Tag: chantier

  • Une première pierre pour le projet Phare du Port

    Une première pierre pour le projet Phare du Port

    « Retisser le lien entre ville et port. » C’est l’objectif affiché par le Port de Marseille-Fos avec le projet Phare dont la première pierre a été posée ce mercredi à deux pas de la Joliette en présence d’une pléiade d’élus locaux, représentants d’institutions ou encore de la direction de la GPMM. « Phare va être une maison commune. Phare est un futur siège social à la hauteur de ses missions, et c’est beaucoup plus que ça : C’est la réhabilitation de la halle J0, cette double halle édifiée en 1893 de 270 mètres », explique Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du port.

    « Moderniser le port sans le renier »

    Concrètement, l’actuel siège social qui fait face à la place de la Joliette va être détruit pour être remplacé par un nouveau flambant neuf. Le hangar J0 va être complètement réhabilité pour être transformé en halles ouvertes au public et de nouveaux bureaux vont être construits. Le tout réalisé par Eiffage pour une belle enveloppe de 120 millions d’euros avec l’architecte marseillaise bien connue Corinne Vezzoni à la manœuvre. Le nouveau siège doit être « mis à disposition » pour 2028 alors que la livraison finale de l’ensemble est prévue pour 2030.

    « La plupart des Marseillais ignorent la beauté de ces halles de type Eiffel qui sont là. Notre objectif c’est de rendre ces halles aux Marseillais : avec des espaces ouverts, des commerces, des restaurants… C’est un nouveau morceau de ville », développe Christophe Castaner. Avant de résumer la philosophie : « On peut moderniser le port sans renier son identité. L’activité continue pendant que le public vient la découvrir. » En effet, cette ouverture du J0 aux Marseillais, avec l’arrivée d’espaces culturels, de squares végétalisés et une grande esplanade marque un tournant inédit dans la relation entre le port et la ville.

  • À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    C’est un article paru récemment chez notre confrère Var Matin qui a mis le feu aux poudres. Le président de l’association Les Amis du Laborieux laissant entendre une probable dissolution de la structure. Remontés, les adhérents ont donc à leur tour pris la plume pour affirmer leur volonté à poursuivre l’activité de sauvegarde d’un des vestiges qui témoigne de la grandeur industrielle passée de l’ex-Cité des Chantiers : la restauration de ce remorqueur labellisé « Bateau d’intérêt patrimonial » (BIP).

    Construit entre 1946 et 1947 par les apprentis des Forges et Chantiers de la Méditerranée, ce « pousseur » a acheminé des tonnes de pièces et transporté les ouvriers dans la rade jusqu’à la fermeture des chantiers navals, en 1989.

    Laissé à l’abandon pendant 32 ans près du fort Balaguier, le bateau avait déjà subi les ravages de la rouille avant la création des Amis du Laborieux, en 2021. Depuis, des milliers d’heures de travail ont été consacrées à sa réhabilitation par les bénévoles, parmi lesquels d’anciens salariés des Chantiers, avec l’aide d’élèves du lycée Langevin (classe de ferronnerie et de menuiserie) et du CFA.

    C’est pourquoi les propos de Marc Lefèbvre, président-fondateur de l’association, créent tant de remous.

    En s’adressant directement à lui, les adhérents lui renouvellent leur estime et lui reconnaissent le droit de vouloir s’arrêter. Mais tiennent aussitôt à préciser : « Nous sommes nombreux à vouloir continuer et sommes prêts à assumer les responsabilités qui en découlent. »

    Ils lui demandent donc de convoquer le plus rapidement possible une assemblée générale, pour accepter officiellement sa démission et élire un nouveau conseil d’administration. Sans quoi, préviennent-ils, ils prendront eux-mêmes l’initiative.

  • Avignon : les travaux de la passe à poisson de Bonpas avancent

    Avignon : les travaux de la passe à poisson de Bonpas avancent

    Si un premier chantier concernait les anguilles, le nouveau dispositif, va « permettre à davantage d’espèces de remonter la rivière », précise EDF. Comme l’alose feinte de Méditerranée ou les cyprinidés d’eaux vives. La structure permet aux poissons de passer à l’aide de rampes qui ralentissent le courant, plus adapté à leur nage. Le chantier avait démarré en juillet 2025, mais avec un calendrier très contraint par « le régime hydraulique de la Durance et les risques de crue ». Les travaux se feront donc « sur plusieurs étés successifs ». Le coût total est de 10 millions d’euros.

