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  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • Le centre hospitalier d’Avignon retrouve finalement sa certification

    Le centre hospitalier d’Avignon retrouve finalement sa certification

    Après deux ans sans être certifié par la Haute Autorité de santé (HAS), le centre hospitalier Henri-Duffaut d’Avignon retrouve sa certification, assortie d’une mention « Haute qualité des soins », pour une durée de quatre ans.

    Pour rappel, celle-ci avait été perdue en 2024, la HAS ayant jugé à l’époque « la qualité des soins insuffisante ». Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital n’a pas donné suite. Mais sur son site internet, il est précisé que le rapport est issu de l’analyse de huit experts-visiteurs mandatés par la HAS. Ceux-ci ont conduit 76 évaluations de terrain pendant lesquelles ils ont rencontré des patients, analysé 22 prises en charge, suivi 15 parcours de soins, évalué 24 pratiques à risque et échangé avec 15 équipes de professionnels, ainsi qu’avec la gouvernance de l’établissement, l’encadrement et les représentants des usagers.

    Trois axes sont ainsi examinés par l’organisme. En premier lieu, le patient et sa prise en charge obtiennent une note de 94/100. La HAS cherchait là à voir si les « droits sont respectés, son engagement recherché, ses besoins, attentes et préférences pris en compte ». Est souligné, par exemple, que « les patients soulignent l’attention portée par les professionnels pour assurer le respect de leur intimité et dignité ». Concernant les équipes de soins, sujet épineux au vu des mobilisations du corps médical de l’établissement ces dernières années, notamment au bloc opératoire, la note obtenue est de 96/100. La HAS estimant, par exemple, que « la culture de la pertinence et de l’évaluation est diffusée au sein des équipes ». Enfin, le dernier axe évalue l’établissement lui-même et sa gouvernance, à savoir la direction et la conférence médicale d’établissement. Ce chapitre obtient également la note de 96/100.

    Reconnaissance du travail

    Sur son site, le CH d’Avignon se réjouit ainsi d’avoir « su répondre collectivement aux exigences renforcées du nouveau référentiel et obtenir le niveau “Qualité des soins confirmée“ ». Et assure que « ce résultat témoigne de l’engagement constant de l’ensemble des professionnels et de la mobilisation collective en faveur de la qualité et de la sécurité des soins. Il vient reconnaître le travail engagé au cours des dernières années et confirme la volonté de l’établissement de poursuivre durablement sa démarche d’amélioration continue, au service des patients et de la qualité des prises en charge ».

    Contactée, la CGT de l’hôpital, par le biais de son secrétaire Patrick Bourdillon, se félicite de cette certification. Mais regrette que la direction « n’ait pas tenu ses promesses de faire des efforts et de maintenir ses effectifs suite au passage de la HAS ». « Au lieu d’une prime pour récompenser les agents après des mois d’efforts, elle préfère supprimer des postes et mutualiser des brancards », poursuit le syndicat, évoquant une externalisation du nettoyage.

  • Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Les places manquent ce mercredi soir dans l’espace des Libertés d’Aubagne. Six jours après l’annonce par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de la suppression de toutes les gratuités des transports, le conseil municipal de la ville a voté un vœu solennel lui demandant de renoncer à ce choix. Un vœu qui « condamne avec la plus grande fermeté la décision unilatérale » et « exige le gel immédiat et le retrait sans condition de ce projet d’assujettissement tarifaire ». Y sont jointes les plus de 10 000 signatures récoltées en seulement quatre jours sur la pétition lancée par la municipalité pour défendre la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, ainsi que la demande d’une table ronde institutionnelle réunissant l’exécutif métropolitain, les douze maires du pays d’Aubagne et de l’Étoile ainsi que les représentants du tissu économique et des usagers.

    « Mandat impératif »

