d’inceste il y a plus de 20 ans. Ça a déclenché des handicaps chez moi » illustre cette jeune femme, « les enfants victimes de violences se construisent de manière bancale et les rendent plus vulnérables à l’âge adulte, par exemple aux violences conjugales ». Cette autre jeune femme membre du Mouvement des jeunes communistes rebondit : « L’Éducation nationale a mis en place un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles. Mais quel est le suivi ? » pose-t-elle. « Il faut donner les outils aux jeunes pour s’exprimer, au travers de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité », affirme-t-elle.

    Former à détecter

    Victime devenue travailleuse sociale, l’adjointe Marceline Zéphir considère que « la politique de la Ville permet de prévenir ces problèmes quand elle met en place des activités gratuites et des accompagnements financiers, psychologiques ou sociaux ». Le maire (PCF) Gaby Charroux complète : « Cela nécessite une vigilance permanente » des agents, « nous avons eu des expériences où il nous est arrivé de prendre des mesures d’éloignement contre des adultes ». « Nous formons l’ensemble de nos animateurs et de nos structures comme les CIS ou centres aérés qui sont un pilier préventif », poursuit cette agente de la Ville, « dès qu’on a un doute, nous faisons des informations préoccupantes », le dispositif de signalement des mineurs en danger.

    Mais au-delà de la Ville, Marceline Zéphir insiste sur le besoin « de développer les mesures d’Action éducatives en milieu ouvert », pour maintenir les mineurs en famille, « parfois mieux que d’être placé loin ». Mais aussi, l’élue appuie « le suivi des enfants jusqu’à 21 ans dans le cadre du contrat jeunes majeurs », contrairement à certains départements où « quand t’es majeur, tu te démerdes ».

    La conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti rappelle que « le service public et le tissu associatif ne sont pas des chances mais des choix politiques ». Son binôme Gérard Frau affirme dans ce sens que ces témoignages et propositions « doivent créer l’exigence que nous allons porter » lors des assises de la protection de l’enfance. Le prochain rendez-vous est à Arles, samedi 7 novembre à 17h en la Bourse du Travail.

  • Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Placardée sur la vitrine, une affiche signale : « Fermés pour cause d’inondations ». Dans la rue Lamartine, les commerces rouvrent au compte-goutte, mais l’ambiance est morose. Des cartons posés à même les pavés témoignent des pertes dans les magasins.

    Chantal a été plutôt épargnée, bien que l’eau soit montée d’une quinzaine de centimètres dans sa boutique Génération junior, pourtant surélevée. « On habite au-dessus, donc on a pu réagir vite et aller mettre notre stock en hauteur », explique-t-elle. Sa fille, en revanche, a eu moins de chance. Ouvert il y a peu, son magasin « est foutu ».

    Désormais, les commerçants attendent le passage de l’expert en assurance. Magalie, propriétaire du magasin de prêt-à-porter La Cigale, n’a pas encore de date précise. « Ils sont sous l’eau, même s’ils donnent la priorité aux professionnels. » Si la Ville de Martigues ne peut pas encore précisément chiffrer le nombre de sinistrés, près de 800 demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont déjà été formulées. Un record. Les maires ont obtenu une procédure accélérée auprès du Préfet pour obtenir cet arrêté qui facilitera toutes les démarches. La commission interministérielle doit se tenir le 27 octobre. En rendez-vous avec Jacques Witkowski jeudi, Gaby Charroux (PCF) a également plaidé pour obtenir un bureau d’experts des assurances centralisé pour dépêcher le retour à la normale.

    En attendant, une permanence de la Chambre de commerce et d’industrie est ouverte aux commerçants et aux entrepreneurs au sein de l’hôtel de ville. L’élu de l’organisme Philippe Berutti détaille : « On va recueillir leurs doléances et faire un état des lieux pour leur apporter des solutions, soit de financement, soit aller pousser auprès des collectivités pour obtenir des aides. L’idée, c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »

  • L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    Dans cette grande surface du nord de Martigues, il a fallu sortir des palettes de bouteilles d’eau de la réserve face à l’affluence, jeudi soir, et ce jusqu’à la fermeture. Même constat dans cette autre grande surface de Port-de-Bouc, où les clients sortaient avec leurs packs à la main. La raison de cette ruée tient dans l’annonce faite, jeudi, par la Ville de Martigues. « Suite aux fortes intempéries de ces derniers jours, la Durance, qui alimente notre commune en eau brute, a subi des variations importantes de turbidité », autrement dit une eau trouble. « Par mesure préventive, la Ville de Martigues conseille de ne pas consommer l’eau du robinet jusqu’à un retour normal de la situation. »

    Interrogé jeudi lors d’un point d’étape à Jonquières sur la gestion de crise, le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, indiquait avoir constaté « par nos propres moyens qu’il pouvait y avoir un risque. Alors nous avons recommandé la précaution ».

    Sollicitée, la Métropole, en charge de la Régie, confirme l’origine du trouble. Toutefois « les analyses confirment que l’eau distribuée reste conforme aux critères de potabilité sur le réseau de distribution ». La Métropole : « Par mesure de précaution, et en concertation avec l’ARS, le dosage de chlore a été temporairement renforcé afin d’optimiser la désinfection de l’eau et de garantir le maintien d’une qualité sanitaire optimale ».

    À qui la compétence ?

    La collectivité recommande aussi « de ne pas consommer l’eau du robinet pour la boisson ou la préparation des aliments, jusqu’à nouvel avis ». La Ville de Martigues indique à ce propos que le retour à la normale est envisagé lundi et que Lavéra, Saint-Pierre, Saint-Julien et La Couronne-Carro ne sont pas concernés, car alimentés par une autre source.

    À cette situation déjà confuse s’ajoute la confusion sur les lieux de distribution et sur les responsabilités. De nombreux habitants se sont plaints, notamment sur les réseaux sociaux, d’informations divergentes concernant les points de distribution et leurs responsables, Métropole ou Ville. Si la distribution a depuis été prise en charge par les communes, le sujet n’est pas évacué pour autant aux yeux de Gaby Charroux, qui réagissait à ce propos jeudi soir : « Il serait infiniment plus simple que les communes aient la compétence opérationnelle de la Métropole, comme on le faisait il y a dix ans. » S’il ne remet pas en cause « les grandes compétences comme l’industrie ou l’aménagement du territoire », le maire de Martigues plaide en revanche pour le retour à l’échelon communal de services tels que « la régie des eaux, l’assainissement ou les déchets ».

    La mission gouvernementale d’analyse de la Métropole, lancée cet été, a matière à débat sur cette question.

  • [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    Les nuages ont laissé place au soleil, mais au réveil, Martigues porte encore les stigmates de l’épisode orageux de la veille. Comme de nombreux habitants qui arpentent les rues, Marine a enfilé des bottes en caoutchouc sur les pieds de sa fille pour aller constater « l’étendue des dégâts ».

    À Ferrières, en milieu de matinée, ne restaient que quelques traces de boue. À bord de mini-pelleteuses, les services municipaux avaient déjà dégagé le gros des gravats. Sur l’Île, le quartier le plus touché par les inondations d’habitude, peu de traces des pluies torrentielles. Seul le niveau du canal central, à fleur de quai, donne un indice des pluies torrentielles de mardi. Dans son salon de toilettage, Raphaëlla confie : « J’ai rien eu pour une fois. Je pensais vraiment qu’on allait être dans la merde, et finalement ça va. Je suis contente ».

    Son fils en revanche, qui habite du côté de Jonquières, n’a pas été épargné. « Il venait d’emménager. Ses meubles étaient neufs… Je lui garde son chien le temps qu’il vide l’eau de son appartement. »

    Dans le centre, Jonquières est de loin le quartier le plus sinistré. Entre la rue Lamartine et le quai Général-Leclerc, la boue et l’eau recouvrent encore les pavés. Les habitants pataugent. Les commerçants vident leur boutique pour nettoyer leurs murs tant bien que mal. La porte d’entrée ouverte, une quinquagénaire passe un jet d’eau dans le rez-de-chaussée de son père.

