Tag: cultures

  • 500 « Kouss-kouss » ont réuni les marseillais à Saint-Henri

    500 « Kouss-kouss » ont réuni les marseillais à Saint-Henri

    « Le couscous, c’est l’excuse mais la vraie raison d’être de ces événements, c’est le partage, la rencontre et la sociabilité que ça fait naître » déclare avec le sourire Lila, membre fondatrice de l’Après M qui aujourd’hui cuisine le fameux couscous aux herbes à Saint Henri. Sur la petite place Raphel, dans l’ambiance de fin de journée, les riverains du quartier et marseillais de tous horizons sont venus chercher l’un des 500 repas distribués gracieusement.

    C’est le cas d’Olivier, qui ne manque jamais une édition. « Pour moi ça représente un petit peu la fusion des cultures, le mélange, la vraie nature de la ville de Marseille. […] J’avais envie de sortir et de voir du monde, et comme tous les ans je sais que c’est l’endroit pour ! Le format est vraiment sympa, on est tous installés sur de grandes tables et on ne sait jamais qui sera le voisin. »

    À partir de 18h30, les premiers curieux commencent à arriver. À l’entrée, un tote bag à l’effigie de l’événement est offert, avec à l’intérieur un petit livret sur lequel est notée la recette du couscous annuel. Ensuite, il n’y a plus qu’à se diriger vers le stand tenu par les cuisiniers de l’Après M qui assurent la distribution. Tous les ans la recette change, cette fois, le couscous est vert ! En cause : les herbes aromatiques telles que la menthe, le persil et l’oseille, et les petits légumes qui l’accompagnent. Des effluves parviennent déjà au nez de ceux qui font la queue.

    Un plat qui rassemble

    Une fois servis (avec le sourire) soit l’on fait un petit détour par le bar à harissa et ses quatre déclinaisons, soit on s’attable.

    Plus l’heure avance, plus l’osmose se fait dans les tablées où les discussions se mêlent à la musique jouée par le collectif Mektoub, Les enfants jouent, les parents et adultes se mélangent, comme à la table de Samia, Malika et Saliha. « On est originaires de Saint-Henri mais on a toutes bougé, on a moins l’occasion de se voir mais ça, c’en est une. On pense aussi aux personnes âgées qui sont trop souvent isolées, c’est un bon moyen de se retrouver entouré. » Romain Pastor, Délégué aux relations avec les comités d’intérêt de quartier (CIQ) et les commerçants de la mairie des 15-16 sont aussi venus rendre visite et goûter le couscous. « À une heure où les discours qui divisent sont préoccupants, il est urgent de se rassembler c’est le rôle du festival Kouss-kouss. Et c’est pour cela que la ville de Marseille le soutient. »

    L’organisation de l’événement met un point d’honneur à faire participer des associations, restaurants et établissements locaux. La soirée se déroulant dans les quartiers nord, il paraissait logique de mobiliser l’Après M.

    Alors que les assiettes se vident, les cœurs se remplissent, il est maintenant temps d’offrir le café à son voisin.

    Louis Golliot

    Le SO Caillols ne veut pas du Kouss-kouss festival sur son terrain

    Les grandes rencontres culinaires du Kouss-kouss festival, avec 10 000 couscous gratuits distribués entre le 21 août et le 9 septembre à travers la ville, ne font pas que des heureux. Dans un communiqué publié ce samedi, le Sport olympique caillolais proteste contre l’utilisation ce dimanche de son terrain – sous gestion de la mairie de secteur – pour « un évènement qui n’a aucun lien avec la pratique du football ni avec l’activité du club ». « Cette décision nous indigne d’autant plus que ce terrain, dont l’état s’est fortement dégradé au fil des années, est aujourd’hui impraticable », explique le communiqué, relayé par l’ex-maire (LR) du secteur Sylvain Souvestre.

    Formé dans le club, Eric Cantona avait dénoncé l’état des installations à travers deux vidéos publiées au début du mois d’août. À France 3, l’adjoint (MadMars) aux sports Eric Mery indiquait que si la municipalité ne gérait aujourd’hui pas cet équipement, elle pourrait « récupérer ce stade et l’intégrer dans une politique de travaux » dès ce mois de septembre.

