Tag: Recrutement

  • Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    Volontaires : au feu sans compter leurs heures

    À 18h42, le bip arrache Léa à son café. Aide-soignante dans un Ehpad le jour, elle enfile en moins de deux minutes le pantalon de feu suspendu à son casier, lace ses bottes sans un mot. « Quand ça sonne, je pars. On ne réfléchit plus, le corps sait. On parlera après », lâche-t-elle en grimpant dans le fourgon. Ce soir, c’est un accident sur l’A9. Il y a trois ans encore, cette trentenaire originaire de Codognan ignorait tout des gestes de secours. Une soirée portes ouvertes au centre de secours, une discussion avec un voisin volontaire, et la bascule : « Je voulais que mon engagement serve à quelque chose de concret, pas juste à mon salaire. »

    Le lendemain matin, épuisée, elle retrouve à la caserne de Nîmes deux autres visages de ce même engagement : Karim, agent communal de 43 ans, et Julien, cuisinier dans un lycée. Trois métiers, trois vies, une même ligne rouge : rester disponibles lorsque le feu prend de l’avance. Une discipline qu’ils partagent avec près de 2 800 sapeurs-pompiers volontaires dans le Gard. Aux côtés de 717 professionnels, ils représentent à eux seuls plus des trois quarts des effectifs opérationnels du département.

    C’est sur ces épaules que repose l’essentiel de la réponse quand, l’été venu, la menace change d’échelle. Le mistral pousse les flammes, la fumée avale l’horizon et les heures se dilatent sous les casques. Les volontaires montent alors dans les fourgons après une journée de travail, sacrifient un week-end, écourtent un repas de famille. « On peut partir pour deux heures et rentrer le lendemain », résume Karim. Son employeur le libère lorsqu’il le peut ; dans les petites entreprises, l’absence pèse davantage.

    Mais le quotidien des volontaires ne se résume pas aux colonnes de fumée. Léa a vite été éloignée des images de héros qui accompagnent parfois la vocation : malaises, chutes, accidents et détresse sociale composent l’essentiel des sorties. « On entre parfois chez des gens qui n’ont vu personne depuis plusieurs jours. Avant de soigner, il faut rassurer. » Le feu laisse d’autres souvenirs : la chaleur qui traverse la veste, le craquement des pins, les braises qui franchissent une route que l’on croyait sûre. Pour affronter l’un comme l’autre, les heures de formation et les exercices s’accumulent. Dérouler les tuyaux, reconnaître les vents ou porter une victime ne s’improvise pas. « Il faut que les gestes reviennent même lorsque la fatigue et la peur brouillent tout », souffle Léa.

    Des vies réglées sur le bip

    Julien, lui, a appris à vivre au rythme du planning qu’il remplit chaque mois, disponibilité par disponibilité. À 51 ans, il compte près de vingt années de volontariat, et sa femme reconnaît le bip avant lui. « Pour un accident, elle s’inquiète. Pour un feu de forêt, elle ne dort pas. » Avec le temps, dit-il, il a aussi appris à moins foncer : « Avec l’âge, on lit mieux le terrain. Le courage, c’est aussi savoir quand reculer. »

    Cette expérience ne sera pas de trop : depuis le début de l’été, les sapeurs-pompiers du Gard ont déjà fait face à 508 feux, ayant parcouru 836 hectares. Dans les périodes les plus sensibles, jusqu’à 150 pompiers supplémentaires peuvent être mobilisés chaque jour. Autant de congés déplacés, de journées de travail abandonnées, de familles qui attendent. Une trentaine de centres de secours seulement couvrent ce vaste territoire exposé aux feux, aux inondations et aux accidents, et dans certaines casernes, chaque départ devient un calcul : qui peut quitter son travail, garder les enfants, remplacer le collègue déjà mobilisé ?

    Pourtant, aucun ne parle d’abandonner. Léa évoque les silences dans le camion après une intervention difficile. Karim, les repas interrompus et repris froids à deux heures du matin. Julien, cette main serrée par un habitant dont la maison venait d’être sauvée. « On ne fait pas ça pour être des héros, dit-il. Quand tout le monde recule, il faut bien que quelqu’un avance. » Mais derrière l’uniforme, le modèle tient sur des équilibres fragiles : la compréhension des familles, la bonne volonté des employeurs et des volontaires toujours plus sollicités. Lorsque l’un d’eux part plusieurs heures, un atelier, une mairie ou un service tourne parfois avec une personne en moins. Face à des incendies plus intenses, leur engagement demeure une force. Pourtant, à mesure que les étés s’embrasent, les épaules qui portent le système deviennent toujours plus rares.