    « Il y a quelques jours à peine, par une déclaration unilatérale, sans le moindre débat avec les exécutifs communaux ni les représentants des usagers, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard, a fait savoir qu’il entendait supprimer la gratuité des transports, résume le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari dès l’ouverture du conseil. D’un simple trait de plume, il voulait supprimer dix-huit années d’une conquête sociale, environnementale et humaine qui faisait l’honneur de notre territoire. » Face à cette « menace directe et sans précédent [qui] pèse sur la vie quotidienne de nos 42 000 concitoyens et les 100 000 habitants de notre bassin de vie », l’édile avait démissionné immédiatement de la présidence de la commission métropolitaine des transports, comme il l’annonçait à La Marseillaise. « Ce ne sont pas des tickets de transports que la Métropole veut réintroduire, mais un péage sur la vie quotidienne », dénonce-t-il. Et d’écarter les uns après les autres les arguments du président de la Métropole. Face à un coût estimé inférieur à 2 millions d’euros, « le gain net serait dérisoire », la billettique pesant jusqu’à 40% des recettes. D’autant plus que la gratuité était déjà assumée par le conseil de territoire. Il refuse également qu’un principe d’égalité juridique nivelle vers le bas l’accès aux transports, face à des tarifs déjà hétérogènes. Et pointe la double peine pour les employeurs qui devront payer la moitié des abonnements en perdant l’attractivité apportée par la gratuité. Surtout, il salue la « déferlante » des signatures sur la pétition lancée par la municipalité, « un mandat impératif du peuple d’Aubagne » et tend la main à l’opposition après la lettre écrite par l’ancien maire (LR) de la ville Gérard Gazay au président de la Métropole, refusant la fin de la gratuité.

    Peine perdue. Celui-ci s’emmêle les pinceaux en reprochant au maire d’avoir voté contre le budget métropolitain, quand celui-ci s’opposait aux coupes dans la dotation de solidarité communautaire. Et reproche à son successeur de ne pas avoir été informé plus tôt de la décision du président de la Métropole. « Défendre Aubagne ce n’est pas seulement protester, c’est négocier », lance-t-il sous les huées. En indiquant ne pas prendre part au vote sur le vœu solennel, selon l’habitude de son groupe. « Monsieur Gazay, les Aubagnais jugeront », réplique Jean-Pierre Squillari.

  • [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    J’ai appris avec colère l’annonce par le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son intention de mettre fin à la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une décision aussi brutale qu’incompréhensible, sur la forme comme sur le fond.

    Sur la forme d’abord, il est inacceptable que le maire d’Aubagne et les onze autres maires concernés découvrent par voie de presse une décision qui touche directement leurs communes et leurs habitants. Ce mépris du dialogue avec les élus locaux n’est pas acceptable.

    Sur le fond, prétendre réaliser des économies dès 2026 en supprimant la gratuité relève de l’absurde. Installer un système de billetterie, équiper les bus et les tramways, organiser les contrôles et mobiliser les personnels nécessaires aura nécessairement un coût et ne se fera pas en quelques semaines. Cette décision, présentée comme une économie, risque donc de commencer par coûter de l’argent aux habitants et à la collectivité.

    Surtout, elle constitue une attaque contre un acquis social qui a fait ses preuves depuis près de vingt ans dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Et elle intervient au pire moment : celui d’une flambée du prix des carburants et d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint.

    Quand prendre sa voiture coûte toujours plus cher, supprimer la gratuité des transports est une double peine infligée aux habitants.

    Au regard de la précipitation qui entoure cette annonce et de l’absence d’économie réalisable sur l’exercice 2026, il est urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés. Une décision aux conséquences aussi importantes pour le quotidien de milliers d’habitants ne peut être imposée dans l’urgence et sans dialogue.

    Je resterai pleinement engagé aux côtés des douze maires concernés, des usagers et des associations qui défendent la gratuité pour faire échec, dans les jours et les semaines à venir, à ce projet profondément injuste.

  • Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    De quoi remettre en lumière l’expérimentation de la piste cyclable de l’avenue de la République à Toulon, défendue par la municipalité et les associations écologistes, mais vivement critiquée par l’opposition RN, qui lui reproche ses supposés effets négatifs sur le trafic automobile.

    À l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité (du 16 au 22 septembre), l’ENTPE, école d’ingénieurs placée sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, et son laboratoire Énergie et Mobilité (EMob-Lab) ont dévoilé le premier classement des 28 plus grandes villes françaises en fonction de leur facilité de circulation à vélo. Et le Port du Levant se classe à la 4e place, derrière Nîmes, Reims et Paris.

    « Une belle surprise qui met en avant le travail réalisé avec Madame la maire, se félicite Albert Tanguy, adjoint aux mobilités douces à la mairie de Toulon. Cela va dans le sens des premiers retours concernant la piste cyclable depuis la rentrée, avec 500 cyclistes par heure le matin, montrant que cela répond à un besoin. »

    Piste cyclable pérennisée

    Réalisée par le chercheur Tristan Lemoalle, doctorant à l’ENTPE, cette étude revendique une cartographie complète et reproductible de la sécurité et du confort des infrastructures cyclables en milieu urbain, en France, autrement dit de leur « cyclabilité ». L’indicateur repose sur un croisement de données ouvertes, d’enquêtes de terrain et de sondages. À partir de ces éléments, Tristan Lemoalle a développé un programme capable d’attribuer à chaque tronçon cyclable une note sur cinq. « Cette méthode se distingue par sa précision. Elle permet d’évaluer la cyclabilité à l’échelle de chaque rue et apporte ainsi un éclairage différent, mais complémentaire, au Baromètre des villes cyclables, qui mesure la satisfaction des usagers au niveau des villes », détaille le doctorant.

