Tag: changement climatique

  • La Région Paca mobilise son fonds climatique

    La Région Paca mobilise son fonds climatique

    Le président de la Région Sud, François de Canson (DVD), a annoncé vendredi la mobilisation du fonds régional d’adaptation au changement climatique, afin de soutenir les agriculteurs touchés par les intempéries. Ce fonds est doté chaque année de 5 millions d’euros pour répondre aux situations de crise. Une partie de cette enveloppe a déjà été mobilisée pour accompagner les collectivités et les agriculteurs sinistrés à la suite des mégafeux de l’été.

    Sollicitée, la Région indique que « le montant des besoins est actuellement en cours d’évaluation, en concertation étroite avec les collectivités concernées, les représentants du monde agricole et les services de l’État, afin d’apporter une réponse adaptée à l’ampleur des dommages constatés ». « Les critères d’éligibilité sont actuellement élaborés en lien avec les représentants du monde agricole », précise la collectivité, qui privilégie pour le moment une « logique d’aide forfaitaire, permettant d’accélérer le versement des soutiens  ».

    La demande se fera en ligne

    « Afin d’agir sans attendre, la Région va lancer, dans les prochains jours, un prérecensement des exploitations agricoles touchées par les inondations », pour identifier précisément les besoins, précise la Région.

    Le dispositif d’aide sera présenté lors de l’assemblée régionale plénière du 11 décembre. La Région indique qu’une fois adopté, les agriculteurs concernés pourront déposer leur demande directement sur la plateforme en ligne dédiées aux aides régionales. « La Région veillera à garantir une procédure simple et accessible afin que les exploitants puissent en bénéficier dans les meilleurs délais », conclut la collectivité.

  • [Passerelle Interculturelle] Préserver le multilatéralismeet accélérer l’action climatique

    [Passerelle Interculturelle] Préserver le multilatéralismeet accélérer l’action climatique

    Cette rencontre a réuni des responsables politiques, des négociateurs et des experts du climat venus de plus de vingt pays, afin de réfléchir à l’avenir de la coopération climatique internationale. Ce dialogue est coprésidé par Xie Zhenhua, ancien envoyé spécial de la Chine pour le changement climatique, et Laurence Tubiana, ancienne ambassadrice française chargée des négociations climatiques et l’une des principales architectes de l’Accord de Paris.

    Dans son discours d’ouverture, Xie Zhenhua est revenu sur les progrès significatifs réalisés en matière de gouvernance climatique mondiale et de transition verte et bas carbone depuis l’adoption de l’Accord de Paris. Il a souligné l’importance de défendre le multilatéralisme et le principe d’équité, de promouvoir une concurrence saine et une coopération pragmatique, ainsi que de concilier les impératifs du développement et les besoins des populations, tout en maintenant un dialogue franc et ouvert. Il a affirmé que, malgré les multiples défis, la Chine resterait fermement engagée dans la lutte contre le changement climatique et ne modifierait ni sa détermination stratégique ni ses objectifs de pic des émissions de carbone et de neutralité carbone.

    Dix ans après son entrée en vigueur, l’Accord de Paris reste le principal cadre international de lutte contre le changement climatique. Mais sa mise en œuvre se heurte à de nombreux obstacles : tensions géopolitiques, difficultés de financement et divergences entre pays développés et pays en développement.

    Pour les participants, la priorité est donc de préserver les acquis de cet accord historique, tout en accélérant la transformation des engagements politiques en actions concrètes.

    Échanges libres

    Les discussions ont notamment porté sur la transition énergétique, l’électrification des économies, le financement climatique et le soutien aux pays les plus vulnérables.

    Autre enjeu majeur : préparer la COP31, prévue en novembre en Turquie. Cette rencontre informelle a permis aux différents acteurs d’échanger librement sur leurs priorités, d’identifier les points de convergence et de réfléchir aux conditions nécessaires à la réussite de la prochaine conférence mondiale sur le climat.

    La coopération entre la Chine et l’Europe a également occupé une place importante dans les discussions. Face à l’ampleur des défis climatiques, le dialogue et la coopération technologique restent essentiels pour accélérer la transition écologique à l’échelle mondiale.

    Créé en 2019, le Dialogue de haut niveau des Amis de l’Accord de Paris est une plateforme informelle d’échanges sur la gouvernance climatique mondiale, organisée conjointement par l’Université Tsinghua et la Fondation européenne pour le climat. Il réunit chaque année des responsables politiques, des négociateurs et des experts internationaux. Contrairement aux négociations officielles, ce dialogue privilégie des échanges libres et approfondis, permettant de rapprocher les positions, de renforcer la confiance et de contribuer à la recherche de consensus sur les grands enjeux climatiques.