  • La nouvelle aventure istréenne de Matthieu Ong, légende d’Aix

    La nouvelle aventure istréenne de Matthieu Ong, légende d’Aix

    Une page se tourne. Formé au Pauc et professionnel depuis 2013, Matthieu Ong, 34 ans, a signé pour deux ans à Istres (ProLigue). Le club aixois ne souhaitant « pas prolonger » l’aventure, selon l’ancien capitaine, Istres s’est positionné « assez tôt » sur le joueur. « J’ai discuté avec le président et l’entraîneur. Ce qu’ils m’ont proposé me convenait parfaitement », raconte l’ailier gauche de formation, séduit par le recrutement et le projet de jeu du club. D’autres propositions lui ont été faites, mais « pas au point d’avoir un contrat sur la table ».

    Cette signature marque un « retour aux sources » pour Matthieu Ong, passé au pôle espoirs d’Istres : « Je connais un peu l’environnement. Mon lycée était juste en face de la salle où on s’entraîne. » Chez les Taureaux, il retrouvera Léo Martinez, son coéquipier au pôle espoirs, et Louis Despreaux, avec qui il a évolué deux saisons au Pauc, qu’il « connaît très bien ».

    « Aix, c’est ma maison »

    Arrivé à Aix-en-Provence en petite section de maternelle avec sa famille, le natif de Clichy a passé toute son enfance dans les Bouches-du-Rhône. « J’avais à cœur de rester dans ma région. J’y suis très attaché, confie-t-il. Je suis aussi attaché à ma mer. Ma deuxième passion, c’est l’apnée et la chasse sous-marine. C’est une activité que je peux aussi faire en étant à Istres. C’est quelque chose d’essentiel pour mon équilibre. Ça me permet de couper dans des semaines qui sont parfois un peu compliquées. » Ses parents et sa sœur, volleyeuse internationale, habitent toujours la région. « Toute ma famille est proche de moi, ça joue aussi. Ma vie est dans les Bouches-du-Rhône », exprime celui qui est papa d’une petite fille de deux ans.

    Pur produit aixois, avec un détour au centre de formation du HBC Nantes de 2010 à 2012, Matthieu Ong a joué 25 saisons au Pauc. « Aix, c’est ma maison. J’y ai passé des moments extraordinaires. Aujourd’hui, j’ai tourné la page. Aix est derrière moi et j’en garde que de bons souvenirs. » Comme cette première victoire d’Aix à Montpellier. « C’était quelque chose, se souvient-il. Ce n’était pas arrivé depuis un moment et très peu d’équipes y parviennent. C’est un point d’orgue dans une carrière. » Sans oublier son premier match de Coupe d’Europe. « En commençant ma carrière, je n’aurais jamais imaginé que je jouerai la Coupe d’Europe. Pouvoir la jouer quatre saisons avec Aix, c’était très sympa. »

    Le fils de l’ancien handballeur et agent, Bhakti Ong, ne cache pas sa déception face à l’arrêt de son aventure aixoise cette année : « J’aurais bien fini ma carrière à Aix, mais ce ne sont pas des choses qu’on décide et qu’on contrôle. » À Istres, Matthieu Ong découvrira la deuxième division. L’objectif du club étant de remonter en première division. « Je suis très content d’aller à Istres. C’est un challenge sympa de jouer la montée. Ce que j’attends, c’est que tout le monde donne le meilleur de soi-même. J’ai hâte de montrer ce que je sais faire à mon nouveau club, j’ai envie de les aider le mieux possible. »

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »

  • Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    Découvrir les métiers de l’aide à domicile à La Ciotat

    La Communauté organise une journée portes ouvertes en partenariat avec la Mutuelle familiale, dans leur agence de La Ciotat, mercredi 10 juin, de 9h à 16h. Une stratégie de sensibilisation à un secteur trop souvent mal connu.

    Parmi les temps forts de cette journée, le public pourra tester un simulateur de vieillissement, une expérience sensorielle destinée à faire ressentir concrètement les contraintes du quotidien liées à l’âge. Une ergothérapeute animera des ateliers sur l’adaptation du domicile et la prévention des chutes : tapis, fils qui traînent, chaussures inadaptées ou aménagement de la douche.

