Tag: Printemps Marseillais

  • Rebecca Bernardi à la tête du MIN

    Rebecca Bernardi à la tête du MIN

    L’adjointe au maire de Marseille déléguée au commerce, à l’artisanat et aux noyaux villageois a publié un message de réaction, ce mercredi matin, sur X : « Honorée d’être la nouvelle présidente du MIN marché Marseille Méditerranée. Consciente des défis multiples liés au site des Arnavaux et de Saumaty. Merci à Benoît Payan pour sa confiance et pour permettre à une femme, pour la première fois d’accéder à ce poste. Une pensée pour mon père, poissonnier sur les marchés, client de saumaty qui, là où il est, est fier sans aucun doute. » Rebecca Bernardi succède à Christian Burle (DVD), maire de Peynier et conseiller métropolitain.

  • La municipalité marseillaise veut mettre la nature en vedette

    La municipalité marseillaise veut mettre la nature en vedette

    Dans les allées du parc du XXVIe-Centenaire, les deux anciens colistiers du secteur, Hervé Menchon (EELV) et Pierre Huguet (G.s) se prêtent volontiers aux activités de rempotage. Ce samedi, les deux adjoints ont inauguré le village nature installé dans le grand parc du 10e arrondissement à l’initiative de la municipalité pour la Fête de la nature.

    « Cette Fête de la nature rend visible l’invisible, permet de sensibiliser à la fragilité de notre territoire », met en avant l’adjoint écologiste à la biodiversité. Après l’adaptation de la lumière du parc pour protéger les espèces nocturnes, il promet d’étendre ces trames sombres sur d’autres espaces de la ville, en particulier le littoral. Pendant que les enfants découvrent animaux et plantes de la ville, cette fête est l’occasion pour la municipalité de défendre son action, en particulier dans ce secteur qui a basculé à l’extrême droite. «Si on compte ce qu’on a investi dans ce parc dans le précédent mandat et ce qu’on prévoit d’investir dans ce mandat, c’est 3,5 millions d’euros», glisse Pierre Huguet, face à la renaturation engagée d’un parc trop longtemps laissé à l’abandon. Désormais doit y être engagé le chantier de l’étanchéité des bassins.

    Pour le grand public, la Fête de la nature se poursuit ce dimanche avec une journée festive au parc de la Ravelle (13e arr.), autour du Jarret. «Symboliquement, il y a une fête en amont et en aval du Jarret», sourit Hervé Menchon : la rivière coule aussi sous le parc du XXVIe-Centenaire.

  • Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    La Digue du Large, ouvrage portuaire exceptionnel dans l’emprise dirigeante du Grand Port maritime de Marseille, sera ouverte au public du 27 juin au 5 septembre pour 21 visites organisées par l’office de tourisme.

    Pas de précipitation car il faudra attendre le 12 juin pour pouvoir réserver. Les créneaux seront ouverts pour des visites tous les mercredis et samedis à 8h30. Une fois obtenu ce sésame gratuit mais obligatoire, il faudra se présenter impérativement 30 minutes avant le départ. Les places réservées sont gardées jusqu’à 15 minutes avant le départ. Au-delà, elles seront rendues disponibles et proposées aux personnes présentes sur place non munies de billets. Les places sont mises en ligne tous les 15 jours. Les réservations pour les 15 premiers jours d’août seront ouvertes fin juillet.

    La Digue du Large a été construite à compter du milieu du XIXe siècle sur un projet initié en 1844 sous le règne de Louis-Philippe et a continué à évoluer sous Napoléon III. Elle a été achevée en 1925. La Digue a été une réponse directe à la nécessité de moderniser le port et d’accroître sa capacité à accueillir des navires de plus en plus grands, en phase avec l’industrialisation croissante. Aujourd’hui la Digue s’étend sur près de 7 kilomètres de l’entrée du Vieux-Port jusqu’à l’Estaque. Elle est fermée au public depuis 25 ans.

    Le collectif des Libres-nageurs revendique « l’accès simple et gratuit à la Digue sur toute sa longueur, dans toute sa splendeur, tout le long de l’année dans le respect de l’activité du GPMM ». Pendant la campagne des municipales, le Printemps marseillais a annoncé la réouverture de la Digue aux Marseillais avec accès envisagé par le pont Pinède après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 à la Digue.

  • [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    Ce week-end, Samia Ghali (DVG), adjointe au maire de Marseille et présidente de la RTM.

    SOn élection à la présidence de la RTM

    Didier Gesualdi : Quelle est votre feuille
    de route après votre élection
    à la présidence de la RTM
     ?

    Les transports sont l’affaire de tous. Chaque Marseillais, chaque habitant de la Métropole est confronté à cette question à un moment ou un autre, pour soi-même, ses enfants, ses parents… Les transports font partie intégrante de la vie des habitants à Marseille intra-muros ou dans les autres communes de la Métropole. Ils représentent une bouffée d’oxygène au sens propre comme figuré du terme, ils permettent de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules… Ils sont aussi un poumon du développement économique et un levier de résolution de la crise du logement. Vous ne pouvez pas construire si vous n’avez pas les infrastructures, notamment de transport, pour desservir les habitations.

    Didier Gesualdi : On a un retard à combler sur ce territoire. Comment comptez-vous y arriver ?

    Il y a le tramway vers le nord, vers la Bricarde qui va démarrer. Il y a tous les transports du quotidien aussi, avec les derniers kilomètres ou centaines de mètres qui manquent pour tel ou tel territoire qui se trouve coupé du reste du monde. Il y a aussi un gros chantier, qui m’a été signalé par les chauffeurs de bus avec qui j’ai pu parler. Ils me disent que les bus qui tombent en panne sont un problème, que leur maintenance est un vrai sacerdoce. Cela doit devenir une question centrale pour permettre au service public de fonctionner.

    Léo Purguette : Présider la RTM, c’est
    une tâche épineuse. On pourrait presque penser que c’est un cadeau empoisonné. Pourquoi l’avez-vous accepté
     ?

    D’abord, ce serait insultant pour le personnel de la RTM et les usagers de considérer que c’est un cadeau empoisonné. Après, oui, c’est un sujet éminemment complexe et difficile. Au vu de la situation financière de la Métropole, je ne vais pas vous dire que ça va aller comme sur des roulettes. Je considère que c’est un défi, j’ai pour habitude d’en relever. Le président de la Métropole et le maire de Marseille m’ont désignée pour être candidate à cette présidence, je le prends comme un compliment. Ils connaissent mon caractère, ma pugnacité. Je ne lâche rien, je vais au bout des choses. Je le prends comme une marque de reconnaissance de ma capacité à porter des sujets difficiles.

    La fracture nord-sud

    Léo Purguette : Faut-il voir un symbole dans le fait que vous êtes une élue des 15-16, un secteur qui souffre d’une desserte en transports en commun très insuffisante ?

    D’abord les 15-16, chers à mon cœur vous le savez, Jean-Marc Coppola en est le maire. C’est comme ça qu’on a souhaité travailler lui et moi, en complémentarité. C’est un territoire qui a effectivement beaucoup souffert d’un manque de transports pendant des décennies. On va essayer de rattraper tout cela. C’est important de le faire de manière collégiale et dans l’intérêt de tous les habitants. Les délégations que j’ai à la Ville de Marseille et la présidence de la RTM aideront.

    Didier Gesualdi : C’est l’acte II du Printemps marseillais. Pourquoi on devrait y croire et qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des Marseillais ?

