Tag: conditions de travail

  • Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Tous à l’arrêt, jeudi ! Pour les salaires, pour de meilleures conditions de vie ! Tous dans la rue, jeudi », clame Sabrina Manca, postière et secrétaire de l’UD CGT 13 depuis un an. À la gare Saint-Charles, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône prépare la mobilisation nationale de jeudi. « L’électricité augmente, pas mon salaire », peut-on lire sur l’affiche placardée au mur, juste à côté. Installés à un point stratégique entre les quais des trains et la station de métro, les cégétistes profitent de ce passage très fréquenté pour distribuer leurs tracts au flux ininterrompu de voyageurs.

    Le tractage de ce lundi matin cherche à visibiliser et détailler les motivations de la mobilisation de jeudi. « Aujourd’hui, on a trois points de distribution dans tout Marseille, un à Gèze, un à la Blancarde et un ici à Saint-Charles. Le but, c’est vraiment de faire connaître au plus possible l’action de grève, et expliquer aux travailleurs en général, pourquoi on se bat et pourquoi ça va être important de sortir dans la rue ce jour-là », précise Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13.

    Rapidement, des dizaines de tracts transitent des mains des militants CGT à celles des passants. « C’est une heure de pointe, donc ça va très vite avec tout ce monde. L’objectif, c’était de viser les travailleurs. C’est pour ça qu’on est venu aussi tôt », confie Sabrina Manca, qui milite « depuis toujours ».

    Une journée

    d’une importance capitale

    Marc Pietrosino insiste sur le caractère décisif de la mobilisation de jeudi : « C’est le début de quelque chose. Là, on a un budget qui se prépare, qui est un budget de guerre sociale. Il y a des mobilisations un peu partout : citoyennes, lycéennes, étudiantes… Pour l’instant, elles n’obtiennent que la répression comme seule réponse. Donc, nous, en tant qu’organisation du travail, il faut qu’on réussisse à mettre le pays à l’arrêt, qu’on fasse un véritable bouclage de l’économie afin de se faire entendre, puisque visiblement le gouvernement ne comprend que ça ».

    Il souligne, par ailleurs, le bon accueil reçu de la part des salariés, dont l’implication est nécessaire afin de donner plus de poids au mouvement : « Il y a des signes qui sont très positifs. De manière générale, on a pas mal d’arrêts de travail qui tombent. Donc, on a des raisons de croire que ça peut être une journée assez énorme ».

    Les militants ont parfaitement conscience de la nécessité, pour eux, de faire le lien entre les travailleurs. « Dans leur vie de tous les jours, les gens se concentrent sur la façon dont ils vont payer leurs factures. Mais les salaires et les conditions de travail sont déplorables et ne s’améliorent pas. Dans le même temps, le Rassemblement National vote contre l’augmentation du Smic. C’est donc important de leur rappeler pourquoi on fait ça, ils ont besoin de l’entendre », affirme Sabrina Manca.

    Les cégétistes mobilisés se réjouissent des réactions des passants, qu’ils espèrent voir venir grossir les rangs de la manifestation de jeudi. « Je trouve les gens vachement réceptifs, c’est pas toujours comme ça. J’ai croisé plusieurs personnes qui m’ont dit : “on est avec vous, on sera dans la rue jeudi“. Le tractage fait son effet, on ressent une vraie volonté des travailleurs de répondre à l’appel du 5 », poursuit la postière, alors qu’une dame souhaite « bon courage » aux militants, au moment de saisir son tract.

  • À Aubagne, des policiers municipaux sereins

    À Aubagne, des policiers municipaux sereins

    De quoi clore les polémiques… Les conclusions de l’audit « Ressources humaines », réalisé par la Ville d’Aubagne au sein de sa police municipale, ont été rendues public, ce jeudi 29 octobre. Et elles sont positives, se félicite la Ville dans un communiqué. Cette démarche avait été entreprise par la majorité de Jean-Pierre Squillari (DVG) suite à un signalement pour harcèlement du Syndicat national de la sécurité publique (SNSP) lors de la deuxième mandature de Gérard Gazay (LR), en septembre 2025.

