Tag: transmission

  • L’héritage de Marc Bloch mis en lumière aux Rotatives

    L’héritage de Marc Bloch mis en lumière aux Rotatives

    Les Rotatives de La Marseillaise ont accueilli, ce jeudi soir, une conférence-débat consacrée à Marc Bloch, figure majeure de l’historiographie française, dont la panthéonisation est prévue le 23 juin. Organisée par l’association Coudes-à-coudes, la rencontre a réuni universitaires, enseignants d’histoire-géographie et élus de la Ville de Marseille autour d’un homme dont l’œuvre et l’engagement demeurent indissociables.

    Historien engagé

    En ouverture, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Léo Purguette, a rappelé la vocation du quotidien : « un rôle de combat » et non « le rôle d’un vestige ou témoin ». Évoquant Marc Bloch, il a salué « un très grand historien » qui mérite « la transmission de son œuvre, de sa vie, aux nouvelles générations ».

    Représentant le maire de Marseille, Azad Kazandjian, conseiller municipal délégué au patrimoine historique et cultuel, a insisté sur la portée contemporaine de l’auteur de L’Apologie pour l’histoire. « L’histoire n’est pas une arme au service des passions du moment, mais une école de l’humanité », a-t-il déclaré, appelant à « résister à l’ignorance ».

    Pour Michel Potoudis, président de l’association Coudes-à-coudes, la panthéonisation constitue l’occasion de remettre en lumière un homme qui fut « un intellectuel engagé au sens le plus noble du terme.(…) Il s’est battu contre le fascisme par les moyens intellectuels d’abord, par les moyens militaires ensuite ».

    Les historiens Julien Loiseau et Laure Verdon ont insisté sur la cohérence entre la vie et l’œuvre de Marc Bloch, enseignant, chercheur et résistant. Une exigence résumée par la phrase qu’il souhaitait voir inscrite sur sa tombe : « Il n’a chéri que la vérité. » Un héritage qui, plus de 80 ans après son exécution, continue d’éclairer le présent.

    Coline Le Bras

  • Total Festum fait vivre la culture occitane

    Total Festum fait vivre la culture occitane

    Du 9 mai au 5 juillet, la Région Occitanie déploie la 21e édition de Total Festum, son grand festival dédié aux langues et cultures occitanes et catalanes. Plus d’une centaine d’événements populaires irrigueront l’ensemble du territoire régional : concerts, spectacles, contes, ateliers, expositions, balades ou encore rencontres intergénérationnelles. Une programmation pensée pour rappeler que l’Occitan et le Catalan restent des langues vivantes, ancrées dans le quotidien de nombreux habitants.

    « Chaque année avec Total Festum, l’Occitanie célèbre toute sa richesse, sa diversité et ses traditions », souligne ainsi la Région dans un communiqué. La présidente de Région, Carole Delga, insiste sur la dimension populaire de l’événement : « Nos langues et nos cultures ne sont pas des vestiges du passé, mais portent en elles nos identités et notre singularité. »

    Le festival s’inscrit dans une politique plus large de soutien à l’oralité et à la transmission culturelle. Pendant près de deux mois, communes, associations et artistes proposeront des rendez-vous destinés à tous les publics. Parmi les temps forts annoncés figure un marathon de la langue occitane organisé le 13 juin à Brousses-et-Villaret, avec quinze heures ininterrompues de paroles et de chants.

    Une politique régionale sur le long terme

    Le lancement officiel de cette édition s’est tenu le 21 mai à Hôtel de Région de Toulouse. Quatre cents élèves bilingues occitans des écoles de Haute-Garonne y sont attendus pour une journée placée sous le signe de la danse et de la musique, en présence du trio Pique Poque.

    Cette année, l’affiche du festival a été confiée au duo sétois Les Crafties. La Région précise que les artistes ont voulu représenter « des silhouettes en mouvement » traduisant « la joie de se retrouver au rythme de la musique », avec « une palette solaire et chaleureuse » à l’image de l’esprit festif de Total Festum.

    Au-delà du festival, la collectivité poursuit son plan « Parlem una cultura viva », lancé en 2023 pour promouvoir les langues régionales. Signalétique bilingue, développement des sections occitanes et catalanes à l’école, outils numériques pédagogiques ou soutien aux structures culturelles : selon la Région, « plus de 93% des mesures prévues » sont déjà engagées ou réalisées. Une manière d’inscrire durablement ces langues dans l’espace public et de sensibiliser les générations à venir.

