Nombreux sont les voyageurs à descendre du train en gare de Rognac, jeudi soir. Parmi eux, des travailleurs de retour de Marseille, qui pourraient être bien plus nombreux à emprunter cet équipement public. C’est en tout cas le message porté par les syndicalistes de la CGT et les militants de plusieurs organisations politiques, venus présenter aux usagers du rail une pétition lancée le jour même.
« Un train direct pour aller à Aix » : le mot d’ordre est simple. La secrétaire de la section de Miramas du PCF, Natacha Malet, rappelle que cette campagne à pour origine la jeunesse de Miramas : « Pour étudier à Aix, notre jeunesse fait face à un mur. Le logement y est inabordable et le Crous ne peut pas répondre à tous les besoins. Il n’y avait pas de bus, sauf à faire un changement à Salon-de-Provence ou Marseille pour 1h15 à 2h de trajet. »
Lors d’un premier débat public sur la question, fin juin (notre édition du 24/06), l’ouverture d’une ligne de bus directe entre Miramas et Aix-en-Provence avait été présentée comme une « première victoire ». Cette pétition s’inscrit donc dans « le prolongement », selon Natacha Malet. Car « un bus au départ de Miramas ne répond pas aux besoins de tout le terrain », estime la militante communiste, qui dit vouloir faire émerger une « volonté politique de relier les territoires », notamment l’ouest du département sans passer par Marseille ou Salon, « quand on sait que 25 km de ligne ferroviaires sont fermées aux voyageurs entre Rognac et Aix ».
Le « droit fondamental à la mobilité », cette « question de classe » évoquée par Natacha Malet comme outil de « justice sociale », rejoint d’autres enjeux. Au-delà de la meilleure connexion de l’ouest du département, la réouverture permettrait aussi de favoriser le report modal, qui « suppose une offre ferroviaire financée par le versement mobilité, la taxe poids lourds ou bureaux », avance la militante.
Pascal Surcouf, cheminot CGT de Rognac, indique que « la ligne a été remise à neuf avec plusieurs dizaines de millions d’euros investis pour faire circuler les trains de marchandises, notamment pour la centrale de Gardanne ». Un projet où « techniquement, tout est là », donc, « rien n’empêche la circulation, sinon le politique », affirme Pascal Surcouf.
Les défenseurs du projet invoquent également l’argument environnemental. Jean-François Gast, du Mouvement national de lutte pour l’environnement, souligne que « le transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises est un moyen concret de réduire ses émissions, à l’heure du dérèglement climatique et de l’augmentation hors-norme des gaz à effets de serre ». « Il faut inverser les investissements » de la route vers le rail, selon le militant écologiste, rejoint par Karina Chiri (LFI Miramas) et Caroline Ville (Les Écologistes Berre) sur ce point. Cette dernière souligne aussi l’intérêt d’un développement du fret pour desservir les activités logistiques à Saint-Martin-de-Crau, à Clésud (Miramas) et du Port de Fos. « Développer le rail, c’est protéger le climat et la santé des citoyens », résume Natacha Malet, rappelant que le transport représente 31% des rejets de CO2 au niveau national.
Cette initiative n’en est « qu’à son démarrage », assure l’organisatrice. La reprise annoncée du trafic de fret en janvier constitue désormais un marqueur dans cette mobilisation.

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