    Agir sur la base des faits

    « La municipalité a choisi d’écouter les agents, de regarder la réalité du service et d’agir sur la base des faits », justifie la Ville. Forte d’un taux de participation de 68 agents des pôles et unités de la direction concernée sur 98, soit 70%, elle estime que « la perception du fonctionnement de la police municipale [est] globalement positive », celle-ci étant « décrite comme structurée, organisée et cadrée ». Les agents apprécient le cycle de travail et le climat de « respect, considération et cohésion au sein des équipes ». Mieux, « aucune situation de harcèlement moral, de discrimination ou de management toxique, ni aucun comportement managérial constitutif de tels faits » n’a été « identifié ou signalé ».

    Le directeur de la police municipale, Vincent Gomez, est reconduit dans ses fonctions. Une « continuité », mais pas de « l’immobilisme », tempère la Ville, qui veut donner « une nouvelle impulsion aux actions de proximité et de prévention ». Avec six équipages de jour et deux de nuit, la police municipale assure actuellement la surveillance des écoles, la lutte contre les incivilités, le respect du stationnement, la sécurisation des commerces, la régulation de la circulation et des actions avec la police nationale et la SNCF.

  • La colère couve dans les bibliothèques marseillaises

    La colère couve dans les bibliothèques marseillaises

    Après plusieurs journées de grève entamées le 12 septembre, le collectif CGT du pôle Lecture publique continue de rester dans l’action, ce samedi. Une mobilisation particulière puisqu’aucun piquet n’est prévu devant l’Alcazar en raison des manifestations annoncées. Comme le week-end dernier.

    Ce jour-là, plusieurs bibliothèques avaient même fermé leurs portes sur décision de la direction ravivant la colère : les agents et de nombreux vacataires mobilisés sur les vacances auraient été contraints de poser un jour de congé pour compenser la fermeture. Une décision « inadmissible » pour les représentants du personnel qui réclament l’octroi d’une autorisation spéciale d’absence pour circonstances exceptionnelles.

    Depuis des semaines, le collectif rappelle la faiblesse, la vétusté et la pauvreté de l’offre de lecture publique sur la deuxième ville de France. Une lourd héritage des décennies Jean-Claude Gaudin que le Printemps marseillais peine à redynamiser après six ans de gestion. La colère des bibliothécaires se crispe notamment sur la question des effectifs.

    Selon le collectif, le nombre d’agents est passé de 294 équivalents temps plein en 2016 à environ 204, malgré l’ouverture de la médiathèque Salim-Hatubou (15e) en 2021. Conséquences pour les usagers : horaires réduits, fermetures ponctuelles. En coulisse, la CGT pointe une fuite des agents liée aux conditions de travail et « l’absence de perspective ».

    La dégradation générale du service public s’accélère. D’autant que, pointe encore la CGT, les moyens alloués sont à la baisse. Le budget du Pôle Lecture publique a baissé de 35% depuis 2024 selon le syndicat qui évoque « 700 000 euros perdus depuis 2023 », dont 160 000 sur les acquisitions et 100 000 sur la programmation.

    Face l’absence de réponses et d’actions concrètes, le collectif réaffirme ses revendications : le recrutement de 50 agents qualifiés, la construction annoncée par le Printemps marseillais de sept bibliothèques, le déplacement de celles du Panier et des Cinq-Avenues, le lancement des travaux voté sur la précédente mandature au Merlan et à Saint-André, le rétablissement des budgets amputés et la mise en œuvre d’un plan de formation ambitieux.