    Heureusement qu’on a le Printemps marseillais à la mairie et pas le Printemps de l’ombre du Rassemblement national. Excusez-moi d’être très heureuse que ce soit nous et pas le RN, quand on voit comment ses élus se sont comportés au conseil municipal de mercredi… Même sur des délibérations qui ne portent pas à débat. Ils disent être pour la sécurité et quand on finance une association comme l’Addap 13 pour faire de la prévention, ils ont voté contre, ont eu des propos diffamatoires… Je suis déjà bien contente que Marseille ne soit pas la risée et la honte de la France. Ici on résiste plus qu’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2027 mais Marseille doit être une terre de Résistance. Pour le reste, on va continuer ce qu’on a déjà entamé dans l’acte I sur les écoles, la rénovation urbaine, les équipements publics, les espaces verts… On n’a pas tout bien fait, tout fini, beaucoup reste à faire. Les Marseillais nous ont placés largement en tête, au-delà de nos espérances, pour nous y atteler.

    Marseille et la RTM

    Didier Gesualdi : La majorité marseillaise s’est longtemps plaint de ne pas avoir la main sur la RTM qui appartenait à Catherine Pila, cheffe de l’opposition. C’est un signe pour les Marseillais que vous preniez cette présidence ?

    La RTM n’appartenait pas à Mme Pila. Pas plus qu’elle ne m’appartient aujourd’hui. La RTM appartient aux habitants de la Métropole, nous sommes là pour la faire vivre et se développer. Le fait que ce soit moi qui porte cette question, personne ne peut douter de mon engagement pour les quartiers populaires de cette ville, oui c’est un signe. Par exemple, quand on dit qu’il faut renforcer les bus vers les plages, certes il faut le faire sur le Prado mais aussi à l’Estaque, à Corbières. Je considère qu’un Marseillais qui prend les transports en commun dans le Sud, dans le centre, dans l’Est ou dans le Nord de la ville doit être traité de la même manière. Je suis pour l’équité dans les transports à Marseille. On a la chance, à la RTM, d’avoir plus de 5 000 agents. Je pense qu’ils aiment vraiment leur boulot, leur boîte, c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont dévoués à la cause des transports en commun, il faut leur donner cette fierté. J’ai eu des messages de tous les syndicats de la RTM et je les en remercie. Quand on devient présidente, c’est important d’être saluée par les syndicats qui sont conscients de la tâche qui nous attend. Ils mettent beaucoup d’espoir dans mon arrivée. C’est d’abord à eux que je veux m’adresser, au personnel et aussi aux femmes qui travaillent à la RTM. Elles ont fait le choix d’être dans des métiers exigeants, plutôt masculins, mais elles le portent tellement bien, de manière tellement élégante. Je veux leur dire qu’elles ont toute mon admiration et j’aimerais qu’il y en ait encore plus.

    Le métro fermé le soir

    Léo Purguette : Êtes-vous en capacité de nous dire aujourd’hui quand le métro va pouvoir reprendre en soirée avec des rames modernisées ?

    Je ne vais pas vous le dire aujourd’hui. On va d’abord commencer par une visite nocturne avec la presse pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. On va regarder tout ce qu’il sera possible de faire. On m’explique qu’il y a des questions techniques liées aux travaux qui nécessitent d’interrompre le trafic mais il faut voir concrètement ce qu’il est possible de faire. Vous serez invités, vous les journalistes avec, je l’espère, le président de la Métropole et le maire de Marseille. On verra si on peut gratter une demi-heure, une heure, une heure et demie. Par ailleurs je fais faire un audit flash sur les finances mais aussi sur la partie recettes. La RTM n’est jamais allée chercher de l’argent. Il faudra sans doute qu’on aille chercher de l’argent là où il se trouve, on n’est pas plus idiots que les autres.

    Les finances de la Métropole

    Didier Gesualdi : Nicolas Isnard, le président de la Métropole, a annoncé des assises du financement des transports métropolitains en septembre. Vous avez déjà la pression ?

    Je n’ai pas de pression ! Vous savez, quand vous défendez une cause et que vous en êtes convaincu, vous n’avez pas de pression. J’ai entendu l’UPE 13 dire qu’elle était contre l’augmentation du versement mobilité… Les postures, ce n’est pas trop ma façon de fonctionner. Personne n’est propriétaire de rien, on est face à une situation qui nous dépasse tous. On peut mettre les clefs sous la porte, on dit « c’est fini il n’y a plus de transports à Marseille », et la première victime serait le monde économique. Je ne crois pas qu’il souhaite ça.

    Didier Gesualdi : L’augmentation du versement mobilité comme à Paris est une piste ?

    Entre 2% ici et 3,17% à Paris, il y a un peu de marge. Ça peut résoudre une grande partie des problèmes. Par contre, je comprends que l’UPE 13 dise « on veut des garanties sur les bus qui arrivent à l’heure, sur le développement des transports ». Mais vous savez, le projet tramway qui passe au niveau de la zone franche sur le littoral, c’était demandé par les entreprises. On va leur dire quoi ? « On ne fait pas le tramway parce que l’UPE 13 est contre le versement mobilité ?! » Je le dis : je suis pour que le versement mobilité soit revu à la hausse, il est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas continuer à assurer le minimum vital des transports pour les habitants.

    Léo Purguette : Le patronat défend ce qu’il croit être ses intérêts, mais ce n’est pas lui qui va décider. Avez-vous eu des contacts avec les représentants de l’État ? Est-il capable de prendre cette décision ?

    Je vais rencontrer le ministre des Transports ou son cabinet le plus rapidement possible. Je sais que le président de la Métropole, Nicolas Isnard, avec qui j’en ai parlé, a eu un échange très direct avec le Premier ministre notamment sur le versement mobilité. Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas de porte fermée.

    Didier Gesualdi : Il a entendu sans s’engager…

    Vous savez, en politique, quand il n’y a pas de porte fermée, c’est déjà bon signe.

    Le tram des catalans

    Léo Purguette : Dans les prochains jours, des choix budgétaires devront être opérés. Le maire de Marseille a redit son opposition au tramway des Catalans. Est-ce que c’est un projet définitivement enterré ?

    Je ne fais pas de langue de bois mais je ne veux pas raconter de bêtises. Nous n’avons pas voté le budget de la Métropole, pas plus tard que mardi. Tous les projets vont être regardés et priorisés. Est-ce que le tram des Catalans est aujourd’hui une priorité ou non ? J’en discuterai avec le maire de Marseille. C’est quand même dans sa commune que ça se passe. Aujourd’hui la plupart des habitants ne veulent pas de ce tram. Moi je veux bien qu’on fasse du transport mais commençons par ceux qui le souhaitent plutôt que par ceux qui ne le veulent pas. Mais je laisserai le président de la Métropole et le maire de Marseille, en fonction du budget, dire ce qu’ils souhaitent. La RTM s’exécutera dans un sens comme dans l’autre.

    La gratuité

    Didier Gesualdi : Martine Vassal avait instauré la gratuité pour les enfants et les seniors. Il a aussi la gratuité totale du côté de l’ex-Pays d’Aubagne. Est-ce que c’est en danger dans la RTM que vous présidez ?

    Je disais que le monde économique demande des garanties, certains disent « on veut bien verser mais ce n’est pas pour que les élus en fassent de la gratuité au tout-venant ». Ça vous paraîtra bizarre, mais je peux l’entendre. Moi je suis plutôt pour une tarification sociale ce qui peut être la gratuité dans certains cas. J’entends certains seniors me dire, je gagne bien ma vie, « je peux me payer ma carte de bus, c’est indolore ». Il y a des familles de cadres, qui peuvent prendre en charge le transport de leur enfant. Après il y a eu des choix qui ont été faits dans certaines communes. Les gens qui habitent à Aix, Aubagne, La Ciotat, Martigues… viennent pour certains travailler à Marseille. Le but c’est que demain ils ne viennent plus en voiture. Toutes ces questions, il faut y réfléchir.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe :

    Bonjour. Qu’en est-il du projet d’Arena sur le secteur Gèze que vous aviez annoncé précédemment ?

