Tag: voyageurs

  • À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À compter de décembre 2029, la ligne des Alpes, qui comprend notamment les liaisons entre Marseille et Briançon, sera exploitée par la société SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée (SVSAM). Cette évolution prévoit la suppression de postes des six agents d’escales actuels à Gap, ce qui inquiète particulièrement la CGT des cheminots. « Au-delà de l’emploi de six agents, on parle d’un enjeu de service public », alerte Aimerick Ramos, représentant CGT. Les agents d’escale assurent l’information aux voyageurs, l’assistance aux personnes à mobilité réduite, la sécurisation des circulations et des quais ou encore la gestion des ruptures de correspondance. « On contribue au bon fonctionnement d’une ligne de montagne à voie unique », poursuit l’agent. Car contrairement à une ligne à deux voies, ici, la moindre perturbation peut rapidement entraîner des retards et autres difficultés.

    « Cette évolution ne signifie pas un désengagement de SNCF de la gare de Gap, a assuré début septembre la directrice régionale TER Paca, dans une lettre adressée à la députée (PS) Marie-José Allemand, qui l’avait interpellée sur le sujet. Elle continuera de bénéficier d’une présence au guichet pour la distribution de titres de transport. En cas de situation perturbée, les équipes pourront contribuer à l’accompagnement des voyageurs avec des équipes mobiles. »

    Une réponse qui ne rassure en rien Aimerick Ramos : « Les horaires prévus du guichet ne couvriraient pas l’ensemble des circulations ferroviaires, et les équipes mobiles sont un complément, mais ce n’est pas productif. » Pour lui, des milliers d’habitants et usagers de la ligne des Alpes risquent de se retrouver dans une impasse en cas de suppression de cette présence humaine.

    Agathe Di Lenardo

  • L’aéroport de Montpellier va-t-il décoller aux dépens de Béziers et Nîmes ?

    L’aéroport de Montpellier va-t-il décoller aux dépens de Béziers et Nîmes ?

    C’est une petite phrase répétée trois fois qui n’est pas passée inaperçue chez ceux qui connaissent les enjeux aéroportuaires en Occitanie.

    Lundi 14 septembre, lors de la conférence de presse de signature du protocole d’accord visant à amener le tramway à l’aéroport de Montpellier, Michaël Delafosse (PS) a déclaré : « Je suis pour la rationalisation de la carte aéroportuaire. »

    Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien que le président de la Métropole de Montpellier, pour des raisons « d’attractivité touristique » et de « développement économique », est désormais ouvertement favorable au projet d’expansion de l’aéroport Montpellier Méditerranée. Et ce, même s’il devait en coûter aux voisins nîmois et biterrois.

    Pour la première fois, M. Delafosse brise un tabou dans l’aérien et reprend l’idée que Georges Frêche avait fait germer dès 2008. À savoir qu’il y aurait dans la région trop d’aéroports (10 précisément), dont la plupart sont des petites structures sous perfusion d’argent public. « Le Languedoc-Roussillon a la plus forte concentration d’aéroports de toute l’Europe [5 entre Nîmes et Perpignan, Ndlr.] », assure M. Delafosse. Qui plaide pour l’envol de la plateforme de Montpellier. « On a besoin de conforter cet aéroport d’État. » Lequel plafonne à 1,8 million de passagers annuels (contre 7,6 millions à Toulouse) et en vise 2,5 d’ici 2030 voire 3 millions à terme.

    S’il ne discute pas avec le président de l’Agglo de Béziers, Robert Ménard (EXD), et qu’il assure avoir d’excellentes relations avec le nouveau maire PCF de Nîmes, Vincent Bouget, l’élu PS critique ouvertement la gestion aéroportuaire dans ces deux territoires voisins. « L’argent public ne doit pas servir à alimenter les compagnies low cost. » Un message adressé aux plateformes de Nîmes et Béziers, où Ryanair est la principale compagnie.