  • Des collégiens visitent le Camp des Milles

    Des collégiens visitent le Camp des Milles

    Cette rencontre a eu lieu en présence de la présidente (DVD) du conseil départemental, Martine Vassal, pour promouvoir la transmission de la mémoire. Le Département propose chaque année à tous les collégiens du territoire la visite guidée de ce site de déportation pendant la Seconde Guerre mondiale.

  • Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Devenu invité permanent de nos jardins ou de nos balcons, le moustique tigre reste surtout un vecteur important de maladies, transmettant aux humains les virus de la dengue, du zika et du chikungunya, rappelle l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), qui a officiellement ouvert la saison de surveillance de la bestiole le 1er mai.

    Avec plus de 97% de la population de la région qui vit au contact de cet insecte, un nombre inédit de cas autochtones a été enregistré en 2025 en Paca. Entre début juin et début novembre, 450 cas de chikungunya et 16 cas de dengue ont été recensés, « répartis en 35 épisodes distincts de transmission, essentiellement dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône », précise l’ARS.

    Un suivi précis des cas

    Ce qui fait de Paca la région la plus touchée, avec près de 60% des cas identifiés en France. Un niveau important comme « jamais elle n’en avait connu », commente l’ARS, même si la tendance est à l’augmentation, depuis 2022.

    Raison pour laquelle la mobilisation des professionnels de santé, des collectivités et de la population demeure essentielle, « pour prévenir la transmission et limiter la prolifération de l’insecte ». D’autant que, suite à la hausse des températures et à l’allongement des journées, les larves sont actuellement en plein développement après avoir passé l’hiver sous la forme d’œufs. Et vont rapidement devenir des moustiques tigres adultes, capables de piquer.

    Pour lutter contre ce fléau, l’ARS recommande d’éliminer les petites réserves d’eau une fois par semaine, notamment les coupelles de plantes, de bâcher ou recouvrir d’une moustiquaire les réserves d’eau, de ranger à l’abri de la pluie tout ce qui peut en contenir, et de nettoyer les gouttières ainsi que de ramasser les déchets verts.

    Grillages et moustiquaires, vêtements couvrants et amples, répulsifs et ventilateurs à fond peuvent aussi permettre de profiter de son extérieur. En cas de symptômes, tels que la fièvre brutale, des douleurs articulaires ou musculaires, des maux de tête et une éruption cutanée, l’ARS recommande de consulter sans attendre son médecin traitant. Chaque cas de dengue, chikungunya ou zika confirmé devant être déclaré pour identifier les lieux de contamination éventuels.

  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • [Chroniques Méditerranéennes] Corse… ici aussi

    [Chroniques Méditerranéennes] Corse… ici aussi

    Pour beaucoup, la Corse est d’abord une histoire familiale, faite de filiations, de villages d’origine, de trajectoires entre l’île et le continent. Elle vit dans les récits, les habitudes, les traditions, une manière d’être au monde qui dépasse la seule géographie. Mais cette transmission reste partielle : une langue souvent entendue plus que maîtrisée, une culture héritée sans toujours être pleinement vécue.

    Ce parcours, je le connais. Née à Marseille de deux parents corses, j’ai grandi avec cette présence constante de l’île. Du côté de mon père, mon grand-père était Corse du Panier. Du côté de ma mère, mes grands-parents sont nés en Corse, lui du Cap Corse, elle du sud. La Corse a donc toujours été présente. Elle a toujours été là, transmise, racontée, vécue.

    Le lien est fort, évident, sans relever du folklore ni d’une simple attache sentimentale.

    Grandir ailleurs, c’est entretenir un rapport à la fois proche et distant avec l’île. Une terre que l’on connaît bien sans en partager pleinement le quotidien, mais à laquelle on reste profondément attaché.

    Cela pose forcément une question : que signifie être Corse lorsque l’on n’y est pas né, lorsque l’on n’y vit pas en permanence ? La réponse tient sans doute dans l’essentiel : l’identité ne se limite pas à un territoire, elle se construit aussi dans la transmission, les pratiques culturelles ou l’engagement. À Marseille, la présence corse participe depuis longtemps à la vie sociale et associative et prouve qu’une identité peut vivre au-delà de ses frontières.