    Cette note se base sur plusieurs critères : le type de piste (séparée, partagée, bande cyclable…), le degré de pente, l’exposition au trafic motorisé, ainsi que l’environnement urbain autour des pistes cyclables (végétation, éclairage…). « L’idée n’est pas de pointer du doigt certaines villes », affirme le doctorant, mais d’offrir aux collectivités un outil facile d’accès pour identifier les points à améliorer sur leurs infrastructures. Celui-ci pourrait être utile à Toulon pour dresser, fin octobre, le bilan de l’expérimentation de la piste cyclable, qui sera « quoi qu’il en soit pérennisée, qu’elle soit maintenue en l’état ou de l’autre côté de l’avenue », affirme Albert Tanguy.

  • [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    La Marseillaise : Le refus par le conseil métropolitain de voter la baisse des dotations de solidarité aux communes – à une voix près – a été un séisme pour l’institution. Où en est-on aujourd’hui ?

    Benoît Payan : Le rôle du maire de Marseille, c’est d’abord de protéger les Marseillais et les Marseillaises. On s’acheminait vers un choix inacceptable pour moi, parce que je suis maire, Marseillais et que je dois défendre cette ville, qui consiste à nous faire perdre 36 millions d’euros. Marseille seule aurait porté 70% des économies de cette Métropole. J’avais prévenu : c’était inacceptable. Je crois à la solidarité métropolitaine, je pense qu’il faut être attentif à d’autres communes et j’avais proposé un chemin qui permettait aux 92 communes de ne rien perdre. Ma proposition a été balayée d’un revers de main. En le faisant j’ai prévenu que ceux qui la balayaient se mettraient dans une situation difficile car je me battrai pour ma ville. C’est ce que j’ai fait. On a réussi a gardé 36 millions d’euros.

    L’histoire n’est pas terminée… Marseille fait-elle toujours partie de cette « gouvernance des maires » ?

    B.P. : Ça a toujours été très particulier la relation de Marseille avec sa Métropole. Quels que soient les maires et les présidents, cette relation a toujours été très difficile parce que Marseille est une grande ville. Elle est tellement plus grande que toutes les autres villes qu’elle fait presque, à elle toute seule, la moitié de cette Métropole. Longtemps elle a été vue comme l’ogre qui allait se servir sur la bête. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Ce sont les Marseillais qui paient le plus d’impôts métropolitains, pas seulement en millions d’euros mais en pourcentage. Ce sont les Marseillais qui paient la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus chère. Et pourtant on n’a aucun équipement métropolitain, les politiques métropolitaines sont beaucoup trop absentes de la ville. Pourquoi j’ai souhaité entrer dans la gouvernance de la Métropole ? Parce que cette ville ne peut pas être sans cesse le bouc émissaire des uns et des autres. On n’a jamais revendiqué une hégémonie mais on revendique d’être respectés comme n’importe quelle autre commune. C’est un message qui doit passer.

    Ce message, estimez-vous qu’il est passé auprès de Nicolas Isnard ? La gouvernance de la Métropole restera-t-elle dans un statu quo ?

    B.P. : Il appartient désormais au président de dire ce qu’il veut faire de cette gouvernance, s’il désire en changer, j’ai toujours dit que j’étais prêt à l’accompagner et que je serai là si les choses doivent évoluer. Non pas parce que je serai candidat à la présidence, je ne le suis pas, je ne le serai pas. Quand je dis quelque chose je m’y tiens, je sais qu’en politique ce n’est pas commun. Je n’étais pas candidat il y a un an, six mois, je ne serai pas candidat demain, mais s’il doit y avoir des changements, je les accompagnerai.

    La Métropole a donc un budget élaboré hors des élus. Est-ce supportable ?

    B.P. : C’est un budget qui va peser sur les communes. Je suis allé rencontrer le président, notamment avec Gaby Charroux, pour lui dire « ne commets pas l’erreur de monter les communes les unes contre les autres ». Ce n’est pas parce que la Chambre régionale des comptes ou que le préfet disent quelque chose que nous, élus, sommes dépossédés de notre pouvoir de décision. Nous avons été choisis pour cela. Il y avait des moyens d’économiser ces 50 millions d’euros, de les lisser. Un budget en déséquilibre aurait ouvert un dialogue avec la chambre régionale des comptes. Ses magistrats sont des gens intelligents, ils comprennent qu’on est presque au bout de l’année budgétaire et que ces 50 millions sont lissables sur plusieurs années. C’est ce qu’il fallait faire, cela aurait évité une crise politique et budgétaire, or, là, nous les avons.