    Delafosse veut de l’État plus de parts au capital

    De là à dire qu’il faudrait fermer l’aéroport de Béziers et concentrer celui de Nîmes-Garons sur la spécialité de l’aviation civile, il y a un pas que M. Delafosse ne franchit pas (encore). Son message est toutefois reçu cinq sur cinq par Emmanuel Brehmer, pour qui Nîmes et Béziers sont deux concurrents. « On va finir par devenir l’aéroport de l’Est de l’Occitanie. On pourrait récupérer 100% du trafic de Béziers et 40% de celui de Nîmes. Le 2e avion de Transavia est conditionné à l’arrêt de Ryanair à Béziers et Nîmes. On rentre dans un cercle vertueux qui nous permettrait de faire des économies d’échelle sur les postes de sûreté. »

    La Métropole étant très minoritaire au sein de l’aéroport de Montpellier (à peine 0,5% des parts), M. Delafosse souhaite obtenir de l’État, actionnaire majoritaire (60%), davantage de parts* au sein du capital. Une demande qu’avait déjà formulée son prédécesseur Philippe Saurel… sans succès. « Il appartient à l’État de dire un certain nombre de choses. La rationalisation aéroportuaire, qui est une ambition écologique, doit avoir lieu. Ne pas décider c’est fragiliser », insiste M. Delafosse. C’est ce qui s’appelle un coup de pression.

    * La CCI a 25%, la Région 12,5%, le Département de l’Hérault 1% et l’Agglo du Pays de l’Or 1%.

  • Miramas, la gare repensée pour accueillir 1,5 million de voyageurs

    Miramas, la gare repensée pour accueillir 1,5 million de voyageurs

    C’est un ouvrage qui change non seulement le visage de la gare, mais aussi celui de la ville. Ce vendredi 11 septembre, les pouvoirs publics ont inauguré la nouvelle passerelle qui enjambe et relie les trois quais. Ouverte au public depuis le 11 août, son tablier de 75 m de long et 3,5 m de large sont accessibles à tous grâce à l’installation de quatre ascenseurs. En contrebas, les quais ont été rehaussés pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite.

    « On veut passer à 1,5 million de voyageurs d’ici 2030, affiche Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud chez SNCF. Aujourd’hui, 900 000 personnes transitent chaque année par Miramas. Il y a vraiment une volonté de développer la gare dans le cadre du Service express régional métropolitain (Serm) 2050. » Présenté le 18 septembre au gouvernement pour obtenir sa labellisation, « il représente un volume financier considérable, mais c’est un grand projet qu’il faut défendre », assure le vice-président de la Métropole délégué aux mobilités et maire (DVG) de Miramas Frédéric Vigouroux. « Il y a un grand coup d’accélérateur sur le ferroviaire. »

    D’ici là, la station de Miramas, la 3e du département, est d’ores et déjà dotée d’une infrastructure à la hauteur de son rang. « On a une ligne TGV qui va à Paris et qui devient de plus en plus intéressante, que nous devons faire connaître pour permettre à l’ensemble du territoire de 360 000 personnes de venir ici plutôt que de s’empiler dans des parkings qui n’existent pas à Aix », commente Frédéric Vigouroux.

    L’édile se réjouit du nouveau visage qu’offrent ces travaux à sa commune : « On a une gare moderne à 360 degrés, recousant le nord et le sud de la ville qui étaient jusque-là séparés par les voies ferrées ». Cette concrétisation s’inscrit dans un projet plus ample. « C’est le premier gros ouvrage qui va nous permettre de lancer le travail autour du Pôle d’échange multimodal. On va essayer d’aller plus vite pour faire les parkings et la rénovation de la gare, sans oublier le projet de construction de 400 logements en accession sociale ou privé, appelé l’écoquartier d’Oasis. »