  • [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    [Entretien] Yannick Simonin : « L’année 2026 est un signal d’alarme par rapport au virus du Nil occidental »

    La Marseillaise : Avec 161 humains infectés par le virus du Nil occidental en France, l’année 2026 marque un record…

    Yannick Simonin : Oui, c’est trois fois plus que le précédent qui datait de… 2025. Ce virus est un grand gagnant du changement climatique. D’abord parce qu’il se transmet par les moustiques qui bénéficient du réchauffement. Mais aussi car lors des canicules, les points d’eau se raréfient. Les oiseaux et les moustiques se concentrent autour de ceux qui restent, ce qui favorisent la transmission. L’année 2026 est un signal d’alarme.

    Doit-on s’en inquiéter ?

    Y.S. : Oui, sans pour autant paniquer. Les cas augmentent. Les formes sévères et les décès aussi. Mais nous n’attendons pas d’épidémie majeure. C’est une montée progressive avec parfois des pics importants. Il faut être vigilant, développer des programmes de surveillance, des traitements et des vaccins. Pour l’instant, il n’existe qu’un vaccin chez le cheval. Chez l’humain : aucun vaccin ni traitement.

    Par rapport à la dengue ?

    Y.S. : Les cas de dengue sont plus nombreux et plus largement répartis géographiquement. Mais le virus du Nil occidental provoque plus de formes sévères car il atteint le cerveau et entraîne des inflammations souvent fatales. Toutefois, une grosse différence avec la dengue est qu’un humain infecté par le virus du Nil occidental ne le transmet pas s’il est piqué par un moustique. Sa charge virale n’est pas suffisante. Cela freine la transmission. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais le virus peut se transmettre par don de sang ou d’organe.

  • 13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    13 millions d’euros dédiés à la ressource eau dans le Buëch

    Piloté par le Smigiba, le syndicat dédié à la prévention du risque inondation et à la préservation des milieux aquatiques du bassin-versant du Buëch et de la Méouge, le contrat de rivière Eau et climat du Buëch a été signé cette semaine par les différents partenaires : la Préfecture, le Département, la Région, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, des élus des collectivités du Buëch et la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes. Un moment institutionnel, mais qui permettra des actions concrètes pour la gestion de la ressource en eau, la préservation des milieux naturels et l’anticipation des conséquences du changement climatique.

    « Le contrat de rivière, il a cette ambition d’essayer de trouver des compromis entre le monde agricole, les institutions, la réglementation, la DDT, la police de l’eau…, explique Cyril Ruhl, technicien de rivière au Smigiba. Il définit aussi ce que l’on a le droit de faire et de ne pas faire en termes de prélèvements. » 13 millions d’euros seront investis sur les trois premières années du contrat, soit jusqu’à 2029, et 77 opérations ont prévu d’être engagées.

    Une nécessité dans ce territoire où les enjeux liés à l’eau sont significatifs : « Entre la période automnale et printanière, on a des crues, et le reste du temps, des étiages importants : en gros, on manque d’eau, indique le technicien. Et de plus en plus, à cause du réchauffement climatique ». À l’inverse, les besoins en eau augmentent. « En termes de démographie, ça n’a pas spécialement bougé, mais dans toute la basse-vallée du Buëch, l’agriculture, particulièrement l’arboriculture, s’est largement développée. Il y a énormément de prélèvements dans les rivières. »

    Les actions prioritaires visent des objectifs divers : surveillance de la qualité des eaux, amélioration des réseaux d’assainissement, sécurisation de la ressource en eau potable, partage de l’eau ou encore restauration des cours d’eau ou des zones humides. Les financements serviront, entre autres, à engager des études pour mieux comprendre le fonctionnement des eaux souterraines du Petit-Buëch, à faire des travaux pour réparer les fuites dans les canalisations, à restaurer les berges pour préserver la biodiversité ou encore à poursuivre la sensibilisation à tous ces enjeux dans les écoles ou des ateliers pour adultes. Le contrat permettra aussi à la Chambre d’agriculture d’accompagner des agriculteurs dans l’adaptation de leurs pratiques au changement climatique.

    Agathe Di Lenardo

  • [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    Les nuages ont laissé place au soleil, mais au réveil, Martigues porte encore les stigmates de l’épisode orageux de la veille. Comme de nombreux habitants qui arpentent les rues, Marine a enfilé des bottes en caoutchouc sur les pieds de sa fille pour aller constater « l’étendue des dégâts ».