  • [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    Composez votre propre voyage musical », annonce le conservatoire Darius-Milhaud à l’occasion de la 13e édition du festival Musique dans la rue. Au programme, 47 rendez-vous dans quatre lieux d’exception : la cour Sainte-Catherine, la place d’Albertas, l’église du Saint-Esprit et le jardin du Pavillon de Vendôme. « L’objectif est de proposer un festival accessible, ouvert à tous, même au jeune public, et gratuit. Pour les Aixois comme pour les touristes, le but est de découvrir des lieux emblématiques de la ville et de venir écouter des répertoires très différents », explique Louisiane Toumelin, coordinatrice du festival.

    « On en a pour tous les goûts ! », se félicite-t-elle. Entre concerts et fanfares ambulantes, une large diversité d’artistes et de genres musicaux est proposée, du rock à la musique lyrique, en passant par la bossa nova, le classique et le jazz. Chaque concert dure une trentaine de minutes, afin de pouvoir « voir des choses très diversifiées », précise la coordinatrice. « Le but est de susciter la curiosité du public. Par exemple, on a un concert qui va proposer des reprises de musiques de Gainsbourg, de Rihanna, mais aussi de compositeurs classiques comme Mozart », annonce-t-elle.

    La soirée d’ouverture se déroulera au conservatoire Darius-Milhaud, ce vendredi 21 août de 20h à 21h15, pour une rencontre « placée sous le signe de l’excellence musicale et du dialogue entre les cultures ». Le violoniste franco-syrien aixois Bilal Alnemr jouera aux côtés du Jeune Ensemble de Berlin lors d’un concert symphonique.

    Des musiciens

    à la rencontre du public

    Trois déambulations festives sont prévues les 27, 28 et 29 août. Entre fanfare électrique et jazz créole, Louisiane Toumelin invite le public à « se raccrocher à la déambulation quand elle passera devant les terrasses de cafés ». Après des éditions compliquées dans le contexte du Covid, la coordinatrice du festival insiste : « On est ravis de proposer une belle édition, avec autant de concerts dans des lieux en simultané. Ce qui va être difficile pour le public, c’est de choisir ce qu’il a envie de voir ! »

    Programmation complète
    sur le site de l’office de tourisme.

  • [Entretien] Rémi Valois, hydrogéologue : « Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal »

    [Entretien] Rémi Valois, hydrogéologue : « Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal »

    La Marseillaise : Quel est aujourd’hui l’état de sécheresse en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

    Rémi Valois : Après une année 2025 marquée par de bonnes précipitations, notamment à l’automne, il avait aussi bien plu en début d’année 2026. Mais depuis juin et juillet, on assiste à un déficit de pluie significatif, ce qui entraîne une sécheresse importante des sols sur toute la région. Ce qui va surtout les assécher, c’est la chaleur. Avec les canicules répétées, les plantes transpirent davantage d’eau et les sols évaporent plus eux aussi. On a donc une sécheresse prononcée. L’avantage, en Paca, c’est qu’on s’appuie sur de nombreux canaux d’irrigation, ce qui nous rend moins dépendants de la pluie que d’autres régions. On est un territoire qui s’adapte plutôt bien à la sécheresse, même s’il faut veiller à ce que ces baisses de précipitations ne se répètent pas trop.

    Le niveau de sécheresse de cette année est-il plus avancé que les années précédentes ?

    R.V. : L’été n’est pas terminé donc il est difficile de dire si cette sécheresse est plus importante que les autres années. En revanche, dans le contexte de changement climatique, c’est typiquement le genre d’épisodes qu’on risque d’avoir de plus en plus. Les prévisions des climatologues annoncent davantage de sécheresse et de chaleur pour les étés futurs. Dans 20 ou 30 ans, l’été qu’on connaît sera un été normal. Ce qui, pour l’instant, reste un épisode exceptionnel pourrait, dans plusieurs années, devenir la norme. Si on cumule plusieurs années de déficit de précipitations, avec peu de neige dans les Alpes et des étés extrêmement chauds, on cumule les risques pour les nappes phréatiques où les conséquences se mesurent à long terme. Si elles sont bien rechargées, elles peuvent mettre du temps à baisser. Mais, à l’inverse, une fois qu’elles ont beaucoup baissé, il faut beaucoup de temps et de précipitations pour les recharger.