    Bonjour, je veux vous dire que le projet d’Arena, on est en train d’y travailler. Ça fait partie des grands projets structurants que je suis pour le maire de Marseille. Nous avons déjà ciblé un terrain qui se trouve à Capitaine Gèze. C’est un lieu stratégique au pied du tramway et du métro Capitaine Gèze. Les services sont en train d’y travailler parce que la question pour nous est de savoir si cette Arena doit être complètement publique ou alors semi-privée et semi-publique parce qu’il faut aussi le financer. Nous allons étudier toutes les pistes. Le travail commence sur ce projet d’Arena.

  • Une extrême droite déstructurée face à « un budget structurant »

    Une extrême droite déstructurée face à « un budget structurant »

    Les premières séances de conseil municipal de la mandature sont courtes, et personne ne s’en plaindra. Mais le mandat s’annonce long au regard de la faiblesse de l’opposition des élus d’extrême droite. Rassemblement national, UDR et Reconquête font bloc dans un grand n’importe quoi. Sur les gros dossiers du jour, consacrés aux questions budgétaires, le masque est vite tombé.

    582 millions d’efforts d’investissements

    Au moment de voter le rapport 6 actant le maintien des taux d’imposition de la commune, inchangée depuis 2022, Jessy Nakache (RN) s’embrouille, confond taxe foncière et taxe d’habitation, et reprend la question de son président de groupe, Franck Allisio, posée au conseil précédent, sur la crainte d’une augmentation des impôts durant le mandat. « Je ne peux pas prendre ce genre d’engagement », réplique Benoît Payan, arguant d’un contexte national incertain et renvoyant l’extrême droite à ses turpitudes, trois de ses parlementaires présents, ayant voté à l’Assemblée nationale le désengagement de l’État dans les collectivités territoriales.

    Les prises de paroles suivantes, sur le budget primitif (rapport 7), ne sont guère plus brillantes. Jöel Canicave, l’adjoint (PS) aux finances de la ville présente « un budget équilibré avec une trajectoire maîtrisée ». D’un montant de 2,16 milliards pour 1,57 milliard de fonctionnement, il confirme une capacité à maintenir « un haut niveau d’investissement ». « La dynamique des recettes de services constitue un levier majeur », observe l’élu de la majorité dans un contexte où les dotations de l’État (248 millions) compensent à peine l’inflation et celle des dépenses (+5%) est « maîtrisée au regard des contraintes nationales ».

    L’effort d’investissement (582 millions) « élevé et structurant » inclut 318 millions de dépenses nouvelles et dans la continuité des années précédentes : l’éducation avec la poursuite du plan école, la sécurité avec le doublement des effectifs de la police municipale… « Une stratégie financière responsable et tournée vers l’avenir et le maintien des équilibres budgétaires au plus près des ratios prudentiels », assume Joël Canicave.

    « Fiers de nos agents »

    Un « budget d’illusion » avec « une vision à court terme et sans cap » pour Franck Allisio qui n’a pas saisi la nature des 31,5 millions de reprise de résultat de 2025 et dénonce de façon populiste une masse salariale en hausse. « Les agents de cette ville ne sont pas simplement une charge », lui répondra Thomas Roller (PS), « Nous sommes fiers d’avoir plus de policiers municipaux, plus d’agents dans les écoles et dans notre ville. Ce ne sont pas des chiffres, ce sont ces femmes et des hommes qui font vivre nos services publics, gardent nos enfants, entretiennent nos parcs et sont au service des Marseillaises et des Marseillais. »

    « Un budget pas maîtrisé » et « une faute stratégique », attaque encore Thibaut Charpentier (RN) pour justifier le vote contre de son groupe. « Une lecture caricaturale », répond Pierre Huguet (G.s), assis au perchoir. Par la voix de Romain Simmarano (Ren.), « heureux de se prononcer sur un budget » après que les maires de la Métropole s’y soient refusés la veille, la droite républicaine plus constructive va s’abstenir.

    « Ce budget vous ressemble et ressemble au programme pour lequel vous avez été élus », glisse-t-il avant de pointer trois points d’attention. Le premier sur les fonds européens, « le 13e mois des collectivités ». Il réitère sa demande d’objectifs fixés. « Ils le seront en 2027 », lui assure Joël Canicave. Le deuxième sur la masse salariale avec une demande de clarification « pour comprendre de quoi il s’agit ? ». Le troisième enfin sur le désendettement, rappelant justement que « celui d’une commune ne peut pas être pris comme un signe de bonne santé par principe ».

    Contractualisation

    « Ce n’est pas maintenant qu’on va décider si ce budget est bon, c’est dans huit mois. C’est pour cela que nous nous abstiendrons », conclut-il, attendant de voir des bibliothèques ouvertes, un « mieux » sur les piscines, et de compter le nombre d’écoles construites. Évoquant une « période plénipotentiaire » pour un maire disposant désormais à la Métropole de « l’ensemble des outils » et « de toutes les manettes sans aucune contestation possible », Romain Simmarano amène une réaction attendue de Benoît Payan.

    « Ce n’est pas le climax du plénipotentat », répond ce dernier, rappelant malicieux qu’il n’a pas la main sur la Région et le Département. « Mais quoi de plus normal que la Métropole et la ville centre s’entendent ? », note-t-il avant d’évoquer une série de rendez-vous avec les deux collectivités : « Nous allons soumettre un certain nombre de demandes pour que nous puissions nous aussi avoir droit à un certain nombre de dispositifs », précise-t-il, répétant que la Ville n’a reçu que 2% de l’aide départementale aux communes alors qu’elle compte 42% de ses habitants.

    « M. Simmarano, nous comptons sur vous pour faire en sorte que les contrats ville-région et ville-département émergent assez rapidement », abondera un peu plus tard Joël Canicave.

    ET AUSSI

    Hommage à Hammache

    La séance s’est ouverte par « un hommage appuyé » à Azdine Hammache, adjoint (PM) à la culture à la mairie des 13 -14, décédé la semaine passée. Sa famille était présente dans l’hémicycle. « Nous ne l’oublions pas et il est ici », assure Benoît Payan, rappelant le livre de Rûmî, un poète perse, qu’il lui avait offert lors de leur première rencontre. Il « aurait apporté à ces arrondissements auxquels il tenait, la force de ses connaissances, la puissance de ses engagements, la beauté de son esprit, la force de ses mots et notre histoire collective. Il sera une grande perte pour nous toutes et tous », estime le maire avant de longs applaudissements.

    L’été marseillais est voté

    L’été marseillais permettra aux habitants d’accéder gratuitement à toute une série d’activités nautiques, sportives et culturelles, spectacles et concerts, du 21 juin au 6 septembre. Cette délibération présentée par le maire de Marseille, en personne, a été la première à être votée ce mercredi lors du conseil municipal par la majorité de gauche.

    Ravier grand-remplacé

    Le rapport 16 portant sur des subventions urgentes à destination des acteurs associatifs, a donné l’occasion à l’élu d’extrême droite, Antoine Baudino (REC), de déverser son fiel haineux. Dans son viseur, l’argent versé à « une filiale de l’Addap 13 » prenant en charge les mineurs non accompagnés pour qui « l’immigration est un business lucratif ». Après avoir fait le lien avec SOS Méditerranée, il s’en prend à l’Algérie, à ceux qui viennent « se faire soigner à l’œil », dénonce de « l’argent dans la poche des immigrationistes » et crie à la « submersion migratoire ». « Il fallait bien que quelqu’un remplace M. Ravier », ironise Benoît Payan, demandant une annotation au PV après qu’Antoine Baudino ait assimilé l’Addap 13 à la DZ Mafia. « Pour les financer un peu plus mais ce sera sur votre argent », conclut-il avec malice.