  • Dans l’Hérault, les salariés agricoles sortent de l’ombre avec SUD Agri 34

    Dans l’Hérault, les salariés agricoles sortent de l’ombre avec SUD Agri 34

    « Humiliations, non-considération de notre travail… On nous fait bien comprendre qu’on est de la main-d’œuvre interchangeable et corvéable. » Ces expériences partagées ont conduit plusieurs salariés agricoles de l’Hérault à s’organiser. « Au début, on a engrangé les choses au quotidien, chacun de notre côté, et on a commencé à se parler parce qu’on était en colère », livre Clémentine*. C’est de cette colère commune qu’est né SUD Agri 34, une première dans le département où aucun syndicat ne représentait jusqu’ici spécifiquement les salariés de la production agricole. La prudence reste de mise pour les membres fondateurs : « Pour l’instant, on souhaite rester anonymes car on subit des pressions au niveau patronal », confie la syndicaliste.

    « Dans les sphères publiques et médiatiques, quand on parle de travailleuses et travailleurs agricoles, on parle généralement des agricultrices et des agriculteurs. Mais il est une catégorie de travailleuses et de travailleurs dont on ne mentionne jamais l’existence, ce sont les salarié.es de l’agriculture, totalement invisibilisé.es et pourtant absolument indispensables », souligne SUD Agri 34. « La défense de nos droits et la volonté d’améliorer nos conditions matérielles (salaires), nos conditions de travail et notre sécurité au travail est l’objectif principal de notre syndicat. »

    Leur travail est physique, « assez pénible », souligne Clémentine. « Quel que soit le secteur, c’est un métier qui fait appel à l’utilisation de nos corps. » Des corps « abîmés, usés » par les gestes et postures répétitifs (comme être accroupi toute la journée à faire de la ramasse), le port de charges qui y est souvent associé, les horaires et parfois l’exposition aux produits phytosanitaires ou encore les conditions météorologiques. Les salariés les plus précaires sont particulièrement exposés. « Certains peuvent être amenés à travailler l’été en pleine chaleur, en plein champ, toute la journée. Avec des canicules comme on peut les connaître, c’est violent. »

    Clémentine pointe aussi le manque d’équipements de protection individuelle (EPI), malgré les obligations des employeurs, et les contrôles insuffisants, notamment lors de l’utilisation de pesticides.

    Accidents du travail et maladies professionnelles

    À ces risques s’ajoutent les difficultés liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. Selon le syndicat, déclarer une blessure (coup, chute, coupure…) peut entraîner des pressions, voire des sanctions : mise à l’écart ou tâches dévalorisantes pour les salariés en CDI, non-renouvellement de contrat pour les plus précaires. Les douleurs chroniques, comme les tendinites liées aux gestes répétitifs, sont également difficiles à faire reconnaître. Faute d’aménagement de poste ou de prise en charge adaptée, certains salariés sont généralement « incités à quitter l’exploitation s’ils ou elles ne sont pas en mesure d’effectuer les tâches demandées au rythme requis », sans reconnaissance de l’origine professionnelle de leurs troubles.

    Avant toute chose, SUD Agri 34 veut « créer un espace où on peut se parler, se rencontrer, partager les problèmes qu’on rencontre et identifier les points communs en fonction des filières et des différents statuts ». Car les situations varient fortement entre un salarié en CDI et un saisonnier, notamment lorsqu’il est immigré et sans-papiers. En témoigne le dossier de traite d’êtres humains et de travail dissimulé examiné le 6 octobre dernier par le tribunal correctionnel de Nîmes, concernant des ouvriers agricoles marocains travaillant à Saint-Gilles. Le syndicat entend aussi bien sûr, « quand cela sera nécessaire », soutenir les salariés confrontés à des abus, sur le plan juridique ou à travers la mobilisation.

    Plus largement, SUD Agri 34 défend un modèle agricole « en rupture avec l’exploitation des corps, du sol et du vivant ». Pour Clémentine, la première étape consiste à briser l’isolement : « On s’est rendu compte que globalement, on subissait les mêmes choses. » Désormais, il s’agit de transformer cette expérience commune en force collective.

    * Le prénom a été modifié.

