À l’aube des vacances, une poignée de jeunes résiste encore à Gap

Ils attendaient un peu plus de monde, mais restent déterminés à faire entendre leur voix : ce jeudi, les lycéens gapençais, pour la majorité du lycée Aristide-Briand d’où est partie la mobilisation, étaient près d’une quarantaine à sillonner une nouvelle fois le centre-ville, calmement. La semaine d’avant, ils étaient plusieurs centaines.

« Ça serait sympa que vous nous rejoignez, lance Elisha dans le haut-parleur, en direction du lycée Dominique-Villars. C’est aussi pour vous et pour les lycéens français ! » « On sait qu’ici, on est plutôt privilégiés, complète sa camarade. Mais si on est là, ce n’est pas que pour se plaindre, mais pour montrer notre solidarité. Autant ici, on est confortable. Mais nationalement, c’est la merde ! » « Certes, on est une petite ville, mais on arrivera à se faire entendre. Rejoignez-nous ! », tente un troisième lycéen, en vain.

En cet avant-dernier jour avant les vacances, la plupart des lycéens ont choisi de ne pas louper les cours. « Ça se comprend, dit Alain, ancien professeur et syndiqué à la CGT. Ça peut être stressant. » « Beaucoup ont peur que leurs absences ne soient pas justifiées… Mais c’est une manifestation déclarée, soupire Evalinka. D’autres, peut-être, craignent les violences policières. C’est une peur justifiée, mais il faut continuer à se battre malgré tout ! »

Trois étudiantes sont venues prêter main-forte aux lycéens. « Le problème, c’est que ça manque d’organisation, c’est un peu chaotique là, admet l’une d’elles. Pour une fille de Gilet jaune, c’est frustrant ! Il ne faut pas qu’ils aient peur des violences policières : dans mon sac, j’ai tout le matos médical ! » « Peut-être que si l’on ne fait que marcher à chaque fois, certains préfèrent ne pas venir », s’imagine un manifestant. Mais pour le moment, les lycéens n’envisagent pas d’autres actions.

Ils craignent que le mouvement s’affaiblisse avec les vacances. « Mais on essayera d’être là pour le 5 novembre », assure Elisha. La manifestation du 17 octobre devrait se faire sans eux : « C’est samedi et c’est les vacances… Il n’y aura personne. »

Agathe Di Lenardo

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