  • Un lieu d’accueil amélioré pour la gare d’Aix-en-Provence

    Un lieu d’accueil amélioré pour la gare d’Aix-en-Provence

    Les travaux auront pris moins de temps que prévu, estiment les équipes partenaires du projet. Cinq semaines après le lancement des travaux le 20 avril dernier, le nouvel espace Zou ! pour la gare SNCF du centre-ville d’Aix-en-Provence vient d’être inauguré. À l’extrémité de la gare, derrière les baies vitrées flambant neuf, les espaces accueil, d’information et d’accompagnement général des voyageurs sont désormais rassemblés dans une même zone. Le projet, né d’une « convention de financement entre le président de la Région et la directrice régionale SNCF », précise Sandrine Malbrun, directrice régionale TER Sud et cheffe projet des espaces Zou !, visait deux objectifs. Le premier, moderniser et adapter l’espace de vente de billets et d’information, le second, renforcer la « visibilité de la marque Zou ! ». Étalé sur soixante mètres carrés – auxquels s’ajoutent 30 mètres carrés derrière chaque guichet – l’espace propose quatre guichets dont deux dédiés à la vente. Les deux autres aux agents d’escale. De nouveaux équipements d’information, ainsi que des bureaux dédiés à l’information et l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Le tout, pour un budget de 93 500 euros alloué par la Région. Si trente employés se relaient sur les lieux, trois personnes sont en permanence sur place du lundi au samedi. « C’est beaucoup plus agréable, ne serait-ce qu’au niveau du confort sonore. Les clients aussi, sont mieux installés », estime Isabelle Delpuech, directrice de la direction de production et services Est Provence et Alpes SNCF Voyageurs.

    Gare à enjeux

    « Point de vue sûreté, l’agent de régie et les vendeurs sont totalement en sécurité derrière le plexiglas », ajoute Nasser Moussaoui, dirigeant de proximité pour la SNCF. Au total, 21 espaces Zou parmi les gares les plus importantes s’apprêtent à être rénovés, ou l’ont été. « Aix est une gare à très forts enjeux, de l’ordre d’un million de voyageurs chaque année », contextualise Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région en charge des transports. Autre axe stratégique de celle-ci, son point d’entrée vers les territoires alpins. « 360 millions d’euros vont être investis sur la ligne des Alpes dans la perspective des Jeux olympiques 2030 », rappelle l’élu qui défend la mobilité comme « facteur clef de la qualité de vie ». Coprésident d’un think tank sur les mobilités en France, il estime que le sujet doit être porté au niveau national, notamment à l’approche de la présidentielle. Et, côté Région, rappelle que sur un budget de trois milliards, « un milliard et demi est accordé aux transports ».

    Une nouvelle proposition de jeunes conducteurs de trains diplômés

    En amont de l’inauguration de l’espace Zou, Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région Sud en charge des transports et de la mobilité, a remis leur diplôme à une promotion de dix nouveaux conducteurs de trains dont il était le parrain. La cérémonie, s’est tenue en privé. « Ils ont eu leur enseignement à Veynes, puisque nous sommes ici sur la ligne des Alpes », précise l’élu. Parmi les élèves récemment diplômés, beaucoup sont issus d’un parcours de réorientation professionnelle, parmi lesquels, une seule femme. Tous, ont été formés à l’École de conduite de l’étoile de Veynes.

  • Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Il y a quatorze ans, les trains s’arrêtaient et les rails commençaient à disparaître sous les herbes. Aujourd’hui, la ligne Alès-Bessèges revient peu à peu dans le paysage. Après trois mois de consultation publique, la première phase du projet, entre Alès et Saint-Ambroix, a franchi une nouvelle étape. Sur 557 observations recueillies, 459 sont favorables à la réouverture de la ligne, contre 98 défavorables. Plus de 6 000 visites ont par ailleurs été enregistrées sur le dossier numérique.

    Un résultat qui donne du souffle à un projet porté de longue date par la Région Occitanie, les associations d’usagers et de nombreux élus locaux. Mais derrière la promesse de revoir circuler des trains se cache un chantier conséquent. Près de 40 millions d’euros doivent être mobilisés pour régénérer les 19 kilomètres de cette première portion : renouvellement complet des voies, remise en état de près de 130 ouvrages d’art, sécurisation des passages à niveau, nouveaux équipements de signalisation et rénovation des haltes de Salindres, Saint-Julien-de-Cassagnas et Saint-Ambroix. Une nouvelle halte est également prévue près du lycée Jean-Baptiste-Dumas, à Alès.

    25 minutes pour rejoindre Alès

    Pour la Région, les 40 millions ne constituent pas seulement une dépense, mais un investissement de long terme. La ligne rénovée est conçue pour durer au moins cinquante ans. Surtout, elle doit offrir une alternative crédible à la voiture : 25 minutes seraient nécessaires entre Saint-Ambroix et Alès, contre près de 40 minutes aux heures de pointe par la route. Les études tablent sur 650 à 750 voyageurs quotidiens en semaine scolaire, avec sept allers-retours par jour.