  • Effroyable tragédie ferroviaire en Espagne

    Effroyable tragédie ferroviaire en Espagne

    L’Espagne est endeuillée par un deuxième accident ferroviaire en l’espace de quelques mois. Ce mercredi à 8h53, deux trains grande vitesse se sont percutés au niveau de Urda dans la province de Tolède. Un bilan provisoire en milieu d’après-midi fait état de 68 morts, en janvier c’est sur la même ligne qu’une collision entre deux trains causait la mort de 46 personnes à Adamuz en Andalousie

    Ce mercredi matin, un premier train d’une compagnie privée l’Iryo, quitte la gare d’Atocha de Madrid direction Séville, à son bord 147 passagers. Un peu plus tard, c’est un train AVE de la RENFE qui quitte Madrid sur la même ligne avec à son bord 397 voyageurs dans la même direction. A 8h30 le système de contrôle informatisé de la gare d’Urda (province de Tolède) tombe en panne. Dans ce cas là tous les trains en circulation ont ordre de s’arrêter décision prise par le centre d’Atocha. Six trains en tout ont donc été immobilisés, dont l’Iryo à Urda. Pour une raison inexpliquée, comme l’a indiqué le ministre des transports Oscar Puente lors d’un point presse à la mi-journée, l’ordre de reprendre la circulation à marche normale, a été donné à 8h36 par un opérateur du centre de contrôle d’Atocha. L’AVE qui avait déjà parcouru 25 kilomètres depuis Madrid a donc repris sa marche à pleine vitesse pour atteindre environ les 200 km/h. Pour une raison que l’enquête devra éclaircir l’Iryo n’a pas redémarré suffisamment tôt et n’a pu éviter la collision par l’arrière de l’AVE lancé à grande vitesse.

    Le choc a été effroyable plusieurs voitures sont tombées en contrebas et de l’amas d’acier et de ferraille ont été extraites près de soixante dix personnes décédées et 58 blessés (bilan provisoire).

    L’enquête à l’heure qu’il est s’oriente vers une défaillance humaine. Le ministre, Oscar Puente, qui a apporté la solidarité du gouvernement aux victimes et à leurs familles a fait part de sa consternation et de celle du chef du gouvernement Pedro Sanchez devant une telle tragédie « je veux m’en tenir au faits, il y a eu un panne informatique, dans ce cas c’est le centre de contrôle qui reprend la main, il est inexplicable que l’ordre ait été donné aux trains de redémarrer en marche normale alors que la signalisation à l’entrée de la gare de Urda était au rouge et qu’il aurait fallu ordonner le redémarrage en « marche à vue c’est-à-dire à 40 km/h. L’enquête devra éclaircir les circonstances de cet accident ».

    Le roi Felipe VI a transmis dans l’après midi ses condoléances aux familles des victimes. Plus d’une centaine d’effectifs de l’unité militaire d’urgence sont sur place et les blessés sont évacués par ambulances et hélicoptères vers les hôpitaux de Tolède et Alcazar de san juan et Madrid. Un appel a été lancé en urgence pour des dons de sang.

    Rappelons que le 18 janvier 2026 une collision entre deux trains, Iryo et AVE également, avait fait 46 morts à Adamuz province de Cordoba en Andalousie sur cette même ligne. Quelques jours plus tard un train de banlieue près de Barcelone déraillait faisant 41 blessés. La tragédie ferroviaire de ce mercredi interroge à nouveau sur l’état du réseau ferroviaire, sur les conditions de travail et sur l’ouverture des lignes à la concurrence privée.

    Pedro Sanchez, le chef du gouvernement s’est exprimé à 16h devant les médias et a promis de « rétablir la confiance sur le système ferroviaire espagnol, de faire la lumière sur ce drame et chercher les responsabilités d’où qu’elles viennent » il a annoncé un deuil national de trois jours les 29, 30 et 31 octobre.

  • Une crise sociale secoue le Théâtre du Briançonnais

    Une crise sociale secoue le Théâtre du Briançonnais

    Depuis plusieurs semaines, le Théâtre du Briançonnais est en proie à une profonde crise interne. L’élément déclencheur : une publication Facebook, fin août, qui rend publique des accusations de violences conjugales visant son directeur, Romaric Matagne. D’autres signalements, qui concernent à la fois la sphère professionnelle et la sphère privée du dirigeant, ont émergé. Ce qui a conduit la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) à saisir le parquet de Gap, qui a ouvert une enquête préliminaire pour des soupçons de violences sexistes, physiques, verbales et psychologiques.

