[Entretien] Hélène di Vita-Danchesi : « Rétablir une mixité des offres d’habitat à Aubagne »

La Marseillaise : Vous êtes encore en plein diagnostic de la crise du logement à Aubagne. Qu’en est-il ?

Hélène di Vita-Danchesi : En 2025, sur les 11 425 demandes de logement social, seulement 222 ont fait suite. Cela correspond à un taux de 1,94% d’attributions. C’est une goutte d’eau dans les besoins d’habitation à Aubagne. Les demandes augmentent, alors même que l’on constate une diminution des offres entre 2023 et 2025. Freiner la production des logements sociaux au profit de la construction de logements privés dans la commune était une volonté politique, portée par la précédente municipalité, que nous ne partageons pas. Ainsi, nous prévoyons de rétablir une mixité dans les offres d’habitat à Aubagne. Nous allons aussi nous concentrer sur certains logements du centre-ville, là où de nombreux locataires vivent dans des appartements dégradés, négligés par leurs propriétaires.

Comment comptez-vous agir ?

H.V.-D. : Nous nous opposerons à la vente, et à la privatisation des logements sociaux. À ce sujet, nous avons prévu de rencontrer prochainement les bailleurs sociaux afin d’en discuter ainsi qu’évoquer les projets à venir face à cette demande croissante. Par ailleurs, nous mettrons en place plusieurs dispositifs pour permettre à tous les ménages d’accéder à des logements dignes. Nous voulons instaurer le permis de louer et l’encadrement des loyers. Le propriétaire privé qui mettra en location un logement devra le signaler à un service qui vérifiera l’état du bien avant de le proposer sur le marché. Sans oublier un programme de rénovation urbaine. Actuellement, dans le vieux Aubagne, 28 procédures de sécurité sont lancées sur des appartements qui se dégradent. Nous avons lancé une étude et programmerons les opérations nécessaires quant à la rénovation des habitats. Évidemment, le tout en conservant l’identité provençale d’Aubagne, particulièrement importante pour le maire.

Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence est arrivé, mardi 7 avril,
à la tête de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Qu’attendez-vous des six années d’action à venir sur le territoire
 ?

H.V.-D. : La Métropole a son rôle à jouer au niveau des communes autour d’Aubagne, qui ne respectent pas les nombres de logements sociaux légaux, et préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter les taux requis. Je pense notamment aux 11 communes du Pays d’Aubagne qui ont reçu des pénalités financières cette année encore. Plus de 600 logements manquants à Auriol et Roquevaire, près de 300 à Roquefort-la-Bédoule. C’est une situation qui doit faire partie des priorités de la Métropole. Nous espérons une politique locale, qui s’adresse à tous les habitants, et ne laisse personne à l’écart, avec notamment un soutien de tous les maires quant à la gratuité des transports dans la région.

Quelles sont vos autres priorités
de mandat, notamment sur l’action sociale
 ?

H.V.-D. : Nous récupérons une ville après 12 ans de politique municipale qui ne partage pas les mêmes priorités que nous. Sur l’action sociale, nous sommes en plein constat. Nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour enclencher des projets, mais sommes déjà conscients que certains dispositifs sont à améliorer, comme le budget du CCAS. Je me suis rendue, la semaine dernière, à l’épicerie sociale. Une trentaine de personnes dans le besoin la fréquentent chaque semaine. L’une des premières étapes pourrait être de trouver davantage de donateurs alimentaires.

Entretien réalisé par Calypso Sadousty

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