    Kit de rentrée scolaire

    Le rapport 11 présenté par Pascaline Lécorché (PP) sur le kit de rentrée scolaire, la dotation de fourniture de la ville dont le montant est revalorisé à 8,4 millions pour 2026, 2 de plus qu’en 2025, donne encore l’occasion à l’extrême droite de patauger. Thomas Battesti (RN) convoque l’école d’Aristote et les Hussards noirs pour parler « éducation populaire » et réclamer un effort de la ville sur « les niveaux d’apprentissage des enfants, et les savoir fondamentaux ». Après « une leçon d’histoire », le maire rappelle qu’il n’est pas ministre de l’éducation nationale et n’a pas accès aux contenus pédagogiques.

  • Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Les 73 conseillères et conseillers municipaux ont voté, à l’unanimité, la création d’un groupe unique de la majorité municipale », indique ce vendredi le Printemps marseillais, dans un communiqué. à cette occasion, c’est Arnaud Drouot, adjoint (PS) au maire de Marseille délégué au Bataillon de marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile, qui a été désigné pour en prendre la présidence.

    Faire vivre le groupe

    « Faire vivre l’unité et la diversité de notre rassemblement, promouvoir l’action du maire de Marseille Benoît Payan et des élus de la majorité municipale, sera la feuille de route du groupe », explique ce dernier, qui fut un temps directeur de cabinet de Benoît Payan sur la dernière mandature.

    Afin de « faire vivre ce groupe », un bureau représentant l’ensemble des sensibilités du Printemps marseillais a été créé. Un dispositif déjà mis en place en 2020, mais qui prend plus de consistance avec une majorité renforcée d’une vingtaine d’élus. Il est composé de sept membres : la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Thomas Roller (PS) pour les socialistes et apparentés, Amine Kessaci (EELV) pour les écologistes, Audrey Garino (PCF) pour les communistes, Éric Mery pour Mad Mars, et Pierre Huguet (G.s) qui retrouve à ses côtés des élus Debout ! et L’Après.

    « Si on regarde d’autres villes, avoir un groupe est rare. Cela montre que le Printemps marseillais est bien plus qu’une alliance électorale. C’est un message important d’unité, note ce dernier. Pour le reste, on est plus sur des périmètres politiques nationaux et cela permet de s’organiser pour garantir plus de fluidité dans nos échanges. »

    « Ce sera plus simple de faire des réunions chaque semaine en bureau plutôt que des réunions de groupes à 73 », résume l’entourage du maire. « Charge à nous de bien faire le lien avec tous les élus », glisse Éric Mery (Mad Mars), le nouvel adjoint aux Sports de la ville, qui a pris la tête des conseillers de « sensibilité » citoyenne. Un « groupe » de dix, tous membres du mouvement Mad Mars, où figurent notamment quatre autres adjoints, Pierre-Marie Ganozzi, Julien Harounyan, Juliette Masson et Sophie Guérard, ainsi que la maire des 6-8, Olivia Fortin.

    Si cette représentativité ne devrait pas se traduire par un positionnement particulier sur les bancs de l’hémicycle Bargemon, les conseillers municipaux de la majorité, jusqu’ici assis par ordre alphabétique, pourraient se retrouver répartis par affinité de délégation, glisse un autre élu.

    Ces « groupes » de sensibilité ont commencé à prendre forme. Pascaline Lecorché (Place publique) a sans surprise rejoint les socialistes et apparentés. « On a fait la campagne européenne ensemble, un chemin collectif s’est déjà construit et c’est en cohérence avec nos positions nationales », explique cette dernière.

    Le « groupe » communiste présidé par l’adjointe au logement Audrey Garino, réunit le maire PCF des 15-16, Jean-Marc Coppola, Anthony Goncalves, le chef de file du PCF sur la campagne qui en prend la vice-présidence, ainsi que Nathalie Tessier, Hassan Guenfici, Ibrahim M’Ze, Mohamed Itrisso, Laure Rovera et quatre conseillers apparentés : Rebecca Bernardi (PM), Marie Batoux (PM), la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard et Patrick Amico.

  • Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Huit ans après le drame de la rue d’Aubagne, la question du logement reste brûlante dans une ville touchée comme le reste du pays par la crise de la construction. Avec ici un gros enjeu : répondre à l’urgence sociale. Si la Métropole détient la compétence logement, la municipalité de gauche, l’origine des États généraux du logement en 2022, a activé plusieurs leviers depuis 2020.

    Objectif de 4 500 logements par an

    En matière de lutte contre l’habitat indigne, elle agit d’abord avec le pouvoir de police du maire. Plus de 3 300 signalements de logements potentiellement dangereux ont été traités par la Ville en 2024 pour un total 254 arrêtés de mise en sécurité, 220 arrêtés de mainlevée, 45 arrêtés d’insalubrité et 900 mises en demeure pour non-respect du règlement sanitaire, conduisant à la mise en conformité de 700 logements.

    Pour garantir la sécurité des habitants, Marseille recourt aussi aux travaux d’office lorsque les propriétaires défaillants n’agissent pas. En 2024, 102 procédures ont été engagées, pour un investissement de 3,9 millions d’euros. Depuis 2025, la baisse de ces procédures témoigne, selon la Ville, d’un effet dissuasif auprès des copropriétaires et bailleurs concernés.

    La lutte contre les marchands de sommeil constitue un autre pilier de l’action municipale. 194 propriétaires ont été signalés au procureur de la République et la Ville s’est constituée partie civile dans 14 affaires. Depuis 2020, 29 marchands de sommeil ont été condamnés.

    La transformation de l’habitat passe aussi par une rénovation urbaine de grande ampleur. À Marseille le programme est doté de 2,5 milliards d’euros, dont 650 millions de subventions Anru. Il concerne 14 quartiers NPNRU et 41 quartiers prioritaires, avec 3 450 logements à réhabiliter, 3 600 logements reconstruits pour compenser 3 000 démolitions. Parallèlement, plus de 32 millions d’euros de travaux urgents ont été engagés depuis 2023 sur des copropriétés dégradées. Fin 2025, les décrets déclarant d’intérêt national des opérations de requalification des copropriétés du Mail, des Rosiers, de la Maurelette et de Consolat, ont enfin été signés. Ils étaient attendus depuis 2022.

    Sur le volet de la production, la Ville s’est engagée à atteindre 4 500 logements par an. En 2024, 3 340 logements ont été autorisés, et 1 315 logements sociaux ont été agréés.

    Enfin, afin de contenir la tension locative, la Ville a renforcé la régulation des meublés touristiques. En 2024, 80% des 800 demandes de changement d’usage ont été refusées et 130 boîtes à clés illégales, retirées de l’espace public. En février, deux propriétaires à plus de 255 000 euros d’amendes pour des locations illégales. En parallèle, l’encadrement des loyers, en attente de validation ministérielle, constitue l’un des leviers majeurs envisagés pour préserver l’accès au logement des Marseillais.

  • [Maj] Les délégations des élus ont enfin été attribuées

    [Maj] Les délégations des élus ont enfin été attribuées

    Il aura fallu attendre près de quinze jours pour savoir enfin officiellement qui faisait quoi au sein des élus de la nouvelle majorité du Printemps marseillais emmenée par le maire (DVG) Benoît Payan largement réélu le 22 mars.