    Être Corse ailleurs c’est faire vivre ce lien, simplement, sans jamais le perdre. Grandir entre deux identités n’est donc pas selon moi une contradiction mais une richesse. D’où que l’on vienne.

  • [Travailleurs de demain] Enzo et Raphaël, as de la maçonnerie

    [Travailleurs de demain] Enzo et Raphaël, as de la maçonnerie

    Issu d’un bac pro menuiserie, Enzo s’oriente à la sortie du lycée vers un CAP maçonnerie, lorsque son père et son oncle montent leur propre entreprise de rénovation. Désormais en alternance dans la société familiale, il se réjouit de pouvoir travailler dans un climat de « confiance ». « C’est un avantage de travailler en famille, l’ambiance n’est pas la même qu’ailleurs, s’enthousiasme-t-il. Mon père et mon oncle ont confiance en moi et me laissent faire des tâches importantes, comme moi j’ai confiance en eux dans leur façon d’entreprendre un chantier. C’est un vrai avantage pour un apprenti, car nous sommes souvent utilisés pour faire les tâches ingrates, de manutention par exemple. » Autre point positif pour le jeune homme : travailler, chaque jour, « différemment ». « Ce qui me plaît dans la maçonnerie, c’est pouvoir toucher à plein de choses, explique-t-il. Un jour, je peux faire de la toiture, le lendemain, une ouverture dans un mur porteur, ensuite du carrelage… Disons qu’on ne voit jamais la même situation, c’est toujours différent. »

    Raphaël, lui, est fils d’un steward et d’une hôtesse de l’air. Passé par un bac scientifique, il s’oriente dans un premier temps vers la menuiserie, poussé par son beau-père, avant de se rediriger vers la maçonnerie. « Pouvoir construire une maison de A à Z, avec mes mains, c’est ça qui m’a vraiment donné envie », s’émerveille-t-il. Une envie de travail manuel qu’il parvient même à transmettre à son père, aujourd’hui en reconversion pour devenir menuisier. Une passion partagée avec son père donc, mais aussi avec son beau-père, dont il a rénové « en sept mois tout le jardin ». « J’ai pris énormément de plaisir, car j’ai un peu eu la sensation d’avoir rendu à mon beau-père tout ce qu’il m’a apporté au début, s’émeut le jeune homme. Finalement, c’est moi qui lui ai appris la maçonnerie et lui m’a appris une partie de la menuiserie. »

    Montrer l’excellence

    Se « challenger », bien sûr, mais surtout montrer que l’excellence existe aussi en maçonnerie. C’était là l’ambition d’Enzo en participant aux Worldskills. « Les jeunes du CFA ne sont pas toujours bien vus, note-t-il. C’était aussi l’occasion de montrer à tout le monde que, nous aussi, on est aussi capables de faire de grandes choses ». Raphaël, de son côté, reconnaît avoir lui même déjà appliqué certains préjugés à son métier. « Ma vision a complètement changé, comme celle de mes parents d’ailleurs. Aujourd’hui, quand ma mère voit qu’on se baigne dans la piscine qu’on a construite, elle comprend qu’au-delà de l’aspect fatigant, mon métier est gratifiant. » Et d’ajouter : « Construire tout ça avec ses mains, c’est fou quand même, non ? »

  • La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    Face à plusieurs centaines d’éleveurs venus de toute la France pour assister au congrès des Groupements de défense sanitaire de France (GDS) – une organisation délégataire de l’État chargée de la prévention et de l’accompagnement des exploitants face aux maladies – la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, était présente ce vendredi 24 avril à Avignon. Elle a notamment annoncé une revalorisation de 850 euros de l’indemnisation liée à l’abattage dans le cadre de la lutte contre la tuberculose bovine, portant cette compensation de 2 500 à 3 250 euros par bête.

    « C’est pas mal », glisse spontanément un éleveur dans l’assemblée. « Ces annonces étaient attendues, donc elles vont dans le bon sens », confirme Christophe Moulin, président de GDS France. De son côté, Annie Genevard insiste sur cette réponse « favorable à cette demande des éleveurs », et ce « malgré le contexte budgétaire ». Une mesure qui est également rétroactive.

