La voie n’est pas répertoriée sur le GPS, mais elle est bien connue des habitants de Miramas-le-Vieux. Au départ du bas du village, à proximité du cimetière, la calade du chemin de la Fontville permet de rejoindre le parc de la Poudrerie Royale. Les enfants l’empruntent quotidiennement pour prendre le bus qui les amène à l’école. Du moins en période scolaire. À l’époque, les anciens y descendaient pour aller au lavoir. La légende raconte même que Catherine de Médicis l’aurait arpentée alors qu’elle était en visite à Salon-de-Provence.
Aujourd’hui, à force de passages, ce sentier médiéval est abîmé. Après avoir été interpellée par le Conseil de quartier des 4 chemins, la Ville de Miramas a fléché 12 000 euros pour sa restauration. Depuis le 20 juillet et jusqu’à la fin du mois, une dizaine de bénévoles de l’association Opus s’affairent sur la voie historique en s’appliquant à respecter les techniques traditionnelles : un revêtement en pierres sèches plantées à la verticale, en contact les unes avec les autres, sur un lit de mortier de chaux à sec. Luc Alain, animateur technique du chantier, explique : « Ça permet au sol de respirer tout en canalisant les eaux de pluie. »
avant tout
Pour cet artisan muralier d’Aix-en-Provence, encadrer des bénévoles via une association est une première : « C’est intéressant, ça permet d’être dans la transmission du savoir-faire et de les intéresser au patrimoine. Ce que je leur ai dit, c’est qu’ils travaillent sur un ouvrage qui est là depuis probablement plus de 500 ans, et que les pierres qu’ils manipulent ont déjà été manipulées il y a des centaines d’années par d’autres personnes. »
Le message semble être passé. Accroupis sur le chemin, les jeunes, âgés de 18 à 22 ans, sont concentrés. Leurs journées bien chargées. Le réveil sonne à 6h, pour débuter les travaux une heure plus tard. Ils et elles passent la matinée à enlever les pierres des zones cabossées ou bétonnées, remettre de la chaux et replacer le revêtement. À 13h, retour au Parc de la Poudrerie, où ils sont logés. L’après-midi, place aux activités et à la découverte de la région.
Amandine et Ilda, qui travaillent en binôme sur la calade, ont d’abord été attirées par « l’aventure humaine » que propose Opus. « C’est l’idée de partager deux semaines avec des gens qu’on ne connaît pas, de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, parce que c’est un chantier international », détaille la première, étudiante en kinésithérapie à Lille. Leur meilleur souvenir ? La soirée passée la veille, lors de laquelle elles ont découvert des chants turcs de leurs camarades originaires du pays d’Asie.
Dans quelques semaines, d’autres bénévoles d’Opus viendront restaurer le canal du Parc de la Poudrerie. Le partenariat de la Ville avec l’association, qui dure depuis près de vingt ans, a notamment permis à de nombreux éléments du patrimoine de cet ancien domaine industriel d’avoir une seconde vie, à l’instar du lavoir, des moulins à poudre, ou encore de la chapelle.

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