    Pas moins de 73 candidats ayant passé la barre pour siéger dans l’hémicycle de la place Bargemon, il s’agissait de donner un rôle bien précis à chacun, et poser les bases de ce deuxième mandat. De quoi compliquer arbitrages et négociations, pour jongler entre les priorités de la municipalité, les desiderata de chacun et les équilibres politiques. En veillant dans le même temps à bien border juridiquement les périmètres de chaque délégation qui ont dû être largement redécoupées au vu de la très large majorité sortie des urnes pour le Printemps marseillais. Ce travail de l’ombre a ainsi retardé l’officialisation des fonctions de chacun, attendue par les élus eux-mêmes qui étaient restés hors du secret jusqu’en ce début de semaine. Espérée dès lundi, l’annonce a donc été repoussée quotidiennement, avec des tractations qui se sont poursuivies jusqu’à ce mercredi après-midi avant enfin la publication des quelque 73 délégations des 33 adjoints au maire et 40 conseillers municipaux.

    La Métropole dans la mire

    Le maire qui souhaitait remanier son équipe au moment d’établir sa liste pour les municipales a aussi très largement remanié les responsabilités de chacun, jusqu’aux délégations les plus emblématiques du logement, des solidarités, des écoles. Parmi les adjoints sortants, ils ne sont que deux à conserver leur portefeuille. C’était déjà le cas pour la cheville ouvrière du Printemps marseillais Joël Canicave (PS), qui a été le premier à récupérer sa délégation aux finances afin de pouvoir présenter les premières orientations budgétaires du mandat, mais cède cependant les ressources humaines. C’est aussi le cas pour Rebecca Bernardi (DVG), qui garde sa délégation au commerce.

    Au-delà des messages envoyés avec les principales délégations, les responsabilités en lien avec les compétences métropolitaines prennent un poids particulier dans ce mandat, avec l’accord trouvé pour que la majorité marseillaise trouve sa place dans l’institution, et reprenne la main sur les outils métropolitains, avec des premières désignations prévues ce jeudi et l’élection des membres du bureau. C’est déjà le cas pour les mobilités, avec Samia Ghali qui devrait prendre la tête de la RTM (lire page 8), mais les portefeuilles en lien avec le logement ou l’aménagement, la gestion des déchets ouvrent d’autres portes.

    Dans cette majorité, les communistes auront à mettre en œuvre eux-mêmes une partie de leurs propositions inscrites au programme du Printemps marseillais, que ce soit sur le logement avec Audrey Garino, les centres de santé avec Anthony Gonçalves, la mise en place d’une mutuelle municipale avec Ibrahim M’ze. De quoi lancer pleinement le mandat.

    LES ADJOINTS

    Présentés déjà lors du conseil municipal d’installation le 30 mars dernier, les 33 adjoints au maire de Marseille se voient désormais confier chacun une mission plus précise. Une distribution des délégations qui reflète les priorités du mandat, mais surtout marquée par un quasi-total renouvellement des portefeuilles pour les anciens adjoints. Les périmètres d’action, eux, ont dû être redessinés avec une majorité bien plus large et de nouvelles responsabilités métropolitaines.

    1ère. Michèle Rubirola

    Première adjointe déléguée au projet municipal, aux relations internationales, au bien-être dans la ville. L’écologiste reste la figure de proue du Printemps marseillais.

    2e. Joël Canicave

    Adjoint aux finances, aux moyens spéciaux et aux partenariats. L’ancien chef du groupe de la majorité rempile aux mêmes fonctions.

    3e. Samia Ghali

    Maire adjointe aux mobilités, à la rénovation urbaine et aux projets structurants. Des délégations particulièrement lourdes et stratégiques pour toute la majorité.

    4e. Amine Kessaci

    Adjoint à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement. Le militant de la lutte contre le narcotrafic occupe une place de choix dans l’exécutif.

    5e. Audrey Garino

    Adjointe déléguée au logement, à l’hébergement et à la lutte contre l’habitat indigne, elle est devenue une des cadres du Printemps marseillais.

    6e. Arnaud Drouot

    Adjoint délégué au bataillon des Marins-pompiers et à la sécurité civile, il retrouve la délégation laissée pour entrer au cabinet du maire en 2021.

    7e. Pascaline Lécorché

    Adjointe déléguée à l’éducation, au soutien scolaire et aux activités périscolaires, la chercheuse et déléguée de Place publique aura fort à faire.

    8e. Pierre Huguet

    Adjoint aux relations institutionnelles, il avait été en charge de l’éducation et des cantines scolaires lors du dernier mandat.

    9e. Hanifa Taguelmint

    Adjointe déléguée à l’emploi et à la formation. Un signal fort adressé avec cette voix historique des quartiers Nord qui a rejoint le PM en janvier.

    10e. Éric Méry

    Adjoint délégué aux sports. L’avocat, président de Mad Mars, avait pris la suite de Mathilde Chaboche à l’urbanisme.

    11e. Nassera Benmarnia

    Adjointe au bâti scolaire, au « Plan école », à la construction et à la rénovation des écoles. L’ancienne adjointe en charge des espaces verts, des parcs et jardins prend du galon.

    12e. Hervé Menchon

    Adjoint délégué à l’environnement et à biodiversité. L’élu écologiste, ancien adjoint à la mer, devrait s’y sentir comme un poisson dans l’eau.

    13e. Marie Batoux

    Adjointe déléguée aux luttes contre les discriminations, à l’égalité femme homme et à la lutte contre les violences faites aux femmes.

    14e. Julien Harounyan

    Adjoint à l’attractivité économique et au tourisme durable après avoir rejoint le Printemps marseillais en février dernier.

    15e. Audrey Gatian

    Adjointe déléguée à l’urbanisme et à la stratégie foncière et patrimoniale. La socialiste avait laissé les mobilités pour garder la politique de la ville.

    16e. Pierre-Marie Ganozzi

    Adjoint délégué à la sécurité, pour cette incarnation citoyenne du Printemps marseillais, prof d’histoire-géo et ex-secrétaire de la FSU 13.

    17e. Perrine Prigent

    Adjointe déléguée aux espaces verts et à la nature en ville, et aux cimetières. Élue en 2020, elle était a été adjointe à la valorisation du patrimoine.

    18e. Anthony Gonçalves

    Adjoint délégué à la santé. Ce cancérologue a rejoint le PCF en 2014 et était le chef de file des communistes lors de ces municipales.

    19e. Josette Furace

    Adjointe au stationnement et à la circulation. L’ancienne élue issue des 15-16 et auparavant, déléguée à l’emploi des jeunes est promue.

    20e. Karim Touche

    Adjoint délégué à l’action sociale et à la solidarité. Le délégué général de la Ligue de l’enseignement 13, intègre cette année l’exécutif municipal.

    21e. Capucine Edou

    Adjointe déléguée à la mer, au littoral, à la transition écologique et énergétique. Un cadre d’action idoine pour cette écologiste.

    22e. Gwenaël Richerolle

    Adjoint au patrimoine municipal et aux équipements culturels municipaux. L‘ex-dircab des 6-8 intègre cette fois la mairie centrale.

    23e. Chahidati Soilihi

    Adjointe déléguée à l’agriculture urbaine. L’adjointe au maire des 15-16 fait également son entrée au sein de l’exécutif de la Ville.

    24e. Hassan Guenfici

    Adjoint délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire. Une mission au long cours pour l’ancien collaborateur du PM à la Métropole.

    25e. Sophie Guérard

    Ajointe aux personnes en situation de handicap, à l’inclusion et à l’accessibilité. Cette directrice d’école fut adjointe en charge de la place de l’enfant.

    26e. Yoan Levy

    Adjoint délégué au cadre de vie, aux espaces publics et aux emplacements. Le socialiste avait intégré le cabinet du maire en janvier 2025.

    27e. Clara Jaboulay

    Adjointe à la vie culturelle, à la création artistique et à la nuit marseillaise. L’ex-présidente de l’UNL était au cabinet en mairie des 2-3.