    Quels sont les effets de cette sécheresse sur les différents usages de l’eau ?

    R.V. : Il y a différents usages : l’eau potable, le tourisme avec la surpopulation estivale, et l’agriculture, puisque la région Paca est très agricole. Il y a beaucoup de besoins différents donc il peut y avoir des conflits. L’exemple le plus parlant reste celui de la guerre de l’eau qu’on voit dans les Pyrénées-Orientales depuis plusieurs années. Pour l’instant, je n’ai pas connaissance de tels problèmes en région Paca. Mais ce sont des conflits qui peuvent arriver si on connaît des sécheresses prolongées, qui se répètent année après année, avec des nappes phréatiques qui commencent à s’affaiblir.

    Parmi les solutions pour pallier la sécheresse, les retenues collinaires ou les mégabassines sont-elles, selon vous, une réponse pertinente ?

    R.V. : Les retenues collinaires peuvent avoir un impact positif lorsqu’il pleut et qu’on veut retenir ces pluies en amont du système. Ces retenues peuvent permettre de recharger les systèmes souterrains. Pour les mégabassines, c’est différent. Elles stockent l’eau du printemps jusqu’à l’été et le problème, c’est qu’elles évaporent beaucoup. C’est comme une mer ou un lac : le soleil tape directement dessus et il y a beaucoup d’évaporation. Je pense donc que les mégabassines ne sont pas une solution adaptée à notre territoire.

    Quelles peuvent être les solutions adaptées pour mieux anticiper
    ces épisodes de sécheresse ?

    R.V. : À l’Inrae et à l’université d’Avignon, nous travaillons en amont en cherchant à mieux comprendre les écoulements souterrains et à mieux modéliser les nappes phréatiques pour anticiper les changements et leur impact sur les réserves en eau. L’enjeu est de mieux comprendre la ressource pour pouvoir, derrière, construire des solutions en concertation notamment avec les agriculteurs. Parmi les réponses adaptées, il faut d’abord miser sur le stockage de l’eau dans le souterrain, par exemple en rechargeant artificiellement les nappes phréatiques. L’objectif serait de pouvoir utiliser cette réserve et son inertie lorsque les cours d’eau sont à sec. Il faut aussi repenser les modèles et les pratiques agricoles pour les adapter au changement climatique : privilégier des cultures qui consomment moins d’eau, mettre en place du goutte-à-goutte. Il y a toutefois un paradoxe : lorsqu’on irrigue en surface, une partie de l’eau peut contribuer à recharger les nappes. Avec le goutte-à-goutte, on consomme beaucoup moins d’eau, mais on recharge moins les nappes. Il faut donc trouver le bon équilibre.

  • Marseille, l’annulation du festival Hip-Hop Non-Stop fait polémique

    Marseille, l’annulation du festival Hip-Hop Non-Stop fait polémique

    Ils disent vouloir reconnaître l’importance des cultures urbaines dans l’identité marseillaise, là, c’est tout le contraire. » Selon Cédric Claquin, coordinateur du festival Hip-Hop Non-Stop, une réunion organisée au mois de mai avait confirmé le soutien financier de la ville de Marseille et des mairies de secteur pour l’édition 2026 du festival. Coup de théâtre la semaine dernière, lorsqu’il apprend que finalement, les subventions n’ont pas été votées lors du dernier conseil municipal.

    « Une logique

    de renouvellement »

    « C’est très peu respectueux du travail qu’on fait depuis cinq ans, ou même depuis quatre mois, de nous le dire moins de deux mois avant le festival, tout en nous ayant donné des signaux positifs avant », déplore-t-il. « J’ai demandé un rendez-vous début juillet pour avoir des explications, personne ne m’a répondu. Je suis énervé, parce que dans ce silence, il y a du mépris », poursuit le coordinateur du festival, également directeur adjoint de l’association Urban Prod, qui, à la demande de la municipalité, organise la fête depuis sa création en 2021. « On arrivait à super bien travailler, il y avait une confiance réciproque », regrette-il.

