Huit poignantes minutes de silence respectées devant les 63-65, rue d’Aubagne en mémoire des victimes du 5 novembre 2018, puis une minute de bruit à hauteur des Halles Delacroix pour Mohamed El Khalfioui, décédé suite à l’effondrement d’un immeuble en travaux en juin. Dimanche, Noailles et Marseille ont rendu hommage aux victimes du mal-logement.
Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l’appel du Collectif du 5 novembre et de nombreuses associations, pour cette marche pour un logement digne organisée à la veille de l’ouverture du procès en appel du drame de la rue d’Aubagne. « Nous voulons faire de ce procès un moment d’éducation populaire », lâche Kévin Vacher au nom du Collectif du 5 novembre, appelant à des « condamnations exemplaires » y compris pour Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville.
« Le modèle économique qui a conduit à ce drame n’a pas changé, la municipalité doit aller plus loin », martèle de son côté Patrick Lacoste (Un centre-ville pour tous), citant le maire de New York, Zohran Mamdani, avant d’appeler à faire pression pour la mise en place d’un encadrement des loyers sur la commune.
« Ils ne comprennent que le rapport de force. Si on ne reste pas déterminé et en colère, ils nous roulent dessus comme d’habitude », assure de son côté Camille François (Syndicat du logement de Marseille). « Ce drame qui n’aurait jamais dû avoir lieu pourrait se reproduire », prévient Bernard Eynaud (LDH) aspirant à faire du logement un droit pour tous à Marseille, en France et en Europe.
En tête du cortège qui a déambulé dans la rue d’Aubagne de la place Paul-Cezanne à la rue Vacon, Mariella et Domenico, les parents de Simona, et Liliana, la maman de Fabien, tiennent le portrait de leur enfant disparu à la main. « Ne lâchez rien. Moi, je ne lâcherai jamais. Il y a eu un avant et un après effondrement, j’espère qu’il y aura un avant et un après procès », pose avec dignité, Liliana, s’avouant prête à reconnaître sa culpabilité, celle d’avoir inculqué à son fils la confiance en la parole des autres, et par là même celle de ceux qui lui disaient que l’immeuble ne s’effondrerait pas, si les accusés reconnaissent leur responsabilité à la barre du tribunal.
Les députés (LFI) Manuel Bompard et Sébastien Delogu, suivis du maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, se sont joints à la foule. Ils ont signé dans la semaine avec Hendrik Davi (L’Après), présent du début à la fin de la marche, un courrier adressé au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, relayant la demande portée par les associations de plafonnement de la prise en charge des frais de justice de Julien Ruas. L’ancien adjoint (LR) de Jean-Claude Gaudin, en charge des périls, a été condamné en première instance. Sa défense aurait, selon les calculs du collectif, déjà coûté 365 000 euros.





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