    Les défenseurs du projet espèrent aussi rapprocher le nord du bassin cévenol des lycées, de l’hôpital, des emplois et des formations d’Alès, et ainsi désenclaver le territoire. Des pôles d’échanges multimodaux sont prévus à Salindres et Saint-Ambroix. « C’est une augmentation de la valeur des territoires qui est évidente », défend Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des transports. Le chantier devra aussi composer avec un milieu naturel qui a repris ses droits depuis 2012. Chauves-souris, papillons protégés et zones humides feront l’objet de mesures spécifiques. Des rails soudés doivent limiter bruit et vibrations.

    Le dernier mot revient à l’État. Après le rapport de Nicole Pulicani, la préfecture devra se prononcer sur l’autorisation environnementale. La Région conserve son cap : Saint-Ambroix en 2028, puis Bessèges en 2030. Le retour du train n’est pas acquis, mais il se dessine.

  • La nouvelle passerelle de la gare de Miramas est accessible aux voyageurs

    La nouvelle passerelle de la gare de Miramas est accessible aux voyageurs

    Des grillages métalliques entourent les pieds de la passerelle. Les travaux de la gare de Miramas ne sont pas tout à fait terminés, mais la nouvelle infrastructure est accessible depuis ce mardi 11 août. Valises à la main, un couple de Miramasséens appelle l’un des quatre ascenseurs qui desservent les quais. « C’est sûr que ça met plus la gare en valeur que le passage souterrain un peu lugubre qu’on avait avant », commentent-ils.

    Pour eux, ce nouvel ouvrage de 75 mètres de long qui surplombe les voies est enfin à la hauteur du pôle de mobilité, qui voit chaque jour près de 110 trains transiter. Chaque année, 800 000 voyageurs passent par la commune construite autour de son réseau ferroviaire. « L’objectif, c’est de passer à 1,5 million d’ici 2030 », révélait Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud au sein de la SNCF, lors de la pose des piles de la passerelle en janvier dernier.

    Près de 27 millions investis

    Venue regarder passer les locomotives avec son fils Kenaël, Sabrina assure : « La gare est toujours pleine, parce qu’on est bien desservis : on peut aller à Paris en TGV, à Marseille ou à Avignon. C’est rare pour une petite commune de 26 000 habitants ».

    Les 26,83 millions d’euros investis par la Métropole (7,62), la Région (11,3), l’État (5,65) et la SNCF Gare et Connexions (2,26) doivent donc améliorer le service pour les usagers, qu’ils soient des habitués ou qu’ils fassent partie des nouveaux voyageurs. Reste encore à végétaliser les quais, qui ont été rehaussés, et à installer le nouveau mobilier. « Ces travaux sont une bonne chose pour les personnes en fauteuil roulant, les quais et les trains sont plus accessibles », souligne Sabrina.

    La Miramasséenne note aussi l’amélioration de la desserte du centre-ville : « Il n’y a plus besoin de faire le tour de la gare pour aller des quartiers nord aux quartiers sud ». Alors qu’ils attendent leur train, le couple de deux retraités fait remarquer : « La mobilité progresse dans toute la ville : nous, on a pris le BHNS (Bus à haut niveau de service) pour venir à la gare, et ça fonctionne vraiment bien ! »

  • Police et gendarmerie sur le pied de guerre tout l’été

    Police et gendarmerie sur le pied de guerre tout l’été

    Avec 50 TGV et 10 000 voyageurs par jour pendant la période estivale, la deuxième gare des Bouches-du-Rhône, Aix-TGV, fait le plein. L’occasion pour la préfète de police, Corinne Simon, de déployer ses agents, histoire de rappeler que, comme le reste de l’année, c’est impunité zéro. « Même pendant les vacances, les forces de l’ordre sont présentes, on opère des contrôles aléatoires » prévient-elle, à la recherche de consommateurs de stupéfiants mais aussi de chauffeurs VTC illégaux, sans oublier la routine, les défauts de permis, d’assurance…

    En 25 minutes ce lundi 10 août, une amende forfaitaire délictuelle (AFD) est dressée pour consommation de résine de cannabis, une voiture électrique embarquée à la fourrière, faute de plaques réglementaires et d’assurance, précise la commissaire centrale d’Aix-en-Provence, Sandrine Destampes. Sur le quai, la jeune malinoise de l’équipage cynophile, Spirale, a marqué sur le sac d’un jeune homme. Fausse alerte, c’est du CBD. Un autre essaie de justifier les 700 euros en liquide qu’il transporte. Il finira au poste. « C’est aussi l’occasion de tomber sur des gens recherchés pour d’autres affaires » complète la commissaire.