  • Un tout nouveau centre social Jean-Giono à Miramas d’ici 2028

    Un tout nouveau centre social Jean-Giono à Miramas d’ici 2028

    Exit, le centre socioculturel vieillissant. D’ici le début de l’année 2027, les travaux du nouvel équipement municipal, qui abritera également la Maison du droit au premier étage, commenceront sur le chemin des Écoliers. Jeudi 24 septembre, les habitants du quartier de la Maille ont pu découvrir en avant-première le bâtiment pensé par le cabinet d’architectes nîmois HB More.

    Loin de la froideur de l’édifice actuel, construit en béton avec des barreaux aux fenêtres, Françoise Bottero et son équipe ont travaillé sur l’aspect chaleureux et lumineux du lieu. Le hall traversant, vitré des deux côtés, constitue « le cœur du projet ». Toutes les pièces seront connectées à cet « espace d’échanges, de rencontres », à savoir une salle polyvalente de 120m2 dédiée à la jeunesse et aux associations, qui pourront s’en servir le week-end, des bureaux administratifs et des espaces pensés pour les activités destinées aux familles ou aux enfants. Concomitants à chaque grande salle, trois patios offriront des espaces extérieurs aux usagers. À l’étage vient se poser la Maison du droit, pensée comme une « petite cabane dans les arbres », avec des boxes d’accueil et une grande salle de réunion. Une tisanerie et une cuisine semi-professionnelle donnant sur une terrasse complètent le niveau, qui sera entouré de bardage bois. Les temps d’ouverture des équipements différeront au cours de la journée et de la semaine.

    « Bâtiment durable »

    Brasseurs d’air, géothermie, brise-soleil orientables, panneaux photovoltaïques… « Il y a un gros volet environnemental sur ce projet, précise Françoise Bottero. Il est déjà labellisé Bâtiment durable méditerranéen argent en étude, on espère qu’il passe or en chantier. » L’appel d’offres aux entreprises sera lancé début octobre, pour un démarrage des travaux début 2027. L’équipement à 3 millions d’euros sera livré mi-2028.

    Le maire de Miramas (DVG) Frédéric Vigouroux se félicite de cette nouvelle étape de la rénovation urbaine du quartier, qui n’aura bientôt plus le même visage. Le chemin des Écoliers sera piétonnisé, l’école Jean-Giono va être entièrement repensée, et les bâtiments C7 et C8 de 13 Habitat tomberont au début de l’année 2028. Dans tout ça, le centre socioculturel sera « le cœur battant de votre quartier », affirme l’édile.

  • [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    Il ne s’agit pourtant ni d’une installation artistique ni d’un bâtiment temporaire. Cette gigantesque structure est une membrane gonflable destinée à recouvrir entièrement la fosse de fondation du futur Centre d’exposition de Baiyun.

    Avec une superficie d’environ 25 000 mètres carrés, elle constitue actuellement l’une des plus grandes installations de ce type dans le sud de la Chine. La structure mesure environ 197 mètres de long, 110 mètres de large et atteint jusqu’à 45 mètres de hauteur.

    Son principe est relativement simple : des ventilateurs injectent de l’air en permanence à l’intérieur afin de maintenir une légère surpression et de soutenir la membrane. Le chantier se retrouve ainsi enfermé dans un vaste espace indépendant, sans avoir besoin d’une lourde structure métallique.

    L’objectif est avant tout environnemental. En isolant le chantier de l’extérieur, la membrane permet de limiter fortement la dispersion des poussières et de réduire le bruit, avec une baisse pouvant atteindre environ 60 %. Elle protège également les travaux contre la pluie et certaines intempéries, ce qui permet au chantier de se poursuivre dans des conditions plus stables.

    À l’intérieur, la qualité de l’air est surveillée en permanence. Des dispositifs mesurent notamment la teneur en oxygène, le monoxyde de carbone et la concentration de poussières. Des systèmes de renouvellement de l’air et de pulvérisation d’eau sont également utilisés afin de maintenir un environnement adapté aux ouvriers et aux engins.