    Le pôle Service à la personne Paca-Corse proposera en matinée un atelier de réalité virtuelle pour mieux appréhender les métiers du secteur. La journée comprend également des sessions de recrutements en continu. Le choix du mois de juin n’est pas anodin : « C’est une période où on a des remplacements à pourvoir, parce que nos salariés titulaires posent leurs congés », explique Nicolas Nguyen, chargé qualité et développement de l’association. Mais au-delà de ce besoin de remplacements pour l’été, « en région Paca, le vieillissement de la population s’accélère plus vite que la moyenne nationale », rendant le recrutement pour des postes de plus longue durée, dans ce secteur, plus urgent que jamais.

    2 500 bénéficiaires accompagnés

    Fondée en 1964 par des
    syndicalistes, dont Pierre Moscatelli, ancien Résistant et membre de la CGT, l’association est née d’une volonté de défendre les droits des travailleurs immigrés confrontés à des difficultés, pour faire valoir leur retraite. Soixante ans plus tard, la Communauté accompagne plus de 2 500 bénéficiaires sur le bassin de La Ciotat, d’Aubagne, de Marseille et du pourtour de l’étang de Berre. « Quand on a l’image de l’aide à domicile, on pense surtout au travail de ménage, mais ce n’est pas que ça », rappelle Nicolas Nguyen. Derrière ce cliché, une réalité bien plus large : aide à la préparation des repas, accompagnement des personnes en situation de handicap, aides administratives et lutte contre l’isolement social. « Certains de nos bénéficiaires n’ont plus de famille et l’aide à domicile, c’est parfois la seule visite qu’ils auront dans la journée », raconte Nicolas Nguyen.

  • [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    La Marseillaise : Vous alertez sur une chaleur précoce propice aux incendies, la saison estivale sera-t-elle compliquée ?

    Éric Brocardi : Effectivement cette hausse des températures brutales fait qu’on peut être amené à s’inquiéter. Vous avez la pluie en profondeur et puis le reste du couvert végétal en surface… Dans les Bouches-du-Rhône, on sait très bien qu’à partir du moment où il y a des vents chauds et ces températures, ça fait effet sèche-cheveux, la strate arbustive va être fortement impactée.

    En déplacement à Nîmes et dans les Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur annonce l’achat de deux Canadair. Des moyens, c’est ce que vous demandez ?

    E.B. : Bien sûr. On peut saluer effectivement la signature de nouveaux moyens de lutte contre les incendies de type Canadair. Ce que l’on regrette simplement, c’est que dans cette commande, il n’est pas prévu une véritable impulsion sur un choix stratégique, industriel et économique pour l’avenir, avec les prochains constructeurs européens et même français, que sont Hynaero et Kepplair. Acheter un avion ce n’est pas comme une voiture, il faut parier tout de suite. On aurait pu essayer d’apporter un soutien à ces deux constructeurs. On risque d’entendre de nouveau la musique d’il y a 5 ou 6 ans, c’est-à-dire l’arrêt de la chaîne de la société qui construit les Canadair qui pendant un moment n’a plus pu fournir des appareils à la France. Alors est-ce que c’est un investissement durable ? On l’espère. Est-ce que c’est un investissement qui défend les intérêts français et européens ? Non.

    Vous réclamez également
    la pérennisation des moyens terrestres…

    E.B. : Les avions seuls n’éteignent pas les incendies, et ça dans les Bouches-du-Rhône, vous le savez très bien. Ce sont les forces terrestres qui permettent de compléter le dispositif d’attaque massive sur un feu naissant, en se déployant sur l’ensemble du territoire. Or la première chose, c’est que dans le cadre du projet de loi de finance, le budget alloué aux collectivités territoriales pour l’achat d’engins supplémentaires a été divisé par deux. Après il faut aussi des gens à mettre dedans. Nous, à la Fédération, on attend du gouvernement une véritable politique ambitieuse et de valorisation sur le sujet du volontariat. On a certes obtenu la bonification des retraites pour ceux qui sont en fin de carrière. Désormais le sujet ce sont les nouveaux entrants. Il faut voir comment on peut se rendre plus attractif, essayer d’enlever toutes les frictions dans le cadre de l’engagement, du recrutement et des mutations.