    Saisie de poids

    Le bilan : 37 personnes, 7 trains et 18 voitures contrôlées pour une AFD, une mise à disposition, une fausse carte d’identité belge, une personne en situation irrégulière… Et 56 PV pour stationnement gênant à ceux qui ont voulu éviter les parkings payants.

    Côté gendarmerie, c’est une table recouverte de têtes de cannabis et de résine à l’odeur puissante, qui attend la préfète. Une « belle affaire » bouclée en 5 mois, se félicite-t-elle aux côtés du colonel Scherer, commandant en second du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Une saisie de 15 kg, d’une valeur de 130 000 euros, expliquent les enquêteurs de la brigade de recherche. Entre Jouques et Peyrolles, quatre personnes, interpellées, sont en détention provisoire. « On a affaire à une délinquance jeune et armée » commentent-ils, avec des sortes de « petites PME », la production étant identifiée par des flocages et des « goodies » selon les quartiers et la provenance.

    Et puis il y a le flair. Tel celui des deux gendarmes qui repèrent sur une aire d’autoroute trois personnes en train de décharger un semi-remorque mercredi à 8h du matin. Ils trouveront 366 cartouches de cigarettes, soit 20 000 euros sur le marché noir, et 15 000 euros dans un sac sur le siège passager. « Nous ne contrôlons pas que la vitesse », précise le colonel Scherer, « mais nous essayons plutôt d’analyser un flux ». Voilà les délinquants prévenus…

  • [C’est l’été] À Avignon, une Virgule à point nommé

    [C’est l’été] À Avignon, une Virgule à point nommé

    Le 2 juillet dernier, c’est un Jean Castex tout sourire et un peu empreint de nostalgie qui débarque en gare d’Avignon centre, après avoir emprunté la Virgule, ce court trajet de 4 km et 5 minutes qui relie la gare TGV. Le PDG de la SNCF ne tarde pas à confier que se trouver ici lui « rappelle quelques souvenirs ». Car l’ex-Premier ministre a occupé le poste de secrétaire général de la préfecture de Vaucluse entre 1999 et 2001. « Dans mes attributions, j’avais en charge de préparer l’ouverture de la gare d’Avignon TGV », se remémore-t-il. Il n’était plus en poste quand, douze ans plus tard la Virgule a été mise en service. « Avignon a la chance d’avoir ces deux gares connectées [à la différence d’Aix-en-Provence notamment], aujourd’hui cela fonctionne mais, reportez-vous dans les archives, il en a fallu des réunions pour que le projet marche », rappelle encore Jean Castex.

    « Pratique », elle « évite de prendre un bus ou un taxi »

    Quelques jours plus tard, en ce samedi de la mi-juillet, l’historique de la Virgule est loin d’être la préoccupation des passagers en gare TGV. Le flot de passagers débarquant de la Virgule presse le pas dans le brouhaha des valises à roulette. « Je n’ai que 10 minutes pour attraper mon TGV pour Strasbourg », nous répond un homme sans qu’on ait le temps d’en savoir plus. Les deux voies A et B de la Virgule ont leur espace d’attente propre en parallèle du quai nord, afin de permettre une correspondance quai à quai. « Je suis arrivée de Nice, j’attends le TER pour aller dans le centre et profiter du Festival, ça évite de prendre un bus ou un taxi », apprécie Julie. Adam, étudiant à Paris, démarre ses vacances pour revenir chez ses parents… absents. « Ils ne sont pas loin de l’intra-muros, c’est pratique pour rentrer sans sortir de la gare », salue-t-il. Pas de bémol en ce samedi mais on sait parfois que les délais entre l’arrivée en gare TGV et le départ vers le centre peuvent avoisiner la demi-heure, malgré une trentaine d’allers-retours effectués jusqu’à environ 21h depuis Avignon centre et 22h en partance de la gare TGV, soit avant les dernières arrivées.