    La Métropole a-t-elle un avenir financier et fiscal ? N’est-elle pas déjà enterrée ?

    B.P. : Il ne faut pas se mentir : cette Métropole est mal née, elle est née en siège, dans la douleur et elle ne s’en sort pas. Structurellement, systémiquement, elle est malade. Sa capacité a développer des politiques publiques est inexistante par ce que sa construction, financière, fiscale, budgétaire, l’en empêche. Il m’est arrivé de le dire, Martine Vassal, elle-même, n’était pas en mesure de changer les choses. On ne peut pas faire avec cet outil, ce à quoi il devrait servir. Quand on voit l’état des équipements à Marseille, l’état de la voirie, ce sont des dizaines de millions d’euros qu’il faudrait investir. Il n’y a pas 40 solutions : soit une augmentation massive de la fiscalité mais les habitants sont-ils aujourd’hui en mesure de perdre du pouvoir d’achat ? Soit il faudrait renoncer à l’effet redistributif et contre-péréquateur de cette Métropole qui a sans cesse été pointé par les magistrats de la chambre. On en arrive à une situation insolvable. On ne pourra pas longtemps faire croire que cette Métropole est vivable. Elle ne l’est plus. J’appelle solennellement le gouvernement à se pencher sur cette Métropole. 2026 a été difficile mais 2027 sera apocalyptique. Toutes les circonvolutions, toutes les belles paroles du monde ne suffiront pas à remplir les caisses de la Métropole. Qui va-t-on faire payer ? Les entreprises avec le versement mobilité ? Vous croyez qu’elles sont prêtes à payer pour combler des trous ? Et les particuliers ? Il faut un consentement à l’impôt. L’impôt, c’est un effort pour vivre en collectivité parce qu’il permet de fabriquer des politiques publiques. On ne paye pas d’impôts pour les intérêts de la dette…

    Quelle alternative ?

    B.P. : Tout refaire ! Il faut tout repenser. Il ne peut y avoir ni totem ni tabou. Une Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui est vouée à l’échec. À la fin ce sont les Marseillais qui vont trinquer. Je l’ai dit sur tous les tons pendant 6 ans : nous n’avons jamais réussi à faire Métropole, il n’y a que des intérêts particuliers, chacun défendant sa commune. Il ne peut pas y avoir de projet métropolitain dans un ensemble institutionnel sans argent. C’est comme si on jetait quelques subsides dans un cirque romain et qu’on demandait à des gladiateurs de se battre pour les récupérer. Ça ne fonctionne pas ! Les gens sont des adultes, ils se sont choisi des maires dans lesquels ils ont confiance. L’État ne peut pas nous laisser dans cette situation.

    Ça peut vouloir dire une fusion avec le Département ?

    B.P. : Ça peut vouloir dire beaucoup de choses mais je ne pense pas que le bloc communal soit fongible dans le Département, on a vu ce que ça a donné à Lyon. C’est voué à l’échec. On recommencerait à faire un gros machin qui ne fonctionnerait pas. Je crois aux compétences de proximité. Mais cette Métropole ne fonctionne pas. Non pas que Martine Vassal ait vidé les caisses, mais on apprend les choses au compte-goutte. Un établissement de coopération intercommunal doit d’abord être fondé sur la confiance. Ce n’est pas une collectivité, nous sommes les représentants de nos communes, nous sommes les élus de leurs habitants. Cet ensemble institutionnel n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Je vis dans une ville qui fait 5 fois Lyon, 2,5 fois Paris et où le dernier métro a été inauguré avant ma naissance, il y a 48 ans ! Tout ça parce que l’argent a été servi à d’autres. Les attributions de compensation ont été calculées il y a 30 ans, à l’époque Marseille perdait des habitants, des emplois, les entreprises fermaient. Aujourd’hui j’ai des fleurons internationaux à Marseille, une ville qui attire des millions de touristes, qui produit énormément de richesses et nous ne bénéficions pas de tout cela. On me dit « c’est le fruit de l’histoire » mais je préfère regarder l’avenir que d’être tanqué dans un passé qui ne correspond plus à la réalité.