    Dans un communiqué, la Ville explique que cette décision s’inscrit dans « une volonté de réorienter les politiques en faveur des cultures urbaines », avec « des formats plus diversifiés, mieux répartis sur le territoire et davantage en phase avec les attentes des artistes, des habitants et des acteurs culturels », détaille-t-elle.

    Pour sa part, Cédric Claquin « ne croit pas à cette réponse », il reproche à la Ville de « prétendre connaître ces besoins sans avoir fait aucune étude ». À ce sujet, il répond : « Nous, on avait fait une étude en 2021 avec les acteurs du graf, de la danse et du rap pour se renseigner sur leurs besoins. On est connectés à 35 collectifs, on a des milliers de personnes qui nous répondent ». Le coordinateur du festival tente de comprendre : « Qu’est-ce qui ne plaît pas à la mairie ? Le fait qu’on fasse de l’émergence artistique de talents en devenir, qu’on travaille sur la place des femmes et des minorités de genres, qu’on aille dans les quartiers ? On ne serait pas assez territorialement diversifiés mais on va déjà dans 4 ou 5 secteurs de la ville différents », liste-t-il.

    Le budget consacré à la culture n’ayant pas été réduit, Cédric Claquin estime que la décision de la municipalité « n’est clairement pas un problème de moyens, mais un vrai problème de choix ». De son côté, la Ville de Marseille précise s’être « engagée à prendre en charge les dépenses déjà engagées dans le cadre de la préparation de cette édition, afin de ne pas pénaliser financièrement la structure ». La Ville « demeure pleinement engagée en faveur des cultures urbaines dont elle reconnait le rôle essentiel dans le dynamisme culturel de Marseille », conclut-elle.

    Un coup dur, mais pas fatal

    Malgré l’annulation du festival cette année, Cédric Claquin et ses partenaires ne se laissent pas abattre. « Sur les réseaux sociaux, on reçoit énormément de marques de soutien, on n’a jamais eu autant de commentaires. Ça nous donne juste envie de préparer 2027 avec un nouveau format, d’élargir encore plus nos collaborations, ça nous donne envie de ne rien lâcher ».

  • La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La voie n’est pas répertoriée sur le GPS, mais elle est bien connue des habitants de Miramas-le-Vieux. Au départ du bas du village, à proximité du cimetière, la calade du chemin de la Fontville permet de rejoindre le parc de la Poudrerie Royale. Les enfants l’empruntent quotidiennement pour prendre le bus qui les amène à l’école. Du moins en période scolaire. À l’époque, les anciens y descendaient pour aller au lavoir. La légende raconte même que Catherine de Médicis l’aurait arpentée alors qu’elle était en visite à Salon-de-Provence.

    Aujourd’hui, à force de passages, ce sentier médiéval est abîmé. Après avoir été interpellée par le Conseil de quartier des 4 chemins, la Ville de Miramas a fléché 12 000 euros pour sa restauration. Depuis le 20 juillet et jusqu’à la fin du mois, une dizaine de bénévoles de l’association Opus s’affairent sur la voie historique en s’appliquant à respecter les techniques traditionnelles : un revêtement en pierres sèches plantées à la verticale, en contact les unes avec les autres, sur un lit de mortier de chaux à sec. Luc Alain, animateur technique du chantier, explique : « Ça permet au sol de respirer tout en canalisant les eaux de pluie. »

    Une aventure humaine

    avant tout

    Pour cet artisan muralier d’Aix-en-Provence, encadrer des bénévoles via une association est une première : « C’est intéressant, ça permet d’être dans la transmission du savoir-faire et de les intéresser au patrimoine. Ce que je leur ai dit, c’est qu’ils travaillent sur un ouvrage qui est là depuis probablement plus de 500 ans, et que les pierres qu’ils manipulent ont déjà été manipulées il y a des centaines d’années par d’autres personnes. »

    Le message semble être passé. Accroupis sur le chemin, les jeunes, âgés de 18 à 22 ans, sont concentrés. Leurs journées bien chargées. Le réveil sonne à 6h, pour débuter les travaux une heure plus tard. Ils et elles passent la matinée à enlever les pierres des zones cabossées ou bétonnées, remettre de la chaux et replacer le revêtement. À 13h, retour au Parc de la Poudrerie, où ils sont logés. L’après-midi, place aux activités et à la découverte de la région.