    La question de la sécurité a également été prise en compte. Selon les responsables du projet, cette membrane a été conçue pour résister à des vents correspondant à un typhon de niveau 14, un élément particulièrement important dans une région régulièrement exposée aux phénomènes météorologiques violents. Cette solution présente aussi un intérêt en matière de calendrier. Grâce à la protection du chantier contre les aléas climatiques et à la possibilité de travailler de manière plus continue, le projet estime pouvoir gagner jusqu’à 171 jours sur certaines phases de construction.

    Guangzhou n’est d’ailleurs pas la première ville chinoise à expérimenter cette technologie. À Jinan, dans la province du Shandong, une membrane d’environ 20 000 mètres carrés et de près de 50 mètres de hauteur a déjà été utilisée pour recouvrir un chantier. À Shenzhen, dans le quartier de Futian, des dispositifs comparables ont également été installés afin de réduire l’impact environnemental de grands travaux urbains.

    Une fois les travaux terminés, la membrane peut être démontée, transportée et, dans certains cas, réutilisée sur d’autres chantiers. Derrière ce spectaculaire « coussin gonflable » se cache donc une question très concrète à laquelle sont confrontées les grandes métropoles chinoises : comment continuer à construire et à transformer la ville tout en réduisant les nuisances pour ceux qui vivent autour des chantiers ?

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Un tramway jusqu’à l’aéroport sans doute mais, pas jusqu’à la mer

    Un tramway jusqu’à l’aéroport sans doute mais, pas jusqu’à la mer

    Historique. » Lundi 14 septembre, au moment de signer avec ses homologues de la Ville de Mauguio-Carnon (Pierre-Martin Chazot, DVD) et de l’Agglo du Pays de l’Or (Stéphan Rossignol, LR), le protocole d’intention en vue de relier en transports en commun l’aéroport* de Fréjorgues à la Métropole de Montpellier, le mot est lâché par le président Michaël Delafosse (PS). Et il n’est pas galvaudé. Qui se souvient des guerres politiciennes du temps de Georges Frêche sait que les relations entre ces deux territoires voisins ont toujours été fraîches pour ne pas dire glaciales.

    Mais entre la Métropole et l’Agglo aux couleurs politiques opposées, les eaux se réchauffent depuis l’arrivée de M. Delafosse en 2020. « Nous avons un dialogue apaisé. Nous dépassons nos différences pour montrer aux citoyens que nous faisons face. Nous ne sommes plus deux territoires face à face mais côte à côte dans l’intérêt général », positive Stéphan Rossignol, président de l’Agglo du Pays de l’Or. « Respect, dialogue, compréhension. Avec Mauguio nos échanges sont excellents », confirme M. Delafosse.

    L’engagement ne sort pas de nulle part. Dans le cadre du projet de Service express régional métropolitain (Serm) piloté par l’État, la desserte de l’aéroport était intégrée depuis juin dernier avec l’approbation de la Région Occitanie. Le protocole d’intention est une étape de plus dans le marathon administratif qui s’ouvre : études préalables, environnementales, enquête publique…

    « Calendrier raisonnable »

    « L’État nous demande de mettre toutes les options sur la table… », insiste M. Delafosse. Pas de calendrier précis, mais un « délai raisonnable » que S. Rossignol fixe idéalement avant la fin du mandat municipal (2032 ou 2033). « Mais les études réservent parfois des surprises, il faut tenir compte des aléas. »

    Si un prolongement de la ligne 1 de tramway depuis la gare TGV Sud de France ou même des liaisons en bus seront nécessairement étudiés, le scénario qui tient la corde est celui d’une extension vers l’aéroport de la ligne 3 du tramway depuis le terminus à Pérols, nouveau lieu de dépôt de la TaM. Un chantier que M. Delafosse évalue à 70 millions d’euros. Reste à connaître la clé de financement. Pour cela, le soutien de l’État semble indispensable.