    À Ferrières, en milieu de matinée, ne restaient que quelques traces de boue. À bord de mini-pelleteuses, les services municipaux avaient déjà dégagé le gros des gravats. Sur l’Île, le quartier le plus touché par les inondations d’habitude, peu de traces des pluies torrentielles. Seul le niveau du canal central, à fleur de quai, donne un indice des pluies torrentielles de mardi. Dans son salon de toilettage, Raphaëlla confie : « J’ai rien eu pour une fois. Je pensais vraiment qu’on allait être dans la merde, et finalement ça va. Je suis contente ».

    Son fils en revanche, qui habite du côté de Jonquières, n’a pas été épargné. « Il venait d’emménager. Ses meubles étaient neufs… Je lui garde son chien le temps qu’il vide l’eau de son appartement. »

    Dans le centre, Jonquières est de loin le quartier le plus sinistré. Entre la rue Lamartine et le quai Général-Leclerc, la boue et l’eau recouvrent encore les pavés. Les habitants pataugent. Les commerçants vident leur boutique pour nettoyer leurs murs tant bien que mal. La porte d’entrée ouverte, une quinquagénaire passe un jet d’eau dans le rez-de-chaussée de son père.

    « On va payer le réchauffement climatique »

    « Il a 90 ans et il est aveugle, explique-t-elle. Hier, aucune aide à domicile n’a pu lui rendre visite. Heureusement, on n’est pas loin. L’eau est montée de 60 cm. Les murs sont ruinés. On sait qu’à Martigues, ça arrive une fois tous les 20 ans, et bien c’était hier. De toute façon, on va payer le réchauffement climatique. » Dans la rue concomitante, une mère et sa fille portent deux sacs de courses. « C’est tout ce qu’il me reste », lâche la plus âgée. « Je déménage chez mon fils, j’ai pas le choix, mon logement n’est plus habitable. »

    Le maire (PCF), Gaby Charroux, est allé à la rencontre des sinistrés dans la matinée. Face au risque de chutes d’arbres, la Ville de Martigues prolonge la fermeture préventive du grand parc de Figuerolles – Paul Lombard, ce jeudi.

  • Hautes-Alpes : après la crue, les habitants veulent peser sur les décisions

    Hautes-Alpes : après la crue, les habitants veulent peser sur les décisions

    La crue du 28 août dernier a lourdement marqué les esprits de l’ensemble de la vallée de la Vallouise. En témoignent les quelque 280 personnes présentes, mardi soir, à la réunion publique organisée dans la petite commune de L’Argentière-la-Bessée. Le Collectif citoyen de Vallouise-Pelvoux, créé quelques jours après l’évènement, est à l’origine de cette soirée.

    « Le soir du 28 août, l’ensemble de la population a été sidéré », a rappelé Jean-Paul Roux, habitant de la vallée et membre du collectif. Il a insisté sur la « grande tristesse » générale de voir la route d’accès au Pré de Madame Carle arrachée, lieu « qui fait vivre économiquement le fond de vallée » et par ailleurs site emblématique d’alpinisme. « Nous avons besoin de comprendre l’origine d’un phénomène d’une telle ampleur et les risques que l’on encourt ici, a-t-il poursuivi. Et surtout, nous ne voulons pas nous faire imposer des décisions par Paris, par Gap ou par un préfet. » « Il est important d’avoir un discours éclairé par des experts avant de prendre des décisions, a complété l’ancien élu Joël Giraud, et de faire entendre les vallées qui font face à ces nouveaux défis. »

    Pour permettre aux habitants de comprendre comment les pluies torrentielles sont parvenues à faire de tels dégâts, Bernard Francou, géomorphologue et glaciologue et Vincent Koulinski, ingénieur spécialiste de l’aménagement des vallées torrentielles ont posé les bases scientifiques et techniques du sujet. Sandrine Caroly, chercheuse en ergonomie et travaillant sur la gestion des risques naturels, a ensuite donné des pistes pour créer « des espaces de discussions entre les différents points de vue, pour permettre de trouver des solutions et des compromis ». « Actuellement, après le passage de la crue, nous avons un danger de chutes de blocs rocheux, des coupures et destructions de la route, et un lit de rivière très large et encombré », a expliqué le glaciologue, qui a précisé que des évènements similaires, voire plus catastrophiques, vont se multiplier à cause du changement climatique.