    28e. Ahmed Heddadi

    Adjoint délégué aux seniors et aux fêtes de quartier. L’ancien président des Radicaux de gauche 13 retrouve une délégation similaire à l’ancienne.

    29e. Nathalie Tessier

    Adjointe déléguée aux droits des enfants et à la place de l’enfant dans la ville. Élue en 2020, la communiste était déléguée aux droits des femmes.

    30e. Hedi Ramdane

    Adjoint délégué à la propreté de la ville. Il était devenu en 2020 adjoint au maire délégué à la jeunesse.

    31e. Rebecca Bernardi

    Adjointe au commerce et à l’artisanat, aux noyaux villageois. Cette incarnation de la composante citoyenne du PM retrouve sa délégation.

    32e. Yannick Ohanessian

    Adjoint délégué à la vie associative et aux associations. Le secrétaire du PS 13 était en charge de la tranquillité publique.

    33e. Juliette Masson

    Adjointe déléguée à la petite enfance. Adjointe à la maire des 6-8,déléguée aux écoles, à la place de l’enfant, son travail est récompensé.

    QUARANTE CONSEILLERS MUNICIPAUX DÉLÉGUÉS

    Enda Amraoui, déléguée à l’accès au droit

    Nadia Boulainseur, présidente de commission

    Katia Yakoubi, déléguée à l’accès aux services publics

    Mohamed Itrisso, délégué au Samu Social

    Nina Palomba, déléguée à la condition animale

    Laurent Lhardit, président de commission

    Mirabelle Lamoureux, déléguée à l’économie numérique et à l’innovation

    Emilia Sinsoilliez, déléguée à l’accueil des nouveaux Marseillais

    Lucas Langomazino, délégué aux cantines scolaires et à l’alimentation

    Thomas Roller, délégué aux ressources humaines et au dialogue social

    Azad Kazandjian, délégué au patrimoine historique et cultuel

    Christophe Hugon, délégué au budget participatif et aux relations avec les acteurs du numérique

    Anne-Sophie Sidani, déléguée à la politique de la ville

    Jean-Marc Signes, délégué aux relations avec les CIQ

    Martin Grand-Dufay, délégué aux fêtes de quartiers et au lien social

    Ibrahim M’ze, délégué à la mutuelle municipale

    Farida Benaouda, déléguée aux vacances pour tous et aux cités éducatives

    Julien Rossi, délégué à la gestion et entretien des cimetières, et régie des pompes funèbres

    Laure Rovera, déléguée à la commission communale de sécurité et aux périls

    Philippe Cahn, délégué à la commande publique

    Lydia Frentzel, déléguée aux rues jardins

    Nicolas Hue, délégué aux mobilités douces et aux taxis

    Lisette Narducci, déléguée à la mémoire et aux anciens combattants

    Romain Pastor, délégué aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales

    Cécile Vignes, déléguée à l’économie verte et circulaire

    Candice Le Tourneur, déléguée à l’enseignement supérieur, à la recherche et à la vie étudiante

    Yahya Güngörmez, délégué aux événements sportifs de proximité et à la pratique sportive libre

    Fatima Mostefaoui, déléguée à la prévention de la délinquance

    Eric Semerdjian, délégué à l’économie sociale et solidaire

    Samia Chabani, déléguée au conseil municipal des jeunes, à l’éducation aux médias et à l’information

    Patrick Amico, président de commission

    Wassila Hammache, déléguée à la médiation sociale

    William Leday, délégué aux fonds européens

  • Les délégations des conseillers municipaux de Marseille enfin connues

    Les délégations des conseillers municipaux de Marseille enfin connues

    La liste des délégations des adjoints :

    Michèle Rubirola, 1ère adjointe déléguée au projet municipal, aux relations internationales, au bien-être dans la ville

    Joël Canicave, 2e adjoint délégué aux finances, aux moyens généraux et aux partenariats

    Samia Ghali, 3e adjointe, maire adjointe déléguée aux mobilités, à la rénovation urbaine et aux projets structurants

    Amine Kessaci, 4e adjoint délégué à la jeunesse, à la citoyenneté et à l’engagement

    Audrey Garino, 5e adjointe déléguée au logement, à l’hébergement, à la lutte contre l’habitat indigne

    Arnaud Drouot, 6e adjoint délégué au bataillon des marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile

    Pascaline Lécorché, 7e adjointe déléguée à l’éducation, au soutien scolaire et aux activités périscolaires

    Pierre Huguet, 8e adjoint délégué aux relations institutionnelles

    Hanifa Taguelmint, 9e adjointe, déléguée à l’emploi et à la formation

    Eric Méry, 10e adjoint délégué aux sports

    Nassera Benmarnia, 11e adjointe déléguée au bâti scolaire, au Plan écoles, à la construction et à la rénovation des écoles

    Hervé Menchon, 12e adjoint délégué à l’environnement et à la biodiversité

    Marie Batoux, 13e adjointe déléguée aux luttes contre les discriminations, à l’égalité femme – homme et à la lutte contre les violences faites aux femmes

    Julien Harounyan, 14e adjoint délégué à l’attractivité économique et au tourisme durable

    Audrey Gatian, 15e adjointe déléguée à l’urbanisme, à la stratégie foncière et patrimoniale

    Pierre-Marie Ganozzi, 16e adjoint délégué à la sécurité

    Perrine Prigent, 17e adjointe déléguée aux espaces verts et à la nature en ville, et aux cimetières

    Anthony Gonçalves, 18e adjoint délégué à la santé

    Josette Furace, 19e adjointe déléguée au stationnement et à la circulation

    Karim Touche, 20e adjoint délégué à l’action sociale et à la solidarité

    Capucine Edou, 21e adjointe déléguée à la mer, au littoral, et la transition écologique et énergétique

    Gwenaël Richerolle, 22e adjoint délégué au patrimoine municipal et aux équipements culturels municipaux

    Chahidati Soilihi, 23e adjointe déléguée à l’agriculture urbaine

    Hassan Guenfici, 24e adjoint délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire

    Sophie Guérard, 25e adjointe déléguée aux personnes en situation de handicap, à l’inclusion et l’accessibilité

    Yoan Lévy, 26e adjoint délégué au cadre de vie, aux espaces publics et aux emplacements

    Clara Jaboulay, 27e adjointe déléguée à la vie culturelle, à la création artistique et à la nuit marseillaise

    Ahmed Heddadi, 28e adjoint délégué aux seniors et aux fêtes de quartier

    Nathalie Tessier, 29e adjointe déléguée aux droits des enfants et à la place des enfants dans la ville

    Hedi Ramdane, 30e adjoint délégué à la propreté dans la ville

    Rebecca Bernardi, 31e adjointe déléguée au commerce, à l’artisanat, aux noyaux villageois

    Yannick Ohanessian, 32e adjoint délégué à la vie associative et aux associations

    Juliette Masson, 33e adjointe déléguée à la petite enfance

    Les délégations des conseillers municipaux :

    Enda Amraoui, conseillère municipale déléguée à l’accès aux droits

    Nadia Boulainseur, présidente de commission

    Katia Yakoubi, conseillère municipale déléguée à l’accès aux services publics

    Mohamed Itrisso, conseiller municipal délégué au Samu Social

    Nina Palomba, conseillère municipale déléguée à la condition animale

    Laurent Lhardit, président de commission

    Mirabelle Lamoureux, conseillère municipale déléguée à l’économie numérique et à l’innovation

    Emilia Sinsoilliez, conseillère municipale déléguée à l’accueil des nouveaux Marseillais

    Lucas Langomazino, conseiller municipal délégué aux cantines scolaires et à l’alimentation

    Thomas Roller, conseiller municipal délégué aux ressources humaines et au dialogue social

    Azad Kazandjian, conseiller municipal délégué au patrimoine historique et cultuel