    Pour l’élu PS, relier l’aéroport aux gares est une évidence autant pour les voyageurs (contraints aux navettes ou aux taxis) que pour l’essor de la zone économique adjacente au tarmac. Le président du directoire de l’aéroport y voit lui aussi une opportunité de développer la plateforme qui vise à terme 2,5 millions de passagers annuels contre 1,8 aujourd’hui. « C’est une merveilleuse nouvelle, on va finir par devenir l’aéroport de l’Est de l’Occitanie », se félicite Emmanuel Brehmer quand bien même les parkings sont une source de revenus non négligeable pour l’aéroport. « Le but est de réduire le trafic de voitures, pas de l’éliminer. Les taxis vont continuer à travailler », désamorce M. Delafosse.

    Les acteurs du monde politico-économique sont donc unanimes. En revanche, ceux qui espéraient la fin de l’ineptie qui voit les rails du tramway s’arrêter à 1km de la mer, seront déçus. « Ni Carnon ni Palavas ni La Grande-Motte ne sont candidats pour accueillir le tramway jusqu’à la plage. C’est un engagement de campagne, il n’y a pas d’ambiguïté », coupe court Pierre-Martin Chazot (DVD). S. Rossignol (LR) abonde. « C’est un sujet clos. On a un dispositif de transports [des navettes en bus] à améliorer pour l’accès à la mer ». Officiellement, le coût de cette opération via le tramway (150 millions d’euros) est jugé « inenvisageable ». En réalité, ce sont les populations des quartiers populaires qui continuent d’effrayer les maires de droite du littoral.

    * Situé sur la commune
    de Mauguio-Carnon.

    « Pas candidat pour accueillir le tram jusqu’à la plage »

  • Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Installé à l’entrée
    du pôle d’activité d’Aix (PAAP), proche du quartier de la Pioline, de l’aérodrome d’Aix-Les Milles et du quartier de La Duranne, le « projet bénéficie également de la proximité de plusieurs opérations structurantes du territoire, dont Tech Valley, future Cité de la Défense et du Spatial », indique CS Invest, qui porte le projet. Le lot n°1 du chantier prévoit 20 000 m² de surface de plancher, et 6 bâtiments. La première phase du programme accueillera notamment une concession Ferrari sur 5 000 m².

  • Les travaux de la ligne nouvelle débutent à Carnoules et Solliès-Pont

    Les travaux de la ligne nouvelle débutent à Carnoules et Solliès-Pont

    Après les premiers coups de pioche à Marseille et Nice, où seront aménagés des pôles multimodaux et les terminus de la Ligne nouvelle Provence-Côte-d’Azur (LNPCA) Marseille – Toulon – Nice, les travaux de ce projet toujours décrié par les associations environnementales (lire ci-dessous) ont aussi débuté dans le Var. Plus précisément du côté de Carnoules, qui accueillera le terminus nord-est de la future « navette toulonnaise », à destination de Saint-Cyr-sur-Mer, et de Solliès-Pont, qui en sera l’une des dessertes.

    Cette navette, qui doit être mise en service à horizon 2030, aura vocation à faciliter l’accès à la LNPCA via Toulon, avec quatre trains par heure : deux sur l’axe Saint-Cyr – Carnoules, et deux sur l’axe Saint-Cyr – Hyères. Elle offrira également des trajets réguliers à destination des Arcs/Draguignan, gare qui ouvre ensuite sur Saint-Raphaël et Fréjus.

    39,1 millions d’euros

    pour les deux opérations

    À Carnoules (travaux prévus jusqu’à début 2028), où les trains stationneront et feront demi-tour, des travaux d’ampleur sont engagés, notamment sur les voies est de la gare. Une voie prolongée, quatre aiguillages supplémentaires et deux nouveaux ponts ferroviaires vont être réalisés. En outre, l’accès à la gare sera facilité avec une nouvelle entrée plus ouverte et plus spacieuse et le parking agrandi de 100 places. À Solliès-Pont, où le chantier doit durer jusqu’à mai 2027, la halle située au niveau du parking a été déconstruite et les quais vont être allongés pour pouvoir accueillir les trains de la navette. Par ailleurs, dans un souci d’accessibilité, 220 mètres de quais vont être rehaussés dans les deux gares pour sécuriser les montées et descentes du train, et des passerelles créées pour franchir les voies ferrées, avec ascenseurs et escaliers.