    En participant à la gouvernance métropolitaine dans ces conditions, notamment avec Samia Ghali, l’une de vos adjointes à la présidence de la RTM, n’est-ce pas un piège qui se referme sur vous ?

    B.P. : Elle travaille le plus possible pour améliorer les conditions de transports des usagers, elle fabrique de la tarification sociale, elle essaye de réfléchir à une nouvelle répartition des lignes aériennes, aux cadences des transports. On est en train d’avancer sur ces sujets mais on va se heurter à une réalité financière dans les années qui viennent. La RTM, à mon sens, doit peut-être devenir un établissement public autonome.

    Sur le modèle de la RATP ?

    B.P. : Pourquoi pas ? Il ne faut rien s’interdire. Le modèle tel qu’on l’a connu est éculé, terminé.

    Sentez-vous en cette rentrée, l’exaspération qui monte sur le pouvoir d’achat ?

    B.P. : J’aimerais bien fixer le prix de l’essence ou le niveau des salaires. Ce n’est pas la compétence d’un maire. En revanche, sur la question de la rentrée scolaire, je me suis mobilisé pour que les familles marseillaises aient des conditions meilleures qu’ailleurs avec un kit de rentrée scolaire, avec des grilles tarifaires de la restauration scolaire qui permette à 15 000 petits Marseillais de manger gratuitement, soit 5 000 de plus qu’avant. De la même manière on va augmenter le nombre de petits-déjeuners gratuits pour ne plus jamais avoir des petits qui ont le ventre vide à l’école. On ne peut pas tout, mais tout ce qu’on peut, il faut le faire. Un petit Marseillais, quel que soit son quartier, son histoire, sa religion, sa couleur de peau, il doit avoir les mêmes chances que les autres. L’école c’est fondamental pour moi, c’est là qu’on devient une femme, un homme, émancipés. Nos décisions sont prises avec une seule boussole : qu’est-ce qui est juste ?

    Qu’avez-vous envie de dire au gouvernement qui craint de voir renaître les Gilets jaunes et constate un calendrier syndical qui se remplit un peu plus chaque jour ?

    B.P. : Il est entre des feux contradictoires. Choisir c’est renoncer. Je crois profondément que la fiscalité dans ce pays est injuste. Celles et ceux qui gagnent le plus d’argent ne sont pas des ennemis mais ils ont des devoirs envers leur patrie. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est un honneur. Je ne dis pas de tout prendre mais que chacun contribue à sa juste mesure. On nous explique que les gens vont partir, ce sont des histoires à dormir debout, des berceuses des années 1980. Je crois que quoi qu’il en coûte, il faut aider les Français sur le pouvoir d’achat.

    Amine Kessaci, mécontent de ne pas pouvoir choisir la directrice de Marseille habitat dont il est le président vous a présenté sa démission. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?

    B.P. : D’abord je comprends qu’il puisse être affecté par ce vote. Ce ne doit pas être simple de se retrouver seul, mis en minorité par l’ensemble des administratrices et administrateurs d’un bailleur que l’on préside. Je le recevrai dans les prochains jours pour discuter de ce qu’il s’est passé. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a poussé à faire ce choix. Aujourd’hui encore je ne comprends pas. J’ai entendu que c’était « le bureau de recrutement » que je ne connais pas qui avait motivé son choix. À partir du moment où il a souhaité mettre fin au contrat du directeur général qui a donné toute satisfaction jusqu’à présent, en tant que nouveau président, après tout pourquoi pas, je lui ai dit : « le choix devra se faire dans la plus grande transparence et qu’il n’y ait aucun doute sur la personne choisie ». Je pense que ni l’une, ni l’autre des conditions posées n’ont été remplies.

    Vous lui en voulez ?

    B.P. : La question n’est pas de savoir si je lui en veux ou pas. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a amené à faire un choix aussi baroque. Il semble qu’il n’ait pas été convaincu par les multiples alertes données sur cette personne.

    Des alertes données par qui ? La mairie ?

    B.P. : Des alertes données par pas mal de personnes dont moi-même.

    Quand le verrez-vous ? Il a même proposé d’assumer lui-même le rôle de directeur général et, dit-il, à faire économiser de l’argent au bailleur.

    B.P. : Dans les prochains jours. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire. Amine Kessaci est quelqu’un de très intelligent, mais le dernier conseil que je lui donnerais c’est d’être président-directeur général. Cela l’exposerait juridiquement. Quand je vois la fougue et l’emportement qui sont les siens, je lui conseille de savoir raison garder. Je suis maire de Marseille, pas directeur général des services de la Ville. Il ne faut pas tout confondre.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait ne plus être votre adjoint ?