    « On va payer le réchauffement climatique »

    « Il a 90 ans et il est aveugle, explique-t-elle. Hier, aucune aide à domicile n’a pu lui rendre visite. Heureusement, on n’est pas loin. L’eau est montée de 60 cm. Les murs sont ruinés. On sait qu’à Martigues, ça arrive une fois tous les 20 ans, et bien c’était hier. De toute façon, on va payer le réchauffement climatique. » Dans la rue concomitante, une mère et sa fille portent deux sacs de courses. « C’est tout ce qu’il me reste », lâche la plus âgée. « Je déménage chez mon fils, j’ai pas le choix, mon logement n’est plus habitable. »

    Le maire (PCF), Gaby Charroux, est allé à la rencontre des sinistrés dans la matinée. Face au risque de chutes d’arbres, la Ville de Martigues prolonge la fermeture préventive du grand parc de Figuerolles – Paul Lombard, ce jeudi.

  • À Martigues, la justice sociale comme boussole contre la violence

    À Martigues, la justice sociale comme boussole contre la violence

    « Ne laissons personne étouffer nos revendications : refusons la violence, rejetons l’austérité et faisons entendre la voix de la justice sociale », clame le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, au milieu du hall de l’Hôtel de Ville, lundi midi.

    L’édile condamne « sans détour les dégradations, les pillages et les violences ». Mais il insiste : « Condamner la casse n’a jamais constitué une politique, se cantonner à la sidération sans regarder d’où vient la colère est une hypocrisie. Cela fait dix ans […] que les salaires et les retraites sont bloqués alors que les factures et les prix s’envolent. Se loger est un luxe, l’hôpital craque, l’école est sans moyens, tous sacrifiés au nom de l’austérité aveugle ». « Les gouvernements n’ont répondu que par le mépris, la surdité et le passage en force face à la détresse sociale […]. Il est donc illusoire de feindre l’étonnement face à cette rancœur qui explose », poursuit-il.

    Le piège fasciste

    Pour le maire, « le risque est de voir ce désespoir récupéré par l’extrême droite, avec son lot de divisions haineuses et de reculs sociaux ». Un « piège évident » face à « l’impasse de la colère destructrice sans lendemain » et « l’instrumentalisation du désordre par le pouvoir ». « On ne combat pas l’injustice par l’émeute ou le repli sur soi, mais par le collectif, la grève et le vote », développe l’édile, tout comme « la République ne se protège pas avec des postures et de la communication. Elle se défend et se construit en s’attaquant à la racine des inégalités et en redonnant un sens concret à l’Égalité et à la Fraternité ».

  • À Martigues, les aidants veulent sortir de l’ombre

    À Martigues, les aidants veulent sortir de l’ombre

    « Un aidant aidé en vaut deux », peut-on lire sur le t-shirt de Joël Pinot. Ce mercredi 14 octobre, au parc Julien Olive, son fils Fabien a pris le départ de la troisième édition de la Marche des aidants, accompagné de l’une de ses auxiliaires de vie. En attendant, Joël souffle un peu, discute, se renseigne auprès des associations et des plateformes de répit des Bouches-du-Rhône qui tiennent des stands le long des allées.

    Comme lui, 11 millions de Français accompagnent au quotidien un parent, un enfant, un conjoint ou un proche en perte d’autonomie. « Onze millions, et on n’en parle pas, et on n’est représentés dans aucun ministère, déplore ce retraité de l’Éducation nationale. On est complètement dans l’ombre. » « Être un aidant c’est souvent donner sa vie tout entière, et c’est encore parfois être un peu invisible, un peu isolé », reconnaît le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux. Tout l’objectif de la journée est là : créer une dynamique autour de ces personnes qui endossent un rôle essentiel mais difficile, et souvent lourd de conséquences sur leur santé, leur vie personnelle et professionnelle.