    Le coût total de ces deux opérations est estimé à 39,1 millions d’euros : 30 pour Carnoules et 3,6 la passerelle de Solliès-Pont dans le cadre du projet LNPCA, et 5,5 pour les nouveaux quais de Solliès-Pont, financés par la région Sud-Paca et la SNCF. Dans le département, six autres vont avoir droit à des aménagements d’ici 2030, à Saint-Cyr-sur-Mer, à La Garde (gare de La Pauline), à Toulon, à Puget-Ville, à Cuers-Pierrefeu. L’ensemble du projet représente quant à lui un investissement de 3,64 milliards d’euros (pour les deux premières phases du projet, 14,8 en ajoutant les phases 3 et 4 prévues après la mise en service et relatives à la création de nouvelles lignes) financés par l’Union européenne, l’État, et 11 collectivités territoriales rassemblées au sein de la Société de la LNPCA (SLNPCA), dont la région Sud-Paca, le département du Var et la métropole Toulon Provence Méditerranée. Pour ce que Renaud Muselier, président de la région, qualifie de « projet ferroviaire du siècle ».

    L’appel des opposants en délibéré

    La cour administrative d’appel de Marseille a étudié mardi le recours de six associations contre la Ligne Nouvelle, après le jugement de 2025. « Le rapporteur, qui avait été dans notre sens lors du premier jugement, a, cette fois, été dans le sens du projet et estimé qu’il répond à toutes les demandes légales », déplore Didier Cade, président de Stop-LGV sud Sainte-Baume, qui pointe le coût, la fragilité du financement et la pollution générée par le projet. Le rapporteur a par ailleurs demandé le paiement de 3 000 euros de dommages et intérêts par chacun des plaignants à l’État. Décision sous quinzaine.

  • Les secrets d’histoire de l’ancien Hôtel Splendide à Marseille

    Les secrets d’histoire de l’ancien Hôtel Splendide à Marseille

    Le rectorat prépare la restructuration du 31, boulevard d’Athènes, siège du centre régional de documentation pédagogique et son réseau Canopée. L’objectif est de transformer cet ancien hôtel de luxe de la fin du XIXe siècle en un espace tertiaire moderne pour des entités du rectorat. Il s’agit d’optimiser une superstructure de 150 pièces sur sept niveaux et 4 200 m² de surfaces habitables, d’améliorer les performances énergétiques et de le mettre aux normes de sécurité et d’accessibilité. Un chantier à 7 millions d’euros étalé sur 2027-2029.

    Pour cette lourde opération pilotée par l’agence d’architecture Poissonnier Ferran et afin de « favoriser une approche avisée du site dans ses aspects patrimoniaux », le rectorat, son propriétaire depuis juin 1979, a commandé une étude historique de l’immeuble qui fut d’abord le Grand Hôtel de Russie et d’Angleterre, ouvert en 1893 au pied de la nouvelle gare Saint-Charles et à côté duquel s’installera en 1912-1914 l’Hôtel Splendide qui l’a ensuite absorbé.

    L’étude réalisée par Nathalie Banel, historienne de l’architecture et de l’urbanisme, est passionnante. Ses recherches qui relèvent de l’archéologie du bâti à l’échelle d’un îlot, révèlent la densité historique de ce foncier depuis la confiscation sous la Révolution du domaine religieux des Petites Maries et son démembrement qu’elle documente. Sur la longue façade actuelle, on lit encore les vestiges d’un immeuble à trois fenêtres de 1832.

    « Sa place dans l’histoire autant que son ampleur architecturale en font un lieu d’intérêt nécessitant de porter une attention particulière à son évolution », montre la chercheuse, qui réserve de longs développements sur « cet ancien hôtel de luxe principalement connu pour avoir été le lieu de séjour et de travail de Varian Fry, journaliste américain ayant contribué à sauver plusieurs milliers de réfugiés juifs ou antinazis entre 1940 et 1941 ». « Les réfugiés commencent à défiler dans ma chambre. Je leur donne de l’argent et des conseils, et j’essaie de leur soutenir le moral jusqu’à minuit ou une heure du matin », écrit Varian Fry, qui reçoit dans sa chambre n°324 au second étage, puis dans la 307. Tournée en partie sur place, la série Transatlantique de Netflix, rend hommage à son rôle éminent et à celui de Mary Jayne Gold, pour aider plus de 2 000 réfugiés à fuir le régime nazi.