    Si les accusations publiques sont nouvelles, les souffrances au travail au théâtre seraient bien plus anciennes, selon le collectif #ThéâtreDebout, créé mi-octobre. « Plusieurs salariés s’interrogeaient déjà depuis longtemps sur certaines difficultés professionnelles, managériales ou relationnelles au sein du théâtre », explique le collectif, qui réunit des salariés, des anciens salariés, des artistes ou encore des spectateurs. « Tensions, épuisement, pressions »… Selon le collectif, la situation se serait aggravée depuis la rentrée : « Il y a un cumul de problématiques de fonctionnement qui ressortent en ce moment, parce que le contexte fait que nous avons pris du recul sur la manière dont nous travaillons au quotidien au théâtre. » Au-delà de ce qu’il qualifie de « système problématique », le collectif dénonce une mauvaise gestion de la crise de la part du directeur et du président, René Bonnet : « En termes de dialogue social, c’est catastrophique. L’écoute concernant les souffrances est inexistante. On se retrouve face à un président qui est occupé à prendre la défense du directeur plutôt que de prendre conscience de la souffrance des salariés. » Le collectif demande la mise à pied du directeur actuel et le départ du président, ainsi que la refonte d’un conseil d’administration.

    De leur côté, Romaric Matagne et René Bonnet ont porté plainte pour diffamation le 13 octobre. « Romaric Matagne est toujours en poste parce que ni la Drac, ni qui que ce soit ne lui a communiqué un quelconque signalement le mettant en cause, et justifiant que le théâtre prenne une quelconque mesure à son encontre », a précisé leur avocat, Me Roland Lienhardt, qui parle de « calomnies » et « d’entreprise de déstabilisation ». « Ceux qui manifestent pour qu’il en soit autrement sont animés par des principes contraires à l’esprit démocratique, poursuit-il. Et ils sont soutenus par une organisation qui se revendique de l’anarchisme. » Le collectif est soutenu par le STUCS, le syndicat des travailleurs unis de la culture et du spectacle. « L’anarcho-syndicalisme constitue une tradition syndicale historique parfaitement légale », répond le collectif, qui précise que plusieurs de ses membres sont adhérents à la CGT.

  • Ailleurs en Europe, la jeunesse aussi se révolte

    Ailleurs en Europe, la jeunesse aussi se révolte

    Ils veulent étudier dans des conditions dignes, rejettent la casse des services publics et la militarisation de l’économie, exigent de pouvoir vivre de leur travail, habiter dans des logements salubres aux loyers décents quand certains dénoncent la corruption de leurs dirigeants. Ils rejettent la politique néolibérale qui leur a été imposée par leurs aînés et dont ils subissent les conséquences. Loin d’ouvrir le dialogue, les capitales européennes choisissent la répression. En Espagne, au Portugal, en Belgique, en Italie mais aussi en Grèce, en Albanie et en Serbie, cette jeunesse qui rêve d’un monde meilleur et plus juste ne recule pas et déambule dans les rues, solidaire, s’inspirant des luttes de son voisin.

    Témoignages recueillis par Laureen Piddiu à lire ci-dessous

    En Espagne, « le reflet de la crise du logement »

    Au Portugal, « l’extrême droite en puissance » En Serbie, « contre la corruption »

    En Albanie, « on ne trouve pas de travail »

    En Belgique, « la militarisation signifie la casse de nos services publics »

    En Serbie, « contre la corruption »

    En Italie, « transformer la colère, un défi »

    En Grèce, « pour la guerre, il y a de l’argent !

  • Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le couperet est tombé jeudi en toute fin de journée. Au prétexte des violences du 17 octobre, la préfète de l’Hérault a décidé d’interdire les manifestations prévues samedi 24 octobre à Montpellier. Une annonce qui semble coordonnée au plus haut de l’État puisque c’est à la même heure que le préfet des Bouches-du-Rhône a communiqué lui aussi, annonçant une interdiction de manifester, cette fois-ci à Marseille. Idem dans le Var.