    Connaître ses droits

    Pour Joël et Fabien, c’est en 2019 que la vie bascule. Employé en Allemagne, le fils fait un AVC suivi d’un arrêt cardiaque à 45 ans. « Tout s’est éteint », raconte son père. Il est d’abord pris en charge à Bonn, en Allemagne, dans un hôpital neurologique qui accueille et implique la famille dans le protocole de soins. Puis, il est transféré non sans mal dans les Bouches-du-Rhône, où, cette fois, ses proches sont mis à l’écart. En 2020, « le fils revient à la maison ». « Je l’ai retiré d’un centre privé, et j’ai fait un cadeau à la Sécu. Nous, les aidants, on pallie à ça. »

    « Ce qu’on demande, c’est déjà une reconnaissance, poursuit Joël. Ma fille, qui est enseignante, s’est arrêtée trois ans pour m’aider au début. On a voulu savoir si on pouvait avoir un vrai statut, parce qu’elle n’avait plus de salaire. » Depuis le 30 septembre 2020, l’allocation journalière du proche aidant indemnise le congé des personnes qui suspendent leur activité dans la limite de 66 jours. Il est également possible, dans certaines conditions, d’être reconnu comme employé d’un particulier et de toucher un salaire en tant qu’aide à domicile.

    Joël réussit à « vite comprendre le système », et à accéder aux aides financières auxquelles il a le droit. « Mais il faut se battre, confie-t-il. Tous les aidants vous le diront. Quand on débarque dans ce monde on ne sait rien, et il y a peu de communication. Heureusement qu’il y a les associations et les assistantes sociales pour nous aider. Nous, on a eu de la chance, on est tombés sur les bonnes personnes qui nous ont aidés à faire les dossiers pour avoir la Prestation de compensation du handicap, mais c’est pas le cas de tout le monde. »

    Assise derrière une table, Laura, responsable de secteur au sein de l’association istréenne le Maillon, confirme : « Il y a une vraie détresse des gens quand ils se retrouvent confrontés à une situation de perte d’autonomie, et ça peut les paralyser. Souvent, ils attendent de plus réussir à gérer, notamment pour les personnes âgées, pour faire les demandes d’aides. Sauf que les délais pour l’Apa peuvent atteindre 4 mois parfois ». L’Allocation personnalisée d’autonomie, financée par le Département, est destinée aux personnes âgées de 60 ans et plus qui vivent chez elles ou en Ehpad. La jeune femme conseille de s’y prendre le plus tôt possible « même si on a l’impression de ne pas en avoir besoin ». « Ça permet aussi d’alléger les dépenses. »

  • Le prix du stationnement à l’hôpital s’invite au conseil municipal de Martigues

    Le prix du stationnement à l’hôpital s’invite au conseil municipal de Martigues

    « Quand on va à l’hôpital, ce n’est pas par choix et le stationnement ne devrait pas être une charge supplémentaire », lance Carole Collado (groupe RN) au moment d’examiner le résultat du parking de l’hôpital de Martigues en conseil municipal, jeudi soir.

    Au parking des Rayettes, géré par la Société d’économie mixte de la Ville, un tiers des usagers stationnent moins d’une heure, trois quarts moins de deux heures, pour un ticket moyen de 3,24 euros. L’élue du groupe d’extrême droite demande à instaurer une demi-heure gratuite, invoquant « des établissements plus favorables à Aix et Marseille », et rapprochant cela de « l’augmentation du prix de l’essence et du pouvoir d’achat des Martégaux ».

    « C’est tout faux ! » réplique le maire (PCF) Gaby Charroux, « il y a longtemps que vous n’êtes pas allé à la Timone ou à l’Hôpital Nord où les prix ont été multipliés » argue l’édile, indiquant qu’« il existe des dizaines de places gratuites autour de l’hôpital ». À noter que le parking des Rayettes facture 4,50 euros pour deux heures, contre 5 euros au CH d’Aix et 6,60 euros à l’Hôpital Nord.

    « On n’a pas de leçons

    à recevoir » du RN

    Deux délibérations plus tard, le rapport du délégataire du centre de vacances d’Ancelle (Fol 69) a été examiné. « Le niveau d’activité est supérieur à celui prévu par le contrat, de nouveaux séjours sont proposés et l’équipe s’est agrandie », présente l’adjoint (PCF) Gilles Picard. Mais « 2025 se solde par un déficit de 50 000 euros, principalement lié à la baisse conjoncturelle d’activité, l’augmentation des charges de fonctionnement, l’achat d’un véhicule et à des créances irrécouvrables non provisionnées », ajouté par décision comptable. La redevance versée à la commune est de 13 000 euros.

