La halle Delacroix rappelle l’état d’urgence du centre-ville

« L’effondrement des planchers [du 3 Halle Delacroix, Ndlr.] est un incident grave. Le sujet prioritaire pour nous était de savoir si la façade tenait », explique Franck Caro qui sort la tête de l’eau après plusieurs journées de stress et d’angoisse. « On a décidé de renforcer le 16 rue d’Aubagne. On a remis des étais, des étrésillons aux fenêtres. Samedi soir, on a été sûr qu’il était stable. Ce qui nous a permis dimanche de faire tomber les éléments les plus fragiles afin qu’ils ne touchent pas les toitures périphériques. »

La façade instrumentée de détecteurs du 3 Halle Delacroix est jugée correcte. « Nous n’avons pas détecté de mouvements significatifs. Nous allons poser plusieurs étais tirants de 10 mètres. » Des engins d’élévation passeront par-dessus la façade pour accompagner la descente de manière délicate de bouts de toiture. « J’ai demandé aux ingénieurs de se réassurer sur les calculs. La nuit dernière, un butonnage métallique a été mis en œuvre de haut en bas avec de gros triangles qui renforce la façade. Ensuite, nous dégagerons les bas de mur pour les observer, vérifier en particulier le 3 rue Vacon qui a vibré, mais on n’est pas très inquiet. » Viendra ensuite « l’évacuation en toute sécurité des gravats avant l’étape des experts pour comprendre la cinétique de ce qui s’est passé ».

« Je vous le dis avec mes tripes »

Sur ce mur de refends qui a lâché, Franck Caro ne dira rien. « L’urgence est de préserver l’environnement le plus vite possible. Des explications, on en aura. Je comprends évidemment les citoyens de ce quartier qui ont vécu les effondrements de la rue d’Aubagne et qui vivent à nouveau les tremblements de sol, la poussière. » L’homme qui dirige depuis 2021 la SPLAIN est affecté par l’événement. « J’ai des collaborateurs, des compagnons qui travaillent en zone de risque extrême. On se retrouve à être regardé comme des soignants qui maltraitent le malade alors que c’est tout sauf notre philosophie. Oui, il y a eu des erreurs, quelque chose d’anormal qui s’est passé. C’est un incident majeur dont je ne connais pas les causes réelles. Mais ce n’est pas le moment d’en parler, d’accuser qui que ce soit, sinon je démobilise tout le monde. L’urgence, je vous le dis avec mes tripes, c’est d’aller de l’avant car Marseille en a énormément besoin. Évidemment, le temps viendra d’un retour sur ce qui s’est passé », ajoute Franck Caro. « On assumera nos responsabilités mais mon Dieu, cette ville a besoin d’avancer et il ne faut pas que les soignants se retrouvent à être maltraités dans l’opinion publique. »

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