    Les questions soulevées lors de cette réunion restent pour l’heure sans réponse : De quelle manière faut-il reconstruire la route ? Faudra-t-il interdire l’accès aux voitures et privilégier les navettes ? Le curage des cours d’eau est-il une solution envisageable ? « Il n’y a pas de solution magique, a résumé Vincent Koulinski. Habiter en montagne est aujourd’hui difficile : on fait face à une menace existentielle. Mais avec la mobilisation de tous, on peut réduire les risques. »

  • [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    Réélu avec 46,78% des voix en mars dernier à la tête d’une liste d’union de la gauche face à Fabien Bravi (RN), Loïc Gachon (PS) marque son 3e mandat par la proximité et l’adaptation au changement climatique.

    La Marseillaise : Le mouvement lycéen a été d’ampleur. Comment une Ville concourt à leur bien-être ?

    Loïc Gachon : Il est enthousiasmant et respectable que les lycéens se mobilisent pour leur qualité de vie et leur avenir face au même État qui met une pression colossale avec Parcoursup et ne donne pas les moyens de réussir. Que peut faire la ville ? On a l’habitude de s’adresser aux écoles, c’est plus compliqué avec les ados. La cité éducative a créé un partenariat avec les établissements du secondaire qui permette du suivi de parcours, c’est la priorité. On a aussi réussi l’implantation de la Maison des ados à côté du lycée Mendès France, un lieu de premier accueil universel pour n’importe qui ressentirait un problème social, de vie sexuelle, de harcèlement, de santé mentale… Ce premier accueil permet l’orientation par des pros vers des activités ou des spécialistes. La santé mentale étant un vrai enjeu, c’est un outil indispensable pour le lycéen et sa famille.

    Le vote d’extrême droite a progressé aux municipales. Comment creuser l’écart ?

    L.G. : Ce n’est pas ma manière de voir le sujet. Les élections ne sont pas un calcul, on ne gère pas une ville avec le résultat en tête. En revanche, comment on tient compte du résultat ? Des remarques ? Comment on fait évoluer les politiques municipales ? Il y a plusieurs niveaux de réponse. L’extrême droite a fait ses plus gros scores au bord de l’étang de Berre, ces quartiers qui se sentent laissés-pour-compte, isolés géographiquement du reste de la ville, un tissu urbain non anticipé contrairement au reste de la ville, pas d’équipement municipal, un réseau routier chargé… Il faut améliorer la qualité de vie. Ma première décision a été de nommer un adjoint de quartier – il n’y en a qu’un sur la ville – pour mieux le suivre et accompagner la montée en charge des services sur ce secteur. Plus globalement, les gens se sentent oubliés, laissés à côté des priorités. Cela nous a conduits à multiplier par 3 les rencontres de proximité, pour écouter, recenser les colères ou insatisfactions et donner une réponse, structurer les services dans leur réponse de proximité.

    Enfin, d’un point de vue plus macro, je note une grande porosité et une bascule de l’électorat de droite vers le RN. Franck Allisio comme Fabien Bravi incarnent cette volonté de standardisation du RN. Il ne faut pas reculer, affirmer plus clairement nos valeurs, et les amener à se positionner plus clairement. Jeudi en conseil de Métropole, le groupe RN s’est abstenu sur plein de délibérations sans s’expliquer, je n’admets pas ça. On fait de la politique, on n’est pas spectateurs. Pareil en mairie, il faut les amener à se positionner. Le RN est toujours un parti marqué par son histoire raciste et antisémite, favorable aux plus riches, qui vote systématiquement contre les collectivités et les plus fragiles. Ils ont beau mettre un vernis, mais quand on rentre dans les débats on peut les démasquer, cela aidera les gens à se positionner.

    Un collectif propose d’ouvrir la ligne Rognac-Aix aux voyageurs. Qu’en pensez-vous ?

    L.G. : Je crois énormément au ferroviaire, c’est un outil à privilégier pour notre Métropole. L’omnibus est la meilleure formule au vu de la discontinuité urbaine, sur le modèle du RER parisien. Je partage l’intérêt de Rognac-Aix aussi pour la perspective d’un direct Aix-Vitrolles-aéroport par le train, qui a du sens. Notre ville a été conçue comme hub des mobilités en 1970. C’est un territoire de 25 000 emplois dont 20 000 sont occupés par des extérieurs, tandis qu’une dizaine de milliers de Vitrollais vont travailler ailleurs. Il faut encore des progrès, avec à court terme la liaison câblée entre l’aéroport et la gare de Vitrolles, évitant les embouteillages de la D20 ou les parkings. En même temps se fait la liaison Zenibus jusqu’à la halte ferroviaire de Plan de campagne, connectée à la ligne des Alpes. Plus loin, la Métropole envisage d’aménager la D113 en boulevard urbain multimodal avec bus à haut niveau de service (BHNS) dans son plan local de déplacement. Je rêve qu’on puisse se passer du véhicule personnel, sans jamais vouloir l’interdire.