    Jean-Luc Di Maria (LR) estime que « ce bâtiment coûte cher en entretien et réparation, il fait profiter les enfants et seniors, mais pour 13 000 euros par an, il ne faudrait pas que ça devienne un problème financier pour la commune ». « C’est un sujet Ancelle, on y tient, mais c’est compliqué à entretenir avec les menaces qui planent sur nous », reconnaît Gaby Charroux. L’édile pointe en même temps que « Madame Le Pen promet 8 milliards de coupes pour les collectivités dans son projet de budget, c’est plus que quiconque. Merci à ceux qui défendent ces positions ». « Aucun rapport » s’offusque Amandine Gide, du groupe RN. Il en faudrait, pourtant, des tickets de parking pour compenser 8 milliards.

  • Jérémy Bacchi portera la voix des lycéens de Martigues

    Jérémy Bacchi portera la voix des lycéens de Martigues

    « Je vais remettre votre lettre au ministre de l’Éducation nationale », promet le sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, à la vingtaine de lycéens conviés à l’hôtel de ville, jeudi après-midi. Le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), a renouvelé la rencontre avec les lycéens de la ville, comme il l’avait fait mardi, afin de transmettre directement leurs doléances et revendications au niveau parlementaire.

    Mévann, élève de terminale au lycée Langevin, est l’un des auteurs d’une lettre de lycéens mobilisés à destination du préfet et des responsables de l’Éducation nationale. « Nous demandons des emplois du temps plus rationnels, car nous sommes présents au lycée de 8h à 18h chaque jour, soit 45 heures, mais pour 28h de cours en moyenne par semaine », détaille l’élève. En outre, les lycéens demandent des effectifs limités à 30 par classe au lieu de 36 parfois, le retour des spécialités et options supprimées, le remplacement systématique des professeurs absents, des ordinateurs qui fonctionnent et des locaux « adaptés au changement climatique », liste Mévann. Avec une anecdote : « Quand on mesure la température des classes, on est parfois à 38 voire 39 degrés à 13h ».

    Alors que le débat budgétaire a débuté au Parlement, Jérémy Bacchi insiste sur « le besoin de traduire ces revendications dans le budget adopté, car sinon, on pourra vous faire toutes les promesses qu’on veut, il n’y aura rien ».

    « Desserrer l’étau »

    Au sujet des amplitudes horaires, le sénateur remarque que « le ministre de l’Éducation nationale a demandé aux académies de faire le travail. Soit ça veut dire qu’ils pouvaient agir avant, soit qu’on leur demande de régler un problème qui est le même depuis des années ».

    Mais le sujet au cœur des échanges est celui des violences policières unanimement pointées par les jeunes présents. « Un lycéen a été plaqué au sol et violenté par trois personnes de la BAC pendant le blocus. Il est ressorti traumatisé de ses 24 heures de garde à vue, qui n’avaient pas lieu d’être puisqu’il n’y participait pas », expose ce lycéen de Lurçat. « Une copine s’est pris un flashball dans la tête alors qu’elle était sur le côté. Elle a perdu la vue et on ne sait pas si elle va la récupérer », affirme une autre élève. « Je suis pas contre les policiers, mais y’a des limites. »

    Le sénateur affirme qu’« il faut desserrer l’étau sur les lycéens (…). Nous allons demander une commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre ». Il propose en attendant d’écrire un courrier à la préfecture de police à ce sujet.

    Quant aux exclusions prononcées à l’encontre de certains élèves en raison de leur participation au blocus, Jérémy Bacchi juge qu’« on ne doit pas amputer la vie d’un jeune qui a voulu défendre son avenir. Nous avons proposé une loi d’amnistie pour les syndicalistes, on peut faire la même chose pour les lycéens ». Une manière, aussi, de faire converger les intérêts et les luttes.