    Le chef de l’État avait donné le ton un peu plus tôt, jeudi, à l’issue d’un conseil de sécurité en affirmant que « la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation dans les jours à venir ». Les demandes formulées par « des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela » seront refusées, a-t-il prévenu. « Ce n’est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme. » Celles venant d’organisations syndicales se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger « nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments », a indiqué Emmanuel Macron, qui devait par ailleurs effectuer un déplacement vendredi auprès des forces de l’ordre. Le chef de l’État avait convoqué l’ensemble des services de renseignement, accusés d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre. Emmanuel Macron a réclamé « la plus grande dureté » contre les « actes de délinquance », ainsi que contre les groupes « d’ultragauche » ayant cherché, selon lui, à « faire tomber la République ». Rien de moins.

    Une manière d’ouvrir un peu plus le parapluie en kevlar après le fiasco du maintien de l’ordre de samedi dernier où les pillages, en marge des grandes manifestations pacifiques, n’ont pas été stoppés pendant des heures. Le gouvernement et le chef de l’État ont choisi la réponse ultra-sécuritaire. Le très décrié ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé lors des questions au gouvernement, mardi, qu’il déploiera « évidemment » les forces Sentinelle de l’armée. Elles auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique » afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». À côté de ces militaires, il y aura aussi la BRI, le GIGN, et le Raid. Les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicos et les engins lanceurs d’eau pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère ce samedi. Les préfets sont donc au diapason.

    En visite ce jeudi à Toulon dans le Var, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a appelé les salariés et les jeunes à ne pas tomber dans le panneau de la provocation tendu par le gouvernement. « Ce qu’on veut, c’est qu’on parle de nos vies, qu’on parle de nos conditions de travail, de nos salaires, de nos retraites, de nos services publics », a-t-elle insisté. « On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression. » a-t-elle affirmé. Sophie Binet condamne les dégradations survenues lors de précédentes manifestations, mais dénonce leur utilisation pour justifier les interdictions.

    Reçue mercredi à Matignon avec les autres responsables syndicaux, la responsable de la CGT est cinglante : « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2 heures et demie.

    Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une nouvelle journée annoncée début octobre par l’intersyndicale.

  • Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Les soignants de l’hôpital font bloc pour préserver leurs acquis

    Troisième conseil de surveillance de l’année, troisième irruption de personnels en colère. En cause : les mesures d’économies étudiées par la direction suite aux observations de la Chambre régionale des comptes. Alors que les négociations sur la prise en compte de la pause méridienne dans le temps effectif de travail, la rémunération des astreintes et le dispositif de garde des infirmiers anesthésistes sont encore en cours, la suppression des heures supplémentaires pour les agents à temps partiel, effective depuis le 1er septembre, a mis le feu aux poudres. Ce vendredi, le bloc opératoire était en grève.

    Manon Breteau, infirmière au sein du service (Ibode), témoigne : « Jusqu’ici, nos astreintes étaient payées en heures supplémentaires et on avait une majoration quand on travaillait la nuit, les dimanches et les jours fériés. La direction les a supprimées. » La soignante sort son téléphone pour montrer les chiffres. « Sur un échelon 5, à l’heure, je suis à 21,66 euros. La nuit, je suis à 45,02 euros et les dimanches et jours fériés à 37,51 euros. Ce mois-ci, j’ai fait 30 heures d’astreinte qui vont donc être payées en heures complémentaires. Ça représente une grosse perte de salaire. »

    La direction explique avoir corrigé « une situation qui conduisait certains professionnels à temps partiel à compléter leur activité au moyen d’heures supplémentaires, bénéficiant ainsi, à quotité de travail identique, d’un régime de rémunération différent de celui applicable à un professionnel employé à temps plein ». Elle assure entendre « les conséquences que cette régularisation peut avoir pour certains professionnels qui s’étaient organisés sur la base du dispositif antérieur ». La direction dit avoir proposé des rendez-vous individuels aux agents concernés « afin d’étudier leur situation et les solutions pouvant être envisagées ». Le personnel demande la mise en place de compensations financières.