    B.P. : Je crois qu’il faut décorréler la situation à Marseille Habitat que j’ai besoin de comprendre et la confiance que je peux lui accorder par ailleurs. Si demain il devait démissionner de son poste d’adjoint, il faudrait qu’il m’en explique la raison.

    Dans notre région, ce sont dans les Bouches-du-Rhône que la gauche est dans la meilleure posture pour les sénatoriales. Quel est votre pronostic et où se porte votre soutien ?

    B.P. : Vous m’avez demandé 27 fois mon pronostic sur les municipales et 27 fois je vous ai répondu que je n’en faisais pas. C’est pareil pour ces sénatoriales. J’espère que cette liste d’union, solide, qui représente les territoires, les sensibilités, avec des histoires différentes, des horizons et des enracinements différents, arrivera en tête. Ce serait un très beau signal pour la gauche dans le pays, pour tout ce à quoi je crois. Le rôle des sénateurs va s’accroître dans un pays instable qui peut connaître le pire. Le rôle du Sénat doit être celui de garant de l’État de droit et de la continuité républicain, celui d’une vigie. Pour cela, il faut des sénateurs qui ont la conviction profonde que la République est une et indivisible, que sa devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », que ses racines plongent dans la Révolution française, dans les forces de la lumière contre celle de l’obscurité. J’y crois avec force. Les listes de gauche qui n’ont aucune chance de faire un siège, vont prendre des voix à la liste d’union et à la fin c’est quoi ? Un siège en plus pour l’extrême droite. Je leur dis les yeux dans les yeux.

    Votre famille politique d’origine organise une primaire, vous intéresse ? Vous positionnerez-vous ?

    B.P. : Non.

    Pourquoi ?

    B.P. : Mon travail est d’être maire de Marseille. Je reste un homme de convictions. J’entrerai dans la danse si je sens un danger arriver. Je ne m’occupe pas des partis. Ça ne m’intéresse pas. Je dis simplement une chose : vous n’avez pas le droit de vous diviser. Je n’aurais pas l’outrecuidance ni la vacuité de penser que c’est duplicable. Mais c’est un exemple comme un autre. On nous a expliqué que le Printemps marseillais c’était des rigolos. Il se trouve qu’on a été élus en 2020 et réélus en 2026 sur un totem, celui de l’union. Les divisions permanentes pour savoir qui est le plus à gauche, qui est le moins gauchiste, le plus écologiste, le plus raisonnable, le plus révolutionnaire… Ce sont des débats de chambre. Les gens veulent une seule proposition. Je dis : ne partez pas en ordre dispersé parce qu’à la fin c’est l’échec.

    À Marseille, votre conception du rassemblement c’était sans LFI. Quand vous parlez d’une seule candidature, c’est avec ou sans LFI ?

    B.P. : C’est Jean-Luc Mélenchon qui a déjà répondu à cette question. Il est parti, il croit en son destin, l’ambition de sa vie n’est rien d’autre que d’occuper le fauteuil de François Mitterrand. Il se fout pas mal de ce qui se passera à la fin, il espère être président de la République quel qu’en soit le coût. C’est triste.

    Renaud Muselier a confié à « La Marseillaise » que vous lui aviez donné votre accord pour travailler à une cérémonie de clôture des JO 2030 à Marseille. Vous n’étiez pas en si bons termes auparavant ?

    B.P. : Le président Muselier est un pragmatique. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour que ça se passe à Marseille. J’ai lui ai naturellement répondu oui parce qu’on sait faire, on sait organiser des événements internationaux. Renaud Muselier sait que ça sera réussi si c’est à Marseille. Mieux qu’ailleurs !

  • En grève, les facteurs font la tournée des mairies à Marseille

    En grève, les facteurs font la tournée des mairies à Marseille

    Les facteurs de la plateforme des Docks, à Marseille, n’en finissent plus de donner de la voix. Après un premier jour de grève, vendredi (lire notre édition du 12/09), ils ont remis le couvert, ce lundi. Avec la manière puisqu’ils étaient à nouveau en grève « quasiment à l’unanimité », de quoi impacter la distribution sur les 1er, 2e et 3e arrondissements qu’ils couvrent. De quoi surtout prendre le chemin du Village La Poste, à Colbert, lieu du siège de l’entreprise postale à Marseille où ils ont trouvé « portes closes ».