    Quelle est votre stratégie énergétique pour l’avenir ?

    L.G. : Notre horizon est que Vitrolles produise le plus possible l’énergie qu’elle consomme. On s’est lancé dans l’autoconsommation collective, et avons élargi ce principe aux particuliers et entreprises. Concrètement, « Notre énergie Vitrolles », la société porteuse, est en train de devenir un producteur d’électricité auquel on s’abonnera en plus du fournisseur classique. Pour le moment le gain financier n’est pas une priorité. Ça le sera dans l’avenir, car notre énergie est calée en dessous du tarif réglementé et n’évoluera pas au même rythme car découplée du marché. L’enjeu du pouvoir d’achat est plus fort et plus rapide avec notre réseau de chaleur car il a déjà rapporté aux abonnés.

    Nous serons fixés l’année prochaine sur le potentiel géothermie. Le permis de prospection 3D a été signé la semaine dernière pour identifier l’endroit idéal et simuler la température de l’eau. C’est l’étape où on dira stop ou encore. Si l’essai est concluant, un forage d’essai est prévu pour 2029, suivi d’un définitif en 2030 pour nous, Airbus et l’aéroport. Ce serait une énergie totalement décarbonée et renouvelable avec un gain sur la facture de 40% par rapport au tarif – actuel ! – du gaz. Si ce n’est pas concluant, les mécanismes de repli du délégataire Engie garantissent une solution biomasse et échange avec la station d’épuration pour la même performance écologique et tarifaire.

    Pourquoi relier Airbus ?

    L.G. : Car c’est un projet urbain et industriel pour le territoire d’aujourd’hui et sa mutation. Vitrolles restera un lieu de production d’hélicos pour le siècle qui vient et doit rester compatible avec la vie quotidienne des habitants. L’adaptation au changement climatique nécessite la décarbonation, le transport en commun, la production d’énergie, la végétalisation, le confort d’été et d’hiver chez soi… C’est le 2e socle de notre politique après la proximité, qui n’a de sens que si en même temps on adapte la ville au siècle qui vient. Nous sommes vigilants sur les pics de chaleur, à adapter le réseau pluvial avec la Métropole pour ne pas subir d’inondations. On a tous les jours l’occasion de faire l’aller-retour entre l’immédiat et les perspectives à 50 ans, pour lesquelles j’ai la même passion et engagement.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • Les Jeux olympiques 2030 au cœur du congrès des maires des Hautes-Alpes

    Les Jeux olympiques 2030 au cœur du congrès des maires des Hautes-Alpes

    L’association des maires des Hautes-Alpes (AMF 05) a tenu son 13e congrès des maires ce jeudi, quelques mois après les dernières élections municipales. Entre les discussions habituelles sur les finances locales, l’urbanisme ou encore la transition écologique, un sujet est sorti du lot : la tenue des Jeux olympiques 2030 dans le Briançonnais. Vincent Roberti, directeur et président par intérim du Cojop « pendant quelques mois encore », était présent à la table ronde consacrée à cette thématique.

    « Il était nécessaire de mettre ce sujet à l’ordre du jour, car c’est une perspective qui reste à travailler avec les élus, a introduit Jean-Michel Arnaud (Les Centristes), président de l’AMF 05 et par ailleurs sénateur du département. Il est nécessaire que les quelques voix bruyantes soient recouvertes par des voix constructives », a-t-il précisé, faisant référence aux citoyens et associations qui sont nombreux à s’opposer à la tenue des Jeux dans les Alpes pour des raisons économiques ou écologiques. « On pourrait finir par croire tout ce qu’on entend, surtout les grincheux qui pensent que ce serait mieux de ne pas avoir ces Jeux olympiques ! », a complété Philippe Bailbé, le préfet des Hautes-Alpes.