    Nouvelle ère

    Pour autant, cette aide ne règle pas tout. Christophe Moulin souligne ainsi la nécessité de construire un nouveau modèle de lutte contre la prolifération et le développement des maladies. Ces dernières années ont été particulièrement marquées par des crises sanitaires successives dans les élevages, avec notamment la fièvre hémorragique en 2023, la fièvre catarrhale ovine en 2024, ou encore la grippe aviaire.

    « Nous entrons dans une nouvelle ère sanitaire. Nous avons aujourd’hui des outils qui ont répondu parfaitement à l’ancienne ère avec des maladies ayant d’autres modes de transmission Développons de nouveaux moyens pour pouvoir efficacement résister. Si nous gardons un ancien modèle pour gérer d’autres maladies, on n’y arrivera pas », note le président de GDS.

    Un effort de pédagogie est aussi nécessaire, alors que des vétérinaires ont été pris à partie lors de différentes crises. « Il y a eu de la désinformation, notamment lors des élections des chambres », glisse un éleveur, visant notamment la Coordination Rurale. « Il faut que les scientifiques s’expriment. Je suis aux côtés des vétérinaires, car ce qui est arrivé est insupportable », ajoute la ministre.

    Le territoire vauclusien est, lui, plutôt épargné par les différentes pathologies. Le sénateur de Vaucluse Lucien Stanzione (PS) a évoqué la question du loup, l’élu faisant partie d’une mission sénatoriale sur le sujet. « La ministre a annoncé la loi d’urgence agricole qui aura une partie consacrée à la lutte contre le loup, ce qui touche notre territoire. Il faudra que nous soyons vigilants pour savoir si les mesures annoncées seront vraiment efficaces », pointe-t-il

  • De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    Une délégation de dix membres du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 est à Berlin depuis vendredi pour le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration de Sachsenhausen situé à 30 km de la capitale allemande. Ces descendants des raflés et déportés y dévoileront dimanche une plaque rendant hommage aux Marseillais du quartier de Saint-Jean qui y ont été déportés et où une centaine n’est jamais revenue comme le boxeur Kid Francis.

    Alors que le fascisme veut renaître de ses cendres, la plaque grave dans le marbre « La rafle du Vieux-Port – Marseille 1943 » avec un texte en français et en allemand : « Le 24 janvier 1943 à Marseille, les 20 000 habitants du quartier Saint-Jean furent raflés. Leur quartier sera entièrement détruit par dynamitage. Plus de 250 Marseillais seront déportés à Sachsenhausen, beaucoup ne reviendront pas. Ce crime contre l’humanité fut perpétré par le nazisme avec la collaboration de l’État français. En mémoire de toutes ces victimes. Restons vigilants. Plus jamais ça ! ».

    Ce devoir de mémoire et de transmission veut remettre en lumière « l’opération Sultan » coproduite par l’occupant nazi et Vichy, suivie du dynamitage de près de 1 500 immeubles, 80 rues et places. Ce 24 janvier, 20 000 habitants sont chassés de cette « Petite Naples ». Un transfert forcé de population civile s’organise avec René Bousquet à la manœuvre. 12 000 hommes, femmes et enfants sont conduits par wagons à Fréjus pour être trié. Ce jour-là, un premier convoi de 1 600 Marseillais dont moitié sont juifs raflés les jours précédents part pour Compiègne. En tout 600 habitants de Saint-Jean seront déportés sur différents sites. C’est en avril 1943 qu’un convoi de 250 Marseillais arrive à Sachsenhausen.

    « Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que des Marseillais ont été victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy » résume l’avocat Pascal Luongo qui en janvier 2019 a déposé plainte pour quatre survivants et quatre descendants des rafles pour crime contre l’humanité. « Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain côté français et d’Hitler côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Cette rafle doit être enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt par les mêmes acteurs », insiste Me Luongo.