  • Jouques poursuit son objectif emploi

    Jouques poursuit son objectif emploi

    La commune poursuit sa politique en faveur de l’insertion professionnelle. Dans cette ligne, une vingtaine de recruteurs se sont rassemblés au centre socioculturel de cette commune d’à peine 5 000 habitants, répondant ainsi à l’invitation de la Ville, organisatrice de la rencontre Événement emploi. Le premier, depuis le premier mandat du maire (SE), Eric Garcin. La matinée, a donc réuni entreprises, organismes de formation, structures d’insertion et acteurs publics de l’emploi afin de favoriser les recrutements et impulser de premières rencontres. Seize entreprises privées ont joué le jeu, parmi elles Iter Organization, Vinci Autoroutes, Proman… Mais aussi neuf organismes de formation et plusieurs partenaires publics, dont France Travail, la mission locale et le Département via son bus insertion, avaient également fait le déplacement. Selon les organisateurs, ce sont au total 134 participants qui ont émargé, principalement venus de Jouques et Peyrolles-en-Provence, mais aussi de Venelles, Meyrargues, Aix-en-Provence ou Marseille. « Les retours des entreprises sont très positifs », souligne, à l’issue, la municipalité. « Cette rencontre s’inscrit clairement dans la démarche Territoire zéro chômeurs longue durée dans laquelle Jouques a été retenue depuis 2016, rappelle Eric Garcin. C’est un souci constant de la commune de travailler sur la levée des freins vers le retour à l’emploi, pour ceux qui en sont éloignés. Faire venir les entreprises, c’est plutôt concluant. » Pour rappel, la commune s’attelle à résorber le taux de chômage local en employant au sein d’une Entreprise à but d’emploi (EBE) : l’Elan. « J’ai alerté tous les sénateurs des Bouches-du-Rhône sur la question, ils vont tous défendre la position de Jouques », prévient le maire, qui précise : « Aujourd’hui, on est en dessous des taux de chômage du département et en dessous du taux de chômage national. On était au-dessus, avant l’arrivée de l’expérimentation. À force de travailler cette matière on a réussi à faire baisser le taux de demandeurs d’emploi. »

  • Les femmes revendiquent leur place dans les métiers de la Mer

    Les femmes revendiquent leur place dans les métiers de la Mer

    « On ne naît pas marin, on le devient », affirme François Lambert, directeur de l’École nationale supérieure maritime (ENSM) de Marseille. En ce lundi 18 mai, la Journée internationale des femmes dans le secteur maritime a été l’occasion d’une table ronde à l’ENSM. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, s’est rendue sur place pour promouvoir le recrutement des femmes dans l’économie bleue. Encore largement sous-représentées, elles constituent 30% des actifs des métiers de la mer, avec une faible augmentation de 2% en six ans, selon l’Observatoire du Conseil maritime de façade. Certains secteurs sont plus inégalitaires, comme le transport maritime et la pêche. Dans le public, les étudiantes de l’ENSM ne représentent que 15% des effectifs.

    Isabelle Renaud, ambassadrice d’Armateurs de France, a fréquenté ces bancs. Ses douze années passées en mer lui ont appris à s’affirmer. « On m’a répété de nombreuses fois que c’était un métier d’homme. Il fallait en faire plus pour montrer sa valeur », raconte-t-elle, avant de poursuivre : « Les femmes ont toute leur légitimité dans le secteur. » L’autocensure, les stéréotypes et le manque d’information restent des freins à cette féminisation.

    « On a besoin de gage

    de sécurité »

    Le secteur entend aussi lutter contre les violences sexistes et sexuelles. « Une femme sur quatre [dans le milieu maritime] a été en situation d’insécurité, face à des hommes français ou étrangers, tous types de grades confondus », rappelle Emma, responsable de la cellule d’écoute et présidente du bureau des étudiants de l’ENSM. Elle dépeint la réalité d’une femme en mer : « De vous-même, vous n’iriez pas vous enfermer dans un appartement clos avec une trentaine d’hommes, parfois pendant des mois. Encore moins lorsque ces hommes exercent une autorité sur vous. » Si elles acceptent de se mettre dans ces situations, « en contrepartie, [elles ont] besoin de gages de sécurité ».

    La ministre Catherine Chabaud, première femme à avoir terminé le Vendée Globe en 1997, se dit toutefois témoin d’une amélioration de la condition féminine dans ce secteur : « Dans les années 80, une femme embarquée portait malheur. » Pour accélérer cette féminisation d’ici 2030, elle lance la rédaction d’un livre blanc, en lien avec les objectifs de l’ONU. Un appel à contribution national est lancé.

    Marie Moreau

  • Marche blanche pour Ahmed, tué par un motard

    Marche blanche pour Ahmed, tué par un motard

    Les images d’Ahmed, Avignonnais de 79 ans, qui jouait avec un grand sourire aux dominos avec ses amis dans un bar de la Rocade quelques minutes avant de se faire mortellement faucher par un motard alors qu’il traversait sur un passage piéton en soirée ce vendredi, ont marqué les esprits. Une marche blanche en son honneur est organisée par ses camarades de jeu et sa famille ce vendredi 15 mai au départ du stade Pierre-Baizet à 14h30.