    Le chantier, d’un montant total de 38 millions d’euros, a nécessité deux ans et demi de travaux avant sa mise en service le 15 décembre 2013. Dans le détail, sur les 4 km de ligne, un seul kilomètre nouveau a dû être construit depuis la gare TGV pour ensuite raccorder le réseau Paris-Lyon-Méditerranée (PLM). Deux nouvelles voies de terminus TER ont vu le jour à Avignon TGV, entraînant la création d’un nouveau quai de 175 m de long. Côté génie civil, un pont-rail de 22 m de long pour le franchissement de l’échangeur routier de la gare a été bâti ainsi qu’une tranchée couverte sous la plateforme PLM pour permettre le raccordement de la nouvelle ligne à la voie classique.

    Une desserte locale vers Carpentras ou Cavaillon

    « Cette nouvelle liaison entre Avignon TGV et Avignon centre renforcera l’offre de services ferroviaires régionaux autour d’Avignon, espérait la SNCF il y a 15 ans, lors de la pose de la première pierre le 27 juin 2011. En assurant une desserte de la gare d’Avignon TGV par des TER d’origines multiples, cette connexion apporte une réponse efficace à l’important développement économique et urbain rencontré par les bassins de vie alentour et à l’engorgement routier. » Cette Virgule peut desservir également Cavaillon et Carpentras – depuis la réouverture de la ligne en 2015 – et les plus petites communes sur leurs trajets (Entraigues, Sorgues, L’Isle-sur-la-Sorgue, Morières, Saint-Saturnin, le Thor…) sans rupture de charge. Quelque 2 000 voyageurs par jour étaient attendus lors de la création de la Virgule. Aujourd’hui, SNCF Voyageurs refuse de communiquer les données de fréquentation, « étant donné que nous évoluons désormais dans un contexte concurrentiel », nous répond l’opérateur.

  • Des billets de trains en vente entre les timbres et les colis

    Des billets de trains en vente entre les timbres et les colis

    Ils sont de plus en plus nombreux, les guichets fermés dans les petites gares. Et l’absence de personnel pour aider les usagers à prendre leur billet rend l’accès aux trains plus compliqué pour certains. Face à ce constat la poste, la Région Sud et la SNCF ont noué un partenariat pour faire des points de ventes Zou !, nom du réseau de transport de la région Sud, au sein de certains bureaux de poste de la Région. Une collaboration officiellement lancée ce jeudi, à Salon de Provence.

    « à Salon-de-Provence, on a plus de guichet, explique Nicolas Isnard, maire (LR) de Salon-de-Provence. Et beaucoup de nos habitants sont âgés et n’arrivent pas à prendre leur billet [sur internet]. C’est donc un soulagement d’avoir ce service, car nos usagers en avaient besoin. »

    En ouvrant des guichets alternatifs dans ces bureaux de poste, la SNCF espère rendre plus accessible l’achat de billets « pour ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre le billet sur internet », précise Andrine Bernard, directrice de lignes TER ouest Provence pour SNCF Voyageurs.

    Chaque personne souhaitant acheter un titre de transport pour un TER de la région Sud pourra se rendre dans l’un des 26 bureaux de poste de la région qui a ce dispositif. Elle sera accompagnée par un chargé de clientèle qui l’aidera à choisir l’horaire de son train, la fera payer et imprimera son billet.

    Maintenir le service public

    « C’est pratique pour ceux qui n’arrivent pas avec la technologie, ceux qui préfère avec un billet papier ou encore ceux qui ont cassé leur téléphone », indique Nathalie Collin, directrice générale grand public et numérique de la Poste.

    L’objectif de ce partenariat est donc d’ouvrir des points de vente dans les postes de villes dotées de gare mais sans guichet ou avec des horaires restrictifs. Pour Nathalie Collin, « c’est une belle façon de maintenir le service public dans les territoires qui n’ont plus suffisamment de flux pour avoir chacun son guichet ».

    L’initiative a également court dans la Région Grand Est, où 11 Postes peuvent vendre des billets de TER.

    L’objectif est d’élargir à plus de villes, pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès au train. « Car si la sécurité, la santé et l’éducation sont des services publics essentiels, la mobilité est tout aussi importante », insiste le maire de Salon-de-Provence et 9e vice-président de la Région Sud.

    Liste des postes concernées.