    Serge Reynaud, pour Sud PTT, résume la situation : « Ce matin, on a eu un échange avec le directeur du site qui semblait prêt à discuter d’alternatives. Finalement, il n’était pas prêt à négocier avant vendredi prochain, d’où la reconduction du mouvement. » Qu’à cela ne tienne, à défaut de discussion avec leur direction, la quarantaine de facteurs prend la direction de la mairie de secteur, celle des 2e et 3e arrondissements, où ils ont été reçus par l’équipe du maire, Anthony Krehmeier (PS). Même principe pour la mairie centrale où le cabinet du maire, Benoît Payan (DVG), a fait de même.

    Pour rappel, ils dénoncent une réorganisation à venir sur leur site avec notamment une refonte de leurs tournées actuelles. « Ils parlent de tournées clairsemées, le courrier va être distribué un jour sur deux, voire sur trois. Ça va être une intensification du travail pour les agents », résume Karim Bouzana, pour la CGT. Avant de tonner : « On demande le maintien d’un titulaire de tournée pour permettre de conserver le lien avec les usagers. Et non pas d’une, deux ou trois personnes ! »

  • À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    Un petit portail, symbole d’un quartier divisé, a été rouvert ce vendredi 4 septembre. C’est donc une grande victoire, celle d’une mobilisation citoyenne.

    Des riverains, privés d’accès aux équipements municipaux et entravés dans leurs déplacements vers les commerces et écoles, ont ferraillé durant des années. Soutenu par la mairie du secteur, par la Ville, et après un remaniement politique à la tête du bailleur social, leur combat a fini par l’emporter sur les intérêts privés et le repli. Une poignée de copropriétaires d’une ancienne cité-jardin HLM avait revendiqué le droit de fermer une rue, privée de droit, mais d’usage public, au prétexte d’insécurité.

    « Nous n’ouvrons pas seulement un portail, nous tournons une nouvelle page pour le quartier. Dans une société qui se divise, où les discours de haine et de rejet se banalisent, ouvrir est un choix politique. Un portail ne doit jamais devenir une frontière. C’est une bataille gagnée. Face à ceux qui veulent nous dresser les uns contre les autres, nous faisons le choix du rassemblement plutôt que de la division », s’est félicité Didier Jau, maire écologiste du Printemps marseillais dans les 4-5.

    Le renouveau des Chutes

    Poussant au bout la carte de la mobilité douce et inclusive, le maire précise : « Nous allons maintenant porter la question de la mise en accessibilité du site, pour que les personnes à mobilité réduite, les parents avec poussette et, plus largement, toutes celles et ceux qui rencontrent des difficultés de déplacement puissent pleinement profiter des accès désormais ouverts. »

    Pour Nathalie Prost, habitante et conseillère d’arrondissements déléguée aux Chutes-Lavie, cette réouverture constitue « une victoire pour tous ». Enfant du quartier, elle annonce « fêter ce renouveau pour le quartier. Nous nous retrouverons pour faire de cette réouverture un grand moment de rassemblement, avec la plus grande fête jamais organisée aux Chutes-Lavie. Une fête à l’image de ce que nous voulons pour le quartier : un quartier ouvert, vivant et rassemblé ».

    On dénombrait une centaine de résidences privées à Marseille dans les années 90, elles sont près de 1 900 aujourd’hui. Le droit de passage a succombé au droit de propriété. Aux Chutes-Lavie, avec la population solidaire et le politique jouant collectif, la liberté est au bout de la rue.

  • À Aix, les punaises de lit traquées dans les bibliothèques

    À Aix, les punaises de lit traquées dans les bibliothèques

    Mauvaise nouvelle pour les usagers des bibliothèques d’Aix-en-Provence. La Ville a décidé « un contrôle préventif de l’ensemble du réseau de bibliothèques » après la détection, la semaine dernière, de punaises de lit à la bibliothèque de la Halle aux Grains. La décision de fermer les établissements a été prise jeudi soir.

    « À ce jour, aucune punaise de lit n’a été détectée dans les autres bibliothèques municipales », précise la mairie dans un communiqué. Mais « afin de confirmer cette situation et de préparer la rentrée dans les meilleures conditions, la Ville a choisi d’engager un contrôle préventif de l’ensemble des établissements. Cette opération nécessite leur fermeture temporaire au public ».

    Six sites concernés par

    la fermeture temporaire

    Sont concernées la bibliothèque Méjanes, la bibliothèque des Deux Ormes, Li Campaneto, le point lecture de Puyricard ainsi que la bibliothèque et les archives municipales Michel-Vovelle. La bibliothèque de la Halle aux Grains demeure fermée dans le cadre du protocole déjà engagé. Les boîtes de retour des Deux Ormes et de Li Campaneto sont également fermées.