    Politique

    contre-productive

    Manon et sa collègue Élise, infirmière anesthésiste (Iade), préviennent : « Le risque est de nous voir partir vers le privé. Il n’y a plus d’intérêt à rester à l’hôpital pour ces salaires-là. » Nathan Cabiac, représentant syndical CGT, appuie : « Nous refusons que les difficultés financières de notre établissement servent systématiquement de prétexte à de nouveaux reculs sociaux. […] Cette politique est injuste, dangereuse et contre-productive. Dégrader les conditions de travail, c’est accélérer le départ de professionnels formés et expérimentés, accentuer les risques psychosociaux, les troubles musculosquelettiques, les arrêts de travail et les situations d’épuisement professionnel ».

    Sur ce point, le directeur Loïc Mondoloni affirme : « L’attractivité et la fidélisation de nos professionnels constituent évidemment un enjeu majeur. Mais cette attractivité doit reposer sur un système à la fois juste, équitable et juridiquement sécurisé. » Le bloc opératoire sera en grève reconductible illimitée, vendredi prochain.

  • À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    À Port-de-Bouc, les Atsem reprennent le travail sur la pause méridienne

    Comme tous les midis depuis le 28 septembre, les Agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles (Atsem) étaient en grève reconductible ce lundi 12 octobre. Après une réunion avec les élus et les représentants syndicaux dans la soirée, elles se sont engagées à reprendre le travail à la cantine ce mardi. Les représentants syndicaux souhaitent négocier sur le prélèvement des jours de grève. Un entretien est prévu entre le permanent et l’adjointe au personnel pour en rediscuter, apprend la Ville.

    Les Atsem dénoncent un manque de personnels, notamment lors des pauses méridiennes, ce qui nuit à la sécurité des enfants et à leurs conditions de travail. Une gréviste, qui souhaite garder l’anonymat, témoigne : « Ça fait un an qu’on alerte sur cette situation. À la cantine, les petits sont encadrés par nous et des agents d’entretien, qui sont souvent absents en raison d’arrêts maladies récurrents, ce qui cause une surcharge de travail. Sachant qu’on a des enfants de deux ans dont il faut changer les couches, qu’il faut couper la viande des petits à midi, qu’ils peuvent se disputer ou se faire mal avec les fourchettes… C’est par rapport à leur sécurité que ça nous angoisse. »

    Reçues par la majorité à trois reprises la semaine dernière, elles ont obtenu trois des cinq renforts qu’elles demandaient. Deux vacataires ont été positionnés à Lucia-Tichadou, et un aux Arcades Louis-Azémard. Laurent Belsola (PCF) leur a garanti la pérennisation de ces postes. Mais pour le maire, le taux d’encadrement et les conditions de travail s’amélioreront avant tout en luttant contre l’absentéisme. Un travail partenarial avec les personnels et les représentants syndicaux doit être mené sur les risques psychosociaux.

    Le remplacement systématique impossible

    L’élu explique que « la commune ne peut pas se permettre de remplacer de façon systématique des agents titulaires par des agents vacataires ». « À l’heure où les moyens des collectivités sont rognés de toutes parts et où les Villes perdent toujours plus de dotations permettant d’assurer l’offre de service public, il est impossible, pour Port-de-Bouc, de remplacer des agents dans des écoles au sein desquelles les préconisations liées au taux d’encadrement sont à la fois respectées et plus favorables que dans d’autres communes », poursuit-il.

    Alors que la moyenne nationale se situe à un adulte pour 14 enfants, les sept écoles maternelles de la commune sont dotées d’un adulte pour 12 enfants au maximum (dans les établissements où les renforts ont été fléchés) et six enfants au minimum. L’objectif visé par la municipalité comme les Atsem est d’arriver à une moyenne de neuf enfants par encadrant.