    Amandine et Ilda, qui travaillent en binôme sur la calade, ont d’abord été attirées par « l’aventure humaine » que propose Opus. « C’est l’idée de partager deux semaines avec des gens qu’on ne connaît pas, de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, parce que c’est un chantier international », détaille la première, étudiante en kinésithérapie à Lille. Leur meilleur souvenir ? La soirée passée la veille, lors de laquelle elles ont découvert des chants turcs de leurs camarades originaires du pays d’Asie.

    Dans quelques semaines, d’autres bénévoles d’Opus viendront restaurer le canal du Parc de la Poudrerie. Le partenariat de la Ville avec l’association, qui dure depuis près de vingt ans, a notamment permis à de nombreux éléments du patrimoine de cet ancien domaine industriel d’avoir une seconde vie, à l’instar du lavoir, des moulins à poudre, ou encore de la chapelle.

  • Escapade d’un jour au Festival d’Avignon

    Escapade d’un jour au Festival d’Avignon

    « Permettre l’accès à l’art et à la culture pour les personnes qui sont en difficulté, soit financièrement, soit parce qu’elles considèrent que la culture n’est pas faite pour elles, par manque de moyen ou de légitimité. » C’est là l’objectif de Cultures du cœur, association d’inclusion sociale présente dans 28 départements français. Cet été encore, la structure invite plusieurs centaines d’habitants de la région Paca à passer une journée au Festival d’Avignon.

    Pour la première fois cette année, l’antenne aubagnaise de l’association a proposé aux habitants des quartiers du Charrel, de la Tourtelle et du centre-ville de participer à cette escapade culturelle gratuite. La sortie, organisée ce mercredi, a permis à 38 personnes de découvrir le festival.

    Développer le goût du théâtre

    « Nous visons avant tout un public familial, insiste Karine Lacôme, directrice de Cultures du cœur 13. L’idée est de permettre une petite parenthèse pour des familles qui n’ont souvent pas la possibilité de partir en vacances. »

    Au programme de la journée : balade patrimoniale, spectacles, mais aussi ateliers théâtre. « Nous avons réparti les familles en trois groupes. Des personnes sont allées assister à une pièce ce mercredi matin. Avec mon groupe, nous avons visité la ville avec Cultures du cœur Vaucluse. Cet après-midi, les trois groupes iront voir une représentation différente », détaille la directrice de structure. Parmi les spectacles proposés, Yongoyély, Marre Mots, Comment attraper une étoile ou encore l’Ourse.

    « Ce qui est intéressant, c’est aussi qu’il s’agit d’une action sur le temps long, poursuit Karine Lacôme. Nous organisons une médiation culturelle en amont, l’occasion de présenter aux participants le Festival d’Avignon, de leur expliquer la différence entre le In et le Off. Ensuite, après la journée, une session bilan est organisée. L’ambition est de donner aux familles l’envie de se rendre au théâtre régulièrement. »

  • [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent
    le président de la République

    Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.

    Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.

    C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.

    Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?

    De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.

    Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?

    C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.

    Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.

    Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.

    Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.

    Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.

    Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre

    Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole

    Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte

    Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France

    Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires

    Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires

    Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir

    Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon

    Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux

    Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole

    Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille

    Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels

    Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair

    Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon

    Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires

    Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris

    Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon

    Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture

    Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg

    Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole

    Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune

    Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole

    Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy

    Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble

    Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie

    Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole

    Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen

    Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen

    Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille

    Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie

    Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon

    Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis

    Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO

    Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims

    Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole

    Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble

    Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture

    Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture

    Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie

    Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis

    Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne

    Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne

    Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national

  • La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    Après la mairie RN de Carpentras, qui supprime les subventions du Planning familial, c’est au tour de la municipalité de Monteux, également passée RN en mars dernier, de réduire de 90 % celle accordée à la Maison des Jeunes et de la Culture de sa ville.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux, la structure, qui accueille un peu plus de 500 personnes à travers des activités sportives et des événements divers, explique que cette aide passe de 45 000 euros à 5 000. Elle ajoute que les subventions de fonctionnement et celle du festival des cultures urbaines des vacances d’automne, respectivement de 1 350 et 1 500 euros, sont, elles, supprimées. Et explique prendre acte de cette décision et que le conseil d’administration va se réunir en cette fin de semaine « pour mesurer l’impact sur la vie de l’association ».

    Répartition

    Le maire d’extrême droite, Patrice de Camaret, a justifié, lors du conseil municipal, cette décision en s’appuyant sur les comptes de l’association. Ceux-ci étant, d’après lui, assez fournis. « La collectivité doit soutenir en priorité les associations qui en ont réellement besoin, et non celles qui disposent d’une trésorerie solide », stipule la collectivité. Et assure que cette « décision ne remet pas en cause l’utilité de la MJC ni son travail auprès des Montiliens », mais « traduit une volonté de justice dans la répartition de l’argent public, au bénéfice d’associations qui, elles, ont un besoin réel et immédiat de soutien ».

    Les élus d’opposition ne l’entendent pas de cette oreille. « Il le vend comme une nécessité économique, mais pour moi, c’est idéologique », glisse Michel Mus (DVG). Car, dans le même temps, les subventions aux associations sportives augmentent de 8 %.

  • [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    [Passerelle interculturelle] 45 traditions du patrimoine immatériel de l’Unesco racontent l’histoire de la Chine

    Avec cette mise à jour, la Chine compte désormais 45 traditions inscrites sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. C’est le plus grand nombre au monde. Ces traditions couvrent de nombreux domaines. Elles permettent de mieux comprendre la longue histoire de la Chine et la diversité de sa culture.

    La présence de la Chine sur les listes de l’Unesco a commencé en 2001, avec la reconnaissance de l’opéra Kunqu. Dans les années suivantes, d’autres traditions ont été inscrites, comme la musique du guqin, le Muqam ouïgour du Xinjiang et le chant long mongol. Ensemble, elles montrent la richesse de la culture traditionnelle chinoise.

    De nombreuses traditions reconnues par l’Unesco montrent une esthétique chinoise très particulière. La calligraphie chinoise, la gravure de sceaux et le papier découpé transforment des matériaux simples en formes artistiques. À travers les traits du pinceau, les sceaux gravés et les dessins découpés dans le papier, ces arts transmettent depuis des générations un sens unique de la beauté.

    Les savoir-faire traditionnels sont aussi une partie importante du patrimoine immatériel chinois. Les techniques de construction en bois, le tissage du brocart Yunjin de Nanjing, la sériciculture et les techniques de fabrication de la soie, ainsi que la cuisson du céladon de Longquan, montrent l’union entre l’utilité et l’art.

    Le reflet des 56 groupes ethniques de Chine

    Les fêtes et les coutumes populaires restent très présentes dans la vie quotidienne. La Fête du Printemps et la Fête des Bateaux-Dragons réunissent encore les familles et les communautés. Des traditions maritimes, comme les croyances et coutumes liées à Mazu ou la cérémonie Wangkang, se sont diffusées au-delà de leur région d’origine et sont reconnues dans différentes cultures.

    Le patrimoine culturel immatériel chinois reflète aussi les traditions des 56 groupes ethniques de Chine. Le Nanyin, le Grand Chant du peuple Dong, l’opéra tibétain et les arts Regong ont chacun leurs propres caractéristiques. Ensemble, ils montrent la diversité culturelle qui a façonné la civilisation chinoise au fil des siècles.

    D’autres formes de patrimoine conservent des savoirs traditionnels et des façons de penser anciennes. L’acupuncture et la moxibustion, le taijiquan et le zhusuan chinois, c’est-à-dire le calcul traditionnel avec le boulier, continuent d’influencer la vie moderne tout en transmettant une sagesse ancienne.