  • À Martigues, les lycéens font remonter leurs demandes auprès du maire

    À Martigues, les lycéens font remonter leurs demandes auprès du maire

    En tête de cortège, Lou est intransigeante : « On n’est pas pour les violences. Ça a permis de mettre la lumière sur notre mouvement, mais maintenant, il faut qu’on s’organise pour être écoutés. » Depuis une semaine, cette élève de terminale au lycée Paul-Langevin participe aux blocus pour demander de meilleures conditions d’apprentissage. Elle déplore les incidents qui ont émaillé ces journées de mobilisations, tant du côté de la jeunesse que des forces de l’ordre. Derrière elle, dans la marche organisée de la place Jean-Jaurès jusqu’à l’hôtel de ville de Martigues qui a réuni plus de 300 personnes (chiffre des syndicats), l’une de ses amies tient une pancarte sur laquelle on peut lire : « On veut le bac, pas la BAC. »

    « Exactement », réagit le maire (PCF) Gaby Charroux, sorti accueillir les lycéens. « Nous partageons ces préoccupations : protéger notre jeunesse, faire qu’elle soit dans les meilleures conditions pour s’épanouir et réussir sa vie. » L’élu affirme : « Ce mouvement appartient aux lycéens. Notre rôle est de les entendre dans leurs demandes, de les accompagner sur ce sujet. »

    Concert revendicatif

    Et de joindre les actes aux paroles. Quelques minutes plus tard, une quinzaine d’élèves s’installent en mairie pour discuter des suites qu’ils imaginent avec la municipalité. Loris et Clément, 17 ans, aimeraient organiser un « concert revendicatif avec des groupes de musique lycéens, des stands et des prises de parole pour faire entendre notre message par le biais de la culture ». Les services envisagent de leur prêter la salle du Grès (300 places) d’ici la fin de la semaine.

    Mais les jeunes veulent aller plus loin et être entendus au plus haut niveau. « On n’a aucun contact avec l’Éducation nationale, ce serait bien de faire remonter nos doléances », plaide Lou. Pour que « ces revendications soient véhiculées partout, par vous avec vos propres canaux, mais aussi par nous, au préfet ou au ministre », Gaby Charroux conseille aux élèves de se structurer sous forme de collectifs afin de mieux se coordonner et donner plus de « poids » à leurs voix.

    Le maire rassure : « L’État essaye de discréditer votre mouvement (…). Mais la réalité, c’est qu’il reçoit vos revendications. Comme elles sont relayées par les organisations syndicales et politiques et les enseignants, ça finit par peser et ça peut faire avancer un peu les choses. » Son adjoint à la jeunesse et aux services publics, Pierre Dharréville (PCF), ajoute : « Vous remettez en cause des choix de politiques publiques, c’est ce qui explique la réaction à laquelle vous êtes confrontés. Ça demande effectivement un peu d’organisation pour vous faire entendre. »

  • Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Le tribunal administratif de Marseille a rejeté, vendredi, le recours contre le résultat des élections déposé par le député (RN) Emmanuel Fouquart, battu aux municipales de mars 2026 à Martigues, par le maire communiste Gaby Charroux. « Notre élection est confirmée par la Justice », se félicitaient le maire et son équipe samedi dans un communiqué. Le candidat d’extrême droite demandait l’annulation du scrutin et l’inéligibilité du maire.

    La majorité municipale qui assure avoir toujours abordé cette procédure « avec sérénité », rappelle avoir mené une campagne « dans le strict respect des règles » et souligne que dans cette procédure plusieurs étapes sont venues conforter la régularité du scrutin de mars.

    Le 17 juillet, d’abord, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques avait approuvé son compte de campagne « en totalité et sans aucune remarque ». Lors de l’audience du 24 septembre, la rapporteure publique avait conclu au rejet de la requête du député d’extrême droite, avant que le tribunal administratif, enfin, ne rejette à son tour « la protestation dans son intégralité ». Emmanuel Fouquart dénonçait de supposées irrégularités de campagne, des manquements aux règles déontologiques ainsi que des faits relevant, selon lui, d’une propagande électorale.

    Des accusations « examinées et écartées une à une », rappelle le texte. Au second tour, la liste de Charroux avait obtenu 8 959 voix, soit 44,14% des suffrages, contre 7 115 voix pour la liste Fouquart. « Notre victoire était nette dans les urnes et la régularité de notre élection est aujourd’hui pleinement confortée », écrivent les élus de la majorité en s’interrogeant sur « la finalité réelle de ce recours » alors que Fouquart avait lui-même admis que « le recours a peu de chances d’aboutir ».