    Bouches-du-Rhône : Cassis, Salon Massenet, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Martigues Jonquières, Istres Les Échoppes, Vitrolles Les Arcades, Tarascon.

    Alpes-de-Haute-Provence : La Brillanne, Sisteron

    Hautes-Alpes : Aspres, Chorges, Serres, Veynes

    Var : La Garde

    Vaucluse : Bollène, Pertuis, Sorgues.

  • Un an après l’ouverture à la concurrence, un bilan positif pour la ligne Marseille – Toulon – Nice ?

    Un an après l’ouverture à la concurrence, un bilan positif pour la ligne Marseille – Toulon – Nice ?

    La loi pour un nouveau pacte ferroviaire, promulguée le 27 juin 2018, permet depuis le 3 décembre 2019 l’ouverture à la concurrence de l’exploitation des lignes TER dans les régions, à travers des appels d’offres accessibles à des opérateurs autres que SNCF Voyageurs. La Région Sud a fait figure de pionnière en devenant, il y a un an, la première à déléguer l’exploitation d’une ligne ferroviaire, celle reliant Marseille à Nice via Toulon, à l’opérateur Transdev. Liaison plus directe que la ligne Marseille-Hyères, exploitée par SNCF Voyageurs, qui dessert de nombreuses gares intermédiaires.

    Ce premier anniversaire a été célébré mardi à travers – cela se conçoit – un voyage en train entre Marseille et Toulon. Y ont notamment participé le président (Ren) de Région, Renaud Muselier, accompagné de son vice-président délégué aux transports, Jean-Pierre Serrus, ainsi que le président-directeur général de Transdev, Thierry Mallet. Ils ont été accueillis par la maire (SE) de Toulon, Josée Massi, et le président (LR) du Département du Var, Jean-Louis Masson.

    Ce dernier n’a pas manqué de faire remarquer que « le train [était] arrivé avec quatre minutes d’avance, alors que la ligne était la lanterne rouge au niveau national il y a quelques années ». Une pique à peine voilée à l’égard de la SNCF, qui traduisait sa satisfaction : « Nous sommes le 2e Département le plus peuplé de la région et le premier département touristique de France. Nous avons besoin d’une offre de transport au meilleur niveau. Notre maillon faible était le réseau ferroviaire, ce n’est plus le cas. »

    Le billet augmente,

    les abonnements baissent

    Le bilan de cette première année est positif : 5 millions de voyageurs (+45%), une offre doublée avec 18 trains par jour desservant neuf gares, dont quatre dans le Var (Toulon, Carnoules, Les Arcs et Saint-Raphaël), une régularité passée de 96,4% en 2025 à 98,59% en 2026 et un taux de satisfaction estimé à 96%, alors que les premières semaines semblaient dire le contraire. Le tout via 16 trains neufs dotés du wifi et de 350 places assises par rame. Ce qui peut donner aux voyageurs de la ligne Marseille-Hyères, aux rames vieillissantes, l’impression d’un réseau à deux vitesses. « Toutes les rames seront changées ou rénovées », assure Jean-Pierre Serrus.

    Le prix du billet à l’unité, en hausse (16,60 euros pour un Marseille-Toulon, quel que soit l’opérateur), alors que l’ouverture à la concurrence laissait imaginer une dynamique inverse, apparaît néanmoins peu incitatif, malgré l’urgence de sobriété énergétique rappelée par le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui évoque une augmentation de 50% des besoins d’investissement dans le réseau ferroviaire (de 3 à 4,5 milliards d’euros) d’ici 2028 pour adapter le réseau au changement climatique. « On a baissé l’abonnement de 20% », justifie Jean-Pierre Serrus, évoquant le choix de miser sur « un report modal fort », plutôt que sur un usage occasionnel. Le vice-président aux transports souligne par ailleurs que des offres existent pour les bas revenus, jusqu’à -90% pour les quotients inférieurs à 600 euros.

    Le budget de cette ligne est de 50 millions d’euros par an pour la Région, avec des revenus estimés à « 41, 48 et 50 millions d’euros dans les trois prochaines années. Donc on va avoir, pour la première fois, un budget à l’équilibre », se félicite Renaud Muselier. Au détriment des salaires de cheminots qui, eux, ne sont pas à la hauteur.