    Christophe Hugon, conseiller municipal délégué au budget participatif et aux relations avec les acteurs du numérique

    Anne-Sophie Sidani, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville

    Jean-Marc Signes, conseiller municipal délégué aux relations avec les CIQ

    Martin Grand-Dufay, conseiller municipal délégué aux fêtes de quartier et au lien social

    Ibrahim M’ze, conseiller municipal délégué à la mutuelle municipale

    Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux vacances pour tous et aux cités éducatives

    Julien Rossi, conseiller municipal délégué à la gestion et entretien des cimetières, et régie des pompes funèbres

    Laure Rovera, conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et aux périls

    Philippe Cahn, conseiller municipal délégué à la commande publique

    Lydia Frentzel, conseillère municipale déléguée aux rues jardins

    Nicolas Hue, conseiller municipal délégué aux mobilités douces et aux taxis

    Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants

    Romain Pastor, conseiller municipal délégué aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales

    Cécile Vignes, conseillère municipale déléguée à l’économie verte et circulaire

    Candice Le Tourneur, conseillère municipale déléguée à l’enseignement supérieur, à la recherche et à la vie étudiante

    Yahya Güngörmez, conseiller municipal délégué aux évènements sportifs de proximité et à la pratique sportive libre

    Fatima Mostefaoui, conseillère municipale déléguée à la prévention de la délinquance

    Eric Semerdjian, conseiller municipal délégué à l’économie sociale et solidaire

    Samia Chabani, conseillère municipale déléguée au conseil municipal des jeunes, à l’éducation aux médias et à l’information

    Patrick Amico, président de commission

    Wassila Hammache, conseillère municipale déléguée à la médiation sociale

    William Leday, conseiller municipal délégué aux fonds européens

  • [Rue de la République] Jean-Marc Coppola : « Les 15e et 16e arrondissements sont l’avenir de Marseille »

    [Rue de la République] Jean-Marc Coppola : « Les 15e et 16e arrondissements sont l’avenir de Marseille »

    la victoire du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Le Printemps marseillais l’a emporté pour la deuxième fois. Vous aviez été élu en 2020 sur la promesse de réduire la fracture de la ville. Estimez-vous l’avoir fait ?

    Je considère qu’en 6 ans nous avons beaucoup réparé Marseille. En 2020, on ne s’imaginait pas d’ailleurs, l’ampleur des chantiers et des défis qui étaient devant nous. Nous étions une équipe très engagée, 98% de nouveaux élus, tout le monde s’est mis à la tâche dans un travail collectif intelligent. Nous avons beaucoup réparé mais vous le savez, nous sommes la troisième ville pour l’impôt sur la fortune et en même temps, nous connaissons beaucoup de pauvreté. On a fait une partie du chemin et on veut amplifier ce qui a été fait.

    Didier Gesualdi : On a beaucoup entendu les équipes du Printemps marseillais dire « on vient d’arriver, ça prend du temps ». C’est un argument que vous n’aurez plus cette fois.

    C’est vrai que ça a mis un peu de temps au départ. Le temps de l’état des lieux. On n’avait même pas d’inventaire des équipements municipaux… Vous imaginez ?! Il y a eu la crise Covid aussi au milieu mais je crois qu’on s’est mis très vite à la tâche. J’étais de ceux qui disaient « on ne regagne pas sur un bilan » mais le bilan est positif, il y a une reconnaissance. Aujourd’hui le résultat est amplifié par rapport à 2020. C’est un encouragement à continuer.

    Léo Purguette : Quelle interprétation avez-vous du message des urnes. Votre d’adhésion ou rejet de la perspective RN pour Marseille ?

    Il y a les deux. L’adhésion au travail qui a été fait et aux projets qui vont sortir de terre dans les années qui viennent. Et puis, il y a un rejet des divisions, des discriminations, des racismes, même si le score du RN est très préoccupant. Je ne me réfugie pas derrière le fait que c’est un phénomène national voire européen et mondial. Il faut regarder de très près ce que cela signifie. Il y a des gens qui expriment un certain racisme mais aussi une forme de déclassement. On le voit très bien dans la carte de la ville avec deux secteurs au RN. Il y a l’effondrement de la droite qui n’a pas respecté le front républicain. Mais on ne construit pas des politiques publiques sur des divisions, en attisant les haines, le racisme et la xénophobie.

    Didier Gesualdi : Comment faire reculer le RN ? Est-ce possible ?

    Il n’y a aucune fatalité. Il faut redonner du sens à l’action publique. Pendant 25 ans, on a vendu Marseille aux privés. Redonner des services publics, redonner du sens au rassemblement autour des valeurs de la République, Liberté, Égalité, Fraternité, c’est ce qui fait la force de Marseille. Il faut reconnaître les Marseillais dans leurs qualités, leurs compétences. Que chacun trouve sa place.

    LA CULTURE

    Léo Purguette : Durant six ans vous avez été adjoint à la Culture. De quoi êtes-vous le plus fier et qu’est-ce qui vous semble inachevé ?

    Franchement, je pense que c’est la plus belle des délégations. Je ne regrette pas de l’avoir choisi et qu’on me l’ait confiée, à la fois Michèle Rubirola et Benoît Payan. Ça a été éprouvant, il a fallu mouiller la chemise. J’ai rencontré des gens fabuleux. Tout au long du mandat j’ai répété aux acteurs culturels que je n’ai jamais eu la même responsabilité d’un mandat à l’autre. Pourquoi ? Parce que je veux sortir de ma zone de confort, être curieux, travailler. Après la jeunesse, le tourisme, les lycées, à la Région, je voulais voir ce que je pouvais apporter sur la culture. Les plus belles satisfactions, ce sont les projets à l’image de la médiathèque Loubon, la première antenne de la cinémathèque française en province mais aussi d’avoir redonné du sens à la lecture publique, d’avoir atteint un record de fréquentation dans les musées en 2025 et puis l’été marseillais bien sûr ! C’est la culture pour toutes et tous. J’ajoute l’éducation artistique et culturelle. J’y tiens, il va falloir continuer et amplifier l’éveil des sens dès le plus jeune âge, c’est un des fondements de la construction de la personnalité et de la citoyenneté. Beaucoup de choses restent à faire, à commencer par faire connaître ce qui existe. Je pense que c’est aux acteurs culturels d’aller vers les habitants. C’est ce qu’ont a fait dans les 15-16 la cité des arts de la rue, l’Alhambra, la gare franche…

    MAIRE DE SECTEUR DES 15-16

    Léo Purguette : Maire des 15-16, c’est un symbole pour votre famille politique dans un secteur longtemps à direction communiste. Qu’auriez-vous envie de dire à vos camarades qui vous ont précédé et qui ne sont plus là ?

    J’espère être à la hauteur des valeurs et des actions qu’ils ont portées. Ce n’est pas rien. Lors de mon élection j’ai vu que beaucoup de présents ignoraient que François Billoux avait été ministre de la Santé, de l’Économie nationale, de la reconstruction de 1944 à 1947. Pascal Posado, premier maire de secteur dans les 15-16 avait organisé dans les années 1980 des manifestations dans les rues, avec les familles, pour obtenir le tout-à-l’égout dont étaient privés les quartiers nord. C’est le symbole de la pratique politique qui est la mienne. C’est-à-dire : on a des responsabilités, comment on restitue ce pouvoir pour mobiliser les habitantes et les habitants. Et Guy Hermier, bien entendu, député, qui était connu et reconnu pour son action, par toutes les familles politiques d’ailleurs.

    Léo Purguette : Vous avez fait consensus pour devenir maire en recueillant une voix de plus que celle du Printemps marseillais dans un secteur où il y a pourtant eu une très grosse bagarre à gauche. Ça vous a surpris ?

