La colère couve dans les bibliothèques marseillaises

Après plusieurs journées de grève entamées le 12 septembre, le collectif CGT du pôle Lecture publique continue de rester dans l’action, ce samedi. Une mobilisation particulière puisqu’aucun piquet n’est prévu devant l’Alcazar en raison des manifestations annoncées. Comme le week-end dernier.

Ce jour-là, plusieurs bibliothèques avaient même fermé leurs portes sur décision de la direction ravivant la colère : les agents et de nombreux vacataires mobilisés sur les vacances auraient été contraints de poser un jour de congé pour compenser la fermeture. Une décision « inadmissible » pour les représentants du personnel qui réclament l’octroi d’une autorisation spéciale d’absence pour circonstances exceptionnelles.

Depuis des semaines, le collectif rappelle la faiblesse, la vétusté et la pauvreté de l’offre de lecture publique sur la deuxième ville de France. Une lourd héritage des décennies Jean-Claude Gaudin que le Printemps marseillais peine à redynamiser après six ans de gestion. La colère des bibliothécaires se crispe notamment sur la question des effectifs.

Selon le collectif, le nombre d’agents est passé de 294 équivalents temps plein en 2016 à environ 204, malgré l’ouverture de la médiathèque Salim-Hatubou (15e) en 2021. Conséquences pour les usagers : horaires réduits, fermetures ponctuelles. En coulisse, la CGT pointe une fuite des agents liée aux conditions de travail et « l’absence de perspective ».

La dégradation générale du service public s’accélère. D’autant que, pointe encore la CGT, les moyens alloués sont à la baisse. Le budget du Pôle Lecture publique a baissé de 35% depuis 2024 selon le syndicat qui évoque « 700 000 euros perdus depuis 2023 », dont 160 000 sur les acquisitions et 100 000 sur la programmation.

Face l’absence de réponses et d’actions concrètes, le collectif réaffirme ses revendications : le recrutement de 50 agents qualifiés, la construction annoncée par le Printemps marseillais de sept bibliothèques, le déplacement de celles du Panier et des Cinq-Avenues, le lancement des travaux voté sur la précédente mandature au Merlan et à Saint-André, le rétablissement des budgets amputés et la mise en œuvre d’un plan de formation ambitieux.

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