    Les documents pourront être rendus et les réservations retirées dès la réouverture, précise les services de la Ville. « L’objectif est de pouvoir rouvrir l’ensemble des bibliothèques dans les meilleurs délais, avec toutes les garanties nécessaires pour accueillir sereinement usagers et agents », précise la mairie qui « informera le public de la réouverture des établissements sur ses sites internet et ses réseaux sociaux ainsi que sur ceux de ses bibliothèques ». Les punaises de lit ont été détectées sur le mobilier de la bibliothèque de la Halle aux Grains grâce à l’intervention de chiens renifleurs. Le traitement consiste à utiliser de la vapeur, puis des insecticides

    En octobre 2019, infestée par les punaises de lit, la plus grande bibliothèque de Marseille, l’Alcazar avait dû fermer ses portes au public pendant plusieurs jours. Depuis les années 1990, une recrudescence mondiale des punaises de lits est observée.

    Quant à l’impact sur les habitants, 145 consultations chez un médecin liées aux punaises pour 100 000 habitants ont été recensées en 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la deuxième région la plus touchée.

  • Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Une saison des incendies pour le moment maîtrisée

    La saison n’est pas terminée, le front des incendies est resté stable dans le département, note Jacques Witkowski avec 512 feux recensés depuis le 1er juin, soit 67 de plus qu’en 2025, une augmentation de 15%. S’il y a eu « beaucoup de départs de feux », ils ont été « éteints très vite », mis à part celui de Rognac et de Lançon-de-Provence. Outre la prévention, la préfecture mise aussi sur le répressif avec le respect des obligations légales de débroussaillement. Des communes ont été mises en
    demeure, un camping à Beaurecueil fermé le temps d’agir. Les gendarmes missionnés dans les massifs ont interpellé 350 personnes pour comportements dangereux. Le représentant de l’État se prépare désormais aux épisodes cévenols qu’il appréhende.

    Accompagner les consommateurs de crack

    Face à l’augmentation de la consommation de crack dans le centre-ville qu’il juge « préoccupante », le préfet a mis en place des actions. D’abord répressives pour éviter « les enkystements » mais il mise aussi sur la prise en charge médicale des consommateurs. « Co-porté » avec la Ville, un site d’accueil de 17 places a ouvert mi-août, un autre de 10 places va suivre. Soit 500 000 euros investis par l’État pour leur fonctionnement. Un coordinateur médical a été mis en place. Le développement des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues, deux seulement à Marseille, est souhaité, et à long terme, l’installation d’une halte soins addictions plus que soutenue. Reste à trouver le site…

    Métropole : la balle renvoyée aux politiques

    Prévu le 10 septembre, le vote de la décision modificative du budget métropolitain marque une nouvelle étape. Pour le préfet, « budgétairement, l’affaire est réglée ». Et de réaffirmer le strict rôle de conseil et de contrôle de la légalité de l’État. « Je souhaite que la Métropole sorte de cette ornière », assure-t-il. La mission Bussereau-Debat devant permettre d’entamer des « discussions politiques » sur ses compétences ou limites géographiques.

    Vigilance sur Fibre excellence

    Alors qu’à Tarascon les salariés de l’usine de pâte à papier restent mobilisés après la fermeture du site ce vendredi 28 août (lire aussi page 5), le préfet indique avoir saisi le liquidateur pour s’assurer de sa mise en sécurité. Et si les lieux doivent être dépollués, ils le seront par le repreneur, ou, à défaut, par le propriétaire actuel, assure-t-il. Mais pas question pour autant de laisser la CGT le bloquer, s’il le faut, « on interviendra par contrainte », promet-il.

    Des économies sur l’hébergement d’urgence

    Une « dépense de 117 millions d’euros dans le département », permet de financer 6 000 places dans deux types d’hébergement d’urgence, l’un dans le diffus, l’autre provisoire à l’hôtel rappelle le préfet. Sur ce dernier, 1 562 places, « on a décidé de reprendre en main budgétairement les choses », indique-t-il, avec un nouveau contrat au 1er octobre avec des hôteliers. Et la réalisation d’un « état zéro », le préfet dénonçant « des situations irrégulières », avec « des gens à l’hôtel depuis 6 ans » Et de marteler : « Je suis comptable des deniers publics, je ne peux pas engager ce que le Parlement n’a pas voté. » Or au 1er janvier, le dépassement « était de 8 millions, là encore à 3 millions », déplore-t-il.

    Parallèlement en 2025, 1 400 logements ont été récupérés auprès des bailleurs, 991 cette année. « Presque 2 500 places, un effort notable », estime-t-il.