    Oui bien sûr. Je m’attendais à 25 voix sur 33. 26, ça veut dire que je réunis au-delà. Ça veut dire aussi qu’on peut avoir des divergences, qu’il faut exiger d’être respecté et respecter les autres aussi.

    LE CONTEXTE INTERNATIONAL

    Léo Purguette : L’instabilité mondiale pèse sur la vie quotidienne. Quel regard portez-vous sur elle ?

    À travers les guerres et les conflits, il y a des enjeux politiques, économiques phénoménaux. Les guerres dopent les profits. Quand on a compris ça, quand on saisit que Trump et Poutine veulent cette domination de territoires pour aller piller les richesses, les choses s’éclairent. Quand on voit les ultra-riches avoir leur fortune décuplée mais c’est indécent ! C’est insolent ! Surtout quand parallèlement il y a la famine et les inégalités qui explosent. Il faut cesser ces guerres. J’espère que le cessez-le-feu au Moyen-Orient s’appliquera en Iran mais aussi au Liban. Il faut que la paix regagne dans toute la planète. Sinon ce sont les peuples qui payent. La guerre, c’est la destruction de vies civiles, militaires mais plus largement de la planète. Aujourd’hui, tout le monde s’ébahit qu’on puisse faire le tour de la Lune, explorer d’autres planètes mais il faut sauvegarder la nôtre ! Cela commence par la paix.

    LES ENJEUX DANS LES 15-16

    Didier Gesualdi : Les 15-16 ont une population peu favorisée qui se plaint des difficultés qu’elle rencontre notamment pour se déplacer. Avec vous bon espoir que la Métropole nouvelle version puisse répondre à cette attente ?

    On va tout faire pour. D’abord des actions ont été engagées. Le tramway qui va jusqu’à Capitaine Gèze doit maintenant être prolongé vers le lycée Saint-Exupéry et la Bricarde. Pourquoi pas d’ailleurs d’autres modes de transports collectifs ? Le métro, on sait que c’est un projet de longue haleine qui est coûteux mais il ne faut rien exclure. L’essentiel, c’est que les transports collectifs se développent. Vous savez, j’avais obtenu en 2016 de Jean-Claude Gaudin – ce qui était assez unique – qu’un conseil municipal extraordinaire se tienne sur l’emploi. Quand nous avons auditionné une cinquantaine d’acteurs économiques et sociaux, à la question « pour vous, quel est le premier obstacle à l’emploi ? », tous ont répondu « les transports ». Surtout dans nos quartiers où la moitié des familles n’a pas de voiture ou pas le permis, c’est une question essentielle dans ce secteur qui est l’avenir de Marseille.

    Didier Gesualdi : De nombreuses questions se posent autour du narcotrafic. Vous le liez à la désertion des services publics. Quelles réponses à ce problème ?

    Aujourd’hui je suis maire mais cela fait 30 ans que je parcours ce territoire, que je suis de nombreuses batailles pour sauver des entreprises qui fermaient, des services publics, une poste qui fermait… Il faut maintenant redonner des services publics de proximité, on va s’attacher à cela. La mairie centrale va amplifier la rénovation des écoles, la lutte contre les copropriétés dégradées, implanter un commissariat de police municipale dans le 15e et un autre dans le 16e. Nous aurons désormais une Métropole qui doit être au service des communes. Non seulement la Métropole punissait Marseille mais ne respectait pas un certain nombre de ses obligations. On va revenir à la normalité. Et j’espère un contrat Région/Marseille comme nous le faisions avec Michel Vauzelle. Tout cela, avec l’intervention et les responsabilités de l’État, participe à l’action contre le narcotrafic.

    Didier Gesualdi : Qu’attendez-vous de l’État qui ponctionne souvent les collectivités ?

    On l’a bien vu, si on n’était pas allé chercher l’État sur la question des écoles nous n’aurions pas pu avancer. C’est d’ailleurs ce qu’aurait dû faire le prédécesseur de Benoît Payan. Ce n’est pas possible dans une République une et indivisible que la 2e ville de France ne soit pas considérée. On l’a fait pour les écoles, il faut le faire dans d’autres domaines aussi.

    LA RÉGION

    Léo Purguette : Vous avez été élu à la Région, comment réagisez-vous à l’annonce de Renaud Muselier qui s’apprête à laisser son fauteuil de président ?

    C’est son choix. Il veut aller vers d’autres aventures. J’espère seulement que le futur président ou la future présidente, mais il semblerait qu’il s’agisse d’un président, s’intéresse à Marseille. Le fait qu’il soit d’un autre département, il aura peut-être plus d’attention. Marseille, c’est la capitale de la Région. Je sais que ça a toujours fait peur mais soit on a une capitale dynamique qui tire tous les autres territoires vers le haut soit on la marginalise et tout le monde est perdant. Vous avez compris que je choisis la première option.

    Léo Purguette : N’est-ce pas le signe que les régionales seront très rudes pour la droite ? La gauche pourra-t-elle sortir du rôle de spectatrice qu’elle occupe depuis 2015 ?

    À chaque jour suffit sa peine. On a beaucoup de travail. L’année prochaine il y a la présidentielle et les législatives. Viendront ensuite les départementales et les régionales. Qu’une partie de la population ne soit plus représentée depuis 2015 est anormal.

    LE VIVRE ENSEMBLE

    Léo Purguette : La paix, c’est aussi un enjeu de cohésion de la ville avec des tensions entre les communautés qui sont attisées par le contexte international.

    Bien sûr. Je crois qu’il faut beaucoup de dialogue et cesser de diviser les populations autour de tel ou tel enjeu. En Israël, en Palestine, au Liban, en Iran, il y a des tas de femmes et d’hommes qui aspirent à la paix, au dialogue, à sortir de l’obscurantisme. Qu’on mette au rancart la haine. J’ai beaucoup accompagné des lycéens à Auschwitz. Il y avait Ginette Kolinka, survivante du camp d’extermination, qui a aujourd’hui 100 ans. Elle ne leur faisait pas de longs discours mais disait simplement : « Chassez de votre tête le mot haine. » C’est ce qu’il faut inculquer aux jeunes générations.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Habib :

    Bonjour Monsieur le maire, est-ce que vous ne trouvez pas pertinent d’avoir un métro jusqu’aux plages de l’Estaque et connecté à l’hôpital nord en plus du tramway prévu jusqu’à St-Antoine ? Cela permettrait peut-être d’aménager enfin la zone des Riaux pour densifier le 16e arrondissement et permettre à davantage de personnes d’y vivre au vu de la beauté de ce côté du littoral.

    Bonjour. Je veux dire qu’il faut réfléchir de nouveau avec les habitantes et les habitants, les collectifs, les associations, qui sont assez fournies, dynamiques, les CIQ pour trouver les bons modes de transports. Je n’oublie pas qu’on a aussi le train qui passe sur le littoral et à l’Estaque, c’est le cheminot qui parle. Le train est sous-utilisé, il faut que les gares soient connectées aux réseaux de transports collectifs de la RTM. Il serait plus pertinent vers l’Estaque d’avoir le tramway. Sur l’hôpital nord je sais qu’il y a débat entre métro et tramway, le métro étant coûteux et long à mettre en place. Moi je n’exclurai aucune hypothèse. Je pense, au risque de surprendre, qu’il faut réfléchir à toutes les solutions, téléphérique y compris. Il faut regarder ce qui existe dans d’autres villes où les transports fonctionnent bien. Ce qu’on veut ce sont des transports collectifs, rapides, sûrs, gratuits, qui puissent desservir largement le territoire. On a une ville hypersaturée, on a besoin de retenir à l’est et au nord les voitures pour oxygéner la ville. Je m’investirai personnellement pour qu’on avance.