    « C’est très émouvant car papa était dans le convoi du 28 avril. Il avait 21 ans », confie Gérard Agresti. « Il est revenu du camp mais en parlait peu car les choses atroces ne sont pas à entendre pour les petits. » Roger Agresti a été ensuite de longues années typographe à La Marseillaise. « Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si cet humaniste et militant de gauche voyait qu’autant de peuples se font massacrer en Europe et au Moyen-Orient. Cette plaque prend absolument tout son sens. Ce n’est pas un témoignage ancré dans le passé. Il doit éveiller les consciences. »

    Vendredi, la délégation a été reçue au lycée John-Lennon de Berlin. Ils ont raconté à ces jeunes Allemands cette mémoire qui relie Marseille et Berlin. « C’est notre devoir de transmettre la mémoire de cette opération concertée entre la collaboration et le nazisme mais aussi de délivrer un message de paix », confie Antoine Migneni. Il avait 5 ans le jour de la rafle. Retenu à Marseille, il a fait lire son texte aux jeunes Berlinois : « Le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Les guerres ne sont pas une fatalité. Les hommes et les femmes ont droit au bonheur et à la paix. Soyez vigilants ! S’il ne faut pas vivre dans le passé, il ne faut pas l’effacer non plus. Un peuple qui l’oublie est condamné à le revivre. »

    Cette plaque est pour Fernand Riberi, un aboutissement. « Ce sera mon lieu de recueillement pour mon grand-père, Francesco Commentale, déporté politique, matricule 65028, mort à Sachsenhausen le 30 juin 1944. Il avait 59 ans. Il habitait rue de la Reynarde avec ma grand-mère et leurs six enfants. C’était un modeste piqueur de sel de la communauté napolitaine. Dimanche, ce sera une émotion intense quand je découvrirai le block 24 où a été enfermé ce grand-père que je n’ai pas connu. »

  • Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Sur une feuille de papier, Noémie griffonne une sorte de tripode. « J’invente un robot », explique-t-elle, lors de la séance des Espaces publics numériques de lundi dernier. Sur le schéma, le fruit de son imagination ressemble au dessin d’une pyramide, sans base, avec une tige et une pince. Son frère Valentin, lui, opte pour la réalisation d’un chariot élévateur. Une autre participante, quant à elle, assemble une sorte de quadripède… avec une bâche au pied. « C’est un esclave, il passe la serpillière », glisse-t-elle avec espièglerie.

    Tous participent à un stage de deux après-midi accessible aux 9 à 13 ans et dédié à la construction et à la programmation d’un robot de leur conception, imaginée ou reprise de modèles proposés dans les manuels à leur disposition. « On a un petit guide pour mettre les pièces au bon endroit comme les legos » fait remarquer Valentin, qui n’a « jamais fait de robots », « c’est la première fois » qu’il en manipule. Une grande liberté est accordée aux enfants dans leur conception, « on peut leur donner des jambes, des yeux, c’est toi qui décides », explique justement l’animateur Alan Landolfi.

    Poser et résoudre

    un problème technique

    Sans le savoir, les jeunes construisent et mettent en œuvre des principes élémentaires de physique et de mécanique. Comme la transmission d’un mouvement par engrenage et crémaillère permis par servomoteurs, des petits moteurs électriques contrôlables finement. « J’arrive pas à avancer car il y a un truc qui gêne » remarque Valentin sur son chariot. « Quelque chose est peut-être mal placé », lui souffle l’animateur, et c’est bien le cas. Ou comment poser et résoudre un problème mécanique.

    De la même manière, la programmation répond à une certaine logique. Mardi, les participants ont tenté de donner vie temporaire à leurs créations à base de blocs d’instruction mis bout-à-bout. Noémie, par exemple, a programmé sa voiture-élévateur à roues indépendantes pour allumer une led rouge une seconde, lever et baisser son plateau, puis rouler. Mais sans préciser le temps, donnant une voiture filant entre les jambes des programmateurs en herbe sans s’arrêter.

    Valentin, de son côté, a réalisé un programme allumant une led verte, faisant monter, descendre, puis rouler 5 secondes son robot à petite vitesse, qui s’arrête et fait clignoter trois fois une led rouge.

    Une expérience ludique et éducative rendue possible par les Espaces publics numériques de la Ville. Ils sont équipés par Speechi, distributeurs des kits de robots développés pour l’Éducation nationale et pilotés par Arduino, un système libre très utilisé en ingénierie. De quoi susciter des vocations et créer les conditions pour y accéder par ces ateliers, toujours gratuits.