    Pour Vincent Roberti, pas de doute, l’événement laissera un héritage durable au territoire. « Je souhaite faire en sorte que les Hautes-Alpes soient l’un des cœurs battants de ces Jeux, a-t-il affirmé. Pour cela, on s’appuie sur les collectivités locales et l’expérience des acteurs du territoire : il y a ici un matériau très riche ! On a besoin de tous : les maires, les professionnels de la montagne, les clubs sportifs, pour construire des Jeux dont nous serons fiers. » Tout en réfléchissant à la manière de maintenir « cet événement qui fait vivre les gens de la montagne » à l’heure du changement climatique.

    Même si l’ensemble des épreuves du département se concentrent dans le nord des Hautes-Alpes, les élus assurent que le sud ne sera que gagnant. « On pourrait dire qu’encore une fois, il n’y en a que pour le Briançonnais, a dit Gérard Nicolas, maire de la petite commune Val-Buëch-Méouge. Mais nous bénéficierons aussi des aménagements des routes et du ferroviaire ! »

    Agathe Di Lenardo

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    « Aujourd’hui, nous devons faire face à une réalité : le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les périodes de sécheresse s’intensifient, les températures augmentent, les ressources en eau deviennent plus fragiles et les épisodes de pluies intenses peuvent accentuer les risques d’inondations », a expliqué mardi le président du syndicat mixte Asse Bléone, Claude Fiaert, en marge de la signature du contrat eau et climat 2026 – 2030, avec le Département, la Région, le maire de Digne et la préfète. « Après l’été que nous venons de passer, nous savons toutes et tous à quel point les questions liées à l’eau, à la préservation de nos ressources et aux risques d’inondation sont devenues concrètes et permanentes sur nos territoires », a ajouté Julien Di Benedetto, le maire de Digne-les-Bains.

    « La ressource en eau est déjà perturbée par l’action de l’homme, par les prélèvements trop importants, par les pollutions, par la modification des cours d’eau, et puis on a ce changement climatique qui vient rajouter une couche sur ces effets et qui crée un cercle vicieux avec de l’eau qui tombe à des moments très erratiques, trop au moment où on n’en a pas besoin, pas assez quand on en a besoin », a estimé Annick Mievre, directrice de la délégation Paca Corse à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Même les pluies « ne sont plus efficaces puisque l’eau s’évapore très rapidement, les sols s’assèchent et quand il repleut à nouveau, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et crée parfois des inondations », a-t-elle précisé. De plus, « moins il y a d’eau dans les milieux naturels, plus les polluants que nous y déversons se concentrent, et plus la vie aquatique est perturbée, mais aussi plus l’eau qu’on boit est polluée, et plus on a de coût pour les services d’eau potable », a déploré Annick Mievre. Face à ces enjeux primordiaux, « tout le monde doit se mobiliser et travailler ensemble », puisque « la question de l’eau concerne tout le monde », a-t-elle martelé. C’était précisément la démarche de la signature de ce contrat eau et climat, mardi.

    Une gestion éprouvante

    Claude Bondil, conseiller départemental délégué aux routes ou encore à l’administration générale, a de son côté évoqué l’importance « d’assurer la sobriété des usages ». C’est en tout cas l’engagement que le département prend dans le cadre de ce contrat, a-t-il promis. Le budget annuel du département « pour aider les investissements sur l’eau potable, l’assainissement et l’hydraulique agricole est de trois millions d’euros », a rappelé Claude Bondil, qui espère « préserver la vitalité de la Bléone et la pérennité de la ressource en eau ».

    Jean-Charles Borghini, maire de La Brillanne et conseiller régional qui représentait le nouveau président de la Région, François de Canson (DVD), a salué « le travail collectif », « plus facile ici, où on se connaît tous ». « Nous avons été la première région en Europe à élaborer un budget vert », a-t-il affirmé.

    La préfète Isabelle Tomatis a finalement témoigné des difficultés traversées avec la gestion de l’eau, de la sécheresse et des aléas climatiques. Le traitement de la rivière de l’Asse « a été une épreuve tout l’été » pour elle, a-t-elle confié. « Depuis que je suis préfète, je n’ai jamais autant de ma vie aimé la pluie », a-t-elle ironisé, soulignant la « belle réussite collective » que représente selon elle la signature de ce contrat eau et climat.

    Les élus et représentants des différentes institutions et associations, présentes en nombre, ont ensuite visité le chantier titanesque de « restauration des continuités écologiques » sur la rivière de la Bléone, à Digne-les-Bains.

    La signature de ce contrat et la visite du chantier tombaient à pic, alors que la préfecture vient de placer, lundi, l’Asse, l’Esteron et le Lauzon en crise sécheresse.

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.