    Il était autour de 23h vendredi lorsque le septuagénaire a été percuté. « Un lien a également été établi avec un refus d’obtempérer du conducteur d’une moto de même type, réalisé dans le cadre d’un contrôle routier quelques instants plus tôt au niveau de l’avenue Eisenhower à Avignon », a précisé de son côté le parquet d’Avignon dans un communiqué, ajoutant que « le conducteur avait pris la fuite à la vue des policiers, qui avaient perdu sa trace quelques minutes après l’avoir suivi ». Le suspect, un homme de 28 ans, défavorablement connu des services de police et de justice, a été interpellé dans la foulée et a été placé en garde à vue après avoir été pris en charge par les secours, s’étant lui-même blessé dans sa chute. D’après nos confrères de Vaucluse Matin, ce dernier a été condamné en 2022 à quatre ans de prison pour sa participation à un réseau de trafic de stupéfiants dans le quartier des Amandiers, à Carpentras.

    Appel à témoins

    Une enquête a été ouverte pour des chefs d’homicide routier et refus d’obtempérer. Et « elle se poursuit afin de connaître plus précisément les circonstances de ce dramatique accident », précise le parquet. Un appel à témoins a été lancé par la police nationale d’Avignon.

    Le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), est allé à la rencontre de la famille du défunt. Et plaide sur ses réseaux sociaux pour que « les auteurs de rodéos urbains soient lourdement sanctionnés » et qu’il « ne s’agit pas d’un accident de la route mais d’une mise en danger volontaire de la vie d’autrui ». Il assure également avoir signé, vendredi, le recrutement de trois policiers municipaux supplémentaires avec affectation à la patrouille de nuit.

    Si vous avez assisté à la scène ou disposez d’informations, contact au 04.32.40.56.45 ou par courriel à dipn84-avignon-slpj-daj-gaj-cyclique@interieur.gouv.fr.

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.

  • Le village d’enfants SOS recrute plusieurs éducateurs

    Le village d’enfants SOS recrute plusieurs éducateurs

    « C’est un métier magnifique, mais c’est un choix de vie, car la mission est exigeante et demande un savoir-être et un savoir-faire non négligeables », décrit Antoine Vallet, chef de service à SOS Village d’enfants du Roy d’Espagne, dans le 8e arrondissement. C’est pour accueillir au mieux les enfants placés par décision de justice que la structure organise cette journée d’information.

    Dans le secteur de l’aide sociale à l’enfance, les besoins sont énormes et les recrutements difficiles, le métier souffrant d’un manque d’attrait principalement lié à sa faible rémunération au regard de l’engagement personnel qu’il demande. Pour autant, l’objectif premier du village et des professionnels qui y travaillent ne déroge pas à l’impératif de répondre aux besoins des enfants, tout en leur assurant un accompagnement de qualité. L’environnement calme, à proximité des calanques mais non loin des écoles, au cœur de la pinède du parc du Roy d’Espagne, en fait partie. La structure y a implanté en 1972 ses 11 maisons familiales de 150 à 200m2 qui accueillent chacune 4 à 5 enfants, sa maison commune et ses deux appartements.

    « Le village, c’est un jardin, considère Aurélie, à chaque pouce qui arrive on trouve son espace. Autour, tout un écosystème est nécessaire, avec les bons outils. » Éducatrice familiale, elle envisage son rôle avec « cœur et patience » pour que les enfants aux fragilités diverses confiés reprennent confiance en l’avenir. Parmi les outils proposés, le village dispose également d’une Maison des familles qui permet aux enfants et à leurs parents de se rencontrer dans un lieu agréable et adapté, d’un « Espace de transition » dédié aux adolescents de 14 à 17 ans. De même qu’un dispositif « jeunes majeurs » avec quatre studios autonomes, en ville, vise à les accompagner au mieux dans l’acquisition progressive d’autonomie et leur intégration socio-économique.

    Un travail d’équipe

    Ici, ce sont les binômes d’éducateur familial et d’aide familiale qui habitent chez les enfants en pension complète. Ils se relaient à raison de 21 jours par mois pour le premier et 10 jours pour le second, qui peut également intervenir en remplacement d’un poste vacant sur d’autres maisons. Ils sont épaulés par une équipe d’éducateurs et de psychologues. « Ce que l’on recherche surtout, c’est une véritable motivation, un engagement sérieux, car le village s’est concentré sur l’accueil de fratries et des placements à long terme », précise Antoine Vallet.