    En même temps, certaines traditions rencontrent des difficultés pour être transmises aux nouvelles générations. L’impression à caractères mobiles en bois, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises et le Meshrep ont été inscrits sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’Unesco. Cela montre l’importance de poursuivre les efforts de protection et de soutien.

  • [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine débarque à Marseille. Le navire vient de l’Est de la Méditerranée. Dans sa cargaison, une bactérie : celle de la peste qui frappera toute la Provence. « C’est la dernière grande épidémie de peste en France », rappelle Isabelle Séguy, chercheuse associée au laboratoire Cultures – Environnements, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM) à Nice. Elle fera plus de 120 000 victimes. « Mais il est difficile d’évaluer l’impact de l’épidémie sur la population et la démographie seulement à partir du décompte des morts », poursuit la chercheuse. C’est la raison pour laquelle, avec son collègue Pierre Darlu du Muséum national d’histoire naturelle (Paris), elle s’est plongée dans les noms de famille de la population de Martigues. « La ville tenait des registres exceptionnels », précise-t-elle. Et l’analyse parue dans Plos One révèle une histoire jusqu’alors inconnue : « Près de 50% de la population a été remplacée après la peste de 1720, résume Isabelle Séguy, coautrice de l’étude. C’est la première fois que nous mettons en évidence l’impact profond de cette épidémie avec les mouvements de population engendrés. »

    Anglesy, Diegue, Langlois… Avant 1720, ces noms de famille – ou leurs dérivés – sont communs à Martigues dans les listes des enfants baptisés. Après 1721, ils disparaissent. Certains sont morts de la peste : ils figurent dans les registres des victimes. D’autres ont fui. On les retrouve ailleurs dans les Bouches-du-Rhône ou plus loin en France au registre des noms de famille établi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Exemple avec les Gratian, un nom typique de Martigues – dont beaucoup d’enfants sont nés avant 1720 et sont absents des registres des victimes – qui disparaît du département et apparaît dans le Sud-Ouest de la France plus tard. « Il serait intéressant de savoir qui étaient ces personnes pour voir si des facteurs
    – profession, milieu social – ont pu influencer la mobilité
     », indique Isabelle Séguy.

    Natalité en baisse

    À l’inverse, des noms comme Pignatel, Mauras ou Cambon apparaissent à Martigues à partir de 1721 alors qu’ils étaient absents avant. L’étude note que ces nouveaux arrivants viennent plutôt de la région et non pas de l’autre bout de la France.

    D’autres noms comme Tourrel ou Fouque traversent la crise. Mais la natalité baisse parmi les survivants. Est-ce dû à la peste ou à un changement générationnel ? Les données font pencher la balance vers la première hypothèse car la baisse touche principalement les noms de famille touchés par la peste. Mais l’autre piste n’est pas exclue. « Cela serait plus tôt que ce qu’estiment les historiens », relève Isabelle Séguy. Ces derniers considèrent que le passage d’une forte natalité – compensant une forte mortalité – à une natalité plus faible, a débuté en France à la fin du XVIIIe siècle.

    Y. pestis

    Yersinia pestis est la bactérie responsable de la peste. Elle a été découverte en 1894. Ce n’est qu’en 1998 que l’épidémie qui a frappé la Provence en 1720 sera imputée à Y. pestis, suite aux avancées des analyses ADN qui permettent d’identifier la bactérie sur des squelettes dans un charnier.

    120 800

    C’est le nombre de morts de la peste entre 1720 et 1722 en Provence et dans le Bas-Languedoc sur une population totale de 400 000 habitants. À Martigues, l’épidémie tuera 2 150 personnes en quelques mois sur une population d’environ 6 000 habitants.

    4 022

    C’est le nombre de noms de famille d’habitants de Martigues retenus pour cette étude sur la période 1689-1789. Les données viennent principalement des registres paroissiaux conservés aux archives de Martigues et de l’association de généalogie des Bouches-du-Rhône (via le site Geneanet).