    D’autres hôtes célèbres sont évoqués comme le cinéaste Abel Gance, les écrivains Paul Valéry et André Gide. Au début de la Seconde Guerre mondiale, des spectacles y sont donnés, permettant à de nombreux musiciens repliés à Marseille dans la débâcle de survivre. Les salons du Splendide ont reçu des chanteurs d’opéra, la cantatrice Madeleine Grey et le violoniste polonais Stanislas Dymek ou encore le pianiste Eugène Reuchsel. La comédienne Eve Francis y récita son Ode à la France meurtrie, avant que les bottes nazies ne claquent en novembre 1942 dans le vestibule. L’avocat et homme politique Vincent de Moro-Giafferri s’y était réfugié, craignant la vindicte des nazis pour avoir défendu Herschel Grynszpan, ce juif allemand réfugié en France qui, en novembre 1938, avait abattu un diplomate allemand à Paris, un assassinat qui déclencha la « Nuit de Cristal » et le pogrom contre les juifs d’Allemagne.

    Dans son roman Transit paru en 1944, Anna Seghers décrit l’Hôtel Splendide, nid d’espions et de mouchards, où logent tout à la fois ceux qui volent au secours des réfugiés traqués par les nazis et des membres de la commission chargée de l’application de la convention d’armistice de juin 1940. Le 3 janvier 1943, Hélène Taich, résistante FTP-MOI y jette une bombe sur les autorités allemandes qui y logent. L’attentat sera le prétexte aux rafles et à la destruction du quartier Saint-Jean.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous retenez de votre visite en Espagne ?

    Serge Ragazzacci : On a visité un chantier et un entrepôt, nous avons discuté avec la ministre du Travail espagnole, nos homologues d’autres syndicats espagnols… Et le constat est clair : Ils sont en avance, voire très en avance, sur la réglementation et la prise en compte de la santé des travailleurs dans le cadre d’événements climatiques anormaux. Leur gouvernement est ouvertement engagé sur le sujet, il sait prendre ses responsabilités pour obtenir de vrais résultats. Plus globalement, les commissions ouvrières espagnoles travaillent depuis près de 15 ans sur ce type d’événements. Par exemple, il y a un système d’alerte pour les phénomènes météorologiques avec des plans d’actions dans les entreprises. Ces plans sont négociés dans les entreprises et dans les conventions collectives. L’inspection du travail joue un rôle de prévention… Cet été, quand la CGT a demandé des mesures sur les fortes chaleurs, le patronat, certains politiques et une certaine presse, l’ont pris à la rigolade. Mais dès lors qu’il y a eu des morts, ça a commencé à être pris au sérieux. En France, on dénombre 7 000 morts sur cette période, alors qu’on en recense 5 000 en Espagne et qu’ils ont des zones où il fait beaucoup plus chaud que nous.

    Concrètement, quelles différences entre l’Espagne et la France sur cette prise en compte ?

    S.R. : Par exemple, sur la prévention, ils distinguent travail extérieur et intérieur, travail physique ou léger, selon les conventions collectives et les saisons. À l’entrepôt que nous avons visité, ils avaient un niveau de prévention qui allait jusqu’aux salariés qui avaient des problèmes de santé et susceptibles de souffrir de la chaleur. Autre exemple parlant : À partir de 27 degrés dans les bureaux, ils ne travaillent plus. Si un endroit dans l’entreprise dépasse ces degrés, ils ont des appareils pour refroidir la zone et les salariés travaillent dans un autre endroit, mieux tempéré. Pour le travail en extérieur, il y a plus de pauses, un système de récupération, mise en place de points d’eau… Cela va même jusqu’à la prise en compte du degré d’humidité. En clair, ils ont un cadre national fort et un travail de prévention et d’organisation qui est fait dans les conventions collectives et les entreprises. Dernier exemple très concret : partout où nous sommes allés, les mesures se discutaient en comité d’hygiène et sécurité… Qui a été supprimé en France !